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États-Unis: Melania Trump, émissaire à la rencontre d’enfants sans-papiers

juin 21, 2018

La Première Dame américaine Melania Trump visite le centre pour enfants « Upbring New Hope Children Center » à McAllen, au Texas, le 21 juin 2018 / © AFP / MANDEL NGAN

Dans un nouveau coup de théâtre, Melania Trump s’est rendue jeudi à la frontière avec le Mexique pour une visite surprise à des enfants sans-papiers, en émissaire d’un président américain qui tente de regagner l’opinion publique profondément choquée par sa politique de séparation des familles de clandestins.

« Nous savons tous qu’ils sont là sans leurs familles et je veux vous remercier pour votre dur travail, votre compassion et la gentillesse que vous leur offrez en ces temps difficiles », a déclaré la Première dame aux professionnels d’un centre d’hébergement de McCallen, grande ville texane.

Elle s’exprimait quelques heures seulement après la volte-face spectaculaire de Donald Trump qui a mis fin mercredi, par décret, aux séparations polémiques.

De l’aveu même du milliardaire, Melania Trump a joué un rôle dans cette décision, qui ne règle toutefois pas la question des plus de 2.300 mineurs arrachés à leurs parents depuis la mise en oeuvre de sa politique de « tolérance zéro », début mai.

Quand retrouveront-ils leurs familles, demandent depuis mercredi ONG et opposition démocrate.

La Première Dame américaine Melania Trump a rendu visite à des gardes-frontières lors de son passage à McAllen au Texas, le 21 juin 2018 / © AFP / MANDEL NGAN

« Je voudrais aussi vous demander comment je peux aider à réunir ces enfants avec leurs familles aussi vite que possible », a demandé Melania Trump, dans un développement quasi-surréaliste de cette controverse.

Ce centre, Upbringing New hope Children’s Shelter, accueille actuellement une soixantaine de mineurs âgés de 5 à 17 ans, originaires du Honduras et du Salvador. Selon un haut responsable, la plupart sont des adolescents arrivés aux Etats-Unis sans être accompagnés d’adultes. Seuls six ont été séparés de leurs parents.

La Première dame doit aussi se rendre sur un site des garde-frontières.

L’idée du voyage est venue de Melania Trump, a précisé sa porte-parole, affirmant que son époux l' »a soutenue ». C’est d’ailleurs lui qui a annoncé aux médias son arrivée au Texas.

Un camp où sont retenus des mineurs par les autorités américaines après avoir franchi illégalement la frontière avec le Mexique, le 19 juin 2018 / © AFP / Brendan Smialowski

Donald Trump a profité de l’occasion pour exhorter de nouveau le Congrès à agir pour réformer les lois sur l’immigration.

« Il faut qu’ils se mettent d’accord et fassent quelque chose », s’est-il exaspéré, rejetant encore une fois la faute de l’inaction sur l’opposition démocrate, qu’il accuse de vouloir « ouvrir les frontières ».

« C’est une honte », a-t-il martelé.

– Votes au Congrès –

La ministre à la Sécurité intérieure Kirstjen Nielsen et le vice-président Mike Pence regardent le président Donald Trump signant le décret qui met fin à la séparation des familles à la frontière avec le Mexique / © AFP / Mandel Ngan

Sous la pression du président et poussés par la crise des familles de migrants, le chef des républicain à la Chambre des représentants Paul Ryan s’est vu forcé de soumettre au vote jeudi deux réformes de l’immigration.

Sans trop y croire lui-même, tant le consensus entre aile dure et droite modérée paraît lointain malgré leur majorité au Congrès. « Nous tentons de résoudre ces problèmes tous seuls », a ainsi déploré M. Ryan.

Les plans républicains collent au décret Trump: si les enfants ne seront plus séparés de leur famille, c’est parce qu’ils resteront désormais en centre de rétention avec leurs parents pendant les poursuites pénales.

Mais ils vont bien au-delà du sort de ces familles déchirées.

Des manifestants déploient le drapeau américain lors d’un rassemblement près d’un poste-frontière avec le Mexique, au Texas, pour protester contre les séparations de familles de migrants, le 21 juin 2018 / © AFP / Brendan Smialowski

Au menu: financement du mur à la frontière mexicaine, statut des jeunes dits « Rêveurs » –arrivés sans papiers aux Etats-Unis lorsqu’ils étaient enfants– et nette réduction de l’immigration légale, avec notamment de strictes limites au regroupement familial et un changement des critères d’attribution des visas de travail.

Un sujet explosif qui divise d’autant plus profondément le parti que les élections parlementaires de novembre approchent.

Deux votes sont prévus.

D’abord, encore en cours vers 14H00 (18H00 GMT), sur un texte très restrictif qui circule depuis janvier et dont les partisans eux-mêmes reconnaissent qu’il n’aboutira certainement pas.

Migrants: Melania Trump à la frontière avec le Mexique / © AFP / –

Puis à partir de 17H00 (21H00 GMT), sur un projet présenté cette semaine et se voulant plus ouvert à la frange modérée, même si cette étiquette fait rire les démocrates. Il prévoit un permis de travail et de résidence pour les « Rêveurs », renouvelable tous les six ans et qui les autorise à tenter de décrocher ensuite un statut de résident permanent.

Dans une curieuse façon d’encourager un vote qu’il réclame depuis des mois, le président républicain a signalé dès le début de matinée que cette réforme semblait de toutes façons promise à l’échec au Sénat, où son parti n’a qu’un mince majorité.

Pas de suspense du côté démocrate, ils voteront contre. « Les républicains continuent d’être complices des atrocités de » Donald Trump », a asséné leur cheffe à la Chambre, Nancy Pelosi.

– « Bienvenue en Amérique » –

Au-delà des clivages partisans, le décret Trump ne satisfait pas non plus les associations de défense des droits de l’homme qui s’inquiètent de voir les familles détenues.

Et alors qu’il a souvent vanté par le passé ses nombreuses apparitions en Une du Time, Donald Trump ne devrait pas afficher celle du prochain numéro, révélée jeudi et qui le montre dominant une fillette en larmes, dont la photo a largement contribué à alerter l’opinion, avec le simple titre: « Bienvenue en Amérique ».

Romandie.com avec(©AFP / 21 juin 2018 20h35)

L’ONU défend le choix d’un Palestinien comme émissaire en Libye

février 11, 2017

Nations unies (Etats-Unis) – Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a défendu samedi par la voie de son porte-parole son choix de l’ancien Premier ministre palestinien Salam Fayyad comme émissaire de l’ONU en Libye, une nomination qui a été bloquée par les Etats-Unis.

Sa candidature « reposait uniquement sur les qualités personnelles reconnues de M. Fayyad et sur sa compétence pour ce poste », a déclaré le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric.

« Les employés des Nations Unies servent à titre strictement personnel et ne représentent aucun gouvernement, ni aucun pays », a-t-il ajouté.

L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, s’est opposée vendredi à la nomination de Salam Fayyad, déclarant dans un communiqué que les Etats-Unis n’étaient pas « en faveur du signal que cette nomination enverrait aux Nations Unies », où l’Etat de Palestine n’est pas reconnu comme un membre à part entière.

« Pendant trop longtemps, l’ONU a été injustement biaisée en faveur de l’Autorité palestinienne et au détriment de nos alliés en Israël », peut-on lire dans le communiqué.

Stéphane Dujarric a rappelé qu’aucun Israélien, ni Palestinien n’ont servi dans un poste de haut niveau aux Nations Unies et que « c’est une situation que le secrétaire général juge nécessaire de corriger » en fonction du mérite personnel et des compétences des candidats.

Les nominations des représentants spéciaux du secrétaire général de l’ONU doivent obtenir l’approbation unanime des 15 membres du Conseil de sécurité.

– Guterres pris par surprise –

La décision américaine de bloquer Salam Fayyad a pris le chef de l’ONU par surprise.

« Sur la base des informations qu’il avait reçues, le secrétaire général avait le sentiment, qui s’est avéré faux, que cette proposition était acceptable pour les membres du Conseil de sécurité », a dit Stéphane Dujarric à l’AFP.

Salam Fayyad, 64 ans, a été Premier ministre de l’Autorité palestinienne de 2007 à 2013 et ministre des Finances à deux reprises.

Il devait remplacer l’Allemand Martin Kobler, émissaire de l’ONU en Libye depuis novembre 2015.

La Palestinienne Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine, a condamné la décision américaine comme étant une « discrimination flagrante ».

Le président américain Donald Trump avait menacé les Nations Unies de mesures de rétorsions après l’adoption, en décembre, par le Conseil de sécurité d’une résolution condamnant les colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens.

« A partir de maintenant, les États-Unis agiront et ne feront pas que parler pour soutenir nos alliés », a ajouté Nikki Haley.

L’ambassadeur français François Delattre a apporté son soutien au choix de Salam Fayyad, « une personnalité de grande qualité, unanimement appréciée pour son expérience et son expertise », a t-il déclaré.

« La France renouvelle sa pleine confiance au Secrétaire général pour identifier la personnalité qui représentera les Nations unies sur le dossier libyen, sur lequel la communauté internationale doit être plus que jamais mobilisée », a-t-il ajouté.

L’ambassadeur israélien a au contraire applaudi la décision américaine, la décrivant comme « le début d’une nouvelle ère dans laquelle les Etats-Unis se tiennent fermement aux côtés d’Israël contre toute tentative de s’en prendre à l’Etat juif ».

Le Conseil de sécurité discutera du conflit israélo-palestinien mercredi, jour où Donald Trump doit recevoir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à la Maison Blanche.

Romandie.com avec(©AFP / 11 février 2017 20h32)