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Au Zimbabwe, le rêve enfin exaucé d’une campagne électorale sans violence

juillet 22, 2018

Des participants à un meeting de l’opposant Nelson Chamisa, candidat à la présidentielle zimbabwéenne du 30 juillet, le 21 juillet à Bulawayo, dans le sud du pays. © ZINYANGE AUNTONY / AFP

 

Michelle Nyakudya écoute attentivement le discours d’un candidat de l’opposition à la députation au Zimbabwe. Elle se pince encore pour y croire, mais les faits sont là.

Cette mère de famille s’apprête à voter dans un climat politique apaisé, sans menaces ni violences. Du jamais vu pour cette trentenaire.

Dans son village de Domboshawa, au nord d’Harare, l’opposition règne en maître, pourtant la sérénité prévaut à l’approche des élections générales du 30 juillet, les premières depuis la chute en novembre du président Robert Mugabe.

« Je peux dire que cette campagne électorale est différente », dit Michelle, « les précédentes étaient très violentes mais cette année c’est plutôt calme, nous ne sommes plus forcés de faire quoi que ce soit ».

« C’est une bonne année, les gens sont libres de dire ce qu’ils pensent », constate elle aussi Rabina Madziva, au chômage.

Crainte de fraude

Mais elle reste prudente. « Avec la politique, on ne sait jamais ce qui peut se passer après le vote », ajoute-t-elle, « j’espère qu’il n’y aura pas de fraude ».

Sous le long règne de Robert Mugabe, fraudes, intimidations et violences électorales ont été la règle. Les nervis du président n’ont pas hésité à rosser, torturer voire supprimer les partisans de l’opposition pour lui assurer la victoire.

En 2008, ces brutalités ont atteint un tel niveau qu’elles ont convaincu le chef du Mouvement pour un changement démocratique (MDC) Morgan Tsvangirai de renoncer au second tour de la présidentielle. Il était pourtant arrivé en tête du premier.

Finalement lâché par l’armée et son parti, la Zanu-PF, le « camarade Bob », 94 printemps aujourd’hui, a été contraint de rendre les clés du pays en novembre, après trente-sept ans de règne.

Son successeur Emmerson Mnangagwa, longtemps un proche de l’ancien maître du pays, n’a cessé depuis de promettre que les premières élections générales sans Robert Mugabe seraient « libres, transparentes et honnêtes ».

‘Nouvelle culture’

Son passé d’exécuteur des basses besognes répressives de l’ancien régime en a fait douter plus d’un.

Mais finalement, hormis la tentative d’assassinat – attribuée à une faction de son propre parti – qui a visé en juin le chef de l’Etat lors d’une réunion publique à Bulawayo (sud), les incidents sérieux ont été rares pendant la campagne.

Tout le monde est libre de faire campagne pour qui il veut

« Je pense que le départ de Mugabe a promu une nouvelle culture dans le pays », se félicite Handsome Madziva, 53 ans, un paysan de Nyahukwe, un village à quelque 200 km au sud-est de Domboshawa.

Là aussi, la campagne électorale a été sereine. « C’est la plus pacifique que j’ai connue », se réjouit, incrédule, Patrick Makonde, un électeur de 59 ans qui a participé à tous les scrutins organisés depuis l’indépendance de son pays en 1980.

« Personne n’a été frappé. Tout le monde est libre de faire campagne pour qui il veut », poursuit le grand-père, partisan depuis toujours de la Zanu-PF. « Les jeunes soutiennent leurs partis (d’opposition) et nous, nous gardons notre confiance à celui que nous défendons depuis toujours ».

Jusque-là sans incident majeur. Alors Patrick Makonde espère enfin vivre le 30 juillet sa première élection « normale ».

Influents chefs traditionnels

Illustration de ce changement d’ambiance, les réunions électorales du MDC ont attiré des foules sans précédent, même dans les bastions ruraux traditionnels de la Zanu-PF.

Longtemps considérés comme les agents électoraux les plus efficaces du parti au pouvoir, les très influents chefs traditionnels ont, eux, été priés par la justice de se tenir à bonne distance des opérations électorales.

Malgré l’amélioration générale du climat politique, les tentatives d’intimidation ou de pressions en faveur de la Zanu-PF n’ont pas disparu, relèvent les ONG.

Les intimidations restent répandues et en hausse », affirme l’ONG WTPZ

L’une d’elles, « Nous le peuple du Zimbabwe » (WTPZ), affirme avoir recensé 249 cas de menaces en juin dans le pays. « Les intimidations restent répandues et en hausse », affirme-t-elle dans un rapport en date du 9 juillet.

Le responsable régional de Human Rights Watch (HRW) Dewa Mavhinga doute, lui, de la conversion des chefs locaux du parti au pouvoir aux consignes de modération de leur état-major.

« Mnangagwa prêche la paix pour profiter de la légitimité du scrutin mais ceux qui sont au bas de la hiérarchie de la Zanu-PF sont fébriles », s’inquiète M. Mavhinga, « le recours à la violence reste inscrit dans leurs gènes ».

Pas de quoi toutefois inquiéter Joshua Mvere. « J’étais jeune en 2008 mais je me souviens que l’élection a été terrible », dit ce jeune marié de 22 ans, « mais aujourd’hui nous faisons campagne comme des gens civilisés ».

Et même s’il a longtemps hésité, c’est sûr, le 30 juillet il ira voter pour la première fois.

Jeuneafrique.com avec AFP

Zimbabwe: le président Mnangagwa soupçonne des partisans de Grace Mugabe d’avoir fomenté l’attentat

juin 27, 2018

Grace Mugame

 

Le chef de l’Etat zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a accusé les partisans de l’ancienne Première dame Grace Mugabe d’avoir fomenté l’attentat dont il est sorti indemne ce week-end, en pleine campagne électorale pour la présidentielle du 30 juillet.

 

Samedi, deux personnes ont été tuées et des dizaines blessées lors de l’explosion d’un engin non identifié à la fin d’un discours prononcé par M. Mnangagwa devant des milliers de ses partisans réunis dans un stade de Bulawayo (sud). L’attentat n’a pas été revendiqué.

« Il s’agit d’une action politique de la part de personnes qui sont mécontentes de l’actuel gouvernement démocratique du pays », a estimé M. Mnangagwa dans une interview à la BBC diffusée mercredi.

« Mon intuition, sans avoir de preuve, est que les personnes qui sont mécontentes du nouveau gouvernement sont le G40 », a-t-il poursuivi, en référence au groupe Génération 40, une faction au sein du parti au pouvoir de la Zanu-PF favorable à Grace Mugabe.

« C’est la conclusion logique et raisonnable qu’on peut tirer », a estimé M. Mnangagwa, promettant de « traquer ces criminels ». « Une fois qu’on les aura arrêtés, on pourra déterminer l’étendue de leur réseau », a-t-il encore dit.

M. Mnangagwa a succédé en novembre au président Robert Mugabe, contraint de démissionner, après trente-sept ans au pouvoir.

M. Mugabe s’est résigné à quitter le pouvoir après avoir été lâché par l’armée et son parti, la Zanu-PF, au pouvoir depuis l’indépendance en 1980.

Quelques jours avant l’intervention de l’armée, Grace Mugabe avait obtenu de son mari qu’il démette de ses fonctions de vice-président M. Mnangagwa, dauphin de longue date du chef de l’Etat mais devenu un encombrant adversaire pour l’ambitieuse Première dame.

C’est pour empêcher la fantasque et autoritaire Grace Mugabe de prendre, le moment venu, la succession de son mari nonagénaire que l’armée avait décidé d’agir.

« Comment pourrais-je faire confiance » » à Grace Mugabe, « une personne qui a été utilisée par une cabale pour dire des choses sans fondement ? », a lancé M. Mnangagwa dans son interview à la BBC.

« J’ai de la compassion pour elle », a-t-il toutefois ajouté. « Parce qu’à mon avis elle était politiquement immature, (…) elle a été utilisée par ceux qui voulaient se débarrasser de moi. »

Le Zimbabwe est appelé à élire le 30 juillet son président et ses députés, les premiers scrutins depuis la chute de M. Mugabe. Agé de 75 ans, M. Mnangagwa est donné grand favori de la présidentielle.

Sacer-info.com par Stany Franck avec AFP

Zimbabwe: une explosion fait des victimes dans un meeting du président Mnangagwa

juin 23, 2018

explo

Bulawayo (Zimbabwe) – Une explosion d’origine inconnue a fait plusieurs victimes à la fin d’une réunion électorale à Bulawayo (sud) du président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa, qui a été évacué sain et sauf, selon des témoins et le porte-parole du chef de l’Etat.

« Le président a été évacué avec succès. Il se trouve au siège de la province à Bulawayo », a déclaré au téléphone à l’AFP son porte-parole, George Charamba. Une vice-présidente a été blessée lors de cette explosion.

« Nous pensons qu’il s’agit d’une explosion, qui s’est certainement produite très près de la tribune où se trouvaient les personnalités », a poursuivi M. Charamba, sans autre précision.

Un correspondant de l’AFP sur place a signalé que plusieurs personnes avaient été blessés par l’explosion, sans autre précisions immédiates sur leur état de santé.

De nombreuses ambulances étaient présentes sur place pour évacuer ces blessés, a-t-il ajouté.

Selon plusieurs témoins, l’explosion a été ressentie alors que le chef de l’Etat, candidat du parti au pouvoir, la Zanu-PF, à l’élection présidentielle prévue le 30 juillet prochain, venait de terminer son discours devant plusieurs centaines de ses partisans.

La réunion se tenait dans un stade de Bulawayo, la deuxième ville du Zimbabwe, considérée comme un fief de l’opposition.

Les scrutins présidentiel et législatifs du 30 juillet sont les premiers organisés depuis la démission en novembre du président Robert Mugabe, qui a dirigé le Zimbabwe d’une main de fer depuis son indépendance en 1980.

Lâché par l’armée et la Zanu-PF, M. Mugabe a été remplacé par M. Mnangagwa, son ancien vice-président.

Sauf énorme surprise, Emmerson Mnangagwa est assuré de remporter la présidentielle face à une opposition orpheline de son chef historique Morgan Tsvangirai, décédé en février.

Romandie.com avec(©AFP / 23 juin 2018 14h01)                                                        

Zimbabwe: 23 candidatures acceptées pour la présidentielle

juin 14, 2018

Harare – Un total de 23 candidatures à l’élection présidentielle du 30 juillet au Zimbabwe ont été formellement enregistrées jeudi, dont celles du chef de l’État en exercice Emmerson Mnangagwa et de son rival de l’opposition Nelson Chamisa.

Dans tout le pays, les prétendants aux scrutins présidentiel, législatifs et municipaux, les premiers depuis la démission de l’ex-président Robert Mugabe en novembre, étaient appelés jeudi à déposer leurs dossiers auprès des tribunaux.

« J’ai soumis le dossier de son excellence l’honorable Emmerson Mnangagwa », 75 ans, a déclaré son représentant, le ministre de la Justice Ziyambi Ziyambi, devant la Haute Cour d’Harare.

Son principal adversaire, le patron du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), Nelson Chamisa, 40 ans, a également fait acte de candidature, selon son agent électoral, Jameson Timba.

Parmi les autres candidats figurent Joice Mujuru, une ancienne vice-présidente de Robert Mugabe limogée en 2014, Thokozani Khupe du MDC, parti en proie à de fortes divisions, Violet Mariyacha, du Mouvement pour la démocratie unie (UDM) ou encore Noah Manyika, de la formation Build Zimbabwe.

La liste définitive des candidatures approuvées par la Commission électorale zimbabwéenne (ZEC) comprend 23 noms, alors que le scrutin de 2013 n’a mis en présence que cinq candidats. Seuls quatre candidats à la présidentielle s’étaient présentés en 2008.

En déposant sa candidature, Violet Mariyacha, 61 ans, a fait part de ses inquiétudes sur la transparence des scrutins, alors que les élections de l’ère Mugabe ont été régulièrement entachées de fraudes et de violences.

« Nous voulons avoir des informations sur les listes électorales, sur la sécurité des bulletins de vote », a-t-elle déclaré.

« La couverture des médias n’est pas juste. Elle est toujours négative quand il s’agit de l’opposition », a-t-elle dénoncé.

Le président Mnangagwa a promis des scrutins « libres, honnêtes et transparents », mais l’opposition reste très méfiante.

Pour être dûment enregistrés pour la course à la présidentielle, les candidats devaient débourser 1.000 dollars et être « parrainés » par au moins 100 électeurs enregistrés sur les listes électorales et issus des dix provinces du pays.

Les élections générales du 30 juillet seront les premières depuis la démission forcée en novembre de Robert Mugabe après trente-sept ans de régime autoritaire. Il avait dû céder sa place sous la pression de l’armée et de son parti, la Zanu-PF, qui a jeté son dévolu sur Emmerson Mnangagwa.

Ce dernier devrait, sauf énorme surprise, remporter la présidentielle face à une opposition divisée et orpheline après la mort en février du chef historique du MDC, Morgan Tsvangirai.

Romandie.com avec(©AFP / 14 juin 2018 20h36)                                                        

Zimbabwe: présidentielle le 30 juillet, premier scrutin post-Mugabe

mai 30, 2018

/ © AFP/Archives / Jekesai NJIKIZANA

Les premières élections présidentielle et législatives de l’après Robert Mugabe auront lieu le 30 juillet au Zimbabwe, avec pour grand favori son successeur et ancien proche collaborateur Emmerson Mnangagwa.

M. Mnangagwa « a déterminé que le lundi 30 juillet 2018 serait le jour de l’élection du président, de l’élection des membres de l’Assemblée nationale et de l’élection des conseillers municipaux », a annoncé le Journal officiel mercredi.

Un éventuel second tour de la présidentielle a été programmé le 8 septembre. Il se tiendra si aucun candidat ne parvient à obtenir la majorité absolue dès le premier tour.

Ancien vice-président du pays tombé en disgrâce, Emmerson Mnangagwa, 75 ans, a succédé en novembre dernier à Robert Mugabe, 94 ans aujourd’hui, contraint à la démission par un coup de force de l’armée et de son parti après avoir régné sans partage sur le pays depuis son indépendance en 1980.

Sitôt le « camarade Bob » et son ambitieuse épouse Grace poussés vers la sortie, leur parti, la Zanu-PF, a investi M. Mnangagwa pour porter ses couleurs à la présidentielle.

Sauf énorme surprise, il devrait l’emporter, et probablement dès le premier tour, face à une opposition orpheline de son chef historique Morgan Tsvangirai, décédé en février.

« Nous avons une énorme tâche devant nous. Celle de mobiliser la population et de faire campagne », a lancé M. Mnangagwa mercredi devant les cadres de la Zanu-PF. « Quels que soient nos problèmes, nous devons désormais nous concentrer sur les prochaines élections », a-t-il ajouté.

Son principal rival sera le nouveau patron du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), Nelson Chamisa, dont la formation est affaiblie par de profondes rivalités depuis la mort de Morgan Tsvangirai.

– « Prêts au combat » –

« Nous sommes prêts au combat, nous savons que nous allons gagner », a déclaré à l’AFP le porte-parole du parti, Douglas Mwonzora, en insistant sur la nécessité d’une surveillance indépendante de la régularité du scrutin.

L’opposition, qui compte rallier les électeurs qui ont quitté le régime autoritaire pour l’étranger, a subi un revers lundi, la Cour constitutionnelle ayant décidé que les non-résidents ne pourraient voter qu’en se déplaçant au Zimbabwe.

Plusieurs autres candidats, représentants de petits partis, ont aussi prévu de briguer la fonction suprême.

Ces élections constituent un test pour le nouvel homme fort du pays, qui s’est engagé à relancer son économie engluée dans une profonde crise depuis une dizaine d’années.

Mais six mois après son accession au pouvoir, le pays se débat toujours avec un taux de chômage exorbitant (proche de 90%) et souffre d’une grave pénurie de liquidités. Les Zimbabwéens doivent toujours faire la queue des heures devant les banques pour obtenir quelques dizaines de dollars.

Le nouveau président s’est engagé à organiser des scrutins justes et transparents, alors que le processus électoral pendant l’ère Mugabe avait été entaché de violences et de fraude.

En 2008, Morgan Tsvangirai, arrivé en tête du premier tour de la présidentielle face à Robert Mugabe, s’était retiré de la course en raison du déchaînement de violences contre ses partisans.

– Observateurs –

Pour preuve de son engagement, le nouveau régime, qui tente de renouer avec l’Occident après des années de mise à l’écart, a invité notamment l’Union européenne (UE) et le Commonwealth à observer les élections de 2018.

L’UE a répondu par la positive et y enverra, pour la première fois en seize ans, des observateurs. Le Commonwealth fera de même.

En 2002, le chef de la mission d’observation de l’UE avait été expulsé. Dans la foulée, Bruxelles avait adopté des sanctions contre Robert Mugabe et nombre de ses proches, accusant le régime d’atteintes aux droits humains.

Les Nations unies se sont aussi récemment engagées à aider à la préparation des élections.

Une organisation sans accroc des élections pourrait permettre au Zimbabwe de regagner la confiance des investisseurs et de la communauté internationale, alors que le pays est aux abois économiquement et financièrement.

Mais les critiques d’Emmerson Mnangagwa doutent de la volonté du président de faire entrer le pays dans une nouvelle ère, rappelant qu’il avait été l’un des exécuteurs de la répression ordonnée par Robert Mugabe.

Un total de 5,4 millions d’électeurs sont inscrits sur les listes électorales, où les inscriptions ont été récemment clôturées.

Pour la première fois, le Zimbabwe a eu recours à l’inscription biométrique, avec enregistrement des empreintes digitales et reconnaissance faciale.

Romandie.com avec (©AFP / 30 mai 2018 14h16)                  

avril 16, 2018

Le Zimbabwe va participer au prochain sommet du Commonwealth

Harare – Le Zimbabwe participera cette semaine à un sommet du Commonwealth à Londres, a annoncé lundi un responsable du ministère des Affaires étrangères, marquant la volonté d’Harare de revenir sur la scène internationale, depuis la chute de Robert Mugabe.

Robert Mugabe avait claqué la porte en 2003 de ce forum des pays anciennement colonisés par la Grande-Bretagne, qui avait suspendu le Zimbabwe en raison du scrutin présidentiel de 2003, marqué par des violences et des accusations de fraudes.

Le pays est devenu de plus en plus isolé à partir des années 1990 au sein de la communauté internationale, en raison de la dérive autoritaire de Robert Mugabe, au pouvoir de 1980 à la fin 2017, quand il est renversé à 93 ans par un coup de force de l’armée et de son propre parti.

Le secrétaire d’Etat auprès du ministère zimbabwéen des Affaires étrangères, Joey Bimha, a déclaré à l’AFP que le pays sera représenté par le ministre, Sibusiso Moyo, lors de ce sommet de deux jours, qui s’ouvrira mardi. « Le ministre a été invité par son homologue britannique, mais il ne participera pas aux délibérations ».

Joey Bimha a précisé que la participation de son pays marquait la volonté du nouveau chef d’Etat, Emmerson Mnangagwa, d’améliorer les relations internationales et de développer les investissements étrangers au Zimbabwe. « Le président a dit qu’il ferait tout ce qui est nécessaire pour reprendre contact avec le monde ».

Le Zimbabwe n’a cependant pas encore formalisé son intention de rejoindre le Commonwealth.

« Nous avons une procédure destinée aux pays qui veulent nous réintégrer. Là, nous avons une indication du Zimbabwe selon laquelle ils sont intéressés », a expliqué à l’AFP la secrétaire générale du Commonwealth, Patricia Scotland.

La Gambie a réintégré le Commonwealth en 2018, après l’avoir quitté cinq ans plus tôt. L’Afrique du Sud, le Pakistan et les îles Fidji ont fait de même dans le passé.

Ancien vice-président et fidèle du régime, Emmerson Mnangagwa, 75 ans, a promis de relancer l’économie et les finances du pays, sorties exsangues du règne sans partage de trente-sept ans de Mugabe.

Romandie.com avec(©AFP / 16 avril 2018 13h31)                   

Au Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa amnistie 3000 prisonniers

mars 22, 2018

 

Le président veut faciliter la décongestion des établissements pénitentiaires, qui comptent 20 000 détenus pour une capacité de 17 000 places.

Le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, le 18 février 2018, à Harare. Crédits : JEKESAI NJIKIZANA / AFP

Le président zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, a accordé une amnistie à quelque 3 000 personnes détenues dans les prisons surpeuplées du pays, ont annoncé, jeudi 22 mars, les autorités pénitentiaires. « Le président a, selon la Constitution du Zimbabwe, décidé d’accorder une grâce à certains détenus. […] Cela facilitera la décongestion de nos prisons », a indiqué l’administration pénitentiaire du Zimbabwe dans un communiqué.

Cette mesure vise notamment la totalité des détenues femmes – à l’exception de celles condamnées à la prison à perpétuité –, mais aussi les détenus handicapés et mineurs qui purgent des peines de moins de trois ans et en ont déjà accompli le quart. Tous les prisonniers malades et âgés de plus de 60 ans qui ont déjà accompli un tiers de leur peine seront également libérés.

En outre, les condamnés à mort qui attendent leur exécution depuis plus de dix ans dans les couloirs de la mort verront leurs peines commuées en réclusion criminelle à perpétuité, selon les autorités. Les condamnés pour meurtre, trahison, viol, vols à main armée ou avec violence et ceux punis par une cour martiale sont exclus de cette mesure d’amnistie.

Des émeutes dans les prisons

En proie à une sévère crise financière et incapable de pourvoir aux besoins en vêtements, en nourriture et en soins de tous ses détenus, le Zimbabwe a régulièrement pratiqué, ces dernières années, des amnisties de masse. Durant la seule année 2013, une centaine de prisonniers étaient morts faute d’une prise en charge adéquate. Ces mauvaises conditions de détention avaient provoqué en 2015 une vague d’émeutes dans les établissements pénitentiaires du pays, qui s’était soldée par la mort de quatre détenus.

Le Zimbabwe compte environ 20 000 prisonniers, pour une capacité de 17 000 places. Des élections générales y sont prévues en juillet, les premières depuis la démission en novembre, sous la pression de l’armée et de son parti, de Robert Mugabe, 94 ans, au terme d’un règne sans partage de trente-sept ans.

Lemonde.fr avec AFP

Zimbabwe: une photo de Robert Mugabe sème la panique au sein de la Zanu-PF

mars 9, 2018

 

Robert Mugabe © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

L’ex-président zimbabwéen Robert Mugabe a déclenché un vent de « panique » au sein de la Zanu-PF, le parti qu’il a dirigé pendant des décennies, en posant aux côtés d’un ancien général, candidat de l’opposition à la présidentielle de 2018.

Il aura suffi d’une photo. Le 21 novembre, dans les rues d’Harare et à travers le pays, les Zimbabwéens célébraient dans la liesse la fin de 37 années de règne de Robert Mugabe, poussé à la démission par l’armée et son ancien parti, la Zanu-PF.

Très discret depuis ce départ forcé,  l’ancien homme fort du Zimbabwe est apparu en photo, costume de couleur et cravate, debout auprès de l’officier à la retraite Ambrose Mutinhiri, en chemise noire et tout sourire.

Ce dernier dirige la nouvelle formation politique du Front national patriotique (NFP), créé discrètement dans la foulée de la chute de Robert Mugabe. Et cette semaine, Ambrose Mutinhiri, qui a démissionné de la Zanu-PF, a annoncé sa candidature à la présidentielle prévue d’ici août.

La photo des deux hommes, placée en haut du communiqué de presse du NFP, a fait l’effet d’une bombe au sein de la Zanu-PF, que Robert Mugabe dirigeait encore jusqu’à mi-novembre.

Les jeunes de la Zanu-PF scandent « À bas Mugabe »

La Ligue des jeunes de la Zanu-PF, qui a pendant des décennies soutenu Robert Mugabe, a dénoncé avec virulence l’attitude de l’ancien président, scandant « À bas Mugabe » pendant une réunion mercredi à Harare. Une situation impensable il y a encore quelques mois.

Le nouveau chef de l’État, Emmerson Mnangagwa, patron de la Zanu-PF et candidat à la présidentielle, a reconnu qu’« il y avait un problème avec l’ancien président ». « On voit, dans les médias, différentes conjectures » sur les activités de Robert Mugabe, « nous ne savons pas ce qui relève de la réalité ou pas, mais c’est un sujet sur lequel nous nous penchons », a-t-il assuré sans plus de précisions.

La photo « conforte l’idée que la famille Mugabe est bien derrière le projet » du NFP de présenter un candidat à la présidentielle contre la Zanu-PF, estime l’analyste Gideon Chitanga.

Pour les experts, Emmerson Mnangagwa a toutes les raisons d’être « mal à l’aise ». « C’est la panique en coulisses, en particulier à la Zanu-PF », affirme Brian Kagoro du centre de réflexion UHAI Africa.

Départ « humiliant »

La démission la semaine dernière d’Ambrose Mutinhiri de la Zanu-PF et l’annonce de sa candidature à la présidentielle ont mis en évidence les profondes divisions au sein du parti au pouvoir et les tentatives destinées à obtenir le soutien de la très influente armée.

La Zanu-PF doit maintenant « gérer l’incertitude de savoir qui est de son côté et qui ne l’est pas », constate Brian Kagoro. « Il y a une lutte pour obtenir la légitimité parmi les plus hauts responsables militaires à la retraite. »

Dans ses rangs, le NFP compte des personnes « choquées de la manière anticonstitutionnelle et humiliante avec laquelle le président a été limogé de la Zanu-PF et du pays », explique la nouvelle formation d’Ambrose Mutinhiri. « Chacun est libre d’appartenir au parti de son choix », estime le NFP, affirmant reprendre là des propos de Robert Mugabe.

Mugabe dépendant de Mnangagwa pour sa retraite

Le programme de la nouvelle formation est « aligné sur celui du G-40 », la faction de la Zanu-PF qui soutenait Grace Mugabe, la très influente et ambitieuse épouse de l’ancien président, constate Gideon Chitanga, du centre de réflexion Political Economy Southern Africa.

C’est précisément contre le G-40 que l’armée était intervenue en novembre. Il s’agissait au final d’empêcher Grace Mugabe de succéder le moment venu à son époux. Depuis le départ de Robert Mugabe, la Zanu-PF a fait le ménage au sein de sa direction où les membres du G-40 ont été remerciés.

Selon les experts, en dépit des remous provoqués par Robert Mugabe, il est peu probable que le NFP joue les trouble-fêtes à la présidentielle. « Ils essaient de créer l’impression que Mugabe a encore des soutiens », estime Derek Matyszak, analyste politique indépendant zimbabwéen. « Mais je ne pense pas qu’ils vont aller très loin », avance-t-il.

Robert Mugabe « n’est pas habitué à ne pas exercer le moindre pouvoir », note-t-il. « Mais je ne peux pas imaginer qu’il revienne vraiment dans la sphère politique parce qu’il dépend de Mnangagwa pour avoir une retraite confortable. Et Grace idem. »

Jeuneafrique.com

Le Zimbabwe en deuil après la mort de l’opposant Tsvangirai

février 15, 2018

Des Zimbabwéens lisent le journal après la mort de Morgan Tsvangirai, la figure historique de l’opposition dans le pays, le 15 février 2018 à Harare. / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

Le Zimbabwe a rendu jeudi un hommage unanime au chef emblématique de l’opposition Morgan Tsvangirai, décédé mercredi, qui a bravé les pressions et les violences pour dénoncer pendant des décennies le régime de l’ex-président Robert Mugabe.

L’ensemble de la classe politique a salué sa mémoire, à commencer par le président Emmerson Mnangagwa qui a succédé il y a trois mois à Robert Mugabe.

Le chef de l’Etat a célébré celui « qui a toujours insisté pour des élections libres, justes, crédibles et non violentes ». « On se souviendra de sa capacité à tendre la main, en dépit des divergences politiques, pour former un gouvernement d’union nationale après les élections de 2008 qui avaient divisé » le pays.

Morgan Tsvangirai est décédé mercredi en Afrique du Sud, où il était soigné d’un cancer du côlon, à l’âge de 65 ans.

L’Etat zimbabwéen prendra en charge les frais liés à ses funérailles.

Ancien syndicaliste reconverti dans la politique, M. Tsvangirai a longtemps constitué la principale menace à l’autoritaire Robert Mugabe, tombé en novembre après trente-sept ans au pouvoir à la suite d’un coup de force de l’armée.

Avec la mort de M. Tsvangirai, « une montagne est tombée », a titré jeudi le quotidien privé Daily News. The Herald, quotidien d’Etat, a lui assuré que le gouvernement aiderait la famille de M. Tsvangirai « dans la mesure du possible ».

Des centaines de partisans du MDC se sont rassemblés jeudi au quartier général du parti à Harare pour honorer leur « héros », qui laisse un parti menacé d’implosion à quelques mois des élections parlementaires et présidentielle.

« Nous avons perdu un chef », a estimé Nelson Chamisa, nommé président en exercice du parti. « Mais je peux vous dire que nous n’avons pas de crise (…), nous allons gagner ces élections », a-t-il affirmé depuis le balcon du QG du parti.

Le parti est déchiré depuis des mois déjà par une guerre de succession.

« On a perdu notre père », a réagi très émue la sénatrice MDC, Lilian Timveos. « C’était un visionnaire. Son héritage est là à tout jamais. Mon coeur est en lambeaux. J’espère que la direction du parti va s’unir pour battre la Zanu-PF », le parti au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980.

Des élections générales sont prévues cette année.

– ‘Héros’ –

La communauté internationale a pour sa part salué la bravoure de M. Tsvangirai.

Pour l’Union européenne (UE), il était un « homme courageux » qui s’est battu pour « la démocratie multipartite et la justice ». « Il représentait le courage et la détermination face à l’oppression et a donné aux Zimbabwéens la foi de croire en l’avenir », a aussi salué le chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson.

Amnesty International s’est souvenu que Morgan Tsvangirai avait « entretenu l’espoir de millions de Zimbabwéens à l’heure le droits de l’Homme étaient menacés ».

A plusieurs reprises, le chef du MDC a subi les violences des autorités et a été emprisonné.

En 2007, il était apparu devant les médias le visage tuméfié, un oeil blessé, la chemise ouverte et le crâne partiellement rasé après avoir été battu par les forces de sécurité qui lui reprochaient d’avoir participé à une réunion de l’opposition.

L’année suivante, il était parvenu aux portes du pouvoir, en arrivant en tête du premier tour de la présidentielle.

Devant le déchaînement de violences ordonné par le pouvoir contre ses partisans, qui avaient fait quelque 200 morts, il avait préféré renoncer à se présenter au second tour, permettant à Robert Mugabe de se maintenir au pouvoir.

En 2009, il était devenu le Premier ministre d’un gouvernement d’unité nationale jusqu’aux élections de 2013.

M. Tsvangirai « nous a tous appris à nous battre », a réagi un comptable de Bulawayo (sud-ouest), Thandi Moyana, 25 ans.

« Ce sera difficile de le remplacer. Il a fait un sacré boulot. Il mérite le statut de héros », a estimé Batsirai Tambaoga, propriétaire d’un salon de coiffure à Harare. « C’est un sacré coup surtout avec l’échéance électorale » cette année.

Avec le décès de M. Tsvangirai, le président Mnangagwa, ancien bras droit de Robert Mugabe, se retrouve désormais en position de force pour les élections générales prévues cette année.

Romandie.com avec(©AFP / 15 février 2018 17h43)                

Zimbabwe: le président Mnangagwa rend visite au chef de l’opposition

janvier 5, 2018

Harare – Le nouveau président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a rendu vendredi une visite de courtoisie remarquée au chef de l’opposition Morgan Tsvangirai, adversaire historique de l’ancien maître du pays récemment forcé à démissionner Robert Mugabe.

Accompagné de son vice-président, l’ex-chef d’état-major des armées Constantino Chiwenga, M. Mnangagwa s’est entretenu avec M. Tsvangirai, atteint d’un cancer du côlon, à son domicile d’Harare.

« Il va bien. Il récupère très bien », a commenté le chef de l’Etat devant la presse à l’issue de sa visite, « il doit retourner très bientôt en Afrique du Sud pour de nouveaux examens médicaux ».

« C’est un exemple de la vie politique que nous souhaitons », s’est pour sa part réjoui le vice-président du parti de M. Tsvangirai, Nelson Chamisa, « la politique de la paix, du travailler ensemble et des attentions entre les uns et les autres ».

M. Mnangagwa a pris les rênes du Zimbabwe en novembre dernier, à la faveur d’un coup de force de l’armée qui a contraint M. Mugabe, 93 ans, à quitter le pouvoir au terme d’un règne autoritaire de trente-sept ans.

Déjà investi candidat du parti au pouvoir, la Zanu-PF, il a promis que les élections générales prévues cette année seraient « transparentes, libres et honnêtes ».

Mais ses critiques en doutent, qui rappellent qu’il a longtemps été l’exécutant appliqué de la politique répressive de Robert Mugabe.

Interrogé par la presse, M. Mnangagwa a justifié vendredi son refus de former un gouvernement de coalition d’ici au scrutin.

« Pour quelle raison ? », a-t-il noté. « Vous êtes autorisés à faire entendre votre voix, c’est un pays démocratique », a poursuivi le chef de l’Etat, « à l’heure actuelle, il n’y a pas besoin (d’un gouvernement de coalition) ».

M. Mnangagwa a nommé un gouvernement de fidèles de la Zanu-PF, dont plusieurs généraux.

Dans un communiqué, le Mouvement pour un changement démocratique (MDC) de M. Tsvangirai s’est réjoui de la visite présidentielle, ajoutant que les deux hommes avaient évoqué « la situation désespérée du pays », notamment « l’urgence d’organiser des élections libres et honnêtes ».

Malgré sa maladie annoncée il y a deux ans, Norman Tsvangirai, 65 ans, espère se présenter à la présidentielle contre M. Mnangagwa à la tête de l’opposition.

Le chef du MDC était arrivé en tête du premier tour de la présidentielle de 2008 devant M. Mugabe mais il avait renoncé à se présenter au second tour au terme d’une campagne de violences orchestrée par le pouvoir, ouvrant la voie à une réélection du « camarade Bob ».

A l’issue de ce scrutin, M. Tsvangirai avait été nommé Premier ministre d’un gouvernement de coalition resté sous le contrôle du seul Robert Mugabe, qui l’avait finalement battu lors des élections très contestées de 2013.

M. Tsvangirai a exprimé des doutes au sujet de M. Mnangagwa. « Il va devoir travailler très dur pour changer sa personnalité, de façon à pouvoir incarner l’avenir du pays et à se présenter en démocrate et en réformateur », avait-il jugé dans un entretien accordé en novembre à CNN.

Romandie.com avec(©AFP / 05 janvier 2018 15h30)