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Zimbabwe: le président Mnangagwa rend visite au chef de l’opposition

janvier 5, 2018

Harare – Le nouveau président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a rendu vendredi une visite de courtoisie remarquée au chef de l’opposition Morgan Tsvangirai, adversaire historique de l’ancien maître du pays récemment forcé à démissionner Robert Mugabe.

Accompagné de son vice-président, l’ex-chef d’état-major des armées Constantino Chiwenga, M. Mnangagwa s’est entretenu avec M. Tsvangirai, atteint d’un cancer du côlon, à son domicile d’Harare.

« Il va bien. Il récupère très bien », a commenté le chef de l’Etat devant la presse à l’issue de sa visite, « il doit retourner très bientôt en Afrique du Sud pour de nouveaux examens médicaux ».

« C’est un exemple de la vie politique que nous souhaitons », s’est pour sa part réjoui le vice-président du parti de M. Tsvangirai, Nelson Chamisa, « la politique de la paix, du travailler ensemble et des attentions entre les uns et les autres ».

M. Mnangagwa a pris les rênes du Zimbabwe en novembre dernier, à la faveur d’un coup de force de l’armée qui a contraint M. Mugabe, 93 ans, à quitter le pouvoir au terme d’un règne autoritaire de trente-sept ans.

Déjà investi candidat du parti au pouvoir, la Zanu-PF, il a promis que les élections générales prévues cette année seraient « transparentes, libres et honnêtes ».

Mais ses critiques en doutent, qui rappellent qu’il a longtemps été l’exécutant appliqué de la politique répressive de Robert Mugabe.

Interrogé par la presse, M. Mnangagwa a justifié vendredi son refus de former un gouvernement de coalition d’ici au scrutin.

« Pour quelle raison ? », a-t-il noté. « Vous êtes autorisés à faire entendre votre voix, c’est un pays démocratique », a poursuivi le chef de l’Etat, « à l’heure actuelle, il n’y a pas besoin (d’un gouvernement de coalition) ».

M. Mnangagwa a nommé un gouvernement de fidèles de la Zanu-PF, dont plusieurs généraux.

Dans un communiqué, le Mouvement pour un changement démocratique (MDC) de M. Tsvangirai s’est réjoui de la visite présidentielle, ajoutant que les deux hommes avaient évoqué « la situation désespérée du pays », notamment « l’urgence d’organiser des élections libres et honnêtes ».

Malgré sa maladie annoncée il y a deux ans, Norman Tsvangirai, 65 ans, espère se présenter à la présidentielle contre M. Mnangagwa à la tête de l’opposition.

Le chef du MDC était arrivé en tête du premier tour de la présidentielle de 2008 devant M. Mugabe mais il avait renoncé à se présenter au second tour au terme d’une campagne de violences orchestrée par le pouvoir, ouvrant la voie à une réélection du « camarade Bob ».

A l’issue de ce scrutin, M. Tsvangirai avait été nommé Premier ministre d’un gouvernement de coalition resté sous le contrôle du seul Robert Mugabe, qui l’avait finalement battu lors des élections très contestées de 2013.

M. Tsvangirai a exprimé des doutes au sujet de M. Mnangagwa. « Il va devoir travailler très dur pour changer sa personnalité, de façon à pouvoir incarner l’avenir du pays et à se présenter en démocrate et en réformateur », avait-il jugé dans un entretien accordé en novembre à CNN.

Romandie.com avec(©AFP / 05 janvier 2018 15h30)                                            

Zimbabwe: l’auteur du coup de force nommé vice-président du parti au pouvoir

décembre 23, 2017

L’ancien chef de l’armée zimbabwéenne Constantino Chiwenga, lors d’une cérémonie officielle à Harare, le 24 novembre 2017 / © AFP/Archives / Zinyange AUNTONY

L’ancien chef de l’armée zimbabwéenne qui a dirigé le coup de force ayant mis fin en novembre au long règne de Robert Mugabe a été nommé à la vice-présidence du parti au pouvoir, a annoncé samedi la présidence.

Le général à la retraite Constantino Chiwenga a été nommé « avec effet immédiat » pour seconder le nouveau président du pays Emmerson Mnangagwa à la direction de la ZANU-PF, a déclaré dans un communiqué le secrétaire à la presse de la présidence, George Charamba. L’ex- ministre de la Sécurité intérieure longtemps en poste sous Mugabe, Kembo Mohadi, a également été nommé vice-président du parti.

Romandie.com avec(©AFP / 23 décembre 2017 14h01)                

Zimbabwe: le nouveau président appelle à l »unité » pour relancer l’économie

décembre 4, 2017

Le nouveau président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa, le 4 décembre 2017 à Harare / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

Le nouveau président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a appelé la population du pays « à l’unité » pour « relancer l’économie » de son pays en ruines après le règne de Robert Mugabe, lundi au cours de la prestation de serment de son gouvernement.

« Je veux qu’ils (les Zimbabwéens) soient unis, nous devons relancer l’économie », a déclaré le président au palais présidentiel.

« Je pense que mon équipe va relever le défi », a-t-il ajouté, ajoutant que son équipe avait pour mission « de finir le mandat du président précédent pour une période de six à sept mois ».

Emmerson Mnangagwa, ancien proche de Robert Mugabe, a été investi chef de l’Etat le 24 novembre, trois jours après la démission de l’homme fort du pays pendant trente-sept ans.

Mugabe, âgé de 93 ans, a été contraint d’abandonner le pouvoir sous la pression de l’armée, qui avait pris le contrôle du pays mi-novembre, de la rue et de son parti, la Zanu-PF.

Les militaires étaient intervenus pour barrer la route à la Première Dame, Grace Mugabe, qui ne cachait plus ses ambitions de remplacer le moment venu son époux, à la santé fragile.

Le principal défi du nouveau chef de l’Etat consiste à relancer l’économie, en crise depuis une funeste réforme agraire lancée au début des années 2000.

Plus de 90% de sa population est officiellement au chômage et le pays manque cruellement de liquidités.

Dans un souci de ramener de l’argent frais au Zimbabwe, le président Mnangagwa a lancé la semaine dernière un ultimatum de trois mois aux entreprises et aux particuliers pour rapatrier tous les capitaux illégalement sortis du pays.

M. Mnangagwa est vivement critiqué pour avoir nommé des militaires et des membres de la vieille garde de Robert Mugabe dans son gouvernement, des mesures qui pourraient refroidir les ardeurs des investisseurs.

Les militaires retenus dans la nouvelle équipe ont notamment un passé extrêmement sulfureux.

Le général Sibusiso Moyo, qui occupe le portefeuille des Affaires étrangères, est cité dans un rapport de l’ONU sur le pillage des ressources de la République démocratique du Congo (RDC).

Le nouveau ministre de l’Agriculture, le général Perence Shiri, dirigeait lui la tristement célèbre unité formée en Corée du Nord qui a causé quelque 20.000 morts pendant les opérations de répression ordonnées par Robert Mugabe dans la région de Matabeleland (ouest) dans les années 80.

Ces officiers ont officiellement pris leur retraite de l’armée pour entrer au gouvernement.

« Ils sont tous les deux à la retraite », a déclaré à l’AFP le secrétaire permanent du ministère de l’Information, George Charamba. « Vous ne pouvez servir deux plateformes à la fois », a-t-il ajouté.

« J’ai toujours voulu être un soldat mais j’accepterai n’importe laquelle des missions qui me sera donnée par le parti », avait indiqué le général Shiri à la presse en prenant ses fonctions au ministère de l’Agriculture.

Des élections présidentielle et législatives sont prévues d’ici août 2018 au Zimbabwe. La Zanu-PF a désigné M. Mnangagwa comme son candidat à la fonction suprême.

Romandie.com avec(©AFP / 04 décembre 2017 14h20)                

Zimbabwe: Emmerson Mnangagwa, l’impitoyable devenu héros national

novembre 29, 2017
Emmerson Mnangagwa et sa femme, Auxilia, lors de son investiture, à Harare, le 24 novembre. © Ben Curtis/AP/SIPA

La chute de Robert Mugabe fait naître beaucoup d’espoir dans le pays. Pourtant, son successeur n’est autre que l’ex-numéro deux du régime. Et, à moins de huit mois de la présidentielle, les défis qui l’attendent sont colossaux.

Il est né le 20 novembre. On l’a baptisé Divine, comme la surprise que l’armée venait de faire au peuple zimbabwéen en poussant l’inamovible Robert Mugabe vers la sortie après trente-sept années de règne. Deux jours avant l’accouchement, sa mère, Rudo, s’était laissée porter par l’euphorie ambiante et avait rejoint les centaines de milliers de manifestants venus acclamer le coup de force des militaires.

Harare, qui ne compte qu’un million et demi d’habitants, n’avait jamais vu ça : tout le monde était là, des vétérans de la guerre de libération aux « Rhodésiens », comme on appelle encore, parfois, les Zimbabwéens blancs. Les premiers ont affronté les seconds pendant deux décennies de guerre sanglante. Ils ont saisi leurs terres. Mais ce jour-là, la volonté d’en finir avec Mugabe et son clan a été la plus forte. « C’était la première et sans doute la dernière fois de ma vie que je voyais un pays communier ainsi par-delà toutes ses divisions », lâche un expatrié européen, ému.

Aujourd’hui, Divine est rentré dans sa « maison », une baraque de parpaing gris coiffée de tôle de 15 m2, au bord d’un chemin de terre défoncé. Mais l’air que l’on respire ces jours-ci dans le bidonville de Hopely, dans la banlieue de Harare, est chargé d’optimisme. « Vous allez voir : d’ici à deux ans, vous ne verrez plus ici que des grandes maisons, affirme sans rire l’oncle Jonathan, venu saluer le dernier-né de la famille. Nos dirigeants nous freinaient. Maintenant, tout va changer ! »

Successeur de Mugabe

L’homme qui incarne cet espoir n’est pourtant autre que l’ancien numéro deux du régime : Emmerson Mnangagwa, 75 ans, dont plus de cinquante au service de Robert Mugabe. Il fut le fidèle exécutant des basses œuvres du président, réprimant sans ciller ses opposants chaque fois qu’ils s’approchaient trop près du pouvoir. Ceux du Matabeleland dans les années 1980 d’abord – 20 000 morts selon les estimations. Puis, en 2008, les supporters de l’opposant Morgan Tsvangirai – 193 morts selon les États-Unis.

Un nouveau dirigeant a toujours à cœur d’amener du changement

Jusqu’à sa destitution, le 6 novembre, Mnangagwa était le vice-président de Mugabe. Tout cela, Jonathan le sait. Mais cela ne l’empêche pas d’espérer que, poussé par la ferveur populaire, le Crocodile, comme on le surnomme, change et se mette au service des Zimbabwéens. « Un nouveau dirigeant a toujours à cœur d’amener du changement, soutient-il. J’espère qu’il va constituer un gouvernement d’union nationale. »

Soutenu par les membres de la Zanu-PF

Cette douce euphorie a gagné jusqu’au siège du parti au pouvoir, la Zanu-PF, où elle donne lieu à de spectaculaires retournements de veste. « Les masses du Zimbabwe se sont libérées de la dictature ! » s’est ainsi exclamé le président de l’Assemblée nationale, Jacob Mudenda, devant une petite foule en délire, le 22 novembre. Emmerson Mnangagwa lui-même a annoncé « le début d’une démocratie au Zimbabwe ».

L’ouverture démocratique n’est que l’un des nombreux défis que doit relever le nouvel homme fort de Harare

Peut-on le croire ? « Oui, soutient un diplomate africain en poste à Harare depuis plus de dix ans. La manière dont il a mené cette opération, dans la discipline et sans aucune violence, prouve qu’il n’est pas le sanguinaire que l’on décrit. »

Mais l’ouverture démocratique n’est que l’un des nombreux défis que doit relever le nouvel homme fort de Harare, formellement investi le 24 novembre à la tête du pays. Tel le père Noël avant l’heure, il a aussi promis « la paix », « la croissance économique » et surtout « des emplois, des emplois et des emplois ».

Nombreux challenges

Dans la périphérie de la capitale, les usines qui faisaient jadis de ce pays la deuxième puissance de l’Afrique australe rouillent en ce début de saison des pluies. Selon les syndicats, le chômage a atteint 90 %. Pour redresser la barre, Mnangagwa va devoir résoudre quantité de problèmes. La corruption est endémique au sommet de l’État, systématique dans son administration.

Mais réformer le système financier, principal défi du moment, sera autrement plus compliqué

Le renvoi des policiers dans leurs casernes pendant le coup de force des militaires a été un premier signe de changement, apprécié par les automobilistes de la capitale, qui échappent ainsi temporairement au racket. Mais réformer le système financier, principal défi du moment, sera autrement plus compliqué. En 2008, le Zimbabwe avait abusé de la planche à billets, provoquant une inflation vertigineuse, et dû abandonner sa monnaie pour le dollar.

Depuis, les adjoints de Mugabe chargés des Finances ont fait preuve d’une incroyable créativité en inventant une nouvelle manière, électronique, de spolier les Zimbabwéens de leurs économies : les dollars ont été bloqués sur les comptes en banque, et ne peuvent être retirés qu’à raison de 20 par jour, ce qui provoque des files d’attente, jour et nuit, devant les établissements de la capitale. « Il est impossible de gérer une affaire ici, soupire un Français installé à Harare. On ne peut pas obtenir de prêt. L’argent est bloqué dans les comptes du pays et perd chaque jour de sa valeur. »

Relancer l’économie

La tâche est donc titanesque : il faut créer une nouvelle monnaie et la rendre crédible aux yeux des Zimbabwéens comme du reste du monde. Cela ne pourra, bien sûr, pas se faire sans un coup de pouce de la communauté internationale. Or le Zimbabwe, qui a fait défaut sur sa dette, ne peut plus emprunter auprès du FMI.

La Chine, premier investisseur dans le pays, a tout intérêt à offrir à Mnangagwa une chance de réussir

En revanche, la Chine, premier investisseur dans le pays, a tout intérêt à offrir à Mnangagwa une chance de réussir, en plaidant pour un déblocage de la situation. Après tout, le Crocodile est un produit du système de formation chinois – il a étudié à Pékin et à Nankin dans les années 1960.

Mnangagwa a un autre atout dans sa manche : ces dernières années, il est parvenu à s’attirer la sympathie de toutes les ambassades occidentales de Harare, et ce en dépit de sa réputation – fondée – d’impitoyable sécurocrate. Les ambitions délirantes et la corruption évidente de sa rivale d’alors, Grace Mugabe, l’ont fait apparaître par contraste comme un homme à poigne, certes, mais pragmatique et raisonnable.

Réformer

Le déblocage de l’aide sera toutefois conditionné à des réformes d’ampleur, et celles-ci risquent de déplaire à ses partisans, au premier rang desquels les militaires et les vétérans de la guerre de libération. Ceux qui se sont vu attribuer les terres des grands propriétaires blancs dans les années 2000 ne veulent pas entendre parler d’un quelconque retour en arrière.

La command agriculture, comme a été baptisée cette politique, a vidé un peu plus les caisses de l’État

Celles-ci leur ont d’ailleurs rapporté gros cette année : grâce à la pluie, le Zimbabwe a réalisé des récoltes record. Sous l’impulsion de Mnangagwa lui-même, lorsqu’il était à la vice-présidence, l’État avait décidé de racheter les produits agricoles à prix fixe pour encourager les producteurs. Mais la command agriculture, comme a été baptisée cette politique, a vidé un peu plus les caisses de l’État.

Paranoïa et confusion

L’autre risque que court ce vieux briscard biberonné aux services secrets et récemment victime d’une tentative d’empoisonnement à la crème glacée imputée à l’entourage de Grace Mugabe, c’est de sombrer dans la paranoïa. La rumeur a couru, à Harare, d’une tentative de contre-coup d’État, financée par un proche de Robert Mugabe.

Des hommes à la mine dissuasive qui ne l’ont pas quitté pendant toute la durée de son premier discours

Elle lui a paru crédible si l’on en juge par l’organisation minutieuse de son grand retour au pays, le 22 novembre, après plusieurs jours d’exil en Afrique du Sud : à l’heure prévue de son atterrissage, un convoi de plus d’une cinquantaine de véhicules, survolé par un hélicoptère, a quitté la base militaire de Manyame en direction du centre-ville, toutes sirènes hurlantes. « C’est le président », ont lancé les militaires aux badauds, forçant les véhicules à se rabattre. Y était-il vraiment ou s’agissait-il d’un leurre ? La confusion sur ses déplacements a été savamment entretenue.

Il a quitté l’aéroport discrètement, sans que ses partisans aient pu le voir, et ce n’est que plusieurs heures plus tard, à la nuit tombée, qu’il a finalement fait son apparition au siège de la Zanu-PF, entouré par une dizaine de gardes du corps. Des hommes à la mine dissuasive qui ne l’ont pas quitté pendant toute la durée de son premier discours, prononcé devant une foule nombreuse et enthousiaste.

Élections en 2018

Cet homme méfiant va pourtant devoir faire campagne très vite. Il s’est engagé à organiser les élections prévues en 2018 dans les temps. L’enregistrement des électeurs n’a d’ailleurs pas été interrompu pendant le coup de force des militaires. Les divisions de l’opposition, particulièrement aiguës actuellement (le MDC de Morgan Tsvangirai a connu trois scissions ces dernières années), accroissent ses chances.

En 2000 et en 2005, il a échoué à s’imposer face à un candidat de l’opposition lors des élections législatives

Reste qu’Emmerson Mnangagwa n’est pas très à l’aise dans cet exercice. Par deux fois, en 2000 et en 2005, il a échoué à s’imposer face à un candidat de l’opposition lors des élections législatives. Mais cela, c’était avant. Avant qu’il ne devienne le tombeur de Mugabe et le héros de son peuple.

Jeuneafrique.com

Zimbabwe: Emmerson Mnangagwa dissout le gouvernement Mugabe

novembre 28, 2017

 

Premier discours d’Emmerson Mnangagwa en tant que président du Zimbabwe. © Ben Curtis/AP/SIPA

Le nouveau président zimbabwéen a dissous le gouvernement de son prédécesseur, Robert Mugabe, et confié temporairement deux portefeuilles clé à des ministres du chef de l’État démissionnaire. La Chine, soupçonnée d’avoir soutenu en sous-main le nouvel homme fort du pays dans son ascension, a par ailleurs démenti ces allégations.

Le nouveau président, qui n’a pas encore nommé son gouvernement, a convoqué les directeurs de cabinet de tous les ministères ce 28 novembre dans l’après-midi. Le temps de former un nouveau gouvernement et afin d’assurer la continuité de ministères essentiels, Emmerson Mnangagwa a nommé deux personnalités du parti au pouvoir, la Zanu-PF, à des postes-clés.

Patrick Chinamasa s’est vu confier les Finances, un portefeuille qu’il a déjà occupé jusqu’à récemment sous le régime Mugabe. Lors d’un remaniement en octobre, il avait cependant été affecté au ministère de la Cybersécurité.

Simbarashe Mumbengegwi a, lui, hérité de la diplomatie. Il était chargé de la Planification macroéconomique dans le dernier gouvernement Mugabe, mais avait auparavant occupé le poste de ministre des Affaires étrangères.

Les deux hommes se retrouvent affectés aux postes qu’ils avaient perdus en octobre dans le cadre d’un remaniement, où Emmerson Mnangagwa s’était vu, lui, priver du poste de la Justice.

Pas d’implication de la Chine

Le 27 novembre, la Chine a par ailleurs salué l’investiture du nouveau président et démenti toute implication dans son ascension. Le chef des armées du Zimbabwe, Constantino Chiwenga, était en visite à Pékin peu avant la crise politique qui a secoué Harare. Sa présence a soulevé des interrogations quant au rôle joué par la Chine.

Sa venue faisait partie des « interactions normales » entre les deux pays, a déclaré Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« Elle était prévue longtemps à l’avance et était approuvée par l’ex-président Mugabe, a-t-il martelé. La Chine défend toujours le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays et cette position demeure inchangée ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Zimbabwe: une décision de justice sème déjà le doute sur Mnangagwa

novembre 25, 2017

Le nouveau président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa, après avoir prêté serment lors de son investiture, le 24 novembre 2017 au stade de Harare / © AFP / MUJAHID SAFODIEN

La justice zimbabwéenne a jugé légal le coup de force de l’armée qui a abouti à la démission du président Robert Mugabe, une décision qui sème déjà le doute sur la « nouvelle démocratie » promise par son tout frais successeur Emmerson Mnangagwa.

Saisi par deux simples citoyens, un tribunal de Harare a justifié vendredi l’intervention des militaires par la nécessité « de s’assurer qu’un individu non élu n’exerce pas des fonctions qui ne peuvent être remplies que par des élus ».

« Les actes des Forces de défense zimbabwéennes visant à empêcher les proches de l’ancien président Robert Mugabe d’usurper le pouvoir sont constitutionnels », a conclu le juge, dont la décision a été rapportée samedi par la télévision d’Etat.

Sans les nommer, ce jugement fait référence à l’ex-Première dame du pays, Grace Mugabe, et à son entourage, à l’origine de la crise qui a provoqué la chute de son époux.

Les militaires ont pris le contrôle du pays dans la nuit du 14 au 15 novembre pour s’opposer à l’éviction du vice-président d’alors Emmerson Mnangagwa, qui barrait la route à Grace Mugabe pour la succession de son mari, âgé de 93 ans.

Un porte-parole des généraux avait alors démenti toute tentative de coup d’Etat contre le gouvernement.

Pour se prémunir des critiques et de tout risque d’intervention des pays voisins, ils avaient assuré que leur opération ne visait qu’à éliminer des « criminels » de l’entourage du chef de l’Etat, en l’occurrence son épouse Grace et ses soutiens.

– Doutes –

Placé en résidence surveillée, Robert Mugabe a résisté pendant plusieurs jours aux pressions de l’armée, de son parti et de la rue, avant de présenter mardi sa démission, sous la menace d’une procédure de destitution par le Parlement.

Le départ du plus vieux dirigeant en exercice de la planète a été salué par des manifestations de liesse à travers tout le pays.

Son successeur Emmerson Mnangagwa, 75 ans, a été officiellement investi vendredi devant plusieurs dizaines de milliers de partisans enthousiastes, réunis dans un stade de la capitale.

Mais certains, dans l’opposition comme à l’étranger, ont rapidement émis des doutes sur l’aptitude du nouveau chef de l’Etat, longtemps aux commandes de l’appareil répressif de Robert Mugabe, à rompre avec les habitudes de l’ancien régime.

Dans son discours d’investiture, M. Mnangagwa a promis de redresser l’économie, de lutter contre la corruption et que les élections prévues en 2018 seraient « libres et honnêtes ».

De retour d’exil deux jours plus tôt, il avait salué le « début d’une nouvelle démocratie » dans son pays.

Dans un autre jugement rendu vendredi, la justice a également annulé, à la demande de M. Mnangagwa, son limogeage.

« L’éviction du requérant par Robert Gabriel Mugabe, alors président du Zimbabwe, des fonctions de vice-président du Zimbabwe le 6 novembre 2017 est nulle et non avenue », a tranché le juge dans son verdict.

Ces deux décisions ont ravivé le débat sur le passé « démocratique » de celui que l’on appelle le « Crocodile ».

– ‘Dangereux précédent’ –

Fidèle parmi les fidèles du régime, M. Mnangagwa, proche de la hiérarchie sécuritaire et plusieurs fois ministre, traîne derrière lui une réputation d’exécuteur des basses oeuvres répressives de l’ex-président Mugabe.

Selon Amnesty International, des dizaines de milliers de personnes ont été torturées, ont disparu ou ont été tuées pendant les presque quatre décennies de l’ère Mugabe.

Le responsable régional de l’ONG Human Rights Watch (HRW), Dewa Mavhinga, n’a pas caché sa surprise après ces « deux jugements incroyables ». « Justice étrange, sous contrôle ? », s’est-il interrogé sur son compte Twitter.

« La justice a soutenu l’interprétation de l’armée selon laquelle il est autorisé et légal d’intervenir dans les affaires politiques », a renchéri samedi Alex Magaisa, expert zimbabwéen en droit. « C’est un dangereux précédent qui met le gouvernement sous la coupe des militaires », a-t-il écrit sur le site Big Saturday Read.

Comme pour nourrir ces craintes, la justice a commencé samedi à entendre quelques uns des proches soutiens de Grace Mugabe arrêtés par l’armée lors de son coup de force.

L’ex-ministre des Finances Ignatius Chombo était interrogé samedi par un juge, accusé de corruption, d’abus de pouvoir et de fraude.

Avant lui, l’ancien chef de la Ligue des jeunes du parti au pouvoir, la Zanu-PF, Kudzai Chipanga a comparu pour avoir « publié des déclarations qui portent préjudice » à l’Etat ou à l’armée. Le juge l’a placé en détention provisoire jusqu’à son procès.

Romandie.com avec (©AFP / 25 novembre 2017 12h55)                

Zimbabwe: Emmerson Mnangagwa sera investi président vendredi

novembre 22, 2017

 

Emmerson Mnangagwa lors d’un meeting de la ZANU-PF à Harare, le 10 février 2016. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

Au lendemain de la démission de Robert Mugabe après 37 ans à la tête du pays, les médias d’État ont annoncé mercredi que l’ancien vice-président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa serait « investi » vendredi 24 novembre.

« L’investiture du camarade Mnangagwa est prévue vendredi », a affirmé mercredi 22 novembre le site du groupe audiovisuel public ZBC. En exil depuis son éviction du pouvoir, l’ancien vice-président, 75 ans, doit arriver à Harare mercredi à 16h GMT, précise la ZBC, alors que son retour était initialement annoncé aux alentours de midi.

« Le président du Parlement fera l’annonce » mercredi, avait annoncé mardi le porte-parole de la Zanu-PF, le parti au pouvoir. « Le vice-président évincé Mnangagwa, que le comité central du parti a adoubé, devrait être celui qui prêtera serment en tant que président pour une période de 90 jours », avait poursuivi Simon Khaya-Moyo.

Mnangagwa attendu mercredi

Selon Khaya-Moyo, Emmerson Mnangagwa se trouvait toujours en exil mardi. Il « devrait rentrer dans les vingt-quatre heures » au Zimbabwe, a ajouté le porte-parole du parti, ce qu’a confirmé l’un de ses proches mercredi matin. « Il se rendra ensuite au quartier général du parti pour faire le point, puis au bureau de la présidence pour faire un autre point », a précisé son assistant personnel.

Avant de rentrer à Harare, Emmerson Mnangagwa a d’abord rendu visite à Jacob Zuma, fidèle allié de Robert Mugabe. Les deux hommes ont immortalisé tout sourire leur poignée de main, a relayé mercredi midi la communication du gouvernement sud-africain :

Emmerson Mnangagwa, redoutable sécurocrate surnommé « le crocodile » pour son caractère impitoyable, avait déjà été nommé dimanche président de la Zanu-PF en remplacement de Robert Mugabe, qui l’avait démis de ses fonctions le 6 novembre. Son limogeage, sur fond de rivalité avec l’ex-première dame Grace Mugabe, avait été le déclencheur de la crise ayant conduit à la chute du vieux président de 93 ans.

L’armée appelle à « la retenue »

Si Emmerson Mnangagwa vient à être nommé ce mercredi président pour 90 jours, « il reviendra au Parlement d’élire la personne qu’il souhaite à la présidence jusqu’aux prochaines élections », a précisé le porte-parole du parti. Avant la crise politique, les élections générales étaient prévues pour 2018.

L’armée a appelé mardi les Zimbabwéens à « la plus grande retenue » et au « respect de la loi », alors que la démission de Robert Mugabe suscitait des scènes de liesse dans le pays. « Au vu des derniers développements dans le pays, les forces de défense et de sécurité veulent appeler les Zimbabwéens de tous bords politiques à faire preuve de la plus grande retenue et à pleinement respecter la loi et l’ordre », a déclaré le chef de l’état-major de l’armée, Constantino Chiwenga.

Jeuneafrique.com

Zimbabwe: Mnangagwa devrait être nommé président par intérim mercredi (parti)

novembre 21, 2017

Harare – L’ancien vice-président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa devrait être nommé mercredi président par intérim après la démission mardi de Robert Mugabe, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la Zanu-PF, le parti au pouvoir.

« Le président du Parlement fera l’annonce demain » mercredi, a déclaré Simon Khaya-Moyo. « Le vice-président évincé Mnangagwa, que le comité central du parti a adoubé, devrait être celui qui prêtera serment en tant que président pour une période de 90 jours », a-t-il poursuivi.

Emmerson Mnangagwa avait été démis de ses fonctions de vice-président le 6 novembre par Robert Mugabe. Dimanche, la Zanu-PF l’a nommé président du parti, en remplacement de Robert Mugabe.

Emmerson Mnangagwa se trouvait mardi toujours en exil et « devrait rentrer dans les vingt-quatre heures » au Zimbabwe, selon Simon Khaya-Moyo.

Une fois qu’il aura été nommé président pour 90 jours, « il reviendra au Parlement d’élire la personne qu’ils souhaitent à la présidence jusqu’aux prochaines élections », a précisé le porte-parole du parti.

Avant la crise politique, les élections générales étaient prévues pour 2018.

Le président de l’Assemblée nationale, Jacob Mudenda, a confirmé qu’un nouveau chef de l’Etat serait nommé mercredi.

Robert Mugabe, 93 ans, a annoncé mardi sa démission après 37 ans à la tête du pays. Il a finalement renoncé sous les pressions de l’armée qui contrôlait le pays depuis une semaine, de la pression de la rue et de son parti, qui avait engagé mardi une procédure de destitution.

Romandie.com avec(©AFP / 21 novembre 2017 21h16)                                            

Zimbabwe: Mugabe et le vice-président limogé en contact

novembre 20, 2017

Capture d’image de la télévision zimbabwéenne diffusant l’allocution du président Robert Mugabe, le 19 novembre 2017 à Harare / © ZBC/AFP /

Les deux acteurs politiques principaux de la crise au Zimbabwe, le président Robert Mugabe et son vice-président déchu Emmerson Mnangagwa, sont en contact, a annoncé l’armée lundi, à la veille d’une procédure de destitution contre l’homme fort du pays depuis 1980.

Le chef d’état-major, le général Constantino Chiwenga, auteur d’un coup de force militaire dans la nuit du 14 au 15 novembre, a également appelé la population au « calme » et à « la patience », à l’avant-veille de nouvelles manifestations anti-Mugabe.

Samedi, des dizaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue pour demander la démission du plus vieux chef d’Etat en exercice de la planète, âgé de 93 ans.

L’armée a pris le contrôle du pays après la destitution, le 6 novembre, d’Emmerson Mnangagwa. Avec son départ forcé, la voie semblait dégagée pour la première dame, Grace Mugabe, afin que, le moment venu, elle succède à son mari. Un scénario inacceptable pour l’armée.

Depuis ce coup de force, le chef d’Etat a perdu un à un ses soutiens, y compris celui de son parti, la Zanu-PF, qui doit engager mardi une procédure de destitution contre lui.

En trente-sept ans au pouvoir, le très fin tacticien Robert Mugabe n’a jamais été aussi affaibli politiquement, mais il refuse toujours de céder le pouvoir.

Alors que les négociations semblaient au point mort, le général Constantino Chiwenga a annoncé lundi soir des « contacts entre le président et l’ancien vice-président ». Des « développements encourageants », selon lui.

Emmerson Mnangagwa, parti en exil dans la foulée de son éviction, est « attendu prochainement dans le pays », a-t-il précisé.

Dans le cadre d’entretiens entre l’armée et le président, « plusieurs garanties ont été données » et le président Mugabe « a accepté une feuille de route » pour une sortie de crise, a assuré le général Chiwenga sans donner plus de précisions.

Selon plusieurs analystes, le vieux dirigeant, accusé de violations ds droits de l’Homme et de corruption, joue la montre afin d’obtenir des garanties sur son immunité.

Trop c’est trop

Le temps presse pour Robert Mugabe car la Zanu-PF, qui l’a évincé ce week-end de la présidence du parti, a décidé lundi d’entamer une procédure de destitution.

Elle espère ainsi lui donner le coup de grâce, ce que ni l’armée ni la population descendue en masse dans la rue n’ont encore réussi.

« Trop, c’est trop. Mugabe doit partir », a déclaré à l’AFP un parlementaire de la Zanu-PF, Pesai Munanzvi. « Nous voulons nous débarrasser de cet animal », a renchéri son collègue, Vongai Mupereri, avant que le parti ne se prononce pour le lancement, dès mardi, de la procédure de destitution.

Devant la tour du siège de la Zanu-PF, une immense affiche représentant le « camarade Bob » a été vandalisée. Tout un symbole.

La Zanu-PF a mis ses menaces à exécution après le bras d’honneur que lui a adressé le président: il a superbement ignoré l’ultimatum de son parti qui lui enjoignait de démissionner d’ici à lundi midi (10H00 GMT).

Selon la Constitution zimbabwéenne, l’Assemblée nationale et le Sénat peuvent engager à la majorité simple, une procédure de révocation du président. Une commission d’enquête est alors formée pour formuler une résolution de destitution, qui doit ensuite être approuvée à la majorité des deux tiers.

La Zanu-PF veut accuser Robert Mugabe « d’avoir autorisé sa femme à usurper des pouvoirs » et de « ne plus être en capacité physique d’assurer son rôle compte tenu de son grand âge », a précisé le député Paul Mangwana.

Grand-père

Dans une déclaration surréaliste à la télévision dimanche soir, Robert Mugabe avait ignoré les appels à la démission, provoquant un coup de tonnerre dans le pays.

Très influents, les anciens combattants de la guerre d’indépendance lui ont à nouveau ordonné lundi de partir.

« Epargne d’autres troubles au pays. Sinon, nous allons ramener le peuple du Zimbabwe dans les rues », lui a lancé leur chef, Chris Mutsvangwa, qui a confirmé une nouvelle manifestation anti-Mugabe mercredi dans la capitale.

Sous l’oeil bienveillant de l’armée, plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient déjà envahi samedi les rues d’Harare et de Bulawayo (sud-ouest) aux cris de « Bye bye Robert » ou « Adieu grand-père ».

Dans la foule des manifestants, figuraient plusieurs ministres.

Ils sont convoqués, avec leurs collègues du gouvernement, pour un conseil des ministres mardi à 09H00 (07H00 GMT). « Tous les ministres doivent être présents », a prévenu la présidence.

Des centaines d’étudiants ont également manifesté lundi sur le campus de l’université d’Harare pour exiger le départ du chef de l’Etat. « Nous sommes en colère et déçus par le discours de Mugabe », a déclaré un de leurs meneurs, Shepherd Raradza.

Dans la soirée, l’université a annoncé qu’elle fermerait dès mardi pour les vacances de fin d’année et que les examens auraient finalement lieu en janvier.

Romandie.com avec(©AFP / 20 novembre 2017 21h47)                

Zimbabwe: Robert Mugabe a jusqu’à lundi pour quitter le pouvoir, parle ce soir à la nation

novembre 19, 2017

 

Zimbabwe : Robert Mugabe a jusqu'à lundi midi pour quitter le pouvoir

Robert Mugabe, le 17 novembre dernier. Depuis mercredi, le président du Zimbabwe est retranché en résidence surveillée avec son épouse Grace Mugabe. PHILIMON BULAWAYO/REUTERS

Dimanche, Robert Mugabe a été démis de ses fonctions de président du parti au pouvoir et sommé de quitter le pouvoir.

• Mugabe sommé de démissionner

L’autoritaire Robert Mugabe, au pouvoir au Zimbabwe depuis 1980, a été désavoué dimanche par son parti qui l’a menacé de destitution s’il ne quittait pas d’ici lundi midi la présidence du pays. Encore impensable il y a quelques jours, la Zanu-PF a lancé un ultimatum au «camarade Bob», qui, à 93 ans, s’accroche au pouvoir malgré son assignation à résidence depuis mercredi. «Il doit démissionner de la présidence du Zimbabwe et s’il ne l’a pas fait d’ici lundi midi (…), le président du Parlement enclenchera la procédure de destitution», a déclaré, sous les vivats, le porte-parole de la Zanu-PF, Simon Khaye Moyo, à l’issue d’une réunion d’urgence du parti.

 

 Le président zimbabwéen Robert Mugabe s'est entretenu dimanche avec l'armée. Ici, un soldat de l'armée lors de la journée de mobilisation anti-Mugabe, qui s'est déroulée samedi à Harare.
Le président zimbabwéen Robert Mugabe s’est entretenu dimanche avec l’armée. Ici, un soldat de l’armée lors de la journée de mobilisation anti-Mugabe, qui s’est déroulée samedi à Harare. PHILIMON BULAWAYO/REUTERS

Cet ultimatum est considéré comme une tentative de donner une fin sans heurts à un règne de 37 années après l’intervention de l’armée qui a écarté le vieux chef d’Etat de 93 ans dans la nuit de mardi à mercredi. Mugabe a rencontré une nouvelle fois les chefs de l’armée, dimanche, indique le journal The Herald. Les négociations visent à l’inciter à quitter le pouvoir de lui-même.

• Emmerson Mnangagwa remplace le président au sein du parti

Robert Mugabe a en outre été démis de ses fonctions à la tête de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, lors d’une réunion extraordinaire de son comité central dimanche, a annoncé Chris Mutsvangwa, chef de file des anciens combattants de la guerre d’indépendance, qui a joué un rôle clé dans l’éviction du chef de l’État. L’ex-vice-président Emmerson Mnangagwa, dont le limogeage la semaine dernière a précipité l’intervention de l’armée, le remplace et sera le candidat du parti au pouvoir à l’élection présidentielle de 2018, a annoncé un porte-parole du parti. Grace Mugabe, l’épouse du président, a été remplacée à la tête de la Ligue féminine du parti, a poursuivi Chris Mutsvangwa. «Nous irons jusqu’au bout», a-t-il assuré, interrogé par Reuters alors qu’il se rendait à la réunion du comité central, estimant que Robert Mugabe n’avait plus qu’à démissionner et à quitter le pays. «Il essaye de marchander pour s’en tirer dignement, mais il devra s’y faire», a-t-il ajouté.

• Une journée «historique» de manifestations

L’ultimatum posé par le parti à Robert Mugabe fait suite à l’une des plus grandes manifestations jamais organisées depuis l’indépendance et l’arrivée au pouvoir du président en 1980. Des dizaines de milliers de Zimbabwéens se sont rassemblés samedi dans la capitale et la deuxième ville du pays, Bulawayo (sud-ouest) pour exiger son départ. «Un jour historique», a résumé samedi soir, avec une voix émue, la présentatrice du journal de la ZBC, la télévision d’État. «Trop c’est trop, Mugabe doit partir», «Repose en paix Mugabe», «Non à la dynastie Mugabe», «Au revoir grand-père», proclamaient des affiches brandies par des manifestants euphoriques dans un concert de klaxons et de vuvuzelas.

Des manifestants samedi 18 novembre brandissent une banderole dont le slogan signifie «Trop c'est trop, Mugabe doit partir».

Des manifestants samedi 18 novembre brandissent une banderole dont le slogan signifie «Trop c’est trop, Mugabe doit partir». -/AFP

Tout la journée de samedi, les manifestants, issus de tout bord politique, ont salué l’intervention de l’armée qui a pris le contrôle du pays dans la nuit de mardi à mercredi et assigné à résidence Robert Mugabe. À Harare, l’armée, qui a officiellement apporté son soutien à cette journée anti-Mugabe, a stoppé en début d’après-midi des milliers de personnes qui se dirigeaient vers le palais présidentiel, provoquant l’incompréhension des manifestants. La foule s’est finalement dispersée dans le calme, sous l’œil de militaires masqués et lourdement armés.

• Mugabe parle ce soir à la nation

Le chef d’Etat zimbabwéen Robert Mugabe, pressé par son parti, l’armée et la rue de démissionner après trente-sept ans au pouvoir, s’adressera dimanche soir à la télévision, a annoncé le groupe audiovisuel public ZBC. « Le président RG (Robert Gabriel) Mugabe s’adressera à la nation en direct depuis le palais présidentiel ce soir. Restez connectés », a indiqué la ZBC dans un bandeau défilant en bas d’écran.

• Un sommet de l’Afrique australe mardi

La communauté de développement d’Afrique australe (CDAA) discutera de la crise politique au Zimbabwe mardi lors d’un sommet qui se tiendra à Luanda, la capitale angolaise.

Le figaro.fr avec AFP, Reuters Agences