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Tchad : ce que les autorités reprochent à l’opposant Yaya Dillo Djerou

mars 1, 2021
L’ancien chef rebelle tchadien Yaya Dillo Djerou à N’Djamena, le 10 novembre 2007.

Le domicile de Yaya Diallo Djerou était encore encerclé par les forces de l’ordre tchadiennes le matin du lundi 1er mars. Une tentative d’arrestation de l’opposant y a fait au moins deux morts la veille. 

Selon les autorités tchadiennes, au moins deux personnes ont été tuées et cinq autres blessées dimanche 28 janvier à N’Djamena, dans des échanges de tirs au cours d’une tentative d’interpellation au domicile de l’opposant et ancien ministre Yaya Dillo Djerou.

« Il y a eu deux morts et cinq blessés dont trois parmi les forces de l’ordre, a indiqué Chérif Mahamat Zene, porte-parole du gouvernement. Les forces de défense et de sécurité […] ayant essuyé des tirs d’armes », elles « n’ont pas eu d’autre choix que de riposter ».

« Le gouvernement condamne avec la dernière énergie cette rébellion armée au cœur de la capitale, qui n’est qu’une tentative de déstabilisation des institutions de l’État fomentée de longue date », a accusé le porte-parole.

Confrontation avec Hinda Déby Itno…

« Ils viennent de tuer ma mère et plusieurs de mes parents », a quant à lui affirmé Yaya Dillo Djerou, qui s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle du 11 avril. « Un blindé a enfoncé ma porte principale. La lutte pour la justice doit continuer pour sauver notre pays. […] Mes chers compatriotes, levons-nous ! » a-t-il ajouté dimanche 28 février dans la soirée.

Yaya Dillo Djerou est sous le coup de deux mandats d’arrêt à la suite d’une plainte déposée en mai 2020 par la première dame, Hinda Déby Itno, et sa fondation Grand Cœur pour diffamation et injures. L’opposant avait dénoncé sur les réseaux sociaux une convention signée entre Grand Cœur et le gouvernement dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de coronavirus.

Ancien ministre des Mines et de l’Énergie et ex-conseiller à la présidence de la République, il avait parlé de « conflit d’intérêts » à propos de cet accord dans une vidéo qui était par la suite devenue virale. Selon Dillo Djerou, la fondation s’attribue de façon abusive les prérogatives de certains ministères, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

… et candidature à la présidentielle

À la suite de cette plainte, l’ancien conseiller du président avait été suspendu, le 11 mai 2020, de ses fonctions de représentant tchadien à la Commission économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) pour « manque de neutralité et violation du droit de réserve ». Sous la pression de N’Djamena, et notamment de la vice-présidente de la Commission, Fatima Haram Acyl, sœur d’Hinda Déby Itno, il en avait été licencié le 6 juillet.

Selon nos informations, plusieurs convocations ont été émises depuis mai 2020 par la justice tchadienne pour entendre Yaya Dillo Djerou, lequel ne s’est pas présenté, mettant en avant jusque début juillet l’immunité que lui conférait son rôle au sein de la Cemac.

La police a aussi tenté de se présenter à son domicile à au moins deux reprises, mais a rebroussé chemin face aux partisans présents sur les lieux.

INTERROGÉ EN PLACE PUBLIQUE DEVANT UNE FOULE DE SPECTATEURS FILMANT LA SCÈNE

L’ancien ministre a toutefois été entendu début juillet par des agents de la police judiciaire, lors d’un séjour privé dans son village d’Iriba, dans la province de Wadi Fira (frontalière avec le Soudan). Une scène étonnante puisque l’ancien rebelle du Socle pour le changement, l’unité et la démocratie (Scud), rallié en 2007 à Idriss Déby Itno, y a été interrogé en place publique devant une foule de spectateurs filmant la scène.

« De la barbarie pure et simple », selon Saleh Kebzabo

Le 26 février, Yaya Dillo Djerou avait déposé son dossier de candidature pour la présidentielle du 11 avril prochain, lors de laquelle le président Idriss Déby Itno briguera un sixième mandat. Il avait été désigné mi-février par le Parti socialiste sans frontières (PSF), à l’issue d’un congrès extraordinaire organisé sur le thème « L’heure du changement a sonné ».

Ce 1er mars, Saleh Kebzabo, autre opposant ayant déclaré sa candidature à la magistrature suprême, a annoncé suspendre sa participation au processus électoral. Il a qualifié les événements au domicile de Yaya Dillo Djerou de « barbarie pure et simple » de la part de « dirigeants indignes ». Succès Masra, autre prétendant ayant déposé son dossier de candidature pour la présidentielle, a réclamé la démission d’Idriss Déby Itno.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Congo: Encerclement de la résidence de Claudine Munari à Brazzaville

juin 8, 2017

La maison de Mme Claudine MUNARI, à Brazzaville, de nouveau encerclée par les miliciens de Denis Sassou Nguesso.

<< Nous avons fait ce matin une marche pacifique avec Mme Munari et tous les dirigeants de la Fédération FROCAD / ID/ CJ3M accompagnés de près de 500 jeunes en l’honneur des victimes civiles et militaires du #POOL

Après le dépôt de gerbe de fleurs, les forces de sécurité sont intervenues. Des jeunes ont été arrêtés, les banderoles retirées. Nous sommes actuellement une trentaine, réfugiés chez Madame Munari.

La résidence est encerclée par des forces de sécurité lourdement armées (7BJ de policiers)! Ces dernières nous empêchent de sortir pour tenir notre point de presse.

Nous ne céderons pas aux intimidations du Pouvoir! >> Charles ZACHARIE BOWAO

 

Avec Brazzanews.fr

Congo/Général Mokoko : « Je suis cloîtré chez moi, tout peut m’arriver »

avril 8, 2016

Jean-Marie-Michel-Mokoko-chez-Congo-Brazzaville-mars-2016

De sa maison encerclée par les forces de l’ordre congolaises, le général Jean Marie Michel Mokoko a donné un entretien exclusif à La Croix.

Arrivé troisième à l’élection présidentielle du 20 mars, il s’attend à être bientôt arrêté par les hommes du président du Congo-Brazzaville, Sassou Nguesso

La Croix : Dans quelle situation vous trouvez-vous ?

Jean Marie Michel Mokoko  : Depuis mardi, ma maison est encerclée par des hommes de la brigade antiterroriste. Têtes encagoulées, armés, ils ont pris position dans tout le quartier, isolant complètement ma maison. Personne ne peut me rendre visite et je ne peux pas sortir. Je suis cloîtré chez moi. Depuis jeudi après-midi, les quinze gardes du corps qui me sont affectés par l’armée pour assurer ma sécurité m’ont été retirés. De sorte que je suis désormais seul et sans défense.

Pourquoi êtes-vous dans cette situation ?

J.-M. M. M. : Personne ne m’a expliqué les raisons de cette situation, personne ne m’a notifié que j’étais en résidence surveillée. Mes ennuis avec les autorités ont commencé dès que je me suis présenté à l’élection présidentielle, à mon retour de Centrafrique, au début du mois de février. Pour me disqualifier, le régime m’accuse de préparer un coup d’État avec une puissance étrangère et des éléments anti-balaka de République centrafricaine.

Le régime s’appuie sur une vidéo qui vous montre en train de parler de ce coup d’État…

J.-M. M. M.  : Effectivement. Mais cette vidéo date de 2007. J’ai été piégé. Les gens qui m’ont tendu ce piège sont venus me voir pour parler à bâtons rompus de plein de choses. Ils ont conduit la discussion sur la situation du Congo. Les propos que l’on entend dans cette vidéo sont extraits de cette discussion passionnée et privée. Il n’a jamais été de mon intention de faire quoique ce soit contre le pouvoir. Ce que j’ai fait depuis 2007 prouve que je n’ai jamais porté atteinte à la République, à nos institutions. J’ajoute que cette vidéo a été projetée à des membres du gouvernement en 2012. Je m’en suis expliqué avec eux à ce moment-là. Pourquoi ressortir cette vieille vidéo aujourd’hui ? Pour préparer l’opinion au sort que le régime me réserve.

Craignez-vous d’être arrêté ?

J.-M. M. M.  : Désormais, toutes les conditions sont réunies pour que je le sois très prochainement. Cela peut arriver à tout moment. Ma seule protection, c’est vous, les médias. C’est pourquoi, il vaut mieux que mon arrestation se fasse au grand jour.

Craignez-vous pour votre vie ?

J.-M. M. M.  : Nous sommes dans un pays où tout peut arriver. Ici, c’est le règne de l’impunité. Il ne faut s’étonner de rien. Si j’avais tenté de fuir, de quitter clandestinement ma maison, quelque chose me serait arrivé sans que l’on sache exactement qui l’aurait fait. Je suis victime, comme bien d’autres, de l’arbitraire. J’ai certainement commis un crime de lèse-majesté en décidant de me présenter à l’élection. Que l’opinion internationale voie qu’au Congo, une personne pour le seul fait qu’elle a le pouvoir, dispose de la vie des gens et fait ce qu’elle veut dans notre pays.

Propos recueillis par Laurent Larcher

Source: La Croix.com