Posts Tagged ‘enfants soldats’

Centrafrique : des milices anti-balaka libèrent 163 enfants-soldats

août 28, 2015
Opération de désarmement d'enfants-soldats dans la région du Pibor, au Soudan du Sud, le 10 février 2015. © Charles Lomodong/AFP

Opération de désarmement d’enfants-soldats dans la région du Pibor, au Soudan du Sud, le 10 février 2015. © Charles Lomodong/AFP

Un groupe de 163 enfants-soldats centrafricains dont cinq filles ont été libérés vendredi par des miliciens anti-balaka à Batafongo, dans l’ouest du pays, a annoncé dans un communiqué l’Unicef.

Les enfants libérés ont subi des examens médicaux et ont pu s’entretenir avec des travailleurs sociaux. Ceux qui ont des parents dans la région les rejoindront, tandis que les autres seront placés dans des structures d’accueil jusqu’à ce que leurs familles soient retrouvées. Au total, 645 enfants ont été libérés par des groupes armés centrafricains depuis la signature en mai dernier d’un accord avec l’Unicef, précise le communiqué.

Une libération prometteuse

« Cette libération est le signe que la mise en oeuvre de l’engagement pris par les chefs de ces groupes dans le cadre du processus de paix et de réconciliation est sur la bonne voie », a déclaré le représentant du Fonds des Nations unies pour l’enfance à Bangui, Mohamed Malick Fall.

Les chefs de huit groupes armés centrafricains, dont les milices chrétiennes anti-balaka et l’ex-rébellion musulmane Séléka, principaux protagonistes du conflit s’étaient engagés à relâcher plusieurs milliers d’enfants-soldats en mai dans le cadre de la réconciliation nationale. L’Unicef estime entre 6 000 et 10 000 le nombre d’enfants enrôlés dans les groupes armés en Centrafrique depuis le début des violences, en 2013.

Jeuneafrique.com

Enfants-soldats : cinq États africains sur la liste noire du département d’État américain

août 6, 2015

 Opération de désarmement d'enfants-soldats dans la région du Pibor, au Soudan du Sud, le 10 février 2015. © Charles Lomodong/AFP


Opération de désarmement d’enfants-soldats dans la région du Pibor, au Soudan du Sud, le 10 février 2015. © Charles Lomodong/AFP

La RDC, le Nigeria, la Somalie, le Soudan et le Soudan du Sud. Sur la liste américaine des gouvernements qui ont recruté, directement ou indirectement, des enfants-soldats en 2015 figurent cinq pays africains sur huit.

Des milliers d’enfants sont enrôlés dans des groupes armés en Afrique. Le phénomène n’est pas spécifique au continent, mais il est plus surprenant d’y voir des forces armées nationales ou des milices soutenues par le gouvernement recruter des jeunes de moins de 18 ans (la définition de l’enfant, selon le droit international).

Fin juillet, le département d’État américain a publié une liste de huit pays accusés d’avoir recruté, directement ou indirectement, des enfants-soldats entre le 1er avril 2014 et le 31 mars 2015. Dans ce palmarès peu glorieux figurent cinq pays africains, aux côtés de la Birmanie, de la Syrie et du Yémen.

Le Nigeria, nouveau-venu sur la liste

Cette année, le Nigeria fait son entrée dans la « Liste américaine de la loi de prévention sur les enfants-soldats » (Child Soldiers Prevention Act List). Outre Boko Haram qui recrute de force des centaines d’enfants, une milice d’autodéfense soutenue par le gouvernement compterait elle aussi dans ses rangs des enfants-soldats. Une définition qui inclut les mineurs recrutés comme combattants, mais aussi ceux qui sont utilisés comme cuisiniers, porteurs, messagers ou esclaves sexuels.

La RDC et la Somalie, pays systématiquement listés par les Américains depuis quelques années, enregistrent cependant des améliorations notables en 2015. Les plans de lutte gouvernementaux contre l’utilisation des enfants-soldats sont mieux appliqués que par le passé, selon le rapport du département d’État américain. Ce n’est pas le cas au Soudan du Sud où la situation régresse de façon alarmante.

Sanctions militaires

La loi américaine de prévention de l’utilisation des enfants-soldats a été promulguée en 2008 par George W. Bush avant d’entrer en vigueur sous la présidence de Barack Obama l’année suivante. Elle prévoit la publication annuelle d’une liste de pays en défaut qui pourront faire l’objet de sanctions, comme l’interdiction d’une aide militaire américaine ou la vente d’armes et d’équipements aux gouvernements.

Toutefois, les États-Unis semblent avoir bien d’autres priorités… Ces sanctions ne sont pas systématiquement appliquées pour des raisons de « sécurité nationale et des alliances militaires avec certains pays », notamment dans la lutte contre le terrorisme, explique Jo Becker, conseillère de la division Droits de l’enfant de Human Rights Watch (HRW), basée aux États-Unis. « Imposer des sanctions partielles réussit néanmoins à lancer un message fort aux pays concernés », relativise-t-elle, en ajoutant toutefois que « les États-Unis pourraient faire bien plus ».

Soldats à 17 ans aux États-Unis

Mais les États-Unis ne se sont pas montrés aussi exemplaires qu’ils le pensent… Avant décembre 2002, des soldats de 17 ans allaient se battre dans des conflits armés, avant que le pays n’accepte de signer le Protocole facultatif à la « Convention relative aux droits de l’enfant concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés » des Nations Unies. Aujourd’hui, un Américain peut être recruté dès l’âge de 17 ans mais doit attendre ses 18 ans avant d’aller au front.

« Ce fut un grand changement pour les États-Unis puisqu’il y avait beaucoup de résistance à ce sujet. De mon point de vue, l’idéal serait qu’aucun gouvernement ne recrute de mineurs pour en faire des soldats », soutient Jo Becker de HRW.

D’ailleurs, l’intégralité de la Convention sur les droits de l’enfant n’a toujours pas été ratifiée par les États-Unis et un (seul) autre pays : la Somalie. Quelque 195 pays y ont adhérée, dont le Soudan du Sud en mai dernier.

Jeuneafrique.com par Sabrina Myre

Soudan du Sud : un groupe armé a enlevé au moins 89 adolescents

février 21, 2015

Des enfants soldats au Soudan du Sud avant leur démobilisation, le 10 février 2015.
Des enfants soldats au Soudan du Sud avant leur démobilisation, le 10 février 2015. © AFP

Un groupe armé non identifié a enlevé au moins 89 adolescents, dont certains âgés d’à peine 13 ans, dans la ville de Wau Shilluk, dans le nord du Soudan du Sud, a annoncé samedi l’Unicef dans un communiqué.

Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), le nombre réel d’adolescents enlevés pourrait être bien plus élevé. Les belligérants utilisent des enfants-soldats depuis le début du conflit au Soudan du Sud en décembre 2013. L’Unicef estime leur nombre à environ 12 000.

Selon des témoins, ces hommes armés non identifiés ont fait irruption à Wau Shilluk en début de semaine, allant de maison en maison pour enlever de force tous les garçons paraissant âgés de plus de 12 ans.

« Le recrutement et l’utilisation d’enfants-soldats détruisent les familles et les communautés », a déclaré Jonathan Veitch, directeur de l’Unicef au Soudan du Sud. « Les enfants sont soumis à un niveau incroyable de violence. Ils perdent leur famille et n’ont aucune chance d’être scolarisés », a-t-il ajouté.

Jeuneafrique.com avec AFP

Enfants soldats: le Mali face à un phénomène inédit dans son histoire, selon l’Unicef

février 12, 2013
Enfants soldats: le Mali face à un phénomène inédit dans son histoire, selon l'Unicef Enfants soldats: le Mali face à un phénomène inédit dans son histoire, selon l’Unicef © AFP

Des centaines d’enfants ont été enrôlés par les groupes ayant occupé en 2012 le Nord malien, une première dans ce pays où une intervention militaire est en cours, a affirmé la représentante de l’Unicef au Mali, Françoise Ackermans, dans un entretien à l’AFP à Dakar.

Elle n’a pas pas souhaité identifier les groupes armés utilisant ou ayant utilisé des mineurs dans leurs rangs.

Le Mali est plongé dans une crise politico-militaire provoquée en janvier 2012 par une offensive de la rébellion touareg du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), alors alliée aux groupes islamistes Ansar Dine (Défenseurs de l’islam), Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

Q: Ces derniers temps, on a évoqué la présence d’enfants combattants dans les rangs des groupes armés au Mali. Qu’en est-il?

R: « C’est quelque chose qui a eu lieu dans d’autres pays mais qui n’a pas de précédent au Mali. Aujourd’hui, on a la certitude qu’il y a des centaines d’enfants qui sont enrôlés dans des groupes armés. (. . . ) Les petites filles – on n’en parle pas beaucoup, il y en a généralement très peu – vous pouvez imaginer à quoi elles servent: elles vont peut-être faire la cuisine, mais elles vont faire beaucoup d’autres choses. Peu importe le groupe, quand il y a des enfants, il faut leur venir en aide ».

Q: Comment?

R: « L’identification de ces enfants qui sont enrôlés, c’est très complexe. Une fois qu’ils sont identifiés, les faire sortir du groupe est aussi extrêmement difficile, parce que l’enfant apprend des choses qu’il ne devrait pas savoir: on va lui donner une arme, lui expliquer comment tuer (. . . ). Il faut le protéger immédiatement, retrouver sa famille, pour donner à cet enfant une possibilité de réinsérer un système normal. Il faut faire en sorte que ces enfants ne restent pas longtemps dans un groupe armé ».

Q: Il y a déjà eu des cas d’enfants retirés des groupes armés au Mali?

R: « Il n’y a (même) pas trois-quatre jours, un enfant, identifié, est sorti d’un groupe. Aujourd’hui, il est protégé, on a retrouvé sa famille mais il ne dort plus. C’est un enfant de 16 ans qui a abandonné l’école il y a quelques mois. Il a cherché un petit travail et, de fil en aiguille, s’est retrouvé enrôlé, dans une situation qu’il n’a pas voulue ».

Q: Combien d’enfants ont été « sortis » des groupes armés ?

R: « Aujourd’hui, c’est au compte-gouttes qu’ils sortent de ces groupes armés. Pour le moment, on parle de quelques enfants. Dans les régions de Mopti (centre) et Ségou (ouest), il y a des centres de transit qui sont en train de se mettre sur place, avec l’Etat, qui permettront de rassembler ces enfants une fois qu’ils auront été identifiés et de pouvoir leur offrir d’abord les premiers gestes de protection. On doit être prêt à prendre en charge beaucoup d’enfants. (. . . ) Au Mali, on doit se battre sur tout. Et aujourd’hui, on rajoute encore des problématiques (dans ce pays où) les structures en charge de la protection de l’enfant n’ont jamais eu, ou pu, bénéficier de beaucoup de financements avant la crise. (. . . ) La crise du Nord a un impact sur les enfants dans le Nord mais aussi dans le reste du pays, parce qu’aujourd’hui, la situation dans tout le Mali est une situation difficile pour les familles. (. . . ) On s’attend à avoir 650. 000 enfants qui souffrent de malnutrition dans tout le pays, dont 210. 000 de malnutrition aiguë sévère ».

Jeuneafrique.com avec AFP