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France : pourquoi les enfants des Congolais font rarement l’université et échouent dans des petits boulots comme leurs parents ?

janvier 15, 2022

Profiter de la vie en France devrait en principe rendre les Congolais ambitieux, mais nombreux se contentent du bien-être minimum et n’aident pas leur progéniture à exceller. Le papa était préparateur de commande et le fils le deviendra, la maman, femme de chambre et la fille aussi. Les enfants congolais nés en France après leu baccalauréat vont rarement à l’université et se contentent des formations pour vite adhérer le marché de l’emploi.

En France, les Congolais n’ont pas pitié des autorités de Brazzaville qu’ils reprochent d’hypothéquer l’avenir de la jeunesse. Selon eux, des jeunes diplômés deviennent des vendeurs dans les marchés et font des petits boulots à cause des mauvaises politiques appliquées par le régime actuel.

Mais bizarrement, eux qui sont en France où toutes les conditions sont réunies pour la réussite reversent le même avenir à leurs enfants. Si au Congo, les jeunes arrivent au moins à arracher des diplômes universitaires, en France par contre, les enfants des Congolais se félicitent juste du baccalauréat et des formations.

Seuls 3 sur 10 enfants des Congolais nés en France ont une licence universitaire et 2 sur 10 un doctorat par exemple. Par contre 8 sur 2 abandonnent les études après le lycée pour se lancer dans la vie professionnelle s’ils ne finissent pas voyous dans le quartier.

Des faits qui montrent que la diaspora Congolaise est la plus inutile et n’apporte aucune valeur ajoutée à leur propre vie familiale. Des parents irresponsables qui font des allocations accordées à leurs enfants leur survie. Un reportage d’une chaîne française lors du grand confinement à confirmer cette réalité.

Une maman de deux enfants mineurs étaient incapables de les offrir un ordinateur ou des tablettes, mais s’offraient des vêtements et chaussures de luxe. Avec les aides accordées à leurs enfants, les français ouvrent un compte bancaire et l’épargnent jusqu’à leurs 18 ans afin de les permettre de payer leur université.

Le parent Congolais utilise les aides de leurs enfants pour s’habiller, cotiser sa tontine, envoyer à sa famille en Afrique et faire des folies dans les soirées. Une fois que l’enfant décroche son bac, il ne peut se payer l’université, les parents Congolais étant de nature incapables de le faire.

Automatiquement les enfants se tournent vers les formations professionnelles accélérées afin de faire leur entrée dans le monde du travail comme leurs parents. Il est parfois triste de voir les enfants nés en France finir dans les petits boulots comme leurs parents. Même les Waras qu’on sous estimaient au pays ont plus de visibilité en France que les Congolais.

Avec Sacer-infos par Stany Frank

France : beaucoup d’enfants Congolais ne portent par les noms de leurs pères biologiques

janvier 13, 2022

C’est la loi des papiers dans un monde où être sans papiers réduit votre existence aux soucis en marge de l’administration. Au moins avec cette réalité, le tribalisme disparaît entre les Congolais avec les enfants nordistes qui portent des noms sudistes, et parfois même Wara ou Kinois. Beaucoup d’enfants Congolais ne portent pas les noms de leurs pères biologiques et sont à la merci de leurs mamans qui exercent tout genre de chantage à leurs avantages.

A Grigny, dans le 91 après une forte dispute avec sa partenaire, Fabrice Onanga est empêché de voir sa propre fille de 10 ans par sa mère. Et quand il insiste, elle menace d’appeler la police pour l’obliger de s’en aller. Fabrice Onanga est l’un de ses nombreux Congolais qui a été contraint d’accepter que sa fille soit déclarée par un autre père pour les avantages administratifs de la mère et fille.

Plusieurs fois, Fabrice Onanga a du mal à expliquer à sa fille pourquoi elle porte le nom de Nkouka ? Et c’est une aubaine pour la maman qui joue avec les sentiments paternels de Fabrice, car légalement ce n’est pas sa fille.

Un Congolais vient de se suicider pour les mêmes faits en France. Après avoir acheté la grossesse à une autre ayant la nationalité française pour obtenir les papiers, il a été l’objet de tous les chantages relatifs aux obligations paternelles et il a craqué.

A Aubervilliers, Roland Taty tente depuis trois années en vain de convaincre la mère de son fils de changer la filiation et de le mettre comme père. Elle y voit une perte des avantages sociaux et s’y oppose farouchement. Arrivée avant en France enceinte, Roland Taty étant un cadre au pays avait envoyé de l’argent pour s’acheter un père français. Aujourd’hui, il en paie conséquences.

Selon un psychologue, ces enfants grandissent dans un traumatisme qui affecte leur éducation. Dans leur environnement immédiat, ils se rendent compte que chacun porte le nom de son père sauf eux. Et parfois sont l’objet des moqueries. Ce sont les enfants sacrifiés pour des papiers !

Avec Sacer-infos par Stany Frank

France-Paris: Réactions de l’avocat des enfants de Guy-Brice Parfait Kolelas

janvier 9, 2022

Avec Faye Monama

Canada/COVID-19 : l’Ontario recense 9571 nouveaux cas et déplore 6 autres décès

décembre 24, 2021

L’Ontario avait signalé 5790 cas, jeudi.

Une famille passe dans la rue près d'une manifestante antivaccin.

Parents et enfants à Toronto pour le vaccin contre la COVID-19. Photo: La Presse Canadienne/Chris Young

La COVID-19 se propage à la vitesse grand V en Ontario, qui recense 9571 nouveaux cas selon le dernier bilan des autorités sanitaires.

Alors que le Québec a franchi les 9000 nouveaux cas jeudi, l’Ontario rejoint ce palier avec un jour de décalage.

Avant l’arrivée du variant Omicron, le sommet provincial était de 4812 infections (16 avril 2021).

Selon les répartitions géographiques, 2456 nouveaux cas ont été recensés à Toronto mercredi. La région de Peel est passée de 491 cas à 1113. Dans la région de Halton, les nouveaux cas ont presque triplé, passant de 259 jeudi à 745, vendredi. Il y a également 604 nouvelles infections dans la région de York et 349 dans la région de Durham.

Le nombre de tests de dépistage effectués ne cesse d’augmenter (72 439) depuis le début de la semaine, tout comme le pourcentage de tests positifs (18,7 %).

Mercredi, le taux de positivité des tests de dépistage se situait à 16 % (sur 68 191 tests).

Dans la foulée de la publication du bilan, le ministère de la Santé de l’Ontario a exhorté la population à redoubler de prudence à quelques heures de Noël.

« Les jours et les semaines à venir exigeront une vigilance constante. Pendant le temps des Fêtes, veuillez célébrer en toute sécurité, vous faire vacciner et suivre les mesures de santé publique […] »— Une citation de  Alexandra Hilkene, porte-parole du ministère de la Santé

Hospitalisations

Les hôpitaux de la province accueillent 68 nouveaux malades de la COVID-19, tandis que les soins intensifs ont donné leur congé à cinq patients. 508 patients sont présentement traités à l’hôpital à cause de la COVID-19.

Bien que les unités de soins intensifs de la province restent stables, nous nous attendons à ce que le nombre d’admissions augmente dans les semaines à venir, à mesure qu’Omicron se répand, en particulier chez les personnes non vaccinées, a déclaré le ministère de la Santé de l’Ontario.

En prévision d’une augmentation des hospitalisations, la porte-parole du ministère assure que 600 lits en soins intensifs sont immédiatement disponibles et près de 500 autres lits sont disponibles pour une capacité de pointe si nécessaire.

Vaccination

En date du 24 décembre, au moins 11 379 811 Ontariens ont reçu deux doses du vaccin contre la COVID-19, soit 82% de la population de la province.

Parmi eux, 2 567 601 personnes ont déjà reçu une troisième dose de rappel.

229 743 nouvelles doses ont été administrées depuis le dernier bilan, en baisse par rapport à la veille (253 258 doses).

Sous-évaluation probable

Selon un expert, ces chiffres sous-évaluent grandement le nombre de nouvelles infections quotidiennes dans la province, car les cliniques de dépistage dans plusieurs régions ne suffisent pas à la tâche.

Selon toute vraisemblance, il faudrait multiplier ces chiffres au moins par trois ou quatre pour avoir une idée plus précise de ce qui se passe réellement, estime le docteur Fahad Razak, membre du comité scientifique qui conseille le gouvernement ontarien sur la COVID-19.

L’interniste à l’hôpital St. Michael’s, à Toronto, croit que même dans le meilleur des cas, les cliniques de dépistage ne décèlent probablement qu’environ la moitié de toutes les nouvelles infections en Ontario.

« Vous devez présumer que toute personne que vous rencontrez est porteuse de l’Omicron. »— Une citation de  Fahad Razak, interniste à l’hôpital St. Michael’s de Toronto

Il s’agit vraiment d’essayer de nous protéger autant que possible pendant la flambée et de protéger le système de santé, souligne-t-il, c’est l’objectif le plus important.

Par Radio-Canada avec les informations de La Presse canadienne

Littérature jeunesse : l’Afrique sans complexe

décembre 14, 2021
De nombreux auteurs se penchent sur les enjeux du monde d’aujourd’hui, pour mieux les raconter aux enfants. © Klaus Vedfelt/Getty Images

Bientôt Noël ? Offrez des livres ! Il y en a pour tout le monde. Voici une sélection qui permettra aux petits, comme aux grands, d’en savoir plus sur le génocide des Tutsi du Rwanda, de mieux connaître Joséphine Baker… et d’affronter le racisme sans se démonter ! Bonne lecture.

Le grand voyage d’Alice, de Gaspard Dalmasse, La Boîte à Bulles, 144 pages, 23 euros

Le génocide des Tutsi du Rwanda est sans doute, parmi les drames qui ont frappé l’Afrique, l’un de ceux qui a le plus suscité de littérature. Essais, romans, pièces de théâtre, témoignages… Nombreux sont les auteurs qui ont essayé de dire l’indicible, de raconter l’horreur pour essayer de la comprendre. En bande dessinée, l’un des premiers artistes à se saisir – avec brio – du sujet fut le Belge Jean-Philippe Stassen, qui publia en 2000 Deogratias (Dupuis), puis prolongea son travail sur ce thème quelques années plus tard avec Pawa et Les enfants. D’autres auteurs suivirent, comme Pat Massioni, Alain Austini et Cécile Grenier (Rwanda 1994, Glénat BD) ou Patrick de Saint-Exupéry et Hippolyte (La Fantaisie des Dieux, Rwanda 1994, Les Arènes). Parmi d’autres.

Le grand voyage d’Alice, de Gaspard Dalmasse.
Le grand voyage d’Alice, de Gaspard Dalmasse. © La boîte à bulles

Cette abondante production a un avantage : elle autorise la complexité de l’analyse par rapport à un événement historique récent dont on continue d’interroger les tenants et les aboutissants. Avec Le grand voyage d’Alice (La boîte à Bulles), le dessinateur belge Gaspard Dalmasse se penche à son tour sur l’histoire en narrant le parcours de sa propre épouse, Alice Cyuzuzo.

Maniant avec dextérité les ocres et les verts propres aux paysages rwandais, Dalmasse déroule le film de son récit à hauteur d’enfant, évitant tout didactisme. S’il distille, ici et là, des informations permettant de situer et de dater certains événements, la trajectoire d’Alice et de sa famille n’est vue qu’à travers les yeux de la petite fille, qui n’est jamais vraiment en capacité de mettre en perspective ce qui lui arrive.

Particularité remarquable de ce terrible récit : Alice et sa famille sont Hutu et l’album se concentre sur leur exil, après le génocide des Tutsi, vers le Congo voisin, et sur les tueries de masse dont furent victimes bien des civils. Émouvant et complexe, Le grand voyage d’Alice peut se lire avec des yeux d’enfants ; il doit aussi donner l’occasion d’explications adultes.

Joséphine. Joséphine Baker, la danse, la résistance et les enfants, de Patricia Hruby Powell et Christian Robinson, adapté de l’anglais par Laurana Serres-Giardi, Rue du monde, 108 pages, 19,50 euros

Aucun romancier n’aurait osé imaginer la vie de Joséphine Baker : impossible ! Incroyable ! Invraisemblable ! Et pourtant, chacun a pu, à l’occasion de l’entrée au Panthéon de cette grande dame, découvrir ses combats, depuis sa naissance en 1906 à Saint-Louis du Missouri à sa mort et ses funérailles grandioses à Paris en 1975 : « Un corbillard couvert de fleurs transporte lentement son cercueil à travers les rues de la capitale. Des centaines de policiers canalisent la foule émue. Une voix lance : – Elle est morte et immortelle. »

Joséphine. Joséphine Baker, la danse, la résistance et les enfants, de Patricia Hruby Powell et Christian Robinson.
Joséphine. Joséphine Baker, la danse, la résistance et les enfants, de Patricia Hruby Powell et Christian Robinson. © Rue du monde

L’immortelle Joséphine Baker a souvent été racontée, et même récemment en bande dessinée par Catel & Bocquet (Joséphine Baker, Casterman, 2021). Mais comment résumer l’œuvre d’art que fut sa vie auprès d’un public plus jeune ? Connues pour leurs engagements humanistes, les éditions Rue du monde ont choisi d’adapter un livre de Patricia Hruby Powell et Christian Robinson qui revient sur toute l’histoire de l’artiste en 108 pages.

Si l’on regrettera l’abus de mots en lettres capitales inutiles, on se réjouira d’un texte facile d’accès qui aborde avec élégance même les questions les plus sensibles. « Dans la haute société, on se fait bronzer pour ressembler à Joséphine… Alors que Joséphine tente de blanchir sa peau avec du citron pour ressembler aux gens de la haute société ! », peut-on ainsi lire au détour d’une page. Un brin rétro, le dessin est vif et les pages éclatent de mille couleurs. Un album à mettre entre toutes les mains et qui rend hommage à cette France universaliste qui sut accepter une artiste noire à une époque où la ségrégation régnait avec violence aux États-Unis.

Awa, Faut qu’on change le monde, de Zélia Abadie et Gwenaëlle Doumont, Talent hauts, 66 pages, 11,90 euros

Vous ne la connaissez pas ? Normal, elle est toute jeune et vous n’êtes plus à l’école primaire. Mais vos enfants peut-être. Alors écoutez-la se présenter : « Je suis liégeoise-belge de ma naissance, guinéenne de ma maman et de ses parents, française, marseillaise de mon papa, mais aussi italienne, sicilienne des parents de mon papa. C’est pas compliqué, c’est magique. » Elle, c’est Awa.

JE M’EN FICHE DES PRINCESSES, JE M’EN FICHE DE ME MARIER, JE M’EN FICHE DU ROSE

Et comme le dit son père, elle n’a pas la langue dans sa poche : « Que ce soit bien clair, je m’en fiche des princesses, je m’en fiche de me marier, je m’en fiche du rose. Et je suis pas mignonne et je suis pas gentille avec tout le monde. » Autant d’affirmations que l’on pourra vérifier – et parfois même infirmer – au fil de ses aventures (d’une page) écrites par Zélia Abadie et dessinées par Gwenaëlle Doumont.

Awa, Faut qu’on change le monde, de Zélia Abadie et Gwenaëlle Doumont.
Awa, Faut qu’on change le monde, de Zélia Abadie et Gwenaëlle Doumont. © Éditions talents hauts

« Souvent, quand elle me dessine, son crayon me fait trop rire de chatouilles, nous dit encore Awa. Elle rit avec moi parce que j’ai un rire contaminateur (c’est ma maman qui le dit). » Bille en tête, les autrices de cet album vif abordent, la plupart du temps avec légèreté, parfois au bazooka, des problématiques actuelles comme le racisme ou la misogynie à travers des instants volés au quotidien. Un quotidien pétillant que l’on envie parfois, surtout quand Awa joue avec notre gourmandise : « J’ai trop de la chance. Je connais plein de plats. Les arancini de ma nonna Enza, les pieds-paquets de mon pépé Paolo, le riz au gras de ma grand-mère Fanta, les lasagnes de mon papa et le magret de canard aux mangues de ma maman. »

Avec Jeune Afrique par Nicolas Michel

Canada-Québec: Les orphelins de Duplessis se sentent oubliés

décembre 13, 2021

Les orphelins de Duplessis sont-ils les grands oubliés du mouvement de reconnaissance des abus commis au sein de l’Église catholique ? Plusieurs d’entre eux disent avoir vécu des sévices semblables – abus sexuels, physiques et psychologiques – à ceux infligés aux victimes des prêtres pédophiles et aux survivants des pensionnats autochtones. Ils déplorent toutefois avoir été effacés de la mémoire collective et insuffisamment indemnisés par le gouvernement québécois.

Albert Nadeau dit avoir subi de mauvais traitements de la part des Sœurs grises de Montréal.

© Jacques Nadeau Le Devoir Albert Nadeau dit avoir subi de mauvais traitements de la part des Sœurs grises de Montréal.

À noter qu’aucune des allégations formulées dans ce reportage n’a encore été prouvée en cour. Ni les congrégations visées par les allégations rapportées dans cet article ni leurs avocats n’ont voulu répondre aux questions du Devoir en raison des procédures judiciaires en cours.

« On est en train de se faire oublier, souffle Marc Migneault. C’est comme si on n’existait pas [les orphelins de Duplessis]. » L’homme de 66 ans allègue avoir été agressé sexuellement par un prêtre lors de son séjour de 1960 à 1964 à l’Institut Mgr Guay à Lauzon (Lévis) et agressé physiquement par des religieuses qui le battaient à coup de strap et de fouet. « Moi, j’oublie pas. »

Les orphelins de Duplessis sont ces enfants pris en charge de 1935 à 1964 par des congrégations religieuses dans des orphelinats et des hôpitaux psychiatriques de la province. Plusieurs d’entre eux ont été faussement étiquetés comme déficients mentaux, ce qui les rendait inaptes à l’adoption.

Lorsque le gouvernement du Québec a mis en place le Programme national de réconciliation avec les orphelins et orphelines de Duplessis dans les années 2000, Suzanne (prénom fictif) a reçu 15 000 $ en aide financière.

« On a reçu des miettes », s’insurge la dame qui souhaite préserver l’anonymat puisque ses proches ne sont pas tous au courant de son passé. « J’ai dû faire trois thérapies pour m’en sortir, et j’en commence une autre. »

Abandonnée par sa mère, la dame de 69 ans a séjourné de 4 à 10 ans à l’orphelinat de La Tuque, géré par les Sœurs grises de Montréal. « On m’a fait manger mon vomi. On m’enfermait dans un cachot noir en bas, sans fenêtre, et si petit que je devais dormir assise. Je recevais des coups avec des manches à couteaux sur mes jointures, au point que j’ai dû me faire opérer plus tard. On recevait des coups de strap, de règle. On était sous-alimentés, allègue Suzanne. On était maganés, et pas à peu près. »

« Pensez-vous qu’on rit de moi ? » lance à son tour Albert Nadeau, qui a lui aussi reçu 15 000 $ en aide financière. Dans son enfance, l’homme de 67 ans a été placé à la crèche d’Youville, à Montréal, où il dit avoir subi de mauvais traitements de la part des Sœurs grises de Montréal. Comme bien d’autres orphelins de Duplessis, Albert Nadeau est par la suite devenu ce que l’on appelait à l’époque un orphelin agricole. Il dit avoir été envoyé chez un agriculteur à Saint-Alexis de Montcalm qui le traitait en « esclave ». « Mon cœur, c’est un poignard qu’il a dedans. Tu restes marqué à vie. »

Quittance

Afin d’obtenir cette aide financière, les 6467 orphelins de Duplessis dont la demande a été acceptée par le programme de réconciliation ont dû signer une quittance renonçant ainsi à intenter tout recours civil, individuel ou collectif contre le gouvernement du Québec et les congrégations religieuses pour les dommages, sévices et préjudices subis en institution.

Pour Pierre Samson, signer cette déclaration lui a surtout permis d’obtenir un document qui confirmait qu’il avait été interné « illégalement », dit-il, pendant huit ans à l’hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu dans l’est de Montréal, tenu par les Sœurs de la Providence. L’homme faisait partie de ces centaines d’orphelins faussement déclarés « débiles mentaux », puis internés par le gouvernement de Maurice Duplessis afin d’obtenir des subventions du fédéral.

« Mais, en dessous de ma signature, j’ai écrit “Signed under duress” [signé sous la contrainte] », raconte-t-il en anglais. Du coup, son compte bancaire s’est enflé de 18 500 $. « Mais j’étais tellement insulté [par le montant] que j’ai donné tout l’argent », rage-t-il. « J’ai vécu l’enfer », se souvient l’homme de 74 ans. Un enfer qui aurait pris la forme d’expériences médicales et de chocs électriques pratiqués sur son corps d’enfant, allègue-t-il.

Dédommagements

Selon Rod Vienneau, qui dirige le Comité des enfants de la grande noirceur, le Québec a une dette morale envers les orphelins de Duplessis. « Ils n’ont jamais obtenu justice », clame-t-il. Le gouvernement a d’ailleurs choisi le terme « aide financière » plutôt qu’« indemnisation » dans son programme de réconciliation pour éviter de reconnaître les torts du passé, croit-il.

Ces dernières années, Rod Vienneau a recueilli les noms de 1480 orphelins de Duplessis, dont 29 Autochtones, qui souhaitent participer à une nouvelle action en justice contre le gouvernement du Québec et huit congrégations de religieuses (les Sœurs de la Providence, les Sœurs de la Miséricorde de Montréal, les Sœurs grises de Montréal, les Petites Franciscaines de Marie, les Sœurs du Bon Pasteur de Québec, la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame Auxiliatrice, les Sœurs de la Charité de Québec, les Sœurs dominicaines de la Trinité).

En mai 2020, le juge André Prévost, de la Cour supérieure, a rejeté cette demande d’autorisation d’intenter une action collective présentée par Me Alan Stein au nom des orphelins de Duplessis. Le magistrat arguait qu’il n’y avait pas de question de droit commune à l’ensemble du groupe.

Mais une demande d’appel a été accueillie en février 2021 et sera entendue dans les prochains mois. « Si c’est nécessaire, j’irai jusqu’en Cour suprême », lance en entrevue Me Stein. « C’est ridicule, les montants qu’ils ont reçus. »

L’avocat fait valoir que le droit a évolué. Lorsque les orphelins de Duplessis ont accepté l’aide financière, ils n’avaient aucun recours juridique possible en raison du délai de prescription. Celui-ci a toutefois été aboli en 2020 pour les cas d’agressions sexuelles et de violences subies durant l’enfance.

Me Stein estime également que la quittance n’est valide que pour l’aide financière offerte par le gouvernement du Québec, et non pour les réclamations en dommages punitifs et exemplaires pour les abus sexuels, physiques et psychologiques qu’ils auraient subis. L’avocat réclame au gouvernement et aux communautés religieuses une indemnisation de 875 000 $ pour chaque orphelin.

Parmi les congrégations de religieuses visées par la procédure, seule la congrégation des Sœurs de Notre-Dame Auxiliatrice a accepté de répondre aux questions du Devoir. Sœur Thérèse Charbonneau assure qu’aucun enfant qui a séjourné à l’orphelinat St-Michel de Rouyn n’a reçu un faux diagnostic de « débile mental ». Selon ses dires, une seule victime présumée d’abus affirme avoir fréquenté l’orphelinat St-Michel et « on n’a aucune preuve dans nos dossiers que cette personne a séjourné ici », dit-elle.

Les cabinets d’avocats représentant les congrégations religieuses visées par la demande d’autorisation ont tous refusé de répondre à nos questions, puisque le dossier se trouve présentement devant les tribunaux. Pour l’instant, il n’a pas été établi devant la justice que ces congrégations ont infligé de mauvais traitements aux enfants.

Le procureur général du Québec, également visé par la procédure, n’a pas voulu non plus commenter le processus judiciaire en cours. L’attachée de presse du ministre Simon Jolin-Barrette, Élisabeth Gosselin, a toutefois précisé que le programme national de réconciliation avec les orphelins de Duplessis « a été établi à la suite des recommandations d’un rapport du protecteur du citoyen et d’une entente avec le Comité des orphelins et orphelines institutionnalisés de Duplessis ».

Et les congrégations religieuses ?

Selon des informations obtenues par Le Devoir auprès du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale — qui chapeaute le programme de réconciliation avec les orphelins de Duplessis —, le gouvernement du Québec a déboursé 92 millions de dollars en aide financière. Les congrégations religieuses n’ont pas contribué financièrement à ce programme.

« Et les sœurs ne se sont jamais excusées », rappelle Gábor Boros, qui a été séparé avec son frère du reste de leur famille à leur arrivée au Québec de Hongrie en 1957. Les deux garçons de 6 et 8 ans ont été placés jusqu’en 1959 à l’Institut Saint-Joseph-de-la-Délivrance, à Lévis, géré par les Sœurs de la Charité de Québec — « une forme de kidnapping », aux yeux du septuagénaire.

Dès leur descente du bateau, « la congrégation a persuadé nos parents […] de nous prendre en charge », dit-il. Dans cet environnement « d’hostilité, de xénophobie, de violence verbale et physique » qu’était l’orphelinat, il leur était interdit de parler le hongrois, et les religieuses voulaient à tout prix chasser le communiste en eux, soutient l’homme. Un séjour qui l’a également laissé avec plusieurs doigts atrophiés après que des religieuses eurent mal soigné ses engelures, témoigne-t-il.

Jean-Paul Fortier, qui a lui aussi fréquenté l’Institut Saint-Joseph-de-la-Délivrance, dit avoir encore aujourd’hui des marques dans le dos à la suite de coups de fouet reçus à l’orphelinat et affirme avoir souffert de boulimie et d’anorexie pendant 25 ans après avoir été obligé à manger son vomi. « J’ai dû faire plusieurs thérapies pour surmonter mes traumatismes », dit-il.

L’homme de 69 ans dresse un parallèle avec les abus commis dans les pensionnats autochtones. « C’est pratiquement la même affaire qui nous est arrivée », estime-t-il. Il ne faut toutefois pas oublier que, dans les pensionnats autochtones, les abus ont été perpétrés dans le cadre d’un génocide culturel aujourd’hui reconnu.

Voile d’invisibilité

Selon le professeur de sociologie de l’Université Laval André Turmel, les orphelins de Duplessis souffrent d’un voile d’invisibilité. « Ça nous donne bonne conscience au Québec de savoir que les 215 enfants [dont les dépouilles ont été trouvées] près du pensionnat de Kamloops étaient sous la responsabilité du fédéral. C’est pas les bons Québécois qui ont fait ça », relève l’auteur de l’ouvrage Le Québec par ses enfants — Une sociologie historique (1850-1950).

Mais les Québécois devront un jour se regarder dans le miroir, croit-il. « Le traitement qu’on a réservé aux orphelins de Duplessis est ce qui se rapproche le plus de ce qu’on a fait aux enfants autochtones [des pensionnats]. »

Le Devoir par Magdaline Boutros avec Ulysse Bergeron

Canada: La prise de rendez-vous est commencée pour les enfants de 5 à 11 ans

novembre 23, 2021

MONTRÉAL — Les parents qui souhaitent faire vacciner leur enfant de 5 à 11 ans contre la COVID-19 le plus tôt possible peuvent prendre rendez-vous dès maintenant.

© Fournis par La Presse Canadienne

À certains endroits, il était possible d’obtenir un rendez-vous aussi tôt que mercredi dans un centre de vaccination.

Le premier ministre François Legault doit donner davantage de détails sur la vaccination des enfants de cette tranche d’âge en fin de journée, mardi.

Santé Canada a confirmé la semaine dernière qu’elle autorisait l’utilisation de la version pour enfants du vaccin de Pfizer-BioNTech.

Le gouvernement fédéral avait déjà assuré la livraison de 2,9 millions de doses pour les enfants âgés de 5 à 11 ans, assez pour une première dose pour tous les enfants canadiens de cet âge.

Pfizer a livré les premières doses dimanche.

Avec La Presse Canadienne

Vaccin Mosquirix : « Le paludisme ne sera plus la première cause de décès chez les enfants »

octobre 12, 2021
Vaccination antipaludique à Yala, au Kenya, en octobre 2021 © A health worker prepares a malaria vaccination for a child at Yala Sub-County hospital, in Yala, Kenya, on October 7, 2021. – World Health Organization (WHO) approved using the malaria vaccine, Mosquirix, on children between 5-month to 5-year old in sub-Saharan Africa and other parts with moderate to high malaria transmission after the malaria vaccine implementation programme (MVIP) in Ghana, Kenya, and Malawi since 2019. © BRIAN ONGORO/AFP

Le 6 octobre, l’OMS a décidé de recommander l’administration d’un premier vaccin antipaludique aux enfants du continent. Entretien avec le Pr Alassane Dicko, qui a dirigé les tests au Mali.

C’est un moment qualifié d’ « historique » par le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanon Ghebreyesus. Ce 6 octobre, son organisation a décidé de recommander l’administration du vaccin antipaludique « Mosquirix » aux enfants du continent. Dès 2015, l’Agence européenne des médicaments (EMA) avait délivré un « avis scientifique positif » sur le vaccin RTS,S/AS01, sur lequel les laboratoires GlaxoSmithKline (GSK) travaillaient depuis plusieurs décennies, après qu’une étude clinique avait été réalisée dans sept pays africains et que les résultats avaient été publiés dans The Lancet. Mais a l’époque, l’OMS avait jugé les éléments en sa possession insuffisants, demandant aux promoteurs du sérum des données complémentaires sur la façon optimale d’utiliser le vaccin.

Une phase de vaccination « pilote » a donc été menée, à partir de 2017, au Kenya, au Ghana et au Malawi, tandis qu’une autre série de tests était menée au Burkina Faso et au Mali, en collaboration avec la London School of Hygiène and Tropical Médecine. Et les résultats observés ont été publiés en août dernier dans la revue The New England Journal of Medecine, motivant la décision de l’OMS.

Au Mali, les recherches étaient centralisées au Malaria Research and Training Center (MRCT), de renommée mondiale, dont les équipes installées à Bougouni et à Ouelessebougou, dans la région de Sikasso, étaient dirigées par Alassane Dicko, assisté de Issaka Sagara. Le professeur, lauréat en 2017 de l’Africa Prize pour ses recherches sur le paludisme, a répondu aux questions de Jeune Afrique sur cette découverte qui devrait sauver des milliers de vie chaque année sur le continent.

COMME LE COVID-19, LE PALUDISME MÉRITE DES DÉCISIONS URGENTES

Jeune Afrique : Comment avez-vous accueilli la décision de l’OMS de donner une recommandation pour l’utilisation du vaccin antipaludique ?

Pr Alassane Dicko : Nous étions convaincus de la qualité des résultats. L’OMS semble avoir tiré les leçons du Covid-19 : on a rapidement trouvé un vaccin, les mécanismes pour le déployer et des décisions politiques appropriées ont été prises aussitôt. Le paludisme mérite aussi des décisions urgentes. On ne doit pas laisser les enfants africains mourir s’il y a une solution qui est disponible, comme celle que nous venons de trouver. Il faut désormais déployer ce vaccin.

Les résultats sont-ils conformes à ce que vous espériez ?

Les résultats vont au-delà des espérances. On ne s’attendait pas à un impact aussi important. Le vaccin permet une réduction de l’ordre de 70 % des formes sévères et de 73 % des décès si on le combine avec la chimio-prévention. C’est extraordinaire, on n’a pas eu de progrès aussi importants en vingt ans de lutte. Malgré tous les outils que nous avons largement déployés – le CTA [combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine], les moustiquaires imprégnées d’insecticides, la CPS –, le paludisme continue à être la première cause d’hospitalisation et de décès des enfants en Afrique. Selon les résultats que nous venons de produire, cela ne sera plus le cas grâce à ce vaccin.

Le vaccin a une certaine efficacité pendant quelques mois, puis celle-ci baisse. Nous aurons donc le maximum d’impact en l’administrant au début de la saison de transmission du paludisme – près de 80% des cas surviennent entre juillet et novembre. C’est comme cela qu’on aura le maximum d’impact.

CERTAINS PARTENAIRES CESSENT DE SOUTENIR LES CAMPAGNES DE LUTTE AU MALI, NOTAMMENT DANS LE NORD DU PAYS

Quelle est l’efficacité du vaccin par rapport à la chimio-prévention ?

Avec le RTS,S, les accès de paludisme sont réduits de 63% par rapport à la CPS. C’est important pour le continent. Il y a une bande en Afrique australe où la CPS ne fonctionne pas parce que les parasites sont résistants aux médicaments. Il faut introduire une vaccination saisonnière dans ces régions. Mais il faut toujours maintenir la chimio-prévention. Car nous n’avons pas encore le vaccin idéal. Les recherches continuent pour trouver des améliorations.

Avez-vous déjà une visibilité sur ces possibles améliorations ?

À Bougouni et Ouelessebougou, on est en train de tester un autre vaccin, qui s’appelle R21, un « cousin proche » de RTS,S. Nous sommes à la phase 3 d’évaluation et nous espérons que ce vaccin va venir s’ajouter à l’arsenal disponible. Comme on l’a vu avec le Covid-19, c’est important d’avoir plusieurs sources de vaccin contre le paludisme.

Quels sont les défis que doit aujourd’hui relever le Mali dans la lutte contre le paludisme ?

Le combat contre les maladies comme le paludisme est une course de fonds et non de vitesse. Le problème, c’est que certains de nos partenaires cessent de soutenir les campagnes de lutte, notamment dans le nord du pays. Avec le Programme national de lutte contre paludisme, nous avons initié une rencontre pour voir comment engager certaines sociétés privées susceptibles de collaborer avec nous. Si nous ne faisons pas ça, nous reviendrons à la case départ. Parce que c’est une maladie infectieuse, qui va continuer à se propager.

Avec jeune Afrique par Bokar Sangaré

Canada: La grippe, la COVID-19 et les enfants : une pédiatre craint une « catastrophe »

octobre 9, 2021

Aucun cas de grippe n’a été répertorié jusqu’ici en 2021 en Saskatchewan, mais une pédiatre de Saskatoon « craint une catastrophe extrêmement importante dans le système de santé » en raison de la pandémie de coronavirus.

On peut se faire vacciner contre la grippe dès l'âge de six mois.

© BERT SAVARD/Radio-Canada On peut se faire vacciner contre la grippe dès l’âge de six mois.

La pédiatre Mahli Brindamour, qui travaille dans un hôpital de la Ville des Ponts en Saskatchewan ainsi que dans des cliniques communautaires, s’inquiète parce qu’elle a constaté, cet été, une augmentation dans le nombre de cas de virus respiratoires chez les enfants, alors que la saison de la grippe n’est pas encore commencée.

Elle affirme que les mois d’hiver ont tendance à envoyer plus d’enfants dans les hôpitaux, atteignant la surcapacité.

Or, cette année, des adultes souffrant de COVID-19 occupent des espaces dans des unités de soins intensifs pédiatriques, en raison de la capacité limitée des autres hôpitaux.

La Dre Brindamour n’est pas certaine de la raison pour laquelle d’autres virus sont apparus plus tôt et plus gravement que l’année dernière, mais elle pense que cela pourrait être dû au fait que les réponses immunitaires des enfants ont changé et que les restrictions en cas de pandémie ont été levées.

Contracter la grippe et le coronavirus en même temps?

La pédiatre de Saskatoon s’inquiète aussi que des enfants contractent la grippe et la COVID-19 en même temps.

Selon elle, les enfants ressentent davantage les effets de la grippe et leur réponse immunitaire pourrait avoir du mal à combattre les deux virus si un enfant les attrape simultanément.

Le ministère de la Santé de la Saskatchewan n’a pas publié de rapport de surveillance de la grippe cette année et son dernier rapport porte sur la saison grippale 2019-2020.

Selon ce rapport, il y a eu 2424 cas de grippe de type A et de type B dans la province, au cours de la période comprise entre le 8 décembre 2019  et le 21 mars 2020.

Le vaccin contre la grippe disponible à compter du 12 octobre

La santé publique a par ailleurs annoncé plus tôt cette semaine qu’il est maintenant possible d’obtenir des rendez-vous pour le vaccin contre la grippe. Cette vaccination aura lieu dans des cliniques et des pharmacies à compter du 12 octobre pour toute personne âgée de 6 mois et plus.

Le vaccin contre la grippe et celui contre la COVID-19 peuvent être administrés en même temps.

Par CBC/Radio-Canada avec les informations de Dayne Patterson

RDC-Evaluation de la gratuité de l’enseignement : Félix Tshisekedi pour la création d’une task force interministérielle

octobre 5, 2021

Près de deux millions d’élèves nouvellement inscrits vont intégrer, cette année scolaire, à la faveur du Programme de la gratuité de l’enseignement de base, le système éducatif national afin de bénéficier de ses avantages.

Des élèves à l’entrée des salles de classe

Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi-Tshilombo, a fait de l’éducation l’une des priorités de sa mandature à la tête du pays. Il a réitéré cet engagement, lors de la vingt-deuxième réunion du Conseil des ministres qu’il a présidée le 1er octobre, par visioconférence, à partir de la Cité de l’Union africaine. Dans sa communication au Conseil, le chef de l’État s’est réjoui de l’effectivité de la gratuité de l’école et de la valorisation de la formation professionnelle telle que reflétée par l’augmentation des effectifs des nouveaux inscrits attendus dans les établissements scolaires cette année. « Ce constat positif met en exergue les efforts réalisés par le gouvernement, d’une part, et la maturation de l’appropriation du programme de la gratuité par la population, particulièrement les parents, d’autre part », peut-on lire dans le compte-rendu du Conseil lu à la télévision nationale et relayant les propos du président de la République à ce sujet. 

Cette rentrée scolaire intervient, une fois de plus, sous la menace de la pandémie à covid-19, a fait observer Félix Tshisekedi qui a, par ailleurs, insisté sur l’impératif d’instruire les chefs d’Établissement à mettre en place des dispositifs pratiques pour le respect des gestes-barrières.

Dans sa quête pour relever le défi de l’éducation en République démocratique du Congo, le chef de l’État a rappelé, à l’intention des membres du gouvernement, les objectifs majeurs qu’il poursuit dans ce secteur. Il s’agit, précisément, de zéro paiement par enfant congolais, d’amélioration des infrastructures adéquates ainsi que des conditions de travail et de traitement des enseignants pour un rendement scolaire optimal et qualitatif.

Plusieurs recommandations et suggestions ont été faites au ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST) afin d’optimiser le programme de gratuité de l‘enseignement de base. Séance tenante, le président de la République l’a instruit de renforcer la collaboration avec son administration pour améliorer le partage d’information et la gestion des bases des données. Concernant les fictifs (enseignants, écoles, etc.), des orientations claires ont été données au ministre de l’EPST pour leur extirpation, laquelle passe notamment par l’introduction des concepts de mesure des résultats, mais aussi par le développement d’une culture de pilotage, de transparence et de redevabilité.

Au Premier ministre, Sama Lukonde, par contre, il lui a été recommandé une série d’actes à poser pour le bien de l’éducation, apprend-on du compte-rendu. Il lui a été demandé, entre autres, de prendre des dispositions nécessaires pour la rentrée scolaire sur toute l’étendue de la République, avec les mesures exceptionnelles pour les provinces sous état de siège, et spécialement, sur la scolarité des enfants hébergés dans les orphelinats en âge de scolarité pour qu’ils bénéficient de l’égalité des chances en matière d’éducation.

En plus de cela, il a été recommandé au Premier ministre de créer une taskforce interministérielle, notamment entre les ministères du Budget, des Finances et de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, en collaboration avec son cabinet, en vue d’effectuer un suivi et une évaluation efficace du programme de la gratuité.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso