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Vaccin Mosquirix : « Le paludisme ne sera plus la première cause de décès chez les enfants »

octobre 12, 2021
Vaccination antipaludique à Yala, au Kenya, en octobre 2021 © A health worker prepares a malaria vaccination for a child at Yala Sub-County hospital, in Yala, Kenya, on October 7, 2021. – World Health Organization (WHO) approved using the malaria vaccine, Mosquirix, on children between 5-month to 5-year old in sub-Saharan Africa and other parts with moderate to high malaria transmission after the malaria vaccine implementation programme (MVIP) in Ghana, Kenya, and Malawi since 2019. © BRIAN ONGORO/AFP

Le 6 octobre, l’OMS a décidé de recommander l’administration d’un premier vaccin antipaludique aux enfants du continent. Entretien avec le Pr Alassane Dicko, qui a dirigé les tests au Mali.

C’est un moment qualifié d’ « historique » par le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanon Ghebreyesus. Ce 6 octobre, son organisation a décidé de recommander l’administration du vaccin antipaludique « Mosquirix » aux enfants du continent. Dès 2015, l’Agence européenne des médicaments (EMA) avait délivré un « avis scientifique positif » sur le vaccin RTS,S/AS01, sur lequel les laboratoires GlaxoSmithKline (GSK) travaillaient depuis plusieurs décennies, après qu’une étude clinique avait été réalisée dans sept pays africains et que les résultats avaient été publiés dans The Lancet. Mais a l’époque, l’OMS avait jugé les éléments en sa possession insuffisants, demandant aux promoteurs du sérum des données complémentaires sur la façon optimale d’utiliser le vaccin.

Une phase de vaccination « pilote » a donc été menée, à partir de 2017, au Kenya, au Ghana et au Malawi, tandis qu’une autre série de tests était menée au Burkina Faso et au Mali, en collaboration avec la London School of Hygiène and Tropical Médecine. Et les résultats observés ont été publiés en août dernier dans la revue The New England Journal of Medecine, motivant la décision de l’OMS.

Au Mali, les recherches étaient centralisées au Malaria Research and Training Center (MRCT), de renommée mondiale, dont les équipes installées à Bougouni et à Ouelessebougou, dans la région de Sikasso, étaient dirigées par Alassane Dicko, assisté de Issaka Sagara. Le professeur, lauréat en 2017 de l’Africa Prize pour ses recherches sur le paludisme, a répondu aux questions de Jeune Afrique sur cette découverte qui devrait sauver des milliers de vie chaque année sur le continent.

COMME LE COVID-19, LE PALUDISME MÉRITE DES DÉCISIONS URGENTES

Jeune Afrique : Comment avez-vous accueilli la décision de l’OMS de donner une recommandation pour l’utilisation du vaccin antipaludique ?

Pr Alassane Dicko : Nous étions convaincus de la qualité des résultats. L’OMS semble avoir tiré les leçons du Covid-19 : on a rapidement trouvé un vaccin, les mécanismes pour le déployer et des décisions politiques appropriées ont été prises aussitôt. Le paludisme mérite aussi des décisions urgentes. On ne doit pas laisser les enfants africains mourir s’il y a une solution qui est disponible, comme celle que nous venons de trouver. Il faut désormais déployer ce vaccin.

Les résultats sont-ils conformes à ce que vous espériez ?

Les résultats vont au-delà des espérances. On ne s’attendait pas à un impact aussi important. Le vaccin permet une réduction de l’ordre de 70 % des formes sévères et de 73 % des décès si on le combine avec la chimio-prévention. C’est extraordinaire, on n’a pas eu de progrès aussi importants en vingt ans de lutte. Malgré tous les outils que nous avons largement déployés – le CTA [combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine], les moustiquaires imprégnées d’insecticides, la CPS –, le paludisme continue à être la première cause d’hospitalisation et de décès des enfants en Afrique. Selon les résultats que nous venons de produire, cela ne sera plus le cas grâce à ce vaccin.

Le vaccin a une certaine efficacité pendant quelques mois, puis celle-ci baisse. Nous aurons donc le maximum d’impact en l’administrant au début de la saison de transmission du paludisme – près de 80% des cas surviennent entre juillet et novembre. C’est comme cela qu’on aura le maximum d’impact.

CERTAINS PARTENAIRES CESSENT DE SOUTENIR LES CAMPAGNES DE LUTTE AU MALI, NOTAMMENT DANS LE NORD DU PAYS

Quelle est l’efficacité du vaccin par rapport à la chimio-prévention ?

Avec le RTS,S, les accès de paludisme sont réduits de 63% par rapport à la CPS. C’est important pour le continent. Il y a une bande en Afrique australe où la CPS ne fonctionne pas parce que les parasites sont résistants aux médicaments. Il faut introduire une vaccination saisonnière dans ces régions. Mais il faut toujours maintenir la chimio-prévention. Car nous n’avons pas encore le vaccin idéal. Les recherches continuent pour trouver des améliorations.

Avez-vous déjà une visibilité sur ces possibles améliorations ?

À Bougouni et Ouelessebougou, on est en train de tester un autre vaccin, qui s’appelle R21, un « cousin proche » de RTS,S. Nous sommes à la phase 3 d’évaluation et nous espérons que ce vaccin va venir s’ajouter à l’arsenal disponible. Comme on l’a vu avec le Covid-19, c’est important d’avoir plusieurs sources de vaccin contre le paludisme.

Quels sont les défis que doit aujourd’hui relever le Mali dans la lutte contre le paludisme ?

Le combat contre les maladies comme le paludisme est une course de fonds et non de vitesse. Le problème, c’est que certains de nos partenaires cessent de soutenir les campagnes de lutte, notamment dans le nord du pays. Avec le Programme national de lutte contre paludisme, nous avons initié une rencontre pour voir comment engager certaines sociétés privées susceptibles de collaborer avec nous. Si nous ne faisons pas ça, nous reviendrons à la case départ. Parce que c’est une maladie infectieuse, qui va continuer à se propager.

Avec jeune Afrique par Bokar Sangaré

Canada: La grippe, la COVID-19 et les enfants : une pédiatre craint une « catastrophe »

octobre 9, 2021

Aucun cas de grippe n’a été répertorié jusqu’ici en 2021 en Saskatchewan, mais une pédiatre de Saskatoon « craint une catastrophe extrêmement importante dans le système de santé » en raison de la pandémie de coronavirus.

On peut se faire vacciner contre la grippe dès l'âge de six mois.

© BERT SAVARD/Radio-Canada On peut se faire vacciner contre la grippe dès l’âge de six mois.

La pédiatre Mahli Brindamour, qui travaille dans un hôpital de la Ville des Ponts en Saskatchewan ainsi que dans des cliniques communautaires, s’inquiète parce qu’elle a constaté, cet été, une augmentation dans le nombre de cas de virus respiratoires chez les enfants, alors que la saison de la grippe n’est pas encore commencée.

Elle affirme que les mois d’hiver ont tendance à envoyer plus d’enfants dans les hôpitaux, atteignant la surcapacité.

Or, cette année, des adultes souffrant de COVID-19 occupent des espaces dans des unités de soins intensifs pédiatriques, en raison de la capacité limitée des autres hôpitaux.

La Dre Brindamour n’est pas certaine de la raison pour laquelle d’autres virus sont apparus plus tôt et plus gravement que l’année dernière, mais elle pense que cela pourrait être dû au fait que les réponses immunitaires des enfants ont changé et que les restrictions en cas de pandémie ont été levées.

Contracter la grippe et le coronavirus en même temps?

La pédiatre de Saskatoon s’inquiète aussi que des enfants contractent la grippe et la COVID-19 en même temps.

Selon elle, les enfants ressentent davantage les effets de la grippe et leur réponse immunitaire pourrait avoir du mal à combattre les deux virus si un enfant les attrape simultanément.

Le ministère de la Santé de la Saskatchewan n’a pas publié de rapport de surveillance de la grippe cette année et son dernier rapport porte sur la saison grippale 2019-2020.

Selon ce rapport, il y a eu 2424 cas de grippe de type A et de type B dans la province, au cours de la période comprise entre le 8 décembre 2019  et le 21 mars 2020.

Le vaccin contre la grippe disponible à compter du 12 octobre

La santé publique a par ailleurs annoncé plus tôt cette semaine qu’il est maintenant possible d’obtenir des rendez-vous pour le vaccin contre la grippe. Cette vaccination aura lieu dans des cliniques et des pharmacies à compter du 12 octobre pour toute personne âgée de 6 mois et plus.

Le vaccin contre la grippe et celui contre la COVID-19 peuvent être administrés en même temps.

Par CBC/Radio-Canada avec les informations de Dayne Patterson

RDC-Evaluation de la gratuité de l’enseignement : Félix Tshisekedi pour la création d’une task force interministérielle

octobre 5, 2021

Près de deux millions d’élèves nouvellement inscrits vont intégrer, cette année scolaire, à la faveur du Programme de la gratuité de l’enseignement de base, le système éducatif national afin de bénéficier de ses avantages.

Des élèves à l’entrée des salles de classe

Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi-Tshilombo, a fait de l’éducation l’une des priorités de sa mandature à la tête du pays. Il a réitéré cet engagement, lors de la vingt-deuxième réunion du Conseil des ministres qu’il a présidée le 1er octobre, par visioconférence, à partir de la Cité de l’Union africaine. Dans sa communication au Conseil, le chef de l’État s’est réjoui de l’effectivité de la gratuité de l’école et de la valorisation de la formation professionnelle telle que reflétée par l’augmentation des effectifs des nouveaux inscrits attendus dans les établissements scolaires cette année. « Ce constat positif met en exergue les efforts réalisés par le gouvernement, d’une part, et la maturation de l’appropriation du programme de la gratuité par la population, particulièrement les parents, d’autre part », peut-on lire dans le compte-rendu du Conseil lu à la télévision nationale et relayant les propos du président de la République à ce sujet. 

Cette rentrée scolaire intervient, une fois de plus, sous la menace de la pandémie à covid-19, a fait observer Félix Tshisekedi qui a, par ailleurs, insisté sur l’impératif d’instruire les chefs d’Établissement à mettre en place des dispositifs pratiques pour le respect des gestes-barrières.

Dans sa quête pour relever le défi de l’éducation en République démocratique du Congo, le chef de l’État a rappelé, à l’intention des membres du gouvernement, les objectifs majeurs qu’il poursuit dans ce secteur. Il s’agit, précisément, de zéro paiement par enfant congolais, d’amélioration des infrastructures adéquates ainsi que des conditions de travail et de traitement des enseignants pour un rendement scolaire optimal et qualitatif.

Plusieurs recommandations et suggestions ont été faites au ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST) afin d’optimiser le programme de gratuité de l‘enseignement de base. Séance tenante, le président de la République l’a instruit de renforcer la collaboration avec son administration pour améliorer le partage d’information et la gestion des bases des données. Concernant les fictifs (enseignants, écoles, etc.), des orientations claires ont été données au ministre de l’EPST pour leur extirpation, laquelle passe notamment par l’introduction des concepts de mesure des résultats, mais aussi par le développement d’une culture de pilotage, de transparence et de redevabilité.

Au Premier ministre, Sama Lukonde, par contre, il lui a été recommandé une série d’actes à poser pour le bien de l’éducation, apprend-on du compte-rendu. Il lui a été demandé, entre autres, de prendre des dispositions nécessaires pour la rentrée scolaire sur toute l’étendue de la République, avec les mesures exceptionnelles pour les provinces sous état de siège, et spécialement, sur la scolarité des enfants hébergés dans les orphelinats en âge de scolarité pour qu’ils bénéficient de l’égalité des chances en matière d’éducation.

En plus de cela, il a été recommandé au Premier ministre de créer une taskforce interministérielle, notamment entre les ministères du Budget, des Finances et de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, en collaboration avec son cabinet, en vue d’effectuer un suivi et une évaluation efficace du programme de la gratuité.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

France: un rapport évoque 330 000 victimes au sein de l’Église catholique

octobre 5, 2021

PARIS — Quelque 330 000 enfants ont été victimes d’agressions sexuelles au sein de l’Église catholique en France au cours des 70 dernières années, selon une estimation contenue dans un rapport publié mardi, qui représente le premier grand bilan du pays sur le phénomène mondial.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le nombre comprend des agressions commises par quelque 3000 prêtres et autres personnes impliquées dans l’Église – des actes répréhensibles que les autorités catholiques ont dissimulés pendant des décennies de manière «systémique», selon le président de la commission qui a publié le rapport, Jean-Marc Sauvé.

Le président de la Conférence des évêques de France a demandé pardon aux victimes, dont environ 80 % étaient des garçons, selon le rapport. Les évêques se réunissent mardi pour discuter des prochaines étapes.

La commission indépendante a exhorté l’église à prendre des mesures vigoureuses, dénonçant les «fautes» et le «silence».

«Les conséquences sont très graves», a déclaré M. Sauvé. «Environ 60 % des hommes et des femmes qui ont été agressés sexuellement rencontrent des problèmes majeurs dans leur vie affective ou sexuelle.»

«Nous considérons que l’Église a une dette envers les victimes», a-t-il ajouté.

Le document de 2500 pages a été publié alors que l’Église catholique en France, comme dans d’autres pays, cherche à faire face à des secrets honteux longtemps dissimulés.

Les victimes ont salué le rapport comme attendu depuis longtemps.

François Devaux, chef du groupe de victimes La Parole libérée, a déclaré qu’il s’agissait «d’un tournant dans notre histoire».

Il a dénoncé les dissimulations qui ont permis des «crimes de masse pendant des décennies».

«Mais pire encore, il y a eu une trahison: trahison de confiance, trahison des mœurs, trahison des enfants, trahison de l’innocence», a-t-il déclaré, appelant l’Église à offrir réparation.

Olivier Savignac, le responsable de l’association de victimes Parler et Revivre, a contribué à l’enquête. Il a déclaré à l’Associated Press que le ratio élevé de victimes par agresseur était particulièrement «terrifiant pour la société française, pour l’Église catholique».

M. Savignac a attaqué l’Église pour avoir traité de tels cas comme des anomalies individuelles plutôt que comme une horreur collective. Il a décrit avoir été maltraité à l’âge de 13 ans par le directeur d’un camp de vacances catholique dans le sud de la France, qui a été accusé d’avoir agressé plusieurs autres garçons.

«Je percevais ce prêtre comme quelqu’un de bon, une personne attentionnée qui ne me ferait pas de mal», a raconté M. Savignac. «Mais c’est lorsque je me suis retrouvé sur ce lit à moitié nu et qu’il me touchait que j’ai réalisé que quelque chose n’allait pas… Et on garde ça, c’est comme un kyste qui grandit. C’est comme une gangrène à l’intérieur du corps de la victime et de la psyché de la victime.»

Le prêtre a finalement été reconnu coupable et condamné en 2018 à deux ans de prison, dont un an avec sursis.

La commission a travaillé pendant 2 ans et demi, écoutant les victimes et les témoins et étudiant les archives des églises, des tribunaux, de la police et de l’actualité à partir des années 1950. Une ligne téléphonique lancée au début de l’examen a reçu 6500 appels de victimes présumées ou de personnes déclarant connaître une victime.

M. Sauvé a dénoncé l’attitude de l’Église jusqu’au début des années 2000 comme «une profonde et cruelle indifférence envers les victimes».

Le rapport indique qu’environ 3000 agresseurs d’enfants — dont les deux tiers étaient des prêtres — ont travaillé dans l’église au cours de la période de sept décennies. Ce chiffre est probablement sous-estimé, a avancé M. Sauvé. Le décompte des victimes comprend environ 216 000 personnes maltraitées par des prêtres et d’autres religieux, a-t-il déclaré.

Les estimations sont basées sur des recherches menées par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale sur les agressions sexuelles sur enfants dans la population française.

«Parfois, les responsables de l’Église ne dénonçaient pas (les agressions sexuelles) et exposaient même les enfants à des risques en les mettant en contact avec des prédateurs», a déclaré M. Sauvé. «Nous considérons (…) que l’église a une dette envers les victimes.»

Le président de la Conférence des évêques de France, Eric de Moulins-Beaufort, a dit que les évêques «sont consternés» par les conclusions du rapport.

«Je souhaite (…) demander pardon, pardon à chacun de vous», a-t-il déclaré aux victimes.

M. Sauvé a déclaré que 22 crimes présumés pouvant être poursuivis ont été transmis aux procureurs. Plus de 40 cas trop anciens pour être poursuivis, mais impliquant des auteurs présumés encore en vie ont été transmis aux responsables de l’Église.

avec Sylvie Corbet, The Associated Press

É-U: cinq enfants laissés seuls meurent dans un incendie à East Saint Louis

août 6, 2021

EAST SAINT LOUIS, Ill. — Cinq enfants âgés de moins de dix ans qui avaient été laissés seuls à la maison ont perdu la vie dans un incendie tôt dimanche, dans le sud-ouest de l’Illinois, ont indiqué des responsables.

© Fournis par La Presse Canadienne

Les pompiers ont été appelés à une adresse de la ville d’East St. Louis un peu avant 3 h, heure locale. Ils ont alors trouvé dans une chambre deux enfants qui étaient déjà décédés. Trois autres enfants étaient inconscients sur le plancher de la cuisine. Le décès de deux d’entre eux a été constaté à l’extérieur, a dit le chef adjoint des pompiers d’East St. Louis, George McClellan.

Le cinquième enfant est décédé à l’hôpital. Les petites victimes étaient âgées de deux à neuf ans et étaient toutes membres de la même famille. Leur identité n’a pas été dévoilée dans l’immédiat.

«Les gars trouvent ça très difficile», a dit le chef McLellan au sujet de ses pompiers.

La mère des enfants les avait laissés seuls pour aller chercher un autre adulte au travail. La maison était en flammes quand elle est revenue, a-t-il ajouté. Elle a fait plusieurs tentatives pour entrer sauver les enfants.

East St. Louis se trouve en face de la ville de Saint Louis, au Missouri, de l’autre côté du fleuve Missouri. Une enquête a été ouverte.

Sept autres familles ont été déplacées par le sinistre, mais elles n’étaient pas sur place au moment de la tragédie.

Avec The Associated Press

L’Australie va dédommager les Aborigènes de la « génération volée »

août 5, 2021

Jusque dans les années 1970, des milliers d’enfants des peuples autochtones d’Australie ont été arrachés à leurs familles et placés dans des foyers de personnes blanches.

Le premier ministre australien, Scott Morrison, à Sydney, le 27 avril.
Le premier ministre australien, Scott Morrison, à Sydney, le 27 avril. RICK RYCROFT / AP

L’Australie veut réparer « un chapitre honteux de [son] histoire nationale ». Le premier ministre du pays, Scott Morrison, a annoncé, jeudi 5 août, le versement de 75 000 dollars australiens, soit près de 47 000 euros, à de nombreux Australiens aborigènes qui ont été retirés de force de leur famille lorsqu’ils étaient enfants.

Des milliers de jeunes Aborigènes et insulaires du détroit de Torres ont été arrachés à leur foyer et placés dans des familles d’accueil blanches, dans le cadre de politiques officielles d’assimilation, qui ont perduré jusque dans les années 1970. S’adressant au Parlement à propos de la « génération volée » des Australiens autochtones, Scott Morrison a rappelé que si les autorités avaient « déjà confronté cela en présentant des excuses nationales », « nos actes doivent continuer à correspondre à nos paroles ». Les récits des souffrances causées ne sont « pas simplement des histoires du passé mais des histoires qui continuent à se répercuter à travers les générations », a-t-il ajouté.

Les défenseurs des droits des autochtones australiens, lesquels restent fortement désavantagés en termes de santé, de revenus et d’éducation, ont salué cette annonce, tout en soulignant qu’elle était attendue depuis longtemps.

Une première au niveau fédéral

Le premier ministre a affirmé que 378,6 millions de dollars australiens (236 millions d’euros) seraient alloués, pour réparer les dommages humains causés par la politique d’assimilation. Les paiements seront destinés aux personnes vivant dans les territoires qui étaient gérés par le Commonwealth à l’époque des déplacements forcés : le Territoire du Nord, le Territoire de la capitale australienne, où se trouve Canberra, et le Territoire de la baie de Jervis.

Le programme offre aux survivants un paiement unique de 75 000 dollars australiens, en reconnaissance du préjudice causé, un paiement d’« aide à la guérison » de 7 000 dollars australiens, et la possibilité de raconter leur histoire à un haut fonctionnaire du gouvernement et de recevoir des excuses en personne ou par écrit.

D’autres Etats australiens ont mis en place des systèmes de réparation, mais le gouvernement fédéral n’avait pas suivi jusqu’à présent. Les paiements fédéraux font partie d’un plan d’un milliard de dollars australiens, visant à réduire les fortes inégalités auxquelles sont confrontés les Australiens autochtones.

Par Le Monde avec AFP

Israël : certains enfants de 5 à 11 ans pourront être vaccinés

juillet 28, 2021

La vaccination s’ouvre aux enfants de 5 à 11 ans, présentant « des risques importants de maladies graves ou de décès » après une infection au Covid-19.

Les enfants ages de 5 a 11 ans risquant des complications graves liees au Covid-19 pourront etre vaccines a partir du 1er aout en Israel.
Les enfants âgés de 5 à 11 ans risquant des complications graves liées au Covid-19 pourront être vaccinés à partir du 1er août en Israël.© Vincent Isore / MAXPPP / IP3 PRESS/MAXPPP

Les enfants âgés de 5 à 11 ans risquant des complications graves liées au Covid-19 pourront être vaccinés à partir du 1er août en Israël, ont indiqué des responsables de la santé de l’État hébreu, ce mercredi 28 juillet. Dans un document publié mardi, le ministère israélien de la Santé a donné son feu vert aux caisses d’assurance-maladie pour la vaccination des enfants de 5 à 11 ans qui présentent « des risques importants de maladies graves ou de décès à la suite d’une infection au nouveau coronavirus ».

« Il s’agit d’une autorisation spéciale et chaque vaccination sera étudiée au cas par cas », a indiqué mercredi un porte-parole du ministère à l’Agence France-Presse. « Cette autorisation prend effet au 1er août », a-t-il ajouté. « La vaccination de (tous les) enfants âgés de 5 à 11 ans n’est pas recommandée à ce stade », a ajouté le ministère soulignant qu’elle était réservée aux enfants les plus vulnérables.

Selon la directive du ministère, les enfants atteints de maladies pulmonaires chroniques graves, d’immunodépression sévère, de troubles du développement neurologique, de drépanocytose, d’insuffisance cardiaque, d’hypertension pulmonaire et d’obésité importante pourront se voir administrer une dose de 0,1 ml du vaccin Pfizer, soit trois fois moins que la dose standard.

La vaccination avait été étendue aux 12-16 ans début juin

Environ 55 % de la population israélienne a été entièrement vaccinée grâce à une vaste campagne lancée fin décembre après un accord avec le géant pharmaceutique Pfizer. Celui-ci a livré au pays des millions de doses en échange de données sur les effets de la vaccination dans ce pays de 9,3 millions d’habitants dont les banques de données médicales numérisées permettent des études rapides à grande échelle.

Début juin, les autorités ont étendu la vaccination aux jeunes de 12 à 16 ans. Confronté à une hausse des contaminations ces dernières semaines, l’État hébreu a annoncé un retour partiel au pass sanitaire dès jeudi. Seules les personnes complètement vaccinées, guéries du Covid-19 ou munies d’un test PCR négatif de moins de 72 heures seront autorisées à entrer dans un lieu accueillant plus de 100 personnes, intérieur ou extérieur.

Par Le Point avec AFP

COVID: deux millions d’enfants ont perdu un parent depuis le début de la pandémie

juillet 24, 2021

 

MONTRÉAL — Quelque deux millions d’enfants à travers le monde ont perdu au moins un parent ou un grand-parent qui en avait soin depuis le début de la pandémie de COVID-19, constate une nouvelle étude publiée par le prestigieux journal médical The Lancet.

© Fournis par La Presse Canadienne

Les chercheurs britanniques et américains calculent qu’un enfant sur cent au Pérou, quatre enfants sur mille en Afrique du Sud et un enfant sur mille aux États-Unis ont perdu un parent depuis le début de la crise sanitaire.

Ils précisent qu’environ 1,5 million d’enfants ont perdu un parent à travers le monde, et que deux millions ont perdu un parent, un grand-parent ou un autre proche qui vivait avec eux et veillait sur eux.

Les auteurs tirent leurs conclusions de données provenant de 21 pays qui, ensemble, représentent près de 80 % de tous les décès mondiaux attribuables à la COVID. Ils préviennent toutefois que leur bilan sous-estime probablement grandement l’ampleur réelle de la situation.

Si on ajoute deux millions de décès au bilan de la COVID en 2021, ajoutent-ils, 600 000 enfants de plus deviendront orphelins et un million d’enfants supplémentaires perdront un parent, un grand-parent ou un proche.

Risques énormes

Avant même la pandémie, rappellent les auteurs, le monde comptait déjà 140 millions d’orphelins qui avaient besoin de soins sociaux et sanitaires.

Les enfants qui ont perdu un parent, voire les deux parents, sont confrontés à une multitude de risques, souligne l’étude. La perte du père les rendra ainsi plus vulnérables à la violence sexuelle, possiblement en raison de l’insécurité économique dans laquelle le ménage aura été plongé.

La participation active d’un grand-parent aux soins d’un enfant est associée à une hausse de la fréquentation et de la réussite scolaire, et à une augmentation de la présence des parents sur le marché du travail. La disparition de ce grand-parent pourra contraindre le parent à laisser son emploi pour s’occuper de l’enfant, ou inversement l’enfant à abandonner ses études.

Les enfants dont un grand-parent avait déjà soin après le décès d’un ou des parent(s) pourront devoir affronter un nouveau deuil.

Les données colligées lors d’épidémies précédentes, peut-on lire dans The Lancet, montrent qu’une réponse inefficace au décès d’un parent ou d’un soignant, même si un autre parent ou soignant survit, peut avoir des répercussions psychosociales, neurocognitives, socioéconomiques et biomédicales délétères pour les enfants. 

Les enfants et les adolescents endeuillés d’un parent ou d’un soignant présentent un risque plus élevé du trouble du stress post-traumatique, de dépression et de tentatives de suicide.

Ils sont plus à risque de violence domestique, sexuelle, émotionnelle ou physique; de voir leur famille se désintégrer; et d’être ensuite confiés à une institution.

Situation complexifiée

L’isolement qui découle de la pandémie, la fermeture des écoles et l’impossibilité de participer aux rites qui entourent normalement un décès pourront venir compliquer le tout, disent les auteurs.

«La pandémie est venue complexifier énormément de choses», a confirmé Josée Masson, une travailleuse sociale de l’organisme Deuil-Jeunesse qui intervient auprès de jeunes endeuillés depuis 25 ans.

Depuis le début de la pandémie, du moins au Québec, on a beaucoup porté d’attention aux décès des aînés et aux deuils vécus par leurs enfants adultes, a-t-elle rappelé, oubliant un peu ce que vivait la génération suivante.

Un jeune qui vit la mort de son père, de sa mère, voire des deux, a besoin de soutien, il a besoin d’être entouré par ses amis et sa famille, ce qui a été rendu presque impossible par les règles sanitaires, a souligné Mme Masson.

«Souvent les enfants vont avoir hâte d’aller à l’école pour pouvoir parler de papa, pour aller se changer les idées, a-t-elle dit. Mais la pandémie a fait qu’ils n’étaient peut-être pas à l’école, peut-être qu’ils n’ont pas pu avoir accès à leur ami qui est dans une autre classe alors que tout est confiné, alors c’est sûr que toute la partie sociale qui aide beaucoup dans la reconstruction a été énormément hypothéquée.»

De plus, parce que les visites à l’hôpital ou à la résidence étaient interdites, les enfants n’ont fréquemment pas été en mesure de constater par eux-mêmes la détérioration de l’état de santé de grand-papa ou de grand-maman, et donc de commencer à apprivoiser ce qui s’en venait, a dit Mme Masson. 

«Ça fait souvent des enfants qui sont dans le flou, dans l’incapacité de reconstituer leur histoire, de comprendre et de saisir que grand-maman est morte», a-t-elle expliqué.

Même le décès d’un arrière-grand-parent, dont certains sont très présents dans la vie des enfants en dépit de leur âge plus avancé, pourra avoir des répercussions importantes, puisque certains jeunes commenceront ensuite à se demander si un parent ou un grand-parent pourrait subir le même sort.

D’autres enfants ont refusé de profiter des occasions qu’ils pouvaient avoir de dire un dernier adieu à un proche, par crainte de les contaminer avec le coronavirus.

«Il s’est créé une certaine anxiété très claire chez les jeunes, qui savaient pouvoir ne pas avoir de symptômes et porter la maladie, et cette crainte-là a fait que des enfants n’ont pas été présents dans les derniers jours de gens importants pour eux, a dit Mme Masson. Ils ne voulaient pas être responsables de ça.»

Pourtant, ajoute-t-elle, «vivre la maladie grave d’un proche, peu importe comment elle est, c’est extrêmement important pour les jeunes pour qu’ils comprennent ce qui se passe, pour apprivoiser la mort».

La première chose à faire pour aider les jeunes endeuillés, a dit Mme Masson, est de ne pas les fuir du regard, de ne pas les prendre en pitié et d’être présents pour eux.

Au lieu de demander à un jeune comment il va, on lui demandera ce dont il a besoin ou comment il se sent aujourd’hui. Les adultes souhaitent plus que tout trouver les bons mots et les belles phrases pour extirper la douleur du corps de l’enfant, ce qui n’est pas possible.

On doit simplement accepter que le jeune a le droit de souffrir et de l’exprimer, dit-elle.

«Plus on est avec le jeune, plus on arrête de se mettre de la pression sur les épaules, plus c’est gagnant et plus les jeunes sont reconnaissants, c’est certain», a conclu Mme Masson.

Avec Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

Enfants refoulés au Canada : « aberration » dénoncée et « humanité » réclamée

juillet 13, 2021

« C’est une aberration », clame la députée du Bloc québécois Christine Normandin.

Pour revenir au Canada après un séjour à l'étranger, les enfants des résidents temporaires doivent obtenir une autorisation écrite de la part d'Immigration Canada.

© /iStock Pour revenir au Canada après un séjour à l’étranger, les enfants des résidents temporaires doivent obtenir une autorisation écrite de la part d’Immigration Canada.

L’élue fédérale reste incrédule. Elle ne comprend pas les raisons d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), qui empêche des enfants de résidents temporaires de revenir au pays, après un séjour à l’étranger.

Considérés comme des visiteurs» s’ils ne sont pas nés au Canada, ces jeunes – contrairement à leurs parents – doivent obtenir une autorisation écrite de la part du gouvernement pour remettre les pieds au Canada. Or, cette mesure est méconnue et de nombreuses familles d’immigrants ont débuté un séjour, principalement pour voir des proches, sans avoir demandé un tel document.

Cette autorisation a néanmoins été refusée, à plusieurs reprises, tel que l’a raconté Radio-Canada. Selon IRCC, l’arrivée de ces enfants, même s’ils sont scolarisés et vivent au Canada depuis plusieurs années, est de nature facultative ou discrétionnaire».

Lorsqu’il s’agit de revenir à l’école et de revoir ses parents, c’est tout sauf un voyage discrétionnaire. Permettre aux enfants de revenir ici, c’est juste le gros bon sens. Leur vie est ici, il n’y a aucune raison qu’ils ne reviennent pas ici», déplore Christine Normandin.

C’est absurde et c’est absolument sans queue ni tête», dénonce de son côté le député du Nouveau Parti démocratique (NPD) Alexandre Boulerice, qui ne mâche pas ses mots contre le ministère de l’Immigration.

Quand on répond à des parents que la venue de leur enfant est non essentielle et facultative, c’est de la bureaucratie idiote», lâche-t-il.

Marco Mendicino est le ministre de l'Immigration du gouvernement de Justin Trudeau.

© /Radio-Canada Marco Mendicino est le ministre de l’Immigration du gouvernement de Justin Trudeau.

Pour protéger» les Canadiens, répond le ministre

Interrogé par Radio-Canada en marge d’une conférence de presse pour faire la promotion, au Nouveau-Brunswick, de l’immigration francophone, le ministre de l’Immigration, Marco Mendicino, a justifié ces décisions en mettant de l’avant la situation sanitaire.

J’ai beaucoup de sympathie pour les familles dont les voyages ont été interrompus par la pandémie, mais en même temps, nous avons introduit des mesures à la frontière pour protéger la sécurité et la santé de tous les Canadiens», soutient-il.

Pourquoi séparer des familles ou interdire le retour des enfants? Le ministre Mendicino n’a pas directement répondu à ces questions.

Alors que le Bloc québécois veut carrément abolir» cette exigence d’une autorisation écrite pour les enfants, le NPD demande au ministre Mendicino de faire son travail».

Il peut donner une directive claire et il pourrait régler le dossier en 5 minutes. Mais, malheureusement, on a un ministre de l’Immigration qui est absolument inefficace et qui ne sert à rien», juge Alexandre Boulerice.

Laurence Lacroix est arrivée en France, avec sa fille, pour voir son père, malade. Elle n'a pas eu l'autorisation de revenir au Canada la semaine dernière.

© /Courtoisie / Laurence Lacroix Laurence Lacroix est arrivée en France, avec sa fille, pour voir son père, malade. Elle n’a pas eu l’autorisation de revenir au Canada la semaine dernière.

Une solution» doit être trouvée, lance un représentant français

Cette situation inquiète également le conseiller consulaire français, basé à Montréal, Yan Chantrel.

Malgré la pandémie, il faudrait faire preuve d’humanité. Les autorités devraient mettre fin à ce type de situation», assure l’élu français.

Ce dernier a eu vent d’une grande anxiété» de la part de nombreux parents français, résidents temporaires, qui, selon les règles actuelles canadiennes, n’ont pas le droit de faire venir leur famille proche au Canada.

Ils ne peuvent pas recevoir leur famille, mais maintenant, ils ne peuvent même pas aller la voir, car ils ont peur de ne pas pouvoir revenir. Il faut trouver une solution», lance Yan Chantrel.

Une solution, rapide, c’est justement ce que réclame Laurence Lacroix, coincée avec sa fille de 14 ans en Franche-Comté. Fin juin, cette restauratrice du Saguenay–Lac-Saint-Jean, présente au Québec depuis 4 ans, est rentrée en France voir son père, malade.

Début juillet, l’embarquement pour revenir à Montréal lui est refusé. Sa fille n’avait pas l’autorisation écrite d’IRCC. Je n’étais pas au courant», se défend-elle. Sa demande a été envoyée, mais la procédure prend, selon Ottawa, 14 jours ouvrables.

Ces derniers jours, Laurence Lacroix a créé un groupe Facebook pour partager son expérience et prévenir les parents et résidents temporaires. Plus de 200 familles y font part, désormais, de leurs craintes et angoisses.

Je ne m’y attendais pas du tout, raconte Laurence Lacroix. Il faut rappeler que nous, on ne part pas faire du tourisme. On va voir un parent malade, un père, un grand-parent. On ne parle pas de vacances au soleil.»

Par Romain Schué avec la collaboration de Nancy Caouette et Alix Villeneuve

Au Bangladesh, 52 morts dans l’usine en feu, le propriétaire arrêté

juillet 10, 2021

Le propriétaire d’une usine d’alimentation au Bangladesh, dont l’incendie aura duré plus de 24 heures et tué 52 personnes, a été arrêté pour homicide, et pourrait également être poursuivi pour emploi illégal d’enfants.

Un homme montre la photo de sa fille disparue dans l'incendie d'une usine où elle travaillait, près de la morgue de Dacca le 10 juillet 2021

© Munir Uz zaman Un homme montre la photo de sa fille disparue dans l’incendie d’une usine où elle travaillait, près de la morgue de Dacca le 10 juillet 2021

Une usine alimentaire en feu à Rupganj, ville industrielle proche de Dacca, le 9 juillet 2021© Munir Uz zaman Une usine alimentaire en feu à Rupganj, ville industrielle proche de Dacca, le 9 juillet 2021

La police a annoncé avoir arrêté samedi Abul Hashem et quatre de ses fils, ainsi que trois autres responsables de cette usine de Rupganj, ville industrielle proche de Dacca, qui fabriquait notamment des bonbons, des nouilles et des jus de fruit.

Les pompiers ont mis plus de 24 heures à venir à bout du feu qui s’était déclaré jeudi dans ce bâtiment où étaient stockés notamment du plastique et des produits chimiques inflammables.

Lorsque les secours sont arrivés au troisième étage, ils ont trouvé 48 cadavres. Les travailleurs n’avaient pu s’enfuir car la porte d’accès à l’escalier principal, qui aurait pu leur permettre de se réfugier sur le toit, était fermée à clé, ont indiqué les pompiers.

Selon le chef de la police locale, Jayedul Alam, non seulement cette porte était verrouillée, mais de nombreux règlements de sécurité n’étaient pas respectés dans l’usine.

« C’est un meurtre délibéré », a-t-il déclaré à l’AFP.

Avant son arrestation, le propriétaire a suggéré que l’incendie pourrait être « le résultat d’une négligence de la part des ouvriers », estimant qu’une cigarette mal éteinte pouvait être à l’origine du feu.

Une femme passe, le 10 juillet 2021, devant la carcasse de l'usine dont l'incendie a fait 52 morts, à Rupganj, dans la banlieue de Dacca

© Munir Uz zaman Une femme passe, le 10 juillet 2021, devant la carcasse de l’usine dont l’incendie a fait 52 morts, à Rupganj, dans la banlieue de Dacca

– Enfants payés 20 cents/h –

La ministre du Travail Monnujan Sufian a par ailleurs indiqué qu’une enquête avait été lancée sur l’emploi d’enfants dans cette usine.

Elle a dit à l’AFP avoir parlé à l’hôpital à deux survivants de l’incendie âgés de 14 ans, et une femme a expliqué à l’AFP que son enfant de 11 ans, qui travaillait dans l’usine, était porté disparu.

Laizu Begum, après des heures d’attente devant l’usine en flammes, a expliqué à l’AFP être sans nouvelle de son neveu, âgé de 11 ans, qui travaillait au troisième étage.

« Nous avons entendu dire que la porte du troisième étage était verrouillée. Quand nous avons vu comme l’incendie était énorme, nous avons réalisé qu’il était probablement mort », a-t-elle raconté, en pleurs.

Devant la carcasse calcinée de l’usine, l’AFP a parlé à une trentaine de survivants et de parents des victimes, qui ont confirmé que des enfants travaillaient dans cette usine, pour 20 takas (20 centimes d’euro) de l’heure.

Une femme montre la photo de sa fille qui travaillait dans une usine qui a pris feu, le 10 juillet 2021 près de la morgue de Dacca

© Munir Uz zaman Une femme montre la photo de sa fille qui travaillait dans une usine qui a pris feu, le 10 juillet 2021 près de la morgue de Dacca

Bilal Hossain, père de Mitu Akter, une adolescente de 14 ans qui n’a toujours pas été retrouvée, allait de la police aux médecins devant la morgue, à la recherche des restes de sa fille.

« J’ai envoyé ma petite fille à la mort! Comment vais-je annoncer ça à sa mère? », s’est-il lamenté.

La ministre, parlant des enfants survivants qu’elle a vus à l’hôpital, a indiqué que le plus jeune lui avait dit avoir 14 ans.

La loi au Bangladesh permet aux mineurs de travailler à partir de 14 ans, mais dans des emplois non dangereux, ce qui n’était pas le cas de cette usine, a expliqué Mme Sufian.

« S’il est prouvé qu’il employait des enfants, nous poursuivrons non seulement le propriétaire, mais aussi les inspecteurs du travail », a-t-elle ajouté.

Les incendies et les effondrements de bâtiments sont relativement fréquents au Bangladesh, un pays pauvre d’Asie du Sud, en particulier dans son importante industrie textile, en raison d’un manque de respect des normes de sécurité. Et les réformes promises dans ce domaine par le gouvernement tardent à se concrétiser.

Une femme montre la photo de son neveu de 11 ans disparu dans l'incendie de l'usine où il travaillait, le 10 juillet 2021 à la morgue de l'hôpital de Dacca

© Munir Uz zaman Une femme montre la photo de son neveu de 11 ans disparu dans l’incendie de l’usine où il travaillait, le 10 juillet 2021 à la morgue de l’hôpital de Dacca

En 2013, l’effondrement du Rana Plaza, un complexe de neuf étages qui abritait des usines de confection à Dacca, avait fait plus de 1.100 morts.

Ce nouveau drame illustre selon les syndicats combien la législation sur le travail est peu respectée. 

Pour l’Organisation Internationale du Travail, l’incendie « illustre la nécessité urgente » que les autorités et l’industrie du bâtiment du Bangladesh s’assurent que les usines respectent les normes de sécurité.

Le gouvernement doit « régler avec plus de vigueur les manquements à la sécurité sur les lieux de travail à travers le pays », a demandé l’agence onusienne.

Avec AFP par sa/tw/leg/ia/cac/sg