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Thaïlande: les jeunes rescapés de la grotte sortiront jeudi de l’hôpital

juillet 14, 2018

Capture d’écran d’une vidéo fournie par le gouvernement thaïlandais montrant des jeunes footballeurs hospitalisés à Chiang Rai après leur évacuation d’une grotte où ils étaient restés bloqués 18 jours / © Thai government public relations department (PRD)/AFP/Archives / Handout

Les douze jeunes footballeurs et leur entraîneur rescapés d’une grotte en Thaïlande après 18 jours sous terre pourront sortir jeudi de l’hôpital, ont annoncé samedi les autorités qui leur ont conseillé de rester à l’écart des médias.

L’équipe des « Sangliers sauvages » était restée bloquée depuis le 23 juin jusqu’à son évacuation qui a pris trois jours et s’est achevée le 10 juillet dans la grotte de Tham Luang (nord), inondable en saison de mousson.

« Les 13 « +Sangliers sauvages+ sont tous en bonne condition physique (…), tous ont bon moral », a déclaré aux journalistes le ministre de la Santé publique, Piyasakol Sakolsattayatorn.

« Ils sortiront ensemble de l’hôpital, nous envisageons jeudi », a-t-il ajouté.

Les enfants et leurs parents se sont vus conseiller de passer du temps avec leurs amis et leurs familles et de ne pas donner d’interviews aux médias car cela pourrait « déclencher des symptômes de stress post-traumatique », a-t-il encore dit.

Dans une courte vidéo enregistrée à l’hôpital de Chiang Rai où ils se trouvent actuellement, les jeunes garçons semblent avoir bonne mine.

Ils se présentent l’un après l’autre en saluant les mains jointes à la manière thaïlandaise, donnent chacun de brèves nouvelles de leur santé et précisent le plat qu’ils souhaitent déguster après leur sortie de l’hôpital.

« Je vais mieux », dit à la caméra Adul Sam-on, jeune apatride de 14 ans né dans l’Etat Wa, région de l’Est de la Birmanie marquée par une guérilla ethnique. Il dit rêver de manger du « KFC » puis remercie, en anglais, le monde entier pour avoir aidé à sauver l’équipe.

Dans la grotte, l’adolescent s’était improvisé porte-parole car c’était le seul à pouvoir communiquer avec les plongeurs britanniques parvenus les premiers à les rejoindre.

Trois des jeunes de l’équipe ainsi que l’entraîneur âgé de 25 ans sont des apatrides. Plus de 400.000 personnes sont recensées comme apatrides en Thaïlande, d’après le Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU. Certaines sources estiment cependant qu’ils sont 3,5 millions. La Thaïlande s’est engagée à enregistrer tous les apatrides, soumis à de nombreuses restrictions du fait de leur statut, d’ici 2024 mais le flou règne en attendant.

La saga du sauvetage hors norme des jeunes footballeurs, qui a mobilisé des centaines de secouristes durant deux semaines dans cette zone isolée au milieu de la forêt tropicale, intéresse d’ores et déjà Hollywood, notamment la société de production d’obédience évangéliste Pure Flix.

Les autorités thaïlandaises n’ont fourni que des informations partielles sur toute l’opération de sauvetage et ont sévèrement limité l’accès aux jeunes rescapés et à leur famille.

Romandie.com avec(©AFP / 14 juillet 2018 13h43)

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Thaïlande: certains enfants sortis « endormis » de la grotte inondée

juillet 11, 2018

Photo fournie par la Marine thaïlandaise le 11 juillet 2018 montrant des secouristes porter un des enfants dans un brancard souple pour le sortir de la grotte. AFP PHOTO / Royal Thai Navy / © ROYAL THAI NAVY/AFP / Handout

Certains des 12 enfants ont été sortis « endormis » sur des brancards des tréfonds de la grotte partiellement inondée en Thaïlande, au cours de la périlleuse opération de sauvetage dont le succès a provoqué la liesse dans le pays.

Les cinq derniers rescapés ont été extirpés mardi de la grotte de Tham Luang, dans le nord de la Thaïlande, où ils avaient été piégés le 23 juin par la montée des eaux. Une vidéo rendue publique par les autorités les montre apparaissant en bonne santé à l’hôpital où ils ont été admis.

L’opération, qualifiée de « mission impossible » par le chef de la cellule de crise, a parfaitement réussi et a laissé place mercredi à l’exultation dans le pays, où l’exclamation « Hooyah », héritée de la marine américaine et destinée à renforcer le moral, faisait florès sur les réseaux sociaux.

Les autorités thaïlandaises ont longtemps été peu disertes sur le déroulement de l’évacuation. Comment 12 garçons de 11 à 16 ans dont aucun ne pratique la plongée et certains ne savent pas nager ont-ils pu s’extraire d’une grotte aux étroits passages, ponctuée de boyaux inondés à la visibilité nulle?

Photo fournie par la Marine thaïlandaise le 11 juillet 2018 montrant le système mis en place pour lever le brancard et le sortir de la grotte inondée. / © ROYAL THAI NAVY/AFP / Handout

Un plongeur thaïlandais, à court d’air, est notamment mort au cours des préparatifs à l’évacuation.

Quelques premiers éléments de réponse ont été apportés par une vidéo rendue publique mercredi par les secouristes montrant des enfants sous sédatif, sortis de la grotte enveloppés dans des couvertures de survie dans un brancard souple, qui leur sert de cocon. Ils sont équipés d’une combinaison et d’un équipement de plongée.

La vidéo montre des secouristes thaïlandais et étrangers porter ou faire progresser un brancard soutenu par un système de cordages et de poulies. De multiples tuyaux en caoutchouc ou en plastique courent le long de boyaux étroits.

Le commandant Chaiyananta Peeranarong, ancien commando de marine thaïlandais, qui a pris part à l’évacuation des 12 enfants et de leur entraîneur de foot bloqués dans une cave inondée, lors d’un entretien avec l’AFP le 11 juillet 2018. / © AFP / TANG CHHIN Sothy

Certains des enfants sont en effet sortis « endormis », a affirmé à l’AFP un secouriste, ancien commando de marine thaïlandais, qui a participé à l’opération.

« Certains d’entre eux étaient endormis, d’autres remuaient les doigts, (comme s’ils) étaient groggy. Mais ils respiraient », a expliqué le commandant Chaiyananta Peeranarong, qui a été le dernier plongeur à sortir de la grotte.

Des médecins avaient été positionnés le long du parcours et vérifiaient leur état et leur pouls.

Thaïlande : opération de secours réussie / © AFP / Gal ROMA

– Les pompes lâchent –

Le chef de la junte au pouvoir Prayut Chan-O-Cha avait affirmé mardi que les secouristes avaient donné un « tranquillisant léger » aux enfants pour éviter de paniquer mais qu’en aucun cas il n’avaient été assommés de médicaments.

Pour cette opération, la Thaïlande a fait appel à des spécialistes étrangers pour appuyer ses propres plongeurs.

Photo tirée d’une vidéo rendue publique par les autorités thaïlandaises montrant les rescapés de la grotte à l’hôpital de Chiang Rai le 11 juillet 2018. AFP PHOTO / The government public relations department (PRD) and Government spokesman bureau / © Thai government public relations department (PRD)/AFP / Handout

Treize plongeurs « de classe mondiale », dont l’Australien Richard « Harry » Harris, anesthésiste et plongeur, ont participé au sauvetage, a expliqué mercredi le chef de la cellule de crise Narongsak Osottanakorn, selon qui l’opération n’aurait pu avoir lieu sans ce médecin australien.

Les secouristes avaient repoussé l’évacuation, le temps de pomper l’eau, jusqu’à avoir un minimum de portions sous-marines à parcourir en plongée. Mais ils étaient sous la menace de nouvelles pluies.

Mardi, alors que les derniers secouristes sortaient de la grotte, des pompes ont fini par lâcher, rendant impraticable un passage où ils pouvaient auparavant marcher.

Des écoliers thaïlandais fêtent l’évacuation des jeunes gens bloqués 18 jours dans une grotte inonée, le 11 juillet 2018 à Chiang Rai / © AFP / TANG CHHIN Sothy

« Si l’on ne pompait pas l’eau à cet endroit, on ne pouvait sortir qu’avec une bouteille d’oxygène », a confié l’ex-commando de marine. La vingtaine de secouristes qui restait à l’intérieur a juste eu le temps de sortir avant que ce passage soit submergé.

– « On lui chantera une chanson » –

Les 12 enfants et l’entraîneur, émaciés après deux semaines perchés sur un promontoire à quatre kilomètre de l’entrée de la grotte, récupèrent désormais à l’hôpital de Chiang Rai.

Thaïlande: les garçons pris en charge à l’hôpital / © PRD / Gvt spokesman bureau/AFP / –

Dans la vidéo rendue publique par les autorités, les enfants, maintenus en quarantaine derrière une vitre, portent des masques sur le visage, font un signe de la tête et des mains en direction des personnes venues les voir.

S’ils s’en sont sortis, « c’est peut-être parce qu’ils étaient ensemble, comme une équipe, s’aidant les uns les autres », a estimé l’inspecteur général du ministère de la Santé Thongchai Lertwilairatanapong, mettant en avant le rôle de l’entraîneur de 25 ans.

Quelques centaines d’écoliers se sont rassemblés mercredi devant l’établissement où vont séjourner encore plusieurs jours les rescapés.

Sous la houlette d’un enseignant, les élèves chantent pour remercier « tous ceux qui ont contribué à la réussite de la mission », témoignage modeste de la reconnaissance envers les spécialistes étrangers qui ont contribué aux opérations.

L’un des jeunes de la grotte, Pheeraphat « Night » Sompiengjai, fêtait ses 16 ans le jour où ils se sont retrouvés piégés. Il aura son gâteau d’anniversaire quand il reviendra à l’école, a confié un de ses camarades de classe, Duangduen Sittiwongsa. « On lui chantera une chanson », a-t-il ajouté.

Le grand-père de l’entraîneur Ekkapol Chantawong, Khamluh Guntawong, s’est lui dit « très heureux et soulagé. « Je n’ai pas pu dormir pendant des jours. Je suis heureux que les garçons soient sortis aussi », a-t-il lancé.

L’entraîneur commence à faire figure de héros dans le pays bien qu’il ait été le seul adulte en compagnie des enfants quand ils ont décidé, après leur entraînement de football, de visiter la grotte, inondable en saison de mousson comme l’indique un panneau placé à l’entrée.

Romandie.com avec(©AFP / 11 juillet 2018 17h30)

États-Unis: les réunifications d’enfants de migrants avec leurs parents toujours à la peine

juillet 10, 2018

Des femmes et leurs enfants attendant d’être aidées par des volontaires, dans la ville frontalière de McAllen, au Texas, le 15 juin 2018 / © AFP/Archives / Leila Macor

Moins de la moitié d’une centaine d’enfants migrants séparés de leurs parents vont retrouver leurs familles à temps selon le délai fixé par un tribunal de Californie, et le sort de dizaines d’autres reste incertain, ont indiqué mardi les autorités américaines.

Un juge avait ordonné aux autorités de réunir tous les enfants de moins de cinq ans avec leurs familles d’ici le 10 juillet.

Selon des responsables américains, quatre de ces 102 enfants ont déjà retrouvé leurs parents mardi, et 34 autres réunifications doivent se produire dans la journée.

Mais le reste des retrouvailles va être retardé: certains parents sont encore détenus, d’autres ont des casiers judiciaires chargés et d’autres ont déjà été expulsés.

« Notre devoir est de protéger les enfants. Ce que nous faisons maintenant, c’est assurer que ces enfants ne soient pas réunis avec des personnes pouvant leur nuire », a dit Chris Meekins, un responsable du ministère de la Santé.

Un juge de San Diego a donné lundi davantage de temps au gouvernement pour réunir les 102 enfants avec leurs familles. Ils font partie des plus de 2.300 enfants séparés de leurs parents dans le cadre de la politique migratoire de « tolérance zéro » de Donald Trump.

Les autres enfants doivent, eux, être réunis avec leurs familles d’ici le 26 juillet.

Dans le cas de 20 enfants, les retrouvailles ont été retardées pour « des raisons logistiques », a dit M. Meekins. Pour 12 d’entre eux, c’est parce que leurs parents ont déjà été expulsés des Etats-Unis.

Chris Meekins a aussi précisé que des tests ADN avaient montré que cinq adultes disant être les parents d’enfants ne l’étaient pas en réalité.

Dix enfants vont continuer à attendre d’être réunis avec leurs parents pendant que ces derniers sont détenus et accusés d’être entrés dans le pays illégalement.

Parmi les autres cas de figure, un enfant a été violenté par l’un de ses parents, et le parent d’un autre est atteint d’une maladie contagieuse.

Le gouvernement a été vivement critiqué, aux Etats-Unis et à l’étranger, pour avoir séparé les enfants de leurs parents sans-papiers. La majorité de ces familles sont originaires d’Amérique centrale et demandent l’asile en raison de la violence dans leurs pays d’origine.

Les autorités espéraient avec cette mesure dissuader la venue des migrants.

Face au tollé créé par les images d’enfants en pleurs, Donald Trump a mis fin par décret le 20 juin aux séparations, en appelant le Congrès à réformer les lois sur l’immigration.

Romandie.com avec(©AFP / 11 juillet 2018 00h25)

Grotte en Thaïlande: 8 jeunes sur 13 désormais sauvés

juillet 9, 2018

Des soldats thaïlandais près de la grotte Tham Luang au deuxième jour de l’opération de sauvetage des enfants qui y sont bloqués, le 9 juillet 2018 / © AFP / YE AUNG THU

Les sauveteurs ont évacué lundi quatre autres jeunes footballeurs coincés dans une grotte inondée de Thaïlande, atteignant un total de huit des treize victimes sauvées pour l’heure et approchant de la fin de ce fait divers ayant pris une ampleur internationale.

« Deux jours, huit sangliers sauvages », écrivaient lundi soir les commandos de marine thaïlandais sur leur page Facebook, au centre de l’opération de sauvetage, utilisant le nom de l’équipe de football des enfants, les « Sangliers sauvages ».

Le chef de la cellule de crise, Narongsak Osottanakorn, avait promis en début d’après-midi de « bonnes nouvelles » pour « dans quelques heures ».

Le chef de la junte au pouvoir en Thaïlande depuis un coup d’Etat en 2014, le général Prayut Chan-O-Cha, était attendu sur place en fin d’après-midi.

La Thaïlande tout entière espère une issue heureuse pour les enfants et leur entraîneur de 25 ans bloqués depuis le 23 juin dans la grotte de Thuam Luang, dans le nord de la Thaïlande. La saga passionne aussi les médias étrangers qui ont envoyé des centaines de journalistes sur place.

La pluie de mousson menaçant d’inonder ce réseau souterrain complexe, long d’une dizaine de kilomètres, constitue le principal défi pour les sauveteurs qui redoutent de nouvelles précipitations avant la sortie de tout le groupe.

L’équipe de football des « Sangliers sauvages », 12 garçons de 11 à 16 ans et leur jeune entraîneur, avaient passé neuf jours dans les tréfonds de la grotte avant que deux plongeurs britanniques ne réussissent à les rejoindre en début de semaine dernière. Emaciés mais en vie, ils étaient perchés sur un promontoire, à plus de quatre kilomètres de l’entrée de la grotte.

Dimanche, quatre garçons ont revu la lumière du jour, grâce à des plongeurs expérimentés qui les ont guidés le long d’un parcours tortueux, marqué par des portions inondées et étroites, en particulier un passage très difficile à franchir dans lequel il faut se faufiler et qui est le cauchemar de la cellule de crise. Lundi, un deuxième groupe de quatre rescapés leur a emboîté le pas.

Thaïlande : opération de sauvetage / © AFP / Gal ROMA

Baptisés par les réseaux sociaux « Sangliers sauvages 1, 2, 3, 4 », les quatre premiers garçons, hospitalisés, vont bien, a précisé Narongsak Osottanakorn, même s’ils sont « tenus à l’écart » de leurs parents, afin d’éviter qu’ils ne soient contaminés, vu leur état de faiblesse.

« Les médecins envisagent de permettre aux familles de leur rendre visite, mais séparés par une vitre », a-il dit.

– Replacer des bouteilles d’oxygène –

Les équipes de plongeurs ont dû se reposer entre les deux évacuations et replacer des bouteilles d’oxygène le long du parcours, d’où l’intervalle.

Les parents des derniers à sortir attendent à l’entrée de la grotte de retrouver leurs enfants.

« J’attends toujours ici à la grotte, je croise les doigts », dit à l’AFP Supaluk Sompiengjai, la mère de Pheerapat, communément appelé par son surnom, « Night ».

Outre les embûches le long du parcours de plongée, la situation est compliquée par le fait qu’une bonne partie des enfants ne savent pas nager et qu’aucun n’a jamais fait de plongée. Un ancien plongeur de la marine thaïlandaise y a laissé la vie, témoignant de la très grande difficulté de l’entreprise, même pour des professionnels.

Thaïlande: l’opération de sauvetage « réussie », 4 enfants évacués / © AFP /

– Menace de pluie –

Le manque d’espace ajoute aussi à la complexité des opérations alors que les sauveteurs doivent placer suffisamment de bouteilles d’oxygène sur le parcours de sortie.

Les hordes de journalistes accourus des quatre coins de la Thaïlande et de la planète sont tenus à l’écart de la grotte, de même que de l’hôpital de Chiang Rai où les quatre rescapés ont été placés en observation.

La famille de « Night » pense que le groupe a décidé d’explorer la grotte après leur entraînement de football pour célébrer son 16e anniversaire. Ils se sont alors retrouvés piégés par la montée des eaux dans ce réseau situé à la frontière avec la Birmanie et le Laos.

Après leur découverte par les plongeurs britanniques, les sauveteurs ont désespérément passé en revue toutes les solutions possibles, percer des tunnels dans la montagne ou attendre sous terre pendant des semaines la fin de la mousson.

Mais face à la menace de nouvelles pluies et à la baisse des niveaux d’oxygène dans la chambre où le groupe a trouvé refuge, les autorités ont décidé dimanche de tenter le tout pour le tout, jugeant les conditions idéales.

Romandie.com avec(©AFP / 09 juillet 2018 15h55)

Thaïlande: six des treize jeunes de la grotte évacués, les autres lundi

juillet 8, 2018

Une ambulance quitte le site de Tam Luang, évacuant un des premiers enfants sortis de la grotte par des plongeurs, le 8 juillet 2018. / © AFP / Lillian SUWANRUMPHA

La difficile opération d’évacuation des douze enfants et de leur entraîneur de football coincés dans une grotte en Thaïlande depuis 15 jours a débuté dimanche et six d’entre eux ont été évacués avec succès, les autres devant l’être lundi au terme d’une attente éprouvante pour les familles.

Selon le bilan officiel, un premier groupe de six garçons, chacun guidé dans la grotte inondée par deux plongeurs professionnels, a d’ores et déjà réussi à sortir.

Un responsable du ministère de la Défense, sous couvert de l’anonymat, avait assuré un peu plus tôt: « Six d’entre eux sont sortis », mais le bilan officiel n’a jamais été révisé dans la soirée et aucune explication fournie.

Les six premières victimes ont été évacuées à bord d’ambulances puis d’hélicoptères en direction de l’hôpital de Chiang Rai. Des journalistes de l’AFP sur place ont vu les ambulances quitter le site en direction d’un héliport.

« La prochaine opération devrait débuter dans dix heures minimum », a déclaré lors d’une conférence de presse dimanche soir Narongsak Osottanakorn, le chef de la cellule de crise.

Un hélicoptère se pose à l’aéroport militaire de Chiang Rai, transportant des jeunes évacués de la grotte, le 8 juillet 2018. / © THAI NEWS PIX/AFP / Krit PHROMSAKLA NA SAKOLNAKORN

Le matin, il avait annoncé que le « grand jour » de l’évacuation était enfin venu.

Les secours avaient prévenu que les enfants sortiraient « un par un », assistés chacun par deux plongeurs professionnels, et que cela prendrait au total « deux à trois jours ». Ils ont finalement opté pour une sortie des enfants en deux groupes.

La première évacuation s’est révélée plus rapide que prévu, en avance de plus de deux heures sur l’horaire indiqué à l’origine. Et le deuxième groupe pourrait sortir dès lundi matin selon le scénario le plus optimiste.

– Cinq heures par enfant –

 

Thaïlande : opérations de secours / © AFP / Laurence CHU

Aucune image de l’opération n’a émergé pour l’heure, les autorités thaïlandaises ayant créé un large périmètre de sécurité autour de la zone.

L’équipe de foot des « sangliers sauvages » était partie explorer la grotte le 23 juin, après l’entraînement, pour une raison encore inconnue. Ils se sont retrouvés piégés par la montée des eaux dans cette grotte au fin fond du nord de la Thaïlande, à la frontière avec la Birmanie et le Laos.

Jusqu’ici, il fallait onze heures à un plongeur aguerri pour faire l’aller-retour jusqu’aux enfants: six heures aller, cinq heures retour grâce au courant. Long de plusieurs kilomètres dans des boyaux accidentés, le parcours pour sortir de la grotte comprend de difficiles passages sous l’eau.

Signe du péril de l’entreprise, un ancien plongeur de la marine thaïlandaise est mort vendredi lors d’une opération de ravitaillement des enfants.

Un policier en faction devant l’entrée de la grotte Tham Luang, le 8 juillet 2018 à Mae Sai, où 12 enfants et leur entraîneur de football sont bloqués depuis plusieurs jours / © AFP / YE AUNG THU

Or, une bonne partie des enfants, âgés de 11 à 16 ans, ne savent pas nager et aucun n’a fait de plongée.

« Je leur envoie ma force. J’espère qu’ils vont y arriver », avait réagi Nopparat Khanthavong, l’entraîneur de football principal de l’équipe, interrogé par l’AFP, avant la sortie des enfants. Les familles ne répondaient pas au téléphone dimanche.

Les conditions pour une évacuation sont jugées « parfaites » ces jours-ci par la cellule de crise, notamment en ce qui concerne le niveau d’eau dans la grotte.

– Retour de la pluie –

 

Option de sauvetage des enfants dans la grotte / © AFP / Fred Garet, Emmanuelle Baillon

Les secours s’interrogeaient depuis des jours sur l’opportunité de déclencher une évacuation périlleuse, des pluies de mousson attendues prochainement risquant de ruiner les efforts continus pour drainer l’eau de la grotte.

Les secours avaient réussi à insérer un tuyau de plusieurs kilomètres pour acheminer de l’oxygène dans la poche où le groupe s’est réfugié et le niveau d’oxygène s’est stabilisé dans la grotte.

Mais samedi soir et dimanche, des averses sont tombées, rappelant l’urgence à faire sortir les enfants.

Les sauveteurs ont fait évacuer dimanche matin aux journalistes les alentours de la grotte.

Thaïlande: une ambulance quitte la zone de la grotte / © AFP / AMEL SEMMACHE

« Tous ceux qui ne sont pas impliqués dans l’opération doivent sortir de la zone immédiatement », a annoncé la police par haut-parleur sur le site, où se trouvaient des centaines de journalistes suivant cette « saga » ayant pris une ampleur internationale.

L’annonce de la police a été suivie par un branle-bas de combat dans le campement monté par les journalistes, avec des caméras partout et des lits de camp pour être aux meilleures places pour filmer l’évacuation des enfants.

Le chef de la cellule de crise, avait prévenu vendredi soir que l’afflux de médias dans cette zone montagneuse de forêt tropicale posait problème. « Nous avons de plus en plus de médias qui arrivent et s’installent partout », avait-il critiqué. « Les équipes médicales se sont plaintes auprès de moi que cela devient un problème », avait-il dit.

Face à l’afflux de journalistes, pataugeant dans la boue depuis des jours, les autorités avaient posé des barrières métalliques pour les tenir à distance et permettre aux secouristes de travailler sans caméras autour.

Dimanche, nombre de médias se sont précipités devant l’hôpital de Chaing Rai, à une heure de route du site, où les victimes doivent être évacuées. Mais là aussi les autorités ont interdit l’abord immédiat de l’hôpital.

Romandie.com avec(©AFP / 08 juillet 2018 17h32)

Thaïlande: les enfants bloqués dans une grotte inondée écrivent à leurs parents

juillet 7, 2018

Des soldats thaïlandais poursuivent les opérations d’évacuation pour libérer 12 enfants et leur entraîneur de football bloqués dans la grotte de Tham Luang, le 7 juillet 2018 à Mae Sai / © AFP / YE AUNG THU

Des lettres des douze enfants bloqués depuis 14 jours dans une grotte inondée en Thaïlande ont été transmises samedi via les plongeurs, tandis que les secours évoquaient une fenêtre de trois à quatre jours pour les évacuer avant l’arrivée de nouvelles pluies.

« Ne vous inquiétez pas, Papa et Maman. Cela fait deux semaines que je suis parti, mais je vais revenir vous aider à la boutique », écrit Ekkarat, signant de son surnom, Bew. Ses parents tiennent une petite épicerie.

« Je vais bien, mais il fait un peu froid ici. ne vous inquiétez pas pour moi. N’oubliez pas de me préparer une fête d’anniversaire », dit un autre enfant, Duangphet, signant de son surnom, Dom.

« Si je sors, s’il vous plaît, emmenez-moi manger du moo krata », un plat thaïlandais à base de porc grillé et de légumes, dit un troisième, Piphat, signant de son surnom, Nick.

Les lettres écrites par les enfants à leurs familles, qui attendent avec angoisse à la sortie de la grotte, sont les premières preuves de vie publiques transmises depuis mardi.

Des volontaires participant aux opérations de secours des enfants bloqués dans une grotte inondée se reposent à Mae Sai, dans le nord de la Thaïlande, le 7 juillet 2018 / © AFP / YE AUNG THU

Le jeune entraîneur ddee football qui a emmené le groupe d’enfants dans cette expédition qui a mal tourné, a écrit une lettre d’excuses aux parents: « Merci pour tout le soutien moral. Je demande pardon à tous les parents », dit Ekkapol Chantawong, 25 ans.

Les opinions en Thaïlande sont partagées entre ceux qui lui reprochent d’avoir emmené les enfants sous sa responsabilité dans une grotte connue pour être inondable à la mousson, et d’autres qui lui sont gré d’avoir donné aux enfants sa ration de nourriture avant qu’ils ne soient localisés.

Après la publication de deux vidéos, la première filmée lors de la découverte du groupe par des plongeurs britanniques lundi soir, la deuxième mardi, aucune vidéo n’a été publiée depuis du groupe retrouvé perché sur un rebord, à plusieurs kilomètres dans les tréfonds de la grotte.

Ils ont été piégés le 23 juin par la montée des eaux dans cette grotte au fin fond du nord de la Thaïlande, à la frontière avec la Birmanie et le Laos.

Thaïlande : opérations de secours / © AFP / Laurence CHU

Les secours s’interrogeaient samedi sur l’opportunité de déclencher une évacuation périlleuse, des pluies de mousson attendues prochainement risquant de ruiner les efforts continus depuis plusieurs jours pour drainer l’eau de la grotte.

« Maintenant et pendant les trois ou quatre prochains jours, les conditions pour une évacuation sont parfaites en ce qui concerne l’eau, le temps et la santé des garçons », a déclaré aux journalistes Narongsak Osottanakorn, le chef de la cellule de crise. « Nous devons decider ce que nous pouvons faire ».

Les secours ont inséré un tuyau de plusieurs kilomètres pour acheminer de l’oxygène dans la poche où le groupe s’est réfugié.

Le niveau d’oxygène s’est stabilisé dans la grotte, mais le niveau de « dioxyde de carbone est un autre facteur » à prendre en compte, a-t-il précisé.

Photo d’une lettre écrite par un des garçons piégés dans la grotte en Thaïlande, fournie par l’armée thaïlandaise le 7 juillet 2018 / © ROYAL THAI NAVY SEAL/AFP / Handout

« Lorsque vous êtes dans un espace confiné, si l’oxygène descend à 12%, le corps commence à ralentir et les gens peuvent perdre connaissance », a dit Narongsak Osottanakorn.

Des pluies attendues prochainement pourraient réduire une bonne partie du rebord boueux sur lequel le groupe a trouvé refuge.

« L’eau pourrait monter jusqu’au lieu où les enfants sont assis et réduire cet endroit à moins de 10 m2 », a fait savoir Narongsak Osottanakorn, citant des estimations d’experts et de plongeurs.

Samedi soir, une grosse averse de mousson est tombée pendant une demi-heure, rappelant l’urgence à évacuer les enfants.

Photo non datée fournie le 17 juillet 2018 par la Marine Royale de la ThaÏlande montrent des soldats dans la grotte de Tham Luang / © ROYAL THAI NAVY/AFP / Handout

– Plus de 1.100 journalistes –

Tôt samedi, il avait dit que les enfants n’étaient pas encore prêts à entreprendre le dangereux parcours pour sortir de la grotte. Mais le niveau d’eau dans la grotte a été réduit grâce aux opérations de drainage.

Long de plusieurs kilomètres dans des boyaux accidentés, le parcours pour sortir de la grotte comprend de difficiles passages sous l’eau.

Signe du péril de l’entreprise, un ancien plongeur de la marine thaïlandaise a péri vendredi lors d’une opération de ravitaillement des enfants.

Un policier thaïlandais à Mae Sai, dans le nord de la Thaïlande, le 7 juillet 2018 / © AFP / Ye Aung THU

Or, une bonne partie des enfants, âgés de 11 à 16 ans, ne savent pas nager, et aucun n’a fait de plongée.

Pour le moment, il faut onze heures à un plongeur aguerri pour faire l’aller-retour jusqu’aux enfants: six heures aller, cinq heures retour grâce au courant.

A l’intérieur, les enfants sont « en bonne santé », a assuré M. Osottanakorn.

Pour préparer une évacuation par le haut, alternative à une extraction en plongée, plus de cent forages ont été réalisés à la verticale dans la montagne: certains peu profond, mais l’un d’entre eux long de 400 mètres.

Samedi dix sauveteurs chargés d’explorer la montagne pour trouver des voies susceptibles de conduire vers la grotte ont été légèrement blessés lorsque leur voiture est tombée d’une falaise.

L’opération de sauvetage fait toujours la Une de l’actualité, avec désormais plus de 1.100 journalistes enregistrés sur place, leurs caméras alignées dans la boue de cette forêt tropicale.

Romandie.com avec(©AFP / 07 juillet 2018 22h15)

En Thaïlande, les enfants piégés dans une grotte retrouvés « sains et saufs »

juillet 2, 2018

Photo des jeunes footballeurs retrouvés par les sauveteurs dans la grotte de Tham Luang en Thaïlande, le 2 juillet 2018 / © AFP / LILLIAN SUWANRUMPHA

Les 12 enfants et leur entraîneur de foot pris au piège depuis neuf jours dans une grotte inondée en Thaïlande ont été retrouvés « sains et saufs » lundi soir, suscitant la liesse des secouristes et des familles.

« Nous les avons retrouvés tous les 13 sains et saufs », a annoncé le gouverneur de la province de Chiang Rai, Narongsak Osottanakorn, au milieu des cris d’enthousiasme des secouristes et des journalistes.

Mais l’évacuation ne sera pas immédiate, a précisé celui qui dirige aussi la cellule de secours. Des secouristes resteront dans la grotte avec eux jusqu’à ce qu’ils soient assez en forme pour parcourir les près de quatre kilomètres les séparant de la sortie, en partie inondés.

« Nous allons leur apporter de la nourriture, mais nous ne sommes pas sûrs qu’ils puissent se nourrir vu qu’ils n’ont pas mangé depuis longtemps », a-t-il ajouté.

Un médecin doit se rendre sur place, en plongeant, pour évaluer leur condition physique. Les personnes étant restées longtemps dans l’obscurité et le confinement d’une grotte peuvent présenter des troubles oculaires et pulmonaires.

Des plongeurs de la marine royale thaïlandaise inspectent un tunnel de la grotte de Tham Luang, où sont bloqués 12 enfants et leur entraîneur de football, le 1er juillet 2018 près de Chiang Rai / © ROYAL THAI NAVY/AFP / ROYAL THAI NAVY

Une vidéo poignante filmée par des sauveteurs montre un groupe d’enfants maigres, vêtus de maillots de football trop grands et maculés de boue. Ils sont réfugiés sur un promontoire étroit entouré d’eau.

« Merci », s’exclame l’un d’eux. Un autre répond « 13 » quand un des plongeurs à l’accent britannique demande combien ils sont.

Tout en éclairant le groupe avec sa torche, le plongeur cherche à rassurer les enfants: « beaucoup, beaucoup de gens sont en route » pour les secourir, affirme-t-il. « Vous êtes très résistants ».

Les plongeurs ont trouvé les jeunes un peu au-delà de « Pattaya Beach », la zone soupçonnée de leur tenir lieu d’abri. « Pattaya Beach était inondée mais nous les avons retrouvés 300 à 400 mètres plus loin », a précisé le gouverneur.

Bonheur des familles qui campaient à l’extérieur de la grotte de Tham Luang en Thaïlande après avoir appris que les 12 enfants et leur entraîneur qui y étaient piégés depuis neuf jours ont été retrouvés sains et saufs, le 2 juillet 2018nndes enfants piégés dans une grotte inondée en Thaïlandedans la grotte  / © AFP / Lillian SUWANRUMPHA

Lundi soir, la nouvelle s’est répandue à vitesse grand V sur les réseaux sociaux et les parents des enfants, qui dorment pour certains dans un gîte non loin de la grotte depuis des jours, ont exprimé leur joie, unissant leurs mains.

« Je suis si heureux… Je veux le voir, en bonne santé mentale et physique », a réagi Thinnakorn Boonpiem, père d’un des disparus. « Je suis soulagée », confie une mère, rassurée depuis que les secouristes lui ont dit que son fils avait survécu « en buvant de l’eau de pluie » ruisselant dans la grotte.

Les jeunes footballeurs âgés de 11 à 16 ans et leur entraîneur s’étaient aventurés le soir du 23 juin, après leur entraînement sportif, dans la grotte de Tham Luang, dans cette zone de forêt tropicale dense, à la frontière avec la Birmanie et le Laos.

Mais ils avaient été bloqués par les fortes pluies de mousson et aucun contact n’avait depuis pu être noué avec eux.

Thaïlande : la grotte de Tham Luang / © AFP / Laurence CHU

– Soulagement national –

Leur drame a été relayé en direct à la télévision thaïlandaise et les internautes ne parlaient que de cela depuis des jours.

Lundi, une cérémonie avait été organisée à l’école des enfants. « Laissez-le revenir et jouer au football avec nous, il me manque », avait imploré parmi les 200 enfants réunis pour l’occasion Tilek Jana, dont l’ami Prajak est parmi les disparus.

« Je prie toutes les nuits pour que ces 13 vies soient sauvées », avait ajouté Jakkrit Muenghong, un des professeurs de Prajak.

Thailande: images des enfants retrouvés dans une grotte / © Royal Thai Navy/AFP / –

Un chanteur célèbre en Thaïlande, Kong Huayrai, a même écrit une chanson en leur hommage: « Nous ne savons pas qui vous êtes, à quoi vous ressemblez, mais où êtes-vous? Avez-vous froid et faim? », dit la balade, diffusée à la télévision. « Le vent peut-il vous atteindre pour vous dire qu’il y a des gens qui vous attendent? », poursuit la chanson.

Lundi, des membres de l’ethnie montagnarde des Lisu se sont réunis non loin de la grotte pour sacrifier des poulets et des cochons, une offrande aux esprits de la rivière et de la forêt, pour les implorer de permettre le retour sains et saufs.

Des dizaines de plongeurs, y compris internationaux, ont été mobilisés pendant plus d’une semaine.

Des équipes de spécialistes étrangers venus d’Australie, de Grande-Bretagne, du Japon, de Chine, ainsi qu’une trentaine de soldats américains, ont prêté main forte au millier de secouristes thaïlandais mobilisés.

Le chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha, qui s’était rendu sur place cette semaine, a lundi soir « remercié tous les sauveteurs pour leur mobilisation ».

Romandie.com avec(©AFP / 02 juillet 2018 23h34)

« Les familles doivent rester ensemble »: manifestations contre Trump aux États-Unis

juin 30, 2018

« Les immigrés et les réfugiés sont les bienvenus »: un jeune manifestant, le 30 juin 2018 à Washington / © AFP / Alex Edelman

Des centaines de manifestations, petites et grandes, se déroulaient samedi à travers les Etats-Unis contre la politique migratoire de Donald Trump et pour réclamer le regroupement immédiat des enfants et de leurs parents clandestins appréhendés à la frontière mexicaine.

L’un des plus grands rassemblements avait lieu dans le parc jouxtant la Maison Blanche à Washington, noir de monde, dans une atmosphère oscillant entre indignation et tristesse, par 33 degrés sous un soleil implacable.

« Nous ne croyons pas aux frontières, nous ne croyons pas aux murs », lance Sebastian Medina-Tayac, membre de la nation indienne de Piscataway, au début du rassemblement, en espagnol et en anglais.

L’enregistrement d’un enfant de migrants pleurant à la recherche de ses parents a été diffusé sur des haut-parleurs. Jocelyn, une mère brésilienne, séparée de son fils pendant neuf mois, a témoigné de son calvaire au micro: « On lui a dit qu’il finirait peut-être par être adopté », a-t-elle raconté à la foule, déclenchant un cri collectif spontané: « Honte! Honte! »

Manifestation à côté de la Maison Blanche, le 30 juin 2018 / © AFP / Alex Edelman

« C’est du racisme à peine voilé », dit Dorothy Carney, une professeure de français venue de Charlottesville, en Virginie. « Le mal l’emportera si les gens bien ne font rien. Au moins, on fait quelque chose », relève-t-elle.

D’autres prenaient moins de précautions. Pour Rick, originaire de Puerto Rico, « c’est fasciste ».

« Je suis en colère, triste, écœurée », dit Rita Montoya, avocate de Washington originaire du Mexique, venue comme beaucoup d’autres avec ses jeunes enfants. « Nous sommes des enfants d’immigrés, nous contribuons à ce pays depuis suffisamment longtemps, il faut que ce pays commence à nous montrer un peu de respect ».

Des manifestants sur le pont de Brooklyn à New York le 30 juin 2018 / © AFP / EDUARDO MUNOZ ALVAREZ

« Les familles doivent rester ensemble » est le slogan de cette journée, alors que les autorités fédérales américaines ont désormais pour ordre de ramener les enfants auprès de leurs parents, une tâche qui s’éternise.

Mêmes scènes à New York, où l’on voyait aussi des slogans tels que « Abolissez l’ICE », la police de l’immigration, une cause auparavant marginale mais qui est en train de gagner en popularité au sein de la gauche américaine.

Sur une pancarte, Courtney Malloy, avocate new-yorkaise de 34 ans, a écrit que « le seul bébé qui mérite d’être en cage est Donald Trump ». « C’est vraiment très important pour nous de montrer au monde, et en particulier aux immigrés, que nous sommes de leur côté. Ceci n’est pas l’Amérique », dit-elle.

Des pancartes contre la police de l’immigration, « ICE », le 30 juin 2018 à Washington / © AFP / Alex Edelman

« C’est tellement cruel de séparer les enfants », renchérit Julia Lam, 58 ans, immigrée de Hong Kong dans les années 1980. « Je ne sais pas s’il se rend compte de ce qu’il a fait aux enfants ».

– Abolir l’ICE –

Le président américain a annulé le 20 juin sa politique de séparation des familles mais vendredi, environ 2.000 enfants sur plus de 2.300 attendaient toujours de retrouver leurs parents. Les mineurs sont pris en charge dans des foyers répartis dans tout le pays, parfois à des milliers de kilomètres du centre de détention où sont retenus leurs parents.

Manifestation contre la politique migratoire de Donald Trump à New York le 30 juin 2018 / © AFP / EDUARDO MUNOZ ALVAREZ

Un juge fédéral de San Diego (Californie) a donné 30 jours aux autorités fédérales pour ces regroupements, et deux semaines quand les enfants ont moins de cinq ans.

C’est la lenteur de ce processus et l’annonce du gouvernement Trump que les familles entières seraient dorénavant placées en détention, sans exception pour la présence d’enfants, qui provoquent la colère de la gauche et le malaise d’une partie des républicains.

Plusieurs élus démocrates de haut rang souscrivent depuis quelques jours à la revendication de la suppression de l’ICE, dont le maire de New York Bill de Blasio et la sénatrice de New York Kirsten Gillibrand, candidate potentielle à l’élection présidentielle de 2020.

Créée en 2003, moins de deux ans après les attentats du 11 septembre 2001, l’ICE incarne la politique de « tolérance zéro » de l’administration Trump, ses agents ayant pour tâche principale d’interpeller les personnes en situation irrégulière, en vue de leur expulsion.

« A tous les hommes et femmes courageux de l’ICE: ne vous inquiétez pas, gardez le moral. Vous faites du travail fantastique pour nous protéger en éradiquant les pires éléments criminels », a-t-il tweeté samedi matin.

« Les démocrates de la gauche radicale ne veulent plus de vous. Bientôt ce sera toute la police. Aucune chance que ça arrive! », a-t-il ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juin 2018 18h47)

Enfants piégés dans une grotte en Thaïlande: les plongeurs réussissent à approcher

juin 30, 2018

Photo fournie le 30 juin 2018 par la marine royale thaïlandaise de plongeurs inspectant une galerie remplie d’eau dans la grotte de Tham Luang où sont piégés 12 enfants et leur entraîneur de foot / © ROYAL THAI NAVY SEAL/AFP / Handout

A la faveur d’une baisse des eaux, les sauveteurs mobilisés depuis sept jours pour sauver 12 enfants et leur entraîneur de foot piégés dans une grotte inondée en Thaïlande ont enfin réussi samedi à s’approcher de la zone où ils sont supposés s’être réfugiés.

Les plongeurs « sont à deux-trois kilomètres » de l’endroit où sont supposés être les enfants, « nous étions arrivés jusque là une fois mardi, mais le courant était trop fort », s’est réjoui le gouverneur de Chiang Rai, Narongsak Osottanakorn.

« La situation est meilleure aujourd’hui qu’hier et les jours précédents. L’eau a considérablement baissé », grâce aux pompes installées et à l’arrêt de la pluie, a-t-il ajouté.

Mais, si les secouristes se refusent pour l’heure à évoquer une issue autre qu’heureuse, aucun contact n’a encore pu être établi avec les jeunes footballeurs entrés samedi soir dans la grotte de Tham Luang, située près de la frontière avec la Birmanie et le Laos, après leur entraînement.

Des boîtes contenant de la nourriture mais aussi des téléphones portables ont été lancés la veille depuis un puits à la verticale de la grotte, non loin de l’endroit où les sauveteurs espèrent que les enfants se trouvent.

Des équipes de secours lors d’un exercice d’évacuation sur une route boueuse menant à la grotte de Tham Luang où sont piégés douze enfants et leur entraîneur de foot, le 30 juin 2018 à Chiang Rai, en Thaïlande / © AFP / Sippachai KUNNUWONG

Ils ont aussi répété samedi un exercice d’évacuation afin d’être prêt une fois le contact établi, tandis que des moines bouddhistes priaient en faveur d’un dénouement heureux.

« Il s’agit de mettre en place un protocole sur ce qu’on doit faire avant de les emmener à l’hôpital », a expliqué le gouverneur de Chiang Rai. Après une semaine dans l’obscurité de la grotte, les victimes souffriront de troubles oculaires et pulmonaires et leur évacuation doit être menée avec précaution.

« C’est un test, ne paniquez pas. Si nous sortons les garçons de là, nous saurons comment les envoyer à l’hôpital en hélicoptère », a-t-il ajouté, précisant que plusieurs hôpitaux de la région participaient à l’exercice profitant d’un temps plus clément après des pluies diluviennes.

Mais cette grotte est une des plus grandes de Thaïlande, avec un réseau de plus de dix kilomètres, en faisant un lieu apprécié par les spéléologues aguerris.

Photo fournie le 30 juin 2018 par la marine royale thaïlandaise de plongeurs inspectant une galerie remplie d’eau dans la grotte de Tham Luang où sont piégés 12 enfants et leur entraîneur de foot / © Royal Thai Navy/AFP / Handout

Plusieurs centaines de secouristes restaient mobilisés samedi, dont des soldats américains et des plongeurs britanniques. Ceux-ci luttaient depuis des jours avec une eau boueuse, sans visibilité, limitant fortement leur progression par l’entrée principale, inondée.

– Espoirs autour du puits –

D’où, en parallèle de l’envoi des plongeurs via l’entrée principale, les espoirs autour du puits à la verticale de la grotte: des rangers débroussaillaient samedi les alentours, pour permettre aux hélicoptères d’atterrir et d’évacuer les enfants par là.

Avec des trombes d’eau tombées toute cette semaine sur la province de Chiang Rai, l’eau n’a cessé de monter dans la cavité, où les enfants âgés de 11 à 16 ans et leur entraîneur de 25 ans sont pris au piège depuis samedi.

Enfants piégés en Thaïlande: les sauveteurs se rapprochent / © AFP / Jonathan Klein, Farid Addala

Si les enfants arrivent à boire de l’eau dans la grotte inondée, ils peuvent tenir plusieurs semaines sans nourriture, souligne Anmar Mirza, expert américain des opérations de sauvetages souterrains.

Des garçons athlétiques et en bonne santé peuvent « facilement tenir un mois », dit-il.

Mais « le principal problème est d’ordre psychologique, parce qu’ils ne savent pas quand les secours vont les retrouver », ajoute-t-il.

En 2014 en Allemagne, un homme a pu être secouru dans une grotte après 11 jours d’attente. En 2012, au Pérou, des mineurs avaient pu être sauvés après sept jours sous terre. En 2010, au Chili, des mineurs avaient tenu 17 jours.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juin 2018 17h03)

Enfants piégées dans une grotte en Thaïlande: la pluie freine les sauveteurs

juin 27, 2018

Des soldats thaïlandais participent à une opération de secours pour retrouver des enfants pris au piège dans une grotte inondée, le 26 juin 2018 à Chiang Rai / © AFP / Lillian SUWANRUMPHA

Les secouristes peinaient mercredi à évacuer l’eau d’une grotte inondée du nord de la Thaïlande où douze enfants et leur entraîneur de football sont pris au piège depuis quatre jours.

Des moines bouddhistes ont été dépêchés sur les lieux pour prier en faveur d’un dénouement heureux alors que les familles s’accrochaient toujours à l’espoir qu’ils seraient secourus rapidement.

Les 12 garçons âgés de 11 à 16 ans et leur coach de 25 ans étaient entrés dans la grotte de Tham Luang, située près de la frontière avec la Birmanie et le Laos, après leur entraînement de football samedi. Mais les pluies de mousson ont bloqué l’entrée principale de la grotte, réseau souterrain complexe et long de plusieurs kilomètres.

Des centaines de secouristes travaillaient d’arrache-pied pour installer des pompes afin de tenter de faire baisser le niveau de l’eau inondant la cave. Mais la bataille était rude car la pluie continuait de tomber dans la région.

« Les opérations sont bien plus difficiles aujourd’hui », a déclaré le gouverneur de la province de Chiang Rai, Narongsak Ossttanakorn, lors d’un point presse devant la grotte. « On s’efforce d’évacuer l’eau mais le niveau monte encore ».

Les 200 secouristes dépêchés dans les galeries de la cavité pour tenter de retrouver les disparus n’avaient pas non plus la tâche facile.

Thaïlande / © AFP / Gal ROMA

« L’eau à l’intérieur de la grotte est très boueuse et il y a peu d’oxygène », a expliqué le gouverneur. « Chaque seconde compte pour ces enfants », a-t-il poursuivi, précisant que trois plongeurs étrangers spécialisés étaient attendus sur place dans la soirée.

« La montée du niveau de l’eau est un obstacle majeur pour l’opération de sauvetage, et il y a eu de fortes pluies cette nuit », a renchéri pour l’AFP Khanchit Chomphudaeng, un des responsables des efforts de sauvetage.

Selon la marine thaïlandaise, très impliquée dans cette vaste opération, le niveau de l’eau a augmenté de 15 centimètres dans la nuit. Et une troisième zone du réseau souterrain est désormais inondée.

– Espérer du « fond du coeur » –

Dans le même temps, des moines bouddhistes, en robe safran traditionnelle, sont arrivés sur les lieux pour chanter des prières devant la grotte, avec les familles des jeunes footballeurs, qui campent pour certaines depuis plusieurs jours sur place.

Un moine bouddhiste prie devant l’entrée de la grotte de Tham Luang où sont pris au piège 12 enfants et leur entraîneur, le 26 juin 2018 à Chiang Rai, en Thaïlande / © AFP / Lillian SUWANRUMPHA

« J’espère qu’aujourd’hui, avec l’aide de toutes les équipes, il sera sauvé », confie Pean Kamlue, mère d’un adolescent de 16 ans coincé. « J’en suis certaine au fond de mon coeur. »

En parallèle des efforts pour retrouver les enfants par l’entrée principale, les chercheurs tentaient de débusquer des entrées alternatives au réseau souterrain, par le sommet de la cavité, en explorant la montagne.

Les premières journées de recherche n’ont pas permis de découvrir la moindre trace du groupe à l’intérieur de la cavité. Les autorités pensent qu’ils pourraient avoir trouvé refuge un peu plus loin dans la grotte où ils se seraient rendus pour d’échapper à la montée des eaux.

A l’entrée de la grotte, un panneau prévient les visiteurs de ne pas y entrer durant la saison des pluies, entre juillet et novembre.

C’est une mère de famille qui a donné l’alerte, ne voyant pas revenir son fils samedi soir. Les affaires des enfants- vélos et chaussures – ont été retrouvées quelques heures plus tard juste à l’entrée de la grotte, située dans un grand parc.

Thaïlande: la pluie freine les opérations de secours / © AFP / Sippachai Kunnuwong, Lillian Suwanrampha, Farid Addala

L’équipe de football, baptisée « les sangliers », et leur entraîneur connaissent bien l’endroit, ont fait valoir les autorités.

Le Premier ministre adjoint Prawit Wongsuwan s’est déclaré optimiste.

« J’ai les plus grands espoirs qu’on va retrouver ces 13 personnes, trop de jours se sont écoulés », a-t-il dit à la presse.

En 2007, six touristes étrangers et leurs deux guides thaïlandais ont été tués après avoir été emportés par des inondations éclair dans une grotte du parc national de Khao Sok, dans le sud de la Thaïlande.

Romandie.com avec(©AFP / 27 juin 2018 14h54)