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Depuis le Covid, le temps d’écran des enfants a augmenté de 50 %

novembre 11, 2022

Selon une étude, le temps passé devant les écrans par les enfants a bondi entre janvier 2020 et mars 2022. Cela représente 1 h 24 supplémentaire.

Les jeunes ont du mal a lacher leurs ecrans depuis la pandemie (photo d'illustration).
Les jeunes ont du mal à lâcher leurs écrans depuis la pandémie (photo d’illustration).© Alexandre MARCHI / MAXPPP / PHOTOPQR/L’EST REPUBLICAIN/MAXPP

C’est un effet néfaste des confinements de 2020. Le temps moyen passé devant les écrans par les 3-18 ans est passé de 162 minutes par jour (2 h 42) à 246 minutes (4 h 6) par jour pendant la pandémie, selon une étude internationale portant sur 30 000 enfants de différentes nationalités. Les auteurs expliquent que « pour faire face à ces perturbations sans précédent des conditions de vie normales, de nombreux enfants et familles ont probablement utilisé des appareils numériques pour occuper leur temps durant la pandémie ».

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs de l’université de Calgary, de l’Alberta Children’s Hospital Research Institute et de l’University College Dublin se sont appuyés sur 46 études portant sur la période de janvier 2020 à mars 2022. Ils soulignent que les adolescents de 12 à 18 ans sont ceux qui ont montré la plus grande augmentation de temps d’écran avec en moyenne 110 minutes supplémentaires par jour.

Promouvoir l’activité physique

L’étude pointe surtout une augmentation du temps passé devant son ordinateur ou son smartphone et l’explique par leur usage dans le cadre scolaire et la nécessité d’avoir des interactions avec ses proches, malgré les privations de sortie. Elle rappelle toutefois que maintenant que les confinements sont derrière nous, il serait bon de « modérer l’utilisation quotidienne de ces outils » et de « promouvoir l’activité physique sans appareil » chez les enfants et les adolescents.

Par Le Point

Canada-Québec/Infanticide commis à Laval : le père doit comparaître aujourd’hui

octobre 18, 2022
Une scène de crime est délimitée.

Mardi matin, les policiers de Laval étaient toujours sur les lieux du drame. Photo: Radio-Canada

L’homme arrêté en lien avec l’assassinat lundi de deux enfants dans le quartier de Sainte-Dorothée, à Laval, serait le père, selon les informations de Radio-Canada. Il a été hospitalisé, mais il se trouve dans un état stable mardi matin, a annoncé la police locale.

Le drame s’est produit un peu avant 18 h dans une résidence de la rue Lauzon. Les morts du garçon de 11 ans et de la fille de 13 ans ont été constatées à l’hôpital.

L’homme de 46 ans a été arrêté sur place. Le suspect devrait comparaître au courant de la journée au palais de justice de Laval, a déclaré aux médias Erika Landry, porte-parole du service de police de Laval.

La police a refusé de dévoiler l’identité ou le lien de parenté du suspect, mais selon nos sources, il s’agit du père des enfants.

Mardi matin, les policiers étaient toujours sur place. Un tronçon de la rue Lauzon est encore fermé à la circulation.

Un voisinage ébranlé

Selon des voisins, la famille venait de s’installer dans le quartier. Une famille discrète, disent-ils.

Des voisins, encore ébranlés mardi matin, ont raconté avoir vu des membres de la famille sortir dans la rue, crier et pleurer. J’ai vu la police sortir une arme et administrer des premiers secours (à un homme), mais le gars ne bougeait pas, a raconté un voisin.

Ça se fait derrière les portes fermées, alors on ne peut pas imaginer. La seule chose que je me suis dite, c’est « pauvre lui ». Il aurait dû utiliser les ressources disponibles en santé mentale, a affirmé une autre voisine.

Par Radio-Canada avec des informations de Marie Isabelle Rochon

Au Soudan du Sud, plus d’un million d’enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition

octobre 13, 2022

Distribution d’aide alimentaire au Soudan du Sud en 2020. TONY KARUMBA / AFP

Environ 1,4 million d’enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition au Soudan du Sud, pays qui fait face à sa «pire crise de la faim», notamment à cause d’inondations successives et de conflits armés, a estimé vendredi 14 octobre l’ONG Save The Children. Plus jeune pays de la planète, en proie à des violences à caractère politico ethnique et à une instabilité chronique depuis son indépendance du Soudan en 2011, le Soudan du Sud subit des inondations pour la quatrième année consécutive, et celles-ci touchent désormais neuf de ses dix Etats.

Selon les Nations unies, 8,9 millions de personnes, soit 71% de la population, ont besoin d’aide humanitaire. «Cela inclut 1,4 million d’enfants de moins de 5 ans qui souffrent de malnutrition», écrit Save the Children dans un communiqué. «La situation s’est aggravée ces derniers mois avec plus de 615.000 personnes touchées par une quatrième année d’inondations sans précédent, détruisant habitations, récoltes, et causant une augmentation des cas de malaria et de morsures de serpents, particulièrement chez les femmes et les enfants», selon l’ONG.

Une monnaie qui a perdu 40% de sa valeur

La monnaie de ce pays enclavé d’Afrique de l’Est a perdu cette année 40% de sa valeur, entraînant une augmentation des prix des produits importés, également poussés par la guerre en Ukraine, souligne la même source.

«Le Soudan du Sud fait partie des cinq pays les plus vulnérables au monde au changement climatique», a déclaré Jib Rabiltossaporn, directeur de Save the Children au Soudan du Sud. En amont de la COP 27, qui s’ouvre en novembre en Égypte, Save the Children, a exhorté la communauté internationale à «accroître leurs engagements financiers pour aider les communautés vulnérables et les enfants à faire face (…) aux désastres climatiques». Selon la Banque mondiale, 80% des 11 millions d’habitants du Soudan du Sud vivaient en état d’«extrême pauvreté» en 2018.

Par Le Figaro avec AFP

Gambie : après la mort de 69 enfants, Adama Barrow critiqué pour son manque d’empathie

octobre 13, 2022

Des sirops frelatés sont soupçonnés d’avoir provoqué la mort de 69 enfants. Face à l’émoi, l’administration gambienne est accusée d’avoir manqué à son devoir de contrôle. Le Sénégal, lui, appelle les professionnels de santé à la vigilance.

Wuri Bailo Keita tient un téléphone portable montrant une photo de lui et de sa défunte fille, Fatoumata, qui serait décédée d’une insuffisance rénale aiguë, à Banjul le 10 octobre 2022. © MILAN BERCKMANS/AFP

Lorsque les alertes ont afflué de toutes parts, fin juillet, les autorités gambiennes ont d’abord blâmé la bactérie E. coli après les fortes pluies. Le paludisme a également été soupçonné. Mais progressivement, ce sont les sirops contre la toux et le rhume qui se sont imposés comme les principaux suspects dans la mort des 69 enfants ayant succombé à une insuffisance rénale aiguë ces trois derniers mois.

Quatre sirops, fabriqués par le laboratoire indien Maiden Pharmaceuticals, dont l’usine a été mise à l’arrêt mercredi 12 octobre, sont mis en cause. Les enquêtes ouvertes par les autorités et par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) devront dire si ces jeunes enfants, pour la plupart âgés de moins de deux ans, ont prématurément perdu la vie après avoir reçu des doses de ces médicaments. L’OMS a d’ores et déjà affirmé qu’ils contenaient des quantités « inacceptables » de diéthylène glycol et d’éthylène glycol, communément employés comme antigel et dont l’ingestion peut s’avérer mortelle.

Vigilance au Sénégal

L’alerte de l’OMS demandant leur retrait de la circulation a permis d’établir qu’ils n’avaient jusqu’à présent été repérés qu’en Gambie. Mais l’organisation a fait part de son inquiétude : en raison des voies informelles fréquemment empruntées par les médicaments, il n’est pas impossible qu’ils aient été distribués ailleurs.

Pressé de réagir, le ministre indien de la Santé, Mansukh Mandaviya, a assuré que seule la Gambie en avait reçu. Mais au Sénégal, le ministère de la Santé et de l’Action sociale a « appelé les populations à redoubler de vigilance » et demandé aux professionnels de santé de « notifier tout cas de suspicion ou de découverte de ces produits sur le territoire sénégalais ».

Face à l’émotion et la colère, le scandale sanitaire a pris une tournure politique. Comment ces produits frelatés ont-ils pu échapper à toute supervision, et pourquoi la Gambie serait l’un des seuls pays à les avoir importés ? Les autorités, qui ont ordonné le rappel des sirops le 23 septembre, ont-elles tardé à réagir ?

Le président Adama Barrow, qui ne s’est exprimé que samedi, n’a semble-t-il pas réussi à apaiser la colère. Au contraire : son allocution a été  largement critiquée pour sa brièveté et son manque d’empathie. S’il a bien ordonné des mesures pour stopper l’importation de médicaments frelatés et demandé la création d’un laboratoire de contrôle, il aussi réaffirmé sa confiance en son ministre de la Santé et les services sanitaires de l’État.

Le ministre de la Santé exclut de démissionner

« Le président Barrow devrait renvoyer son ministre de la Santé. Au lieu de ça, il fait ses louanges. Nous voulons que Justice soit faite pour ces enfants », s’indigne le père de Fatoumata, l’une des jeunes victimes. Après avoir été diagnostiquée malade du paludisme, l’hôpital l’avait renvoyée chez elle en lui prescrivant un sirop au paracétamol. Fatoumata, deux an demi, s’était éteinte une semaine plus tard.

Le principal parti d’opposition, le Parti démocratique unifié (UDP), a renchéri, reprochant au chef de l’État sa froideur. « Un pays traumatisé [se retrouve à] se demander quels autres médicaments disponibles sur le marché sont contrefaits ou dangereux », a-t-il dénoncé dans un communiqué.

Comme l’UDP, d’autres formations et organisations ont exigé que les responsables de ces décès rendent des comptes. « Nous sommes consternés » par la réaction gouvernementale, a déploré Nancy Jallow, de l’ONG Global Bridges. « Nulle part ailleurs une telle affaire ne se produirait sans qu’un officiel ne perde sa place », a-t-elle poursuivi. Fort du soutien présidentiel, le ministre de la Santé, Ahmadou Lamin Samateh, excluait en début de semaine de démissionner.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Canada: Des enfants d’aînés morts de la COVID-19 en résidence poursuivent Québec au civil

septembre 22, 2022
La photo d'un homme est affichée sur une porte.

Le fils d’André Dumont estime que le gouvernement n’a pas suffisamment protégé son père lors de la première vague de la pandémie. Photo : Famille Dumont

Dans le cadre d’une poursuite civile, deux familles réclament au gouvernement du Québec neuf millions de dollars en dommages pour la maltraitance présumée de leurs parents hébergés en résidence pour aînés lors de la première vague de COVID-19.

Patrick Dumont, Emmanoel Makris et sa sœur, Vickie Vassiliki Makris, réclament chacun des dommages punitifs de trois millions de dollars en raison d’un laxisme des règles sanitaires pratiquées lors de la première vague de la pandémie au printemps 2020 et d’un manque flagrant de consignes entourant la sécurité des résidents et du personnel.

Selon le document déposé à la Cour supérieure du Québec le 9 septembre dernier, cette poursuite vise la Maison Wilfrid-Grignon, le Groupe Santé Arbec, le CHSLD Pavillon Philippe-Lapointe, le CISSS des Laurentides et le Procureur général du Québec (pour le gouvernement du Québec et pour le ministère de la Santé).

Selon l’avocat au dossier, Me George Samet, on réclame ces montants en dommages punitifs d’abord et avant tout pour que ça ne recommence plus.

Le système n’a pas bien fonctionné. Il faut qu’il y ait des conséquences. On a laissé des personnes mourir dans des conditions épouvantables. On n’a pas pris de précautions, même si on savait que [le virus] était contagieux et grave, dit Me Samet.

Pour moi, ce qui est important, c’est d’obtenir justice. Tout le monde le sait, nos aînés ont été sacrifiés, dit Patrick Dumont, qui espère qu’un jugement en leur faveur poussera le gouvernement à améliorer les soins aux aînés.

M. Makris croit qu’une poursuite est la seule façon de faire en sorte que le gouvernement fasse tout en son pouvoir pour qu’une telle tragédie ne se reproduise pas.

« Je me sens comme une victime du gouvernement du Québec pour ce qu’il a fait non seulement à ma famille mais aussi à beaucoup d’autres familles à travers la province. »— Une citation de  Emmanoel Makris

Cette poursuite s’ajoute ainsi au recours collectif de 500 millions de dollars autorisé par la Cour supérieure en octobre 2019 contre le gouvernement provincial pour le traitement honteux des résidents des centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD). Lancé par le Conseil pour la protection des malades (CPM), ce recours vise le gouvernement du Québec ainsi que 22 CISSS et CIUSSS qui administrent des CHSLD.

Appelé à réagir à l’annonce de cette nouvelle poursuite, Paul G. Brunet, président-directeur général du CPM, estime qu’il n’y aura jamais assez de poursuites pour faire comprendre à l’État que ce qu’il n’offre pas aux personnes hébergées en termes de quantité et de qualité de soins et de services, il le paiera en compensations.

M. Brunet reconnaît que ce recours collectif risque de prendre plusieurs années avant d’aboutir. La grande majorité des personnes victimes de cette maltraitance seront décédées, déplore-t-il.

C’est d’ailleurs pourquoi MM. Makris et Dumont ont choisi l’avenue d’une poursuite au civil dans l’espoir qu’un jugement soit rendu plus rapidement.

Rappelons également qu’une entente de 5,5 millions de dollars a été conclue le 31 mars 2022 entre les résidents du CHSLD Herron, les membres de leurs familles et les propriétaires de cette résidence privée pour personnes âgées en perte d’autonomie.

Allégations de négligence

Une femme est assise dans un fauteuil roulant.

Despina Pafou est décédée le 17 mai 2020 des suites de la COVID-19, une infection qu’elle a contractée à la résidence Wilfrid-Gagnon. Photo : Emmanoel Markis

Le document présenté à la cour cite de nombreux reportages dans les médias qui décrivent la situation chaotique qui régnait dans de nombreux CHSLD ainsi que les témoignages de MM. Makris et Dumont.

Despina Pafou, la mère d’Emmanoel Makris, qui habitait la résidence intermédiaire Wilfrid-Gagnon, à Sainte-Adèle, a été infectée au début de mai 2020. Pourtant, dit M. Makris, la direction de cette résidence continuait de dire aux familles que tout était maîtrisé. J’ai su que la situation était affreuse quand j’ai lu des articles de journaux.

Son fils allègue que sa mère a été laissée à l’abandon lorsqu’elle a été placée en isolement dans une chambre. Les travailleurs n’avaient pas l’équipement ni le soutien nécessaires pour affronter la pandémie, déplore-t-il. Les gens avaient trop peur pour venir la voir.

M. Makris raconte qu’après plusieurs jours, sa mère, paniquée, a réussi à appeler la police. Elle leur a dit :  »J’ai froid, j’ai faim, j’ai soif, je suis enfermée dans une pièce et je ne peux pas sortir. » Selon M. Makris, les policiers auraient trouvé une résidence en plein chaos et Mme Pafou gisant par terre dans sa chambre.

Despina Pafou a été conduite à l’hôpital, où elle est décédée le 17 mai 2020. M. Makris a seulement pu constater son déclin et dire ses adieux par iPad. Elle est morte de la pire des manières que je puisse imaginer : isolée, seule, terrifiée, dit-il.

« Tout cela a ruiné ma vie et j’essaie encore de comprendre ce qui s’est passé. C’est une douleur que je ne peux pas décrire et une douleur qui est vécue par des milliers de familles. »— Une citation de  Emmanoel Makris

Mouvements de personnel infecté

Un homme est assis dans un fauteuil roulant en compagnie d'une femme qui porte un équipement de protection individuelle.

André Dumont était un usager et un résident du Pavillon Philippe-Lapointe, un CHSLD situé à Sainte-Agathe-des-Monts, depuis 2016. Photo : Famille Dumont

Le père de Patrick Dumont, André Dumont, a été infecté en avril 2020. C’est un travailleur d’une agence privée venu prêter main-forte qui a transmis le virus à plusieurs résidents.

M. Dumont raconte avoir lui aussi appris l’existence de l’éclosion en écoutant les nouvelles. Il dit que sa famille a subi énormément d’anxiété, ne sachant pas ce qui se passait. Tout était secret, c’était l’omerta. […] J’ai appelé, mais je n’ai jamais eu de retour d’appel. J’ai compris que le message était qu’il ne fallait pas en parler.

Tous les résidents du Pavillon Philippe-Lapointe ont fini par être infectés.

Le père de M. Dumont a survécu à sa première infection mais a été infecté à deux reprises avant sa mort, survenue en octobre 2021, des complications de la COVID-19.

« On leur fait confiance pour prendre soin de nos aînés. Ils n’étaient pas préparés à ça, ils manquaient d’équipement, de personnel, de formation. »— Une citation de  Patrick Dumont

Selon Me Samet, ces familles craignent par ailleurs que le rapport de la coroner Géhane Kamel sur les décès survenus en CHSLD soit relégué aux oubliettes. Dans son rapport d’enquête publique, la coroner a affirmé qu’il y a eu rupture du contrat moral et sociétal en laissant mourir des dizaines de patients en CHSLD dans des conditions épouvantables.

Le CISSS n’a pas souhaité commenter cette poursuite et Santé Arbec n’a pas répondu à nos courriels.

Demande d’excuses

Selon M. Dumont, le gouvernement, le CISSS et le système de santé ont échappé la gestion de la pandémie. Il dénonce aussi l’indifférence des autorités. Il y a eu zéro empathie, zéro compassion.

C’est d’ailleurs pourquoi M. Dumont souhaite que le premier ministre sortant François Legault présente des excuses formelles à toutes les familles d’aînés en résidence. S’il avait des couilles, ça se produirait, dit-il sans réserve.

M. Dumont s’explique mal pourquoi, pendant la campagne électorale actuelle, les partis n’osent pas parler de la situation catastrophique qui a régné dans les CHSLD à l’époque.

Je suis très étonné. On a la mémoire courte au Québec. Ils parlent du troisième lien, du tramway, de l’inflation. Ces choses sont importantes, mais on ne peut pas faire semblant que ça n’a pas existé.

Avec Radio-Canada par Mélanie Meloche-Holubowski

France: Le témoignage accablant d’un des enfants maltraités de Noyelles-sous-Lens

septembre 6, 2022

La police a découvert dans cette commune du Pas-de-Calais des enfants en bas âge dans des conditions d’hygiène déplorables. Un des aînés a témoigné sur TF1.

A Noyelles-sous-Lens, la police est intervenue pour arreter le couple accuse de maltraitance sur ses enfants.
À Noyelles-sous-Lens, la police est intervenue pour arrêter le couple accusé de maltraitance sur ses enfants.© COURBE / MAXPPP / PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP

Un couple de Noyelles-sous-Lens sera jugé en janvier, soupçonné de violences et carences éducatives après la découverte, le 30 août dernier, par la police de deux de leurs dix enfants attachés à des chaises hautes, dans une situation d’hygiène « déplorable ». La situation familiale a été dénoncée par l’un des aînés de la fratrie, Bryan. « Porter plainte contre ses parents, c’est très difficile », a-t-il confié à TF1.

Lorsque les policiers sont intervenus, ils ont « constaté que deux enfants de 2 et 5 ans » se trouvaient « attachés à des chaises hautes pour qu’ils ne bougent pas » et dans un « état d’hygiène déplorable », a déclaré le procureur de la République de Béthune, Thierry Dran. « Toutefois, on ne peut pas dire qu’ils étaient couverts d’excréments, comme l’ont rapporté certains médias », a-t-il précisé.

Un système rodé

Bryan, un des aînés de la fratrie, a expliqué au micro de l’un des journalistes de la chaîne de télévision le mécanisme financier établi par ses parents. « On leur servait de salaire. À chaque enfant parti, un nouveau-né arrivait », a-t-il indiqué, précisant que son père n’a travaillé que six mois dans sa vie grâce à l’argent des aides sociales et que sa mère ne travaillait pas. « C’était leur seul revenu, s’il n’y avait pas d’enfant à la suite, ils perdaient de l’argent », a-t-il ajouté.

Les parents, un homme de 44 ans et une femme de 40 ans, sont soupçonnés de « soustraction par ascendant aux obligations légales » et de « violences sur mineur de 15 ans par ascendant », sans ITT (incapacité totale de travail). « Ce qui est reproché, c’est surtout le manque d’hygiène total et des carences éducatives graves », soit « le fait de ne pas s’être occupé de façon normale de ses enfants », a précisé le procureur. Les enfants ne présentent toutefois « pas de traces de sévices graves qui auraient provoqué des cicatrices », a-t-il ajouté.

La famille compte au total dix enfants âgés de 4 mois à 24 ans, dont sept mineurs. Placés en garde à vue le 31 août, les parents ont été présentés devant un juge et placés sous contrôle judiciaire, avec interdiction d’entrer en contact avec leurs enfants. Ils seront jugés le 24 janvier. « Ce n’est qu’un bout de chemin, je ne veux pas que mes petits frères et sœurs retournent dans cette maison avec eux », a affirmé Bryan. « Ils qualifient ça de délit, mais, pour moi, c’est un crime », a-t-il lâché, estimant que ses parents doivent être jugés « à la hauteur de ce qu’ils ont fait ».

Par Le Point

Vatican: Le pape dit avoir reçu comme une « gifle » les témoignages d’Autochtones canadiens

août 3, 2022
Un Autochtone portant une tenue traditionnelle munie de plumes s'adresse au pape qui est assis devant l'auditoire.

De nombreux enfants autochtones ont été victimes de violences dans les pensionnats gérés par l’Église. Photo : Radio-Canada/Olivia Laperrière-Roy

Le pape François a confié mercredi avoir reçu comme une « gifle » les témoignages d’Autochtones victimes de violences dans des pensionnats gérés par l’Église, lors de son voyage au Canada la semaine dernière.

Le souverain pontife est revenu samedi d’un voyage de six jours où il a rencontré des représentants des Premières Nations, des Métis et des Inuit, auxquels il a demandé pardon pour ce qu’il a appelé le mal commis dans ces pensionnats, mis en place par les gouvernements de l’époque, mais administrés en majorité par l’Église catholique.

Je vous assure que lors de ces réunions, en particulier la dernière, j’ai reçu comme une gifle la douleur de ces gens, a déclaré le pape François lors de l’audience générale hebdomadaire au Vatican.

Entendre des personnes âgées qui ont perdu des enfants, qui ne savent pas où ils sont a été un moment douloureux, a-t-il souligné.

Dans son discours, le pape n’a pas fait référence à la doctrine de la découverte, en vertu de laquelle les peuples qui n’étaient pas chrétiens – comme les Autochtones– pouvaient, selon l’Église, lui être assujettis.

Cette doctrine a permis de justifier, juridiquement et moralement, la dépossession coloniale des Premières Nations, Inuit et Métis, selon l’Assemblée des Premières Nations (APN).

Dans son discours, mercredi, le pape François a néanmoins évoqué la mentalité de colonisation […] encore présente aujourd’hui, qui se manifeste sous différentes formes.

Elle menace les traditions, l’histoire et les liens religieux des gens en gommant les différences, en se concentrant seulement sur le présent et en négligeant les plus faibles et les plus fragiles, a-t-il déclaré.

Le pape a conclu son voyage canadien vendredi à Iqaluit, capitale du vaste territoire du Nunavut dans l’archipel arctique, où il a de nouveau demandé pardon pour les violences dans les 139 pensionnats où environ 150 000 enfants autochtones ont été envoyés de la fin du 19e siècle aux années 1990.

De nombreux enfants y ont été victimes de violences et au moins 6000 y sont morts de maladie, de malnutrition ou de négligence dans ce que le souverain pontife a qualifié de « génocide » après son voyage.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse

Ukraine: Au milieu des ruines à Borodianka, le chant des enfants pour guérir

juillet 18, 2022
Au milieu des ruines a Borodianka, le chant des enfants pour guerir
Au milieu des ruines à Borodianka, le chant des enfants pour guérir© AFP/Ionut IORDACHESCU

La professeure de piano Oksana Chevtchenko montre un tas de métal tordu et de ciment. C’est tout ce qui reste de l’école où elle a travaillé pendant 30 ans, pulvérisée pendant l’occupation russe de Borodianka, banlieue nord-ouest de Kiev.

« La terre et rien d’autre. Un terrain vague brûlé à la place d’un lieu de culture, où les enfants étudiaient… C’est l’extermination de la culture et des Ukrainiens par les envahisseurs russes », lance Mme Chevtchenko, 53 ans.

A une heure de route de Kiev, Borodianka, une ville qui comptait 14.000 habitants avant l’invasion russe lancée le 24 février, porte les profondes cicatrices de la tentative de Moscou de prendre la capitale ukrainienne.

Avec la plupart de ses immeubles réduits à des tas de ruines ou endommagés, la rue principale est un témoignage poignant de la dévastation.

Selon des responsables de la mairie, 12 immeubles résidentiels ont été rasés et 24 endommagés. Plus de 400 maisons ont été touchées.

Leurs bâtiments ayant été détruits, la police, le bureau du procureur, la poste et la mairie se partagent désormais une école qui a échappé aux bombardements.

« Sentiment d’oppression »

Mme Chevtchenko y donne également des cours de musique, pour les enfants qui sont revenus après la libération de Borodianka le 1er avril.

Accompagnés au piano, des enfants entonnent en choeur l’hymne de l’Ukraine.

« Nous nous retrouvons et nous créons. C’était douloureux quand ça nous a été enlevé », raconte-t-elle dans une petite salle de classe bourrée d’instruments de musique.

« Cela ajoute également au stress lorsque vous perdez votre profession préférée et que les enfants perdent leurs activités préférées. Cela crée un sentiment d’oppression. »

L’école de musique, qui avait 160 élèves avant la guerre selon Mme Chevtchenko, a bénéficié de plusieurs dons d’ONG et de particuliers ukrainiens et étrangers. Un groupe de rock leur a récemment offert un clavier, une batterie et une guitare.

« Il y a des enfants qui veulent rentrer. Ils reviennent, des professeurs aussi. Alors par nous-mêmes, et avec l’aide d’associations caritatives et de gens bienveillants, nous avons commencé à renouveler nos fournitures », explique Mme Chevtchenko.

Dans une salle de classe exiguë, Diana Kovtoun, 15 ans, chante une chanson populaire ukrainienne. Elle avait quitté Borodianka au premier jour de la guerre mais est revenue.

« Avant, je me demandais si je devais aller travailler ou étudier à l’étranger. Maintenant, je suis sûre que je veux faire mes études ici en Ukraine. Je veux vivre ici », dit-elle.

« La musique guérit »

La professeure de guitare Tetiana Kryvocheïenko est également de retour pour donner des cours. Sa lèvre tremble et elle retient à peine ses larmes lorsqu’elle raconte sa fuite de Borodianka.

« Nous avons dû aller à pied pour ne pas rencontrer de Russes. Nous avons marché 10 kilomètres de nuit à travers champs jusqu’au village voisin, Zagaltsi », raconte-t-elle à l’AFP.

« Les enfants pleuraient. Ils avaient mal aux mains parce qu’on les traînait. Mon enfant me demandait de ne plus le prendre par la main », se souvient-elle.

Elle est allée jusqu’à l’ouest de l’Ukraine avant de revenir à Borodianka début mai.

« La musique guérit parce qu’elle vous aide à vous déconnecter de vos problèmes. Et les enfants me demandaient de continuer mes cours, même ceux qui sont à l’étranger », explique Mme Kryvocheïenko.

Plus de 150 personnes sont mortes à Borodianka lors de l’offensive russe, dont huit enfants.

Selon le maire par intérim Gueorgui Ierko, dont le bureau improvisé se trouve également dans l’école, il reste actuellement environ 9.000 personnes dans la ville. Près de la moitié n’ont plus de domicile.

« Si un toit fuit, vous devez le réparer pour pouvoir vivre dans le bâtiment. C’est la même chose pour une ville. Borodianka n’est pas une ville fantôme. La guerre prendra fin. La vie continuera », dit-il.

« J’espère que tout ira pour le mieux. Les gens sont revenus et ils doivent vivre dans des conditions normales. Nous travaillons dur pour assurer cela », conclut-il.

Par Le Point avec AFP

Canada: Des enfants de sept pays en immersion à Trois-Rivières

juillet 16, 2022
Quatre jeunes s'entrelacent

Les jeunes se sont ouverts à d’autres cultures et sont sensibilisés à divers enjeux de société. Photo: Radio-Canada/Josée Ducharme

Des jeunes venus des quatre coins du monde sont réunis à Trois-Rivières dans le cadre du traditionnel camp international initié par le Children International Summer Villages (CISV) Montréal-Saint-Grégoire.

Âgés de 12 et 13 ans, ces adolescents arrivent de sept pays, soit le Danemark, les États-Unis, l’Italie, le Mexique, le Pérou, la Pologne et le Canada. Ce camp d’échange leur permet de s’ouvrir à d’autres cultures tout en réfléchissant aux enjeux de société, ainsi qu’au rôle que chacun peut jouer pour apporter un changement positif.

Pendant deux semaines, 28 jeunes se sont imprégnés des valeurs de paix, d’amitié et de respect mutuel promues dans le camp. L’un des organisateurs, Clovis Brochu, souhaite les voir continuer d’ouvrir leur horizon et partager leur culture.

« On essaye de leur faire découvrir les différentes cultures, les différentes langues, c’est une partie vraiment importante de l’esprit du CISV. »— Une citation de  Clovis Brochu, organisateur

Le camp enfant du monde vise à aider les jeunes participants à développer tout leur potentiel en tant que futurs leaders et citoyens actifs. Monsieur Brochu estime que l’activité leur permet de faire une différence dans leurs communautés respectives et dans le monde.

C’est vraiment important pour chaque délégation de faire apprendre à leurs amis un peu de leurs vocabulaires. Donc, par exemple, on se souhaite tous bonne nuit dans notre langue.

Pour les jeunes, c’est une chance de se lier d’amitié avec d’autres enfants, tout en prenant conscience de leur différence.

J’aime apprendre des autres cultures du monde qui ne sont pas comme la mienne. C’est très intéressant, lance une participante. Juste connaître d’autres cultures, je crois que c’est ma partie préférée, dit l’accompagnatrice Alicia pour qui partager les traditions dans le camp est unique.

Il s’agit pour elle d’une première expérience avec les enfants. C’est dur, mais ça vaut la peine, dit-elle. On apprend beaucoup des problèmes des autres pays comme le Pérou par exemple. On apprend aussi beaucoup du Québec, on voit que c’est différent du reste du Canada.

La barrière de la langue

Réunir des jeunes de pays différents comporte son lot de défis. Clovis Brochu explique que la langue constituait au départ une importante barrière entre les participants.

« Le défi dans le camp, c’est de faire interagir autant les Mexicains que les Péruviens avec les Polonais et avec les Danois. »— Une citation de  Clovis Brochu

Pour permettre une meilleure communication entre les campeurs, les organisateurs ont dû s’entendre sur l’utilisation de l’anglais comme langue commune. Il s’agit de faire tomber les barrières langagières et faire interagir l’ensemble des participant, précise M. Brochu.

Les camps de CISV constituent également un haut lieu d’apprentissage de nouvelles langues. À la base, les camps du CISV c’est de puiser dans la langue de l’autre. On s’amuse et on découvre la culture de l’autre, poursuit l’organisateur.

Des citoyens de demain

Le camp international CISV Montréal Saint-Grégoire sensibilise les enfants à divers enjeux tels que le racisme et les inégalités, entre autres.

Ils ont beaucoup appris du privilège. Et ils peuvent déterminer comment intervenir dans une une situation donnée pour apporter un changement dans leur communauté ou dans leur pays.

À quelques heures des séparations, tous appréhendent déjà le départ.

Les jeunes vont pleurer, beaucoup, ils vont être très tristes. On a déjà eu des pleurs dans les derniers jours parce qu’ils sentent que c’est la fin.

Des jeunes du Québec laissent aussi le territoire pour participer aux camps internationaux. Cet été, 37 jeunes et six adultes accompagnateurs québécois se trouvent en Norvège, en Espagne, au Portugal, en Finlande, au Mexique, au Brésil et ailleurs au Canada.

Par Radio-Canada avec les informations de Kelly-Anne Trudel

Les enfants participant aux tâches domestiques seraient meilleurs à l’école

juin 24, 2022

Les enfants qui prennent part aux tâches domestiques développeraient leur mémoire et leur autonomie, selon une étude australienne repérée par « Le Figaro ».

De jeunes eleves dans une salle de classe (illustration).
De jeunes élèves dans une salle de classe (illustration).© ARIE BOTBOL / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Vous faites participer vos enfants aux tâches domestiques de votre foyer ? C’est une bonne chose, selon une étude australienne, repérée par Le Figaro. Les chercheurs de l’université La Trobe, à Melbourne, affirment en effet que les élèves réalisant des tâches ménagères chez eux réussissent mieux à l’école que ceux n’étant pas autant impliqués.

Les scientifiques ont étudié près de 200 enfants âgés de 5 à 13 ans et en sont arrivés à la conclusion que les tâches domestiques, comme faire la vaisselle, permettent l’épanouissement précoce des « fonctions exécutives » des enfants, ce qui améliore leurs performances scolaires. « Les enfants qui cuisinent ou jardinent de manière régulière seraient davantage en mesure d’exceller dans d’autres domaines, notamment le domaine scolaire », explique Deanna Tapper, qui a participé à l’étude.

Mémoire et capacité à trier l’information

Selon cette étude, les « fonctions exécutives » regroupent l’ensemble des qualités nécessaires pour réaliser une action. Soit la mémoire, la capacité à enregistrer, le fait de trier et de manipuler des informations, ou encore d’être capable de sélectionner les données pertinentes et de ne pas se précipiter. Les auteurs du document rappellent que ces capacités se développent dès le plus jeune âge et ont une influence sur le futur de l’enfant. « Des troubles dans le développement des fonctions exécutives peuvent conduire plus tard à des problèmes d’autonomie, d’organisation et de raisonnement. Ce qui peut avoir des conséquences sur les performances en lecture et en mathématiques, et aussi sur le niveau scolaire général », précise également l’étude.

Avec Le Point