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L’Australie va dédommager les Aborigènes de la « génération volée »

août 5, 2021

Jusque dans les années 1970, des milliers d’enfants des peuples autochtones d’Australie ont été arrachés à leurs familles et placés dans des foyers de personnes blanches.

Le premier ministre australien, Scott Morrison, à Sydney, le 27 avril.
Le premier ministre australien, Scott Morrison, à Sydney, le 27 avril. RICK RYCROFT / AP

L’Australie veut réparer « un chapitre honteux de [son] histoire nationale ». Le premier ministre du pays, Scott Morrison, a annoncé, jeudi 5 août, le versement de 75 000 dollars australiens, soit près de 47 000 euros, à de nombreux Australiens aborigènes qui ont été retirés de force de leur famille lorsqu’ils étaient enfants.

Des milliers de jeunes Aborigènes et insulaires du détroit de Torres ont été arrachés à leur foyer et placés dans des familles d’accueil blanches, dans le cadre de politiques officielles d’assimilation, qui ont perduré jusque dans les années 1970. S’adressant au Parlement à propos de la « génération volée » des Australiens autochtones, Scott Morrison a rappelé que si les autorités avaient « déjà confronté cela en présentant des excuses nationales », « nos actes doivent continuer à correspondre à nos paroles ». Les récits des souffrances causées ne sont « pas simplement des histoires du passé mais des histoires qui continuent à se répercuter à travers les générations », a-t-il ajouté.

Les défenseurs des droits des autochtones australiens, lesquels restent fortement désavantagés en termes de santé, de revenus et d’éducation, ont salué cette annonce, tout en soulignant qu’elle était attendue depuis longtemps.

Une première au niveau fédéral

Le premier ministre a affirmé que 378,6 millions de dollars australiens (236 millions d’euros) seraient alloués, pour réparer les dommages humains causés par la politique d’assimilation. Les paiements seront destinés aux personnes vivant dans les territoires qui étaient gérés par le Commonwealth à l’époque des déplacements forcés : le Territoire du Nord, le Territoire de la capitale australienne, où se trouve Canberra, et le Territoire de la baie de Jervis.

Le programme offre aux survivants un paiement unique de 75 000 dollars australiens, en reconnaissance du préjudice causé, un paiement d’« aide à la guérison » de 7 000 dollars australiens, et la possibilité de raconter leur histoire à un haut fonctionnaire du gouvernement et de recevoir des excuses en personne ou par écrit.

D’autres Etats australiens ont mis en place des systèmes de réparation, mais le gouvernement fédéral n’avait pas suivi jusqu’à présent. Les paiements fédéraux font partie d’un plan d’un milliard de dollars australiens, visant à réduire les fortes inégalités auxquelles sont confrontés les Australiens autochtones.

Par Le Monde avec AFP

Israël : certains enfants de 5 à 11 ans pourront être vaccinés

juillet 28, 2021

La vaccination s’ouvre aux enfants de 5 à 11 ans, présentant « des risques importants de maladies graves ou de décès » après une infection au Covid-19.

Les enfants ages de 5 a 11 ans risquant des complications graves liees au Covid-19 pourront etre vaccines a partir du 1er aout en Israel.
Les enfants âgés de 5 à 11 ans risquant des complications graves liées au Covid-19 pourront être vaccinés à partir du 1er août en Israël.© Vincent Isore / MAXPPP / IP3 PRESS/MAXPPP

Les enfants âgés de 5 à 11 ans risquant des complications graves liées au Covid-19 pourront être vaccinés à partir du 1er août en Israël, ont indiqué des responsables de la santé de l’État hébreu, ce mercredi 28 juillet. Dans un document publié mardi, le ministère israélien de la Santé a donné son feu vert aux caisses d’assurance-maladie pour la vaccination des enfants de 5 à 11 ans qui présentent « des risques importants de maladies graves ou de décès à la suite d’une infection au nouveau coronavirus ».

« Il s’agit d’une autorisation spéciale et chaque vaccination sera étudiée au cas par cas », a indiqué mercredi un porte-parole du ministère à l’Agence France-Presse. « Cette autorisation prend effet au 1er août », a-t-il ajouté. « La vaccination de (tous les) enfants âgés de 5 à 11 ans n’est pas recommandée à ce stade », a ajouté le ministère soulignant qu’elle était réservée aux enfants les plus vulnérables.

Selon la directive du ministère, les enfants atteints de maladies pulmonaires chroniques graves, d’immunodépression sévère, de troubles du développement neurologique, de drépanocytose, d’insuffisance cardiaque, d’hypertension pulmonaire et d’obésité importante pourront se voir administrer une dose de 0,1 ml du vaccin Pfizer, soit trois fois moins que la dose standard.

La vaccination avait été étendue aux 12-16 ans début juin

Environ 55 % de la population israélienne a été entièrement vaccinée grâce à une vaste campagne lancée fin décembre après un accord avec le géant pharmaceutique Pfizer. Celui-ci a livré au pays des millions de doses en échange de données sur les effets de la vaccination dans ce pays de 9,3 millions d’habitants dont les banques de données médicales numérisées permettent des études rapides à grande échelle.

Début juin, les autorités ont étendu la vaccination aux jeunes de 12 à 16 ans. Confronté à une hausse des contaminations ces dernières semaines, l’État hébreu a annoncé un retour partiel au pass sanitaire dès jeudi. Seules les personnes complètement vaccinées, guéries du Covid-19 ou munies d’un test PCR négatif de moins de 72 heures seront autorisées à entrer dans un lieu accueillant plus de 100 personnes, intérieur ou extérieur.

Par Le Point avec AFP

COVID: deux millions d’enfants ont perdu un parent depuis le début de la pandémie

juillet 24, 2021

 

MONTRÉAL — Quelque deux millions d’enfants à travers le monde ont perdu au moins un parent ou un grand-parent qui en avait soin depuis le début de la pandémie de COVID-19, constate une nouvelle étude publiée par le prestigieux journal médical The Lancet.

© Fournis par La Presse Canadienne

Les chercheurs britanniques et américains calculent qu’un enfant sur cent au Pérou, quatre enfants sur mille en Afrique du Sud et un enfant sur mille aux États-Unis ont perdu un parent depuis le début de la crise sanitaire.

Ils précisent qu’environ 1,5 million d’enfants ont perdu un parent à travers le monde, et que deux millions ont perdu un parent, un grand-parent ou un autre proche qui vivait avec eux et veillait sur eux.

Les auteurs tirent leurs conclusions de données provenant de 21 pays qui, ensemble, représentent près de 80 % de tous les décès mondiaux attribuables à la COVID. Ils préviennent toutefois que leur bilan sous-estime probablement grandement l’ampleur réelle de la situation.

Si on ajoute deux millions de décès au bilan de la COVID en 2021, ajoutent-ils, 600 000 enfants de plus deviendront orphelins et un million d’enfants supplémentaires perdront un parent, un grand-parent ou un proche.

Risques énormes

Avant même la pandémie, rappellent les auteurs, le monde comptait déjà 140 millions d’orphelins qui avaient besoin de soins sociaux et sanitaires.

Les enfants qui ont perdu un parent, voire les deux parents, sont confrontés à une multitude de risques, souligne l’étude. La perte du père les rendra ainsi plus vulnérables à la violence sexuelle, possiblement en raison de l’insécurité économique dans laquelle le ménage aura été plongé.

La participation active d’un grand-parent aux soins d’un enfant est associée à une hausse de la fréquentation et de la réussite scolaire, et à une augmentation de la présence des parents sur le marché du travail. La disparition de ce grand-parent pourra contraindre le parent à laisser son emploi pour s’occuper de l’enfant, ou inversement l’enfant à abandonner ses études.

Les enfants dont un grand-parent avait déjà soin après le décès d’un ou des parent(s) pourront devoir affronter un nouveau deuil.

Les données colligées lors d’épidémies précédentes, peut-on lire dans The Lancet, montrent qu’une réponse inefficace au décès d’un parent ou d’un soignant, même si un autre parent ou soignant survit, peut avoir des répercussions psychosociales, neurocognitives, socioéconomiques et biomédicales délétères pour les enfants. 

Les enfants et les adolescents endeuillés d’un parent ou d’un soignant présentent un risque plus élevé du trouble du stress post-traumatique, de dépression et de tentatives de suicide.

Ils sont plus à risque de violence domestique, sexuelle, émotionnelle ou physique; de voir leur famille se désintégrer; et d’être ensuite confiés à une institution.

Situation complexifiée

L’isolement qui découle de la pandémie, la fermeture des écoles et l’impossibilité de participer aux rites qui entourent normalement un décès pourront venir compliquer le tout, disent les auteurs.

«La pandémie est venue complexifier énormément de choses», a confirmé Josée Masson, une travailleuse sociale de l’organisme Deuil-Jeunesse qui intervient auprès de jeunes endeuillés depuis 25 ans.

Depuis le début de la pandémie, du moins au Québec, on a beaucoup porté d’attention aux décès des aînés et aux deuils vécus par leurs enfants adultes, a-t-elle rappelé, oubliant un peu ce que vivait la génération suivante.

Un jeune qui vit la mort de son père, de sa mère, voire des deux, a besoin de soutien, il a besoin d’être entouré par ses amis et sa famille, ce qui a été rendu presque impossible par les règles sanitaires, a souligné Mme Masson.

«Souvent les enfants vont avoir hâte d’aller à l’école pour pouvoir parler de papa, pour aller se changer les idées, a-t-elle dit. Mais la pandémie a fait qu’ils n’étaient peut-être pas à l’école, peut-être qu’ils n’ont pas pu avoir accès à leur ami qui est dans une autre classe alors que tout est confiné, alors c’est sûr que toute la partie sociale qui aide beaucoup dans la reconstruction a été énormément hypothéquée.»

De plus, parce que les visites à l’hôpital ou à la résidence étaient interdites, les enfants n’ont fréquemment pas été en mesure de constater par eux-mêmes la détérioration de l’état de santé de grand-papa ou de grand-maman, et donc de commencer à apprivoiser ce qui s’en venait, a dit Mme Masson. 

«Ça fait souvent des enfants qui sont dans le flou, dans l’incapacité de reconstituer leur histoire, de comprendre et de saisir que grand-maman est morte», a-t-elle expliqué.

Même le décès d’un arrière-grand-parent, dont certains sont très présents dans la vie des enfants en dépit de leur âge plus avancé, pourra avoir des répercussions importantes, puisque certains jeunes commenceront ensuite à se demander si un parent ou un grand-parent pourrait subir le même sort.

D’autres enfants ont refusé de profiter des occasions qu’ils pouvaient avoir de dire un dernier adieu à un proche, par crainte de les contaminer avec le coronavirus.

«Il s’est créé une certaine anxiété très claire chez les jeunes, qui savaient pouvoir ne pas avoir de symptômes et porter la maladie, et cette crainte-là a fait que des enfants n’ont pas été présents dans les derniers jours de gens importants pour eux, a dit Mme Masson. Ils ne voulaient pas être responsables de ça.»

Pourtant, ajoute-t-elle, «vivre la maladie grave d’un proche, peu importe comment elle est, c’est extrêmement important pour les jeunes pour qu’ils comprennent ce qui se passe, pour apprivoiser la mort».

La première chose à faire pour aider les jeunes endeuillés, a dit Mme Masson, est de ne pas les fuir du regard, de ne pas les prendre en pitié et d’être présents pour eux.

Au lieu de demander à un jeune comment il va, on lui demandera ce dont il a besoin ou comment il se sent aujourd’hui. Les adultes souhaitent plus que tout trouver les bons mots et les belles phrases pour extirper la douleur du corps de l’enfant, ce qui n’est pas possible.

On doit simplement accepter que le jeune a le droit de souffrir et de l’exprimer, dit-elle.

«Plus on est avec le jeune, plus on arrête de se mettre de la pression sur les épaules, plus c’est gagnant et plus les jeunes sont reconnaissants, c’est certain», a conclu Mme Masson.

Avec Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

Enfants refoulés au Canada : « aberration » dénoncée et « humanité » réclamée

juillet 13, 2021

« C’est une aberration », clame la députée du Bloc québécois Christine Normandin.

Pour revenir au Canada après un séjour à l'étranger, les enfants des résidents temporaires doivent obtenir une autorisation écrite de la part d'Immigration Canada.

© /iStock Pour revenir au Canada après un séjour à l’étranger, les enfants des résidents temporaires doivent obtenir une autorisation écrite de la part d’Immigration Canada.

L’élue fédérale reste incrédule. Elle ne comprend pas les raisons d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), qui empêche des enfants de résidents temporaires de revenir au pays, après un séjour à l’étranger.

Considérés comme des visiteurs» s’ils ne sont pas nés au Canada, ces jeunes – contrairement à leurs parents – doivent obtenir une autorisation écrite de la part du gouvernement pour remettre les pieds au Canada. Or, cette mesure est méconnue et de nombreuses familles d’immigrants ont débuté un séjour, principalement pour voir des proches, sans avoir demandé un tel document.

Cette autorisation a néanmoins été refusée, à plusieurs reprises, tel que l’a raconté Radio-Canada. Selon IRCC, l’arrivée de ces enfants, même s’ils sont scolarisés et vivent au Canada depuis plusieurs années, est de nature facultative ou discrétionnaire».

Lorsqu’il s’agit de revenir à l’école et de revoir ses parents, c’est tout sauf un voyage discrétionnaire. Permettre aux enfants de revenir ici, c’est juste le gros bon sens. Leur vie est ici, il n’y a aucune raison qu’ils ne reviennent pas ici», déplore Christine Normandin.

C’est absurde et c’est absolument sans queue ni tête», dénonce de son côté le député du Nouveau Parti démocratique (NPD) Alexandre Boulerice, qui ne mâche pas ses mots contre le ministère de l’Immigration.

Quand on répond à des parents que la venue de leur enfant est non essentielle et facultative, c’est de la bureaucratie idiote», lâche-t-il.

Marco Mendicino est le ministre de l'Immigration du gouvernement de Justin Trudeau.

© /Radio-Canada Marco Mendicino est le ministre de l’Immigration du gouvernement de Justin Trudeau.

Pour protéger» les Canadiens, répond le ministre

Interrogé par Radio-Canada en marge d’une conférence de presse pour faire la promotion, au Nouveau-Brunswick, de l’immigration francophone, le ministre de l’Immigration, Marco Mendicino, a justifié ces décisions en mettant de l’avant la situation sanitaire.

J’ai beaucoup de sympathie pour les familles dont les voyages ont été interrompus par la pandémie, mais en même temps, nous avons introduit des mesures à la frontière pour protéger la sécurité et la santé de tous les Canadiens», soutient-il.

Pourquoi séparer des familles ou interdire le retour des enfants? Le ministre Mendicino n’a pas directement répondu à ces questions.

Alors que le Bloc québécois veut carrément abolir» cette exigence d’une autorisation écrite pour les enfants, le NPD demande au ministre Mendicino de faire son travail».

Il peut donner une directive claire et il pourrait régler le dossier en 5 minutes. Mais, malheureusement, on a un ministre de l’Immigration qui est absolument inefficace et qui ne sert à rien», juge Alexandre Boulerice.

Laurence Lacroix est arrivée en France, avec sa fille, pour voir son père, malade. Elle n'a pas eu l'autorisation de revenir au Canada la semaine dernière.

© /Courtoisie / Laurence Lacroix Laurence Lacroix est arrivée en France, avec sa fille, pour voir son père, malade. Elle n’a pas eu l’autorisation de revenir au Canada la semaine dernière.

Une solution» doit être trouvée, lance un représentant français

Cette situation inquiète également le conseiller consulaire français, basé à Montréal, Yan Chantrel.

Malgré la pandémie, il faudrait faire preuve d’humanité. Les autorités devraient mettre fin à ce type de situation», assure l’élu français.

Ce dernier a eu vent d’une grande anxiété» de la part de nombreux parents français, résidents temporaires, qui, selon les règles actuelles canadiennes, n’ont pas le droit de faire venir leur famille proche au Canada.

Ils ne peuvent pas recevoir leur famille, mais maintenant, ils ne peuvent même pas aller la voir, car ils ont peur de ne pas pouvoir revenir. Il faut trouver une solution», lance Yan Chantrel.

Une solution, rapide, c’est justement ce que réclame Laurence Lacroix, coincée avec sa fille de 14 ans en Franche-Comté. Fin juin, cette restauratrice du Saguenay–Lac-Saint-Jean, présente au Québec depuis 4 ans, est rentrée en France voir son père, malade.

Début juillet, l’embarquement pour revenir à Montréal lui est refusé. Sa fille n’avait pas l’autorisation écrite d’IRCC. Je n’étais pas au courant», se défend-elle. Sa demande a été envoyée, mais la procédure prend, selon Ottawa, 14 jours ouvrables.

Ces derniers jours, Laurence Lacroix a créé un groupe Facebook pour partager son expérience et prévenir les parents et résidents temporaires. Plus de 200 familles y font part, désormais, de leurs craintes et angoisses.

Je ne m’y attendais pas du tout, raconte Laurence Lacroix. Il faut rappeler que nous, on ne part pas faire du tourisme. On va voir un parent malade, un père, un grand-parent. On ne parle pas de vacances au soleil.»

Par Romain Schué avec la collaboration de Nancy Caouette et Alix Villeneuve

Au Bangladesh, 52 morts dans l’usine en feu, le propriétaire arrêté

juillet 10, 2021

Le propriétaire d’une usine d’alimentation au Bangladesh, dont l’incendie aura duré plus de 24 heures et tué 52 personnes, a été arrêté pour homicide, et pourrait également être poursuivi pour emploi illégal d’enfants.

Un homme montre la photo de sa fille disparue dans l'incendie d'une usine où elle travaillait, près de la morgue de Dacca le 10 juillet 2021

© Munir Uz zaman Un homme montre la photo de sa fille disparue dans l’incendie d’une usine où elle travaillait, près de la morgue de Dacca le 10 juillet 2021

Une usine alimentaire en feu à Rupganj, ville industrielle proche de Dacca, le 9 juillet 2021© Munir Uz zaman Une usine alimentaire en feu à Rupganj, ville industrielle proche de Dacca, le 9 juillet 2021

La police a annoncé avoir arrêté samedi Abul Hashem et quatre de ses fils, ainsi que trois autres responsables de cette usine de Rupganj, ville industrielle proche de Dacca, qui fabriquait notamment des bonbons, des nouilles et des jus de fruit.

Les pompiers ont mis plus de 24 heures à venir à bout du feu qui s’était déclaré jeudi dans ce bâtiment où étaient stockés notamment du plastique et des produits chimiques inflammables.

Lorsque les secours sont arrivés au troisième étage, ils ont trouvé 48 cadavres. Les travailleurs n’avaient pu s’enfuir car la porte d’accès à l’escalier principal, qui aurait pu leur permettre de se réfugier sur le toit, était fermée à clé, ont indiqué les pompiers.

Selon le chef de la police locale, Jayedul Alam, non seulement cette porte était verrouillée, mais de nombreux règlements de sécurité n’étaient pas respectés dans l’usine.

« C’est un meurtre délibéré », a-t-il déclaré à l’AFP.

Avant son arrestation, le propriétaire a suggéré que l’incendie pourrait être « le résultat d’une négligence de la part des ouvriers », estimant qu’une cigarette mal éteinte pouvait être à l’origine du feu.

Une femme passe, le 10 juillet 2021, devant la carcasse de l'usine dont l'incendie a fait 52 morts, à Rupganj, dans la banlieue de Dacca

© Munir Uz zaman Une femme passe, le 10 juillet 2021, devant la carcasse de l’usine dont l’incendie a fait 52 morts, à Rupganj, dans la banlieue de Dacca

– Enfants payés 20 cents/h –

La ministre du Travail Monnujan Sufian a par ailleurs indiqué qu’une enquête avait été lancée sur l’emploi d’enfants dans cette usine.

Elle a dit à l’AFP avoir parlé à l’hôpital à deux survivants de l’incendie âgés de 14 ans, et une femme a expliqué à l’AFP que son enfant de 11 ans, qui travaillait dans l’usine, était porté disparu.

Laizu Begum, après des heures d’attente devant l’usine en flammes, a expliqué à l’AFP être sans nouvelle de son neveu, âgé de 11 ans, qui travaillait au troisième étage.

« Nous avons entendu dire que la porte du troisième étage était verrouillée. Quand nous avons vu comme l’incendie était énorme, nous avons réalisé qu’il était probablement mort », a-t-elle raconté, en pleurs.

Devant la carcasse calcinée de l’usine, l’AFP a parlé à une trentaine de survivants et de parents des victimes, qui ont confirmé que des enfants travaillaient dans cette usine, pour 20 takas (20 centimes d’euro) de l’heure.

Une femme montre la photo de sa fille qui travaillait dans une usine qui a pris feu, le 10 juillet 2021 près de la morgue de Dacca

© Munir Uz zaman Une femme montre la photo de sa fille qui travaillait dans une usine qui a pris feu, le 10 juillet 2021 près de la morgue de Dacca

Bilal Hossain, père de Mitu Akter, une adolescente de 14 ans qui n’a toujours pas été retrouvée, allait de la police aux médecins devant la morgue, à la recherche des restes de sa fille.

« J’ai envoyé ma petite fille à la mort! Comment vais-je annoncer ça à sa mère? », s’est-il lamenté.

La ministre, parlant des enfants survivants qu’elle a vus à l’hôpital, a indiqué que le plus jeune lui avait dit avoir 14 ans.

La loi au Bangladesh permet aux mineurs de travailler à partir de 14 ans, mais dans des emplois non dangereux, ce qui n’était pas le cas de cette usine, a expliqué Mme Sufian.

« S’il est prouvé qu’il employait des enfants, nous poursuivrons non seulement le propriétaire, mais aussi les inspecteurs du travail », a-t-elle ajouté.

Les incendies et les effondrements de bâtiments sont relativement fréquents au Bangladesh, un pays pauvre d’Asie du Sud, en particulier dans son importante industrie textile, en raison d’un manque de respect des normes de sécurité. Et les réformes promises dans ce domaine par le gouvernement tardent à se concrétiser.

Une femme montre la photo de son neveu de 11 ans disparu dans l'incendie de l'usine où il travaillait, le 10 juillet 2021 à la morgue de l'hôpital de Dacca

© Munir Uz zaman Une femme montre la photo de son neveu de 11 ans disparu dans l’incendie de l’usine où il travaillait, le 10 juillet 2021 à la morgue de l’hôpital de Dacca

En 2013, l’effondrement du Rana Plaza, un complexe de neuf étages qui abritait des usines de confection à Dacca, avait fait plus de 1.100 morts.

Ce nouveau drame illustre selon les syndicats combien la législation sur le travail est peu respectée. 

Pour l’Organisation Internationale du Travail, l’incendie « illustre la nécessité urgente » que les autorités et l’industrie du bâtiment du Bangladesh s’assurent que les usines respectent les normes de sécurité.

Le gouvernement doit « régler avec plus de vigueur les manquements à la sécurité sur les lieux de travail à travers le pays », a demandé l’agence onusienne.

Avec AFP par sa/tw/leg/ia/cac/sg

L’Église catholique reconnaît avoir récemment abusé de 368 enfants en Pologne

juin 28, 2021

VARSOVIE, Pologne — Dans son plus récent rapport sur les agressions sexuelles commises sur des enfants, l’Église catholique de Pologne reconnaît que 292 membres du clergé auraient abusé de 368 garçons et filles entre 2018 et 2020.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le document dévoilé lundi tombe au moment où le Vatican enquête sur des allégations d’agressions et d’inaction des dirigeants de l’Église en Pologne, un État à prédominance catholique où le clergé jouit d’un statut spécial.

Le Vatican a récemment puni certains évêques et archevêques polonais pour leur négligence. Ils ont été bannis des églises et leur ont interdit de présider des cérémonies.

Le Saint-Siège enquête également sur des allégations de négligence par l’archevêque de Cracovie aujourd’hui à la retraite, le cardinal Stanislaw Dziwisz, qui a notamment servi à titre de secrétaire personnel du défunt pape Jean-Paul II.

Dans une conférence virtuelle, le chef de l’Église catholique de Pologne, l’archevêque Wojciech Polak, a réitéré ses excuses offertes aux victimes et leur a demandé pardon.

Monseigneur Adam Zak, chargé d’enquêter sur les abus du clergé contre des enfants et de prévenir ces agressions, a insisté sur le besoin d’agir pour plus de sensibilisation et de prévention en raison du nombre élevé de cas rapportés.

Le précédent rapport de l’Église, portant sur les années 1990 à 2018, avait identifié 382 agresseurs soupçonnés d’avoir abusé de 625 victimes mineures. Les noms de 42 agresseurs sont apparus à nouveau dans le plus récent rapport.

Par Monika Scislowska, The Associated Press

RDC: à la recherche des enfants perdus du volcan Nyiragongo

juin 4, 2021
RDC: a la recherche des enfants perdus du volcan Nyiragongo
RDC: à la recherche des enfants perdus du volcan Nyiragongo© AFP/GUERCHOM NDEBO

Le volcan ne gronde plus, Goma panse ses plaies et se repeuple doucement, dix jours après l’éruption du volcan Nyiragongo et l’évacuation forcée de la ville. Dans le quartier Ndosho, c’est la liesse ce jour-là.

Des chants et des cris de joie résonnent sur l’avenue Kako, au milieu des maisonnettes de bois au toit de tôle. Une nuée d’enfants court pour venir accueillir trois des leurs, qui avaient disparu du voisinage lors du chaos de l’évacuation ordonnée à l’aube le 27 mai par les autorités.

Pierrette Mihindano, pagne jaune et vert accordé à son écharpe canari, se précipite en direction du véhicule du Comité international de la Croix-rouge (CICR).

Trois fillettes en sortent pour se jeter dans ses bras. L’une est si petite, dans sa tenue rose à pois blancs, qu’elle tient à peine sur ses jambes. Ce ne sont qu’embrassades et larmes de joie.

« Retrouver leur trace ! »

« J’étais hospitalisée quand on a ordonné l’évacuation de la ville » le 27 mai à l’aube, raconte Pierrette, la trentaine. « Depuis ce jour, je n’avais pas revu mes trois filles. Quand je suis sortie de l’hôpital, j’étais comme folle à la maison. Je me suis mise à courir dans tous les sens, à Sake, à Mungunga. J’ai lancé des appels à la radio pour essayer de retrouver leur trace », raconte-t-elle entre deux sanglots.

Dans la débandade de l’évacuation, les trois petites s’étaient retrouvées à Minova, bourgade lovée dans une des baies du lac Kivu, à 50 kilomètres de chez elles, au sud-ouest de Goma.

« C’était effrayant de vivre seule ! Je n’arrivais plus à manger quand je me mettais à penser à mes parents », se souvient Paruis, l’aînée des trois filles, âgée de 12 ans.

Le cauchemar est terminé. Sourire jusqu’aux oreilles, la maman est enfin réunie avec ses cinq enfants, ses trois fillettes et ses deux garçons, une fin heureuse et si rare au milieu des cataclysmes de violences qui s’abattent depuis trois décennies sur cette région meurtrie.

Environ 1.300 enfants ont été séparés de leurs familles depuis la séquence qui s’est ouverte le 22 mai, selon les acteurs de la protection de l’enfance: du premier soir de l’éruption soudaine du volcan Nyiragongo, dont les laves sont venues lécher les faubourgs nord de la ville; la première fuite dans la panique des habitants, leur retour progressif et méfiant, puis la nouvelle évacuation dans la panique du 27 mai.

Près de 400.000 personnes ont été déplacées dans ce dernier exode, selon le gouvernement. Beaucoup sont revenues depuis dans la ville, où l’activité a fortement repris.

« Nous avons été surpris par l’éruption du volcan. Depuis lors nous ramassons chaque jour des enfants », constate, navré, Félicien Katenda, un responsable de la Croix-rouge locale.

Sa collègue Aline Bisimwa serre contre sa poitrine un petit garçon joufflu, au regard perdu et inquiet. Il dit s’appeler Baraka Bahati, et être âgé de 3 ans. « Cet enfant a été perdu le soir de l’éruption. Comme vous le voyez, je le porte dans mes mains et il ne pleure pas. Même si je suis au travail ».

Les acteurs de la protection de l’enfance -le CICR, l’Unicef et la Croix-Rouge congolaise notamment- précisent que 978 enfants ont, à ce jour, déjà retrouvé leurs proches.

Les systèmes d’entraide communautaire, dans cette région tristement habituée aux crises, ont facilité le travail des humanitaires et de la division des affaires sociales du Nord-Kivu.

« Jusqu’au dernier enfant »

« Avec cet événement tragique qui a touché Goma, il s’est manifesté une solidarité extraordinaire des Congolais. Beaucoup de familles ont accueilli des enfants perdus », explique Margot Champeix, responsable de la protection pour le CICR.

Pour aider ces enfants à entrer en contact avec leur familles, et vice-versa, six points d’écoute ont été installés par le CICR à Goma et dans les localités voisines où ont trouvé temporairement refuge des dizaines de milliers de personnes déplacées.

« Dans nos centres, les familles d’accueil viennent avec les enfants qu’ils hébergent pour les faire enregistrer. Ensuite nous faisons des recherches et par la grâce de Dieu, nous retrouvons certains d’entre eux, » se félicite Exode Banzo, volontaire de la Croix-rouge congolaise pour le « rétablissement des liens familiaux ».

« Il reste aujourd’hui plus de 300 enfants en attente de réunification avec leurs familles. Il est vraiment important de s’assurer que dans les prochains jours, avec le retour des déplacés à Goma, toutes les réunifications soient assurées jusqu’au dernier enfant », insiste le représentant de l’Unicef en RDC, Édouard Beigbeder.

L’arrachement aux parents et les intenses tremblements de terre qui ont secoué la région de Goma pendant plus d’une semaine ont par ailleurs provoqué des traumatismes chez certains de ces enfants isolés. Les équipes du CICR tentent de les apaiser.

« Notre mission ici est de ramener ces enfants à un état normal. Nous les assistons psychologiquement. Mais parfois il m’arrive aussi d’être emporté par leur vécu », confesse Nelson Tumusifu, un agent psycho-social du CICR, l’un de ceux qui tentent d’apporter un peu de réconfort à ces enfants en détresse.

Par Le Point avec AFP

Le Canada sous le choc de son passé

mai 31, 2021

C’est l’une des pages les plus sombres de l’histoire du Canada, qu’une terrible et macabre découverte vient de réveiller.

En fin de semaine dernière, les restes de 215 enfants, dont certains n’avaient que trois ans, ont été découverts dans une fosse commune sur le site d’un ancien pensionnat autochtone en Colombie-Britannique. Le pensionnat de Kamloops, qui a accueilli jusqu’à 500 élèves, a été le plus grand d’un système mis en place au 19e siècle par le gouvernement fédéral, avec le concours des Eglises anglicane ou catholique. Plus de 130 écoles financées par les autorités ont été installées dans tout le pays pour y accueillir les enfants indiens.

Créés à la fin du 19e siècle, ces pensionnats avaient pour objectif l’assimilation des enfants issus des communautés indiennes : les jeunes étaient retirés à leurs parents, envoyés dans ces institutions où ils devaient apprendre à parler anglais, renoncer à leur langue maternelle et à leurs traditions, et où ils vivaient le plus souvent dans des conditions sanitaires déplorables. Nombre de ces enfants y ont subi des actes de maltraitance et des abus sexuels.

Entre 1880 et 1966, plus de 150 000 enfants autochtones ont été arrachés à leurs familles, et quelque 3200 d’entre eux y ont laissé la vie. Les parents ne voyaient pas revenir leurs petits et n’avaient aucune explication. Le pays qui se fait aujourd’hui le chantre de la tolérance, qui se veut aux avants-postes du respect des cultures et des individus, a ainsi mené de la fin du 19e siècle aux années 1960 la pire des politiques qui soient, dans la droite lignée de la Loi sur les Indiens, adoptée en 1876 : ce texte visait à “forcer les peuples des Premières Nations à abandonner leur culture et à adopter un style de vie euro-canadien” rappelle l’Encyclopédie canadienne. “Sortir l’Indien de chaque enfant”, tel était le programme de l’un des pères de la confédération canadienne, John A. MacDonald qui fut le tout premier Premier ministre du Canada.

Une journée nationale de la vérité et de la réconciliation

La découverte fin mai des restes de ces 215 enfants en Colombie-Britannique a profondément secoué le pays. Le vendredi 28 mai, les députés de la Chambre des Communes ont adopté un projet de loi pour créer une journée en mémoire des victimes et des survivants des pensionnats autochtones. Baptisée Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, elle serait fixée au 30 septembre. Dimanche 30 mai, les drapeaux ont été mis en berne sur les bâtiments officiels. Et une ligne nationale d’écoute téléphonique a été ouverte pour les anciens élèves et les personnes touchées.

Ce n’est pas la première fois que le Canada tente de faire face à cette épisode dramatique de son histoire. En 1996, trente ans après la fermeture du dernier pensionnat, la Commission royale sur les peuples autochtones avait déjà formulé des recommandations, largement ignorées par le gouvernement de l’époque.

En 2015, après six ans de travaux, la Commission de vérité et réconciliation mise sur pied à l’initiative du gouvernement conservateur de Stephen Harper, rendait un rapport implacable, nourri par les témoignages de quelque 7000 victimes et d’anciens responsables de ces pensionnats. Elle concluait à un véritable génocide culturel, qui a durablement entravé la possibilité pour les Premières nations de trouver leur place au sein de la société canadienne. Elle listait 94 propositions pour tenter de renouer le lien entre ces communautés et le reste de la société.

En décembre dernier, à l’occasion du cinquième anniversaire de la remise de ce rapport, ses auteurs ont rappelé que plusieurs de leurs recommandations n’avaient pas encore été suivies d’effet, comme par exemple la création d’un conseil national de réconciliation pour surveiller les activités du gouvernement fédéral.

En finir avec la Loi sur les Indiens

Peu de temps après son arrivée au pouvoir en octobre 2015, le Premier ministre Justin Trudeau avait reçu ce rapport commandé par son prédécesseur. Il en avait profité pour présenter ses excuses aux peuples autochtones, excuses que Stephen Harper avait lui aussi formulées en 2008. Mais Justin Trudeau avait promis d’aller plus loin en abrogeant la loi sur les Indiens, régulièrement modifiée, jamais supprimée. Réélu en 2019, il n’y a toujours pas touché.

Or ce texte qui dicte les principes de la relation du gouvernement fédéral avec les autochtones les considère encore aujourd’hui comme des mineurs devant la loi. Et même si la voix des autochtones est de plus en plus entendue au Canada, si la connaissance progresse sur leur culture comme sur les traumatismes vécus, certains chroniqueurs n’hésitent pas à parler de loi d’apartheid ou de racisme d’Etat au sujet de ce texte qui fait tache dans un pays aux moeurs progressistes, où l’inclusion est érigée en principe de gouvernance.

On sait combien il est douloureux pour un pays de regarder son histoire en face. Mais pourquoi est-ce si difficile pour Ottawa d’aller au-delà de la compassion, de s’engager dans la construction d’une véritable relation avec les premiers peuples qui occupaient le territoire avant l’arrivée des colons européens ? Est-ce la crainte de fragiliser un édifice somme toute récent (la Confédération a fêté ses 150 ans en 2017) ? De perdre le contrôle d’espaces clés pour le développement économique ? D’ouvrir des débats sans fin (il n’est pas certain que les communautés autochtones parlent d’une seule et même voix) ? Il y aurait en tout cas là une occasion historique pour Justin Trudeau de laisser un legs majeur à son pays.

Avec Valérie Lion in Attache ta tuque, saison 3, numéro 35

Canada-Québec: Un pasteur et sa femme en prison pour avoir maltraité leurs enfants

mai 19, 2021

Au palais de justice de Longueuil, mercredi, Carole Van Houtte et Mario Monette ont été respectivement condamnés à 4 et 5 ans d’emprisonnement pour voies de fait armées, séquestration et menaces exercées à l’encontre de six de leurs huit enfants, sur une période de 25 ans.

Mario Monette se cachait le visage à la veille de sa comparution, en février 2019.

© SPAL Mario Monette se cachait le visage à la veille de sa comparution, en février 2019.

Le juge Marc-Antoine Carette a imposé ces peines d’emprisonnement strictes au couple de sexagénaires afin qu’elles soient dissuasives» et qu’elles servent à dénoncer la maltraitance à l’encontre des enfants.

En rendant sa décision, le juge Carette a décrit que Mario Monette avait exercé un contrôle presque total» sur ses enfants, et qu’il leur a asséné jusqu’à quarante coups à la fois sur une période s’étendant sur un quart de siècle. Les coups étaient donnés à l’aide d’un bâton de bois tel qu’on en utilise pour brasser la peinture.

Certaines des victimes n’avaient que 3 ans lorsqu’elles ont commencé à être maltraitées.

Mario Monette disait recourir à une formule de correction éducative» pour punir ses enfants à la suite d’impolitesse ou de comportements jugés inappropriés, durant un service religieux, par exemple.

L’un des enfants a été séquestré dans le garage de la maison familiale des mois durant, ne sortant que pour aller à l’école, aux services religieux ou encore lorsque des visiteurs venaient à la maison.

Le juge Carette a noté que, durant son témoignage, Mario Monette a tenté de préserver son image de bon père de famille et de pasteur respecté». Une version que n’a pas retenue le magistrat, qui a plutôt jugé que M. Monette tentait de minimiser à la fois ses gestes et la fréquence des châtiments infligés à ses enfants.Le pasteur Mario Monette et son épouse, Carole Van Houtte.© Église biblique baptiste métropolitaine sud (site web) Le pasteur Mario Monette et son épouse, Carole Van Houtte.

Atroce, un enfer»

Le procès s’est déroulé simultanément dans deux salles d’audience du palais de justice de Longueuil parce que la famille est scindée en deux clans : l’un soutient encore les parents, tandis que l’autre, qui a témoigné durant les procédures judiciaires, les dénonce.

Pour décrire son enfance, Micaël Monette, l’un des enfants du couple a eu ces mots : ça a été atroce, un enfer».

M. Monette dit qu’il aurait préféré que ses parents reconnaissent d’eux-mêmes les faits. À la place, cela aura été un juge qui a pesé et soupesé pour arriver à une conclusion évidente», a-t-il dit.

Le fait d’avoir été entendu et cru par le tribunal est l’une des parties qui fait le plus de bien», a reconnu M. Monette.

Questionné sur le message qu’il aimerait transmettre à des personnes ayant vécu de la maltraitance et qui songent à révéler ce qu’elles ont vécu, M. Monette a répondu : une personne qui croit que ça peut lui apporter quelque chose, lui permettre de cheminer et d’avancer, je lui dirais :  »faites-le »».

M. Monette reconnaît qu’il garde des séquelles psychologiques de cette période de sa vie. Je fais un suivi et j’essaie de m’améliorer en tant qu’humain», a-t-il expliqué, la gorge nouée par l’émotion.

Une ex-fidèle remercie la justice

Lyne Sévigny dit avoir fréquenté l’église de M. Monette pendant 20 ans. Je remercie la justice au Québec, je remercie le travail des enquêteurs», a-t-elle déclaré avec fermeté en commentant les peines d’emprisonnement du pasteur et de sa conjointe.

Mme Sévigny affirme qu’elle n’était pas dupe du jeu de dictateur et de manipulateur» de Mario Monette. Mais, pendant des années, j’étais prise au piège», a-t-elle affirmé.

Elle précise que, si elle avait su que des sévices étaient perpétrés au sein de la famille du pasteur, elle aurait agi avant».

Par Radio-Canada avec les informations de Geneviève Garon

[Chronique] Mali : la preuve par neuf… enfants

mai 7, 2021
Damien Glez

Une jeune tombouctienne vient d’accoucher, au Maroc, de neuf bébés. Si l’état de santé des enfants se maintenait, l’événement pourrait être une première à l’échelle de la planète.

Si Emmanuel Macron entend toujours, conformément à son intervention de juillet 2017, susciter un ralentissement de la fécondité africaine sans laquelle « des milliards d’euros » ne « stabiliseraient » aucun développement, il a du pain sur la planche sahélienne. Alors que le président français déplorait la situation où « des pays ont encore sept à huit enfants par femme », une jeune malienne vient de lui administrer la preuve par… neuf que la tâche est plus complexe qu’il n’y paraît.

Alors qu’elle attendait les septuplés dénombrés sur ses échographies, Halima Cissé a donné naissance à des « nonuplés ». Difficile de faire baisser une moyenne malienne de 6,1 naissances par femme, quand on accouche de neuf enfants dans la même journée…

Une procréation extraordinaire

Originaire de Tombouctou, c’est au Maroc que la jeune femme de 25 ans avait été transférée par avion le 30 mars, tant une grossesse de sept fœtus était déjà jugée « extraordinaire » et porteuse de risques, aussi bien pour la mère que pour sa progéniture. Mardi 4 mai, une césarienne a été pratiquée. « Extraordinaire », cette procréation multiple l’est assurément, à l’échelle de la planète. Alors que huit naissances d’octuplés sont listées dans le monde et qu’aucune naissance humaine de dix bébés ou plus n’a été enregistrée, seules deux naissances de nonuplés ont été répertoriées, en Australie en 1971 et en Malaisie en 1999.

Cette perspective de voir naître neuf bébés de la même grossesse est à ce point rare que sa survenue devient systématiquement une affaire nationale. En 2012, la Mexicaine Karla Vanessa Perez avait piégé des médias fébriles en annonçant, à tort, qu’elle attendait des nonuplés…

LES ÉQUIPES MÉDICALES DU MALI ET DU MAROC, DONT LE PROFESSIONNALISME EST À L’ORIGINE DE L’ISSUE HEUREUSE DE CETTE GROSSESSE

Cette fois, la naissance exceptionnelle de cinq filles et quatre garçons n’est pas un canular et le ministère malien de la Santé s’est saisi du buzz feel-good, la ministre relayant elle-même les informations du médecin malien dépêché pour accompagner la mère au Maroc. Fanta Siby a officiellement félicité « les équipes médicales du Mali et du Maroc, dont le professionnalisme est à l’origine de l’issue heureuse de cette grossesse ». Le président de la transition du Mali a même téléphoné au père des nouveau-nés, l’adjudant Kader Arby.

Aucun nonuplé n’a jamais vécu plus de six jours

Régulièrement endeuillé par l’insécurité devenue endémique, le Mali a bien besoin de carnets roses enthousiasmants. Et si la santé de la mère et des bébés mérite une attention prudente, pendant les jours qui viennent, le caractère historique de cet heureux événement pourrait se muer en exploit inédit. Aucun nonuplé n’a jamais vécu plus de six jours. Les neuf bébés maliens qui pesaient entre 500 grammes et 1 kilo à leur naissance devraient passer deux à trois mois dans des couveuses. C’est un Mali ému qui retient son souffle, suspendu aux informations médicales.

Avec Jeune Afrique par Damien Glez