Posts Tagged ‘enfer’

Dans le feu de l’aurore…

août 11, 2013

Le feu des explosions s’est éteint

Au cœur fumant de Lac-Mégantic

Dans les nôtres brûle encore la faim

De ceux qui n’ont pas de sépulture

Au milieu des cendres cadavériques

Qui ravivent nos terribles brûlures

Nous entendons joyeux le rire d’un restaurant

S’étranglant au son du grand bruit

Qui fracasse les heures profondes de la nuit

Faisant chavirer la respiration sereine d’un enfant

Qui appelle au secours les bras confiants

D’une maman qu’il ne verra plus jamais

Happée par la mort du train du Lac-MMA

Le feu du roussi à nos portes sent déjà mauvais

Il respire la froideur mortelle qui désormais

S’installera dans les souvenirs atroces d’une bourgade

Jadis paisible aujourd’hui marquée hantée hagarde

Par l’énigme insoluble d’un destin insoutenable

Qui bascule et sombre dans les flammes effroyables

De l’horreur des corps calcinés figés pillés

Par le feu lames hurlant dans le ciel enfumé

O cruel destin irréversible mort inattendue

Comme une voleuse dans nos vies s’est engouffrée

Semant tristesse désolation telles des ravageuses crues

D’une mousson indomptable qui rage et s’en va

Portant sur ses ailes de l’enfer la vie à peine éclose

D’un cocon qui prend son inéluctable pose

D’un futur papillon qui ne verra jamais éclore la rose
Les larmes perlent encore sur les sentiers ravinés

Des joues creuses de chagrin ravagées de peine de misère

Le cœur bourdonne du long blues de la vie déchirée

Il sursaute surpris dans l’espoir de trouver encore

Une pépite de vie dans le cœur principal d’une artère

Qui égrène et fourrage dans les noms chéris de nos trésors

Le cœur bourdonne du long blues de la vie déchirée

Comme une vapeur évanescente dans le feu de l’aurore…

Marie-Léontine Tsibinda

« Alors, je me suis préparé à mourir », raconte un ex-otage japonais d’In Aménas |

janvier 21, 2013
 

'Alors, je me suis préparé à mourir', raconte un ex-otage japonais d'In Aménas « Alors, je me suis préparé à mourir », raconte un ex-otage japonais d’In Aménas © AFP

« Alors, je me suis préparé à mourir », a raconté un ex-otage japonais qui a survécu à l’enfer d’In Aménas, ce site gazier du sud algérien théâtre d’une spectaculaire prise d’otages par des islamistes qui s’est terminée dans le sang.

Cet ex-otage, dont le nom n’a pas été révélé, a détaillé son calvaire dans le quotidien en anglais Daily Yomiuri, par le biais d’un porte-parole de la compagnie japonaise JGC Corp pour laquelle il travaillait en Algérie.

Mercredi à l’aube: l’employé quitte la base de vie avec d’autres travailleurs dans un convoi de bus. Direction: le site gazier à quelque trois kilomètres. Il fait encore nuit.

05H30: le convoi est attaqué par des hommes armés. Le chauffeur du bus tente de faire un demi-tour en catastrophe pour retourner vers la base de vie. Mais une roue se détache: tout le monde se rue dehors et court vers la base.

Le Japonais s’enferme à double tour dans sa chambre et éteint tout de suite la lumière. Des assaillants défoncent la porte, le menottent et l’embarquent.

Peu après, il se retrouve avec d’autres étrangers, otages comme lui.

Selon son témoignage rapporté par Takeshi Endo, quelques « militants » parlent en arabe à des collègues à lui. Peu après, deux d’entre eux sont abattus sous ses yeux. Il ne précise pas leur nationalité.

« Alors, je me suis préparé à mourir », a-t-il raconté.

On l’emmène avec un Philippin dans un véhicule, conduit par un assaillant. Un autre monte la garde à l’arrière. Le Japonais voit quelques étrangers au sol. Apparemment ils sont déjà morts, selon lui.

Retour vers le site gazier. Les coups de feu repartent. Il se dit que cette fois ce sont peut-être les forces algériennes, ou les agents de sécurité du site qui viennent à leur secours. Le camion est mitraillé, le pare-brise vole en éclats.

Le Japonais se plaque au sol, son collègue philippin, raconte-il, tremble de tous ses membres.

Peu après les islamistes abandonnent le véhicule et s’enfuient. Le Japonais en profite pour sortir et se cacher sous un camion tout près de là. Il n’en bougera pas pendant des heures.

Dehors, la bataille fait rage autour de lui. De son abri il voit passer un bus rempli d’otages, certains portant l’uniforme de la JGC Corp.

Finalement, à la nuit tombée, il décide de sortir de sa cachette et s’enfonce dans l’obscurité en direction du désert.

Au bout d’une heure de marche il sera finalement récupéré par des forces algériennes.

Il fait partie des employés de la JGC Corp dont on est sûr qu’ils ont survécu à l’enfer d’In Aménas. Dix-sept salariés (10 Japonais et 7 étrangers) sont encore portés manquants et selon des témoins, neuf employés japonais de la compagnie auraient été tués froidement par les islamistes.

Samedi soir, après la fin de l’assaut final, le ministère algérien de l’Intérieur a fait état de 23 morts étrangers et Algériens, ainsi que de 32 assaillants tués par l’armée. Un bilan qui pourrait s’alourdir, notamment du côté des employés du site, selon le ministre de la Communication.

Dimanche, on a retrouvé 25 corps d’otages.

Jeuneafrique.com avec AFP

Nord du Mali: des habitants racontent « l’enfer »

octobre 5, 2012
Nord du Mali: des habitants racontent 'l'enfer' Nord du Mali: des habitants racontent « l’enfer » © AFP

Des habitants du nord du Mali ont dénoncé les atrocités commises par les groupes islamistes armés qui contrôlent cette vaste région depuis six mois, lors d’une rencontre de deux jours qui s’est achevée jeudi soir à Bamako.

« Pour nous à Gao, c’est vraiment l’enfer aujourd’hui. On coupe les mains, on coupe les pieds. Personne n’est libre », a déclaré à l’AFP Sorry Maïga, membre de l’association des jeunes de Gao, une des trois grandes villes du nord qui, avec Tombouctou et Kidal, est occupée par les islamistes armés.

Une habitante de la région a affirmé vivre « un véritable enfer ». « Je suis musulmane, désormais, on se voile et il s’agit du voile intégral. Je ne comprends pas, le Mali est pourtant un pays laïc », a-t-elle ajouté.

Appelée « les assises de l’occupation », la rencontre de Bamako, organisée par la Coalition pour le Mali qui regroupe plusieurs associations et partis politiques, se voulait « un Forum des forces vives des régions du nord ».

« Ce genre de rencontre est utile, parce qu’elle nous permet au moins de parler, de nous raconter le calvaire quotidien qui est le nôtre », a déclaré Hachim Ould Mohamed, notable de Tombouctou.

Outre les notables, des élus, des religieux, des femmes et des jeunes des régions occupées ont participé à ces « assises ».

Des intervenants ont affirmé qu’il fallait tenter le dialogue avec les djihadistes maliens et demander aux islamistes étrangers de quitter le Mali, d’autres se sont prononcés en faveur d’une intervention militaire pour reconquérir le nord.

Trois groupes armés, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), le Mouvement pour l’unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) occupent depuis fin mars-début avril le nord du Mali, immense région représentant les deux tiers du territoire malien.

Ils y appliquent de manière brutale leur interprétation de la charia (loi islamique) qu’ils veulent imposer dans tout le Mali.

Une intervention militaire internationale sous mandat de l’ONU est actuellement à l’étude pour reconquérir ce territoire.

Jeuneafrique.com avec AFP