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 « C’est l’enfer », raconte un vétéran canadien parti combattre en Ukraine

mai 6, 2022
Un homme et une femme fuient près d'un bâtiment en feu.

L’armée russe concentre désormais ses opérations dans la région du Donbass, après s’être retirée du nord du pays. Photo : Getty Images/Fadel Senna

« Tous les jours, il y a des victimes. Tous les jours, tes amis meurent », raconte Shadow, nom de terrain d’un ancien soldat canadien originaire de Sherbrooke, au Québec. Ses deux derniers mois en Ukraine ne ressemblent en rien à ce qu’il a connu durant ses années avec l’armée canadienne. Après avoir risqué sa vie plusieurs fois, il a pris sa décision : il ne retournera pas au front.

Il y a dix jours, Shadow a évité la mort de justesse, encore une fois. Avec son ami Wali, un tireur d’élite canadien qui s’est également porté volontaire en Ukraine, et deux soldats et amis ukrainiens, il était chargé de suivre un char russe dans la région du Donbass, dans l’est du pays.

Le quatuor croyait ne pas avoir été repéré. Les deux soldats ukrainiens sont même sortis de leur cachette pour fumer une cigarette et en ont offert aux Canadiens. Wali a refusé, mais Shadow était en train de les rejoindre quand le char russe s’est soudainement retourné et a tiré dans leur direction.

L’obus est arrivé exactement entre les deux soldats ukrainiens. L’explosion a repoussé Shadow dans la tranchée, sans blessure. Mais ses deux amis n’ont pas été aussi chanceux. L’un est mort sur le coup, l’autre quelques minutes plus tard.

« Il était à quelques pieds de moi, il respirait encore. On s’est regardés et il est mort sous mes yeux. Deux de mes amis sont morts sous mes yeux. »— Une citation de  Shadow, vétéran canadien parti combattre en UkraineShadow en entrevue avec CBC.

Shadow fait partie des milliers de volontaires d’un peu partout dans le monde qui ont répondu à l’appel à l’aide du président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Photo: Radio-Canada/CBC

Les deux Canadiens, beaucoup moins nombreux et moins équipés que les Russes devant eux, n’avaient pas d’autres choix que de tenter de fuir. Ils ont réussi à s’éclipser, malgré les tirs ennemis.

« C’était ma dernière patrouille sur le front de l’est. Je n’ai qu’un mot pour le décrire : c’est l’enfer. »— Une citation de  Shadow, vétéran canadien parti combattre en Ukraine

Tous les jours, il y a des victimes. Tous les jours, tes amis meurent. C’est jour après jour. J’ai des amis américains, des anciens marines, la plupart de leurs missions, c’était d’aller récupérer les corps morts [sic] de leurs amis tués en action. C’est ça la vie sur le front.

« C’était ma première fois »

Shadow et Wali font partie des milliers de volontaires d’un peu partout dans le monde qui ont répondu à l’appel à l’aide du président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Depuis leur arrivée, il y a environ deux mois, ils ont été témoins plusieurs fois de la nature capricieuse de la guerre, la façon dont chaque petit moment ordinaire peut soudainement devenir mortel.

C’est même arrivé à Shadow, qui n’a pas connu la guerre lors de ses années dans les Forces armées canadiennes, lors du tout premier combat de sa vie. Déployé à Irpin, près de Kiev, il devait assister Wali et porter ses munitions.

Son équipe a rapidement été prise d’assaut par les Russes, qui ont bombardé le bâtiment dans lequel ils se trouvaient.Devant un bâtiment de quatre étages est éventré, des débris jonchent le sol et une voiture est laissée à l'abandon.

La ville d’Irpin, près de Kiev, a été en partie détruite par les bombardements russes. Photo : Getty Images/Chris McGrath

On a été frappés par un char. Il a bombardé notre bâtiment, mais nous a manqué de quelques mètres. Après, les Russes ont commencé à tirer avec des armes plus légères, nous sommes sortis de notre cachette et [il y a eu] un énorme échange de tirs!

C’était ma première fois. Les Russes étaient à environ 50 mètres de nous, il y avait des balles qui fusaient de partout, partout. On ne pouvait rien faire, ils essayaient de nous encercler.

Un soldat ukrainien a finalement lancé une grenade, ce qui a donné le temps à l’équipe de Shadow de fuir. Ce gars nous a sauvé la vie.

« J’ai fait mon temps »

Après trop d’expériences du genre, Shadow ne retournera pas sur le front. Mais il ne peut pas non plus se résoudre à quitter l’Ukraine et ses citoyens. Pour l’instant, je vais m’engager dans l’aide humanitaire. Je vais rester à Lviv et être aussi utile que possible.

Depuis le début de l’invasion russe, le gouvernement du Canada recommande à ses citoyens d’éviter tout voyage en Ukraine. Si vous êtes en Ukraine, vous devriez vous abriter dans un endroit sécurisé, à moins que vous ne puissiez quitter le pays en toute sécurité, conseillait Affaires mondiales Canada à la fin du mois de février.

Radio-Canada avec les informations de Murray Brewster et David Common, de CBC

Dans le feu de l’aurore…

août 11, 2013

Le feu des explosions s’est éteint

Au cœur fumant de Lac-Mégantic

Dans les nôtres brûle encore la faim

De ceux qui n’ont pas de sépulture

Au milieu des cendres cadavériques

Qui ravivent nos terribles brûlures

Nous entendons joyeux le rire d’un restaurant

S’étranglant au son du grand bruit

Qui fracasse les heures profondes de la nuit

Faisant chavirer la respiration sereine d’un enfant

Qui appelle au secours les bras confiants

D’une maman qu’il ne verra plus jamais

Happée par la mort du train du Lac-MMA

Le feu du roussi à nos portes sent déjà mauvais

Il respire la froideur mortelle qui désormais

S’installera dans les souvenirs atroces d’une bourgade

Jadis paisible aujourd’hui marquée hantée hagarde

Par l’énigme insoluble d’un destin insoutenable

Qui bascule et sombre dans les flammes effroyables

De l’horreur des corps calcinés figés pillés

Par le feu lames hurlant dans le ciel enfumé

O cruel destin irréversible mort inattendue

Comme une voleuse dans nos vies s’est engouffrée

Semant tristesse désolation telles des ravageuses crues

D’une mousson indomptable qui rage et s’en va

Portant sur ses ailes de l’enfer la vie à peine éclose

D’un cocon qui prend son inéluctable pose

D’un futur papillon qui ne verra jamais éclore la rose
Les larmes perlent encore sur les sentiers ravinés

Des joues creuses de chagrin ravagées de peine de misère

Le cœur bourdonne du long blues de la vie déchirée

Il sursaute surpris dans l’espoir de trouver encore

Une pépite de vie dans le cœur principal d’une artère

Qui égrène et fourrage dans les noms chéris de nos trésors

Le cœur bourdonne du long blues de la vie déchirée

Comme une vapeur évanescente dans le feu de l’aurore…

Marie-Léontine Tsibinda

« Alors, je me suis préparé à mourir », raconte un ex-otage japonais d’In Aménas |

janvier 21, 2013
 

'Alors, je me suis préparé à mourir', raconte un ex-otage japonais d'In Aménas « Alors, je me suis préparé à mourir », raconte un ex-otage japonais d’In Aménas © AFP

« Alors, je me suis préparé à mourir », a raconté un ex-otage japonais qui a survécu à l’enfer d’In Aménas, ce site gazier du sud algérien théâtre d’une spectaculaire prise d’otages par des islamistes qui s’est terminée dans le sang.

Cet ex-otage, dont le nom n’a pas été révélé, a détaillé son calvaire dans le quotidien en anglais Daily Yomiuri, par le biais d’un porte-parole de la compagnie japonaise JGC Corp pour laquelle il travaillait en Algérie.

Mercredi à l’aube: l’employé quitte la base de vie avec d’autres travailleurs dans un convoi de bus. Direction: le site gazier à quelque trois kilomètres. Il fait encore nuit.

05H30: le convoi est attaqué par des hommes armés. Le chauffeur du bus tente de faire un demi-tour en catastrophe pour retourner vers la base de vie. Mais une roue se détache: tout le monde se rue dehors et court vers la base.

Le Japonais s’enferme à double tour dans sa chambre et éteint tout de suite la lumière. Des assaillants défoncent la porte, le menottent et l’embarquent.

Peu après, il se retrouve avec d’autres étrangers, otages comme lui.

Selon son témoignage rapporté par Takeshi Endo, quelques « militants » parlent en arabe à des collègues à lui. Peu après, deux d’entre eux sont abattus sous ses yeux. Il ne précise pas leur nationalité.

« Alors, je me suis préparé à mourir », a-t-il raconté.

On l’emmène avec un Philippin dans un véhicule, conduit par un assaillant. Un autre monte la garde à l’arrière. Le Japonais voit quelques étrangers au sol. Apparemment ils sont déjà morts, selon lui.

Retour vers le site gazier. Les coups de feu repartent. Il se dit que cette fois ce sont peut-être les forces algériennes, ou les agents de sécurité du site qui viennent à leur secours. Le camion est mitraillé, le pare-brise vole en éclats.

Le Japonais se plaque au sol, son collègue philippin, raconte-il, tremble de tous ses membres.

Peu après les islamistes abandonnent le véhicule et s’enfuient. Le Japonais en profite pour sortir et se cacher sous un camion tout près de là. Il n’en bougera pas pendant des heures.

Dehors, la bataille fait rage autour de lui. De son abri il voit passer un bus rempli d’otages, certains portant l’uniforme de la JGC Corp.

Finalement, à la nuit tombée, il décide de sortir de sa cachette et s’enfonce dans l’obscurité en direction du désert.

Au bout d’une heure de marche il sera finalement récupéré par des forces algériennes.

Il fait partie des employés de la JGC Corp dont on est sûr qu’ils ont survécu à l’enfer d’In Aménas. Dix-sept salariés (10 Japonais et 7 étrangers) sont encore portés manquants et selon des témoins, neuf employés japonais de la compagnie auraient été tués froidement par les islamistes.

Samedi soir, après la fin de l’assaut final, le ministère algérien de l’Intérieur a fait état de 23 morts étrangers et Algériens, ainsi que de 32 assaillants tués par l’armée. Un bilan qui pourrait s’alourdir, notamment du côté des employés du site, selon le ministre de la Communication.

Dimanche, on a retrouvé 25 corps d’otages.

Jeuneafrique.com avec AFP

Nord du Mali: des habitants racontent « l’enfer »

octobre 5, 2012
Nord du Mali: des habitants racontent 'l'enfer' Nord du Mali: des habitants racontent « l’enfer » © AFP

Des habitants du nord du Mali ont dénoncé les atrocités commises par les groupes islamistes armés qui contrôlent cette vaste région depuis six mois, lors d’une rencontre de deux jours qui s’est achevée jeudi soir à Bamako.

« Pour nous à Gao, c’est vraiment l’enfer aujourd’hui. On coupe les mains, on coupe les pieds. Personne n’est libre », a déclaré à l’AFP Sorry Maïga, membre de l’association des jeunes de Gao, une des trois grandes villes du nord qui, avec Tombouctou et Kidal, est occupée par les islamistes armés.

Une habitante de la région a affirmé vivre « un véritable enfer ». « Je suis musulmane, désormais, on se voile et il s’agit du voile intégral. Je ne comprends pas, le Mali est pourtant un pays laïc », a-t-elle ajouté.

Appelée « les assises de l’occupation », la rencontre de Bamako, organisée par la Coalition pour le Mali qui regroupe plusieurs associations et partis politiques, se voulait « un Forum des forces vives des régions du nord ».

« Ce genre de rencontre est utile, parce qu’elle nous permet au moins de parler, de nous raconter le calvaire quotidien qui est le nôtre », a déclaré Hachim Ould Mohamed, notable de Tombouctou.

Outre les notables, des élus, des religieux, des femmes et des jeunes des régions occupées ont participé à ces « assises ».

Des intervenants ont affirmé qu’il fallait tenter le dialogue avec les djihadistes maliens et demander aux islamistes étrangers de quitter le Mali, d’autres se sont prononcés en faveur d’une intervention militaire pour reconquérir le nord.

Trois groupes armés, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), le Mouvement pour l’unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) occupent depuis fin mars-début avril le nord du Mali, immense région représentant les deux tiers du territoire malien.

Ils y appliquent de manière brutale leur interprétation de la charia (loi islamique) qu’ils veulent imposer dans tout le Mali.

Une intervention militaire internationale sous mandat de l’ONU est actuellement à l’étude pour reconquérir ce territoire.

Jeuneafrique.com avec AFP