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Covid-19 : la Tunisie s’engage dans la numérisation des données

juillet 10, 2021
Situation catastrophique et engorgement à l’hôpital régional de Beja, le 8 juillet 2021.

En pleine flambée du virus, l’initiative Covidar permet de désengorger les hôpitaux et d’accompagner les malades à domicile. Présent dans huit gouvernorats, le projet est aussi un test de digitalisation des informations de santé, mais les fonds manquent déjà.

Le Covid-19 continue de frapper la Tunisie de plein fouet. Avec plus de 15 000 morts (sur 450 000 contaminations) depuis le début de la pandémie, ce petit pays d’environ douze millions d’habitants est classé quatrième en terme de létalité (ratio entre le nombre de morts et le nombre d’habitants) par l’université de médecine Johns Hopkins. Alors que le nombre de cas croît, les vaccins se font toujours attendre. Jusqu’à présent, 5 % de la population a reçu une première dose (un peu plus de deux millions de personnes) et seules quelque 600 000 personnes ont bénéficié d’un rappel.

La situation y est jugée « extrêmement alarmante » par Pierre Nabeth, responsable de l’information d’urgence et de l’évaluation des risques à l’OMS. D’autant plus que le variant Delta s’y propage, et « y représente probablement une large proportion des contaminations », selon ses estimations.

Le déploiement d’équipes mobiles pour vacciner les habitants de l’intérieur, et d’hôpitaux militaires de campagne dans les régions les plus touchées (comme Kairouan) ne suffisent pas. Le 5 juillet, le ministère de la Santé mettait en garde la population face à l’occupation de 91,8 % des lits de réanimation et 79,8 % des lits à oxygène dans les hôpitaux publics. Les autorités multiplient en parallèle les mesures coercitives : déplacements interdits entre certaines régions, confinement ciblé dans plusieurs délégations, fermetures de cafés pour non-respect du protocole sanitaire, multiplication des contraventions pour absence de port du masque…

Lacunes du système de santé 

Une pétition circule depuis le début de la semaine pour réclamer d’urgence des aides de l’OMS et de la communauté internationale. Elle a recueilli près de 10 000 signatures en 48h. Face aux lacunes du système de santé, les initiatives citoyennes se sont multipliées depuis le début de la pandémie, de part et d’autre de la Méditerranée, pour faire face au manque de moyens et à l’engorgement des structures sanitaires. Plusieurs voix de la diaspora avaient récemment appelé la France à aider le pays en marge de la visite officielle de Kaïs Saïed à Paris.

Une autre initiative, Covidar, lancée en décembre par cinq médecins à Tunis et Paris, compte désormais une vingtaine de membres. Inspiré du système de télésuivi Covidom de l’APHP, en France, le dispositif prend en charge gratuitement les citoyens de huit gouvernorats (Ben Arous, Siliana, Monastir, Sfax, Kasserine, Sidi Bouzid, Tozeur, Kairouan).

En cas de symptômes, les malades peuvent appeler un numéro vert. Au bout du fil, des membres de l’association, des internes en médecine de Tunisie, les classent selon leur état. Pour les cas jugés les plus graves, un lien est établi avec les structures hospitalières. Les patients jugés moins à risques sont accompagnés directement à domicile. Jusqu’à présent 2 100 personnes ont pu bénéficier d’un tel suivi chez elles.

Une numérisation généralisée ?

98 % des patients pris en charge ont guéri, assurent ses responsables, qui comptabilisent 1 % de mortalité, contre 3,8 % en moyenne nationale, soulignant la nécessité de ce type d’accompagnement préventif. En tout 140 infirmiers et médecins sont déployés dans le cadre de Covidar, grâce à une application qui rapproche offre et demande en les géolocalisant, et permet aux professionnels de numériser les dossiers de santé. Elle a été développée pro bono par la société Katomi, spécialisée dans la santé numérique, entre sa base de Marseille et sa filiale tunisienne. Seul le coût de la prise en charge des patients (moins de deux euros par personne pour l’hébergement des données et l’envoi de notifications SMS) a été répercuté.

ON POURRAIT EXPLIQUER LA SURMORTALITÉ PAR L’UTILISATION IRRATIONNELLE D’ANTIBIOTIQUES QUI CRÉENT DES GERMES MULTIRÉSISTANTS

Katomi a formé les professionnels de santé tunisiens impliqués dans Covidar. Et pourquoi ne pas aller plus loin ? « Nous aurions aimé installer également des téléconsultations mais le cadre légal ne le permet pas encore », regrette le docteur Hedi Michau, son fondateur. Alors que le dossier médical partagé reste un serpent de mer dans le pays, il espère que les données épidémiologiques récoltées grâce à Covidar serviront de premiers pas à une numérisation généralisée.

Elles pourraient également servir la stratégie du pays face à la pandémie. « En attendant, on pourrait sans doute expliquer la surmortalité en Tunisie, non pas par le nombre de comorbidités, elles ne sont pas plus fréquentes qu’ailleurs, mais par l’utilisation absolument irrationnelle d’antibiotiques qui créent des germes multirésistants », assure Faiez Zannad, l’un des cofondateurs de Covidar, professeur retraité de médecine du CHU de Nancy. Cet ex-conseiller au ministère tunisien de la Santé (en 2014), avait co-fondé il y a plusieurs années l’entreprise de recherche clinique Eshmoun (du nom de la déesse punique de la guérison) pour encourager la prise en compte des données de santé dans la recherche académique.

Appel aux bailleurs

Le chanteur Mehdi Ayachi, le slameur Hatem Karoui, l’ex-ministre de la Culture Sonia M’Barek… plusieurs célébrités ont déjà prêté leur voix à une vidéo de soutien. Des plasticiens ont également organisé une vente de tableaux au profit de Covidar. « Notre ambition est de couvrir tout le territoire car aucun gouvernorat n’est épargné, mais nous avons écoulé l’ensemble des 350 000 dinars collectés », s’inquiète le docteur Chokri Jeribi, porte-parole de Covidar et autre cofondateur d’Eshmoun. Alors que les appels à l’aide des structures hospitalières se multiplient dans d’autres villes, comme Sousse, les fonds manquent pour continuer ce dispositif relais dans les huit régions déjà couvertes.

Jusqu’à présent, le projet, coordonné par le Lion’s Club de Tunis, a bénéficié de dons privés, récoltés notamment auprès d’une cinquantaine d’entreprises tunisiennes. L’équipe étend désormais son appel aux soutiens internationaux. « Nous avons constaté une véritable flambée des cas en juin, le mois de juillet s’annonce très dur si nous n’avons pas de rentrée de fonds rapidement », prévient Sami Zitouni, gouverneur du Lion’s Club dans le pays. 

Avec Jeune Jeune Afrique par Camille Lafrance

RDC: Kabila muet sur son avenir, promet de respecter la Constitution

juillet 19, 2018

Kinshasa – Le président congolais Joseph Kabila s’est engagé à nouveau jeudi à respecter la Constitution de la République démocratique du Congo, sans dire un mot sur son avenir politique, à cinq mois d’une présidentielle censée élire son successeur à la tête du pays qu’il dirige depuis 17 ans.

La date des élections fixée au 23 décembre 2018 « reste maintenue » et « notre engagement à respecter la Constitution demeure lui aussi non équivoque », a déclaré M. Kabila dans une allocution au Parlement.

L’organisation des élections en RDC est « une affaire de souveraineté » et par conséquent financée par l’État congolais, a-t-il réaffirmé, en vantant son bilan à la tête du pays.

Le discours de Kabila était très attendu par la classe politique congolaise et les partenaires de la RDC qui espéraient que le chef de l’État dirait un mot sur son avenir politique.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait indiqué que Kabila allait annoncer une série de « décisions importantes ».

« Ce ne sont ni les accusations gratuites et infondées, ni les pressions et menaces inconsidérées, des sanctions arbitraires et injustes qui nous détourneront de la voie que nous nous sommes tracées nous mêmes, volontairement et librement », a dit M. Kabila. « Aujourd’hui, notre modèle démocratique a fait ses preuves et ceux qui tentaient de s’improviser en donneurs de leçon l’ont bien compris: la République démocratique du Congo, n’ayant jamais donné de leçon à personne, n’est pas disposée d’en recevoir dans ce domaine. Et surtout pas de la part de ceux qui ont assassiné la démocratie dans ce pays et ailleurs ».

« N’en déplaise à ceux qui ne voient que ce qui reste à faire et non ce qui a été fait », a-t-il lancé sous les acclamations de ses partisans.

– « Nous sommes déçus » –

Dans un communiqué publié à New York à l’issue de deux jours d’une réunion annuelle, les Conseils de sécurité de l’ONU et de paix et sécurité de l’Union africaine ont souligné attendre « un transfert démocratique du pouvoir » en RDCongo. « Les élections doivent mener à un transfert pacifique et démocratique du pouvoir en accord avec la Constitution », insiste leur communiqué conjoint qui dénie implicitement à Joseph Kabila la possibilité de se représenter.

Dans le pays, le parti historique de l’opposition (Union pour la démocratie et le progrès social) a promis « une réaction musclée demain (vendredi) » contre M. Kabila, a indiqué son porte-parole, Augustin Kabuya.

« Le peuple congolais n’a plus rien à attendre d’une personne qui se croit monarque éternel », a réagi le député d’opposition Claudel André Lubaya.

« Nous sommes déçus par ce discours du président Kabila qui a encore raté l’occasion de se prononcer sur son avenir politique », a déclaré un autre élu d’opposition.

« Kabila n’a rien dit sur son avenir politique. Toujours pas de signe clair qu’il prévoit de quitter le pouvoir conformément à la Constitution (et) permettre un scrutin crédible. Il faut d’urgence une pression accrue pour le convaincre de changer de cap », a estimé Ida Sawyer, directrice Afrique de Human Right Watch et persona non grata en RDC pour ses prises de position antérieures.

Quelques heures avant le discours, le mouvement citoyen congolais Lutte pour le changement (Lucha) a écrit sur Twitter : « Candidat? Levons-nous tous aussitôt pour le démettre comme on aurait dû le faire depuis longtemps. Pas candidat? continuons à exiger des vraies élections, impossibles avec lui et sa Céni (commission électorale) aux commandes ».

Ce mouvement né à Goma (est) est à la pointe de la contestation contre le maintien au pouvoir de M. Kabila dont le mandat s’est achevé le 20 décembre. La Constitution lui interdit de se représenter.

Le dépôt des candidatures doit s’ouvrir le 24 juillet et se terminer le 8 août.

« Le suspens continue encore pour quelques temps jusqu’au 8 août », a dit le député de la majorité Patrick Muyaya.

Un scrutin est ouvert « à tous ceux qui en réunissent les conditions légales d’éligibilité », a précisé M. Kabila.

Parmi les candidats déclarés à la présidentielle figure l’opposant en exil, Moïse Katumbi. Ancien allié du président, M. Katumbi a été condamné à trois ans de prison en 2016 dans une affaire immobilière et est menacé d’arrestation dès son retour en RDC.

Romandie.com avec(©AFP / 19 juillet 2018 22h38)                               

Otan: pressés par Trump, les alliés réaffirment leur engagement à payer plus

juillet 12, 2018

Le président américain Donald Trump au côté de son secrétaire d’Etat Mike Pompeo, lors de sa conférence de presse à l’issue du sommet de l’Otan à Bruxelles le 12 juillet 2018. / © AFP / LUDOVIC MARIN

Donald Trump a obtenu jeudi l’engagement des Alliés des Etats-Unis d’accélérer la cadence pour augmenter leurs dépenses militaires, se déclarant « très content » des résultats obtenus à l’issue des deux journées d’un sommet de l’Otan sous tension à Bruxelles.

« Ils ont accepté de payer et de payer plus rapidement », a annoncé M. Trump au cours d’un conférence de presse non programmée avant de quitter Bruxelles.

L’engagement souscrit en 2014 de consacrer 2% de leur PIB aux dépenses de défense pour 2024 demeure. Il est inscrit noir sur blanc dans la déclaration commune agréée mercredi par les dirigeants des 29 pays membres de l’Alliance.

Mais une quinzaine de pays, dont l’Allemagne, le Canada, l’Italie, l’Espagne et la Belgique sont encore très loin de l’objectif, avec moins de 1,4% de leur PIB pour la Défense en 2018, et certains se disaient incapables de respecter leur parole en 2024, ce qui a ulcéré le président américain.

Donald Trump était arrivé à Bruxelles mardi soir décidé à leur forcer la main. Il a mis le sommet sous pression à coup de messages sur son compte Twitter et de déclarations peu amènes à l’adresse des mauvais payeurs.

Les chefs d’Etat et de gouvernement des 29 pays de l’Otan lors d’un dîner de travail au parc du Cinquantenaire à Bruxelles le 11 juillet 2018. / © POOL/AFP / YVES HERMAN

Cible privilégié de sa vindicte: l’Allemagne qui a été accusée de débourser des milliards pour des achats de gaz et de pétrole à la Russie au lieu de contribuer aux dépenses de défense.

– « Je crois en l’Otan » –

M. Trump a renouvelé ses exigences jeudi au début de la seconde journée du sommet et le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a été contraint de convoquer en urgence une réunion extraordinaire pour désamorcer une menace de crise.

« Les Alliés pouvaient être inquiets, car hier j’étais extrêmement insatisfait de ce qui se passait et ils ont considérablement renforcé leurs engagements. Maintenant, nous sommes très heureux d’avoir une Otan très puissante, très forte, beaucoup plus forte qu’il y a deux jours », s’est félicité le président américain.

Dépenses militaires des Etats de l’Otan / © AFP / Gillian HANDYSIDE

« J’aurais pu utiliser la menace (de quitter l’Otan) mais cela n’a pas été nécessaire », a-t-il assuré en réponse à une question en ce sens.

« J’ai obtenu des progrès extraordinaires par rapport à mes prédécesseurs », a-t-il soutenu. « L’Allemagne a accepté d’accélérer le tempo pour augmenter ses dépenses militaires », a expliqué Donald Trump.

La chancelière Merkel a néanmoins rétorqué que les Allemands savaient que « nous devons faire plus et que nous le faisons depuis un certain temps ».

« Je crois en l’Otan. L’Otan est plus fort qu’il y a deux ans », a lancé le président américain.

Angela Merkel et Donald Trump, à Bruxelles le 11 juillet 2018 / © AFP / Brendan Smialowski

Un sentiment partagé par le chef de l’Etat Français: « L’Otan sort plus fort » de son sommet, s’est réjoui Emmanuel Macron.

La France respectera ses engagements pour parvenir à consacrer 2% de son PIB à ses dépenses militaires. « Nous y serons en 2025 », a affirmé la ministre des Armées Florence Parly, présente à Bruxelles avec ses homologues des 28 autres pays membres.

« Nous sommes pleinement en ligne avec ce qui a été acté dans la déclaration finale qui a été adoptée mercredi de manière consensuelle », a-t-elle précisé.

– Poutine à Helsinki –

Les 29 de l’Otan arrivent au deuxième jour du sommet / © OTAN TV/AFP / –

Le président américain est attendu jeudi au Royaume-Uni pour une visite officielle, au cours de laquelle il rencontrera la reine Elizabeth II et la Première ministre Theresa May.

Il se rendra ensuite pour un sommet bilatéral historique avec le président russe Vladimir Poutine lundi à Helsinki.

Il a assuré qu’il évoquerait avec M. Poutine l’interférence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016.

Vladimir Poutine « n’est pas mon ennemi (…) En fin de compte, c’est un concurrent, il représente la Russie, je représente les États-Unis », a-t-il souligné.

Le projet de doublement du gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne devrait être discuté au cours de cette réunion, a indiqué le président américain.

Donald Trump a demandé son abandon au cours du sommet de l’Otan. L’attaque lui a permis d’enfoncer un coin dans l’unité des Européens, car ce dossier les divise.

La Pologne estime ainsi que l’Europe n’a pas besoin de Nord Stream 2.

« C’est un exemple de pays européens qui fournissent des fonds à la Russie, lui donnent des moyens qui peuvent être utilisés contre la sécurité de la Pologne », a soutenu le chef de la diplomatie polonaise Jacek Czaputowicz.

Romandie.com avec(©AFP / 12 juillet 2018 15h00)