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L’Eglise dénonce la « descente aux enfers » d’Haïti après l’enlèvement de religieux

avril 12, 2021
L'Eglise denonce la "descente aux enfers" d'Haiti apres l'enlevement de religieux
L’Eglise dénonce la « descente aux enfers » d’Haïti après l’enlèvement de religieux© AFP/Archives/Yuri CORTEZ

L’Eglise catholique haïtienne a dénoncé lundi l’inaction des autorités au lendemain de l’enlèvement de dix personnes, dont sept religieux –cinq Haïtiens et deux Français– près de Port-au-Prince, capitale de ce pays des Caraïbes gangréné par l’insécurité.

« Depuis quelque temps, nous constatons la descente aux enfers de la société haïtienne », regrette l’archevêché de Port-au-Prince, selon qui la « violence des bandes armées » prend « une proportion sans précédent ».

« Les autorités publiques qui ne font rien pour résoudre cette crise ne sont pas à l’abri de tout soupçon. Nous dénonçons les complaisances et les complicités d’où qu’elles viennent », poursuit le communiqué estampillé par Monseigneur Max Leroy Mésidor, archevêque de la première ville haïtienne.

Le groupe comprend quatre prêtres et une religieuse haïtiens ainsi que deux Français originaires de l’ouest de la France: une religieuse du département de la Mayenne et un prêtre de l’Ille-et-Vilaine qui vit en Haïti depuis plus de trente ans.

Trois personnes, membres de la famille d’un prêtre haïtien qui ne fait pas partie des personnes kidnappées, ont également été enlevées. Les Haïtiens sont majoritairement de confession catholique et leur pays est le plus pauvre du continent américain.

Le parquet de Paris, compétent pour des crimes commis à l’étranger contre des citoyens français, a ouvert lundi une enquête pour « enlèvement et séquestration en bande organisée », qu’il a confiée à l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO).

Rançon exigée

La police haïtienne soupçonne un gang armé – baptisé « 400 Mawozo » – actif dans le secteur où ces enlèvements se sont produits, d’en être à l’origine, d’après une source policière.

Les ravisseurs réclament une rançon d’un million de dollars, a de son côté déclaré le père Loudger Mazile, selon lequel les religieux ont été kidnappés dans la matinée à la Croix-des-Bouquets, près de Port-au-Prince, au moment où ils se rendaient à « l’installation d’un nouveau curé ».

A Paris, le ministère des Affaires étrangères a dit être « pleinement mobilisé, en relation étroite avec les autorités locales », tout en souhaitant observer « la plus grande discrétion ».

Les cinq prêtres appartiennent à la Société des prêtres de Saint-Jacques, établie à Guiclan (Finistère, ouest de la France), a confirmé lundi à l’AFP le supérieur général, Paul Dossous.

« On essaye de prier en étant aussi actifs. Nous sommes en train de négocier. Le contact est fait, ça c’est important », a-t-il souligné. La société missionnaire compte une quinzaine de prêtres en Haïti dont les cinq enlevés, sur un total de 80 prêtres et une vingtaine de séminaristes présents aussi en France, au Brésil et au Canada.

De son côté la Conférence haïtienne des Religieux a exprimé son « profond chagrin mais aussi sa colère ».

« Il ne se passe pas un jour sans pleurs et grincements de dents et pourtant les soi-disant leaders de ce pays, tout en s’accrochant au pouvoir, sont de plus en plus impuissants », a-t-elle déclaré.

La Conférence des évêques de France et la Conférence des Religieux et Religieuses de France ont appelé les ravisseurs à « libérer les hommes et les femmes de paix qu’ils ont enlevés et ne pas ajouter encore de la haine là où se trouvent déjà la pauvreté et l’insécurité ».

– Profonde crise-

Les enlèvements contre rançon ont connu une recrudescence ces derniers mois en Haïti et touchent toutes les couches de la population, témoignant de l’emprise grandissante des gangs armés sur le territoire.

Les Etats-Unis ont d’ailleurs de nouveau formellement déconseillé lundi à leurs ressortissants de se rendre en Haïti, y soulignant « les enlèvements fréquents ».

A cela s’ajoute la profonde crise politique dans laquelle est plongée la nation.

Le président Jovenel Moïse estime que son mandat prendra fin le 7 février 2022, alors que pour l’opposition et une partie de la société civile celui-ci s’est achevé le 7 février 2021. Ce désaccord tient au fait que M. Moïse avait été élu à l’issue d’un scrutin annulé pour fraudes, puis réélu un an plus tard.

Privé de Parlement, Haïti s’est encore davantage enfoncé dans la crise en 2020 et le président gouverne par décrets, alimentant une défiance croissante à son encontre.

Dans ce contexte instable, M. Moïse a décidé d’organiser en juin un référendum constitutionnel, dénoncé comme une mascarade par l’opposition.

Par Le Point avec AFP

Libération des 42 personnes enlevées d’une école du nord du Nigeria

février 27, 2021

LAGOS, Nigéria — Les 42 personnes, dont 27 étudiantes, enlevées la semaine dernière d’une école du nord du Nigeria, ont été libérées.

© Fournis par La Presse Canadienne

C’est ce qu’a indiqué l’attachée de presse du gouverneur de l’État de Niger (à ne pas confondre avec le pays voisin), Mary Noel-Berje, à l’agence The Associated Press, samedi.

«Les otages libérés sont arrivés dans la capitale de l’État (Minna). Nous les avons accueillis», a souligné Mme Noel-Berje.

Les étudiantes, les enseignants et des membres de leur famille avaient été enlevés par des hommes armés d’une école secondaire de Kagara.  

L’annonce de leur libération survient au lendemain de l’enlèvement de 317 filles d’un pensionnat du nord du Nigeria, dans l’État de Zamfara.

Un résident a raconté que les ravisseurs avaient également attaqué une base militaire et un point de contrôle, situés à proximité, pour empêcher les militaires d’intervenir.

Plusieurs groupes armés, les «bandits» comme les surnomment le gouvernement, sont connus pour réclamer des rançons ou la libération de leurs proches de prison lors de ces kidnappings de masse.

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a affirmé vendredi que la priorité de son gouvernement était d’assurer le retour des adolescentes et des autres otages, et ce, sans qu’il y ait de menace à leur vie ou à leur sécurité.

«Nous ne succomberons pas au chantage de bandits et de criminels qui ciblent des personnes innocentes dans l’espoir d’empocher d’énormes rançons, a-t-il affirmé. Que ces bandits, kidnappeurs et terroristes ne se fassent pas d’illusion. Ils ne sont pas plus puissants que le gouvernement», a ajouté le président nigérian.

Quoi qu’il en soit, le Nigeria a connu plusieurs enlèvements de masse au fil des ans, dont celui de 276 adolescentes d’une école secondaire de Chibok, dans l’État de Borno, en avril 2014 par le groupe djihadiste Boko Haram qui avait fait les manchettes. Plus d’une centaine de ces filles manquent toujours à l’appel.

En décembre dernier, 344 étudiantes d’une école secondaire de Kankara ont été enlevées puis libérées par la suite.

Par Sam Olukoya, The Associated Press. avec La Presse Canadienne

Pakistan : Farah, chrétienne de 12 ans, enlevée, violée et réduite en esclavage

janvier 23, 2021
WEB2-Farah Shaheen-ACN

Aid to the Church in Need Farah Shaheen

Farah Shaheen, une fillette chrétienne de 12 ans, a été libérée fin décembre 2020 après avoir passé cinq mois d’une violence indicible. Enlevée, mariée et convertie de force à l’islam, elle a été violée à de nombreuses reprises et enchaînée dans un enclos à bétail.

C’est un effroyable témoignage qu’a livré le pakistanais Asif Masih à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) sur le calvaire qu’a subi sa fille, Farah Shaheen, chrétienne âgée de 12 ans, pendant cinq mois. Cinq mois de souffrance, de torture et de désespoir auquel il a réussi à mettre un terme fin décembre après de nombreuses alertes auprès de la police.

Farah Shaheen a été enlevée le 12 juin 2020 par un homme âgé de 45 ans, Khizar Ahmed Ali. Ce dernier, après l’avoir forcé à se convertir à l’islam, l’a épousé. Commence alors une vie de terreur pour la fillette. « Elle a été agressée sexuellement par son ravisseur et violée à plusieurs reprises par d’autres hommes », rapporte son père. Tout au long de ces cinq mois, Farah Shaheen est enchaînée et forcée à travailler toute la journée dans un enclos à bétail.

Trois mois pour enregistrer sa disparition

Après une première alerte lors de son enlèvement en juin, Asif Masih n’a eu de cesse de se battre pour retrouver sa fille. L’affaire est finalement enregistrée après trois mois et il aura fallu attendre cinq mois pour que la police intervienne. « Quand j’ai signalé à la police que Farah avait été enlevée, on m’appelait ‘churrah’, ce qui signifie sale, un terme de réprimande souvent utilisé contre les chrétiens », a-t-il expliqué à l’AED. Il a également dénoncé un rapport médical réclamé par la justice pakistanaise affirmant que la jeune fille est âgée de 17 ou 18 ans… alors que son certificat de naissance délivré par l’état civil ne laisse aucun doute sur ses 12 ans.PUBLICITÉ

D’après plusieurs ONG dont le Mouvement pour la Solidarité et la Paix, une organisation de défense des droits de l’Homme dans le pays, environ 1.000 femmes et filles chrétiennes et hindoues sont enlevées chaque année au Pakistan.

Avec Alitea par Agnès Pinard Legry

France/Enlèvement et viol d’une mineure de 11 ans : une arrestation à Dijon

janvier 22, 2021

La jeune adolescente a été menacée au couteau et forcée de monter dans la voiture avant de se faire violer.

Un homme de 24 ans a été mis en examen à Dijon dans l’enquête sur l’enlèvement et le viol d’une collégienne de 11 ans, a indiqué vendredi 22 janvier le procureur de la République, Eric Mathais.

Le 7 janvier, la jeune fille allait à pied à son école quand, peu avant 10H00, un homme l’agrippe par ses vêtements et la force à monter à l’arrière d’un véhicule en stationnement, a raconté Mathais lors d’une conférence de presse. Il la menace d’un couteau et lui prend son téléphone avec lequel la jeune adolescente tentait d’appeler au secours puis déplace son automobile pour la garer au fond d’une impasse. Il rejoint alors l’enfant à l’arrière du véhicule et commence à l’embrasser avant de la violer, a ajouté le procureur sans vouloir être plus précis. Quinze minutes plus tard, il libère la jeune fille, lui rendant son téléphone. Elle rejoint son collège et témoigne de ce qui lui est arrivé, déclenchant une «mobilisation massive» de la police, selon Mathais.

À la suite de nombreuses analyses ADN, un rapprochement est fait avec une famille puis un jeune homme de 24 ans est identifié. Il est alors arrêté mercredi. Placé en garde à vue, il conteste d’abord l’ensemble des faits avant de finalement reconnaître l’enlèvement vendredi matin. Il demeure cependant «flou sur le reste», a ajouté le procureur. Mais son ADN correspond aux traces trouvées sur les vêtements de la jeune fille, a-t-il ajouté.

Cet homme, qui habite Dijon, n’a jamais été condamné et n’a pas d’antécédents psychiatriques connus. Il a été mis en examen pour viol sur mineur de moins de 15 ans et enlèvement ou séquestration. Il encourt un maximum de vingt ans de réclusion criminelle s’il est déclaré coupable.

Par Le Figaro avec AFP

Plus de 340 écoliers libérés au Nigeria six jours après leur enlèvement

décembre 17, 2020

PLUS DE 340 ÉCOLIERS LIBÉRÉS AU NIGERIA SIX JOURS APRÈS LEUR ENLÈVEMENT

© Reuters/AFOLABI SOTUNDE 

KATSINA, Nigeria (Reuters) – Les forces de sécurité nigérianes ont réussi à libérer plus de 340 adolescents enlevés vendredi soir dernier dans un établissement scolaire du nord du Nigeria et conduits dans une vaste forêt de la région, a annoncé le gouverneur de l’Etat de Katsina.

Les jeunes garçons, du nombre de 344 exactement, dont l’enlèvement avait été revendiqué mardi par le groupe djihadiste Boko Haram dans un message vocal, sont en route pour la ville de Katsina, a ajouté Aminu Bello Masari. Détenus dans la forêt pendant plusieurs jours, ils vont subir un examen médical et pourront retrouver leurs familles vendredi.

« Nous avons récupéré la plupart des garçons, pas tous », a précisé le gouverneur.

Lors de l’opération, les forces de sécurité ont encerclé la zone où les jeunes gens étaient détenus, avec pour instruction de ne pas tirer un seul coup de feu, a déclaré le gouverneur.

« Nous avions établi un contact indirect pour nous assurer que nous pourrions procéder à la libération sans faire de mal aux enfants », a-t-il dit.

Le rapt du 11 décembre a provoqué un choc au Nigeria et rappelé l’enlèvement de plus 270 lycéennes à Chibok en 2014.

Avec Reuters par (Afolabi Sotunde et Ismail Abba, version française Jean-Stéphane Brosse

Cameroun : le cardinal Christian Tumi a été libéré après son enlèvement par des séparatistes ambazoniens

novembre 6, 2020
Le cardinal Christian Tumi, ici en 2018 au Vatican, a été enlevé jeudi 5 novembre 2020 par des séparatistes.

Le cardinal Christian Tumi a été libéré ce vendredi 6 novembre. Il avait été enlevé la veille dans le Nord-Ouest par un groupe de sécessionnistes ambazoniens.

Le cardinal et archevêque émérite de Douala, Christian Tumi, a été libéré vendredi 6 novembre, selon des informations confirmées à Jeune Afrique par l’évêché de Bamenda. Il avait été enlevé jeudi 5 novembre vers 18 heures, en compagnie de onze autres personnes parmi lesquelles Fon Sehm Mbinglo II, le chef traditionnel des  Nso.

La délégation avait été interceptée par des séparatistes ambazoniens au niveau de la commune de Baba, dans l’arrondissement de Babessi (département du Ngo-Ketunjia).

Les ravisseurs sont dirigés par un « général » des Ambazoniens, dont le nom de guerre est Chao Mao, un ancien pasteur entré en rébellion contre le pouvoir central de Yaoundé. Celui-ci semble reprocher au cardinal Tumi d’avoir soutenu la reprise des cours dans les écoles des régions anglophones, que les Ambazoniens tentent actuellement d’empêcher.

Selon nos informations, Chao Mao avait été en contact dès les premières heures de l’enlèvement avec des proches du cardinal et leur a assuré que l’ecclésiastique serait rapidement libéré. Mais la libération de l’archevêque de Douala a pris du temps. Fon Sehm Mbinglo II et dix autres personnes sont toujours détenus.

Plusieurs manifestations spontanées de fidèles chrétiens du département avaient débuté dans la matinée de vendredi 6 décembre, réclamant la libération du cardinal et du chef traditionnel des Nso.

Avec Jeune Afrique par Franck Foute et Mathieu Olivier

Burkina Faso : enlèvement du grand imam de Djibo

août 12, 2020

Des soldats burkinabè lors d'un exercice en février 2019 (image d'illustration).

Des soldats burkinabè lors d’un exercice en février 2019 (image d’illustration). © DR / Forces armées burkinabè

 

Souaibou Cissé, le grand imam de Djibo, dans le nord du Burkina Faso, a été « enlevé par des individus non identifiés » mardi 11 août, a-t-on appris de source sécuritaires et locales.

Le grand imam « a été enlevé par un groupe d’individus armés, qui ont intercepté le car dans lequel il regagnait Djibo après un séjour à Ouagadougou », a déclaré une source sécuritaire. « Ils ont arrêté le car et procédé à une fouille et un contrôle d’identité avant de repartir avec le grand imam. Ils ont laissé les autres occupants du car poursuivre leur trajet », selon cette source, citant des témoignages de voyageurs.

« Toute la communauté est attristée et sans nouvelle du grand imam depuis cet après-midi », a indiqué un habitant de Djibo, précisant que le rapt s’est déroulé « entre Namsiguia et Gaskindé, sur l’axe Kongoussi – Djibo ».

Menaces

Président de la communauté musulmane de Djibo, présenté comme un « leader religieux modéré, qui prônait la tolérance » Souaibou Cissé « était de ceux qui avaient refusé de quitter la ville malgré les menaces », selon la même source. « La ville est de plus en plus menacée. Depuis quelques semaines, les terroristes ont imposé un blocus. Tous les cars qui quittent ou arrivent à Djibo sont systématiquement arrêtés et fouillés », a témoigné un fonctionnaire de la localité, sous le couvert de l’anonymat.

« Le risque est réel tant pour les différents leaders que pour les populations », a-t-il estimé, rappelant l’enlèvement d’un chef traditionnel sur le même axe fin-juillet. Lors d’une visite surprise en mi-juin à Djibo, le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré avait promis le retour des forces de sécurité dans cette ville en proie à des attaques terroristes.

Par Jeune Afrique avec AFP

S.O.S: Le sort du Mali est lié à celui de Soumaïla Cissé

juin 8, 2020

Soumaïla Cissé à Bamako, le 15 juin 2018.

Soumaïla Cissé à Bamako, le 15 juin 2018. © Nicolas Réméné pour JA

 

Plus de deux mois après l’enlèvement du chef de file de l’opposition malienne, onze personnalités, dont deux anciens Premiers ministres du Burkina Faso et du Sénégal, lancent un appel à « tout faire pour obtenir sa libération ».

Soumaïla Cissé est un ami et nous sommes tous très inquiets. Le 25 mars dernier, le chef de file de l’opposition au Mali, candidat ayant participé à trois reprises au second tour des élections présidentielles de 2002, 2013 et 2018, a été enlevé par un groupe d’hommes armés alors qu’il faisait campagne pour les élections législatives dans sa circonscription de Niafunké, après que le gouvernement ait assuré que la sécurité du scrutin était assurée sur l’ensemble du territoire. Sa voiture a été mitraillée sans sommation. Son garde du corps tué. Des collaborateurs blessés. Tous ont été libérés, mais sans pouvoir donner de nouvelles de notre ami, isolé dès son kidnapping.

La mise à l’écart et le silence du président de l’URD constituent un grave préjudice pour le pays, profondément meurtri par les violences depuis plusieurs années. Le sort du Mali est étroitement lié à celui de Soumaïla Cissé. Il est vain de croire que ce pays pourrait retrouver la paix, la stabilité et la sécurité avec le chef de file de l’opposition retenu par un groupe armé, et donc incapable de peser dans les décisions et de contribuer activement à un élan national nécessairement inclusif.

Homme d’État

Soumaïla Cissé est de la trempe d’un homme d’État. Son parcours l’atteste. Sa prise en otage n’en est que plus insupportable. La plupart d’entre nous le connaissons depuis les années 1980, lorsque le jeune Soumaïla occupait déjà un poste à haute responsabilité à la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT), la plus grande entreprise malienne. Parmi les programmes dits « cotonniers » lancés avec succès dans une demi-douzaine de pays d’Afrique de l’Ouest durant ces années, seul le programme malien a bénéficié de financements de la Banque mondiale, séduite par cet homme à la fois charismatique, dynamique et très sérieux.

Nous l’avons tous retrouvé, de 1993 à 2000, lorsqu’il a été un ministre des Finances efficace, puis ministre de l’Équipement, l’Aménagement du territoire, l’Environnement et l’Urbanisme dans une période pourtant particulièrement difficile.

Durant sa brillante carrière à la tête de la Commission de l’UEMOA de 2004 à 2011, une institution qu’il a dynamisée, notre amitié s’est renforcée. Un ami pour lequel nous avons la plus grande estime, non seulement professionnelle, mais aussi parce que nous avons découvert sa simplicité, sa sincérité, son humanité, sa rigueur, son sens de l’État et du devoir, et aussi son profond amour pour son pays et le continent.

Nous avons déjà eu peur pour sa vie en 2012, lorsqu’il fut agressé lors du coup d’État qui a renversé le président Amadou Toumani Touré, laissé pour mort, et qu’il dût passer plusieurs mois à l’hôpital.

Au fil des ans, nous avons également rencontré et apprécié sa famille unie, et avons aujourd’hui une pensée pour son épouse et ses quatre enfants saisis par l’absence et l’angoisse.

C’est plus que son sort qui est en jeu

Nous pouvons également témoigner que Soumaïla incarne ce qu’il y a de meilleur dans la méritocratie et la promotion par l’école et le travail, ayant été sélectionné comme l’un des plus brillants étudiants de l’Université de Dakar et bénéficiaire à ce titre d’une bourse pour poursuivre ses études en France où il termina major de sa promotion à l’Institut des Sciences de l’ingénieur de Montpellier. Son début de carrière en France est également impressionnant : IBM, Pechiney, Thomson…, avant de rentrer au pays pour le servir.

Ce parcours exemplaire doit inciter chacun à tout faire pour obtenir sa libération. Le Mali et l’Afrique ont besoin de Soumaïla Cissé ; il serait criminel de l’abandonner. C’est bien plus que son sort qui est en jeu. C’est la vie publique du Mali, son processus démocratique, le fonctionnement de l’État et l’avenir d’un pays qui a tant besoin de dirigeants de son calibre.

Plus de deux mois se sont écoulés depuis son enlèvement. Depuis, aucune preuve de vie, pas de revendication, aucun élément probant sur des négociations avec des ravisseurs non identifiés, et un pouvoir à Bamako totalement silencieux. Alors oui, nous avons peur pour notre ami « Soumi » que ses partisans appellent « Soumi Champion ». Soumi est un champion, mais il a 71 ans et vit sous insuline. Nul ne sait s’il a accès à des médicaments. La chaleur au nord Mali est écrasante en cette période.

Solennellement, nous demandons donc à tous ceux qui peuvent agir pour obtenir la libération du Président Soumaïla Cissé de le faire, sans délai, au Mali et au-delà. Nous ne leur demandons pas de tout dire évidemment, cela va de soi, mais d’au moins exprimer de la compassion et leur engagement. Nous demandons également aux autorités maliennes d’en faire autant. Nous savons très bien que cela ne suffira pas pour que Soumaïla retrouve les siens. Mais cette mobilisation serait une contribution déterminante pour réconforter les proches de Soumaïla Cissé, peut-être peser sur les ravisseurs mais aussi renforcer la détermination de ceux qui aideront à sa libération.

Cet appel est cosigné par : 

Tertius Zongo, ancien Premier ministre du Burkina Faso

Mamadou Lamine Loum, ancien Premier ministre du Sénégal

Theodore Ahlers, ancien directeur régional à la Banque mondiale

Jean-Louis Sarbib, ancien premier vice-président de la Banque mondiale

Me Demba Traoré, secrétaire à la communication de l’URD

Hasan Tuluy, ancien vice-président de la Banque mondiale

Jean-Michel Debrat, ancien directeur général adjoint de l’Agence française de développement (AFD)

Jean-Marc Gravellini, ancien directeur exécutif des opérations à l’Agence française de développement (AFD)

Serge Michailof, ancien directeur exécutif des opérations à l’Agence française de développement (AFD)

Jean-Michel Severino, ancien directeur général de l’Agence française de développement (AFD)

Philippe Perdrix, associé de l’agence 35°Nord

Avec Par Jeune Afrique

Mali : l’enlèvement de Soumaïla Cissé, le chef de file de l’opposition, est confirmé par le gouvernement

mars 26, 2020

 Soumaïla Cissé à Paris en octobre 2011 (archives).

Soumaïla Cissé à Paris en octobre 2011 (archives). © Vincent Fournier/JA 

Porté disparu depuis mercredi après-midi alors qu’il était en campagne électorale dans la région de Niakunfé, Soumaïla Cissé a bien été enlevé, ont confirmé le gouvernement ainsi que l’entourage du chef de file de l’opposition.

« Le gouvernement, à travers l’administration régionale, les FAMa et ses partenaires, rassure que toutes les dispositions pratiques sont prises, pour retrouver » Soumaïla Cissé, porté disparu depuis mercredi, assure le gouvernement dans un communiqué intitulé « enlèvement du chef de file de l’opposition ».

Deux membres de l’entourage de l’opposant malien ont par ailleurs confirmé à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, qu’il avait été enlevé.

La Minusma, la force onusienne déployée au Mali, a également annoncé être impliquée dans les recherches, depuis la disparition de l’opposant et de sa délégation, notamment par le déploiement de moyens aériens.

Un enlèvement sans précédent

Soumaïla Cissé et les membres de sa délégation étaient « portés disparus depuis 15h30 ce mercredi 25 mars », selon l’URD, son parti. Natif de Niafunké, l’opposant y est candidat pour les législatives qui doivent se tenir ce dimanche 29 mars. Mercredi, avec sa délégation, il a quitté Saraféré pour se rendre à Koumaïra, dans le cadre de la campagne électorale. Il n’est jamais arrivé à destination et n’avait, depuis, pas donné de nouvelles.

Le 17 mars, déjà, des hommes armés non identifiés avaient enlevé Mohamed Ag Ahmed, le candidat aux élections législatives du parti Rassemblement pour le Mali (RPM, au pouvoir) dans le cercle de Niafunké. Il avait été libérés 24 heures plus tard. Soumaïla Cissé avait, le 19 mars, rencontré son concurrent dans la circonscription pour l’assurer de son soutien après cette épreuve, le temps d’une rencontre « cordiale et amicale ».

L’enlèvement d’une personnalité nationale de cette envergure est sans précédent depuis le début de la crise sécuritaire que traverse le Mali. La zone dans laquelle a disparu Soumaïla Cissé, dans la région de Tombouctou, est un secteur où opèrent des jihadistes affiliés à Al-Qaïda.

Par Jeuneafrique avec AFP

Accusée d’avoir « enlevé » son enfant, Rokia Traoré est incarcérée à Paris

mars 13, 2020

La chanteuse Rokia Traoré au festival de Cannes, en 2015.

La chanteuse Rokia Traoré au festival de Cannes, en 2015. © Arthur Mola/AP/SIPA

 

En conflit avec son ancien compagnon sur la garde de leur fille de 5 ans, l’artiste malienne est sous le coup d’un mandat d’arrêt européen pour enlèvement, séquestration et prise d’otage.

L’arrestation spectaculaire de Rokia Traoré à sa descente d’avion à l’aéroport de Roissy, le 10 mars, avait tout pour surprendre. Et pourtant, ces derniers mois, l’artiste malienne qui se produisait encore en janvier dernier à la Philharmonie de Paris et qui travaillait à un hommage à Miriam Makeba, avait déjà été arrêtée dans la capitale française et à Dakar avant d’être à chaque fois relâchée.

Selon les informations que Jeune Afrique a pu se procurer, elle était en effet sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis le 24 octobre 2019 par une juge d’instruction au tribunal de première instance francophone de Bruxelles.

Les faits reprochés à la grande chanteuse malienne ? Enlèvement, séquestration et prise d’otage de sa propre fille de 5 ans. Des faits pour lesquels, si sa culpabilité est prouvée, Rokia Traoré encourt une peine de 5 ans d’emprisonnement.

Attouchements sexuels

Si l’affaire est si stupéfiante, c’est aussi que l’artiste a toujours été discrète sur sa vie privée. Une très longue note rédigée sur son propre compte Facebook ainsi que les explications de son avocat, Maître Kenneth Feliho, permettent de reconstituer l’enchaînement des faits, du moins de son point de vue. Pour l’heure, l’avocat de la partie adverse est resté injoignable. Il s’agit de Frank Berton -ténor du barreau, basé à Lille – qui s’est distingué dans plusieurs affaires médiatisées, en prenant notamment la défense de Florence Cassez ou Salah Abdeslam.

Les faits, donc. Rokia Traoré a eu une petite fille de sa relation avec le dramaturge belge Jan Goossens, actuellement directeur du Festival de Marseille. L’artiste malienne a emmené rapidement avec elle cette enfant à Bamako, où elle est d’ailleurs aujourd’hui inscrite à l’école internationale américaine. Le père, quant à lui, pouvait rendre régulièrement visite à sa fille ou l’emmener en voyage dans d’autres pays européens et africains.

Mais en mars 2019, cet équilibre se rompt brutalement. Selon Rokia Traoré, son ancien compagnon aurait fait subir des attouchements sexuels à leur fille. La chanteuse dépose plainte au Mali et obtient la garde exclusive. Dans le même temps, Jan Goossens se tourne vers les tribunaux belges. Sa défense, dénonçant une contestation de l’autorité parentale, évoque une manipulation de l’enfant.

Le tribunal bruxellois a finalement donné la garde exclusive de l’enfant à son père. Mais la mère, vue la gravité des faits reprochés, a refusé de rendre l’enfant et ne s’est pas présentée devant le juge. C’est justement au moment de se rendre finalement à une audience à la Cour d’appel de Bruxelles, qu’elle a été arrêtée lors de son escale à Paris.

Audience le 18 mars

Rokia Traoré est donc actuellement détenue à la prison de Fleury-Mérogis. Une audience est prévue mercredi 18 mars à Paris pour savoir si elle sera transférée devant la justice belge.

Les réseaux sociaux, eux, ont déjà pris parti : le hashtag #FreeRokia est apparu dès que son arrestation a été dévoilée. Une pétition circule également sur change.org. Déjà signée par près de 5 000 internautes, elle reprend les arguments de l’artiste qui dénonce un procès injuste fait à une femme africaine.

Dans une note rédigée en décembre, la chanteuse déclarait en effet : « Avec effroi, je découvre que nos droits ne pèsent pas le même poids dans la balance de mère Justitia selon que nous soyons femme travailleuse ou pas, noir ou blanc du point de vue de l’Europe ou de l’Afrique. »

Elle dénonce également l’absence de reconnaissance de souveraineté du Mali, dont l’avis de justice n’a pas été pris en compte, et l’impossibilité, pour elle, de pouvoir poursuivre sa carrière internationale sous le coup d’un mandat d’arrêt.

Avec Jeuneafrique par Léo Pajon