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Congo/Commune de Ouesso (département de la Sangha) : Le maire, Siméon Mobondé, arrêté dans l’affaire Kata-Kata

mai 24, 2013
Siméon Mobondé.

Une enquête de police, dans l’affaire Kata-Kata (assassinats suivis de mutilations), à Ouesso (département de la Sangha), a permis d’interpeller au moins six personnes, dont des autochtones, à Ouesso et le maire, Siméon Mobondé, qui a été interpellé, mercredi 22 mai dernier, à Pointe-Noire, transféré, le lendemain, à Brazzaville, et placé en garde à vue. Une perquisition a eu lieu à ses domiciles de Ouesso et de Brazzaville, et à la mairie de Ouesso. L’affaire Kata-Kata, qui a terrorisé les populations du chef-lieu de la Sangha, a commencé, sans doute, à livrer ses secrets.

Les lecteurs se souviennent que, dans sa livraison du mardi 30 avril 2013, La Semaine Africaine, sous la plume de Victor Guembela, évoquait le phénomène Kata-Kata qui a créé un climat de terreur à Ouesso, à cause des assassinats en série perpétrés par un réseau de bandits appelés Kata-Kata, à partir de 2011. Les assassinats visaient, particulièrement, les femmes allant seules au champ. Les populations étaient en colère contre les autorités locales, accusées de laxisme devant ce phénomène de criminalité, à l’origine d’un climat d’insécurité dans le district. Conséquence: les femmes ne s’aventuraient plus seules, au champ ou même en dehors de la commune. La nuit, il fallait éviter d’être seul. On compte au moins une dizaine de victimes, dont trois grièvement blessés, ayant échappé à leurs agresseurs.

C’est dans un contexte social tendu, à Ouesso, que la direction générale de la police a pris l’affaire en main. Jusqu’à l’enquête de police qui a permis l’arrestation de cinq personnes, à Ouesso, dont un jeune autochtone considéré comme le principal présumé auteur des crimes, grièvement blessé au bras, par balle, lors de son interpellation. Les cinq prévenus ont été transférés à Brazzaville, et le blessé admis à l’hôpital militaire Pierre Mobengo. Les renseignements tirés des personnes interpellées ont permis aux enquêteurs de remonter le fil jusqu’au maire de la commune de Ouesso, Siméon Mobondé, membre du P.c.t (Parti congolais du travail). Ce dernier a été interpellé à Pointe-Noire, où il séjournait, et transféré dans la capitale, Brazzaville.

De source proche de l’enquête, les assassinats rentraient dans le cadre de crimes rituels. Ils étaient commandités par des Bantous et perpétrés par un réseau de bandits comptant des Bantous et des Autochtones. Il fallait livrer au féticheur autochtone, du vin rouge, de la chair et du sang humains, etc.

Si les crimes rituels attribués à des minorités font, souvent, parties des légendes, à Ouesso, c’est bien une triste réalité que les populations ont vécue avec le phénomène Kata-Kata. Comme ce phénomène de criminalité implique des Autochtones, le gouvernement devra, sans doute, veiller à ce que les populations ne nourrissent pas un instinct de vengeance ou des ressentiments contre les peuples autochtones. L’arrestation du maire de Ouesso semble indiquer que les acteurs politiques ne sont pas, totalement, étrangers à ces pratiques macabres de sacrifice humain pour assouvir leurs ambitions. A Ouesso, les populations soupçonnaient, depuis des mois, des décideurs publics d’être derrière ce phénomène, au regard de leur laxisme à l’éradiquer. En tout cas, l’enquête de police, menée depuis Brazzaville, ne leur a pas donné tort. D’autres personnalités sont même citées. Pour l’instant, l’enquête suit son cours.

Lasemaineafricaine.com par Joël NSONI

Biens mal acquis: plusieurs perquisitions aux domiciles du clan Bongo

février 15, 2013
Biens mal acquis: plusieurs perquisitions aux domiciles du clan Bongo Biens mal acquis: plusieurs perquisitions aux domiciles du clan Bongo © AFP

Plusieurs perquisitions ont eu lieu dans des domiciles du clan Bongo à Paris et dans le sud de la France, dans le cadre de l’enquête sur les biens mal acquis, a-t-on appris vendredi de source proche du dossier.

Les perquisitions ont eu lieu cette semaine notamment mercredi à Paris et dans une villa appartenant à la famille de l’ex-président gabonais à Nice.

Deux juges parisiens enquêtent sur les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France par Omar Bongo (décédé en 2009), le président congolais Denis Sassou Nguesso, le président de Guinée équatoriale Teodoro Obiang, et des membres de leur entourage.

Les ONG Sherpa et Transparence International France sont à l’origine de la plainte qui a déclenché cette triple enquête.

Selon un document sur les « biens mal acquis » publié en 2009 par Transparence International France, la famille Bongo et ses proches possèdent en France « outre six garages, 33 propriétés, la plupart dans les quartiers les plus chics de Paris, les autres sur la Côte d’Azur ».

L’ONG, se basant sur les résultats d’une première enquête de police, évoque notamment deux hôtels particuliers dans les VIIème et XVIème arrondissements, plusieurs appartements avenue Foch (XVIème) et cinq autres dans ce même arrondissement.

« L’un des joyaux de l’inventaire est un hôtel particulier acquis en 2007 pour 18,875 millions d’euros », note l’ONG qui décompte en outre plusieurs biens immobiliers à Nice et la région niçoise et un impressionnant parc automobile.

La première plainte des ONG contre les trois chefs d’Etat africains, en mars 2007, avait donné lieu à l’ouverture d’une enquête préliminaire classée sans suite par le parquet « pour infraction non caractérisée ».

Les ONG avaient déposé une nouvelle plainte un an plus tard, avec constitution de partie civile, afin qu’un juge d’instruction soit automatiquement désigné. La Cour d’appel s’y était toutefois opposée mais la Cour de cassation avait ensuite décidé que la justice française pourrait enquêter. Les juges d’instruction parisiens Roger Le Loire et René Grouman ont alors été désignés pour mener l’enquête.

En 2012, les juges s’étaient intéressés au patrimoine du président équato-guinéen Téodoro Obiang et à celui de son fils, Téodorin, soupçonné d’avoir détourné des fonds publics de son pays. Les enquêteurs ont saisi un luxueux immeuble de six étages, avenue Foch 0 Paris, d’une valeur de 100 à 150 millions d’euros, ainsi 200 m3 de biens de très grande valeur lors d’une perquisition hors normes qui avait duré dix jours et nécessité plusieurs camions.

Jeuneafrique.com avec AFP