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Gabon : le pays abrite-t-il le plus grand scandale de pédophilie de l’histoire du football ?

décembre 17, 2021
Patrick Assoumou Eyi, ancien entraîneur de l’équipe des moins de 17 ans du Gabon, est aujourd’hui directeur technique de la première ligue du pays. © DR

Une enquête du quotidien britannique « The Guardian » révèle des accusations de viol à l’encontre de Patrick Assoumou Eyi, ex-sélectionneur de l’équipe gabonaise des moins de 17 ans. Plusieurs centaines d’enfants auraient été abusés et des personnalités de la Fédération gabonaise de football seraient impliquées.

L’enquête n’en est encore qu’à ses prémices. Mais, selon l’un de ses auteurs, le journaliste Romain Molina, ce pourrait être « la plus grosse affaire de pédophilie de l’histoire du football ». D’après les témoignages recueillis par The Guardian, qui a publié le récit le 16 décembre, Patrick Assoumou Eyi est accusé d’avoir « violé, formé et exploité » de nombreux garçons, alors qu’il était sélectionneur des moins de 17 ans du Gabon, jusqu’en 2017, puis directeur technique de la Ligue de l’Estuaire, poste qu’il occupait encore avant la parution de l’enquête.

Une victime présumée résume les accusations : « Il m’a forcé à avoir des relations sexuelles avec lui. C’était la condition pour rester dans l’équipe nationale. […] “Capello” [son surnom] a violé tant de garçons qu’il allait parfois à la campagne pour en trouver de nouveaux. Il profitait de leur pauvreté. […] C’est la réalité du football gabonais depuis des décennies, mais personne ne peut arrêter le système. Les prédateurs sont trop nombreux… »

La Fegafoot impliquée ?

Deux autres victimes présumées ont également affirmé que Patrick Assoumou Eyi les avait maltraitées alors qu’elles avaient moins de 18 ans et fréquentaient l’Académie Club de Libreville, située à Akanda, entre 2017 et 2019. Un ancien joueur a quant à lui déclaré que l’entraîneur attirait les jeunes garçons chez lui et qu’il avait rebaptisé son domicile le « jardin d’Eden ».

La Fédération gabonaise de football (Fegafoot) était-elle au courant des soupçons pesant sur l’ancien sélectionneur ? Toujours dans The Guardian, un ancien responsable de la Fegafoot a affirmé qu’il avait tenté de faire part de ses préoccupations concernant des allégations d’abus sexuels lors d’une réunion du conseil d’administration en 2019. Il assure avoir ensuite été démis de ses fonctions. La Fegafoot nie cette version des faits et a précisé dans un communiqué n’avoir « jamais enregistré de plaintes relatives à un acte de cette nature ».

Une enquête ouverte par le ministère des Sports

Les victimes présumées ont quant à elles expliqué ne pas avoir contacté la police au Gabon par manque de confiance à l’égard des autorités. En revanche, une plainte a été déposée par la Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels (Fifpro), le syndicat mondial des joueurs. « Nos enquêtes préliminaires ont donné des preuves cohérentes de témoins crédibles qui parlent tous d’une pratique continue et bien ancrée consistant à forcer les jeunes joueurs à avoir des relations sexuelles comme condition préalable aux opportunités de football », écrit le syndicat dans cette plainte consultée par The Guardian.

« On parle de plusieurs centaines de jeunes joueurs abusés, a expliqué Romain Molina sur Twitter. Patrick Assoumou Eyi n’est que le premier de la liste. Nous publierons un prochain volet des abus sexuels sur jeunes footballeurs au Gabon avec le nom d’autres prédateurs impliqués dans les hautes sphères du football gabonais. » Ce 17 décembre, le ministre des Sports a annoncé la suspension provisoire de Patrick Assoumou Eyi et l’ouverture d’une enquête à la suite des témoignages révélés par le quotidien britannique.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Canada-Québec/Enquête sur les décès en CHSLD : « On n’a pas vu venir la rapidité dans ces milieux-là »

décembre 1, 2021

La suite du volet national de l’enquête sur la gestion de la pandémie, qui s’est ouverte lundi matin à Shawinigan, a permis de mettre en lumière que la menace dans les Centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) a été largement sous-estimée en janvier 2020. L’orientation était dirigée vers les milieux de soins de courte durée, les hôpitaux, mais les milieux de soins de longue durée n’étaient pas sur le radar du comité scientifique de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Les audiences publiques se déroulent cette semaine au palais de justice de Shawinigan.

© Martin Chabot/Radio-Canada Les audiences publiques se déroulent cette semaine au palais de justice de Shawinigan.

On n’avait pas vu venir la rapidité [de propagation] dans ces milieux-là », concède d’entrée de jeu le Dr Jasmin Villeneuve, médecin-conseil à l’INSPQ, répondant sans détour à une question de la coroner Géhane Kamel. Dès le début de la pandémie, le chef d’équipe était chargé de coordonner les activités scientifiques en matière de contrôle des infections nosocomiales, de surveillance et de prévention en milieux de soins.

Lors de son témoignage, le Dr Villeneuve a indiqué qu’au tout début de l’année 2020, l’accent était mis sur la transmission dans la communauté. Le comité scientifique a observé que les aînés formaient une clientèle particulièrement touchée fin janvier, début février.

L’expert a par ailleurs indiqué que la pandémie a mis en évidence le besoin de consolider les pratiques de prévention et contrôle des infections en soins de longue durée. L’évolution rapide des connaissances a obligé les experts à s’ajuster rapidement et de façon continue. Le Dr Villeneuve estime nécessaire et toujours d’actualité d’augmenter les ratios d’infirmières spécialisées en prévention dans les milieux de soins.

Recommander le port du masque, sans céder à la pression

Le 18 mars, l’INSPQ a recommandé le port du masque en CHSLD en présence d’un cas confirmé dans un contexte où les quantités d’équipements étaient très limitées.

L’expert en infections n’a pas nié qu’il s’est exercé une certaine pression, compte tenu des bas inventaires.

Il insiste néanmoins pour dire que la pression n’a pas influencé la recommandation scientifique du port du masque. Ce n’est pas à nous de gérer le stock, c’est plate à dire, mais c’est ça .»

Une veille» des articles scientifiques

Le témoignage du Dr Villeneuve a aussi permis d’apprendre que son comité colligeait une manne d’informations dès la fin du mois de janvier 2020. L’INSPQ a procédé à une veille d’articles scientifiques, venus de partout dans le monde. Les articles étaient classés par thèmes et catégories, puis partagés quotidiennement sous forme de liste à de nombreux acteurs du milieu. Cette liste a notamment été faite pour le compte du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Le Dr Villeneuve a indiqué que le directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda, a demandé à avoir un résumé des articles répertoriés, ce qui a été fait sur une période d’environ un mois, en février 2020, avant qu’on y mette fin. L’exercice consommait énormément de temps et de ressources humaines », a précisé le Dr Villeneuve. Dès lors, chaque acteur était responsable d’aller chercher l’information qui l’importait.

Géhane Kamel a indiqué que la veille des articles la tracasse particulièrement.

Elle a demandé à recevoir la liste des articles de la veille scientifique répertoriés en janvier, février et mars 2020, de même que la liste des destinataires.

Concernant les travaux à venir en janvier

Géhane Kamel a tenu à faire une mise au point relativement au report du volet recommandations qui devait avoir lieu cette semaine, mais qui se tiendra plutôt en janvier. La coroner a expliqué avoir comme objectif de terminer en janvier, mais dit avoir reçu un nombre considérable de pièces documentaires à observer.

Bien qu’elle garde le cap sur l’objectif, elle ne ferme pas la porte à réentendre des témoins si elle a l’impression qu’on n’a pas bouclé la boucle », expliquant vouloir s’assurer de remplir son mandat et de répondre aux questions des familles.

Avec Radio-Canada par Marie-Ève Trudel

Enquête sur le Mondial au Qatar : Sepp Blatter entendu comme témoin

novembre 26, 2021

L’ex-président de la Fifa a été entendu par les enquêteurs français qui travaillent sur les investigations concernant l’attribution du Mondial 2022 au Qatar.

Sepp Blatter a ete president de la Fifa pendant 17 ans.
Sepp Blatter a été président de la Fifa pendant 17 ans.© SEBASTIEN BOZON / AFP

Les conditions d’attribution du Mondial 2022 au Qatar sont toujours sous le coup d’une enquête. Au fur et à mesure que l’on se rapproche du début de la compétition – qui se tiendra au Qatar du 21 novembre au 18 décembre 2022 –, la controverse prend de l’ampleur. Jeudi et vendredi, les enquêteurs français ont entendu Sepp Blatter, ancien président de la Fédération internationale de football (Fifa), à Zurich (Suisse), a-t-on appris auprès de la police, confirmant une information du Monde.

Président de la Fifa entre 1998 et 2015, Sepp Blatter, 85 ans, a été entendu comme « témoin » par les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières (OCLCIFF) dans les locaux du ministère public de la confédération helvétique (MPC), dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en France par le Parquet national financier (PNF).

Un déjeuner réunissant Nicolas Sarkozy et Michel Platini au cœur de l’enquête

L’enquête menée en France sur l’attribution du Mondial au Qatar pour « corruption active et passive » s’intéresse à un déjeuner le 23 novembre 2010. Ce déjeuner aurait réuni le président français de l’époque, Nicolas Sarkozy, deux hauts dirigeants qataris et Michel Platini, alors patron de l’UEFA.

Michel Platini est soupçonné par les enquêteurs d’avoir voté en faveur du Qatar à la demande de Nicolas Sarkozy lors du vote d’attribution le 2 décembre 2010.

La justice française s’intéresse aussi à un contrat conclu avant l’attribution. Ce contrat a accordé les droits de diffusion TV des Mondiaux 2018 à 2022 à la chaîne qatarie Al Jazeera contre 300 millions de dollars.

Par Le Point avec AFP

Mali : « La facture de l’opération avec Wagner sera forcément très élevée »

novembre 14, 2021

Bamako maintient le flou autour d’un éventuel recours aux paramilitaires de la société russe Wagner. L’éclairage du chercheur Roland Marchal.

Depuis septembre, les relations diplomatiques se sont deteriorees entre Paris et Bamako. L'ancienne puissance coloniale voit d'un mauvais oeil, l'eventuel deploiement de mercenaires de la societe paramilitaire russe Wagner sur le terrain.
Depuis septembre, les relations diplomatiques se sont détériorées entre Paris et Bamako. L’ancienne puissance coloniale voit d’un mauvais oeil, l’éventuel déploiement de mercenaires de la société paramilitaire russe Wagner sur le terrain.© FLORENT VERGNES / AFP

Rebelote. Les mises en scène du raffermissement des relations entre la Russie et le Mali n’en finissent pas. Elles vont crescendo et s’inscrivent à l’opposé du bras-de-fer qui oppose le pays sahélien à la France, l’ancienne puissance coloniale. Nouvelle démonstration ce jeudi 11 novembre, lorsque Sergueï Lavrov et Abdoulaye, respectivement chefs de diplomaties russe et malienne, ont réaffirmé, à Moscou, leur volonté de poursuivre le partenariat militaire entre leurs deux pays, arguant d’un risque terroriste renforcé par le retrait partiel des troupes françaises. Tout en écartant le recours à la société paramilitaire privée russe Wagner. Le voilà, le noeud du problème. Depuis des mois, les rumeurs font état d’un contrat imminent entre la junte malienne et l’organisation paramilitaire, proche du Kremlin. Au grand dam de la France. Les autorités maliennes continuent donc d’agiter le chiffon rouge Wagner tandis que le discours de la France se veut plus ferme que jamais. Tout a commencé au moment de l’annonce, le 10 juin dernier par le président français Emmanuel Macron de la transformation de l’opération Barkhane, qui devrait se traduire par la réduction du nombre de soldats – qui passerait de 5 100 actuellement à environ 3 000 – et la fermeture de trois des cinq bases françaises au nord Mali (Tessalit, Tombouctou et Kidal). Pour Bamako, la décision du chef d’État français, qualifiée au passage d’« abandon en plein vol », vise à rassurer l’opinion publique dans un contexte préélectoral français. Au-delà des discours officielles et des mises en scène, que sait-on vraiment de Wagner ? Les autorités maliennes ont-elles rééllement intérêt à signer un contrat ? Pourquoi le sujet est-il également un enjeu politique interne au Mali ? Sociologue, chercheur au Centre d’études et de recherches internationales (CERI), unité mixte de recherche commune à SciencesPo et au CNRS, également spécialiste de l’Afrique subsaharienne, Roland Marchal a accepté de décrypter ce qui se joue autour d’une possible arrivée de Wagner au Sahel. 

Le Point Afrique : Depuis plusieurs mois Paris et Bamako s’écharpent sur l’éventualité d’un recours à l’organisation paramilitaire Wagner. Que faut-il comprendre de la situation ?

Roland Marchal : il faut nuancer le contexte dans lequel s’inscrit cette escalade de tensions entre le Mali et la France. La prolongation de la transition au-delà de février 2022, d’un côté, et l’élection présidentielle qui doit déboucher sur le transfert du pouvoir à des civils, de l’autre, sont au centre des enjeux.

Ensuite, concrètement, si d’un point de vue politique, le changement de partenaire est envisageable pour les autorités maliennes, il n’en est pas de même sur le plan militaire. Le pays se trouverait isolé dans la sous-région. Ses voisins, dont le Niger, qui joue un rôle essentiel, et d’autres comme la Côte d’Ivoire, le Ghana, sont en désaccord. D’où le bras de fer en cours également avec la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). 

Pourquoi la réalité de l’existence même de l’organisation Wagner pose question ?

C’est l’une des aberrations actuelles. C’est à dire qu’officiellement, Wagner n’existe pas. La législation russe interdit le mercenariat tout comme la législation française. Ce qui explique pourquoi et le Premier ministre malien et le président centrafricain disent qu’ils n’ont jamais entendu parler de Wagner.

Mais nous savons que Wagner existe. Plus précisément, il s’agit des sociétés militaires privées financées par l’oligarque russe Evgueni Prigojine et placées sous la direction de Dmitri Outkine, un ancien officier du renseignement militaire russe. On les a vus pour la première fois en Ukraine en 2014, ensuite en Syrie, puis en Libye aux côtés du maréchal Khalifa Haftar. Surtout, on a vu ces paramiliatires par moment bénéficier du soutien de l’armée russe en Libye par exemple. En Afrique subsaharienne, ils ont été à la manoeuvre au Mozambique avec le résultat que l’on connaît, et tout particulièrement en Centrafrique.

Pour brouiller les pistes, Wagner créé des déclinaisons locales pour être dans le droit national du pays dans lequel il opère. 

Pourquoi le recours du Mali à cette société de mercenariat crispe t-il autant les partenaires traditionnels du pays, Francce en tête ?

Le groupe Wagner est accusé, notamment par la France, de se rémunérer sur les ressources des pays dans lesquels il intervient et de servir les intérêts du Kremlin dans sa conquête géopolitique. Le vrai problème, c’est que le recours à Wagner ne sera pas sans conséquence, d’une part pour les populations, et d’autre part, pour l’armée malienne qui sera attaquée très frontalement et n’aura pas le backup de ses autres partenaires. 

Roland Marchal, chercheur CNRS/Centre d’études et de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris.© Gregory Cales / AFP

Les premiers qui vont souffrir et qui vont être tués, ce seront les civils. Ce sont eux qui ont le plus à perdre dans cette histoire qui ressemble de plus en plus à une lutte pour le pouvoir. Ensuite, ce seront les militaires maliens qui sont sur le terrain, eux qui paient déjà un lourd tribut.

Finalement, tout en niant l’arrivée de Wagner au Mali, la Russie ne fait que renforcer son partenariat militaire avec les autorités, jusqu’à fournir près de 80 % des équipements… À quoi joue le Kremlin ?

Les Russes veulent montrer qu’ils offrent plus et mieux que les Français. Mais ils n’ont pas la même approche que les autres partenaires habituels du Mali. Les Chinois font du soft power. Ils ne se mettent jamais en contradiction frontale avec les Occidentaux. Ils ne proposent pas d’alternative globale sur des questions de sécurité et sont très prudents. Quand ils se positionnent, c’est plutôt du côté de la communauté internationale. Les Russes, eux, n’ont pas de soft power. C’est quand même une énorme différence. 

Plusieurs groupes armés maliens se sont prononcés contre le recours de la société paramilitaires russe…

De nombreux Maliens ont bien compris que l’arrivée des Russes procèdera d’un accord avec le sommet de l’Etat et qu’ensuite, sur le terrain, les groupes comme la Coordination des mouvements de l’Azawad, alliés ou pas alliés, n’auront le choix qu’entre le silence et la confrontation. Avec les Français, c’est différent parce qu’il y a au moins des négociations et la possibilité de recourir au dialogue.

Que pourrait représenter le coût financier d’un recours au groupe de sécurité privée russe pour Bamako ?

La facture de l’opération avec Wagner sera forcément très élevée. S’ils arrivent au Mali, il faudrait que la société investisse sur la qualité de ses combattants et sur des moyens aériens significatifs. Parce que les Maliens ne pourront plus compter sur les Américains qui ont déjà averti qu’ils n’acceptaient pas que Wagner s’installe. Ils menacent de ne plus donner de renseignements. Les moyens aériens des Français ne seront plus à disposition et la Minusma sera sans doute beaucoup plus prudente, compte tenu des dommages collatéraux constatés dans d’autres pays comme la Centrafrique. Tous ces partenaires ne voudront pas être associés à des cas de bavures.

Et sur le terrain, en termes de réorganisation…

Le Mali prendrait, également, un très grand risque sur le terrain puisque la présence française même réduite garantit une présence européenne, à travers la force Tabuka. Sans cela, Bamako perdrait l’appui budgétaire dont il bénéficie actuellement dans son combat contre le terrorisme.

Il y a un autre aspect qui apparaît au second plan mais qui me semble essentiel ; c’est le bilan de Wagner. Si on regarde les gains militaires obtenus par les salariés de Wagner en Centrafrique, ils sont conséquents mais les mouvements armés auxquels ils s’opposaient n’étaient pas aussi bien équipés, aussi bien organisés et entraînés que les groupes djihadistes qu’on retrouve aujourd’hui au Sahel. 

Est-ce que l’Europe parle d’une seule voix sur ce dossier ?

Plusieurs pays européens, France et Allemagne en tête, ont prévenu qu’un accord entre Bamako et Wagner remettrait en cause leur présence militaire au Mali. Mais on sait qu’au niveau européen, il y a des divergences. Officiellement, les États européens ne peuvent pas travailler avec les Russes, mais d’un autre côté, ils ne veulent pas tout perdre. Parce qu’en quelque sorte, participer à la lutte contre le terrorisme, c’est aussi avoir un contrôle sur les migrations. Cet aspect intéresse de nombreux pays européens qui sont prêts à tout pour garder les migrants de l’autre côté de la Méditerranée. Il y a un débat politique qui est sans doute beaucoup plus large où les positions sont plus nuancées que ce qui apparaît dans les discours et déclarations publiques.

Quels sont les gains attendus par l’actuel pouvoir malien dans sa stratégie anti-France ?

En se tournant vers Moscou, l’actuel pouvoir s’adresse aussi à la rue malienne. Pour prolonger la transition, la junte sait qu’elle aura besoin d’un soutien populaire. Le fait que le Premier ministre Maïga et d’autres officiers au pouvoir aient été formés en URSS est également un élément important à prendre en compte. Ils surfent sur un certain courant de l’opinion publique malienne qui veut que les militaires russes sont forcément plus efficaces sur le terrain. Il y a un mythe autour des combattants russes qui date de l’époque soviétique.

Cette opinion pense aussi que les exactions commises par les paramilitaires russes en Centrafrique ne sont pas un frein puisqu’il y en a aussi eu sur le sol malien, et l’ONU a enquêté sur ces cas et établit certaines responsabilités. Cet argument retient d’autaNt mieux l’attention que l’intervention française n’a pas vraiment permis d’améliorer la situation sécuritaire et n’est pas non plus exempte de reproches.

La stratégie des officiels maliens fontionne, mais seulement en apparence. Car si Bamako prenait la décision finale d’aller vers Wagner, les officiers au pouvoir auraient des problèmes avec leur propres troupes qui se trouveraient fragilisés et dans une posture extrêmement délicate puisque la communauté internationale aura levé le pied. 

Que devraient faire la France et le Mali après huit ans d’engagement ?

Il faudrait plutôt remettre les choses à plat, au lieu de rester arc-boutés sur leur position. Les deux États devraient tout revoir ensemble et la France devrait aussi revoir son action dans tous les pays concernés. La stratégie de la France de mettre en avant un pays et de se brouiller publiquement avec un autre, alors qu’ils sont tous deux fragilisés, même si ce n’est pas au même niveau, n’est pas payante.

On sait désormais qu’une intervention internationale ne peut pas durer. Plus les gens ont le sentiment qu’une armée gère, plus elle est perçue comme une force étrangère.

Avec Le Point propos recueillis par Viviane Forson

France: Enquête ouverte pour accusation de viol à l’Elysée, un militaire mis en cause

novembre 12, 2021

Selon « Libération », une information judiciaire pour « viol » a été ouverte, le 12 juillet, après qu’une jeune militaire a déposé une main courante contre un autre militaire, qu’elle accuse de violences sexuelles.

La cour du palais de l’Elysée, à Paris, le vendredi 5 juillet 2019.
La cour du palais de l’Elysée, à Paris, le vendredi 5 juillet 2019. REGIS DUVIGNAU / AP

Après des accusations d’une militaire de l’Elysée contre un autre militaire, une information judiciaire pour « viol » a été ouverte, le 12 juillet, a-t-on appris du parquet de Paris, confirmant une information de Libération. Ce dernier a été placé sous le statut intermédiaire de témoin assistéà l’issue de son interrogatoire devant le juge d’instruction, « sous le statut de témoin assisté », un statut moins incriminant que celui de mis en examen.

Selon une source judiciaire à l’Agence France-Presse (AFP), « les investigations sont toujours en cours ».

Dans son article révélant l’affaire, Libération rapporte que les faits se seraient produits dans des locaux de l’état-major particulier de l’Elysée. L’affaire remonte au 1er juillet, en marge d’un pot de départ de trois collaborateurs, et bien après que le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, qui avait prononcé un discours en début de soirée, fut parti.

L’Elysée ne commente pas

« Une jeune militaire, qui assistait auparavant au pot de départ, dit s’être vu imposer des violences sexuelles par un homme, lui aussi militaire » et « sous-officier »« Les deux militaires sont affectés à l’état-major particulier, travaillent ensemble au quotidien et se connaissent », selon le quotidien. La militaire aurait déposé « dans les heures qui ont suivi » une main courante au commissariat du 8arrondissement, ajoute Libération.

L’Elysée a fait savoir ne « jamais » commenter « les affaires judiciaires en cours », tout en précisant que « dès que les faits ont été portés à la connaissance des autorités, des mesures ont immédiatement été prises : écoute, soutien et accompagnement de la victime, affectation immédiate, loin de l’Elysée, de la personne incriminée ». Le ministère des armées n’a pas souhaité commenter dans l’immédiat.

Avec Le Monde avec AFP

États-Unis/Tir mortel d’Alec Baldwin sur un tournage: deux personnes au cœur de l’enquête

octobre 23, 2021
Tir mortel d'Alec Baldwin sur un tournage: deux personnes au coeur de l'enquete
Tir mortel d’Alec Baldwin sur un tournage: deux personnes au coeur de l’enquête© AFP/Archives/Angela Weiss

L’enquête sur le décès jeudi d’une directrice de la photographie aux Etats-Unis, tuée par un tir d’Alec Baldwin lors du tournage d’un western, se poursuivait samedi en se focalisant sur deux personnes: l’armurière et l’assistant réalisateur du film.

Touchée au torse, selon un rapport d’enquête préliminaire consulté par l’AFP, Halyna Hutchins avait été transportée par hélicoptère à l’hôpital, où son décès avait été prononcé. Le réalisateur du film « Rust », Joel Souza, a lui été blessé à l’épaule lors du tir et se remet.

Le rôle de l’armurière de cinéma Hannah Gutierrez Reed, 24 ans, est examiné de près par les enquêteurs car c’est elle qui avait, selon le même rapport, préparé l’arme à feu avec laquelle l’acteur a tiré le coup fatal. Elle l’avait placée sur un chariot avec deux autres armes.

L’assistant réalisateur, Dave Halls, décrit comme un professionnel expérimenté, avait ensuite tendu cette arme à M. Baldwin lors de la répétition d’une scène du film, l’informant qu’elle était « froide », c’est-à-dire non chargée d’une balle réelle en jargon cinématographique.

M. Halls ne « savait pas que l’arme était chargée à balles réelles », précise le rapport de l’agent Joel Cano, du bureau du shérif du comté de Santa Fe, dans l’Etat du Nouveau-Mexique.

Après le coup de feu, Mme Gutierrez Reed s’est vue confier l’arme et a collecté la cartouche usagée, avant de les remettre aux agents des forces de l’ordre à leur arrivée, indique le rapport.

Ni l’un ni l’autre ne sont à l’heure actuelle visés par des poursuites, a confirmé vendredi un porte-parole du shérif. La procureure Mary Carmack-Altwies avait aussi indiqué dans un communiqué « ne pas savoir » à ce stade de l’enquête si « des poursuites seraient engagées ».

La thèse accidentelle semblant privilégiée, Alec Baldwin est resté en liberté après avoir été interrogé.

Un mandat de perquisition a été délivré par un juge vendredi, autorisant les forces de l’ordre à saisir le matériel lié au tournage ainsi que les armes et munitions utilisées comme accessoires, et les habits portés par l’acteur et le reste de l’équipe lors du drame.

Retweet

« Les mots me manquent pour exprimer ma stupeur et ma tristesse après l’accident tragique qui a tué Halyna Hutchins », a tweeté vendredi l’acteur de 63 ans, assurant « coopérer pleinement dans l’enquête ».

Dans la nuit de vendredi à samedi, le comédien a aussi retweeté un article de Variety dont le titre indique qu’il avait été « informé que l’arme-accessoire était sûre avant le tir fatal », sans y ajouter de commentaire.

Le film « Rust », dont le tournage a été suspendu pour une durée indéterminée, est un western écrit et réalisé par Joel Souza.

Alec Baldwin, co-producteur du film, y tient le rôle principal d’un hors-la-loi qui prend la fuite avec son petit-fils de 13 ans lorsque ce dernier est condamné, à la suite d’un homicide accidentel, à la pendaison pour meurtre.

L’appel téléphonique d’une femme membre de l’équipe au numéro d’urgence des services de secours (911) semble par ailleurs confirmer l’existence de tensions sur le site du tournage. Six membres de l’équipe technique du film avaient quitté le plateau, selon le Los Angeles Times, plusieurs heures avant le drame pour protester contre leurs conditions de travail.

« Responsable »

Questionnée par l’opératrice du 911 sur la présence de balles réelles dans l’arme, cette femme non identifiée a ainsi répondu, selon l’enregistrement rendu public par l’Albuquerque Journal: « Je ne peux pas vous dire… Et cet enfoiré d’assistant réalisateur qui m’a crié dessus au déjeuner, (…) il est censé vérifier les armes, il est responsable de ce qui se passe sur le plateau » de tournage.

Mme Gutierrez Reed, qui ne s’est pas exprimée publiquement depuis le drame, avait été interviewée dans un podcast début septembre. Interrogée au sujet d’un précédent western, « The Old Way » avec Nicolas Cage, la jeune femme confiait avoir hésité à travailler sur le film, n’étant « pas sûre d’être prête », mais elle ajoutait que le tournage s’était ensuite « très bien passé ».

Alec Baldwin s’est rendu particulièrement populaire aux Etats-Unis ces dernières années par ses imitations de Donald Trump dans la célèbre émission satirique « Saturday Night Live ».

Sa réputation, ternie par un divorce très acrimonieux au début des années 2000, avait été redorée en fin de décennie par le succès de la série comique « 30 Rock », où il incarnait un patron de studio face à Tina Fey, qui lui avait valu deux Emmy Awards, équivalent des Oscars pour la télévision américaine.

Halyna Hutchins, née en Ukraine et vivant à Los Angeles, était considérée comme une étoile montante du cinéma américain.

Son mari, Matt Hutchins, qui a confirmé à la chaîne CBS qu’Alec Baldwin l’avait contacté et avait fait preuve d’un « grand soutien », a décrit dans un tweet la « perte immense » de son épouse. « Halyna était une source d’inspiration pour nous tous », a-t-il écrit.

Avec Le Point avec AFP

New York : le gouverneur Cuomo a « harcelé sexuellement » plusieurs femmes

août 3, 2021

Selon les conclusions d’une enquête indépendante, les victimes du démocrate sont d’« anciennes et actuelles » fonctionnaires de l’État.

Andrew Cuomo épinglé. Le gouverneur de l’État de New York, le démocrate Andrew Cuomo, a « harcelé sexuellement plusieurs femmes », selon les conclusions d’une enquête indépendante demandée par la justice, a annoncé ce mardi 3 août 2021 la procureure de l’État de New York, Letitia James. « L’enquête indépendante a conclu que le gouverneur Andrew Cuomo a harcelé sexuellement plusieurs femmes et, ce faisant, a violé la loi fédérale et celle de l’État », a affirmé la procureure, précisant qu’il y avait parmi les victimes d’« anciennes et actuelles » fonctionnaires de l’État.

Le rapport d’investigation attribue à Andrew Cuomo des gestes déplacés, « des baisers et des étreintes non désirées », ainsi que « des commentaires inappropriés ». Selon les conclusions de l’enquête, le gouverneur et son personnel ont « aussi pris des mesures de représailles à l’encontre d’au moins une employée pour avoir témoigné », a indiqué un communiqué du bureau de la procureure. « Enfin, l’équipe exécutive du gouverneur a favorisé un environnement de travail toxique qui a rendu possible le harcèlement et une ambiance de travail hostile », ajoute le bureau.

Vers une démission d’Andrew Cuomo ?

Selon Letitia James, il appartient au gouverneur lui-même de « tirer les conclusions » de l’enquête. Interrogée sur le fait de savoir s’il devait démissionner, elle a ajouté : « La décision appartient au gouverneur de l’État de New York. Le rapport parle pour lui-même. » Le gouverneur, qui avait nié les accusations quand elles avaient été rendues publiques, avait longuement été entendu par les enquêteurs le 17 juillet. Andrew Cuomo avait gagné en popularité pour sa gestion de la pandémie de coronavirus, dont New York avait été l’épicentre américain au printemps 2020, mais les accusations de harcèlement l’ont par la suite affaibli.

Avec Le Point

Canada: Manifestation à Ottawa pour réclamer une enquête sur les pensionnats autochtones

juillet 31, 2021

Les manifestants se sont donnés rendez-vous devant la flamme du Centenaire, sur la colline du Parlement

© Frédéric Pepin/Radio-Canada Les manifestants se sont donnés rendez-vous devant la flamme du Centenaire, sur la colline du Parlement

De nombreuses personnes prennent la rue, à Ottawa, pour exhorter le gouvernement fédéral à déclencher une enquête indépendante sur les pensionnats pour Autochtones.

Les députés néodémocrates Mumilaaq Qaqqaq et Charlie Angus ont donné rendez-vous aux manifestants devant la flamme du Centenaire, sur la colline du Parlement. Des aînés autochtones devaient aussi mener la marche qui doit mener les personnes rassemblées devant les bureaux du ministère de la Justice.

Les appels à l’ouverture d’une enquête ont été lancés peu après la détection de multiples sépultures non marquées sur les sites d’anciens pensionnats, notamment en Colombie-Britannique et en Saskatchewan.

Les manifestants demandent une enquête indépendante faisant toute la lumière sur les pensionnats autochtones.

© Frédéric Pepin/Radio-Canada Les manifestants demandent une enquête indépendante faisant toute la lumière sur les pensionnats autochtones.

Le Nouveau Parti démocratique demande, depuis le début juillet, une enquête criminelle indépendante sur les pensionnats pour Autochtones. On souhaite la nomination d’un procureur spécial qui interagirait avec la Cour pénale internationale.

Le bureau du ministre de la Justice, David Lametti, a depuis écarté l’idée de demander une enquête criminelle. On fait valoir qu’il s’agit d’un pouvoir exclusif réservé à la police.

Avec CBC/Radio-Canada

Haïti-Assassinat de Jovenel Moïse : son chef de la sécurité serait détenu

juillet 15, 2021

Le chef de la sécurité du Palais national haïtien, Dimitri Hérard, est détenu par la police nationale dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse, rapportent jeudi le Washington Post et CNN.

Le chef de l'Unité de sécurité générale du Palais national, Dimitri Hérard.

© – Le chef de l’Unité de sécurité générale du Palais national, Dimitri Hérard.

Le Post dit en avoir obtenu la confirmation du chef du parquet de Port-au-Prince, Bed-ford Claude, d’un porte-parole du premier ministre Claude Joseph, Israël Jacky Cantave, et d’un proche de Hérard, Carl Martin.

Ce dernier a aussi confirmé la nouvelle à CNN.

Le motif précis de la détention de Dimitri Hérard n’est pas connu. La justice veut qu’il réponde à des questions», s’est borné à dire Bed-ford Claude au Post.

Depuis le meurtre de Jovenel Moïse, le 7 juillet, les Haïtiens s’interrogent ouvertement sur le rôle joué par les responsables de la sécurité du président, qui ne semblent pas avoir échangé le moindre coup de feu avec les assaillants.

M. Hérard, chef de l’Unité de sécurité générale du Palais national, et Jean Laguel Civil, coordonnateur de la sécurité du président, avaient été convoqués par le parquet cette semaine, mais n’ont finalement pas encore été entendus.

Selon CNN et le Miami Herald, M. Hérard a fait savoir par lettre qu’il ne pouvait comparaître mercredi, comme prévu, parce qu’il était retenu par l’inspecteur général de la Police nationale haïtienne, responsable des affaires internes.

Le quotidien haïtien Le Nouvelliste cite une source au parquet selon laquelle M. Civil a aussi justifié son absence, mardi, en disant être frappé par une mesure conservatoire de l’Inspection générale de la Police nationale d’Haïti ».

La police nationale colombienne a révélé plus tôt cette semaine qu’elle enquête sur de multiples voyages effectués dans leur pays par M. Hérard.

Ils cherchent à déterminer s’il y a un lien entre ces visites et le fait que l’essentiel des membres du commando accusé d’avoir assassiné le président dans sa résidence privée sont d’ex-militaires colombiens.

Le chef de la Police nationale d’Haïti (PNH), Léon Charles, demeure très discret au sujet des responsables de la sécurité du président.

Selon Le Nouvelliste, il s’est borné à dire mercredi soir que 4 d’entre eux étaient en isolement et que 24 policiers étaient frappés par des mesures conservatoires.

Deux arrestations supplémentaires

Le chef de la PNH Léon Charles a annoncé mercredi soir l’arrestation de deux autres suspects dans l’enquête sur l’assassinat du président.

Il s’agit de Reynaldo Corvington, dirigeant d’une firme de sécurité haïtienne, et Gilbert Dragon, un ancien chef rebelle ayant participé à un soulèvement contre l’ex-président haïtien Jean-Bertrand Aristide, en 2004.

Un défenseur des droits humains en Haïti, Pierre Espérance, a déclaré au Washington Post que Dragon est un proche de Dimitri Hérard.

Le quotidien américain et le Miami Herald affirment en outre qu’il était un bras droit de Guy Philippe, chef de la rébellion contre l’ex-président Aristide, aujourd’hui incarcéré aux États-Unis après avoir plaidé coupable à une accusation de blanchiment d’argent.

Les deux hommes ont planifié des rencontres à plusieurs niveaux depuis l’arrivée des assaillants, les ont logés, leur ont loué des véhicules, leur ont fourni des armes», a indiqué Léon Charles selon le compte-rendu du Nouvelliste.

Selon lui, des perquisitions effectuées aux résidences des deux hommes ont permis aux policiers de mettre la main sur de nombreuses armes et des munitions.

Quatre avis de recherche lancés

La PNH a aussi lancé mercredi quatre avis de recherche visant Joseph Félix Badio, John Joël Joseph, Rodolph (Dodof) Jaar et Gordon Phenil Désir.

Les trois premiers sont recherchés pour assassinat, tentative d’assassinat et vol à main armée, selon les avis de recherche diffusés par la PNH.

Selon le compte-rendu du Nouvelliste, Léon Charles a présenté MM. Badio et Jaar comme des coordonnateurs de l’opération sur le terrain» et M. Joseph, un ancien sénateur opposé à M. Moïse, comme le trésorier de l’opération».

MM. Joseph et Jaar auraient aussi été chargés de la coordination des rencontres avec les mercenaires» et auraient loué des véhicules utilisés dans l’opération.

M. Badio aurait en outre loué une maison située près de celle du président, tandis que M. Jaar aurait aussi hébergé des mercenaires.

Selon Associated Press, M. Jaar a été accusé en Floride en 2013 d’avoir comploté en vue d’importer de la cocaïne provenant de la Colombie et du Venezuela qui aurait transité par Haïti avant d’entrer aux États-Unis. Il a plaidé coupable a été condamné à quatre ans de prison.

L’agence présente aussi M. Badio comme un ancien fonctionnaire du ministère de la Justice qui s’est joint à l’Unité de lutte contre la corruption d’Haïti en 2013.

L’agence en question a fait savoir qu’il avait été congédié en mai pour des manquements graves à des règles éthiques qui n’ont pas été précisées, et qu’une plainte avait été déposée contre lui.

La PNH a aussi lancé un avis de recherche visant Gordon Phenil Désir présenté comme un responsable de la location des véhicules, de la coordination des rencontres avec les mercenaires et du paiement des matériels».

Outre 21 ex-militaires colombiens, la police haïtienne a aussi arrêté trois Haïtiens depuis le début de son enquête, soit James Solages, Joseph Vincent et Christian Emmanuel Sanon.

Cinq autres ex-militaires colombiens sont en fuite, et trois ont été tués dans les heures suivant le meurtre de Jovenel Moïse.

Selon la PNH, M. Sanon aurait recruté les 26 ex-militaires colombiens via les services d’une entreprise de sécurité nommée CTU, dirigée par un Vénézuélien basé en Floride, Antonio Emmanuel Intriago Valera.

Une photo présentée en preuve

Léon Charles a également présenté mercredi une photo, déjà virale sur les réseaux sociaux depuis quelques jours, montrant selon lui plusieurs des suspects réunis à Saint-Domingue, en République dominicaine pour planifier l’assassinat de Jovenel Moïse.

Ils s’étaient réunis dans un hôtel à Saint-Domingue. Autour de la table, il y a les auteurs intellectuels, un groupe technique de recrutement et un groupe de financement», a déclaré M. Charles à la presse.

Certains sur la photo ont déjà été appréhendés. C’est le cas du Dr Christian Emmanuel Sanon, (et de) James Solages. Ce dernier a effectué les coordinations avec la firme de sécurité vénézuélienne CTU, basée à Miami», a-t-il ajouté.

Le responsable de la firme, Antonio Emmanuel Intriago Valera, est sur la photo. Il est entré plusieurs fois en Haïti pour planifier l’assassinat», a poursuivi Léon Charles.

Il y a aussi sur le cliché le responsable de la compagnie Worldwide Capital Lending Group, Walter Veintemilla. Nous sommes en train d’enquêter sur cette entreprise qui aurait collecté des fonds pour financer l’exécution de l’acte criminel.»

Il y avait un groupe de quatre (mercenaires) qui étaient déjà présents au pays. Les autres sont entrés le 6 juin. Ils sont passés par la République dominicaine. Nous avons retracé la carte de crédit qui a été utilisée pour acheter les billets d’avion», a indiqué le patron de la PNH.

Avec CBC/Radio-Canada 

États-Unis: L’État de New York mène désormais une enquête pénale sur la Trump Organization

mai 19, 2021

L'ÉTAT DE NEW YORK MÈNE DÉSORMAIS UNE ENQUÊTE PÉNALE SUR LA TRUMP ORGANIZATION

© Reuters/Octavio Jones L’ÉTAT DE NEW YORK MÈNE DÉSORMAIS UNE ENQUÊTE PÉNALE SUR LA TRUMP ORGANIZATION

NEW YORK (Reuters) – Le bureau du procureur général de New York a déclaré mardi qu’il avait désormais ouvert une enquête criminelle sur la société de l’ancien président Donald Trump.

La procureure générale Letitia James cherche à savoir si la Trump Organization a faussement déclaré la valeur de ses propriétés pour obtenir des prêts et des avantages économiques et fiscaux.

« Nous avons informé la Trump Organization que notre enquête sur l’organisation n’est plus de nature purement civile », a déclaré Fabien Levy, porte-parole du bureau de la procureure générale, dans un communiqué.

« Nous enquêtons maintenant activement sur la Trump Organization à titre pénal, en collaboration avec le procureur de Manhattan », a-t-il déclaré.

La Trump Organization n’a pas pu être jointe immédiatement pour un commentaire. Donald Trump a déclaré que l’enquête supervisée par Letitia James, une démocrate, était motivée par des raisons politiques.

Avec Reuters par (Jan Wolfe; version française Camille Raynaud