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Abus sexuels : le Vatican ouvre une enquête sur le cardinal Ricard

novembre 11, 2022

Le Vatican annonce lancer une enquête préliminaire sur le cardinal français Jean-Pierre Ricard, qui a avoué des faits d’abus sexuels datant d’il y a 35 ans.

Le cardinal francais Jean-Pierre Ricard va faire l'objet d'une enquete preliminaire de la part du Vatican.
Le cardinal français Jean-Pierre Ricard va faire l’objet d’une enquête préliminaire de la part du Vatican.© ANDREAS SOLARO / AFP

« Suite aux éléments qui sont apparus ces derniers jours et suite à la déclaration du cardinal Jean-Pierre Ricard, afin de compléter l’examen de ce qui s’est passé, il a été décidé d’ouvrir une investigatio praevia (enquête préliminaire) », a déclaré le directeur du service de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni. « On est actuellement en train d’évaluer la personne la plus apte à la mener, avec l’autonomie, l’impartialité et l’expérience nécessaires, compte tenu également du fait que les autorités judiciaires françaises ont ouvert un dossier sur cette affaire », a-t-il ajouté.

Mardi, le parquet de Marseille avait annoncé avoir ouvert une enquête préliminaire après les aveux de l’ex-archevêque de Bordeaux, en retraite depuis 2019 dans les Alpes-de-Haute-Provence (sud-est de la France), qui ont provoqué un nouveau séisme dans l’Église.

« Il y a 35 ans, alors que j’étais curé, je me suis conduit de façon répréhensible avec une jeune fille de 14 ans. Mon comportement a nécessairement causé chez cette personne des conséquences graves et durables », a écrit le cardinal, aujourd’hui âgé de 78 ans, sans donner plus de détails sur les faits dont il s’incrimine alors qu’il était en poste à Marseille.

Ces déclarations sont intervenues au lendemain de l’annonce surprise par l’épiscopat français que 11 évêques ou anciens évêques avaient eu affaire à la justice civile ou la justice de l’Église pour des « abus » sexuels ou leur « non-dénonciation ».

Mgr Ricard, qui dispose du droit de vote en cas de conclave, est membre du puissant dicastère – équivalent d’un ministère dans le gouvernement du Saint-Siège – pour la doctrine de la foi, chargé notamment des cas de violences sexuelles sur mineurs.

Un procès canonique n’est généralement ouvert qu’une fois le dossier clos par les autorités judiciaires dans le pays concerné. À l’issue du procès civil, l’Église peut demander la documentation aux autorités judiciaires afin de l’intégrer dans sa propre évaluation.

Par Le Point avec AFP

RDC : le football congolais secoué par une vaste affaire de pédophilie

novembre 8, 2022

C’est une investigation menée par un journaliste indépendant qui a révélé l’existence d’un système pédocriminel. La Fédération congolaise de football a annoncé l’ouverture d’une enquête.

Image d’illustration. Au centre sportif de Red Eagles Joli Site, à Lubumbashi, le 12 juin 2022. © Nicolas Maeterlinck / Belga Mag / Belga via AFP

Si les faits sont avérés, c’est un vaste système pédocriminel qui vient d’être mis à jour en RDC. Les accusations sont en tous cas suffisamment sérieuses pour que la Fédération congolaise de football (Fecofa) annonce l’ouverture d’une enquête et décide, le 7 novembre, de suspendre à titre préventif six personnes concernées – des entraîneurs ou des membres du personnel encadrant pour la plupart.

Tout a commencé avec l’enquête menée par le journaliste français Romain Molina. En février dernier, il avait déjà révélé des faits similaires dans les colonnes du quotidien britannique The Guardian. À l’époque, c’est la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) qui avait été visée et le scandale avait conduit à l’incarcération de Pierre-Alain Mounguengui, le président de la fédération, soupçonné d’avoir couvert des actes de pédophilie. 

Cette fois-ci, direction la RDC, donc. Notre confrère a bouclé une nouvelle enquête, publiée début novembre par Sport News Africa. Il a recueilli les propos de nombreuses victimes, mais aussi de joueurs, d’anciens joueurs ou d’entraîneurs, dont certains ont d’ailleurs tenté d’alerter les plus hautes instances du football congolais, sans succès. Ces témoignages esquissent les contours d’un vaste système qui a perduré pendant près d’une vingtaine d’années.

Lanceur d’alerte

Pourtant, selon Romain Molina, la Fecofa a été informée dès décembre 2020. C’était lors d’un tournoi disputé par la sélection des moins de 20 ans en Guinée équatoriale. À en croire le journaliste, Papy Kimoto, un ancien international congolais devenu l’entraîneur de l’équipe de Saint Éloi Lupopo, a interpellé Théo Binamungu, l’ex-secrétaire général de la Fecofa, après avoir appris que des jeunes joueurs étaient victimes d’abus sexuels. Mais sans que cela ne suscite de réaction à la fédération.

IL Y A DES GENS QUI ONT ACCEPTÉ DE PARLER ET DES VICTIMES QUI SONT PRÊTES À ALLER PLUS LOIN ET À PORTER L’AFFAIRE EN JUSTICE

Le journaliste s’attarde notamment sur le cas de Bertin Kisamba Makuzueto, l’ancien entraîneur du RC Kinshasa, toujours influent dans le football congolais. Selon l’une des sources citées dans son enquête, Makuzueto avait pour habitude d’exercer un chantage sexuel sur les joueurs. « Il fallait coucher pour jouer », résume l’un d’entre eux, cité dans l’enquête. Le club de Saint Éloi Lupopo, où Bertin Kisamba Makuzueto était coach adjoint, aurait été prévenu, mais n’aurait pas pris la moindre décision.

Bertin Kisamba Makuzueto fait partie des personnalités suspendues en début de semaine par la Fecofa, tout comme Cédric Dongo Epapa. Lui aussi est soupçonné de s’être rendu coupable d’actes de pédophilie, comme le révèlent des messages envoyés à un mineur de 16 ans sur Facebook. Deux entraîneurs de la ville de Lemba sont également épinglés : Jonathan Buka et Alain Kandudi – eux avaient déjà été incarcérés pour des faits d’agression sexuelle sur des mineurs mais avaient pu reprendre leurs activités dans le football une fois libérés.

ON PARLE D’UN SYSTÈME TENTACULAIRE, ET ENCORE ON NE SAIT PAS TOUT !

Guy Roger Limolo, qui a dirigé des clubs de Ligue 1, est également cité, ainsi que Tifo Miezi. « Ce qui est ahurissant, c’est que ces individus, dont tout le monde dans le football congolais connaît les pratiques, puissent encore exercer, résume Romain Molina. J’ai enquêté pendant un an et demi et j’ai compris que beaucoup de gens savaient, mais que cela devait rester secret. Heureusement, il y a des gens qui ont accepté de parler et des victimes qui sont prêtes à aller plus loin et à porter l’affaire en justice. On parle d’un système tentaculaire, et encore on ne sait pas tout ! »

Sanctions

La Fecofa a confié l’enquête à une commission indépendante. « Nous avons décidé également d’ouvrir une ligne téléphonique, si des victimes souhaitent se faire connaître », a confirmé Belge Situtala, son secrétaire général. Devant l’ampleur du scandale, le ministre congolais des Sports, Serge Nkonde, a tenu le lundi 7 novembre une séance de travail avec la Fecofa et la Ligue nationale de football (Linafoot) sur la question de la pédophilie dans le milieu sportif. Trois jours plus tôt, il avait assuré que des sanctions sévères seraient prises en cas de culpabilité avérée.

ON PEUT IMAGINER QUE LE NOMBRE DE VICTIMES EST COLOSSAL

« Il y a une volonté étatique de bouger et de s’impliquer, c’est plutôt positif, réagit Romain Molina. On peut imaginer que le nombre de victimes, et pas seulement dans le football, est colossal. Pendant des années, les instances n’ont pas réagi. Et qu’on ne vienne pas dire que la Fecofa n’était pas au courant. »

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

France-Corps d’une adolescente découvert dans une malle à Paris: quatre personnes en garde à vue

octobre 15, 2022
Corps d'une adolescente decouvert dans une malle a Paris: quatre personnes en garde a vue
Corps d’une adolescente découvert dans une malle à Paris: quatre personnes en garde à vue© AFP/Archives/DENIS CHARLET

Elle avait 12 ans et rentrait du collège. Son corps a été retrouvé vendredi soir dans une malle en plastique près de chez elle, dans le 19e arrondissement de Paris, et six personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre de cette affaire macabre.

Il était 23H00 quand un SDF a signalé à la police la découverte d’une boîte opaque renfermant le corps d’une adolescente, dans la cour intérieure d’un immeuble de cet arrondissement de l’Est parisien. Le corps de la collégienne était dissimulé par des tissus, selon des sources proches du dossier. Deux valises cabine étaient posées à côté de la boîte.

Sur une vidéo publiée sur Twitter par le journaliste indépendant Clément Lanot, qui a révélé la découverte du corps, des bâches blanches sont tendues sur une façade et des policiers en combinaison blanche s’affairent dans la nuit.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour meurtre sur mineur de moins de 15 ans, qui a été confiée à la brigade criminelle.

Dans la nuit, les enquêteurs ont interpellé, selon une source proche du dossier, trois personnes à proximité des lieux et une femme l’a été samedi matin à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine).

Toutes ont été placées en garde à vue, selon le parquet qui a précisé que leur rôle restait à déterminer.

Deux autres personnes ont été interpellées et placées également en garde à vue, a complété dans l’après-midi une deuxième source proche du dossier.

Autopsie dans la journée

La malle a été retrouvée au bas de l’immeuble où la jeune fille habitait, a précisé le parquet.

Sa disparition avait été signalée auparavant à la police, a souligné une source proche du dossier.

Selon une autre source proche du dossier, son père, gardien de l’immeuble où la famille réside, inquiet de ne pas la voir rentrer à 15H00 du collège Georges-Brassens tout proche, avait prévenu sa femme qui s’était rendue au commissariat pour signaler sa disparition.

Sur sa page Facebook consultée par l’AFP, la mère avait lancé vendredi après-midi un appel à témoins en décrivant sa fille. Deux photos accompagnent cette publication, l’une montrant l’adolescente aux longs cheveux blonds souriant. Sur la deuxième, apparemment issue d’images de vidéosurveillance, on voit une jeune femme inconnue pénétrer dans un immeuble. Dans sa publication, la mère précise que sa fille a été vue « pour la dernière fois à 15H20 en compagnie d’une fille qu’on ne connaît pas » dans leur résidence.

Les caméras de surveillance de l’immeuble ont bien montré l’adolescente rentrer, mais elle a ensuite disparu, selon une autre source proche du dossier.

Une autopsie du corps doit être pratiquée dans la journée pour rechercher les causes du décès, selon une source proche de l’enquête. Selon des sources proches du dossier, les premières constatations font état de plaies au cou.

Samedi matin, la rue Manin où la victime habitait était calme, si ce n’est la présence, devant l’immeuble de l’adolescente, d’une voiture de la police technique et scientifique.

Dans l’après-midi, quelques élèves tournaient dans le quartier à trottinette, a constaté une journaliste de l’AFP. Ryan, 12 ans, qui se présente comme un ami de la collégienne, était sous le coup de l’émotion: « J’ai appris ce qui était arrivé (…) par un copain, je suis choqué ».

L’immeuble, relativement récent et situé dans un quartier mi-résidentiel, mi-commerçant, compte une dizaine d’étages, selon un journaliste de l’AFP. A une cinquantaine de mètres, se trouvent quelques commerces, en face une école maternelle, une station-service et un bureau de poste.

« C’est horrible, horrible, j’ai peur de laisser mes enfants dans le quartier », a dit à l’AFP la mère d’un élève scolarisé en cinquième au collège Georges-Brassens qui a souhaité conserver l’anonymat.

« Les enfants ricanaient nerveusement tout à l’heure, ils avaient l’air de ne pas réaliser », a-t-elle ajouté.

Une autre mère d’élève, contactée par l’AFP et dont la fille est dans la même classe que la jeune victime, a indiqué qu’elle « n’os(ait) plus sortir seule de la maison ».

Une cellule psychologique sera mise en place dès lundi au collège, a-t-on appris auprès du ministère de l’Education.

Par Le Point avec AFP

France: Les mères sont plus âgées au moment de la naissance

octobre 6, 2022

Selon une enquête publiée ce jeudi, deux tendances s’accentuent : les mères sont de plus en plus âgées et plus souvent en surpoids au moment de la naissance.

Les meres sont de moins en moins jeunes (illustration).
Les mères sont de moins en moins jeunes (illustration).© Johan BEN AZZOUZ / MAXPPP / PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP

Les mères sont toujours plus âgées et plus souvent en surpoids au moment de la naissance, deux tendances préoccupantes qui se confirment au fil des années, alors que 16 % d’entre elles présentent des signes de dépression post-partum, selon une enquête publiée jeudi. Selon l’enquête nationale périnatale 2021, coordonnée par l’Inserm et Santé publique France, le report des naissances à des âges maternels plus élevés – observé depuis plusieurs décennies – se poursuit. En effet, la part des femmes âgées de 35-39 ans à l’accouchement et celle de 40 ans et plus sont en augmentation depuis 2016 (19,1 % en 2021 versus 17,2 % en 2016 et 5,4 % en 2021 versus 3,9 %, respectivement).

Cette tendance inquiète, car on sait que les risques pour la mère et l’enfant augmentent de manière sensible avec l’âge des femmes. Selon cette enquête, réalisée tous les cinq ans depuis 1995, l’augmentation du surpoids et de l’obésité des futures mères est également « préoccupante » : en 2021, 23 % des femmes étaient en surpoids contre 19,9 % en 2016, et plus de 14 % étaient obèses en 2021 contre 11,8 % en 2016. Parmi les autres observations de l’enquête, le niveau d’études continue d’augmenter : la part des femmes enceintes ayant suivi des études au-delà du baccalauréat est passée de 42,8 % en 2003 à 52,1 % en 2010, puis 55,4 % en 2016 et 59,4 % en 2021.

16,7 % des mères présentent des symptômes dépressifs majeurs deux mois après l’accouchement

Concernant les addictions, la situation s’améliore. La proportion de femmes déclarant une consommation de tabac au 3e trimestre de grossesse diminue (12,2 % en 2021, contre 16,3 % en 2016), de même que celle des femmes déclarant consommer du cannabis durant la grossesse (1,1 % versus 2,1 %).

Le taux de césarienne est stable : 21,4 % en 2021 contre 20,3 % en 2016. Le taux d’épisiotomie, déjà en phase décroissante depuis plusieurs décennies, a fortement diminué, passant de 20,1 % en 2016 à 8,3 % en 2021, en accord avec les recommandations nationales. Pour la première fois depuis le début de cette enquête quinquennale, un suivi à deux mois a aussi permis d’évaluer la santé mentale des femmes. Or, elles sont 16,7 % à présenter des symptômes dépressifs majeurs deux mois après l’accouchement. Par ailleurs, 15,5 % des femmes ont vécu difficilement ou très difficilement leur grossesse et 11,7 % ont un mauvais voire très mauvais vécu de leur accouchement. Les résultats de cette nouvelle édition sont issus d’une enquête de terrain réalisée en mars 2021, durant la 3e vague de Covid-19, ayant permis un recueil sur 13 631 naissances auprès de 13 404 femmes.

Par Le Point avec AFP

Violences sexuelles : « La place de ces prêtres est en prison » – Une victime de la Fraternité Saint-Pie-X témoigne

septembre 29, 2022

Victime d’abus sexuels de la part d’un prêtre français au Gabon à la fin des années 1980, Claude a choisi de rompre le silence. Trente ans après les faits, il entend révéler les crimes commis par des pères de la Fraternité Saint-Pie-X. Jeune Afrique a recueilli son témoignage filmé.

Claude, victime de Patrick Groche, témoigne pour Jeune Afrique. © JA

ENQUÊTE – Sans lui, aucune révélation n’aurait été possible. Contacté par Jeune Afrique, Claude est en effet la première victime qui a accepté de témoigner et de rapporter les faits dont il a été victime. Le premier, aussi, et le seul à avoir le courage de le faire face à une caméra, à visage découvert. Sans doute pour obliger ses anciens agresseurs à le regarder en face, les yeux dans les yeux.

Dans le petit appartement des faubourgs de Strasbourg, dans l’est de la France, Claude a juste posé une condition, avant que nous ne commencions à enregistrer son témoignage : garder son patronyme secret. Devenu éducateur, il encadre aujourd’hui des enfants et fréquente par conséquent leurs familles. S’il a choisi de parler, il veut préserver sa vie professionnelle.

L’ancien servant de messe gabonais, qui a commencé à fréquenter la mission de la Fraternité Saint-Pie-X de Libreville à 16 ans à peine, en 1986, a le verbe posé. Les mains croisés, la voix calme et l’émotion contenue, il raconte ce jour où le père Patrick Groche l’a invité dans sa chambre pour, avait-il prétexté, lui donner un roman de jeunesse.

UN MÉLANGE DE « HONTE » ET DE « PEUR » L’A EMPÊCHÉ DE BRISER LE SILENCE

Il ne s’étend pas sur les caresses, les attouchements. Ses silences en disent beaucoup. Suffisamment. Dans un témoignage écrit également envoyé à Jeune Afrique, Claude avait été plus cru. Mais, face caméra, la pudeur l’emporte, sans que son témoignage perde de son poids. Il est précis, accablant. Derrière les rideaux tirés de sa chambre, un prêtre nu l’emmène en enfer, tout en lui glissant à l’oreille : « Les garçons aussi ont le droit de s’aimer. »

Un calvaire de huit ans enfoui pendant un quart de siècle

Claude sera victime durant huit années du Français Patrick Groche, ancien bras droit de l’ex-archevêque de Dakar, le traditionaliste Marcel Lefebvre. D’abord à Libreville donc, puis en France, où le jeune Gabonais part poursuivre ses études, opportunément financées par la Fraternité Saint-Pie-X. Claude ne trouvera le courage de tenir tête à son agresseur et de mettre fin au calvaire qu’en 1994.

L’ancien servant de messe mettra encore vingt-cinq ans à briser le silence. Alors que son fils s’apprête à étudier au Québec, il découvre que le père Groche exerce toujours outre-Atlantique. Le déclic. En 2019, Claude décide de témoigner auprès de la hiérarchie de la Fraternité Saint-Pie-X. Puis il dépose plainte en France. En vain : les faits, trop anciens, sont prescrits.

Pourquoi avoir attendu vingt-cinq ans ? Un mélange de « honte », de « peur ». L’envie d’enfouir l’horreur au plus profond de soi surtout. Depuis la dénonciation des faits, le père Patrick Groche a été rappelé en France par sa hiérarchie. Il vit aujourd’hui à Lourdes, sous l’œil vigilant de Claude et de sa famille, qui se démènent pour découvrir d’autres victimes, les inciter à témoigner et à dénoncer.

Leur objectif : obtenir que le père Patrick Groche soit traduit en justice et forcer la Fraternité Saint-Pie-X, coupable, selon lui, d’avoir couvert les abus et protéger des prêtres criminels, à faire face à ses victimes. Après près de deux heures de témoignage, Claude conclut en s’adressant « aux victimes de la Fraternité » : « Cela ne doit pas continuer. La place de tous ces prêtres est en prison. Pour la protection des innocents et des enfants, il faut les dénoncer. »

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

RDC-Démission à la présidence de la République : l’Acaj recommande une enquête judiciaire crédible sur les faits reprochés à Vidiye Tshimanga

septembre 17, 2022

Réagissant à la récente démission du conseiller spécial en matière stratégique du président de la République, Vidiye Tshimanga, l’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) dit avoir tiré certaines leçons. Elle le félicite pour sa décision de se retirer à la suite d’un scandale politico-financier porté à la connaissance du public, preuve qu’il est un homme d’Etat et républicain respectueux de la personne du chef de l’Etat qu’il est appelé à servir, même en dehors des institutions.

 

Vidiye Tshimanga/DR

« C’est un exemple pour démontrer à la classe politique qu’il existe une vie décente et apaisée en dehors des fonctions politiques. Il ne faudrait pas faire croire à l’opinion que sans la politique, il n’y a point de vie », a souligné l’Acaj dans un communiqué publié le 17 septembre et signé par son chargé de monitoring, Me Ben Bonginda.

L’association note, par ailleurs, que sous réserve du contenu entier de l’enregistrement rendu public, lequel aurait été saucissonné et sorti de son contexte, selon Vidiye Tshimanga, les propos tenus sont graves en ce qu’ils portent atteinte à l’honneur et à la crédibilité de l’institution présidence de la République. « Le constat qui se dégage de ce faisceau d’indices est que, loin d’être un fait anodin, les propos imputés à M. Vidiye sont susceptibles de revêtir le caractère pénal », a souligné cette organisation. Et de citer son coordonnateur, Me Georges Kapiamba, qui fait savoir que « la lutte contre la corruption, le trafic d’influence, le détournement et le blanchiment des capitaux constitue le baromètre à travers lequel l’action des gouvernants est jaugée », tout en soulignant qu’« il importe dès lors d’outiller conséquemment les structures y dédiées en ressources humaines, matérielles et surtout financières pour les soustraire à des éventuelles tentations ».

Face à ces révélations et à la démission qui en a suivi, l’Acaj recommande au procureur général près la Cour de cassation d’ordonner une enquête judiciaire crédible et exhaustive sur ces faits. Elle appelle, par ailleurs, le directeur de cabinet du chef de l’Etat à mettre en place une politique de tolérance zéro, en vue d’éliminer toutes les brebis galeuses qui seraient encore tapies dans les couloirs de la présidence de la République et useraient de leur position pour exercer pression et/ou trafic d’influence afin de satisfaire leurs intérêts égoïstes.

Il est, en effet, rappelé que Vidiye Tshimanga, conseiller spécial en matière stratégique du président Félix-Antoine Tshisekedi, venait de démissionner de son poste, le 16 septembre. Il est au cœur d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, le mêlant à une possible tentative de trafic d’influence. Il s’agit de la publication, le 15 septembre, par le journal suisse « Le Temps« , de plusieurs vidéos dans lesquelles il négocie de l’argent auprès de pseudo-investisseurs. « J’ai déposé ma démission ce matin auprès du chef de l’État. Une décision mûrement réfléchie afin d’avoir toute la liberté de dénoncer et lever le voile sur les commanditaires de cette machination. Et ainsi démontrer, preuves à l’appui, les manipulations et détournements de mes propos », a-t-il affirmé.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

Affaire Pogba : Mathias Pogba et trois suspects en garde à vue

septembre 14, 2022

Le frère de Paul Pogba s’est présenté de lui-même, mercredi, aux autorités dans l’enquête sur les extorsions dénoncées par le joueur de la Juventus Turin.

Mathias Pogba, le frere de Paul, ainsi que trois autres personnes ont ete places en garde a vue, entre mardi 13 septembre et mercredi 14 septembre.
Mathias Pogba, le frère de Paul, ainsi que trois autres personnes ont été placés en garde à vue, entre mardi 13 septembre et mercredi 14 septembre.© GUILLAUME SOUVANT / AFP

Mathias Pogba, le frère aîné du footballeur Paul Pogba, et trois autres personnes ont été placées en garde à vue dans l’enquête sur des extorsions dénoncées par le joueur de la Juventus Turin, a appris l’Agence France-Presse mercredi 14 septembre de sources judiciaire et proche du dossier. Mathias Pogba s’est présenté de lui-même « en début d’après-midi (mercredi) au service d’enquête et a été placé en garde à vue », a précisé la source proche. Sur les quatre suspects entendus, l’un a été placé en garde à vue mardi et trois mercredi, a indiqué la source judiciaire, confirmant une information du Monde.

Avec AFP

Plus d’informations à venir…

Canada-Accident mortel au Collège militaire royal : le type d’enquête surprend des experts

août 21, 2022
Jack Hogarth, Andrei Honciu, Broden Murphy et Andrés Salek en uniforme sur des photos officielles.

Jack Hogarth, Andrei Honciu, Broden Murphy et Andrés Salek sont morts dans un accident. Photo : Ministère de la Défense Nationale

Des experts en droit militaire se disent surpris qu’un accident survenu sur le campus, qui s’est soldé par la mort de quatre élèves-officiers du Collège militaire royal de Kingston au printemps dernier, fasse l’objet d’une simple enquête sommaire interne au lieu d’une commission d’enquête.

Le 29 avril dernier vers 2 h, un véhicule qui transportait quatre élèves-officiers est tombé à l’eau au large de Point Frederick, une péninsule située entre le port de Kingston et la baie Navy sur le fleuve Saint-Laurent, où se trouve le campus du Collège militaire royal.

Andrei Honciu, Jack Hogarth, Andrés Salek et Broden Murphy sont morts. Ces étudiants de quatrième année s’apprêtaient à recevoir leur diplôme et leur brevet d’officier et à entreprendre une carrière dans les Forces armées canadiennes.

Bien que peu de détails sur l’accident soient connus, la possibilité qu’il s’agisse d’un acte criminel a été exclue dès le début. C’est pourquoi le Bureau du coroner en chef de l’Ontario a pris la direction de l’enquête. La police de Kingston et le Service national des enquêtes des Forces canadiennes (SNEFC) – le service d’enquête indépendant de la police militaire – apportent leur aide.

Le major-général D. Craig Aitchison, commandant de l’Académie canadienne de la défense, a également ordonné une enquête sommaire interne qui a débuté le 17 mai. Une enquête sommaire interne est un des deux types d’enquêtes administratives que l’armée ordonne habituellement après le décès d’un militaire.

Ces enquêtes n’ont pas pour but d’adresser un blâme légal ou civil ou d’infliger une punition. Dans le cas des quatre cadets, l’enquête sommaire examinera les circonstances de l’accident liées au service et formulera des recommandations afin d’éviter que des décès similaires se reproduisent.

Lors d’une enquête sommaire, un seul officier s’occupe de l’affaire.

On choisit généralement une [enquête sommaire] lorsque l’affaire est moins complexe, a déclaré un porte-parole du ministère de la Défense nationale.

La deuxième forme d’enquête administrative est une commission d’enquête qui, selon le ministère, est généralement choisie pour des affaires plus complexes. Il s’agit d’un groupe de militaires qui entend les preuves et les témoignages de personnes assermentées.

J’ai été un peu surpris qu’ils ne recourent pas à une commission d’enquête, a déclaré l’avocat militaire Rory Fowler, lieutenant-colonel à la retraite et ancien juriste au sein du cabinet du juge-avocat général.

Généralement, dans le passé, les décideurs supérieurs des Forces canadiennes, lorsqu’il s’agissait de décès très médiatisés et non liés au combat, ont généralement ordonné par défaut une commission d’enquête.

Compte tenu de la gravité de l’accident […], je me serais attendu à une commission d’enquête, qui est plus formelle, ne serait-ce que pour s’assurer d’examiner l’affaire de fond en comble, a déclaré Michel Drapeau, un colonel à la retraite qui pratique le droit militaire et qui enseigne à l’Université d’Ottawa.

Une commission d’enquête est toujours possible

Bien qu’une enquête sommaire soit beaucoup moins solide qu’une commission d’enquête, l’armée peut avoir des raisons de choisir cette voie, a dit M. Fowler.

Les Forces armées canadiennes peuvent estimer que les enquêtes parallèles de l’armée, de la police civile et du coroner sont suffisamment approfondies, a-t-il ajouté.

Si d’autres enquêtes vont remplir cette fonction d’établissement des faits, il n’est probablement pas nécessaire de créer une commission d’enquête, a déclaré M. Fowler.

Puisque cette circonstance tragique particulière a suscité une forte attention médiatique, l’autorité convocatrice peut très bien être d’avis que  »mieux vaut tôt que tard » en ce qui concerne l’achèvement de l’enquête administrative.

L’ouverture d’une enquête sommaire n’empêche pas la tenue d’une commission d’enquête à un moment ultérieur, selon le ministère de la Défense.

Attendre les rapports post mortem

Au cours d’une enquête sommaire, l’enquêteur contacte les familles pour leur poser des questions et leur transmet ensuite les résultats, a indiqué le ministère.

Les conclusions ne sont pas rendues publiques dans leur intégralité compte tenu des éléments délicats et des informations personnelles qu’elles contiennent, a ajouté le ministère de la Défense.

Un véhicule est repêché à l'aide d'une grue.

Un véhicule avait été repêché dans le fleuve Saint-Laurent. (Archives) Photo : CBC

Un porte-parole du Collège militaire royal a déclaré la semaine dernière qu’aucun changement n’avait été apporté à l’infrastructure de Point Frederick pour le moment, car les militaires attendent les rapports finaux du bureau du coroner en chef ainsi que les résultats de l’enquête sommaire.

Il serait prématuré d’amorcer tout changement jusqu’à ce que les recommandations finales de l’enquête sommaire aient été soumises, a déclaré le porte-parole.

Plus tôt cette semaine, un porte-parole du bureau du coroner a déclaré qu’il attendait les rapports post mortem finaux, y compris les résultats toxicologiques, avant de fournir les résultats des quatre enquêtes sur les décès au SNEFC et à l’officier chargé de l’enquête sommaire interne.

Les résultats des enquêtes sur les décès peuvent également être fournis aux familles sur demande, a ajouté le porte-parole.

Radio-Canada avec les informations de CBC

États-Unis: Donald Trump refuse de répondre aux questions de la procureure générale de New York

août 10, 2022
Donald Trump.

L’ancien président américain Donald Trump au Hilton Anatole à Dallas. Photo : Getty Images/Brandon Bell

Donald Trump, entendu sous serment mercredi dans le cadre d’une enquête au civil sur des soupçons de fraudes financières au sein de son groupe Trump Organization, a annoncé qu’il avait refusé de répondre aux questions du bureau de la procureure générale de New York.

Disant à nouveau être victime d’une chasse aux sorcières, il a déclaré dans un communiqué avoir refusé de répondre aux questions, en vertu des droits et prérogatives accordés à tout citoyen par la Constitution des États-Unis.

Par ailleurs, Donald Trump a suggéré mercredi sur son réseau social que la police fédérale (FBI) pourrait avoir placé des preuves contre lui, s’insurgeant contre le fait que personne ne pouvait s’approcher des endroits perquisitionnés de son domicile de Floride en début de semaine.

Le FBI et les autres agents du gouvernement fédéral n’ont laissé personne, pas même mes avocats, s’approcher des zones qui ont été fouillées et examinées pendant la perquisition à Mar-a-Lago, s’est plaint le républicain sur sa plateforme Truth Social.

Ils ont demandé à tout le monde de quitter les lieux, ils voulaient être seuls, sans témoin pour voir ce qu’ils faisaient, prenaient ou, ce que je n’espère pas, « plaçaient », a-t-il accusé, sans étayer ses propos.

« Pourquoi ont-ils fortement insisté pour que personne ne les observe, et faire sortir tout le monde? »

Lundi soir, la police fédérale a effectué une perquisition spectaculaire de la résidence du milliardaire en Floride, provoquant une vague d’indignation chez les conservateurs. Jamais un ancien locataire de la Maison-Blanche n’avait été inquiété par la justice de cette façon.

La résidence de Donald Trump en Floride.

La résidence de l’ancien président américain Donald Trump à Mar-A-Lago à Palm Beach, en Floride Photo : AFP via Getty Images/Giorgio Viera

Les raisons de la perquisition non révélées

La perquisition de la police fédérale a-t-elle à voir avec les nombreux cartons que Donald Trump a emportés avec lui en quittant la Maison-Blanche en janvier 2021? Est-elle liée à l’enquête sur sa responsabilité dans l’assaut du Capitole? Concerne-t-elle plutôt les soupçons de fraude financière dont la Trump Organization fait l’objet à New York?

Ni le département de la Justice ni le FBI n’ont fait de commentaire, observant un silence total

Donald Trump, qui flirte ostensiblement avec une nouvelle candidature en 2024 et qui clame son innocence dans chacune de ces affaires, prétend faire l’objet d’une chasse aux sorcières et a dénoncé une persécution politique.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Sénégal: un étudiant gabonais recherché à Dakar pour le viol d’un jeune garçon de 14 ans

août 6, 2022
 Sénégal: un étudiant gabonais recherché à Dakar pour le viol d’un jeune garçon de 14 ans.

Gahile Mboumba Mboumba, un compatriote, la vingtaine révolue qui est recherché par les autorités judiciaires de Dakar pour le viol sur un jeune garçon de 14 ans. Selon des sources concordantes, le présumé violeur pédophile aurait été ramené à Libreville pour éviter de répondre de ses actes.

Les faits se seraient passés le dimanche 31 juillet dernier à Dakar au Sénégal. Envoyé par ses parents pour poursuivre ses études, Gahile Mboumba Mboumba se serait livré à des jeux de séduction sur les réseaux sociaux. Il aurait créé des faux profils en se faisant passer pour une femme et aurait à l’aide de subterfuge convaincu son interlocuteur âgé de 14 ans de lui envoyer des « nudes ». Une fois les photos compromettantes en sa possession, il aurait menacé le jeune garçon.

Voulant éviter que ses photos ne soient diffusées sur internet, la victime aurait accepté de rencontrer Gahile Mboumba Mboumba à son domicile. Une fois sur place, l’étudiant aurait convaincu le jeune garçon de 14 ans d’avoir des rapports sexuels avec lui afin d’effacer les photos. Une demande que l’adolescent aurait fini par accepter. Une fois sa libido assouvie, il aurait laissé partir la victime.

De retour chez lui, la victime aurait tout raconté à ses parents. Ces derniers remontés auraient débarqué au domicile de de Gahile Mboumba Mboumba. Ils ne l’auraient pas trouvé mais plutôt son colocataire, L.D.O.O. Ce dernier va être pris à partie par les proches du jeune garçon de 14 ans. Lesquels l’auraient roué de coups et cassé sa paire de lunettes. Il n’aurait eu la vie sauve que grâce à l’intervention de gendarmes passant par là.

Les parents de Gahile Mboumba Mboumba ont été mis au courant de la situation, ces derniers se seraient lavés les mains indiquant que leur fils devait répondre de ses actes. Une plainte a été déposée à l’encontre du présumé violeur pédophile, qui ne serait pas à sa première tentative. Une source proche de l’ambassade du Gabon au Sénégal a indiqué que malgré les mesures prises pour intercepter le suspect, il serait parvenu à rentrer au Gabon avec l’aide de ses proches.》

Avec Le Congolais.fr