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Cameroun : pourquoi les enseignants poursuivent leur bras de fer avec le gouvernement

mars 9, 2022
Des élèves et des enseignants unis dans « l’Opération craie morte » qui touche le Cameroun depuis le 21 février 2022. © Camer Press Agency

Le mouvement de grève des enseignants dure depuis le 21 février. Pourquoi le blocage perdure malgré les mesures annoncées par le gouvernement ? Quelles sont leurs revendications ? Décryptage.

Des élèves en uniforme qui battent le pavé en soutien à leurs enseignants absents des salles de classe depuis bientôt trois semaines : ces scènes qui se sont jouées le 7 mars à Douala, Ebolowa (sud) ou Mora (extrême-nord), sont le dernier acte du mouvement national de grève qu’observent, depuis le 21 février dernier, les enseignants affectés à l’éducation de base et au secondaire à travers le Cameroun.

« On a trop supporté  » (OTS), du nom du collectif constitué au début du mouvement, a lancé une « opération craie morte » qui ne cesse de gagner en intensité. Contrairement aux bruyantes manifestations des enseignants anglophones de 2016, qui avaient conduit à des affrontements avec les forces de sécurité avant de se transformer en crise socio-politique, les adhérents du collectif OTS ont fait le pari d’observer un mouvement pacifique : ils rejoignent leurs lieux de services tous les matins mais refusent de dispenser la moindre leçon.

Un mouvement sans leader

Le collectif n’a aucun leader connu : les communiqués signés par une trentaine d’enseignants au début de la grève ne comptent plus aujourd’hui que trois numéros de téléphone auxquels répondent des interlocuteurs qui insistent pour garder l’anonymat.

« Ce n’est pas la première fois que nous défendons ces revendications, explique au téléphone l’un des porte-parole d’OTS. Nous gardons l’anonymat pour éviter que certains, parmi nous, ne subissent seuls le courroux de l’administration, ou qu’ils puissent être achetés, comme cela a malheureusement trop souvent été le cas par le passé. »

LE COLLECTIF DE GRÉVISTES DÉFEND LA NÉCESSITÉ D’ORGANISER DES ÉTATS GÉNÉRAUX DE L’ÉDUCATION

La tactique, pour l’heure, semble s’avérer payante. Les enseignants grévistes reçoivent de nombreux soutiens au sein de la population et même certains acteurs politiques montent au créneau. « Aucun avenir radieux n’est possible au Cameroun sans un système éducatif de qualité. Nous soutenons la nécessité d’organiser des états généraux de l’Éducation », ont ainsi écrit une dizaine d’opposants dans une tribune publiée le 3 mars.

Réveil des autorités

Au fil des semaines, la grève des enseignants est devenue une crise sociale d’envergure que les autorités camerounaises, après avoir longtemps repoussé l’échéance, tentent de juguler. Ce lundi 7 mars, le président Paul Biya a demandé que soit débloqué en urgence le verrou de précaution budgétaire des administrations publiques de 20% de leurs crédits destinés à l’achat des biens et services.

Le but ? Répondre le plus rapidement possible aux revendications des grévistes. Ce sont pas moins de 2,7 milliards de F CFA qui ont ainsi été mis sur la table par le gouvernement, qui doivent servir à payer des arriérés de primes de correction d’examen qui datent de 2020. En parallèle, Joseph Le, le ministre de la Fonction publique, a mis en place une task force chargée de travailler sur les desiderata des enseignants.

LES RAISONS PROFONDES DE LA GROGNE SONT À CHERCHER DANS LE PROCESSUS DE RECRUTEMENT DES ENSEIGNANTS

Une avancée saluée par nombre d’entre eux mais que beaucoup jugent encore insuffisante. Le paiement des arriérés de primes de correction n’est qu’une des vingt revendications listées par le collectif OTS. Outre les compléments de salaires restant dûs par l’État, les enseignants réclament également la prise en compte de tous ceux qui sont encore en attente. Au total, l’enveloppe globale tournerait plutôt autour des 181 milliards de F CFA.

Les raisons profondes de la grogne sont à chercher du côté du processus de recrutement des enseignants. Au Cameroun, ils sont formés pendant 3 à 5 ans dans des écoles d’État. À leur sortie, ils sont affectés dans différents établissements et doivent soumettre à l’administration un dossier d’intégration pour être pris en compte dans la masse salariale de l’État. Un processus qui prend du temps : jusqu’en 2008, un enseignant nouvellement affecté pouvait ainsi attendre jusqu’à deux ans avant de percevoir ses premiers émoluments.

NOS COLLÈGUES SE RETROUVENT À PASSER DIX ANS SANS LE MOINDRE SALAIRE OU PRESQUE

Face aux inconvénients de cette situation, décision avait été prise par le ministère de la Fonction publique d’instaurer un nouveau système : les enseignants perçoivent une avance sur solde correspondant aux deux tiers de leur salaire, en attendant que leurs dossiers d’intégration soient traités et qu’ils reçoivent – enfin – le complément de salaire. Mais là encore, le système censé fluidifier la situation a encore alourdi un processus déjà à la peine.

En position de force

« Nos collègues sortent des instituts de formation, sont affectés sur le terrain mais se retrouvent à passer dix ans sans le moindre salaire ou presque. Ceux qui reçoivent les deux tiers de leur salaire n’ont jamais de compléments de solde ; à cela s’ajoute l’absence d’avancements et de primes », insiste le membre du collectif OTS précédemment cité.

« Je suis à ma onzième année sans avancement, sans primes de logement. À chaque fois, on nous fait des promesses qui n’aboutissent jamais. Et lorsqu’on se rend dans les bureaux du ministère, nos collègues fonctionnaires nous rackettent parfois jusqu’à 15% de notre dû pour faire avancer nos dossiers ! » vitupère Jeanette Fouda, prof de français à Yaoundé.

Lors de la précédente grève, en 2019, une réunion organisée avec les autorités avait permis de dresser l’état des lieux du secteur. On dénombrait alors 6 547 dossiers d’avance de solde, 19 862 dossiers d’actes de carrière, 501 indemnités de non logement, 419 prestations familiales, 550 indemnités de sujétion et 3 423 états de sommes dues en attente d’un déblocage des fonds du ministère des Finances.

Le gouvernement avait alors engagé établi un échéancier de règlement de cette dette mais le processus s’est progressivement grippé. Au début de l’« Opération craie morte », les autorités ont évoqué la gestion de la pandémie et la crise dans les régions anglophones du pays pour justifier ces retards.

Inflation galopante

Les enseignants, eux, campent sur leur position. Outre le règlement des retards, ils réclament la revalorisation de leurs salaires et des primes supplémentaires pour faire face à l’inflation galopante. Ils demandent aussi la définition d’un statut de l’enseignant. À quelques mois de l’organisation des examens de fin d’année, ils sont en position de force dans les négociations. Les efforts déployés par le gouvernement sont là pour le prouver.

Avec Jeune Afrique par Franck Foute – à Yaoundé

Canada-Québec: Des enseignants soulagés et les restaurateurs résignés en Outaouais

décembre 30, 2021

Les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement Legault pour faire face à la flambée des cas de COVID-19 sont accueillies par certains avec résignation et pour d’autres avec soulagement en Outaouais.

Le milieu de l’enseignement pousse un soupir de soulagement face à la décision du Québec de repousser au 17 janvier prochain la rentrée des classes d’après les Fêtes en présentiel pour les élèves du primaire et du secondaire.

On s’y attendait. Ce n’est jamais une décision facile. Nous ne sommes jamais contents de savoir qu’on ne pourra pas enseigner, avoir nos élèves avec nous dans notre classe, mais à ce stade-ci, je pense que tout le monde est un peu soulagé parce que le nombre de cas est important», a réagi Suzanne Tremblay, présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais (SEO).Suzanne Tremblay, présidente du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais (SEO).

© Simon Lasalle/Radio-Canada Suzanne Tremblay, présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais (SEO).

Déception et résignation des restaurateurs

L’accueil des nouvelles mesures sanitaires n’est toutefois pas le même du côté des restaurateurs en Outaouais, qui devront, à partir de vendredi, fermer leur salle à manger pour une durée indéterminée.

Le 16 décembre, la province avait ordonné le plafonnement à 50 % de la capacité d’accueil dans les restaurants. Ce nouveau tour de vis portera un dur coup pour plusieurs restaurateurs de la région qui ont déjà un genou par terre, selon Joe Rego, copropriétaire du groupe Portobella, qui gère plusieurs restaurants en Outaouais.

Pour les restaurateurs, je pense que le mal a été fait quand [le gouvernement] a fait l’annonce le 16 décembre. C’était le clou dans le cercueil de tous les restaurateurs quand [le gouvernement] a coupé toutes les salles à manger à 50 %. À partir de cette journée, Noël était fini pour nous», a-t-il commenté.Joe Rego est copropriétaire du groupe Portobella, qui gère plusieurs restaurants en Outaouais.

© Radio-Canada Joe Rego est copropriétaire du groupe Portobella, qui gère plusieurs restaurants en Outaouais.

Pas de couvre-feu nécessaire en Ontario, selon un expert

Par ailleurs, le gouvernement du Québec a aussi annoncé l’imposition du couvre-feu de 22 h à 5 h à partir de vendredi.

Le Québec est la seule province au pays à avoir imposé le couvre-feu durant la pandémie et selon le Dr Hugues Loemba, virologue, chercheur à l’Hôpital Montfort et professeur agrégé de médecine à l’Université d’Ottawa, une telle mesure n’est pas nécessaire en Ontario pour l’instant.

Le couvre-feu ne sera pas utilisé en Ontario. Le virus n’attend pas la nuit. Il peut circuler dans la journée. […] Je ne suis pas sûr que le gouvernement Ford va changer sa décision», a-t-il indiqué.Le Dr Hugues Loemba, virologue et chercheur à l'Hôpital Montfort et professeur agrégé de médecine à l'Université d'Ottawa.

© /Radio-Canada Le Dr Hugues Loemba, virologue et chercheur à l’Hôpital Montfort et professeur agrégé de médecine à l’Université d’Ottawa.

Par CBC/Radio-Canada avec les informations de Marie-Jeanne Dubreuil et de Rémi Authier

Congo-Education : un chercheur propose les états généraux pour combler le déficit des enseignants

décembre 22, 2021

Dans son mémoire de fin d’études à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam), sur le thème « Recrutement des enseignants au MEPPSA de 2010 à 2020 : bilan et perspectives », option administration scolaire, Patience Drel Kessakadia propose les états généraux de l’éducation pour trouver des solutions au déficit des enseignants.

Les membres du jury et l’impétrant

Remontant l’histoire, Patience Drel Kessakadia a fait constater, à l’issue de ses travaux de recherche, que le déficit en personnel enseignant est la conséquence immédiate du départ inopiné des enseignants expatriés, en application de la loi fixant les principes généraux de l’organisation de l’enseignement au Congo. L’école congolaise a sombré dans une mauvaise planification en matière de recrutement, la carte scolaire fait état d’une insuffisance criarde des enseignants. Le déséquilibre exacerbé entre 2010 et 2020 affiche un manque de 20 000 enseignants. Plus grave, parmi ceux qui sont sur le terrain, il y en a qui accusent des lacunes pédagogiques.

Par ailleurs, la consécration de l’année 2013 à l’éducation n’a pas changé la donne. Les détachements administratifs mal maîtrisés, les départs massifs à la retraite, les migrations des enseignants vers d’autres ministères et administrations, le faible quota de recrutement accordé au ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation, contribuent à la chute du nombre d’enseignants actifs.

L’objectif de l’étude, selon l’impétrant, est d’inciter le gouvernement à redéfinir sa politique et revoir à la hausse les quotas accordés au ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation, s’il tient à résoudre le déficit, tel que voulu dans la stratégie sectorielle de l’éducation.

Une des grandes particularités de la soutenance de ces travaux de recherche est le fait que le jury a été présidé par Jean Luc Mouthou, maître de conférences, puis ministre de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation. Pour lui, la question est plus que profonde. « C’est une problématique majeure, un véritable serpent de mer dont la solution demande plus que la tenue des états généraux », a-t-il dit.

Avec Adiac-Congo par Rominique Makaya

Madagascar-Éducation: Renvoyez les enseignants incompétents

septembre 15, 2021

Si le niveau de l’éducation ne cesse de se détériorer à Madagascar, c’est aussi et surtout en raison du mode de recrutement de nos enseignants. Pour cause, depuis quelques années, le recrutement de nos enseignants est de moins en moins conditionné par le critère de compétence. Le recrutement des maîtres Fram (Enseignants payés par l’association des parents d’élèves) par le ministère de l’éducation nationale en tant de fonctionnaire en est une bonne illustration. Une mauvaise pratique très utilisée à l’époque de l’ex-ministre Paul Rabary depuis 2014 qui pose un sérieux blocage en ce moment.

La plupart des enseignants Fram n’ont pas du tout reçus de formation spécialisée en enseignement. Ces derniers choisis au hasard par l’association des parents d’élèves ont tout simplement incorporés dans le rang des enseignants par manque d’effectif. Pourtant, ce sont ces enseignants Fram devenus fonctionnaires qui gonflent en ce moment le budget du ministère de l’éducation nationale (MEN). Pire, devenus fonctionnaires, les ex-maîtres Fram ne se soucient plus d’être renvoyés et ne soucient quasiment plus de la qualité de leur travail.

Inversement, c’est que des enseignants sortants des centres de formation pédagogiques comme les Ecoles Normales n’ont pas encore été recrutés à ce jour. Le 6 janvier dernier, des étudiants sortants de l’Ecole normale supérieure (ENS) Ampefiloha ont même tenu une grève pour n’avoir pas été priorisés dans le recrutement de nouveaux enseignants fonctionnaires au MEN.

Les formations dispensées par le ministère de l’éducation, comme ce fut de cas depuis lundi dernier à Manakara au profit d’une vingtaine d’enseignants ne servent quasiment plus à rien pour résoudre le problème de la détérioration de la qualité de l’éducation à Madagascar.

Des solutions plus concrètes doivent ainsi être prises pour éviter le laxisme de certains enseignants et faire intégrer ceux qui sont les plus capables de remplir cette fonction. Le ministère de l’éducation doit mettre à la porte les enseignants incompétents.

Avec La Gazette de la Grande Ile par Ranaivo

Canada: Des programmes pour le recrutement des enseignants francophones en C.-B. voient le jour

mars 4, 2021

Grâce à une aide financière de 6,5 millions $ du ministère des Langues officielles distribuée à divers organismes au cours des deux dernières années, le Bureau des affaires francophones de l’Université Simon Fraser a développé plusieurs stratégies et projets pour former davantage d’enseignants francophones et les retenir en Colombie-Britannique.

Des élèves de 3e année participent à une activité en français en s'amusant avec leur enseignante Francine Masse.

© Jacqueline Landry/Radio-Canada Des élèves de 3e année participent à une activité en français en s’amusant avec leur enseignante Francine Masse.

«L’isolement professionnel est le principal obstacle à la rétention des professeurs francophones formés en Colombie-Britannique,» explique Hélène Lalancette, directrice adjointe au Bureau des affaires francophones et francophiles (BAFF) de l’Université Simon Fraser. «Les enseignants francophones se plaignent également de manquer de ressources pédagogiques en français et de ne pas avoir accès à assez de formation continue», dit-elle.

Réseau de soutien professionnel

Pour briser cet isolement, le BAFF a mis en place depuis 2020 un réseau de soutien pour les enseignants francophones de la Colombie-Britannique.

Ce réseau s’adresse autant aux enseignants d’immersion française, de français langue seconde ou de français langue première. «En milieu minoritaire, nous ne sommes pas assez nombreux pour faire des sous-groupes,» précise Mme Lalancette.

Recrutement

Des élèves en immersion française

© Canadian Parents for rench Des élèves en immersion française

Une autre initiative du BAFF est d’aider les commissions scolaires anglophones de la province avec l’embauche d’enseignants de français et tout particulièrement de leur faire mieux connaître leur réalité et leurs spécialités.

«L’enseignement en milieu minoritaire est différent, explique Hélène Lalancette et il ne faut pas seulement des professeurs de français, il faut aussi des professeurs de mathématiques francophones, des bibliothécaires.»

La Faculté d’éducation de l’Université Simon Fraser compte 51 places pour la formation des enseignants en français. Hélène Lalancette travaille activement auprès du ministère provincial de l’Éducation pour que ce nombre augmente grâce au fond de recrutement.

Commission scolaire de Vancouver

À plus petite échelle, la Commission scolaire de Vancouver (VSB) a également ses propres stratégies de recrutement pour remplir ses quelque 240 postes à temps plein d’enseignants d’immersion française et de français langue seconde.

Ce sont surtout des jeunes qui aiment l’aventure ou des personnes qui ont besoin de changement qui déménagent en Colombie-Britannique pour enseigner le français, confie Adrian Keough, directeur à la Commission scolaire de Vancouver. «Nous les aidons à trouver un logement et il y a même des enseignants qui offrent un logement pour les premières semaines ou le premier mois aux nouveaux arrivants», précise-t-il.

Adrian Keogh, directeur de la Vancouver School Board.

© Nora Chabib/Radio-Canada Adrian Keogh, directeur de la Vancouver School Board.

La Commission scolaire offre également un poste permanent à temps plein plutôt que de la suppléance sur appel à certains candidats pour leur assurer une stabilité de salaire et des avantages sociaux. Ceux-ci sont donc déjà sur place lorsqu’un emploi permanent se libère.

Du côté du Syndicat des enseignants de la Colombie-Britannique, aucun changement n’a été remarqué depuis que le financement d’Ottawa a été alloué, selon Stéphane Bélanger.

L’important selon lui, est surtout la rétention. «C’est là qu’il faudrait mettre le plus d’énergie. Ça passe par de meilleures conditions de travail par exemple», dit-il.

Il confirme qu’il y a une pénurie d’enseignants, aggravée par la pandémie. La liste des postes à pourvoir au Conseil scolaire francophone par exemple est longue, et certains sont en ligne depuis septembre, déclare Stéphane Bélanger.

Avec Radio-Canada par Dominique Lévesque 

RDC/Ecoles conventionnées catholiques : tout enseignant du degré primaire doit désormais être catholique pratiquant

octobre 5, 2020

Les élèves d’une école primaire catholique /DR

La décision, qui prend déjà effet au cours de l’année scolaire 2020-2021, a été annoncée par l’archevêque de Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo, au cours d’une homélie prononcée le dimanche dernier, à huit jours de la rentrée des classes pour l’année indiquée.

La décision du Cardinal Fridolin Ambongo de n’accepter désormais comme enseignant du degré primaire dans les écoles catholiques que les chrétiens de cette confession religieuse, a été annoncée, le 4 octobre, dans son homélie, à l’issue de l’inauguration et de l’installation du nouveau doyenné Saint Eugène de l’archidiocèse de Kinshasa à Maluku. Selon le site Sosoyamboka.info, cette décision entre en vigueur en cette année scolaire 2020-2021. « L’enseignant de l’école primaire dans les écoles conventionnées catholiques sera, sans autre forme de procès, un fidèle catholique », a dit l’archevêque métropolitain.

Le Cardinal Fridolin Ambongo, précise la source, a invité les curés et coordonnateurs des écoles conventionnées catholiques de la République démocratique du Congo au strict respect des valeurs catholiques et à l’observance des valeurs de l’Eglise par tous les prêtres et fidèles. « A l’école primaire, tout enseignant doit être un catholique pratiquant, car la catéchèse figure dans le programme scolaire dans toutes nos écoles. On ne peut pas accepter qu’un enseignant non catholique vienne dispenser la catéchèse aux élèves, d’autant plus qu’il n’a aucune notion sur les valeurs de l’Eglise », a soutenu le Cardinal. Fridolin Ambongo a, par ailleurs, menacé des sanctions, tous curés et coordonnateurs qui n’appliqueront pas cette nouvelle décision. Si je rencontre un tel cas, a-t-il clairement indiqué, c’est le curé et le coordonnateur à qui je demanderai des comptes. « Je ne m’en prendrais pas à l’enseignant. On ne badine pas avec les valeurs catholiques », a-t-il insisté.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

Canada/Québec: Des enseignants deviennent livreurs par solidarité

mars 25, 2020
Les enseignants Maxime Giroux et Geoffrey Jouvin ont décidé de faire leur part pour aider leur communauté.
© FRANÇOIS GERVAIS Les enseignants Maxime Giroux et Geoffrey Jouvin ont décidé de faire leur part pour aider leur communauté.
TROIS-RIVIÈRES — Qui peut imaginer des profs se tourner les pouces? Et ce n’est pas un virus qui va mettre un frein au torrent d’idées qui déferle dans leur tête. C’est ainsi que deux enseignants de l’Académie les Estacades, Geoffrey Jouvin et Maxime Giroux, ont eu l’idée de meubler leur temps libre en aidant les autres. Les voilà transformés en livreurs d’épicerie et toute une armée d’enseignants bénévoles s’ajoute à leur suite.

«On est un regroupement d’enseignants. On a décidé d’offrir le service de livraison d’épicerie, mais aussi de courses en général comme la pharmacie et autres», raconte M. Giroux.

Bien sûr, ce service est offert aux personnes âgées, mais leur clientèle ne s’arrête pas là. «On essaie de ratisser le plus large possible», précise M. Giroux. Ainsi, les employés des services essentiels comme le personnel médical sont aussi invités à faire appel à leur service, question de se reposer entre deux quarts de travail plutôt que de courir à l’épicerie. Les familles qui ne sont pas à l’aise de traîner des enfants en bas âge aux quatre coins de la ville sont aussi ciblées. Et bien sûr, il y a aussi les personnes à la santé précaire qui sont plus à risque de souffrir de complications si elles sont infectées par le coronavirus. Par exemple, mardi, ils ont desservi une personne dans le trentaine qui souffre de diabète et de problèmes respiratoires.

Ces enseignants en congé forcé depuis la fermeture des écoles se demandaient comment donner un coup de pouce à leur communauté. «De notre côté, on envoie des ressources pédagogiques aux élèves, on est disponible pour répondre aux questions des parents, mais on cherchait un autre moyen d’aider, pas seulement les jeunes, mais les parents aussi et les différentes sphères de la société. On s’est dit: pourquoi pas? En quarantaine, la seule sortie nécessaire, c’est l’épicerie. Si on peut sauver cette exposition aux gens, on s’est dit qu’on pourrait le faire.»

Ils ont lancé leur projet, lundi. Déjà tôt mardi matin, ils avaient reçu une dizaine d’appels et plusieurs enseignants levaient la main pour s’impliquer. Si MM. Giroux et Jouvin desservent Trois-Rivières et les environs, un bon nombre de bénévoles se trouvent à Shawinigan.

«Nos équipes sont prêtes à aller sur le terrain. Beaucoup de monde veut se joindre à la cause», souligne M. Giroux.

Les gens qui ont besoin d’un tel service sont invités à les contacter sur leur page Facebook (Profs – Livraison), par courriel (Proflivraison@gmail.com) ou par téléphone (819-384-5263). Le service est gratuit. Les gens peuvent payer leurs courses par argent comptant mais aussi par virement interac ou par carte de crédit.

Ces enseignants invitent les citoyens à se serrer les coudes en s’impliquant. «On veut passer le message aux gens qu’ils n’ont pas besoin de faire partie d’un regroupement pour aider. Les gens qui trouvent le temps long pendant la quarantaine peuvent aussi rendre service et donner un coup de pouce à des personnes qui devraient moins s’exposer à l’extérieur. On les encourage à le faire.»

Avec Le Nouvelliste par Marie-Eve Lafontaine

Congo : trois journées « université morte » à Brazzaville

avril 13, 2017

Sur le campus de l’Université Marien Ngouabi en mars 2008. © Vincent Fournier pour JA

Enseignants et agents de l’Université publique du Congo à Brazzaville observent depuis mercredi et jusqu’à vendredi, trois journées « université morte » pour essayer de faire entendre leurs revendications salariales, a-t-on appris dans un communiqué publié par leur intersyndicale.

« Le collège intersyndical décide de l’observation de trois journées université morte les 12, 13 et 14 avril pour marquer l’indignation de la communauté universitaire face au traitement dont elle est l’objet de la part de la tutelle », indique la déclaration des syndicats d’enseignants et d’agents publiée mardi 11 avril et relayée par l’AFP.

Parmi les points de contestation, les syndicats dénoncent notamment le décalage des dates de paiement des salaires des agents de l’université par rapport à celles des employés de la fonction publique et le retard dans l’exécution du budget de fonctionnement de l’Université, qui s’élève officiellement à 900 millions de francs CFA (plus d’1,3 million d’euros) par trimestre.

Heures supplémentaires

Par ailleurs, le personnel enseignant réclame le paiement des heures supplémentaires − au-delà des heures statutaires de cours − ainsi que celles effectuées pendant la surveillance des examens par  le personnel non-enseignant.

Aucun cours n’a été dispensé et les administrations de l’université sont restées également fermées mercredi à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville, la seule université publique du Congo, fondée en 1971. L’an dernier déjà, l’établissement avait connu un long épisode de grève, pour les mêmes motifs.

Jeuneafrique.com

Niger : 7 millions d’euros payés par an à des enseignants « fictifs »

avril 9, 2017

Des élèves en salle de classe dans une école primaire de Zinder, le 1er juin 2012 au Niger. © AFP

L’Etat nigérien verse chaque année plus de 4,789 milliards de FCFA (environ 7,3 millions d’euros) à quelque 3.000 enseignants dont les autorités ne retrouvent pas la trace, a révélé samedi le ministre nigérien de l’Education.

« Par an, du fait des enseignants qu’on n’arrive pas à retrouver sur les listes, l’Etat perd 4.789.200.000 FCFA », a affirmé le ministre nigérien de l’Education, Daouda Mamadou Marthé devant les députés.

Ces enseignants sont composés de « contractuels » qui « n’existent pas du tout sur les listes officielles d’émargement », a expliqué le ministre. Il exposait aux parlementaires les résultats d’une enquête menée en 2016 par la Haute autorité de lutte contre la corruption et infractions assimilées (Halcia-organe gouvernemental).

L’enquête a été menée « école par école » par des gendarmes et des civils, selon la Halcia.

Les agents « contractuels » représentent environ « 80% » du corps des enseignants du pays. Faute de budgets conséquents pour recruter des enseignants titulaires, les autorités font appel depuis une dizaine d’années à des « contractuels », souvent sans aucune formation, pour dispenser des cours dans le primaire, le secondaire et dans les écoles professionnelles.

A titre de rémunération, un « contractuel » reçoit « un pécule mensuel de 75.000 à 100.000 FCFA » (114 à 152 euros), d’après la Halcia.

Jeuneafrique.com avec AFP

Togo : les raisons du malaise des enseignants

décembre 14, 2016

Manifestation d’élèves en avril 2013 à Lomé, au Togo. © Erick Kaglan/AP/SIPA

Depuis deux semaines, l’enseignement primaire et secondaire au Togo ploie sous le coup d’une série de grèves. Faute d’un accord entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants le 8 décembre dernier, une nouvelle grève de 72 heures est observée depuis ce mercredi.

Se dirige-t-on au Togo vers une année scolaire similaire à celle de 2013 ? La question mérite d’être posée. Des syndicats réclament de meilleures conditions de vie pour les enseignants.

Parmi eux, le syndicat national des professeurs de l’enseignement technique du Togo (Synpett), le Syndicat national des enseignants de l’enseignement technique et de la formation professionnelle (SNEETFP), le Syndicat des enseignants du secondaire du Togo (Sesto) et le Syndicat des enseignants du préscolaire et du primaire du Togo (Seppto).

Pour eux, l’année scolaire 2016-2017 semble mal partie. Des débordements sont constatés dans certains établissements en différentes régions. À Dapaong au nord du pays, des élèves sans enseignants se sont, début décembre, organisés en petit groupe pour « déloger leurs camarades des établissements privés ». Beaucoup voient là le spectre de 2013 :  deux élèves avaient trouvés la mort dans des manifestations violentes.

La question des primes

Avant la rentrée scolaire du 17 octobre, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Réforme administrative avait alors rencontré les syndicats, qui avaient exposé leurs revendications. Insatisfaits, ces derniers ont maintenu leur mouvement. Depuis août, ils exigent l’octroi de différentes primes mensuelles.

Il s’agit de l’octroi de l’indemnité de logement pour le personnel de l’éducation. Les enseignants réclament aussi une prime de travail de nuit et une prime de salissure, à intégrer au budget 2017.

« Nous attendons également l’adoption du statut particulier de l’enseignant. Nous devions avoir gain de cause en mars dernier », fait savoir Atsou Atcha, coordinateur du syndicat de l’enseignement technique, pour qui le gouvernement devra aussi résoudre « le problème de la Caisse nationale de sécurité sociale et le dossier des normaliens ».

Le gouvernement dit de son côté « comprendre » l’importance et la légitimité des demandes mais soulève l’existence « d’autres priorités ».

Des affectations « punitives »

Conformément au statut général de la fonction publique, les syndicats exigent le rattachement des enseignants auxiliaires dans le corps des fonctionnaires de  l’enseignement.  Si la plupart des enseignants ont déjà basculé dans la fonction publique, les syndicats évoquent le cas de « certains camarades » pour qui cela n’est pas le cas.

« C’est un point sur lequel nous avons longuement discuté avec les ministres », insiste Atsou Atcha. Le gouvernement a pour le moment rassuré les syndicats sur sa volonté de trouver une solution à « cette préoccupation ». Mais aucun calendrier n’est pour l’heure proposé.

Les partenaires sociaux dénoncent également « les affectations punitives » constatées depuis le début de leur mouvement. Pour Assih Abalo-Essé, du syndicat de l’enseignement général, les affectations récentes des représentants d’enseignants et de délégués syndicaux doivent être « annulées ».

Face aux explications du gouvernement, selon lesquelles « tout fonctionnaire est appelé à servir son pays partout où le besoin se fait sentir », les syndicats dénoncent « une fuite en avant ». Les centrales s’insurgent également contre les lettres d’explication exigées par certains chefs d’établissements et les menaces qu’ils subissent dans l’exercice de leur droit de grève.

Des élèves dans la rue

Conséquence directe de ces mots d’ordre répétitifs de grèves : dans les établissements scolaires, les cours se dispensent de manière irrégulière. Les enseignants brandissent également une autre menace. Celle de ne pas revenir sur les cours qui devaient être donnés durant la période de grève. Une méthode dénoncée par les autorités qui considèrent qu’elle est de nature à « instrumentaliser les élèves » en les poussant dans la rue.

De fait, les élèves des établissements de l’enseignement public impactés par la situation vont déloger leurs camarades de l’enseignement privé.

Une crainte qui s’est déjà réalisée, selon Augustin Noukafou, journaliste à Lomé. « La semaine dernière, le collège Saint Joseph a connu des scènes d’une violence inouïe lorsque certains élèves venus d’autres établissements sont allés sortir à coup de pierres leurs camarades qui suivaient paisiblement leurs cours », témoigne-il.

Les revendications des enseignants font également élever des voix dans la classe politique. L’ANC, principal parti de l’opposition, s’est dit « vivement préoccupé par cette situation qui pénalise les élèves et contribue à dégrader davantage le niveau de l’enseignement » du pays. Le gouvernement a réaffirmé sa volonté de trouver dans les meilleurs délais des solutions aux revendications à travers le dialogue, qui se poursuit en ce moment même.

Jeuneafrique.com par Edmond D’Almeida