Posts Tagged ‘Enseignants’

Congo : trois journées « université morte » à Brazzaville

avril 13, 2017

Sur le campus de l’Université Marien Ngouabi en mars 2008. © Vincent Fournier pour JA

Enseignants et agents de l’Université publique du Congo à Brazzaville observent depuis mercredi et jusqu’à vendredi, trois journées « université morte » pour essayer de faire entendre leurs revendications salariales, a-t-on appris dans un communiqué publié par leur intersyndicale.

« Le collège intersyndical décide de l’observation de trois journées université morte les 12, 13 et 14 avril pour marquer l’indignation de la communauté universitaire face au traitement dont elle est l’objet de la part de la tutelle », indique la déclaration des syndicats d’enseignants et d’agents publiée mardi 11 avril et relayée par l’AFP.

Parmi les points de contestation, les syndicats dénoncent notamment le décalage des dates de paiement des salaires des agents de l’université par rapport à celles des employés de la fonction publique et le retard dans l’exécution du budget de fonctionnement de l’Université, qui s’élève officiellement à 900 millions de francs CFA (plus d’1,3 million d’euros) par trimestre.

Heures supplémentaires

Par ailleurs, le personnel enseignant réclame le paiement des heures supplémentaires − au-delà des heures statutaires de cours − ainsi que celles effectuées pendant la surveillance des examens par  le personnel non-enseignant.

Aucun cours n’a été dispensé et les administrations de l’université sont restées également fermées mercredi à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville, la seule université publique du Congo, fondée en 1971. L’an dernier déjà, l’établissement avait connu un long épisode de grève, pour les mêmes motifs.

Jeuneafrique.com

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Niger : 7 millions d’euros payés par an à des enseignants « fictifs »

avril 9, 2017

Des élèves en salle de classe dans une école primaire de Zinder, le 1er juin 2012 au Niger. © AFP

L’Etat nigérien verse chaque année plus de 4,789 milliards de FCFA (environ 7,3 millions d’euros) à quelque 3.000 enseignants dont les autorités ne retrouvent pas la trace, a révélé samedi le ministre nigérien de l’Education.

« Par an, du fait des enseignants qu’on n’arrive pas à retrouver sur les listes, l’Etat perd 4.789.200.000 FCFA », a affirmé le ministre nigérien de l’Education, Daouda Mamadou Marthé devant les députés.

Ces enseignants sont composés de « contractuels » qui « n’existent pas du tout sur les listes officielles d’émargement », a expliqué le ministre. Il exposait aux parlementaires les résultats d’une enquête menée en 2016 par la Haute autorité de lutte contre la corruption et infractions assimilées (Halcia-organe gouvernemental).

L’enquête a été menée « école par école » par des gendarmes et des civils, selon la Halcia.

Les agents « contractuels » représentent environ « 80% » du corps des enseignants du pays. Faute de budgets conséquents pour recruter des enseignants titulaires, les autorités font appel depuis une dizaine d’années à des « contractuels », souvent sans aucune formation, pour dispenser des cours dans le primaire, le secondaire et dans les écoles professionnelles.

A titre de rémunération, un « contractuel » reçoit « un pécule mensuel de 75.000 à 100.000 FCFA » (114 à 152 euros), d’après la Halcia.

Jeuneafrique.com avec AFP

Togo : les raisons du malaise des enseignants

décembre 14, 2016

Manifestation d’élèves en avril 2013 à Lomé, au Togo. © Erick Kaglan/AP/SIPA

Depuis deux semaines, l’enseignement primaire et secondaire au Togo ploie sous le coup d’une série de grèves. Faute d’un accord entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants le 8 décembre dernier, une nouvelle grève de 72 heures est observée depuis ce mercredi.

Se dirige-t-on au Togo vers une année scolaire similaire à celle de 2013 ? La question mérite d’être posée. Des syndicats réclament de meilleures conditions de vie pour les enseignants.

Parmi eux, le syndicat national des professeurs de l’enseignement technique du Togo (Synpett), le Syndicat national des enseignants de l’enseignement technique et de la formation professionnelle (SNEETFP), le Syndicat des enseignants du secondaire du Togo (Sesto) et le Syndicat des enseignants du préscolaire et du primaire du Togo (Seppto).

Pour eux, l’année scolaire 2016-2017 semble mal partie. Des débordements sont constatés dans certains établissements en différentes régions. À Dapaong au nord du pays, des élèves sans enseignants se sont, début décembre, organisés en petit groupe pour « déloger leurs camarades des établissements privés ». Beaucoup voient là le spectre de 2013 :  deux élèves avaient trouvés la mort dans des manifestations violentes.

La question des primes

Avant la rentrée scolaire du 17 octobre, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Réforme administrative avait alors rencontré les syndicats, qui avaient exposé leurs revendications. Insatisfaits, ces derniers ont maintenu leur mouvement. Depuis août, ils exigent l’octroi de différentes primes mensuelles.

Il s’agit de l’octroi de l’indemnité de logement pour le personnel de l’éducation. Les enseignants réclament aussi une prime de travail de nuit et une prime de salissure, à intégrer au budget 2017.

« Nous attendons également l’adoption du statut particulier de l’enseignant. Nous devions avoir gain de cause en mars dernier », fait savoir Atsou Atcha, coordinateur du syndicat de l’enseignement technique, pour qui le gouvernement devra aussi résoudre « le problème de la Caisse nationale de sécurité sociale et le dossier des normaliens ».

Le gouvernement dit de son côté « comprendre » l’importance et la légitimité des demandes mais soulève l’existence « d’autres priorités ».

Des affectations « punitives »

Conformément au statut général de la fonction publique, les syndicats exigent le rattachement des enseignants auxiliaires dans le corps des fonctionnaires de  l’enseignement.  Si la plupart des enseignants ont déjà basculé dans la fonction publique, les syndicats évoquent le cas de « certains camarades » pour qui cela n’est pas le cas.

« C’est un point sur lequel nous avons longuement discuté avec les ministres », insiste Atsou Atcha. Le gouvernement a pour le moment rassuré les syndicats sur sa volonté de trouver une solution à « cette préoccupation ». Mais aucun calendrier n’est pour l’heure proposé.

Les partenaires sociaux dénoncent également « les affectations punitives » constatées depuis le début de leur mouvement. Pour Assih Abalo-Essé, du syndicat de l’enseignement général, les affectations récentes des représentants d’enseignants et de délégués syndicaux doivent être « annulées ».

Face aux explications du gouvernement, selon lesquelles « tout fonctionnaire est appelé à servir son pays partout où le besoin se fait sentir », les syndicats dénoncent « une fuite en avant ». Les centrales s’insurgent également contre les lettres d’explication exigées par certains chefs d’établissements et les menaces qu’ils subissent dans l’exercice de leur droit de grève.

Des élèves dans la rue

Conséquence directe de ces mots d’ordre répétitifs de grèves : dans les établissements scolaires, les cours se dispensent de manière irrégulière. Les enseignants brandissent également une autre menace. Celle de ne pas revenir sur les cours qui devaient être donnés durant la période de grève. Une méthode dénoncée par les autorités qui considèrent qu’elle est de nature à « instrumentaliser les élèves » en les poussant dans la rue.

De fait, les élèves des établissements de l’enseignement public impactés par la situation vont déloger leurs camarades de l’enseignement privé.

Une crainte qui s’est déjà réalisée, selon Augustin Noukafou, journaliste à Lomé. « La semaine dernière, le collège Saint Joseph a connu des scènes d’une violence inouïe lorsque certains élèves venus d’autres établissements sont allés sortir à coup de pierres leurs camarades qui suivaient paisiblement leurs cours », témoigne-il.

Les revendications des enseignants font également élever des voix dans la classe politique. L’ANC, principal parti de l’opposition, s’est dit « vivement préoccupé par cette situation qui pénalise les élèves et contribue à dégrader davantage le niveau de l’enseignement » du pays. Le gouvernement a réaffirmé sa volonté de trouver dans les meilleurs délais des solutions aux revendications à travers le dialogue, qui se poursuit en ce moment même.

Jeuneafrique.com par Edmond D’Almeida

Ouganda: Fermeture de la célèbre Université de Makerere

novembre 4, 2016

La plus ancienne et plus prestigieuse université de l’Ouganda, l’une des plus performantes de l’Afrique australe, en dehors des universités sud-africaines, l’Université Makerere, a été fermée, mardi, 1er novembre, en raison d’une manifestation d’étudiants suite à la décision du personnel enseignant de poursuivre son sit-in.

Pour se donner du temps de résoudre ce problème, le président ougandais, Yoweri Museveni, n’a trouvé mieux que d’ordonner la fermeture immédiate de l’université, pour répondre à la colère des enseignants, créant, encore plus, la colère des étudiants.

« J’ai ordonné ce soir la fermeture immédiate de l’Université de Makerere jusqu’à nouvel ordre, pour garantir la sécurité des personnes et des biens », a déclaré le président, Yoweri Museveni, dans une lettre adressée aux médias.

A l’origine de cette décision, des escarmouches mobiles avaient opposé la police et les étudiants, dans la matinée, forçant, peut-être, la décision du président de la République. La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les étudiants en colère.

Fait légitime : les étudiants réclament la reprise des cours, mais, leurs professeurs ont décidé de ne pas reprendre leur enseignement jusqu’à ce que leurs arriérés de rémunération ( de plusieurs mois) leur soient versés. Il ne s’agit pas de salaires qui n’ont connu aucune augmentation depuis plusieurs années. Ce sont, plutôt, des primes qui accusent neuf mois de retard.

L’Université est marquée, depuis quelque temps, par une série de manifestations d’étudiants qui protestent contre l’absence des professeurs. Ces derniers sèchent les cours pour réclamer le paiement de plusieurs mois d’arriérés de salaire par l’administration.

Ce qui est pathétique, c’est le « guérillero » (Yoweri Museveni), qui au lieu de trouver des solutions pour ce problème d’impayés, préfère, tout simplement, fermer l’université, et mettre 38.000 étudiants au chômage. Le campus fermé (notre photo), il est, particulièrement, pénible pour les étudiants qui ne connaissent personne dans Kampala de pouvoir faire face à cette situation. Il y en a des milliers dans ce cas, qui viennent des campagnes. C’est à se demander si le « guérillero » peut avoir une telle réaction à l’égard des militaires et des policiers qui l’aident à tenir son régime en réprimant les mouvements de révolte et de contestation ?

Afriqueeducation.com

Congo-Brazza : étudiants et enseignants de l’Université Marien Ngouabi en grève depuis près d’un mois

septembre 29, 2016

Les étudiants, enseignants et autres agents de l’Université Marien Ngouabi, unique établissement d’enseignement supérieur public au Congo, font grève depuis près d’un mois pour revendiquer l’amélioration de leurs conditions de travail. Leurs syndicats ont indiqué mercredi qu’ils comptaient maintenir leur mouvement.

« Nous ne pouvons pas lever la grève sans contrepartie. Elle est maintenue jusqu’au règlement complet de notre situation », a déclaré à l’AFP Didier Ngalebaye, secrétaire général adjoint du Syndicat des enseignants du supérieur. Il déplore le fait que l’État congolais n’a pas versé une subvention pour le deuxième trimestre 2016, qui s’élève à 900 millions de francs CFA, c’est-à-dire à plus de 1,3 million d’euros.

Paiement des bourses 

La grève a été déclenchée conjointement par le collège intersyndical de l’Université Marien Ngouabi et le Mouvement des étudiants du Congo (MEC), le 3 septembre, date qui devait marquer la rentrée 2016-2017. Ce mouvement social paralyse les onze établissements de l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville. »Nous réclamons le paiement de deux trimestres de bourses. Nous ne reprendrons pas le chemin de l’université tant que cette bourse ne sera pas versée », a dit à l’AFP un responsable du MEC qui a requis l’anonymat.

Difficultés économiques 

Les autorités congolaises affirment que le pays vit une situation socio-économique difficile due à la baisse du prix du pétrole, une ressource dont le Congo est le quatrième producteur en Afrique subsaharienne. »Ce n’est un secret pour personne, notre principale ressource est aujourd’hui vendue à peu près à la moitié du prix auquel elle l’était il y a deux ans », a expliqué mercredi à la presse Bruno Jean-Richard Itoua, ministre de l’Enseignement supérieur. « Cela modifie forcément nos engagements, nos équilibres et constitue une difficulté claire ». Les exportations du pétrole représentent en effet plus de 70% des recettes de l’État congolais.

Par Jeune Afrique avec AFP

Suisse: L’école manque d’enseignants diplômés

juin 12, 2016

Les directeurs d’école peinent à engager des enseignants diplômés. Aucune région de Suisse n’est épargnée.

Pour la rentrée prochaine, seuls 9% des directeurs romands et tessinois ont pu engager des enseignants diplômés, dont la formation correspond au profil des postes, a dit à l’ats Christian Berdoz, directeur de la Claceso, revenant sur une information publiée dans Le Matin Dimanche.

Dans 7% des cas, le profil ne correspondait pas aux exigences. En Suisse alémanique, la pénurie semble moins marquée: 17% des directeurs ont trouvé des profs avec le bon CV.

C’est ce que révèle un sondage réalisé par la Conférence latine des chefs d’établissement de la scolarité obligatoire (Claceso) et le Verband Schulleiter Schweiz auprès de 1141 directeurs.

Les directeurs trouvent des enseignants pour les postes proposés, mais ils sont parfois obligés d’engager des personnes au profil moins qualifié que souhaité, stagiaires ou étudiants, souligne la Claceso. Toutefois, la majorité des engagements réalisés répondent aux exigences qualitatives de l’école.

Pénurie
En Suisse romande, un directeur sur deux (56%) a indiqué avoir des difficultés à engager des maîtres chargés de l’enseignement inclusif ou spécialisé. En Suisse alémanique, deux tiers des directeurs (63%) sont dans la même situation.

Et 21% n’arrivent pas à pourvoir ces postes, contre seulement 4% en Suisse romande. Chez les Romands, la pénurie est aussi forte pour l’enseignement de l’allemand, précise Christian Berdoz.

Profession dévalorisée
Le métier n’a plus la cote, a relevé Georges Pasquier, président du syndicat des enseignants romands (SER). « Les profs de la génération du baby boom partent à la retraite. On devrait donc en former davantage, mais au même moment, les collectivités publiques coupent dans les budgets. »

Regroupement des classes, suppressions de mesures de soutien destinées à l’intégration des élèves à besoins particuliers, report de rénovations des infrastructures: ces mesures d’économies détériorent les conditions de travail du corps enseignant, avance la Claceso.

Sans oublier que le salaire varie d’un canton à l’autre. Pour rendre la profession plus attractive, il faudrait harmoniser les grilles salariales.

Georges Pasquier met aussi le doigt sur la qualité de la formation. Il déplore une formation limitée à trois ans pour les enseignants du niveau primaire.

Romandie.com

Les profs novices donnent de plus mauvaises notes aux filles

janvier 11, 2016

A performance égale, les jeunes filles obtiennent des notes inférieures en physique lorsqu’elles sont évaluées par des enseignants peu expérimentés. Une étude de l’EPFZ met en lumière cette distorsion, qui peut aller jusqu’à 0,9 point d’écart.

L’étude de la chercheuse en éducation Sarah Hofer a été publiée récemment dans l' »International Journal of Science Education ». Elle portait sur 780 enseignants de physique au niveau secondaire, en Suisse, en Autriche et en Allemagne. Ils devaient évaluer une réponse partiellement correcte à une question d’examen sur la mécanique classique.

Les réponses étaient formulées de manière identique, explique l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) lundi dans un communiqué. Mais le texte d’introduction suggérait à une partie des enseignants qu’ils évaluaient une jeune fille, tandis que les autres pouvaient croire qu’il s’agissait d’un garçon. L’objet même de l’étude leur était inconnu.

Plus influençables
Il s’est avéré que les enseignants ayant moins de dix ans d’expérience ont donné des notes moins bonnes à celles qu’ils pensaient être des filles. Avec cinq ans ou moins d’expérience professionnelle, cette différence des notes atteignait 0,7 point en Suisse, et jusqu’à 0,9 point en Autriche.

« Les enseignantes et enseignants peu expérimentés se laissent apparemment davantage influencer par des informations contextuelles, comme le genre », explique Sarah Hofer, citée dans le communiqué. Selon la chercheuse, il est bien connu que les préjugés ou les stéréotypes ont surtout un impact sur la notation lorsque la personne qui évalue ne dispose pas d’informations suffisantes, qu’elle est sous pression ou même dépassée.

Les femmes plus sévères
En Allemagne, le tableau est surprenant: les enseignants de sexe masculin ont donné les mêmes notes aux garçons et aux filles. Mais leurs collègues féminines ont été beaucoup plus sévères avec les filles: celles qui avaient moins de cinq ans d’expérience leur ont distribué des notes inférieures de près d’un point par rapport aux garçons. Les raisons de cette disparité restent inexpliquées.

Pour Elsbeth Stern, professeure à l’EPFZ et cheffe du groupe de recherche, les résultats de l’étude sont à situer dans le cadre d’un problème plus fondamental: d’une manière générale, les notes obtenues par les filles reflètent moins bien leurs performances réelles que celles des garçons. Elles sont tantôt trop bien notées, tantôt trop mal.

Evaluation injuste
Cette distorsion ne leur permet pas d’avoir un feedback juste et complique leur orientation. « Lorsqu’on a l’impression dès l’école d’être évaluée de manière injuste dans les branches scientifiques, on risque davantage de perdre tout intérêt pour ces matières », redoute Elsbeth Stern.

Plusieurs études ont déjà démontré que les filles doivent faire davantage d’efforts que les garçons pour obtenir les mêmes notes dans les branches scientifiques. Ces recherches se concentraient toutefois sur les mathématiques. L’étude de Sandra Hofer est la plus complète en ce qui concerne la physique et les pays germanophones.

Romandie.com

Congo: Comment régler la question des enseignants bénévoles, pour sauver l’école à l’intérieur du pays?

septembre 22, 2015
Salle de classe au Congo

Salle de classe au Congo

Le gouvernement devrait se préoccuper de la situation de l’école congolaise qui a donné des signes fort inquiétants, à travers les résultats des examens d’Etat.

Par bénévoles de l’enseignement, on entend des enseignants qui donnent l l’instruction aux élèves, dans les établissements scolaires publics du primaire au lycée, sans être intégrés à la fonction publique. La particularité est qu’ils sont soit détenteurs d’un C.e.p.e (Certificat d’études primaires élémentaires), d’un B.e.p.c (Brevet d’études du premier cycle) ou B.e.m.g (Brevet d’études moyennes générales), d’un baccalauréat…

Le phénomène des bénévoles de l’enseignement a fait son apparition pour pallier le déficit très poussé en personnel enseignant dit titulaire qui a commencé à se manifester de manière inquiétante, à partir de la fin des années 80. Les bénévoles de l’enseignement sont pris en charge directement par les parents d’élèves à raison de 250, 500 ou 1000 FCfa par élève, proportionnellement au nombre d’élèves à l’école. Ils sont surtout présents à l’intérieur du pays, dans les villages où les enseignants titulaires rechignent à travailler. Dans certaines localités, ce sont les responsables politiques (députés, sénateurs, conseillers locaux…) qui les prennent en charge, avec parfois des promesses non tenues. Cependant, ils sont moins présents dans les chefs-lieux de départements où les enseignants titulaires préfèrent évoluer.

Mais, les bénévoles de l’enseignement ne bénéficient pas de contrat avec l’Etat ou les établissements scolaires où ils assurent leurs prestations. Lorsqu’ils s’absentent à l’école, personne ne peut leur demander des comptes. En 2011, s’étant rendu compte que le terme «bénévole» était galvaudé, le Ministère en charge de l’enseignement primaire et secondaire leur a préféré le terme: «enseignants communautaires».

Si certains enseignants communautaires ont reçu un bain pédagogique grâce au Praebase (Projet d’appui à l’éducation de base) entre 2007 et 2011, d’autres, en revanche, se mettent malheureusement en amateur en face des élèves qu’ils enseignent. Dans plusieurs localités, les enseignants communautaires sont plus nombreux  que les titulaires. A titre d’exemple, tout le C.e.g de Ngamandzambala (Pool) ne compte que trois enseignants dont deux bénévoles détenteurs d’un B.e.m.g. Outre le bénévolat qu’ils exercent, l’un est le plus grand commerçant du village et l’autre est scieur de planches. On peut donc imaginer le sort des élèves de ce collège d’enseignement général tenu non seulement par un nombre très insuffisant d’enseignants, mais encore par des bénévoles qui ont d’autres occupations pour gagner leur vie.

En juin 2011, le Praebase a organisé un test au profit des enseignants communautaires qui avaient suivi les différentes sessions de formation pédagogique. Le test était suivi d’une promesse d’intégration dans la fonction publique. Plus de trois fois, il leur avait été demandé de constituer des dossiers pour cela. Mais, c’était sans succès. Seuls, quelques bacheliers étaient recrutés; rarement les vrais bénévoles.

Fin mai 2013, les directeurs départementaux de l’enseignement primaire et secondaire, suivant les instructions de la tutelle, avaient annoncé aux enseignants communautaires qu’à partir d’octobre 2013, c’est le Ministère de l’enseignement primaire et secondaire qui va assurer directement leur rémunération, à raison de 90.000 frs, 100.000 frs ou 120.000 frs Cfa, selon qu’on se trouve au primaire, au collège ou au lycée. Malheureusement, rien de concret n’a suivi. La promesse est restée sans suite.
En 2014, le discours a changé. On a parlé cette fois-ci du recrutement des bénévoles dans la fonction publique territoriale. Une fois encore, la promesse ne s’est pas matérialisée.

Lorsqu’on regarde de près cette situation, on a l’impression qu’on fait perdre du temps à nos enfants de l’intérieur du pays, qui connaissent une scolarité en pointillées. Beaucoup d’écoles dans les villages sont encore entre les mains inexpertes des bénévoles. Dans la plupart des localités, ceux-ci fonctionnent en situation multigrades que les instituteurs formés peinent à maîtriser. Dans ces écoles, le bénévole prend, souvent, les classes de C.p1, C.p2 et C.e1. L’instituteur s’occupe des classes de C.e2, C.m1 et C.m2. Dans le pire des cas, le bénévole prend seul en charge, tout le cycle primaire. Voilà le vrai visage de l’école congolaise, à l’intérieur du pays. Les O.m.d (Objectifs du millénaire pour le développement) avaient prévu d’atteindre la qualité de l’enseignement en 2015, le Congo est-il au rendez-vous de cet objectif? La Fonction publique peut-elle accorder la priorité aux enseignants bénévoles, lorsque les promotions des instituteurs sorties des Ecoles normales, de 2007 à nos jours, sont encore en instance d’intégration?

La qualité de l’enseignement dépend des hommes et des femmes qui tiennent les écoles et assurent l’enseignement, suivant les normes et les objectifs pédagogiques fixés. Face au déficit en personnel enseignant, qui est très accentué dans l’arrière-pays, il y a lieu de rechercher des solutions urgentes: par exemple, procéder au regroupement des écoles; confier la gestion des écoles du cycle primaire et du cycle secondaire premier degré (collèges) aux conseils départementaux ou créer cette fameuse Fonction publique territoriale, pour y intégrer les enseignants communautaires. C’est là un dossier urgent, parmi tant d’autres, pour le nouveau ministre en charge de l’enseignement primaire et secondaire, mais, en réalité, c’est tout le gouvernement qui devrait se préoccuper de la situation de l’école congolaise qui a donné des signes fort inquiétants, à travers les résultats des examens d’Etat, cette année.

Lasemaineafricaine.net par Gora Ley HYPOLITE