Posts Tagged ‘Enseignants’

Congo-Brazza : étudiants et enseignants de l’Université Marien Ngouabi en grève depuis près d’un mois

septembre 29, 2016

Les étudiants, enseignants et autres agents de l’Université Marien Ngouabi, unique établissement d’enseignement supérieur public au Congo, font grève depuis près d’un mois pour revendiquer l’amélioration de leurs conditions de travail. Leurs syndicats ont indiqué mercredi qu’ils comptaient maintenir leur mouvement.

« Nous ne pouvons pas lever la grève sans contrepartie. Elle est maintenue jusqu’au règlement complet de notre situation », a déclaré à l’AFP Didier Ngalebaye, secrétaire général adjoint du Syndicat des enseignants du supérieur. Il déplore le fait que l’État congolais n’a pas versé une subvention pour le deuxième trimestre 2016, qui s’élève à 900 millions de francs CFA, c’est-à-dire à plus de 1,3 million d’euros.

Paiement des bourses 

La grève a été déclenchée conjointement par le collège intersyndical de l’Université Marien Ngouabi et le Mouvement des étudiants du Congo (MEC), le 3 septembre, date qui devait marquer la rentrée 2016-2017. Ce mouvement social paralyse les onze établissements de l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville. »Nous réclamons le paiement de deux trimestres de bourses. Nous ne reprendrons pas le chemin de l’université tant que cette bourse ne sera pas versée », a dit à l’AFP un responsable du MEC qui a requis l’anonymat.

Difficultés économiques 

Les autorités congolaises affirment que le pays vit une situation socio-économique difficile due à la baisse du prix du pétrole, une ressource dont le Congo est le quatrième producteur en Afrique subsaharienne. »Ce n’est un secret pour personne, notre principale ressource est aujourd’hui vendue à peu près à la moitié du prix auquel elle l’était il y a deux ans », a expliqué mercredi à la presse Bruno Jean-Richard Itoua, ministre de l’Enseignement supérieur. « Cela modifie forcément nos engagements, nos équilibres et constitue une difficulté claire ». Les exportations du pétrole représentent en effet plus de 70% des recettes de l’État congolais.

Par Jeune Afrique avec AFP

Suisse: L’école manque d’enseignants diplômés

juin 12, 2016

Les directeurs d’école peinent à engager des enseignants diplômés. Aucune région de Suisse n’est épargnée.

Pour la rentrée prochaine, seuls 9% des directeurs romands et tessinois ont pu engager des enseignants diplômés, dont la formation correspond au profil des postes, a dit à l’ats Christian Berdoz, directeur de la Claceso, revenant sur une information publiée dans Le Matin Dimanche.

Dans 7% des cas, le profil ne correspondait pas aux exigences. En Suisse alémanique, la pénurie semble moins marquée: 17% des directeurs ont trouvé des profs avec le bon CV.

C’est ce que révèle un sondage réalisé par la Conférence latine des chefs d’établissement de la scolarité obligatoire (Claceso) et le Verband Schulleiter Schweiz auprès de 1141 directeurs.

Les directeurs trouvent des enseignants pour les postes proposés, mais ils sont parfois obligés d’engager des personnes au profil moins qualifié que souhaité, stagiaires ou étudiants, souligne la Claceso. Toutefois, la majorité des engagements réalisés répondent aux exigences qualitatives de l’école.

Pénurie
En Suisse romande, un directeur sur deux (56%) a indiqué avoir des difficultés à engager des maîtres chargés de l’enseignement inclusif ou spécialisé. En Suisse alémanique, deux tiers des directeurs (63%) sont dans la même situation.

Et 21% n’arrivent pas à pourvoir ces postes, contre seulement 4% en Suisse romande. Chez les Romands, la pénurie est aussi forte pour l’enseignement de l’allemand, précise Christian Berdoz.

Profession dévalorisée
Le métier n’a plus la cote, a relevé Georges Pasquier, président du syndicat des enseignants romands (SER). « Les profs de la génération du baby boom partent à la retraite. On devrait donc en former davantage, mais au même moment, les collectivités publiques coupent dans les budgets. »

Regroupement des classes, suppressions de mesures de soutien destinées à l’intégration des élèves à besoins particuliers, report de rénovations des infrastructures: ces mesures d’économies détériorent les conditions de travail du corps enseignant, avance la Claceso.

Sans oublier que le salaire varie d’un canton à l’autre. Pour rendre la profession plus attractive, il faudrait harmoniser les grilles salariales.

Georges Pasquier met aussi le doigt sur la qualité de la formation. Il déplore une formation limitée à trois ans pour les enseignants du niveau primaire.

Romandie.com

Les profs novices donnent de plus mauvaises notes aux filles

janvier 11, 2016

A performance égale, les jeunes filles obtiennent des notes inférieures en physique lorsqu’elles sont évaluées par des enseignants peu expérimentés. Une étude de l’EPFZ met en lumière cette distorsion, qui peut aller jusqu’à 0,9 point d’écart.

L’étude de la chercheuse en éducation Sarah Hofer a été publiée récemment dans l' »International Journal of Science Education ». Elle portait sur 780 enseignants de physique au niveau secondaire, en Suisse, en Autriche et en Allemagne. Ils devaient évaluer une réponse partiellement correcte à une question d’examen sur la mécanique classique.

Les réponses étaient formulées de manière identique, explique l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) lundi dans un communiqué. Mais le texte d’introduction suggérait à une partie des enseignants qu’ils évaluaient une jeune fille, tandis que les autres pouvaient croire qu’il s’agissait d’un garçon. L’objet même de l’étude leur était inconnu.

Plus influençables
Il s’est avéré que les enseignants ayant moins de dix ans d’expérience ont donné des notes moins bonnes à celles qu’ils pensaient être des filles. Avec cinq ans ou moins d’expérience professionnelle, cette différence des notes atteignait 0,7 point en Suisse, et jusqu’à 0,9 point en Autriche.

« Les enseignantes et enseignants peu expérimentés se laissent apparemment davantage influencer par des informations contextuelles, comme le genre », explique Sarah Hofer, citée dans le communiqué. Selon la chercheuse, il est bien connu que les préjugés ou les stéréotypes ont surtout un impact sur la notation lorsque la personne qui évalue ne dispose pas d’informations suffisantes, qu’elle est sous pression ou même dépassée.

Les femmes plus sévères
En Allemagne, le tableau est surprenant: les enseignants de sexe masculin ont donné les mêmes notes aux garçons et aux filles. Mais leurs collègues féminines ont été beaucoup plus sévères avec les filles: celles qui avaient moins de cinq ans d’expérience leur ont distribué des notes inférieures de près d’un point par rapport aux garçons. Les raisons de cette disparité restent inexpliquées.

Pour Elsbeth Stern, professeure à l’EPFZ et cheffe du groupe de recherche, les résultats de l’étude sont à situer dans le cadre d’un problème plus fondamental: d’une manière générale, les notes obtenues par les filles reflètent moins bien leurs performances réelles que celles des garçons. Elles sont tantôt trop bien notées, tantôt trop mal.

Evaluation injuste
Cette distorsion ne leur permet pas d’avoir un feedback juste et complique leur orientation. « Lorsqu’on a l’impression dès l’école d’être évaluée de manière injuste dans les branches scientifiques, on risque davantage de perdre tout intérêt pour ces matières », redoute Elsbeth Stern.

Plusieurs études ont déjà démontré que les filles doivent faire davantage d’efforts que les garçons pour obtenir les mêmes notes dans les branches scientifiques. Ces recherches se concentraient toutefois sur les mathématiques. L’étude de Sandra Hofer est la plus complète en ce qui concerne la physique et les pays germanophones.

Romandie.com

Congo: Comment régler la question des enseignants bénévoles, pour sauver l’école à l’intérieur du pays?

septembre 22, 2015
Salle de classe au Congo

Salle de classe au Congo

Le gouvernement devrait se préoccuper de la situation de l’école congolaise qui a donné des signes fort inquiétants, à travers les résultats des examens d’Etat.

Par bénévoles de l’enseignement, on entend des enseignants qui donnent l l’instruction aux élèves, dans les établissements scolaires publics du primaire au lycée, sans être intégrés à la fonction publique. La particularité est qu’ils sont soit détenteurs d’un C.e.p.e (Certificat d’études primaires élémentaires), d’un B.e.p.c (Brevet d’études du premier cycle) ou B.e.m.g (Brevet d’études moyennes générales), d’un baccalauréat…

Le phénomène des bénévoles de l’enseignement a fait son apparition pour pallier le déficit très poussé en personnel enseignant dit titulaire qui a commencé à se manifester de manière inquiétante, à partir de la fin des années 80. Les bénévoles de l’enseignement sont pris en charge directement par les parents d’élèves à raison de 250, 500 ou 1000 FCfa par élève, proportionnellement au nombre d’élèves à l’école. Ils sont surtout présents à l’intérieur du pays, dans les villages où les enseignants titulaires rechignent à travailler. Dans certaines localités, ce sont les responsables politiques (députés, sénateurs, conseillers locaux…) qui les prennent en charge, avec parfois des promesses non tenues. Cependant, ils sont moins présents dans les chefs-lieux de départements où les enseignants titulaires préfèrent évoluer.

Mais, les bénévoles de l’enseignement ne bénéficient pas de contrat avec l’Etat ou les établissements scolaires où ils assurent leurs prestations. Lorsqu’ils s’absentent à l’école, personne ne peut leur demander des comptes. En 2011, s’étant rendu compte que le terme «bénévole» était galvaudé, le Ministère en charge de l’enseignement primaire et secondaire leur a préféré le terme: «enseignants communautaires».

Si certains enseignants communautaires ont reçu un bain pédagogique grâce au Praebase (Projet d’appui à l’éducation de base) entre 2007 et 2011, d’autres, en revanche, se mettent malheureusement en amateur en face des élèves qu’ils enseignent. Dans plusieurs localités, les enseignants communautaires sont plus nombreux  que les titulaires. A titre d’exemple, tout le C.e.g de Ngamandzambala (Pool) ne compte que trois enseignants dont deux bénévoles détenteurs d’un B.e.m.g. Outre le bénévolat qu’ils exercent, l’un est le plus grand commerçant du village et l’autre est scieur de planches. On peut donc imaginer le sort des élèves de ce collège d’enseignement général tenu non seulement par un nombre très insuffisant d’enseignants, mais encore par des bénévoles qui ont d’autres occupations pour gagner leur vie.

En juin 2011, le Praebase a organisé un test au profit des enseignants communautaires qui avaient suivi les différentes sessions de formation pédagogique. Le test était suivi d’une promesse d’intégration dans la fonction publique. Plus de trois fois, il leur avait été demandé de constituer des dossiers pour cela. Mais, c’était sans succès. Seuls, quelques bacheliers étaient recrutés; rarement les vrais bénévoles.

Fin mai 2013, les directeurs départementaux de l’enseignement primaire et secondaire, suivant les instructions de la tutelle, avaient annoncé aux enseignants communautaires qu’à partir d’octobre 2013, c’est le Ministère de l’enseignement primaire et secondaire qui va assurer directement leur rémunération, à raison de 90.000 frs, 100.000 frs ou 120.000 frs Cfa, selon qu’on se trouve au primaire, au collège ou au lycée. Malheureusement, rien de concret n’a suivi. La promesse est restée sans suite.
En 2014, le discours a changé. On a parlé cette fois-ci du recrutement des bénévoles dans la fonction publique territoriale. Une fois encore, la promesse ne s’est pas matérialisée.

Lorsqu’on regarde de près cette situation, on a l’impression qu’on fait perdre du temps à nos enfants de l’intérieur du pays, qui connaissent une scolarité en pointillées. Beaucoup d’écoles dans les villages sont encore entre les mains inexpertes des bénévoles. Dans la plupart des localités, ceux-ci fonctionnent en situation multigrades que les instituteurs formés peinent à maîtriser. Dans ces écoles, le bénévole prend, souvent, les classes de C.p1, C.p2 et C.e1. L’instituteur s’occupe des classes de C.e2, C.m1 et C.m2. Dans le pire des cas, le bénévole prend seul en charge, tout le cycle primaire. Voilà le vrai visage de l’école congolaise, à l’intérieur du pays. Les O.m.d (Objectifs du millénaire pour le développement) avaient prévu d’atteindre la qualité de l’enseignement en 2015, le Congo est-il au rendez-vous de cet objectif? La Fonction publique peut-elle accorder la priorité aux enseignants bénévoles, lorsque les promotions des instituteurs sorties des Ecoles normales, de 2007 à nos jours, sont encore en instance d’intégration?

La qualité de l’enseignement dépend des hommes et des femmes qui tiennent les écoles et assurent l’enseignement, suivant les normes et les objectifs pédagogiques fixés. Face au déficit en personnel enseignant, qui est très accentué dans l’arrière-pays, il y a lieu de rechercher des solutions urgentes: par exemple, procéder au regroupement des écoles; confier la gestion des écoles du cycle primaire et du cycle secondaire premier degré (collèges) aux conseils départementaux ou créer cette fameuse Fonction publique territoriale, pour y intégrer les enseignants communautaires. C’est là un dossier urgent, parmi tant d’autres, pour le nouveau ministre en charge de l’enseignement primaire et secondaire, mais, en réalité, c’est tout le gouvernement qui devrait se préoccuper de la situation de l’école congolaise qui a donné des signes fort inquiétants, à travers les résultats des examens d’Etat, cette année.

Lasemaineafricaine.net par Gora Ley HYPOLITE