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Le « Che » Guevara honoré par Cuba un demi-siècle après sa mort

octobre 8, 2017

Cuba honorait dimanche à Santa Clara (centre) la figure légendaire de sa révolution, le guérillero argentin Ernesto « Che » Guevara, tué il y a 50 ans dans le maquis bolivien.

Devant le complexe où sont enterrés les restes du commandant de la Révolution et ceux de ses compagnons d’armes, quelque 70.000 personnes et plusieurs générations de Cubains se sont rassemblées tôt dans la matinée pour honorer le guérilléro argentin autour du président Raul Castro, vêtu de son uniforme de général.

Cette ville située à 300 km à l’est de la capitale cubaine le considère comme un fils adoptif depuis qu’il y remporta en décembre 1958 une victoire décisive contre les troupes du dictateur Fulgencio Batista (1952-1958).

« Pour moi le Che reste bien présent, pour sa vie, son oeuvre et son exemple », affirme parmi eux à l’AFP Luis Monteagudo, un de ses compagnons d’armes du Congo âgé de 79 ans, vêtu d’un tee-shirt blanc orné d’un portrait du Che.

Elena Gonzalez, ouvrière textile de 56 años, a rejoint le lieu des cérémonies au milieu de la nuit pour montrer son attachement au guérilléro. « Oui on s’est levé très tôt, mais l’occasion le mérite (…) On va raviver son exemple et perpétuer son héritage d’indépendance et de souveraineté pour l’Amérique latine et le monde ».

A ses côtés, Amelio Mora, lycéen de 16 ans, confiait son émotion d’avoir été choisi dans la garde d’honneur en ce jour particulier, alors que perçaient les premiers rayons du soleil automnal. « C’est un héros universel, aimé par tant de jeunes dans le monde ».

Signe marquant un changement d’époque, ces cérémonies sont célébrées pour la première fois en l’absence de Fidel Castro, décédé fin 2016, mais des extraits de ses discours consacrés au « Che » ont été diffusés en ouverture de l’hommage.

De même, elles interviennent au moment où les dernières guérillas de gauche du continent, en Colombie, rendent les armes (Farc) ou négocient la paix (ELN, fondée en 1964 en s’inspirant précisément du « Che »).

Ernesto Guevara a été exécuté par un soldat bolivien à 39 ans le 9 octobre 1967, mais à Cuba le jour du « guérillero héroïque » est célébré chaque 8 octobre, jour de sa capture dans un hameau andin.

Lundi seront aussi organisées des commémorations en Bolivie en présence des enfants du « Che » et du président Evo Morales qui a accusé cette semaine la CIA d’avoir « persécuté, torturé et assassiné » le « Che » lors de ses 11 mois de guérilla en Bolivie.

Le corps du guérillero argentin, jeté dans une fosse en Bolivie, a été découvert et identifié il y a 20 ans avant de retourner en grande pompe à Cuba pour un hommage funèbre national. Ses restes ont été placés dans une niche dans un mausolée sous-terrain surmonté d’une imposante statue de bronze à Santa Clara.

– L’image de Korda –

Ces derniers jours, la presse cubaine a publié de nombreux articles et cahiers spéciaux à la gloire du « Che ». A la radio et la télévision cubaine, des concerts symphoniques et des images d’archives lui ont aussi rendu hommage avec des fragments de discours de celui qui fut aussi ministre de l’Industrie du premier gouvernement révolutionnaire cubain.

Ernesto « Che » Guevara est né le 14 juin 1928 à Rosario, au sein d’une famille de la bourgeoisie argentine. Médecin de formation, il parcourt très jeune à vélo et à moto l’Amérique latine où il prend conscience de la misère des plus démunis du continent, et plus particulièrement les communautés indigènes.

En 1955, il fait la rencontre de Fidel Castro en exil au Mexique et rejoint les rangs des révolutionnaires cubains dans la guérilla contre Batista. Dix ans plus tard, il s’éloignera de Cuba et des Castro pour mener de nouveaux combats.

S’ensuivirent des mois de « disparition » alors qu’il était au Congo à tenter – sans succès – d’y imposer la révolution armée, avant d’engager en Bolivie sa dernière guérilla.

Son image et ses portraits sont omniprésents à Cuba, et plus particulièrement le plus célèbre d’entre eux montrant le jeune guérillero argentin, l’air farouche, portant béret, blouson et cheveux longs.

Ce cliché est l’oeuvre du photographe cubain aujourd’hui décédé Alberto Korda. Mythique, il a fait le tour du monde, orné les murs de générations d’étudiants et fait aujourd’hui l’objet d’une forte récupération mercantile tout en restant omniprésent dans les manifestations à travers la planète.

Romandie.com avec(©AFP / 08 octobre 2017 14h48)                                            

Bolivie: l’armée rend hommage au Che, après l’avoir abattu en 1967

septembre 28, 2017

Le portrait d’Ernesto « Che » Guevara peint sur un mur à Marinaleda dans le sud de l’Espagne le 12 septembre 2017 / © AFP/Archives / CRISTINA QUICLER

L’armée bolivienne participera pour la première fois à une cérémonie officielle en hommage à Ernesto « Che » Guevara, qu’elle avait abattu le 9 octobre 1967 dans le sud de la Bolivie, à l’occasion des 50 ans de sa mort, a annoncé jeudi le gouvernement.

« Nos forces armées vont participer à cet hommage aux côtés des familles des anciens combattants », a annoncé le vice-ministre de la Coordination Alfredo Rada, cité par l’agence officielle de presse ABI. L’armée et les anciens combattants étaient auparavant cantonnés aux hommages dans les casernes.

« Nous voulons que ce soit un moment d’expression de l’unité du peuple bolivien », le contexte étant désormais « différent », a-t-il ajouté, une allusion à l’époque où le guérilléro avait été capturé et exécuté par les soldats de ce pays andin avec le feu vert du président René Barrientos (1964-1969), un farouche anticommuniste.

Le 8 octobre 1967, l’armée bolivienne, accompagnée de deux agents de la CIA cubano-américains, capturait le « Che » à la tête d’une poignée de guérilleros ayant survécu aux combats, à la faim et aux maladies.

Blessé au combat, Ernesto Guevara fut conduit dans une école abandonnée du bourg de La Higuera où il passa sa dernière nuit. Le lendemain après-midi, le révolutionnaire fut sommairement exécuté par Mario Teran, un sergent bolivien.

A 39 ans, le « Che » au visage christique, dont la dépouille décharnée était exhibée comme un trophée dans la localité voisine de Vallegrande, entrait dans la légende.

Romandie.com avec(©AFP / 28 septembre 2017 22h59)