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[Tribune] Esclavage : c’est à l’Afrique d’écrire sa propre histoire

avril 27, 2021
Sur l’île de Gorée, au Sénégal, la statue de la libération des esclaves, inaugurée en 2002.

La loi sénégalaise du 27 avril 2010 reste la seule initiative africaine à inscrire dans les textes les crimes de la traite et de l’esclavage des populations du continent.

À quelques semaines d’un sommet de la Françafrique controversé, les 20 ans de la première et unique loi européenne qui déclare la traite et l’esclavage des noir.e.s crimes contre l’humanité sont l’occasion d’une réflexion en Europe et en Afrique, à l’heure où de nouvelles exigences mémorielles agitent la jeunesse mobilisée contre le racisme et la domination néocoloniale.
Votée en 2001, sous le gouvernement socialiste de Lionel Jospin, la loi française a indéniablement marqué une étape dans le combat pour l’égalité. Elle fut portée par Christiane Taubira, alors députée guyanaise, qui a prolongé à l’Assemblée nationale les mobilisations associatives françaises exigeant la sortie d’un « roman national » qui expulsait, jusque-là, les afro-descendant.e.s français.e.s des conquêtes de la liberté.

Crime contre l’humanité

Ainsi, depuis 2006, présidents de la République, élu.e.s, collectivités locales (surtout anciens ports négriers), établissements scolaires, associations, artistes et chercheur.e.s français.e.s ont, par des moyens divers, investi ce travail de mémoire, loin de toute diabolisation, victimisation ou repentance. La création récente de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, dirigée par l’ex-maire de Nantes et ex-Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, est aussi révélatrice de l’inscription au cœur des institutions françaises.

Si les autres États de l’Union européenne ne sont pas encore rentrés dans ce processus de reconnaissance et de qualification juridique, il faut noter la timide avancée du Parlement européen qui, par une résolution votée le 19 juin 2020, a invité les États membres à reconnaitre « officiellement les injustices du passé et les crimes contre l’humanité commis contre les personnes noires et les personnes de couleur » et décidé d’une date de commémoration, le 2 décembre, déjà prévue par les Nations unies comme Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, surtout contemporain.

Notons tout de même, pour le regretter, que ni la France, ni le Parlement européen, ne sont encore sortis de cette vision européocentrée de l’histoire de l’esclavage colonial au détriment d’une perspective globale qui intègre les deux autres formes de traite et d’esclavage des noir.e.s de notre modernité : subsaharien.e.s et arabo-musulman.e.s. Toujours ignorées du processus international de reconnaissance et de réparation, les conséquences de ces derniers trafics continuent d’égrener leurs lots de souffrance en Afrique subsaharienne, au Maghreb, jusqu’en Europe où les jeunes migrants subsahariens racontent de plus en plus les formes d’esclavage subies dans leur traversée du Sahara.
Qu’en est-il de l’Afrique ?

Impact de l’histoire

Nouvellement indépendants dans les années 1960, les États africains, malgré les urgences de la décolonisation et du développement économique, n’ont cessé de rappeler aux anciens colonisateurs et à leurs propres peuples l’impact de l’histoire de la traite des noir.e.s et de l’esclavage dans l’évolution politique de leurs jeunes nations. Pourtant, jusqu’en 2010, aucun d’entre eux n’avait qualifié juridiquement ce que la France a été la première à qualifier de crime contre l’humanité. Inspirée, autant dans son esprit que dans sa forme, par la loi française dite « Taubira », la loi sénégalaise du 27 avril 2010, première et unique loi en Afrique, marque, néanmoins, un tournant dans la gouvernance mémorielle de cette tragédie, de ses conséquences et de la conscience qu’en gardent les afro-descendant.e.s. L’ancien président Abdoulaye Wade ira jusqu’à dire que la décennie de l’alternance sera marquée par trois lois : « la loi contre la peine de mort, la loi sur la parité et la loi déclarant la traite des noirs crime contre l’humanité ».

Absence d’implication choquante

Ce texte sert donc non seulement à rappeler que le Sénégal et l’Afrique ont payé un lourd tribut à la mondialisation mais aussi que cette mémoire doit servir l’affirmation, la vigilance et le développement du continent. Outre la qualification de la traite et de l’esclavage en crime contre l’humanité, la loi sénégalaise, qui répond à l’évolution des consciences sur l’impact de cette histoire, a défini un certain nombre d’objectifs communs (scolaires et universitaires), similaires d’ailleurs à la loi française, pour inscrire la mémoire et la connaissance de la traite, de l’esclavage et des combats pour leur abolition dans le patrimoine civique républicain commun.

DES SENTIMENTS DE HAINE, DE RANCOEUR OU DE CULPABILITÉ

Depuis le 27 avril 2010 et l’instauration de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition, la ville de Dakar a accueilli quelques initiatives associatives : une cérémonie commémorative à l’hôtel de ville, ainsi que des rencontres réunissant établissements scolaires, universitaires et activistes. Le rapport du Sénégal vis-à-vis de l’histoire de l’esclavage colonial et de ses conséquences s’est approfondi, même si l’absence d’implication de l’État sénégalais dans ce devoir de mémoire choque. L’actuel président Macky Sall n’a jamais respecté cette obligation que la loi sénégalaise lui fait. Pendant que les autres dirigeant.e.s africain.e.s semblent totalement imperméables à ce devoir de mémoire essentiel.

Pourtant, cette longue histoire, quatre siècles de déportation et d’exploitation des forces vives de l’Afrique, ce crime contre l’humanité, a traversé l’émergence des nations africaines, et structure fortement les imaginaires en cristallisant des comportements politiques qui engendrent de plus en plus des sentiments de haine, de rancoeur ou de culpabilité.
La criminalisation et la commémoration sont une occasion de se souvenir du sacrifice et des résistances de millions de victimes de l’esclavage colonial, de dresser des digues contre l’oubli de cette barbarie, de lutter contre les formes de domination néocoloniale et de discriminations raciales infligées aux afro-descendant.e.s et enfin d’enclencher un processus de réparation indispensable pour des rapports sociaux et géopolitiques apaisés car justes.

À l’Afrique d’écrire son histoire

Un travail immense reste à faire. Cette histoire suscite beaucoup d’intérêt outre-Atlantique et focalise bien des enjeux politiques, mais n’est pas encore appropriée ni intégrée dans les récits nationaux et étatiques africains. Confinées à un tourisme mémorial au discours parcellaire et expulsées sur les côtes du littoral africain, l’histoire et les conséquences du racisme négrophobe semblent ne pas concerner le continent. Même l’Union africaine reste très taiseuse sur le sujet, comme si cette tragédie était extérieure à un continent qui se satisferait de l’idée d’être victime et non pas acteur d’une histoire qui n’est pas tombée « comme un cheveu sur la soupe » tant la culture de l’exploitation de l’homme par l’homme y est ancienne.

La construction nationale des jeunes États africains a pourtant besoin de moments solennels et réguliers pour se souvenir de ceux qui ont subi les crimes et versé leur sang pour la liberté. Il est donc particulièrement important sur le plan symbolique que les États africains gravent dans le marbre de la loi républicaine le crime que ce continent a subi. Ce n’est pas aux autres de faire notre mémoire. L’instrumentalisation d’une mondialisation dans laquelle l’Afrique et sa diaspora ne tiendraient que les rôles de spectateurs, voire de victimes, est à déconstruire et à décoloniser. Ce travail, c’est aussi et surtout à l’Afrique de l’écrire. Dans le débat sur les réparations de ce crime contre l’humanité, le vote par tous les pays africains d’une telle loi participera à appuyer les conséquences judiciaires incontournables pour résoudre les inégalités systémiques héritées par les africain.e.s et leurs descendant.e.s de par le monde. On peut même finir par s’étonner que cette question majeure, nichée dans les imaginaires de tous les dirigeant.e.s français.e.s et africain.e.s, n’ait jamais figuré au programme des sommets dits internationaux Afrique-France !

Par  Karfa Diallo

Essayiste et consultant franco-sénégalais, fondateur-directeur de l’association Mémoires & Partages. Son dernier ouvrage, « Les Légions de Senghor », est paru aux Éditions Ex Aequo.

Pakistan : Farah, chrétienne de 12 ans, enlevée, violée et réduite en esclavage

janvier 23, 2021
WEB2-Farah Shaheen-ACN

Aid to the Church in Need Farah Shaheen

Farah Shaheen, une fillette chrétienne de 12 ans, a été libérée fin décembre 2020 après avoir passé cinq mois d’une violence indicible. Enlevée, mariée et convertie de force à l’islam, elle a été violée à de nombreuses reprises et enchaînée dans un enclos à bétail.

C’est un effroyable témoignage qu’a livré le pakistanais Asif Masih à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) sur le calvaire qu’a subi sa fille, Farah Shaheen, chrétienne âgée de 12 ans, pendant cinq mois. Cinq mois de souffrance, de torture et de désespoir auquel il a réussi à mettre un terme fin décembre après de nombreuses alertes auprès de la police.

Farah Shaheen a été enlevée le 12 juin 2020 par un homme âgé de 45 ans, Khizar Ahmed Ali. Ce dernier, après l’avoir forcé à se convertir à l’islam, l’a épousé. Commence alors une vie de terreur pour la fillette. « Elle a été agressée sexuellement par son ravisseur et violée à plusieurs reprises par d’autres hommes », rapporte son père. Tout au long de ces cinq mois, Farah Shaheen est enchaînée et forcée à travailler toute la journée dans un enclos à bétail.

Trois mois pour enregistrer sa disparition

Après une première alerte lors de son enlèvement en juin, Asif Masih n’a eu de cesse de se battre pour retrouver sa fille. L’affaire est finalement enregistrée après trois mois et il aura fallu attendre cinq mois pour que la police intervienne. « Quand j’ai signalé à la police que Farah avait été enlevée, on m’appelait ‘churrah’, ce qui signifie sale, un terme de réprimande souvent utilisé contre les chrétiens », a-t-il expliqué à l’AED. Il a également dénoncé un rapport médical réclamé par la justice pakistanaise affirmant que la jeune fille est âgée de 17 ou 18 ans… alors que son certificat de naissance délivré par l’état civil ne laisse aucun doute sur ses 12 ans.PUBLICITÉ

D’après plusieurs ONG dont le Mouvement pour la Solidarité et la Paix, une organisation de défense des droits de l’Homme dans le pays, environ 1.000 femmes et filles chrétiennes et hindoues sont enlevées chaque année au Pakistan.

Avec Alitea par Agnès Pinard Legry

Congo: un Beembé mange le chat d’un commerçant mauritanien pour se venger de l’esclavage en Libye

décembre 13, 2017

 

« Ton chat était trop potélé Mohamed…La prochaine fois tâche de moins le nourrir pour ne pas remuer les envies des gens et en plus chez vous traitez les Noirs comme des esclaves.Le beembé n’a pas tort» lui a dit en substance le chef du quartier auprès duquel le mauritanien s’est plaint.

Depuis un bon moment Mabika Florent, un béembé avait ciblé le chat du mauritanien et chaque fois qu’il voyait l’animal, ses pensées l’imaginaient dans sa marmite : « Ce chat est vraiment potélé ! » lançait il.Il a profité de l’esclavage en Libye pour passer à l’action.Tout le quartier lui a donné raison et regretté de ne pas les avoir invité.

Florent Mabika est connu dans le quartier comme un mangeur de chat,il ne s’en cache pas et en est aussi fier, revendiquant au passage sa culture béembée «  Le chat est un anti dote contre les sorciers » lâchait il souvent pour encourager ces amis à suivre son exemple. Tous les dimanches, il réunit ces amis autour d’une table où le plat favori était bel et bien la viande de chat. «  Plat numero 10 ou maître d’EPS » comme cela figure sur le menu des restaurants de Voungou à Pointe-Noire.

Mohamed, le boutiquier du coin,n’a jamais hésité à maintes reprises de le mettre en garde contre la tentation de toucher à son chat qui affichait une santé de fer. Le Mauritanien et le Béembé entretenaient de bonnes relations,passant le plus des soirées ensemble autour d’un thé. Une amitié qui a pris fin après cet épisode.

Après deux jours de recherche infructueuse, Mohamed qui au départ ne doutait pas de son ami Florent a commencé à changer d’avis quand une voisine « songeuse » lui a soufflé avoir vu le fis du Béembé kidnappé l’animal.

«  Mohamed, tout ce vacarme et toute cette tristesse pour un chat ? » lui a lancé froidement Florent qui a avoué avoir mangé son chat le dimanche avec ses invités. « J’ignorai que la viande de ton chat pour être si bonne…Je vais t’offrir un chaton demain t’inquiète..Tu as le don d’élever de la bonne viande.Mais saches qu’après je le mangerai  si tes frères arabes continuent à traiter mes frères d’esclaves. »

Se sentant diminué en terrain ennemi Mohamed s’est rapproché du chef du quartier pour se plaindre de l’attitude de son ex ami Florent. « Ton chat était trop potélé » lui a signifié le chef du quartier, lequel lui aussi exhorté de privilégier le bon voisinage « Ce n’est pas pour un chat fut -il potélé que tu vas créer des problèmes dans le quartier « »

Florent Mabika et toute sa famille ont été depuis interdit de fréquenter la boutique de Mohamed qui a jugé bon de ne plus avoir un autre chat.

Sacer-infos.com par Stany Franck

Esclavage en Mauritanie: Biran Dah Abeid répond à Mohamed Abdelaziz

décembre 6, 2017

Dans un quartier de Nouakchott, en Mauritanie, en 2006. © SCHALK VAN ZUYDAM/AP/SIPA

C’est « par dépit » que ceux qui « ne sont plus aux commandes » de la Mauritanie « veulent réveiller la question de l’esclavage », affirmait début décembre le président Mohamed Ould Abdelaziz. Nommément visé, l’activiste mauritanien Biram Dah Abeid lui répond.

Le 2 décembre, devant la presse, dans la ville de Tichit, aux confins du désert, le président mauritanien s’en prenait aux activistes de la lutte contre l’esclavage et ses séquelles, non sans désigner ma modeste personne. D’après lui, nous serions des affabulateurs en mal de salaire, mus par la seule motivation du ventre. Plutôt que de prolonger une vieille polémique avec les pouvoirs mauritaniens et leur inclination au déni, je préfère retenir du propos de Mohamed Ould Abdelaziz une phrase révélatrice de la fidélité de l’homme aux intérêts historiques de son groupe, le monde des maîtres : « Nous agissons avec l’esclavage comme pour le vol ou le terrorisme : nous avons des textes pour combattre ces délits et ces crimes, mais ils continuent à être commis et nous améliorons nos lois en conséquence chaque fois que nous le pouvons. »

À quel bouc-émissaire devrait-on imputer la persistance de l’esclavage chez nous ?

Faut-il rappeler à l’auteur de ces mots qu’en vertu de la législation de notre pays, l’esclavage relève d’une catégorie imprescriptible : le « crime contre l’humanité » ? Ainsi cette tentative de relativisation comparée marque-t-elle le désir de banaliser l’héritage de siècles d’oppression par une ethnie, sous couvert de religion.

Au demeurant, sur la récente vente de migrants dans une pétaudière du Maghreb, Ould Abdelaziz recourt à l’inversion habituelle de culpabilité : « Il n’y a plus d’État en Libye par la faute de l’Occident, qui a bombardé le pays et contribué à l’assassinat de son président. »

En admettant un instant ce raccourci commode, à quel bouc-émissaire devrait-on imputer la persistance de l’esclavage chez nous ? Au complot sioniste ? À la colonisation française ? Aux francs-maçons ? Aux Illuminati? Ou à l’éternel impérialisme ?

Non, hélas ! Les noirs mauritaniens, depuis des temps immémoriaux, naissaient et mourraient sans rien connaître de la vie si ce n’est la condition de serviteur docile, vendable, et corvéable à merci. Au moins le président mauritanien ne congédie-t-il pas cet aspect incontesté de notre mémoire, ce dont je lui reconnais le mérite.

Le sort des descendants d’esclaves

Les fils et petits-fils d’esclaves endurent des discriminations et des inégalités que seule leur naissance peut expliquer

Au détour d’une autre citation, Mohamed Ould Abdelaziz identifie le sort des descendants d’esclaves à celui des Africains-Américains, non sans les qualifier au passage de « minorité ». Le choix du terme justifie le reste du propos.

Là encore, le chef de l’État lance un message aux siens : la communauté arabo-berbère, au sein de laquelle fleurissent pourtant des attitudes de solidarité admirable avec les victimes du racisme et de l’exclusion. Il leur adresse un avertissement autant qu’il les incite à faire corps autour de lui.

La légèreté de l’assertion trouve pourtant, dans l’animation de nos rues, un démenti sans appel. L’observateur, même distrait, sait combien la démographie de la Mauritanie consacre une majorité – exponentielle – de noirs. Et pourtant, leur concours à l’exercice du pouvoir, leur participation à l’économie globale, à la banque, à la fonction publique, au commandement des forces armées et de sécurité ou encore au magistère religieux n’atteint même pas 5%.

 Discriminations et inégalités persistantes

Peu importe le refus des juges de traiter les dizaines de cas d’esclavage en instance d’instruction ou d’anéantir les plaintes d’un revers de non-lieu ! Les fils et petits-fils d’esclaves endurent des discriminations et des inégalités que seule leur naissance peut expliquer. Cette différence de destin justifie notre acharnement à lutter.

Au lieu de s’emmurer dans un repli défensif, devant une cause fatalement désignée à la victoire, Mohamed Ould Abdelaziz devrait nous tendre la main pour, ensemble, reconstruire la Mauritanie, trait d’union entre les « deux Afrique », sur des bases saines.

Pour l’heure, favorisé par ses propres atermoiements et son laxisme, l’extrémisme religieux menace de transformer le pays en base arrière du jihad sahélo-saharien. Bientôt, au terme de deux mandats caractérisés par l’imprudence et le risque, notre président, fourbu, aura besoin de consensus, et non de rallonger la liste déjà longue de ses adversaires.

Jeuneafrique.compar Biram Dah AbeidBiram, militant anti-esclavagiste mauritanien, fondateur de IRA Mauritanie (Initiative de résurgence pour le mouvement abolitionniste).

 

Congo: Brazzaville, l’esclavage en Libye divise les Francs-maçons

décembre 3, 2017

Un document signé et publié par Alphonse Obambi-Itoua, grand-Maître de la de la Franc Maçonnerie au Congo, condamne la vente aux enchères des migrants en Libye comme l’a fait le Grand Orient de France. Mais d’autres franc-maçons désapprouvent cette morale élastique, à géométrie variable.

Charité bien ordonnée commence par soi-même. En publiant une lettre pour interpeller la communauté internationale sur l’esclavagisme en Libye, la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique d’Afrique (GLTSA), tranche sur le silence qui dut le sien lors des massacres perpétrés par le régime de Sassou dans la région du Pool. Beaucoup de “Frères” voient dans la démarche d’Alphonse Obambi-Itoua l’ombre d’une émotion . “Il doit aussi rompre le silence sur la détresse des populations du Pool, sur les prisonniers politiques et sur la privation des libertés au Congo”, martèle une franc-maçonne congolaise.

Une avalanche de critiques

“Comment ce Grand Maître maçon peut-il être sensible à ce qui se passe en libyeet fermer les yeux sur la situation du Pool qui brûle dans son propre pays ? La vision intellectuelle tronquée de ce frère et Grand Maître m’oblige à briser le silence”, fulmine un franc-maçon congolais sous couvert d’anonymat.  “Opportuniste”; “Grand farceur”, s’emportent d’autres francs-maçons congolais.

Alphonse Obambi-Itoua n’en finit plus de susciter les critiques chez ses frères congolais. S’exprimant au nom de ses frères, le grand-Maître de la GLTSA (Grande Loge Traditionnelle et Symbolique d’Afrique) s’est étonné, dans un communiqué, du ” silence assourdissant et incompréhensible de la Communauté Internationale sur cette traite des migrants subsahariens en passe de se banaliser dans cette partie instable de l’Afrique”. Et de préconiser “la mise en place, dans un délai très bref, d’une commission d’enquête internationale ouvrant la voie à des poursuites judiciaires à l’encontre des responsables et complices de ces pratiques anachroniques”.

 Guerre à huis-clos dans le Pool

Dans la région du Pool, en effet, alors que les violences des miliciens du pouvoir ont fait des centaines de milliers de déplacés, le Grand-Maître Alphonse Obambi-Itoua n’a jusqu’à présent pas émis la moindre réserve. Il s’est réfugié dans un silence assourdissant, comme lors les violences qui ont précédé le référendum sur le Changement de la Constitution de 20002. Cette attitude, de nombreux francs maçons la regrettent. “J’aimerais lui faire parvenir les Sentences de Phocylide de Milet ( VIe s. av. J.-C.) : “Accorde aux étrangers les mêmes égards qu’à tes concitoyens”, cite un Vénérable maître.

Mondafrique.com par Bedel Bouna

Esclavage en Libye: le Burkina Faso rappelle son ambassadeur, Antonio Guterres « horrifié »

novembre 21, 2017

Le secrétaire général des Nations unies Antoni Guterres à New York le 28 septembre 2017. © Bebeto Matthews/AP/SIPA

 

Après la diffusion d’images d’un marché aux esclaves de migrants africains en Libye, le Burkina Faso a rappelé son ambassadeur. De son côté, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a évoqué la possibilité de poursuivre les auteurs pour « crimes contre l’humanité ».

La semaine dernière, un documentaire choc de la chaîne de télévision américaine CNN avait montré l’existence d’un marché aux esclaves près de Tripoli. De nombreuses personnalités politiques ou issues de la société civile, mais aussi des footballeurs célèbres, se sont depuis fait entendre, et certains pays sont passés aux actes, comme le Niger qui a convoqué l’ambassadeur libyen à Niamey ce 20 novembre pour explication.

Le président du Burkina Faso a décidé, lui, du rappel de l’ambassadeur à Tripoli, le général Abraham Traoré, pour consultation « après le choc d’images de traite négrière en Libye », a déclaré ce 20 novembre le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alpha Barry.

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a « demandé que l’ambassadeur revienne pour le « briefer » sur ce qui se passe en Libye pour qu’il ait toutes les informations nécessaires avant le sommet d’Abidjan qui va se pencher sur cette situation en Libye », a-t-il ajouté. La Côte d’Ivoire accueille en effet les 29 et 30 novembre prochain à Abidjan un sommet Union africaine (UA) – Union européenne (UE).

« L’esclavage n’a pas sa place dans notre monde »

Plus tôt dans la matinée, le chef de la diplomatie burkinabè a « convoqué le chargé d’affaires libyen à Ouagadougou pour lui exprimer toute l’indignation du gouvernement et du peuple burkinabè face aux images qui ont été vues, des images qui appartiennent à d’autres siècles, des images de traite négrière ».

Depuis 2011, 1 912 migrants burkinabè ont été rapatriés au Burkina, dont une dernière vague de 121 personnes en octobre dernier, selon des chiffres officiels. À ce jour, une trentaine d’autres seraient toujours détenus dans des camps en Libye, selon le gouvernement burkinabè.

Le 20 novembre, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est quant à lui dit « horrifié » par les révélations récentes de marché aux esclaves en Libye, jugeant que ceux qui en sont à l’origine pourraient être traduits en justice pour de possibles crimes contre l’humanité.

« L’esclavage n’a pas sa place dans notre monde et ces actes figurent parmi les abus les plus flagrants des droits de l’Homme », a-t-il déclaré.

Esclavage en Libye: le Niger demande un débat au sommet UE-UA

novembre 18, 2017

Abidjan – Le président nigérien Mahamad Issoufou, qui s’était « indigné » jeudi de la vente aux enchères de migrants-esclaves en Libye, a demandé à ce que le sujet soit mis à l’ordre du jour du sommet Union Africaine – Union-Européenne des 29 et 30 novembre à Abidjan.

« Fortement choqué, M. Issoufou a demandé personnellemet au président ivoirien Alassane Ouattara que ce sujet soit inscrit à l’ordre du jour du sommet », a affirmé à l’AFP sous couvert d’anonymat un proche de la présidence nigérienne.

Le ministre nigérien des Affaires étrangères Ibrahim Yacouba a confirmé cette demande sur son compte Twitter: « Le président du Niger (…) a demandé que cette question soit inscrite à la prochaine réunion UE-UA à Abidjan. Il nous a instruit de rester mobilisés, en lien avec tous les pays africains ».

Le président nigérien s’était insurgé dès jeudi, affirmant: « La vente aux enchères de migrants comme esclaves en Libye m’indigne profondément. J’en appelle aux autorités libyennes et aux organisations internationales, afin que tout soit mis en oeuvre pour que cesse cette pratique d’un autre âge, que nous croyions à jamais révolue ».

Salif Traoré, le leader du célèbre groupe ivoirien Magic System, a également appelé les dirigeants Africains à agir.

« Il est temps que nos gouvernants s’engagent pour améliorer les conditions de vie des jeunes en Afrique en vue de les maintenir sur place, car ces jeunes fuient la misère de leurs différents pays », a-t-il déclaré à l’AFP.

« C’est une double indignation, un cri de coeur: je suis indigné de voir les enfants d’Afrique mourir sous les océans en essayant de trouver des lendemains meilleurs », a-t-il ajouté, y voyant « une humiliation pour l’Afrique ».

Le sujet de l’immigration sera au coeur du Festival des musiques urbaines d’Abidjan (Femua) qui se tiendra en avril 2018, a annoncé le leader de Magic System.

Vendredi, le président en exercice de l’Union africaine (UA), le Guinéen Alpha Condé, et le gouvernement sénégalais ont aussi fait part de leur indignation.

Le président Alpha Condé « exprime son indignation face au commerce abject de migrants qui prévaut en ce moment en Libye et condamne fermement cette pratique d’un autre âge », selon un communiqué de la présidence guinéenne.

L’UA « invite instamment les autorités libyennes à ouvrir une enquête, situer les responsabilités et traduire devant la justice les personnes incriminées » et « à revoir les conditions de détention des migrants », poursuit le texte.

« Ces pratiques modernes d’esclavage doivent cesser et l’Union africaine usera de tous les moyens à sa disposition pour que plus jamais pareille ignominie ne se répète », promet la présidence de l’UA.

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a vivement dénoncé mardi la détérioration des conditions de détention des migrants en Libye, jugeant « inhumaine » la coopération de l’Union européenne avec ce pays.

A Dakar, le gouvernement sénégalais a « appris avec une vive indignation la vente sur le territoire libyen de migrants originaires d’Afrique subsaharienne », indique un communiqué officiel.

Romandie.com avec(©AFP / 18 novembre 2017 15h54)                                            

Esclavage en Mauritanie: Les Nations-Unies intègrent le bal des contestataires

octobre 19, 2016

Les défenseurs des droits de l’homme ont été condamnés, en août, à des peines de prison allant de trois à quinze ans (notre photo).  La date du jugement en appel sera fixée, en fin de semaine, par la Cour d’appel de Nouadhibou.

Treize de ces militants sont membres de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), principale organisation de la société civile mauritanienne luttant contre l’esclavage. Les militants ont, constamment, nié toute implication dans les manifestations contre les expulsions forcées, au cours desquelles plusieurs personnes, dont des policiers, ont été blessées.

«Le gouvernement mauritanien est hostile à tous les groupes de la société civile qui critiquent ses politiques et est particulièrement hostile aux groupes tels que l’IRA, dont les membres sont issus de la minorité Haratine, et qui œuvrent pour la promotion de la fin de l’esclavage», ont souligné les experts, en rappelant que le Rapporteur Spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme, Philip Alston, a visité la Mauritanie, en mai, et a rencontré certains membres de l’IRA.

«La condamnation des militants s’adapte à un modèle de répression de la dissidence du parti au pouvoir dans un pays où une minorité ethnique domine les deux autres grands groupes ethniques», ont noté les experts. « Nous sommes préoccupés par le fait que l’IRA a également été la cible de représailles par le gouvernement en raison de leur réunion avec le Rapporteur Spécial sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme lors de sa visite dans le pays ».

Le procès qui s’est tenu en août a été entaché de graves violations du procès équitable, ainsi que, d’autres violations des droits de l’homme. Des indications crédibles permettent d’affirmer que les membres de l’IRA ont été torturés au cours de leur détention, que les membres de leurs familles et les partisans des accusés ont été attaqués par la police lorsqu’ils ont essayé d’assister au procès, mais aussi, que des irrégularités procédurales auraient été enregistrées au cours de la procédure judiciaire.

« Nous avons reçu des informations indiquant que l’ensemble du processus n’a pas permis de respecter les garanties les plus fondamentales d’un procès équitable et d’une procédure régulière, y compris le droit d’avoir un accès adéquat à un avocat », ont déclaré les experts des droits de l’homme.

Ces irrégularités de procédure semblent avoir persisté au cours de la phase d’appel. La procédure d’appel a, récemment, été transférée de la Cour d’appel de Nouakchott à la Cour d’appel de Nouadhibou, à environ, 500 kilomètres de la capitale. Les membres de l’IRA emprisonnés ont été transférés, le 28 septembre, de Nouakchott dans un centre de détention, à Zouérate, à environ 700 kilomètres de Nouakchott, et à dix-sept heures en voiture de Nouadhibou.

« Il semble n’y avoir aucun fondement juridique ou aucune justification pour le transfert des détenus», ont-ils souligné. « C’est encore une autre indication que ces poursuites judiciaires sont politiquement motivées et destinées à étouffer les groupes et individus qui favorisent les droits de l’homme et qui s’opposent à des politiques gouvernementales ».
«  Nous demandons instamment aux autorités de veiller à ce que les militants soient transférés à Nouakchott et bénéficient d’un procès équitable par un tribunal compétent, indépendant et impartial, conformément au droit international des droits de l’homme », ont souligné les experts.

Ils ont, également, exprimé leur inquiétude à propos du grave état de santé de certains détenus, en rappelant l’obligation de la Mauritanie de protéger le droit à la santé des détenus et de leur fournir les soins médicaux urgents et adéquats nécessaires quel que soit leur statut juridique.

«Il est essentiel de veiller à ce que les défenseurs des droits de l’homme puissent exercer leurs droits et libertés fondamentales sans intimidation ou crainte de représailles. L’activisme anti-esclavagiste ne peut pas être un crime », ont souligné les experts. «Le gouvernement de la Mauritanie doit revoir sa législation pénale afin de se conformer à son obligation internationale de respecter et protéger le droit à la liberté d’opinion et d’expression. »

Les experts (1) indépendants de l’ONU ont été en contact avec le gouvernement mauritanien pour clarifier cette situation.

(1) Les experts : M. Philip Alston, Rapporteur spécial sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme ; M. Sètondji Roland Adjovi, Président du Groupe de travail sur la détention arbitraire ; M. Maina Kiai, Rapporteur spécial sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association ; M. Dainius Pūras, Rapporteur spécial sur le droit qu’a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible ; Mme Mónica Pinto, Rapporteur spécial sur l’indépendance des juges et des avocats ; M. Juan E. Méndez, Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ; M. David Kaye, Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression.

Afriqueeducation.com

Washington accuse Bangkok, Moscou, Téhéran d’esclavage

juillet 27, 2015

Les États-Unis ont accusé lundi la Thaïlande, la Russie, l’Iran ou encore la Libye de ne pas lutter suffisamment contre la traite des êtres humains, dans leur rapport annuel sur cet « esclavage moderne ». La Suisse confirme sa place dans les pays respectant les normes.

La Thaïlande, la Russie, l’Iran et la Libye, tout comme le Venezuela, l’Algérie, la Syrie, le Yémen, la Corée du Nord ou le Zimbabwe étaient déjà l’an dernier au plus bas du classement dressé chaque année par le département d’Etat et dévoilé par son patron John Kerry.

Les pays relégués en catégorie 3 sont accusés de ne pas respecter les normes internationales et de ne pas faire d' »efforts importants » en la matière. La Russie figure dans cette dernière catégorie, au moins depuis 2013, ce qui avait provoqué la fureur de Moscou à l’époque.

La Chine, en revanche, était remontée d’un cran en 2014, au rang 2 « sous surveillance » et y est toujours cette année. Et la Malaisie, qui avait dégringolé l’an passé en queue de peloton, est remontée au niveau de la Chine pour les « efforts significatifs » de Kuala Lumpur pour lutter contre la traite d’êtres humains.

La plupart des pays occidentaux, ceux d’Europe, les États-Unis et l’Australie, mais aussi Israël, Taïwan, le Chili ou l’Arménie, sont dans la première catégorie. Ils sont loués pour leur lutte contre la traite des êtres humains et le respect total des normes internationales. La Suisse, qui s’était retrouvée en catégorie 2 de 2010 à 2013, est, comme l’an dernier, à nouveau dans cette catégorie.

D’après l’Organisation internationale du travail (OIT), la traite des êtres humains représente 150 milliards de dollars de bénéfices par an, dont 99 milliards pour l’industrie du sexe. Les États-Unis estiment que quelque 20 millions de personnes en sont les victimes.

« La traite d’humains est une insulte à la dignité humaine et une attaque contre la liberté », a martelé John Kerry dans l’introduction du rapport. Il appelle à mener le « combat contre de l’esclavage moderne ».

Romandie.com

Lutte contre l’esclavage en Mauritanie : Biram Ould Abeid sort de prison, le Coran à la main

septembre 4, 2012

Dans son combat contre l'esclavagisme en Mauritanie, Biram Ould Abeid a souvent connu la prison. Dans son combat contre l’esclavagisme en Mauritanie, Biram Ould Abeid a souvent connu la prison. © DR

Biram Ould Abeid, une des figures de la lutte anti-esclavagisme en Mauritanie, a été libéré lundi 3 septembre au soir, officiellement pour raison de santé. Il est accusé d’avoir brûlé des ouvrages religieux légitimant selon lui les thèses esclavagistes.

Après plus de quatre mois de détention préventive, Biram Ould Abeid est sorti de prison. Dans la soirée du lundi 3 septembre, le président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA-Mauritanie), ainsi que six autres militants, ont été libérés provisoirement par la justice mauritanienne. Une première victoire pour le collectif d’avocats qui les défend.

Derrière les barreaux, Biram Ould Abeid a vu sa santé décliner. Mais sa famille refuse de communiquer sur ce sujet. Certains de ses codétenus seraient également souffrants. Soulagé mais très affaibli, le leader de l’IRA a été applaudi par des centaines de partisans venus l’attendre à la sortie de la prison civile de Nouakchott. Un coran à la main, il a fustigé la « machination » dont il s’estime victime.

Interprétations du Coran sujettes à caution

« Le livre sacré de notre religion ne se prête à aucune discussion, explique Balla Touré, secrétaire aux relations extérieurs de l’IRA, qui ne compte pas parmi les ex-détenus. Mais nous continuons à en condamner les multiples interprétations qui, selon nous, légitiment les thèses esclavagistes. » Biram Ould Abeid et six de ses militants avaient été inculpés le 3 mai pour, entre autres, « violation des valeurs islamiques. » Le 27 avril, ils avaient incinéré à Nouakchott, des ouvrages fondateurs du rite malékite (dont ceux d’Ibn Achir, Al-Akhdari et Khalil), qu’ils accusent de valider l’esclavage. Un crime passible de 30 ans de prison en Mauritanie.

Les religieux et la classe politique s’étaient aussitôt vivement indignés, à tel point que le président de la République, Mohamed Ould Abdelaziz, avait annoncé que la charia serait appliquée. Lors de l’ouverture de leur procès le 27 juin, la cour criminelle de Nouakchott avait cependant annulé la procédure pour vice de forme. « Pour nous, c’est cette décision qui a vraiment été appliquée, bien que Biram ait officiellement été libéré en raison de son état de santé », confie Balla Touré, qui se dit optimiste pour la suite.

Mais la bataille est encore loin d’être gagnée pour l’IRA, puisque Biram Ould Abeid, ainsi que ses six militants, peuvent être à nouveau convoqués devant la justice à tout moment. En attendant, le militant se repose à son domicile, avant de passer un bilan de santé global à l’hôpital dans les prochains jours.

Jeuneafrique.com par Justine Spiegel