Posts Tagged ‘espionnage’

Espionnage : le « PegasusGate » est aussi africain

juillet 21, 2021
Damien Glez

Dans le scandale mondialisé de l’espionnage massif de journalistes ou activistes via le logiciel Pegasus, l’Afrique n’est pas en reste… 

L’Africain lambda a toujours la nette impression que son continent n’est « in » que dans le pire et « out » que dans le meilleur. « Out » dans l’accès aux vaccins anti-Covid qu’il a du mal à dupliquer lui-même et « in » dans l’insécurité avec, d’après l’édition 2021 du Global Peace Index, cinq pays parmi les dix les moins pacifiés de la planète. Même lorsque le cynisme politique se fait « high tech », l’Afrique est dans la place. C’est ce que tend à démontrer le récent « PegasusGate »…

C’est le 18 juillet dernier qu’un consortium de dix-sept rédactions coordonnées par la plateforme Forbidden Stories, en collaboration avec le Security Lab d’Amnesty International, annonçait qu’environ 50 000 numéros de téléphone avaient été les cibles d’un puissant logiciel espion distribué par l’entreprise israélienne NSO Group. Connu sous le nom de Pegasus, le programme malveillant infecte aussi bien les iPhones que les appareils Android, et permet aux opérateurs de siphonner, en sourdine, des localisations, des messages, des photos, voire des captations inopinées d’appels ou de visuels via l’activation secrète de microphones et de caméras.

Trois pays africains accusés

Officiellement destiné à confondre les criminels et les terroristes, le logiciel se serait retrouvé entre les mains de pays au bilan douteux en matière de droits de l’homme et aux intentions peu compatibles avec le respect de la vie privée et du secret professionnel. Dans des pays comme la Chine ou l’Azerbaïdjan, la majorité des cibles du logiciel intrusif auraient été journalistes, opposants, avocats ou défenseurs des droits de l’homme.

L’ALGÉRIE, LA RDC, L’ÉGYPTE, LE MAROC, L’OUGANDA, LE RWANDA ET LE TOGO FIGURENT DANS L’ACCABLANT PALMARÈS DU « PEGASUSGATE »

Partie émergée de l’iceberg ? L’Agence France-Presse évoque déjà 180 hommes et femmes de presse, 600 politiciens, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprise. Or, certaines cibles de cet espionnage massif ont été contraintes à l’exil, voire assassinées, comme l’emblématique Saoudien Jamal Khashoggi

La sophistication technologique serait-elle hors de portée de régimes africains dont certains aiment faire vibrer la corde sensible de budgets nationaux trop étriqués pour satisfaire les besoins sociaux de base ? Pas sûr, si l’on en croît l’enquête du consortium de journalistes. Sous réserve de confirmation des données et de démonstration du cadre d’utilisation, trois pays du continent figurent dans l’accablant palmarès du « PegasusGate » :  le Maroc, le Rwanda et le Togo. Il y a quelques années, c’est l’entreprise de logiciels basée en Italie Memento Labs que Reporters sans frontières avait accusé d’avoir permis le hacking de journalistes d’Éthiopie et du Maroc.

L’heure est aux dénégations, à commencer par celles de la société NSO Group qui affirme n’avoir vendu son logiciel espion qu’à des « gouvernements approuvés » qui seraient au nombre de 36. La bien attentionnée entreprise de sécurité informatique auraient-elle été victime d’un piratage informatique ?

Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Un logiciel israélien utilisé pour espionner journalistes et militants dans le monde (médias)

juillet 18, 2021
Un logiciel israelien utilise pour espionner journalistes et militants dans le monde (medias)
Un logiciel israélien utilisé pour espionner journalistes et militants dans le monde (médias)© AFP/JACK GUEZ

Des militants des droits humains, des journalistes et des opposants du monde entier ont été espionnés grâce à un logiciel mis au point par une société israélienne, selon une enquête publiée dimanche dans plusieurs médias.

Le logiciel espion Pegasus de la société NSO Group, s’il est introduit dans un smartphone, permet d’en récupérer les messages, les photos, les contacts, et même d’écouter les appels de son propriétaire.

L’entreprise, fondée en 2011 et qui a régulièrement été accusée de faire le jeu de régimes autoritaires, a toujours assuré que son logiciel servait uniquement à obtenir des renseignements contre des réseaux criminels ou terroristes.

Mais les organisations Forbidden Stories et Amnesty International ont eu accès à une liste, établie en 2016, de 50.000 numéros de téléphone que les clients de NSO avaient sélectionnés en vue d’une surveillance potentielle. Elle inclut les numéros d’au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains, ou encore 65 chefs d’entreprise… selon une analyse menée par 17 rédactions.

Sur cette liste, figure notamment le numéro d’un journaliste mexicain Cecilio Pineda Birto, abattu quelques semaines après son apparition sur ce document. Des correspondants étrangers de plusieurs grands médias, dont le Wall Street JournalCNNFrance 24Mediapart, El País, ou l’AFP en font aussi partie.

D’autres noms de personnalités figurant sur la liste seront divulgués dans les prochains jours par le consortium de médias qui ont mené l’enquête, dont font notamment partie Le Monde, The Guardian, et The Washington Post.

Leurs journalistes ont rencontré une partie des personnes visées et ont récupéré 67 téléphones, qui ont fait l’objet d’une expertise technique dans un laboratoire d’Amnesty International.

Elle a confirmé une infection ou une tentative d’infection par le logiciel espion de NSO Group pour 37 appareils, selon les compte-rendus publiés dimanche.

Deux des téléphones appartiennent à des femmes proches du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné en 2018 dans le consulat de son pays à Istanbul par un commando d’agents venus d’Arabie saoudite.

Pour les 30 autres, les résultats ne sont pas probants, souvent car les propriétaires des numéros ont changé de téléphone.

« Il y a une forte corrélation temporelle entre le moment où les numéros sont apparus sur la liste et leur mise sous surveillance », précise le Washington Post.

Cette analyse, qui met à mal la communication de la société, s’ajoute à une étude, menée en 2020, par le Citizen Lab de l’Université de Toronto, qui avait confirmé la présence du logiciel Pegasus dans les téléphones de dizaines d’employés de la chaîne Al-Jazeera du Qatar.

Par Le Point avec AFP

Inde: expulsion de deux employés de l’ambassade pakistanaise accusés d’espionnage

juin 1, 2020

 

Deux employés de l’ambassade du Pakistan ont été expulsés d’Inde lundi 1er juin, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la représentation diplomatique, après les accusations d’espionnage formulées par New Delhi et démenties par Islamabad.

Le gouvernement de Narendra Modi a annoncé dimanche soir avoir interpellé ces deux responsables et leur avoir intimé de quitter l’Inde dans les 24 heures «pour s’être livrés à des activités d’espionnage».

Les deux Pakistanais sont retournés dans leur pays lundi matin en passant par le poste-frontière de Wagah, au Penjab (nord de l’Inde), a annoncé à l’AFP le porte-parole de l’ambassade pakistanaise en Inde.

Islamabad a convoqué le chargé d’affaires indien au Pakistan pour lui signifier sa «condamnation» de cette expulsion. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères pakistanais a affirmé que les accusations d’espionnage sont «sans fondements» et a estimé que l’expulsion des deux employés constitue une «violation claire» de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques.

Selon la presse indienne, les deux employés de l’ambassade tentaient de se procurer des informations sur la sécurité nationale indienne en échange d’argent.

Par Le Figaro avec AFP

Julian Assange entendu par un juge espagnol comme victime présumée d’espionnage

décembre 20, 2019

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a été entendu ce vendredi par un juge espagnol à propos de sa plainte contre une compagnie de sécurité espagnole, qu’il accuse de l’avoir espionné pour le compte des Etats-Unis quand il était réfugié dans l’ambassade d’Equateur à Londres.

Le cybermilitant australien de 48 ans est détenu à Londres dans l’attente d’une audience en février sur sa possible extradition vers les États-Unis. Il encourt là-bas une peine allant jusqu’à 175 ans d’emprisonnement pour avoir publié des documents secrets américains sur le site de Wikileaks. Selon un communiqué de ses avocats, l’espionnage dont il aurait fait l’objet montre qu’il est d’autant plus nécessaire que «la justice britannique décide de refuser la remise (de Julian Assange) aux Etats-Unis, où il n’existe aucune garantie» pour lui.

Pour parler au juge d’instruction espagnol par vidéoconférence, il a été transféré de la prison de Belmarsh, dans le sud de Londres, à un tribunal de Westminster. Devant le bâtiment, des manifestants portant des masques à son effigie réclamaient sa libération.

Micros et caméras jusque dans les toilettes

Julian Assange assure avoir été victime pendant des années d’un système d’espionnage organisé par la société de sécurité Undercover Global (UC Global) de l’Espagnol David Morales. Le juge d’instruction de la haute cour espagnole cherche à savoir si Undercover Global Ltd, chargée par l’Equateur d’assurer la sécurité de son ambassade londonienne entre 2015 et 2018, a obtenu frauduleusement sur Assange des informations ensuite transmises aux Etats-Unis. Selon sa plainte, des micros et caméras étaient cachés jusque dans les toilettes pour femmes où l’Australien organisait beaucoup de réunions par souci de confidentialité.

Ses avocats affirment disposer «d’énormément de preuves», données de la compagnie et témoignages d’anciens employés. «La plainte qui fait l’objet d’une enquête en Espagne soutient que Julian Assange a été l’objet d’une ingérence massive (…) de la part des autorités nord-américaines», selon leur communiqué.

Accusé de viol

En 2010, Wikileaks avait publié plus de 700.000 documents confidentiels sur les activités militaires et diplomatiques américaines, évoquant notamment des violations des droits humains commis par les Etats-Unis, dont des assassinats passés sous silence de civils irakiens.

En 2012, Julian Assange s’était réfugié dans l’ambassade d’Equateur à Londres pour éviter son extradition vers la Suède où il était accusé de viol, des poursuites depuis abandonnées. Après sept ans, la police britannique l’en a délogé le 11 avril 2019, quand Quito a retiré sa protection. Il purge 50 semaines de prison pour avoir violé les conditions de sa liberté provisoire quand il s’était réfugié à l’ambassade.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Chypre: la police saisit un véhicule «espion» appartenant à un Israélien

novembre 16, 2019

 

La police chypriote a indiqué samedi avoir saisi un van appartenant à un ressortissant israélien équipé d’un système de surveillance sophistiqué et qui serait capable de pirater des moyens de télécommunications. La police a lancé une enquête après que le parti communiste Akel (opposition) a demandé au gouvernement ce qu’il comptait faire à la suite d’une vidéo diffusée en septembre par le magazine américain Forbes et devenue virale. La vidéo montre la présentation du véhicule par son propriétaire, un ancien officier des services de renseignement israéliens présenté comme Tal Dilian, qui dirigerait une entreprise basée à Chypre.

Le chef de la police chypriote Kypros Michaelides a déclaré à une radio locale que le ressortissant israélien avait «fourni quelques explications» mais qu’il serait interrogé davantage, ainsi que des ressortissants chypriotes. Les enquêteurs ont fouillé les locaux de l’entreprise dans la ville côtière de Larnaca (sud-est) et trouvé des preuves. «D’après une première inspection, le véhicule contenait un équipement électronique et a été confisqué, ainsi que d’autres preuves», selon la police qui a ajouté enquêter sur de possibles violations de la loi sur la protection de la vie privée.

D’après Forbes, l’équipement du véhicule d’une valeur de 9 millions de dollars peut contrôler des appareils électroniques dans un rayon de 500 mètres, pirater n’importe quel téléphone et écouter des conversations quel que soit le niveau de cryptage.

Par Le Figaro.fr avec AFP

WhatsApp poursuit en justice une entreprise israélienne d’espionnage numérique

octobre 30, 2019

 

L’application de messagerie accuse NSO d’avoir ciblé «100 défenseurs des droits humains, journalistes et autres membres de la société civile dans le monde

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L’application de messagerie Whatsapp accuse NSO d’avoir ciblé «100 défenseurs des droits humains, journalistes et autres membres de la société civile dans le mondeSTAN HONDA / AFP

WhatsApp a annoncé mardi 29 octobre avoir déposé plainte contre NSO group, une société israélienne à la réputation sulfureuse, spécialisée dans les logiciels d’espionnage et accusée d’aider des plusieurs gouvernements à épier des militants et des journalistes.

L’application de messagerie cryptée, rachetée en 2014 par Facebook, avait admis en mai avoir été infectée par un logiciel espion donnant accès au contenu des smartphones. En tout, 1.400 appareils ont été concernés dans différents pays dont le royaume de Bahreïn, les Emirats arabes unis et le Mexique.

Les pirates avaient exploité une faille de sécurité en insérant un logiciel malveillant dans des téléphones, simplement en appelant les usagers de l’application, utilisée par 1,5 milliard de personnes dans le monde. Ils avaient ainsi pu activer le micro et la caméra des appareils Apple ou Android ciblés pour écouter ou visualiser l’environnement des propriétaires à leur insu.

«Après des mois d’enquête, nous pouvons dire qui a mené cette attaque», a déclaré Will Cathcart, le patron de WhatsApp, dans un éditorial publié dans un quotidien américain. Il accuse alors NSO d’avoir ciblé une centaine personne dans le monde, dont des journalistes et des défenseurs des droits humains.

«Nous avons découvert que les attaquants avaient utilisé des serveurs et des hébergeurs internet dont les liens avec NSO ont déjà été établis dans le passé», explique-t-il. «Et nous avons pu relier certains comptes WhatsApp utilisés pendant cette opération malveillante à NSO. Leur attaque était ultra sophistiquée, mais ils n’ont pas entièrement réussi à effacer leurs traces.»

NSO, société basée à Herzliya, dans la «Silicon Valley» israélienne située au nord de Tel-Aviv, avait pourtant affirmé en mai que sa technologie était «commercialisée par l’intermédiaire de licences à des gouvernements dans le seul objectif de combattre la criminalité et le terrorisme».

Une «alerte» pour les Etats, les utilisateurs et les entreprises

Pour Will Cathcart, loin d’être une simple plainte, il s’agit aussi pour Whatsapp d’alerter les entreprises technologiques, mais aussi les gouvernements et les utilisateurs. «Les outils qui permettent d’espionner nos vies privées sont exploités à mauvais escient. Quand cette technologie se retrouve dans les mains d’entreprises et gouvernements irresponsables, elle nous met tous en danger», ajoute-t-il ainsi dans son éditorial.

Dans le viseur, Facebook, qui est sous le coup de plusieurs enquêtes aux Etats-Unis, notamment sur sa gestion des données personnelles et la protection de la vie privée. Le réseau social, qui possède aussi Instagram, est notamment très critiqué depuis un scandale de fuites de données et de tentative de manipulation d’électeurs à grande échelle en 2016, pendant les campagnes politiques aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

«Les démocraties sont fondées sur une presse et une société civile fortes et indépendantes. Fragiliser la sécurité des outils qu’elles utilisent les met en danger. Or nous voulons protéger nos informations personnelles et nos conversations privées», a poursuivi Will Cathcart dans son éditorial.

Facebook tente depuis de restaurer la confiance avec ses utilisateurs et les autorités, en luttant notamment contre la désinformation, les faux comptes, les opérations étrangères de propagande, et en protégeant mieux ses infrastructures numériques.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Une société espagnole soupçonnée d’avoir espionné Assange pour la CIA

septembre 27, 2019

 

Une société de sécurité espagnole, qui fait l’objet d’une enquête de la justice espagnole, aurait espionné Julian Assange au profit des Etats-Unis lorsqu’il vivait dans l’ambassade d’Equateur à Londres, affirme vendredi le quotidien El Pais.

Les employés de Undercover Global SL, chargée d’assurer la sécurité de l’ambassade équatorienne lorsque le fondateur de Wikileaks y était réfugié, transmettaient des rapports sur ses activités à la CIA, assure le journal. Un juge de l’Audience nationale, haut tribunal madrilène, enquête sur cette affaire, a-t-on appris auprès de l’un des avocats de Julian Assange. Contacté par l’AFP, le tribunal s’est en revanche refusé à tout commentaire.

«Il y a une enquête pénale ouverte à l’Audience nationale mais elle est secrète (…) et nous ne pouvons pas faire de déclarations sur le contenu de l’enquête au-delà de ce qui a filtré» dans la presse, a expliqué à l’AFP Aitor Martinez, qui représente le fondateur de Wikileaks. «La fuite vient probablement d’employés» d’Undercover Global, a-t-il ajouté. Selon El Pais, Undercover Global avait installé des micros dans les extincteurs de l’ambassade ainsi que dans les toilettes des femmes, où les avocats d’Assange se réunissaient par crainte d’être espionnés.

La société aurait également installé un système permettant aux Etats-Unis de suivre tous les enregistrements en direct. Selon El Pais, les Etats-Unis avaient ainsi été informés en décembre 2017 d’une réunion entre Assange et le chef des services secrets équatoriens pour organiser son transfert vers un autre pays grâce à un passeport diplomatique.

Les avocats de Julian Assange avaient déposé pour leur part fin avril une plainte contre un groupe d’Espagnols accusés d’avoir exercé un chantage sur l’activiste via des vidéos et documents obtenus pendant son séjour à l’ambassade. En 2012, l’Australien de 47 ans, qui faisait l’objet de poursuites en Suède pour viol – une affaire depuis classée – s’était réfugié dans l’ambassade d’Equateur à Londres pour éviter d’être extradé vers la Suède et vers les Etats-Unis, en raison de la publication de documents secrets américains par son site internet.

Après sept ans passés dans la représentation diplomatique équatorienne, Julian Assange en a été délogé par la police britannique le 11 avril, avec l’autorisation de Quito. Il a été condamné début mai par un tribunal londonien à 50 semaines de prison pour violation des conditions posées à sa liberté provisoire.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Enquête russe: Donald Trump crie au « Maccarthysme »

août 19, 2018

Donald Trump, le 17 août 2018, s’exprime devant la presse avant d’embarquer dans l’hélicoptère Marine One, à la Maison Blanche / © AFP/Archives / NICHOLAS KAMM

Donald Trump, en froid avec le monde de l’espionnage après avoir révoqué l’habilitation secret défense d’un ex-chef de la CIA, s’est emporté dimanche contre l’enquête russe, la qualifiant de « Maccarthysme de la PIRE espèce ».

« Etudiez feu Joseph McCarthy parce que nous sommes en ce moment dans une période avec Mueller et son gang qui fait passer Joseph McCarthy pour un débutant. Chasse aux Sorcières Truquée », a tweeté le locataire de la Maison Blanche.

Sa salve de messages matinaux ne cachant guère son irritation a été postée au lendemain d’une information du New York Times selon laquelle un avocat de la Maison Blanche, Don McGahn, a « largement coopéré » avec l’enquête menée par l’équipe du procureur spécial Robert Mueller sur les soupçons de collusion entre l’équipe de campagne du républicain et la Russie.

« Je l’ai autorisé ainsi que tous les autres à témoigner – Je n’avais pas à le faire », affirme M. Trump, qui avait déjà posté un message en ce sens la veille.

« Je n’ai rien à cacher et j’ai exigé la transparence pour que la Chasse aux Sorcières Truquée et Abominable puisse prendre fin », poursuit-il. « Maccarthysme de la PIRE espèce ».

– « Liste d’ennemis » –

Dans les années 50 en pleine guerre froide, les Etats-Unis, plongés dans une période de paranoïa que l’on désigna comme la « peur rouge », le sénateur républicain du Wisconsin Joseph McCarthy lança une campagne visant toute personne soupçonnée d’être communiste ou d’éprouver des sympathies pour le régime embrassé par Moscou, la « chasse aux sorcières ».

La comparaison au McCarthysme était d’actualité ce dimanche outre-Atlantique, utilisée également pour condamner le retrait par Donald Trump de l’habilitation secret défense de l’ancien directeur de la CIA John Brennan et ses menaces de la retirer à d’autres anciens haut responsables.

Mike Mullen, un ancien chef d’état-major américain, a confié à la chaîne Fox News que cette pratique lui rappelait notamment « l’ère McCarthy quand l’administration commença à dresser des listes d’individus qui n’étaient pas en accord avec eux ».

« Historiquement, cela s’est bien évidemment révélé très problématique pour le pays », a-t-il poursuivi, renvoyant à la « liste d’ennemis sous le président Nixon », en référence à une pratique controversée de ce président républicain révélée par le scandale du Watergate.

La décision de M. Trump cette semaine de révoquer l’habilitation de John Brennan, dernier patron de la CIA sous le président Obama, a créé un véritable tollé. D’anciens patrons de l’agence de renseignement ainsi qu’une demi-douzaine d’espions de haut rang l’ont dénoncée dans une lettre ouverte et la polémique était encore vive dimanche.

« Notre inquiétude est maintenant que l’habilitation secret défense soit utilisée comme un instrument politique pour s’en prendre aux personnes qui ne sont pas d’accord avec le président », a noté Leon Panetta, un autre ex-patron de la CIA.

John Brennan, ancien directeur de la CIA, le 23 mai 2017, auditionné par le Congrès à Washington / © AFP/Archives / SAUL LOEB

« Le président exercice certainement » le droit à la liberté d’expression, a ajouté M. Panetta, qui a aussi été ministre de la Défense de Barack Obama. « Et je pense que nous avons tous le droit de l’exercer ».

M. Brennan a pour sa part appelé le parti républicain, qui contrôle le Congrès, à empêcher davantage d’anciens responsables du renseignement de voir leur habilitation remise en cause par Donald Trump. « Il est temps pour les membres du Congrès de se réveiller », a-t-il estimé sur NBC.

« J’ai qualifié son comportement de trahison et je m’y tiens », a-t-il ajouté. M. Brennan avait formulé cette accusation pour la première fois après la conférence de presse de Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine à l’issue de leur sommet d’Helsinki, marquée par la posture conciliante du président américain vis-à-vis du maître du Kremlin.

– Prudence des républicains –

Mais du côté des élus républicains, la prudence était de mise sur la question des révocations d’habilitations secret-défense.

« Je ne veux pas que ça devienne une routine. Je ne veux pas voir ça être politisé », a réagi le sénateur Ron Johnson, chef de la commission du Sénat sur la Sécurité intérieure, estimant que rien ne montrait que ces responsables aient utilisé à mauvais escient leurs habilitations.

Mais l’élu républicain a également estimé que M. Brennan avait « dépassé les bornes » en allant à la télévision pour accuser le président de « trahison ».

Au sein de l’administration, l’heure est aux attaques contre M. Brennan.

La décision de lui retirer son habilitation était « certainement appropriée », a déclaré le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche John Bolton sur ABC. Il est « totalement dérangé », a affirmé l’avocat de Donald Trump Rudy Giuliani sur NBC.

Romandie.com avec(©AFP / (19 août 2018 18h27)

L’arrestation d’une Russe aux USA vise à « minimiser l’effet positif » du sommet Trump-Poutine (Moscou)

juillet 18, 2018

Moscou – L’arrestation aux Etats-Unis de Maria Boutina, une Russe accusée d’avoir tenté d’influencer en secret des organisations politiques américaines au profit de la Russie, vise à « minimiser l’effet positif » du sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine, a affirmé mercredi la diplomatie russe.

« Cela s’est produit avec l’objectif clair de minimiser l’effet positif » du sommet entre les deux dirigeants qui s’est tenu lundi à Helsinki, a affirmé lors d’une conférence de presse la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

« Cela donne l’impression que quelqu’un, avec sa montre et sa calculatrice, a calculé non seulement la date, mais aussi l’horaire, pour que cette histoire gonfle au maximum », a-t-elle ajouté, estimant qu' »il semble que le FBI obéit ouvertement à un ordre politique ».

Âgée de 29 ans, Maria Boutina a été arrêtée dimanche aux Etats-Unis pour avoir agi « en tant qu’agente d’un responsable d’un gouvernement étranger ». Elle a comparu lundi devant un tribunal de Washington

L’annonce de son arrestation est intervenue quelques heures après le sommet entre Vladimir Poutine et Donald Trump, pendant lequel M. Trump a semblé exonérer son homologue russe des accusations de la justice américaine sur l’ingérence de Moscou dans la présidentielle de 2016.

Selon l’acte d’accusation, Mme Boutina est accusée d’avoir « infiltré des organisations » politiques « en vue de promouvoir les intérêts de la Fédération de Russie », selon l’acte d’accusation qui fait référence à une « organisation militant pour le droit au port d’arme ».

La jeune femme n’aurait pas révélé officiellement, comme le requiert la loi, qu’elle travaillait pour le gouvernement russe.

La Russie a accueilli la nouvelle de cette arrestation avec « inquiétude », a déclaré Maria Zakharova en ajoutant que « ces reproches envers notre compatriotes sont tirés par les cheveux, ils sont étranges »,

La Russie « prend toutes les mesures possibles pour protéger les droits de cette citoyenne russe », a ajouté la porte-parole, indiquant que « l’ambassade de Russie à Washington insiste pour une rencontre consulaire avec Maria Boutina », a-t-elle ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 18 juillet 2018 13h35)                                                        

Espionnage: quand un antivirus devient l’œil de Moscou

octobre 12, 2017

Après l’espionne Anna Chapman, les services de renseignement russes auraient recours à un antivirus pour surveiller leurs « collègues » américains / © AFP / EMMANUEL DUNAND

Après la séduction et les satellites, la Russie aurait ajouté un outil à son arsenal d’espionnage et l’oeil de Moscou serait désormais à l’intérieur même des ordinateurs américains grâce à l’antivirus très populaire Kaspersky.

– Un logiciel modifié

Le logiciel antivirus de la société informatique russe Kaspersky Lab, qui équipe quelque 400 millions d’ordinateurs dans le monde, scanne tous les documents contenus dans un ordinateur pour détecter et bloquer les programmes malveillants. Il aurait été modifié par les services de renseignement russes pour rechercher des documents spécifiques grâce à des mots-clés, comme « top secret », ou des noms de code des programmes de surveillance des Etats-Unis, selon les médias américains.

La société russe a affirmé qu’il n’y avait aucune preuve d’une éventuelle collusion avec les services de renseignement russes, disant se retrouver « au centre d’un conflit géopolitique » entre Washington et Moscou. Une enquête interne a été ouverte sur ces allégations. Mais selon des responsables américains interrogés par le Wall Street Journal, la modification du logiciel n’a pu se faire que si la société était au courant.

Son fondateur Eugene Kaspersky a reconnu qu' »une ou deux personnes » travaillant pour le gouvernement russe avaient pu infiltrer son entreprise, qui réalise 85% de ses ventes à l’export.

– L’espion sous surveillance

Selon le New York Times, les services secrets israéliens s’étaient introduits dans les réseaux de Kaspersky début 2014 pour surveiller les négociations nucléaires entre l’Iran et les grandes puissances. Ils ont découvert que les Russes s’étaient aux-mêmes introduits dans des systèmes informatiques grâce à l’antivirus. Les Israéliens ont prévenu leurs collègues américains de l’intrusion, et l’administration Trump a ordonné en septembre que les programmes Kaspersky soient désinstallés de tous les ordinateurs gouvernementaux.

C’est en utilisant cet antivirus comme un cheval de Troie que des pirates informatiques russes ont pu mettre la main sur des documents de la NSA –l’agence de surveillance électronique américaine– déjà victime du vol de nombreux documents par Edward Snowden en 2013. Selon le NYT, les Russes ont volé en 2015 des documents classifiés qu’un employé d’une société sous-traitante de la NSA avait déposés sur son ordinateur personnel.

Un responsable américain, sous le sceau de l’anonymat, a expliqué au WSJ que les Etats-Unis ont alors commencé à rassembler des éléments de preuves contre le logiciel. De faux documents estampillés « secret » étaient par exemple enregistrés sur un ordinateur sous surveillance. L’enquête aurait donc porté ses fruits puisque l’antivirus Kaspersky n’équipe plus les ordinateurs du gouvernement.

– Tensions diplomatiques

Les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Russie sont très tendues depuis plusieurs mois.

Le Congrès ainsi que le justice américaine enquêtent sur une possible ingérence russe dans la campagne électorale de l’an dernier, qui avait abouti à l’élection de Donald Trump. Ils cherchent notamment à savoir si les réseaux sociaux et moteurs de recherche ont pu servir de plateforme à de la manipulation politique et à identifier d’éventuels relais russes aux Etats-Unis, potentiellement au sein de l’équipe de campagne de Donald Trump. Le Kremlin a nié à plusieurs reprises avoir tenté de s’immiscer dans ce processus électoral.

Par ailleurs, les Etats-Unis ont ordonné à la Russie de fermer son consulat à San Francisco et ses missions commerciales à Washington et New York, en riposte à la réduction de 755 diplomates et employés, russes ou américains en poste en Russie, ordonnée fin juillet par le président Vladimir Poutine. Cette mesure avait elle-même été prise en représailles à de nouvelles sanctions économiques de Washington dans le cadre du conflit ukrainien.

Romandie.com avec(©AFP / 12 octobre 2017 18h35)