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Face au coronavirus, le Burkina tenté par la chloroquine

mars 29, 2020

Une femme porte un masque pour se protéger du coronavirus à l'extérieur d'un supermarché, à Soweto, en Afrique du Sud, le 26 mars 2020 (photo d'illustration).

Une femme porte un masque pour se protéger du coronavirus à l’extérieur d’un supermarché, à Soweto, en Afrique du Sud, le 26 mars 2020 (photo d’illustration). © Themba Hadebe/AP/Sipa

 

Face à la propagation du Covid-19, qui a déjà affecté plus de 200 personnes au Burkina Faso, les autorités ont décidé de recourir à la chloroquine pour le traitement des patients. Deux essais cliniques seront menés concomitamment par des chercheurs burkinabè et béninois.

Alors que le conseil des ministres s’est tenu jeudi par visioconférence, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a décidé de durcir les mesures de protection contre la pandémie de Covid-19 qui a contaminé 207 personnes dans le pays au 28 mars. Il a ainsi déclaré l’état d’alerte sanitaire et décidé de mettre les villes touchées en quarantaine pour deux semaines à compter du vendredi 27 mars.

Cette mesure concerne principalement Ouagadougou, qui concentre la majorité des personnes atteintes. Bobo-Dioulasso, la capitale économique, et les localités de Dédougou, Banfora, Manga, Boromo, Houndé et Zorgho sont également visées par cette mesure.

Bientôt des essais cliniques

Comme le Maroc ou le Sénégal, qui prônent l’usage de la chloroquine, les autorités annoncent  deux essais cliniques de ce médicament sur des personnes atteintes du Covid-19. Joint au téléphone par Jeune Afrique, Roger Nebié, le directeur général du Centre national de recherche scientifique et technologique (CNRST), affirme toutefois qu’il va falloir patienter pour avoir les premiers résultats. « Les protocoles des essais sont terminés et doivent être validés par la commission éthique du ministère de la Santé. Ce n’est qu’après que nous démarrerons à proprement parler les essais cliniques », explique-t-il. Une formalité avant de pouvoir lancer l’essai.

Selon le Pr Alkassoum Maïga, ministre de la Recherche scientifique, le premier essai, dénommé Chloraz, est dirigé par le Dr Halidou Tinto, directeur de recherche à l’Unité de recherche clinique de Nanoro. Le processus est mené en collaboration avec le Centre Muraz de Bobo-Dioulasso et les centres hospitaliers universitaires de Tingandogo à Ouagadougou et Sourou-Sanon à Bobo-Dioulasso, les deux principaux foyers de l’infection du pays. « L’essai vise à évaluer l’efficacité et la sécurité de l’utilisation de la chloroquine et de la combinaison chloroquine-azithromycine dans le traitement de l’infection au Covid-19 au Burkina », a détaillé le ministre.

En parallèle, le Burkina coopère avec le Bénin voisin, qui a lui aussi autorisé l’usage de la chloroquine à des fins thérapeutiques. « Les deux pays conduisent un essai clinique international dénommé Api-Covid-19, qui vise à évaluer l’efficacité clinique et virologique d’un médicament à base de plantes nommé Apivirine chez les patients atteints de Covid-19 », a précisé le Pr Maïga. Cette étude est coordonnée par une équipe de l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS), dirigée par le Dr Sylvain Ouedraogo, directeur de recherche en pharmacologie.

Avec Jeuneafrique par Nadoun Coulibaly

Ebola: les essais de l’antiviral japonais, un « espoir », étendus en Guinée

février 7, 2015

Ebola: les essais de l'antiviral japonais, un 'espoir', étendus en Guinée
Ebola: les essais de l’antiviral japonais, un « espoir », étendus en Guinée © AFP

Les essais cliniques en Guinée d’un antiviral japonais qui a donné des indices d’efficacité contre le virus Ebola ont été étendus à d’autres centres dans le pays, a annoncé samedi le coordinateur national de la lutte contre Ebola, le Dr Sakoba Keïta.

« Il a été décidé d’étendre l’administration de cette molécule à d’autres sites de traitement. Nous avons commencé par Gueckédou, nous l?avons étendu au jour d’aujourd?hui à la préfecture de N’Zérékoré (sud, NDLR) et il y a trois jours que nous avons commencé à Coyah », à l’est de la capitale, a déclaré le Dr Keïta.

« Nous avions annoncé au début de cette maladie qu’il n’y avait pas de vaccin, qu?il n?y avait pas de médicament contre Ebola, mais grâce aux recherches, nous avons un médicament qui nous ouvre les portes de l?espoir », s’est-il félicité, soulignant qu’il ne serait utilisé ni dans les hôpitaux ni les pharmacies.

Le Dr Keïta s’exprimait lors d’une conférence de presse conjointe à Conakry avec le coordinateur français de la lutte contre Ebola, le Pr Jean-François Delfraissy, et le président de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) Yves Lévy, venus présenter aux autorités guinéennes les premiers résultats de ces essais supervisés par l’Inserm.

Selon M. Lévy, « ça ne peut pas être un médicament qui soit distribué largement parce que ce premier résultat est un espoir, mais un espoir très fragile, il faut donc surveiller, accompagner le médicament qu?on donnera aux patients pour avoir plus de données dans les mois qui viennent sur sa tolérance, son efficacité réelle ».

Il a expliqué cette visite par le fait que « les comités indépendants des experts de l?essai qui ont regardé les résultats au fur et à mesure nous ont dit qu’il y avait là un signal, un premier signe d?une efficacité probable de ce médicament », le favipiravir (Avigan) produit par une filiale de Fujifilm.

Le Pr Delfraissy a pour sa part insisté sur la nécessité de « savoir innover » face à une épidémie en reflux, mais qui persiste dans des zones ou au sein de populations difficilement accessibles.

« C’est ce que fait la cellule de coordination nationale que nous allons accompagner avec les différentes équipes sur le terrain en allant chercher les malades, les ramener vers les centres de traitement parce qu’il y a des poches de résistance », a-t-il souligné.

Jeuneafrique.com avec AFP