Posts Tagged ‘État de siège’

Des élus en colère en RDC: le nombre de morts a doublé en un an d’état de siège

avril 29, 2022
Des elus en colere en RDC: le nombre de morts a double en un an d'etat de siege
Des élus en colère en RDC: le nombre de morts a doublé en un an d’état de siège© AFP/Archives/ALEXIS HUGUET

Des élus sont en colère et la mesure fait de plus en plus débat. Au cours de l’année écoulée, selon des experts, plus de 2.500 civils ont été tués dans deux provinces de l’est de la République démocratique du Congo placées sous état de siège, près du double des tueries enregistrées un an avant.

Entre avril 2020 et mai 2021, 1.374 civils avaient été tués dans des attaques attribuées principalement aux groupes armés Forces démocratiques alliées (ADF) et Coopérative pour le développement du Congo (Codeco), actifs dans le Nord-Kivu et en Ituri, indique Reagan Miviri, du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST).

De mai 2021 à avril 2022, au moins 2.563 civils sont morts dans les deux provinces, selon le KST, un groupe de chercheurs présents dans les zones de conflit de l’est de la RDC.

Le Nord-Kivu et l’Ituri sont placés sous état de siège depuis le 6 mai dernier, une mesure qui a donné les pleins pouvoirs aux officiers de l’armée et de la police pour gérer l’administration et mener la guerre contre la centaine de groupes armés qui sévissent dans l’est congolais depuis plus d’un quart de siècle.

Pour le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, l’état de siège et les opérations de l’armée ont permis de « réduire la zone d’action des forces négatives ». Par conséquent, a-t-il déclaré mardi à RFI, les autorités envisagent « une requalification de la zone (où la mesure sera maintenue), étant donné que les exactions se font dans des zones précises ».

Sous ce régime, l’armée a multiplié les offensives contre des fiefs des groupes armés: environ 600 affrontements répertoriés entre mai 2021 et avril 2022, après quelque 400 entre avril 2020 et mai 2021, selon des statistiques du KST.

« Les rebelles ADF ont été chassés de nombreux bastions où s’organisaient des entraînements, l’endoctrinement et des attaques contre des positions de l’armée et des civils », note le capitaine Anthony Mualushayi, porte-parole de l’armée dans la région de Beni (Nord-Kivu).

Fin novembre, l’armée ougandaise est entrée en RDC pour participer à la traque des ADF, présentés par l’organisation Etat islamique (EI) comme sa branche en Afrique centrale, accusés de massacres en RDC depuis les années 90 et de récents attentats jihadistes sur le sol ougandais.

Problème d’effectifs

Mais cet optimisme n’est pas partagé par tout le monde. « Au lieu de contenir les violences, les frappes des armées congolaise et ougandaise ont eu comme effet l’élargissement du périmètre d’action des ADF, qui part désormais de la frontière ougandaise jusqu’à l’ouest de la route nationale 4 », analyse M. Miviri du KST.

En plus de la région de Beni, leur zone habituelle d’exactions, les ADF ont massacré des civils dans les territoires de Djugu et Irumu en Ituri.

Des miliciens Codeco se sont quant à eux attaqués à de nombreux déplacés et à des humanitaires. Et les rebelles du M23 (Mouvement du 23 mars), défaits en 2013, ont relancé les hostilités contre l’armée au Nord-Kivu.

« Cela fait trois mois que les frappes des armées ougandaise (UPDF) et congolaise (FARDC) contre les positions des ADF ont cessé », s’étonne auprès de l’AFP Jules Masumbuko, un habitant de Beni.

Profitant des trêves, les groupes armés « se réorganisent et reprennent des espaces perdus, parce qu’il se pose un problème d’effectifs au sein de l’armée congolaise », estime M. Miviri, bien que l’armée ait toujours affirmé avoir déployé plus de 20.000 hommes dans ces zones déstabilisées de l’est.

Les militaires sont également accusés d’abuser de leurs pouvoirs en faisant taire toutes les voix discordantes. Pendant la période, 13 militants pro-démocratie et deux chanteurs ont été condamnés par des tribunaux militaires à de lourdes peines pour avoir été contre l’état de siège, alors qu’au moins un élu a passé plusieurs jours en détention.

Face à ce tableau, cinq élus du Nord-Kivu et de l’Ituri ont soumis à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à mettre fin à l’état de siège.

Pour marquer clairement leur opposition aux reconductions répétitives de cette mesure par l’Assemblée, les élus des deux provinces boycottent les séances au cours desquelles cette prolongation est examinée.

Pour eux, « la mutualisation des forces et des moyens militaires des FARDC et de l’UPDF démontre que l’état de siège ne se justifie plus », explique en colère Thadée Katembo, un élu de Lubero au Nord-Kivu.

« Il n’est pas nécessaire qu’on garde les militaires à la tête de nos provinces, avec ce résultat mitigé au bout d’une année », tempête de son côté le député Grégoire Kiro, un élu de Beni, reprochant aux chefs militaires de privilégier la collecte des impôts et taxes au détriment des questions de sécurité.

Par Le Point avec AFP

Ukraine: Nouveaux bombardements russes sur Kiev, une ville « en état de siège »

mars 14, 2022
Un homme âgé au visage ensenglanté marche dans des débris aidé par trois personnes.

Les secours aident un homme blessé dans le bombardement d’un immeuble résidentiel à Kiev, le 14 mars 2022. Photo: Reuters/Gleb Garanich

Les forces militaires russes ont poursuivi lundi leur campagne punitive pour capturer Kiev avec des combats et des tirs d’artillerie dans la banlieue, après qu’une frappe aérienne sur une base militaire près de la frontière polonaise ait dangereusement rapproché la guerre des portes de l’OTAN.

Des alertes de raid aérien ont retenti dans les villes et villages de tout le pays pendant la nuit, de la frontière russe à l’est jusqu’aux montagnes des Carpates à l’ouest.

Les combats se poursuivaient aussi en périphérie de Kiev. Des responsables ukrainiens ont indiqué que les forces russes avaient bombardé plusieurs banlieues de la capitale, une cible politique et stratégique majeure pour leur invasion.

Un conseiller municipal de Brovary, banlieue à l’est de Kiev, a été tué dans des combats, ont indiqué des responsables. Des obus sont également tombés sur les banlieues d’Irpin, de Boutcha et de Hostomel, qui ont connu certains des pires combats de la tentative pour le moment infructueuse de la Russie de prendre la capitale, ont déclaré des responsables locaux.Le corps d'un homme gît dans des décombres.

Kiev, la capitale ukrainienne, continue d’être bombardée par les troupes russes, le 14 mars 2022. Photo: Reuters/Mikhail Palinchak

Lundi, une frappe contre un immeuble résidentiel a fait au moins deux morts et 12 blessés, ont indiqué les secours ukrainiens.

Sur leur compte Telegram, les services d’urgence ukrainiens ont indiqué qu’un bâtiment de huit étages du quartier d’Oblon, dans le nord, avait été touché à l’aube vraisemblablement par un tir d’artillerie, causant un incendie qui a depuis été maîtrisé par les pompiers.

L’usine d’aérospatiale Antonov située dans la capitale a elle aussi été la cible de tirs russes, selon le gouvernement municipal. Des fragments de missile sont tombés sur la route dans le district de Kourenivka, faisant un mort et six blessés, a précisé la mairie.

L’usine Antonov est la plus grande usine de fabrication d’avions d’Ukraine et est surtout connue pour produire bon nombre des plus gros avions-cargos du monde.

Kiev « en état de siège »

Deux pompiers marchent sur une échelle posée sur le rebord d'une fenêtre d'un immeuble calciné.

Des pompiers participent à l’évacuation d’un immeuble visé par un missile russe, à Kiev, le 14 mars 2022. Photo : AFP via Getty Images/Aris Messinis

La capitale est désormais une ville en état de siègeselon les mots d’un conseiller du président ukrainien. Les évacuations doivent se poursuivre lundi dans la région.

Panne à Tchernobyl

À Tchernobyl, à quelques 130 kilomètres au nord de Kiev, les craintes concernant la sécurité de l’ancienne centrale nucléaire continuent s’accumuler. La centrale serait de nouveau coupée du réseau électrique, selon le régulateur.

Les autorités ukrainiennes avaient pourtant indiqué la veille avoir rétabli l’alimentation électrique de l’ancienne centrale, qui a toujours besoin d’énergie pour assurer la sécurité des assemblages combustibles stockés sur place.

Aussi, le personnel qui gère les complexes de déchets radioactifs a arrêté de procéder aux réparations de sécurité en raison de l’épuisement, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AEIA), qui en a été informée par les autorités ukrainiennes.

Le personnel à (Tchernobyl) ne procède plus aux réparations et à la maintenance de l’équipement lié à la sécurité, en partie du fait de leur fatigue physique et psychologique après avoir travaillé sans arrêt depuis trois semaines, a confirmé l’agence, sans plus de détails.

Il semble que le personnel en question n’a pas été relevé depuis que les troupes russes ont pris le contrôle de la centrale.

Dans leur plus récent bilan diffusé lundi, les Nations unies ont confirmé qu’au moins 636 civils avaient été tués en Ukraine, incluant 46 enfants, depuis le début de l’offensive russe. Le bilan réel est vraisemblablement beaucoup plus lourd, a toutefois averti le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. En fait, à Marioupol seulement, les autorités ukrainiennes estiment qu’au moins 2187 civils ont perdu la vie.

Un missile à sous-munition lancé sur Donetsk?

Les séparatistes prorusses de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, ont affirmé lundi qu’un missile ukrainien avait causé la mort d’au moins 23 personnes, dont des enfants, et fait 18 blessés dans le centre de cette grande ville industrielle, habituellement épargné par les combats.

Sur son compte Telegram, la défense territoriale de Donetsk a publié des photos montrant plusieurs corps ensanglantés gisant dans une rue, au milieu de débris. Un minibus aux vitres brisées est également visible.Une femme étendue dans une rue jonchée de débris.

Le corps d’une femme tuées par la frappe au centre-ville de Donetsk, le 14 mars 2022. Photo : Reuters

Selon la défense territoriale de Donetsk, les défenses antiaériennes des séparatistes ont intercepté un missile ukrainien Totchka dont les débris ont ensuite fauché les victimes.

Le chef des séparatistes de Donetsk, Denis Pouchiline, a affirmé à la télévision russe qu’il s’agissait d’un missile contenant des sous-munitions, interdites par plus d’une centaine de pays dans le monde, mais pas par la Russie ni l’Ukraine.

Les autorités russes ont accusé Kiev de crime de guerre. Or, l’armée ukrainienne a fermement démenti avoir tiré un missile contre Donetsk. Il s’agit définitivement d’un missile russe ou d’un autre type de munition, a déclaré le porte-parole Leonid Matioukine lors d’un point-presse.

Défendre l’OTAN contre toute attaque, même accidentelle

Par ailleurs, une attaque menée dans la nuit de samedi à dimanche contre la base militaire de Yavoriv, à seulement une vingtaine de kilomètres de la Pologne, pays membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN et de l’Union européenneUE, continue de faire réagir lundi. Ce raid a fait 35 morts.Un homme au visage ensanglanté.

Un soldat blessé attend une ambulance à la base militaire de Yavoriv, le 13 mars 2022. Photo : Reuters/Kai Pfaffenbach

Le conseiller national pour la sécurité des États-Unis, Jake Sullivan, a prévenu dimanche que l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN répondra avec toute sa force à toute attaque sur son territoire, même si celle-ci est accidentelle.

À l’émission Face the Nation, il a affirmé que le président Joe Biden a été clair sur le fait que les États-Unis travailleront avec leurs alliés pour défendre chaque pouce du territoire de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN, et ça veut dire chaque pouce.

C’est notamment à cette base qu’arrive une partie de l’aide militaire livrée par les pays occidentaux à l’Ukraine depuis son invasion par la Russie, le 24 février. Moscou a déjà prévenu que ces convois d’aides militaires sont considérés comme des cibles légitimes.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et Associated Press

Réactions mitigées quant à l’état de siège dans l’Est de la RDC

mai 8, 2021

Avec AfricaNews