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Le président palestinien accepte la démission du Premier ministre

avril 13, 2013

Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a présenté samedi soir sa démission au président Mahmoud Abbas, qui l’a acceptée, a-t-on appris de sources officielles palestiniennes à Ramallah (Cisjordanie). Un sérieux désaccord opposait les deux hommes.

Le différend entre Mahmoud Abbas et Salam Fayyad porte sur la démission le 2 mars du ministre des Finances Nabil Qassis, acceptée par le Premier ministre mais refusée par le président.

Le Hamas dans la bande de Gaza a attribué la démission du Premier ministre à des « divergences internes au Fatah » de M. Abbas. Ce dernier a accepté la démission de Salam Fayyad et l’a chargé de rester à la tête du gouvernement sortant en attendant la formation du nouveau cabinet.

« Fayyad quitte le gouvernement après avoir criblé notre peuple de dettes, et le Fatah doit en assumer la responsabilité parce que c’est lui qui l’a imposé (Fayyad) depuis le début », a déclaré à l’AFP Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas à Gaza.

« Cet événement (démission) n’est pas lié au dossier de la réconciliation palestinienne », a ajouté le porte-parole. Il a réaffirmé que le Hamas est prêt à appliquer l’accord de réconciliation avec le Fatah.

Accord de réconciliation

Le Fatah et le Hamas ont signé le 27 avril 2011 au Caire un accord de réconciliation. Mais la plupart des clauses sont restées lettre morte et les échéances constamment repoussées.

Les gouvernements occidentaux ont affiché un constant soutien à Salam Fayyad depuis son entrée en fonction en 2007. Ils le considèrent comme le véritable artisan des efforts visant à créer un Etat palestinien.

Romandie.com

Palestine : coup de patte français, sérénité américaine

septembre 22, 2011

Malgré des désaccords sur la méthode, Obama et Sarkozy sont prêts à avancer ensemble sur la Palestine.

Le moins que l’on puisse dire est que le président Nicolas Sarkozy n’a pas mâché ses mots mercredi, pour dénoncer la «méthode» employée depuis 20 longues années sous la supervision de Washington pour tenter de résoudre le conflit israélo-palestinien. «Il faut arrêter de croire qu’un seul pays fusse-t-il le plus grand, ou qu’un petit groupe de pays peuvent résoudre un problème d’une telle complexité», a-t-il lancé sans ambages, une formule qui ressemblait fort à une pierre posée dans le jardin de l’Amérique. Face à une Assemblée générale qui a applaudi son discours avec beaucoup plus de force que celui du président Obama, le dirigeant français a aussi souligné les dangers qu’un veto américain au Conseil de sécurité pourrait avoir sur la rue palestinienne et arabe, si le président Mahmoud Abbas rentrait à Ramallah avec cette seule réponse à sa demande de reconnaissance dans ses bagages. C’est la crainte d’un embrasement qui a d’ailleurs poussé Nicolas Sarkozy à proposer d’offrir «une solution intermédiaire», c’est à dire un statut d’Etat observateur pour la Palestine.

Mais ce qui frappait mercredi, c’est que les Américains n’ont nullement semblé s’offusquer de ce coup diplomatique français, ou s’ils en ont pris quelque ombrage, ils se sont bien gardés d’en faire état publiquement. Dans ses remarques à la presse après sa rencontre avec Sarkozy, Obama a au contraire vanté le leadership français pendant la crise libyenne et la bonne coopération entre les deux pays, tandis que Sarkozy faisait assaut de compliments envers son hôte, vantant son courage et son absence d’arrogance.

Un discours «robuste»
Lors du briefing organisé mercredi soir par la Maison Blanche à l’hôtel Waldorf Astoria, le conseiller d’Obama pour les communications stratégiques Ben Rhodes a de son côté loué les «idées constructives» de Nicolas Sarkozy, soulignant que le président Obama et son homologue français partageaient «le même sens de l’urgence» sur la nécessité d’une reprise de la négociation et entendaient coopérer étroitement dans les jours à venir, pour tenter de sortir de l’impasse. «Le président Sarkozy est un leader qui donne son avis très franchement, cela indique son désir d’être un catalyseur», a dit Rhodes, parlant d’un discours «robuste». Mais le conseiller d’Obama n’a nullement semblé estimer que le désir des Français d’élargir le groupe de pays associés à la résolution du conflit bafouait leur propre méthode, rappelant au contraire que les Etats-Unis n’avaient cessé d’agir en ce sens, notamment à travers le Quartette. Rompant avec le scepticisme traditionnel des Américains pour les grandes conférences internationales sur le Moyen Orient, il a même été jusqu’à préciser que l’administration accueillerait positivement la conférence des pays donateurs que la France a proposé d’organiser à l’automne dans le cadre de son initiative. Rhodes a toutefois réïtéré clairement l’opposition du président Obama à un processus de reconnaissance unilatérale à l’ONU, seul point réel sur lequel la divergence avec la France est forte.

Ce ton consensuel était inhabituel pour une Amérique qui a parfois du mal à partager le leadership. Mais depuis le succès de l’affaire libyenne et de la Côte d’Ivoire, la Maison Blanche, toute entière absorbée par ses problèmes intérieurs et son credo de «reconstruction de la nation américaine» semble penser qu’un partage des tâches sur les dossiers n’est pas la plus mauvaise des solutions. Ben Rhodes a d’ailleurs souligné à plusieurs reprises que la position française n’avait pas été une vraie surprise car ces idées n’avaient cessé d’être discutées entre alliés ces derniers mois, au cours de consultations étroites permanentes. Une manière, peut-être, de diluer l’initiative Sarkozy.

Selon des sources proches de l’Elysée, malgré la « nuance tactique» l’opposant à la France sur la question de l’ONU, le président Obama n’est finalement peut-être pas si mécontent de voir les Européens prendre l’initiative. En tentant de faire «bouger les lignes», le plan Sarkozy offre en effet un possible ballon d’oxygène permettant d’espérer utiliser le temps bureaucratique qui séparera le dépôt de la requête d’Abbas au Conseil de sécurité du moment où elle sera examinée, pour relancer des négociations directes. Il permet aussi à l’Amérique de s’en tenir de son côté à sa menace de veto. Un geste crucial pour Obama, alors qu’il s’efforce de convaincre son électorat en plein doute, qu’il reste l’ami indéfectible d’Israël. Alors qu’il est tout entier fixé sur les enjeux électoraux de 2012, le président américain ne paraît pas trop inquiet de laisser son «ami Nicolas» prendre la lumière.

Lefigaro.fr par Laure Mandeville