Posts Tagged ‘Etats-Unis’

La Chine va taxer 75 milliards de dollars de produits américains

août 24, 2019

CHINA-COLOMBIA-DIPLOMACY

Le président chinois Xi Jinping à réagi aux nouvelles taxes douanières du président américain Donald Trump ce vendredi 23 août. WANG ZHAO / AFP

Pékin riposte aux taxes douanières américaines sur les produits d’importation chinois décidées par Donald Trump.

La Chine a annoncé ce vendredi son intention de relever les droits de douane à l’importation sur environ 75 milliards de dollars (68 milliards d’euros) de produits américains, amorçant une nouvelle escalade dans le conflit commercial entre les deux premières économies du monde.

Le ministère du Commerce chinois a déclaré dans un communiqué qu’il imposerait des droits de douane supplémentaires de 5% ou 10% sur un total de 5078 produits provenant des États-Unis, parmi lesquels des produits agricoles, le pétrole brut, les petits avions et les voitures.

Les droits sur certains produits prendront effet dès le 1er septembre, les autres le 15 décembre. Des mesures qui répondent aux taxes américaines : alors que 250 milliards de dollars de bien chinois sont déjà taxés à 25%, 112 autres milliards le seront à 10% le 1er septembre, et encore 160 milliards le 15 décembre.

La Chine n’en est pas à ses premières mesures de riposte : le pays a cessé d’acheter des produits agricoles américains depuis le 3 août, ciblant ainsi les agriculteurs, et donc un électorat important pour Donald Trump à l’approche de la nouvelle campagne présidentielle. Pékin applique également depuis le 1er juin des droits de douane plus élevés sur 5400 produits américains.

Marchés en baisse

La plupart des grands marchés boursiers européens reculaient en début d’après-midi après l’annonce chinoise. Vers 12h35 GMT, l’indice large européen Stoxx 600, qui était orienté à la hausse à mi-séance, abandonne 0,31%. A Paris, le CAC 40 cède 0,51% et à Francfort, le Dax recule de 0,65%.

L’indice Stoxx du secteur automobile, l’un des plus exposés aux tensions commerciales internationales, perd 1,68% et celui des matières premières 1,12%.

La décision chinoise se traduit aussi par une baisse des rendements obligataires, les investisseurs se reportant sur les actifs jugés les plus sûrs: celui du Bund allemand à dix ans est retombé sous -0,65% contre -0,638% environ avant l’annonce de Pékin.

Enfin, le pétrole, qui évoluait en légère baisse, a brusquement chuté quand la Chine a annoncé son intention d’imposer de nouveaux droits de douane. Vers 13H10 GMT (15H10 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre valait 58,97 dollars à Londres, en nette baisse de 1,59% par rapport à la clôture de jeudi. Sur la semaine, il a gagné 0,53%. À New York, le baril américain de WTI pour la même échéance s’échangeait à 54,07 dollars, 2,31% de moins que la veille. Sur la semaine, il a perdu 1,35%.

Par Le Figaro.fr avec Reuters

Un homme détenu pour avoir ramené du miel aux États-Unis

août 24, 2019

 

 «Ils ont ruiné ma vie» a expliqué Leon Haughton au Washington Post. Le services des douanes le soupçonnaient de transporter de la drogue de synthèse.

Un homme a été détenu près de trois mois aux Etats-Unis après avoir ramené de Jamaïque trois bouteilles de miel artisanal que les douanes américaines ont pensé être, à tort, de la méthamphétamine liquide.

Comme chaque Noël depuis qu’il s’est installé dans l’Etat du Maryland, il y a une dizaine d’années, Leon Haughton est allé rendre visite l’hiver dernier à sa famille jamaïcaine, rapportait vendredi 23 août le Washington Post dans un long article retraçant ses improbables démêlés juridico-administratifs.

Son calvaire kafkaïen commence le 29 décembre, à l’aéroport de Baltimore, lorsqu’un chien des douanes se met à renifler son sac. A l’intérieur: trois grandes bouteilles dûment étiquetées de miel artisanal, avec lequel le père de famille de 45 ans aime aromatiser son thé. Mais les douaniers le soupçonnent, selon l’acte d’inculpation, de transporter de la méthamphétamine liquide, et le placent en détention.

Les résultats d’un laboratoire du Maryland mettent plus de deux semaines à arriver: ils sont négatifs. Leon Haughton se pense tiré d’affaire. Il a tort.

D’abord, le laboratoire utilisé pour les premiers tests n’est pas suffisamment équipé pour analyser des liquides. Il faut donc envoyer les bouteilles à un deuxième laboratoire, dans l’Etat de Géorgie.

L’arrestation du Jamaïcain, détenteur d’une carte verte lui permettant de résider légalement aux Etats-Unis, a ensuite déclenché une procédure auprès des services de l’immigration, que son avocat a toutes les peines du monde à contacter.

Et pour cause: l’administration américaine est alors affectée par le «shutdown» – paralysie des services publics – causé par le bras de fer entre Donald Trump et l’opposition démocrate sur le financement du mur que le président souhaite ériger à la frontière avec le Mexique.

Les analyses effectuées en Géorgie confirment finalement que Leon Haughton transportait bien du miel. Il est libéré le 21 mars, 82 jours après son retour de vacances.

Près de trois mois derrière les barreaux, éloigné de sa compagne et de ses enfants, qui lui ont fait perdre ses deux emplois dans le nettoyage et le bâtiment.

«Ils ont ruiné ma vie», a confié au Washington Post le quadragénaire, pour qui la pilule est forcément difficile à avaler. Même avec du miel.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Les États-Unis vont autoriser la détention illimitée d’enfants migrants

août 21, 2019

 

Le gouvernement de Donald Trump a annoncé mercredi qu’il allait retirer les strictes limites régissant le temps passé en centres de rétention par les enfants migrants, dans le cadre de sa politique de fermeté face à l’immigration clandestine.

Le ministère américain de la Sécurité intérieure a déclaré qu’il mettait fin à une décision judiciaire de 1997, dites «Flores», imposant aux autorités fédérales de ne pas maintenir en détention les enfants plus de 20 jours. Une nouvelle règle, qui doit être mise en oeuvre sous 60 jours, ne limitera plus le temps passé par les enfants ou leurs familles en centres de rétention.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Agressions sexuelles sur mineurs: des centaines de nouvelles plaintes à New York

août 14, 2019

Sexual Abuse Survivors Speak About The Child Victims Act Naming The Catholic Conference Of Major Superiors Of Men In Coverup

En février dernier, des centaines de personnes avaient déjà porté plainte. SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

L’État de New York a adopté une nouvelle loi permettant pendant un an à toute victime présumée de demander réparation quelle que soit l’ancienneté des agressions subies.

Les tribunaux new-yorkais ont enregistré mercredi des centaines de nouvelles plaintes au civil pour agressions sexuelles sur mineurs, en vertu d’une nouvelle loi permettant, pendant un an, à toute victime présumée de demander réparation, quelle que soit l’ancienneté des agressions subies. Le «Child Victims Act» avait été ratifié par l’Etat de New York en février, à la grande joie des associations de victimes, après avoir été longtemps combattu par l’Eglise catholique.

Il prévoit notamment une fenêtre d’un an, à compter de ce mercredi, pendant laquelle aucun délai de prescription ne peut être invoqué. On ignorait le nombre total de plaintes déposées mercredi dans les multiples tribunaux de cet Etat de 20 millions d’habitants, qui compte plus de 7 millions de catholiques. Un avocat, Jeff Anderson, spécialisé dans la défense de victimes de crimes sexuels, a déclaré que sa seule firme allait déposer plus de 200 plaintes au nom de victimes présumées de membres du clergé, plus d’autres plaintes contre des chefs scouts, des professeurs et des médecins.

«C’est un grand moment pour les courageux rescapés qui ont attendu si longtemps pour obtenir justice à New York», a-t-il déclaré. «Ils ont maintenant la possibilité de reprendre le pouvoir qui leur avait été enlevé quand ils étaient enfants et d’entamer leur guérison». «Jamais je n’aurais imaginé voir ce jour», a indiqué une de ses clientes, Jeanne Marron, qui a raconté avoir été sexuellement agressée par un professeur de son lycée catholique dans les années 1970, à partir de l’âge de 15 ans. Le nombre de dossiers attendu est tel que 45 juges – dont 12 pour la seule ville de New York – ont été spécialement désignés pour les traiter, a indiqué le chef des tribunaux new-yorkais, dans un communiqué.

Ces dossiers sont «très importants, soulèvent de nombreuses questions juridiques, et doivent être jugés de façon aussi cohérente et rapide que possible», a-t-il indiqué. Au-delà de cette fenêtre d’un an, la nouvelle loi allonge les délais de prescription pour les crimes d’agressions sexuels sur mineurs: les victimes présumées auront désormais jusqu’à l’âge de 28 ans, au lieu de 23 auparavant, pour poursuivre les criminels au pénal, et jusqu’à 55 ans pour les attaquer au civil.

Depuis la publication, en août 2018, d’un rapport choc sur des décennies d’agressions sexuelles en Pennsylvanie, de nombreux Etats ont relancé des enquêtes pour mettre au jour les abus causés au sein de l’Eglise et obliger la hiérarchie catholique à ouvrir ses archives

Par Le Figaro.fr avec AFP

Le financier Jeffrey Epstein, soupçonné d’agressions sexuelles, s’est suicidé en prison

août 10, 2019

Fi

Le financier américain Jeffrey Epstein lors de son incarcération. REUTERS/Shannon Stapleton

L’homme, ancien proche de Donald Trump, attendait son procès pour agressions sexuelles sur des mineures.

Le financier américain Jeffrey Epstein s’est suicidé dans la prison de New York où il attendait son procès pour agressions sexuelles sur des mineures, ont rapporté samedi plusieurs médias américains.

Selon le New York Times, qui cite des responsables sous couvert d’anonymat, le financier déchu âgé de 66 ans s’est pendu dans sa cellule et son corps sans vie a été retrouvé samedi matin vers 07h30. Le bureau du médecin légiste a confirmé son décès, sans en préciser la cause.

Le FBI a ouvert une enquête, a indiqué le ministère de la Justice.

Jeffrey Epstein a été inculpé le 8 juillet d’exploitation sexuelle de mineures et d’association de malfaiteurs en vue d’exploiter sexuellement des mineures, deux chefs d’accusation passibles au total de 45 années d’emprisonnement. Selon l’acte d’accusation, il aurait fait venir des mineures – certaines âgées de 14 ans seulement – dans ses résidences de Manhattan et de Palm Beach (Floride), entre 2002 et 2005 au moins, «pour se livrer à des actes sexuels avec lui, après quoi il leur donnait des centaines de dollars en liquide».

Le financier dont la fortune est estimée à plus de 500 millions de dollars avait été débouté, le 18 juillet, d’une demande de remise en liberté sous caution.

Epstein avait fait l’objet d’une première enquête en 2005 après que la police de Palm Beach eut été alertée par des accusations d’abus sexuels sur mineures à son encontre. Il s’était défendu en déclarant que ses victimes présumées étaient consentantes et qu’il pensait qu’elles étaient majeures.

En 2007, l’homme d’affaires était menacé d’une mise en accusation fédérale pour avoir abusé sexuellement de plusieurs dizaines de mineures entre 1999 et 2007, selon les documents judiciaires publiés à l’époque. Il avait cependant conclu un accord de plaider-coupable pour une seule charge, celle d’avoir sollicité les services de prostituées mineures, et n’avait écopé que d’une peine de 13 mois de prison.

Par Le Figaro.fr avec AFP

États-Unis:Trump s’en prend à Hollywood et ses élites «racistes»

août 9, 2019

 

Donald Trump s’en est violemment pris vendredi à Hollywood, «raciste au plus haut degré» selon le président américain, qui semble viser, sans le nommer, un film controversé dans lequel de riches «libéraux» organisent des chasses à l’homme pour tuer des «gens normaux».

Intitulé «The Hunt» (La Chasse), le film en question, qui doit sortir fin septembre aux Etats-Unis, est qualifié de satire ultra-violente de la profonde fracture politique divisant républicains et démocrates. Le concept: des gens du peuple, enlevés dans des bastions traditionnels du parti républicain de Donald Trump (Wyoming, Mississippi…), se réveillent dans un champ, en territoire inconnu. Ils sont traqués par des chasseurs issus de «l’élite» fortunée, qui les abattent impitoyablement pour se donner le frisson. Le film a déjà suscité la polémique après les récentes fusillades ayant endeuillé les Etats-Unis et les studios Universal ont suspendu sa promotion.

«Le Hollywood libéral est raciste au plus haut point, et avec une grande colère et de la haine!», a tweeté Donald Trump. «Le film qui va sortir cherche à allumer le feu et à provoquer le chaos», a-t-il ajouté, sans toutefois explicitement citer «The Hunt». «Ils créent leur propre violence et ensuite ils rejettent la responsabilité sur les autres. Ce sont eux les vrais racistes et ils sont très mauvais pour notre pays», a conclu le président américain, lui-même régulièrement accusé de racisme.

Dans «The Hunt», les riches chasseurs appellent parfois leurs proies les «déplorables», un terme employé durant la campagne présidentielle de 2016 par Hillary Clinton pour désigner les militants de Trump les plus extrémistes. «Nous payons pour tout, donc ce pays nous appartient», lance l’un des personnages dans la bande-annonce du film, dont les vedettes sont Hilary Swank et Betty Gilpin. Si l’on en croit son synopsis officiel, le film n’est pas complètement à l’avantage des privilégiés libéraux, puisque l’une des proies se rebiffe et traque à son tour ses tortionnaires, les éliminant les uns après les autres.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Kim qualifie les derniers tirs nord-coréens d’«avertissement» aux États-Unis et à la Corée du sud

août 6, 2019

 

Les derniers tirs de missiles par la Corée du Nord sont un « avertissement » à Washington et Séoul, qui mènent des manoeuvres militaires conjointes, selon le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, cité mercredi par l’agence d’Etat KCNA.

« Se félicitant du succès de ce tir de démonstration, Kim Jong Un a noté que cette action militaire était une occasion d’adresser un avertissement approprié en direction des manoeuvres militaires conjointes que mènent les Etats-Unis et la Corée du sud », selon KCNA.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Tueries aux États-Unis: les autorités s’inquiètent du «terrorisme intérieur»

août 4, 2019

APTOPIX Texas Mall Shooting

Le tueur a tiré de sang froid sur des passants et des personnes venues faire leurs courses dans un supermarché de la ville située à la frontière avec le Mexique, dont la population est à 85 % d’origine ou de naissance hispanique. Mark Lambie/AP

Les deux fusillades qui ont fait ce week-end 29 morts au Texas et dans l’Ohio ont ravivé les débats sur les armes à feu et la rhétorique incendiaire de Donald Trump, accusé de racisme par les démocrates.

L’Amérique s’est éveillée pantelante, dimanche, frappée par la double tragédie qui a coûté la vie à trente personnes, lors de deux fusillades distinctes, au Texas et en Ohio ; en l’espace de treize heures, ces massacres devraient relancer le débat sur l’impossible contrôle des armes à feu outre- Atlantique, en pleine campagne présidentielle, ainsi que sur l’ombre grandissante d’un terrorisme intérieur visant immigrants, juifs, musulmans et tous ceux censés menacer la «race blanche».

Samedi matin, à El Paso, cité fron-tière texane avec le Mexique, un tueur armé d’un fusil d’assaut de type AK-47 a abattu froidement vingt passants, dont un enfant de 6 ans, et blessé vingt-six autres personnes venues faire leurs courses dans un supermarché, avant de se constituer prisonnier. Le bilan risque de s’alourdir dans les prochains jours, certains des blessés, âgés de 2 à 82 ans, se trouvant dans un état critique. «C’est écœurant, intolérable et ce n’est pas texan», s’est indigné Greg Abbott, le gouverneur du Texas. Pas plus texan qu’ohien, sans doute. Et pourtant, le cauchemar s’est reproduit dans la nuit de samedi à dimanche, devant un bar du centre-ville de Dayton, en Ohio (voir ci-dessous).

D’une banalité terrifiante, la litanie insensée des statistiques défile en boucle sur les écrans de télévision, comme à chacune de ces tragédies: il s’agit de la 2187e tuerie de masse outre-Atlantique depuis le massacre tristement célèbre de 26 personnes dans une école maternelle de Sandy Hook (Connecticut), le 14 décembre 2012. 8666 Américains ont déjà été tués par armes à feu en 2019, et 249 tueries déjà recensées, pour une année qui ne comptait samedi que 215 jours.

Des clients abattus de sang-froid

La tragédie d’El Paso, elle, s’inscrit comme la sixième la plus sanglante de l’histoire récente et, selon son gouverneur, la pire de l’histoire du Texas, cet État où le port d’armes est toléré sans restriction (open carry), et où l’on peut porter un fusil en bandoulière au supermarché. À 10 h 30 du matin, le tueur imberbe est apparu devant l’entrée de l’imposant Walmart. Une caméra de sécurité a figé sa silhouette inquiétante: tee-shirt noir et pantalon cargo, fusil d’assaut presque trop grand pour sa corpulence, casque antibruit sur les oreilles, comme s’il s’agissait d’un jeu vidéo ou d’une séance au stand de tir.

Après avoir semé la mort, avec un calme sidérant selon les témoins oculaires, le tueur s’est rendu sans résister. Le dénommé Patrick Crusius, originaire d’Allen, une bourgade du nord de Dallas située à plus de 1000 kilomètres et dix heures de route d’El Paso, est âgé de 21 ans. Il a ouvert le feu au jugé sur les clients, abattus de sang-froid sur le parking, près des caisses et dans les travées bondées en cette prérentrée scolaire.

Dix-neuf minutes avant que ne retentisse le premier appel paniqué au 911 (urgences), un manifeste était apparu en ligne, sur le site de partage 8chan, coutumier des imprécations islamophobes et antisémites. Élucubrant sur «une invasion hispanique du Texas» et le soi-disant «grand remplacement» en cours des Blancs par les «étrangers», classique des écrits suprémacistes blancs attribué au penseur identitaire français Renaud Camus et entendu lors du rassemblement néonazi de Charlottesville, en Virginie, le 12 août 2017, le document de cinq pages proposait de «diviser l’Amérique en territoires racialement distincts». «Si nous pouvons éliminer suffisamment de gens, écrit l’auteur de ces lignes infamantes, alors notre mode de vie pourra subsister.» Six des victimes étaient des citoyens mexicains, a déclaré le président Andres Manuel Lopez Obrador dimanche soir, ajoutant que sept autre de ses concitoyens ont été blessés dans l’attaque.

Enquête pour crime à caractère raciste et terrorisme intérieur

Le FBI, qui a déjà procédé à une centaine d’arrestations dans les milieux suprémacistes blancs depuis octobre 2018, a ouvert une enquête pour crime à caractère raciste et terrorisme intérieur. Le manifeste d’El Paso mentionne en effet la tuerie dans une mosquée de Chrischurch, le 15 mars dernier en Nouvelle-Zélande (51 morts), devenue un cri de ralliement pour les extrémistes occidentaux.

«Nous sommes le seul pays au monde avec plus d’armes que d’habitants»

Pete Buttigieg, candidat à la primaire démocrate

L’un des premiers candidats présidentiels à réagir, le démocrate de l’Indiana Pete Buttigieg, s’est alarmé que l’Amérique soit «attaquée par un terrorisme nationaliste blanc intérieur». «Nous sommes le seul pays au monde avec plus d’armes que d’habitants, a poursuivi “Maire Pete”, un ancien officier de renseignement de l’US Navy en Afghanistan et maire de la ville de South Bend. Le nationalisme blanc incite des gens à commettre des meurtres, et il est conforté aux plus hauts échelons du gouvernement américain.»

La pique vise ouvertement le président des États-Unis, Donald Trump, qui s’est fendu d’un message sur Twitter, depuis son parcours de golf de Bedminster, dans le New Jersey. Qualifiant le drame d’El Paso d’«acte lâche», il a estimé qu’«il n’existe aucune raison ou excuse qui puissent justifier de tuer des gens», puis il a adressé au «formidable peuple du Texas» ses «pensées et prières les plus sincères». «La haine n’a aucune place dans notre pays», a-t-il renchéri dimache soir. Il a également annoncé que le drapeau américain sera en berne jusqu’au 8 août.

À El Paso, ville du candidat présidentiel démocrate Beto O’Rourke, qui a dénoncé les imprécations de Trump envers les Mexicains «voleurs et criminels», la générosité s’est manifestée devant les centres de don du sang: des volontaires sont apparus les bras bardés de pizzas, pour soutenir tous ceux patientant sagement afin de donner leur sang au profit des victimes.

La compassion des Américains s’arrête là, entravée par la paralysie du débat politique. Malgré les incessants appels à un contrôle renforcé des armes à feu, le débat n’ira pas plus loin, surtout en pleins congés parlementaires. Pas plus qu’après la fusillade dans un lycée de Floride à Parkland (17 morts), le 14 février 2018, qui avait déclenché de vaines manifestations étudiantes.

Gravé dans les mémoires, le massacre de Sandy Hook, en 2012, avait également suscité une intense émotion à travers le pays. Là encore, même le massacre sauvage de vingt bambins de maternelle n’avait pas suffi à convaincre une majorité républicaine du Sénat d’interdire les fusils d’assaut et les chargeurs à forte capacité, la plupart des élus jugeant une telle réforme contraire au deuxième amendement de la Constitution sur la liberté de posséder des armes. L’assassin d’El Paso, quant à lui, risque la peine capitale.

Une seconde fusillade meurtrière à Dayton

Une deuxième tuerie a endeuillé les États-Unis, treize heures après celle perpétrée à El Paso. À 1 heure du matin, devant un bar du centre de Dayton (Ohio), une grêle de balles s’est abattue sur les clients du Ned Pepper’s Bar, dans le quartier très animé et habituellement sûr d’Oregon, lorsque est apparu un inconnu muni d’un fusil d’assaut de type AR-15, de chargeurs multiples et d’un gilet pare-balles. Un videur a tenté de s’opposer à l’individu en bloquant le canon de l’arme de sa main, mais l’agresseur a alors dégainé une arme de poing. L’assaillant a été identifié dimanche soir comme un jeune homme blanc de 24 ans dénommé Connor Betts.

Dix personnes sont mortes, dont le tueur neutralisé par des policiers, et sa soeur. Seize autres personnes sont blessées. La scène a duré moins d’une minute. «Rendez-vous compte, le tueur a été en mesure de tuer neuf personnes et d’en blesser vingt-six autres en moins d’une minute, soupire le maire de Dayton, Nan Whaley. Si la police n’avait pas été présente dans le quartier d’Oregon, avec ces milliers de gens profitant de leur samedi soir, imaginez ce qui aurait pu se passer.» Le fusil d’assaut AR-15 est l’arme privilégiée des tueurs de masse depuis le massacre de Sandy Hook, en 2012, pour sa maniabilité et sa puissance de feu dévastatrice.

«Ma femme et moi nous avons le cœur absolument brisé après l’horrible attaque qui s’est produite ce matin à Dayton, a tweeté le gouverneur Mike DeWine. Nous nous joignons à tous ceux à travers l’Ohio et le pays qui offrent leurs prières aux victimes et à leurs familles.»

Des pensées et des prières, à défaut de toute législation plus sévère à l’encontre des armes de guerre telles que l’AR-15.

Le Figaro.fr par Maurin Picard

Hamza, fils d’Oussama Ben Laden, est mort, selon les médias américains

juillet 31, 2019

Hamza

Hamza ben Laden, le fils d’Oussama ben Laden, est mort et les États-Unis ont contribué à l’opération visant à l’éliminer, ont annoncé les médias américains, le 31 juillet 2019.FEDERATION FOR DEFENSE OF DEMOCRACIES / AFP

Hamza Ben Laden, l’un des fils d’Oussama Ben Laden, présenté comme son héritier à la tête d’Al-Qaïda, est mort et les États-Unis ont contribué à l’opération visant à l’éliminer, selon des informations mercredi du New York Times et de la chaîne NBC.

Premier média à révéler cette possible élimination, NBC a affirmé ce mercredi 31 juillet que Washington disposait d’informations de services de renseignement attestant de la mort de Hamza Ben Laden, s’appuyant sur trois responsables anonymes.

« Je ne veux pas faire de commentaire là-dessus », a répété à deux reprises le président Donald Trump, interrogé mercredi par des journalistes sur cette information de NBC.

Le New York Times affirme de son côté que les États-Unis ont « eu un rôle » dans l’opération au cours de laquelle Hamza ben Laden, considéré comme un dirigeant clé d’al-Qaïda, a été tué. Le quotidien cite deux responsables américains.

Ni NBC ni le New Yok Times n’ont pas de détails sur la date, le lieu ou les circonstances du décès. Selon le New York Times, il serait intervenu dans les deux dernières années, mais les Américains ont mis du temps à le confirmer.

Washington avait offert en février une récompense pouvant atteindre un million de dollars pour toute information permettant de retrouver Hamza ben Laden. En mars il avait été déchu en mars de sa nationalité saoudienne.

Parmi des archives d’Oussama ben Laden, saisies lors du raid américain de 2011 au cours duquel il a été tué au Pakistan, dévoilées fin 2017 par la CIA, figure une vidéo du mariage de son fils Hamza, apparemment en Iran, dont on a ainsi découvert les premières images à l’âge adulte. Hamza était considéré comme le fils préféré –voire le successeur désigné– d’Oussama Ben Laden

Par Rfi.fr avec AFP

USA: un Noir n’est pas davantage en danger face à un policier blanc, selon une étude

juillet 23, 2019

 

Les policiers américains blancs ne sont pas plus susceptibles d’abattre des personnes noires ou hispaniques que leurs collègues issus des minorités, selon une nouvelle étude.

Les morts de Noirs abattus par des policiers blancs provoquent régulièrement l’émoi aux Etats-Unis, où elles ont donné naissance au mouvement «Black Lives matter» (la vie des Noirs compte). Ces drames ont «suscité des questions sur les disparités raciales» dans les violences policières et sur de possibles préjugés chez les policiers blancs, écrivent des chercheurs des universités du Maryland et du Michigan dans les Comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS).

«Les gens veulent savoir si les policiers blancs sont plus susceptibles de tuer des civils noirs que leurs collègues noirs», relève l’un d’eux, le professeur de psychologie Joseph Cesario. «Mais on n’avait pas de réponse à cette question, car il n’existe pas de base de données nationale sur les policiers impliqués», explique-t-il à l’AFP.

Pour pallier ce manque, l’équipe de chercheurs a collecté dans la presse et auprès des autorités des données sur les policiers impliqués dans la mort de plus de 900 personnes abattues en 2015 par des membres des forces de l’ordre. Parmi les victimes, 26% étaient Noires, alors que les Afro-américains ne représentent que 12% de la population américaine.

«Nous n’avons trouvé aucune relation entre la couleur du policier et celle de la personne tuée»

Mais après différents calculs, «nous n’avons trouvé aucune relation entre la couleur du policier et celle de la personne tuée», résume Joseph Cesario. Les chercheurs ont alors cherché quel autre facteur augmentait la probabilité d’être tué par un policier et ils ont trouvé que «le taux de criminalité local de chaque groupe ethnique» était déterminant.

«En d’autres termes, dans un comté où les Blancs commettent beaucoup de crimes violents, les Blancs ont plus de chances d’être abattus par des policiers», et de même pour les Noirs ou les Hispaniques, explique le chercheur. «Cela semble suggérer qu’au niveau national, le fait qu’il y ait une plus grande proportion de Noirs tués par des policiers que leur part dans la population ne vient pas de préjugés des policiers, mais des personnes avec lesquelles ils entrent en contact», ajoute-t-il.

Pour autant, les universitaires insistent: leurs conclusions «ne peuvent pas incriminer ou exonérer des agents dans des dossiers spécifiques». Selon eux, augmenter la diversité dans le recrutement des agents peut présenter des avantages, notamment en terme de confiance de la population envers les forces de l’ordre, mais ne permettra pas de diminuer la proportion des Noirs qui meurent sous les balles policières.

Par Le Figaroi.fr avec AFP