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États-Unis: Les pompiers de Californie face à un incendie qui génère son propre climat

juillet 26, 2021
Les pompiers de Californie face a un incendie qui genere son propre climat
Les pompiers de Californie face à un incendie qui génère son propre climat© AFP/JOSH EDELSON

Le plus gros incendie de Californie, qui a déjà dévoré l’équivalent de la ville de Chicago en végétation, est si volumineux qu’il génère désormais son propre climat, au risque de rendre la tâche des pompiers qui le combattent encore plus ardue lundi.

5.400 soldats du feu sont mobilisés face aux flammes du Dixie Fire dans les forêts du nord de la Californie.

Ce brasier n’a fait que grossir depuis la mi-juillet, attisé par une chaleur étouffante, une sécheresse alarmante et des vents continus.

Le Dixie Fire est si gros qu’il a déjà créé ces derniers jours des nuages appelés pyrocumulus qui provoquent foudre, vents violents et alimentent en retour l’incendie.

« La journée de demain pourrait être très difficile: si ces nuages sont assez hauts, ils ont le potentiel de produire des éclairs », a alerté Julia Ruthford, la météorologue affectée à ce brasier.

Des secouristes ont été dépêchés d’aussi loin que la Floride pour prêter main forte.

Malgré sa superficie, le Dixie Fire a pour l’instant surtout progressé dans des zones extrêmement recluses, ce qui explique que seulement des dizaines de structures (des maisons et d’autres bâtiments) n’aient jusqu’ici été détruites.

Très douloureux

Progressant sur des sentiers extrêmements escarpés, les pompiers sont parfois aidés d’un train, depuis lequel ils peuvent copieusement arroser les zones autrement inaccessibles.

Mais dans ces conditions météorologiques, « les braises peuvent facilement voler à plus d’un kilomètre du feu » explique à l’AFP Rick Carhart, porte-parole des pompiers, et les lieux qui accueillent les personnes évacuées comme le village de Quincy, se retrouvent eux-mêmes menacés.

« C’est très douloureux de le voir progresser sans relâche et se rapprocher de nos terres », s’inquiète auprès de l’AFP Peggy Moak, résidente d’un bourg voisin.

Les feux de forêt sont courants en Californie — tellement que les habitants se demandent parfois ce qu’il reste à brûler. Mais en raison du changement climatique, cet été est particulièrement violent.

Un golf à l’herbe jaunie, des plaisanciers qui se baignent dans un lac qui n’est que l’ombre de lui-même… Dans la région, les signes de la sécheresse qui nourrit les brasiers sont partout.

Les feux ont déjà ravagé 3 fois plus de végétation cette année qu’ils ne l’avaient à cette époque en 2020, pourtant la pire année de l’histoire de Californie en termes d’incendies.

Selon une enquête préliminaire, la chute d’un arbre sur un des milliers de câbles électriques qui dessinent le paysage américain est à l’origine du Dixie Fire. Cette ligne électrique est celle de Pacific Gas & Company (PG&E), un opérateur privé déjà coupable d’avoir provoqué le Camp Fire, un incendie qui avait quasiment rayé la ville de Paradise de la carte et tué 86 personnes en 2018, à seulement quelques kilomètres d’ici.

Par Le oint avec AFP

Les Etats-Unis menacent les talibans de poursuivre leurs frappes aériennes en Afghanistan

juillet 25, 2021
Les Etats-Unis menacent les talibans de poursuivre leurs frappes aeriennes en Afghanistan
Les Etats-Unis menacent les talibans de poursuivre leurs frappes aériennes en Afghanistan© AFP/SAJJAD HUSSAIN

Les Etats-Unis vont continuer leurs frappes aériennes contre les talibans, si ceux-ci poursuivent l’offensive qu’ils mènent depuis début mai en Afghanistan, a averti dimanche à Kaboul le chef des opérations militaires américaines dans ce pays.

« Les Etats-Unis ont intensifié leurs frappes aériennes en soutien aux forces afghanes ces derniers jours et nous sommes prêts à continuer ce haut niveau de soutien dans les jours à venir, si les talibans continuent leurs attaques », a déclaré le général Kenneth McKenzie, patron du Commandement central de l’armée américaine (Centcom).

Les talibans se sont emparés depuis presque trois mois de vastes portions rurales de l’Afghanistan, à la faveur d’une offensive tous azimuts contre les forces afghanes, coïncidant avec le début du retrait définitif des forces internationales du pays, désormais quasiment achevé.

Les forces afghanes n’ont offert jusqu’ici qu’une faible résistance et ne contrôlent plus pour l’essentiel que les capitales provinciales et les principaux grands axes.

« Le gouvernement d’Afghanistan sera soumis à rude épreuve dans les jours à venir, les talibans tentent de donner un caractère inéluctable à leur campagne. Ils se trompent (…) La victoire des talibans n’est pas inévitable », a affirmé le général McKenzie.

« Nous allons continuer à soutenir les forces afghanes, même après le 31 août », date-butoir annoncée de la fin du retrait des forces américaines, « cela se fera généralement depuis l’extérieur du pays. Et cela sera un changement significatif », a-t-il poursuivi.

Le général McKenzie a aussi annoncé qu’après cette date, les Etats-Unis « continueraient de fournir un important soutien logistique, en particulier à l’aviation afghane », en Afghanistan ou sur des bases du Centcom.

« solution politique »

En tant que chef du Centcom, qui supervise les activités militaires américaines dans 20 pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale et du Sud, le général McKenzie dirige les opérations militaires en Afghanistan depuis la fin des fonctions du commandant des forces américaines dans le pays, le général Austin Scott Miller, le 12 juillet.

La récente avancée éclair des talibans fait craindre qu’ils ne s’emparent à nouveau du pouvoir, quasiment 20 ans exactement après en avoir été chassés fin 2001 par une coalition internationale menée par les Etats-Unis, après leur refus de livrer le chef d’Al-Qaïda Oussama ben Laden dans la foulée des attentats du 11-Septembre.

Les Etats-Unis ont signé en février 2020 à Doha un accord historique avec les talibans prévoyant le retrait de tous les soldats étrangers d’Afghanistan en échange de la fin des attaques contre les troupes internationales et l’ouverture de négociations directes entre insurgés et autorités de Kaboul.

Un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid avait dénoncé vendredi des bombardements aériens « barbares » menés par les « forces d’occupation américaines ». Il avait qualifié ces frappes de « claire violation de l’accord signé (à Doha) qui aura des conséquences ».

Entamées en septembre dernier au Qatar, les pourparlers interafghans n’ont connu aucune avancée, les deux camps s’accusant mutuellement de ne pas vouloir la paix.

Le général McKenzie a toutefois estimé qu' »il y a une voie pouvant conduire à une solution politique à cette guerre ».

Couvre-feu

Ces dernières semaines, les talibans se sont approchés de Kandahar, la grande ville du Sud, berceau de leur mouvement, dont les faubourgs sont le théâtre de combats.

Forte de plus de 650.000 habitants, Kandahar est la deuxième ville du pays derrière Kaboul. Les talibans en avaient fait le centre de leur régime, basé sur une interprétation ultrarigoriste de l’islam, qui régna sur l’Afghanistan entre 1996 et 2001.

Quelque 22.000 familles ont, depuis un mois, « fui des districts instables des faubourgs » ouest, nord et sud de Kandahar, « vers des zones plus sûres » du centre-ville, a déclaré dimanche à l’AFP Dost Mohammad Daryab, directeur provincial du service des Réfugiés.

Ces 22.000 familles représentent environ 150.000 personnes, le Bureau national des statistiques estimant qu’en Afghanistan une famille est en moyenne composée de sept personnes.

« Quand les combats ont éclaté, mes cousins et moi avons fui avec nos femmes et nos enfants vers le centre-ville », a raconté à l’AFP un habitant, Hafiz Mohammad Akbar.

« Nous vivons désormais à 20 personnes de la même famille dans un endroit qui n’a même pas de toilettes. Je n’ai aucune idée de combien de temps nous allons rester là ».

Le vice-gouverneur de la province de Kandahar, Lalai Dastageeri, a indiqué dimanche à l’AFP que « les combats continuent dans les faubourgs sud, nord et ouest de Kandahar ».

Après une relative accalmie sur le terrain durant les trois jours de l’Aïd el Adha, la fête musulmane du Sacrifice, les autorités afghanes ont annoncé avoir lancé de multiples opérations militaires depuis vendredi dans une quinzaine de provinces, pour tenter de reprendre du terrain.

Elles ont décrété samedi un couvre-feu nocturne sur l’ensemble du territoire à l’exception de trois provinces, dont celle de Kaboul.

Par Le Point avec AFP

États-Unis: Joe Biden annonce le don de plus de 1,5 million de doses de vaccins à sept pays africains

juillet 22, 2021
Vaccination contre le Covid-19 à l’hôpital Central de Yaoundé, le 12 avril 2021

Selon la Maison-Blanche ce don se fait « sans condition » et ne doit pas être considéré comme une réponse à la très active diplomatie vaccinale chinoise.

Le stock de vaccins que les États-Unis s’apprêtent à offrir au continent est composé de doses des laboratoires Johnson & Johnson, qui ont l’avantage de ne nécessiter qu’une injection, au lieu de deux pour la plupart des sérums du marché. Le don se fera par l’intermédiaire de Covax, l’initiative internationale mise en place par l’OMS, CEPI et GAVI. De quoi renforcer significativement l’engagement diplomatique et humanitaire des autorités américaines envers l’Afrique, mis à mal durant les années Trump.

« Ayant passé l’essentiel de ma carrière dans l’administration à travailler sur l’Afrique – en particulier le Sénégal, le premier pays africain où je me suis rendue – je mesure l’impact que peut avoir l’aide américaine sur nos partenaires du continent et sur la vie des populations », explique Dana Banks, Senior Director pour l’Afrique du National Security Council. A ses yeux, cette nouvelle « initiative de partage des vaccins est une démonstration supplémentaire de notre engagement ».

Les doses qui vont être distribuées sont destinées aux pays suivants :

  • 303 050 doses pour le Cameroun
  • 302 400 doses pour le Lesotho
  • 302 400 doses pour la Centrafrique
  • 151 200 doses pour la Gambie
  • 151 200 doses pour la Sénégal
  • 151 200 doses pour le Niger
  • 151 200 doses pour la Zambie

L’annonce américaine intervient alors que la Chine renforce significativement ses distributions de vaccins en Afrique. La semaine dernière, Pékin a ainsi envoyé un nouveau stock de 4 millions de doses sur le continent, selon le rapport hebdomadaire de traçage des dons mis en place par The China Africa Project. Difficile pour l’administration Biden d’affirmer qu’elle n’est pas lancée dans un bras de fer avec les autorités chinoises.

Un officiel à la Maison-Blanche a tenu à expliquer à nos confrères de The Africa Report que le don de 25 millions de doses de vaccins à Covax par les États-Unis et destinées à l’Afrique – une quantité presque équivalente aux 27,9 millions de doses promises par Pékin – n’a aucunement pour but d’obtenir des concessions minières : « Nos vaccins sont offerts sans conditions, assure-t-il. Nous faisons cela dans le but de sauver des vies. Comme le président l’a dit : dans notre combat commun contre le virus, les États-Unis seront l’arsenal vaccinal du monde. »

La situation épidémique dans les sept pays qui vont recevoir les dons américains est la suivante :

Centrafrique

On compte à ce jour 7 147 contaminations au Covid-19 en République centrafricaine, dont 98 décès. Le pays est touché par le variant Alpha, 50 à 75 % plus contagieux que les souches habituelles et susceptible de toucher plus facilement les enfants, mais sans provoquer de formes plus graves de la maladie. Début juillet, le pays a reçu des vaccins chinois. Selon Pierre Somse, le ministre de la Santé, « ces dons de vaccins arrivent au moment opportun, grâce à eux la République centrafricaine sera mieux équipée pour lutter contre le coronavirus. »

Cameroun

L’an dernier, le Cameroun a dû faire face simultanément au Covid-19 et au choléra. On y compte à ce jour 81 467 contaminations et 1 330 décès. En avril, le pays a reçu 591 000 doses, dont 200 000 fournies par les Chinois de Sinopharm et 391 000 par Oxford AstraZeneca. Mais un cinquième seulement de ce stock a été administré. Le ministère de la Santé a, parallèlement, approuvé la diffusion d’un remède à base de plantes élaboré par l’archevêque Samuel Kleda, présenté comme un « adjuvant » dans la lutte contre le virus.

Gambie

La troisième vague de contamination frappe ce pays de 2,3 millions d’habitants depuis le début du mois de juillet. Le gouvernement a annoncé que le respect des mesures de prévention telles que le port du masque et la distanciation sociale étaient des impératifs et que leur violation pouvait être sanctionnée d’une amende de 1 000 dalasis (20 dollars). La vaccination a commencé en mars avec un stock d’AstraZeneca mais, le 17 juin, le pays avait épuisé ce stock. Banjul a ensuite homologué le vaccin de Sinopharm et a recommencé à vacciner le 17 juillet, mais du fait des faibles quantités disponibles, un seul site est actuellement ouvert. Le pays compte à ce jour 6 920 contaminations et 190 morts. Selon le ministère de la Santé, un pic de contaminations a été observé durant la semaine du 5 au 12 juillet, avec une augmentation de 13 %. Au 19 juillet, 40 810 doses de vaccins avaient été administrées.

Lesotho

Avec la troisième vague, le Lesotho a vu arriver sur son sol le variant Beta. Identifiée en Afrique du Sud en août 2020, cette souche se répand plus rapidement que les autres et présente un risque plus élevé de réinfection. Le pays recense 12 630 contaminations et 349 décès et dispose actuellement de doses Johnson & Johnson et Oxford AstraZeneca.

Niger

La population du Niger (23,9 millions d’habitants) est l’une des plus jeunes au monde, ce qui lui a permis jusqu’à maintenant d’être relativement préservée du coronavirus. On compte 5 594 cas et 194 décès et le pays semble être resté à l’écart des principales vagues de contaminations. Il a déjà reçu 400 000 doses de Sinopharm de la part de Chine et 25 000 doses d’AstraZeneca données par l’Inde. Au 19 juillet, 401 133 doses avaient été administrées. Le pays n’impose à ce jour aucune restriction et toutes les entreprises fonctionnent normalement. Comme le dit le ministre du Pétrole, Sani Issoufou : « Ici, nous vivons encore comme si nous étions en 2019. »

Sénégal

Ayant fermé ses frontières et suspendu les vols internationaux dès le début de la pandémie, en 2020, le pays – qui a aussi été l’un des premiers à mettre en place un couvre-feu – avait réussi à se préserver. L’état d’urgence, renouvelé en janvier dernier, a pris fin en mars, les restrictions étant alors en partie levées. Le couvre-feu a pris fin et les frontières ont été rouvertes aux non-nationaux. Même si le port du masque reste théoriquement obligatoire, il semble avoir été abandonné par l’essentiel de la population et avec les vacances qui approchent, les craintes augmentent avec  les risques liés aux voyages. Le président Macky Sall s’est dit prêt à prendre les mesures nécessaires en cas de hausse du taux de contamination. Le niveau est actuellement au plus haut avec 950 nouveaux cas par jour.

Le Sénégal a commencé à vacciner le 23 février 2021 avec un premier stock de 82 doses de Sinopharm, puis a reçu en mars un lot d’AstraZeneca. Il a été l’un des premiers pays africains à bénéficier de l’initiative Covax. A ce jour, 52 671 doses ont été administrées. Le pays compte 54 297 contaminations et 1 246 décès.

Zambie

La Zambie subit de plein fouet la troisième vague de la pandémie, avec 1 300 nouveaux cas par jour. Le pays a reçu deux livraisons d’AstraZeneca et environ 2,8 % de la population a reçu au moins une dose de vaccin. Selon Kennedy Malama, secrétaire permanent en charge des services techniques au ministère de la Santé, les doses de Johnson & Johnson promises seront acheminées vers les provinces rurales, où la demande est forte, « le plus rapidement possible ». Il estime aussi que la Zambie pourrait être frappée par une quatrième vague d’ici à la fin de l’année.

Avec jeune Afrique par Nicholas Norbrook

Le cœur artificiel Carmat implanté pour la première fois aux Etats-Unis

juillet 17, 2021

Le marché américain est vital pour l’avenir commercial de la première bioprothèse autonome développée par l’entreprise française.

Le directeur général de Carmat, Stéphane Piat, tenant un cœur artificiel à Vélizy-Villacoublay, le 11 janvier 2021.
Le directeur général de Carmat, Stéphane Piat, tenant un cœur artificiel à Vélizy-Villacoublay, le 11 janvier 2021. CHRISTIAN HARTMANN / REUTERS

C’est une aventure mêlant recherche médicale et finance qui vient de franchir une étape importante. L’entreprise française Carmat a annoncé, jeudi 15 juillet, la première implantation humaine de son cœur artificiel aux Etats-Unis dans le cadre d’une étude clinique. L’intervention a été réalisée au Duke University Hospital de Durham (Caroline du Nord), l’un des pôles d’excellence de la chirurgie cardiaque aux Etats-Unis et l’un des quatre centres américains retenus par Carmat après le feu vert de la Food and Drug Administration.

L’entreprise devait impérativement faire des essais outre-Atlantique après y avoir reçu l’aval des autorités sanitaires, en septembre 2019. Cette « première étude clinique américaine sera déterminante pour notre développement sur le plus grand marché mondial des dispositifs médicaux », souligne le directeur général, Stéphane Piat. A ce jour, dix patients éligibles à la transplantation devraient être recrutés pour cette première phase.

Etude par étapes

Le cœur artificiel, commercialisé sous la marque Aeson, est destiné aux malades souffrant d’une insuffisance biventriculaire en phase terminale, et surtout aux patients en attente d’une transplantation, qui meurent souvent faute de greffon. « Le critère d’évaluation principal de l’étude [américaine] est la survie du patient cent quatre-vingts jours après l’implantation ou une transplantation cardiaque réussie dans les cent quatre-vingts jours suivant l’implantation, précise Carmat. Il s’agit d’une étude par étapes avec un rapport sur l’état d’évolution des trois premiers patients après soixante jours, avant le recrutement des sept patients suivants. ».

Ses dirigeants le reconnaissent eux-mêmes, la société lancée sur la base des travaux du chirurgien et cardiologue Alain Carpentier a souvent été accusée de faire bien des promesses sans obtenir beaucoup de résultats. Depuis la première opération, réalisée fin 2013 à l’hôpital européen Georges-Pompidou, seuls dix-neuf patients ont bénéficié de cette prothèse de la dernière chance, implantée en France, mais aussi au Kazakhstan, en République tchèque et au Danemark, avec des durées de survie courtes et inégales.

La production s’accélère

Aux Etats-Unis, la vente de la bioprothèse autonome n’est pas envisagée avant 2024. En Europe, elle est désormais prévue d’ici à la fin de l’année, après qu’Aeson a obtenu le « marquage CE » pour l’indication d’attente de transplantation, fin décembre 2020.

Le processus d’industrialisation est délicat, la part du travail manuel dans la fabrication de ce dispositif très sophistiqué restant importante.

Dans un premier temps, la priorité a été donnée à la France, où cinq CHU ont été sélectionnés (Pitié-Salpêtrière à Paris, Lyon, Lille, Toulouse et Rennes), et à l’Allemagne, qui pèse à elle seule 40 % du marché des dispositifs d’assistance circulatoire mécanique dans l’Union européenne. Deux pays où la liste d’attente de greffes cardiaques était respectivement de 900 et 700 patients fin 2019.

La production de ce cœur artificiel total, relié à un établissement hospitalier pour la surveillance de patients à hauts risques (accident vasculaire cérébral, saignements gastro-intestinaux, hémolyse, infections…), devra donc suivre le rythme. Sur le site de Bois-d’Arcy (Yvelines), elle s’accélère depuis quelques mois, fait savoir la société. Mais le processus d’industrialisation est délicat, la part du travail manuel dans la fabrication de ce dispositif très sophistiqué restant importante.

Evaluer le rapport coût-efficacité

Les besoins sont pourtant là. Environ 5 500 transplantations cardiaques sont réalisées chaque année dans le monde et les besoins annuels sont estimés à 100 000, rien qu’aux Etats-Unis et en Europe. Or cette activité stagne en raison d’une pénurie d’organes. Ces essais doivent permettre d’évaluer le rapport coût-efficacité du cœur artificiel comparé à une greffe ou à un patient non greffé faisant de coûteux séjours en cardiologie et en réanimation. Leurs résultats serviront à fixer un prix pour sa prise en charge par les caisses d’assurance-maladie.

Le pari économique n’est toujours pas gagné, même si la « medtech » est soutenue pas de puissants actionnaires (Airbus Group, Bpifrance, Air liquide, Truffle Capital et des familles fortunées…) et aidée par un prêt à long terme de la Banque européenne d’investissement (30 millions d’euros). Elle n’a fait que brûler du cash depuis sa création en 2008. Introduite en Bourse en 2010 au prix de 18,75 euros par action, la société a eu un parcours erratique ; le titre vaut aujourd’hui 23 euros. Ses dirigeants et ses actionnaires comptent sur les débuts de la commercialisation pour gagner enfin de l’argent.

Avec Le Monde par Jean-Michel Bezat

Canada-Des leçons à tirer au Québec après l’effondrement d’une tour en Floride

juillet 12, 2021

L’effondrement d’une tour résidentielle en Floride le mois dernier a eu des échos jusqu’au Québec, où plusieurs organisations et experts recommandent une surveillance obligatoire des chantiers et un meilleur entretien des bâtiments. Le gouvernement Legault se dit à l’écoute.

Au Québec, aucun contrôle de qualité n’est fait durant la construction des bâtiments résidentiels. C’est à l’entrepreneur responsable du chantier que revient ce rôle. En juin, la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, a d’ailleurs soulevé, dans son rapport annuel, le manque de vérification par la RBQ des compétences et des antécédents des entrepreneurs en construction.

© Darryl Dyck La Presse canadienne Au Québec, aucun contrôle de qualité n’est fait durant la construction des bâtiments résidentiels.

C’est à l’entrepreneur responsable du chantier que revient ce rôle. En juin, la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, a d’ailleurs soulevé, dans son rapport annuel, le manque de vérification par la RBQ des compétences et des antécédents des entrepreneurs en construction.

« C’est tellement inexplicable. Un bâtiment qui s’effondre comme ça et qui s’émiette à ce point, c’est étonnant », lance au Devoir le président de l’Ordre des architectes du Québec (OAQ), Pierre Corriveau, encore soufflé par l’effondrement, le 24 juin dernier, de la Champlain Towers South, une tour de 12 étages. Le décompte des morts n’a cessé de grimper dans les derniers jours.

Les causes de cette tragédie, survenue à Surfside, demeurent nébuleuses. Un rapport d’une firme d’ingénierie avait néanmoins fait état en 2018 d’une importante détérioration de la structure de béton présente dans le stationnement souterrain du bâtiment, ont rapporté plusieurs médias américains. Quelques mois avant l’effondrement de l’immeuble, un autre rapport avait fait d’état d’une dégradation du béton situé près de la piscine de celui-ci, tandis que la présidente de l’assemblée des copropriétaires de la tour s’inquiétait dans une lettre datée du mois d’avril de la dégradation rapide du bâtiment.

Au nord de la frontière, une question émerge : une telle tragédie, aussi rare soit-elle, pourrait-elle survenir au Québec ? « Oui, ça peut arriver, mais les risques sont infimes », tranche M. Corriveau, qui assure que des règles encadrent la conception des bâtiments dans la province.

Resserrement des règles

Les normes entourant l’inspection des grands bâtiments résidentiels au Québec ont d’ailleurs été resserrées en 2013 à la suite d’accidents mortels survenus à Montréal quelques années plus tôt. En juillet 2009, une femme de 33 ans a perdu la vie après qu’un bloc de béton se fut détaché du 18e étage d’un hôtel de la rue Peel, au centre-ville de la métropole, pour aboutir sur la table du restaurant où elle se trouvait en présence de son compagnon, qui, lui, a survécu. Moins d’un an plus tôt, en novembre 2008, une partie du stationnement souterrain d’un immeuble résidentiel de 14 étages situé dans l’arrondissement de Saint-Laurent s’était effondrée, tuant un homme dans la trentaine. 

Ainsi, depuis mars 2013, les propriétaires d’immeubles de cinq étages et plus qui ont été construits depuis au moins 10 ans sont dans l’obligation de faire inspecter la façade et le stationnement étagé de ceux-ci de façon approfondie tous les cinq ans par un ingénieur. Ce n’est toutefois que lorsqu’un danger imminent est repéré que les rapports d’inspection sont acheminés à la Régie du bâtiment du Québec. Certains « gestionnaires d’immeubles » ignorent par ailleurs l’existence de ces exigences, constate l’ingénieur en structure André Houle.

« Ce n’est pas systématique […] Quand vous n’inspectez pas, vous ne savez pas. C’est là qu’il y a un trou dans le système », laisse-t-il tomber.

Les copropriétaires sont par ailleurs souvent réticents à approuver des travaux de rénovation de la structure de leur immeuble, de crainte que cela ait pour effet de faire gonfler leurs frais de copropriété, évoque pour sa part le secrétaire général du Regroupement des gestionnaires et copropriétaires du Québec, Yves Joli-Cœur. « Il y a de la misère qui est en train de s’installer dans les immeubles », estime-t-il.

Pour remédier à cette situation, le professeur en génie civil à l’Université Concordia Adel Hanna propose que les inspecteurs du gouvernement Legault et des villes de la province inspectent les bâtiments résidentiels de façon « plus rigoureuse » et impose « une grande pénalité » aux propriétaires immobiliers qui négligent l’entretien de leurs immeubles. « L’entretien des bâtiments, c’est vraiment important », souligne-t-il.

Manque de surveillance

Par ailleurs, l’OAQ et l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) déplorent que le gouvernement Legault n’ait pas encore rendu obligatoire la surveillance des chantiers par des professionnels, comme c’est le cas notamment en Ontario. Ainsi, les promoteurs immobiliers s’assureraient du respect des plans et des devis de leurs projets pendant la construction et éviteraient ainsi d’avoir à réaliser des travaux correctifs pour corriger un vice de construction après coup, souligne la présidente de l’OIQ, Kathy Baig.

« Au Québec, il n’y a aucun contrôle de qualité qui est fait en inspection continue [pendant la construction]. C’est-à-dire que vous pouvez monter une tour de 60 étages et que personne ne va vous dire s’il y a assez d’armatures dans les colonnes ou pas. Il faut s’en remettre à l’entrepreneur », explique également M. Joli-Cœur.

Dans son rapport annuel publié en juin, la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, a d’ailleurs soulevé le problème du manque de vérification par la RBQ des compétences et des antécédents des entrepreneurs en construction.

« On joue un peu avec le feu compte tenu du fait qu’on s’en tient à la compétence des entrepreneurs [sur les chantiers de construction]. Ça peut être une patate chaude. Il faut réagir rapidement à la surveillance », dit Pierre Corriveau.

Québec promet d’agir

Joints par Le Devoir, tant la RBQ que le gouvernement du Québec assurent que la possibilité de rendre obligatoire la surveillance des chantiers est envisagée. « Nous avons l’intention de nous y attaquer de façon imminente », souligne le cabinet de la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest. « C’est un élément qui est à l’étude », indique pour sa part le porte-parole de la RBQ, Sylvain Lamothe, qui rappelle par ailleurs que les exigences contenues dans le Code de construction du Québec « sont revues de façon périodique ».

L’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) prévient pour sa part qu’une surveillance obligatoire des chantiers pourrait faire monter la facture de ceux-ci d’environ 7 %. « Ce n’est pas vrai que les gens sont prêts à payer ça, contrairement à ce que les ingénieurs disent », dit le directeur du service technique de l’APCHQ, Marco Lasalle. L’OIQ a pourtant mené des sondages qui montrent un appui de la population à une telle mesure, malgré la facture qui y est associée.

Chose certaine, tant les architectes et les ingénieurs que la RBQ et Québec attendent avec impatience de voir ce qui ressortira de l’enquête en cours pour élucider les causes du drame survenu en Floride le mois dernier. « Si jamais il y a des informations qui nous portent à croire qu’on devrait prendre des mesures [pour améliorer nos façons de faire au Québec], on va les prendre, ça c’est certain », affirme Kathy Baig.

Avec Le Devoir par Zacharie Goudreault 

USA: La ville de Charlottesville déboulonne les statues des généraux confédérés

juillet 10, 2021

USA: LA VILLE DE CHARLOTTESVILLE DÉBOULONNE LES STATUES DES GÉNÉRAUX CONFÉDÉRÉS

© Reuters/EVELYN HOCKSTEIN 

(Reuters) – La municipalité de Charlottesville (Virginie) a déboulonné samedi la statue du général sudiste Robert E. Lee, figure de la guerre de Sécession, quatre ans après de violents affrontements à ce sujet entre des suprémacistes blancs et des contre-manifestants qui avaient fait un mort.

Une deuxième statue, celle du général confédéré Thomas « Stonewall » Jackson, a été retirée par la suite, a indiqué un porte-parole de la municipalité, Brian Wheeler.

Les monuments célébrant les Etats confédérés du Sud, qui avaient combattu pour maintenir l’esclavage, sont la cible aux Etats-Unis des militants contre le racisme.

En 2017, la décision de la ville de retirer la statue du général Lee avait provoqué une vaste mobilisation de l’ultra-droite qui avait tourné au drame, après qu’une voiture conduite par un suprémaciste blanc eut foncé dans la foule, tuant une contre-manifestante, Heather Heyer, 32 ans.

Par Reuters (Reportage Julia Harte, avec la contribution; d’Ismail Shakil à Bangalore, version française Sophie Louet)

États-Unis: Le corps d’un Canadien est retrouvé dans les décombres à Surfside, en Floride

juillet 6, 2021

SURFSIDE, Fla. — Le corps d’un Canadien a été retrouvé sur le site de l’immeuble en copropriété qui s’est effondré il y a près de deux semaines dans le sud de la Floride.

© Fournis par La Presse Canadienne

Affaires mondiales Canada indique mardi que le Canadien fait partie des 32 morts confirmés jusqu’ici dans l’effondrement survenu le 24 juin à Surfside. L’agence gouvernementale précise que trois autres Canadiens font partie des 113 personnes toujours portées disparues.

Affaires mondiales Canada a transmis ses condoléances à la famille et aux amis qui ont perdu un être cher dans l’effondrement de l’immeuble, et précise que ce sont trois familles canadiennes différentes qui ont été touchées par cette tragédie.

Un effort de sauvetage intensifié dans l’immeuble en copropriété effondré a été confronté à de nouvelles menaces météorologiques, alors que la tempête tropicale Elsa a commencé à frapper la Floride.

Les responsables locaux affirment que les équipes de recherche peuvent travailler sous la pluie, mais des éclairs les ont parfois forcées à faire une pause, et un garage souterrain dans les décombres s’est rempli d’eau.

Les responsables consulaires canadiens à Miami ont déclaré qu’ils fournissaient un soutien direct à la famille du défunt et aux familles des personnes disparues. Affaires mondiales Canada continuera également à assurer la liaison avec les autorités locales au cas où elles auraient des mises à jour à fournir.

Avec La Presse Canadienne par l’Associated Press

Canicule et incendies: l’Ouest américain et canadien suffoquent

juin 30, 2021
Canicule et incendies: l'Ouest americain et canadien suffoquent
Canicule et incendies: l’Ouest américain et canadien suffoquent© AFP/Kathryn Elsesser

Des dizaines de morts subites, des hospitalisations en hausse et la multiplication de feux de forêts: l’ouest du Canada et des Etats-Unis suffoquent sous l’effet de températures insoutenables.

L’extrême chaleur cumulée à une sécheresse prolongée, « amplifie le risque d’incendies », a souligné le président américain Joe Biden, en notant que 36 feux sont actuellement actifs dans les Etats de la côte pacifique.

La chaleur est aussi « un risque en soi », a-t-il ajouté en marge d’une rencontre avec des gouverneurs démocrates et républicains: « Les gens souffrent, les enfants ne peuvent pas jouer dehors, les routes craquent. »

Le nord-ouest des Etats-Unis, habitué à des températures tempérées, a enregistré des records ces derniers jours, avec un maximum de 46,1 degrés lundi à Portland. La ville portuaire respire un peu mieux mercredi, la vague de chaleur se déplaçant lentement vers l’intérieur des terres.

De l’autre côté de la frontière, « la canicule historique continue de pulvériser des records » et devrait durer jusqu’à la fin de la semaine, écrivent les services météorologiques canadiens dans leur dernier bulletin.

Celui-ci dresse une longue liste de températures jamais vues au Canada, qui battent parfois des records établis au 19e siècle.

Au sommet de ce classement: le village de Lytton, à quelque 250 km au nord-est de Vancouver, qui a enregistré mardi le nouveau record absolu de chaleur pour tout le pays, à 49,6 degrés.

« Insupportable »

L’affolement des thermomètres commence à faire des victimes. Au moins 134 personnes sont décédées subitement depuis vendredi dans la région de Vancouver, sur la côte Pacifique, selon les autorités.

« Nous pensons que la chaleur a contribué à la majorité des décès », a déclaré la police fédérale, ajoutant que les personnes âgées étaient davantage affectées.

« C’est insupportable, c’est impossible de rester dehors », commentait Rosa, une habitante de la métropole, habituée à des températures tempérées. « J’espère que ça ne recommencera jamais, c’est trop », a-t-elle encore dit à l’AFP.

Dans la ville américaine voisine de Seattle, les médecins urgentistes ont également noté un afflux de personnes touchées par la chaleur, souffrant notamment de problèmes aux reins ou au coeur. Au moins deux sexagénaires sont mortes d’hyperthermie, selon le journal local Seattle Times.

Les autorités ont appelé la population à minimiser ses sorties, à boire beaucoup et à prendre des nouvelles des personnes seules et âgées. Plusieurs municipalités ont également mis en place des « centres de rafraîchissement », dotés d’air climatisé et de brumisateurs.

Dans la région de Vancouver, des écoles ont été fermées et les campagnes de vaccination contre le Covid-19 suspendues. Les climatiseurs et ventilateurs sont en rupture de stock.

« La durée de cette canicule est inquiétante car il y a peu de répit la nuit », a souligné le ministre canadien de l’Environnement.

« Dôme de chaleur »

Ces températures s’expliquent par un phénomène appelé « dôme de chaleur »: de hautes pressions emprisonnent l’air chaud dans la région. Son intensité est toutefois exceptionnelle.

« Le réchauffement climatique est à l’origine de la combinaison dangereuse entre la chaleur extrême et la sécheresse prolongée », a ajouté Joe Biden en soulignant, à l’adresse des républicains climato-sceptiques, que ce ne devrait pas être un « débat partisan ».

Le travail des pompiers « n’est plus saisonnier », ils font face à des sinistres toute l’année, a-t-il ajouté, en annonçant des revalorisations de leurs salaires.

Environ 9.000 soldats du feu sont actuellement déployés dans l’Ouest américain, notamment pour lutter contre la progression du « Lava Fire », à la lisière de l’Oregon et de la Californie, qui a déjà consumé plus de 5.000 hectares.

« Les jours chauds sont toujours plus chauds, les jours secs toujours plus secs: la réalité du réchauffement climatique est face à nous », a commenté le gouverneur démocrate de Californie Gavin Newsom.

Par Le Point avec AFP

Pensionnats pour Autochtones : le drame canadien laisse présager le pire aux États-Unis

juin 27, 2021

 

Il n’aura fallu que deux semaines pour que Deb Haaland exprime publiquement sa profonde consternation devant les centaines de sépultures anonymes découvertes près de sites d’anciens pensionnats pour Autochtones au Canada.

Quelque 715 tombes anonymes ont été découvertes près de l'ancien pensionnat pour Autochtones de Marieval, en Saskatchewan.

© /Radio-Canada Quelque 715 tombes anonymes ont été découvertes près de l’ancien pensionnat pour Autochtones de Marieval, en Saskatchewan.

Et il n’aura fallu que 11 jours supplémentaires pour que Mme Haaland, l’une des premières élues autochtones au Congrès américain et la nouvelle secrétaire à l’Intérieur du président Joe Biden, prenne les choses en main.

Le département entreprendra une enquête sur les décès survenus dans les pensionnats pour les Autochtones et les conséquences durables de ces établissements», a écrit la secrétaire d’État à l’Intérieur dans une note mardi dernier.

Ce n’est qu’en reconnaissant le passé que nous pourrons travailler vers un futur dont nous serons tous fiers», a-t-elle ajouté.

Deb Haaland, secrétaire d'État à l'Intérieur

© Evan Vucci/Associated Press Deb Haaland, secrétaire d’État à l’Intérieur

Moins d’un mois s’est écoulé entre la publication de ce mémo par Mme Haaland et l’annonce de la découverte de 215 sépultures anonymes à Kamloops, en Colombie-Britannique. En termes géopolitiques, moins d’un mois équivaut à un clin d’œil.

De plus, il est rare que des nouvelles en provenance du Canada aient un impact aussi drastique et rapide sur les affaires politiques des États-Unis, un pays où les Autochtones font d’ailleurs rarement les manchettes.

Or, l’ampleur de cette enquête à venir pourrait toutefois être révélatrice de l’ampleur des découvertes à faire en sol américain.

Il y a une prise de conscience», a affirmé Chase Iron Eyes, un avocat et activiste autochtone de longue date qui s’implique auprès du People’s Law Project, basé dans le Dakota du Nord.

Et maintenant, on ne peut plus se fermer les yeux sur ces vérités.»

Deux pays distincts, un système similaire

Les similarités entre les pensionnats pour Autochtones canadiens et américains ne s’arrêtent pas là. Je pense qu’en termes d’ampleur, c’est assez comparable», a indiqué Circe Sturm, professeure en anthropologie et spécialiste des questions autochtones à l’Université du Texas à Austin.

Au tournant du siècle, après que le Bureau des affaires indiennes des États-Unis eut pris le relais des missionnaires chrétiens, 147 écoles de jour et 106 pensionnats étaient en fonction, selon Mme Sturm.

En comparaison, au Canada, on estime que jusqu’à 130 pensionnats ont été en fonction de 1831 à 1996, et c’est sans compter les centaines d’écoles de jour.

Dans les deux cas, des centaines de milliers d’enfants sont passés par ces institutions.

Au Canada, la Commission de vérité et réconciliation évalue à au moins 3200 le nombre d’enfants qui y sont morts. De l’aveu même du ministre canadien des Services aux Autochtones, ça pourrait même être le double».

Ligne bilingue d’appui pour les survivants des pensionnats pour Autochtones au Canada : 1 866 925-4419

L'école de jour catholique Kateri Tekakwitha, à Kahnawake, au Québec

© /Kateri Center L’école de jour catholique Kateri Tekakwitha, à Kahnawake, au Québec

L’enquête lancée aux États-Unis par Deb Haaland tentera de recenser toutes les écoles qui faisaient partie du programme, en mettant l’accent sur toutes archives en lien avec des cimetières ou de potentiels sites d’enterrement qui pourraient ensuite être utilisées pour localiser des restes humains non identifiés».

Le Département assurera également la liaison avec les communautés autochtones des États-Unis, y compris en Alaska et à Hawaï, concernant la gestion de telles sépultures et la production d’un rapport final d’ici avril prochain.

Un drame de plus en plus difficile à ignorer

Au Canada, la situation a pris encore plus d’ampleur mercredi avec l’annonce de la découverte de 751 tombes non marquées en Saskatchewan, près du site de l’ancien pensionnat de Marieval.

La nouvelle a généré un intérêt médiatique hors du commun aux États-Unis, faisant notamment la une du Washington Post vendredi et décrochant une page complète dans le New York Times.

S’il fallait découvrir ces tombes pour que les Canadiens se rendent compte à quel point nous avons du travail à faire, ce sera peut-être un point de départ pour en accomplir encore davantage», a notamment déclaré Justin Trudeau lors d’une conférence de presse vendredi matin.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a répondu aux questions concernant la découverte de 751 tombes non marquées vendredi en conférence de presse.

© Sean Kilpatrick/La Presse canadienne Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a répondu aux questions concernant la découverte de 751 tombes non marquées vendredi en conférence de presse.

Des leaders autochtones pressent le premier ministre canadien d’obtenir des excuses de l’Église catholique formulées par le pape François lui-même en sol canadien, ce qu’il a déjà réclamé à plusieurs reprises, sans toutefois obtenir de réponse.

Si le président américain Joe Biden se joignait à lui, la demande pourrait toutefois être plus difficile à ignorer.

Avec CBC/Radio-Canada 

États-Unis: La Floride redoute le pire en fouillant les décombres d’un immeuble effondré

juin 25, 2021
La Floride redoute le pire en fouillant les decombres d'un immeuble effondre
La Floride redoute le pire en fouillant les décombres d’un immeuble effondré© AFP/Eva Marie UZCATEGUI

L’Amérique redoutait un bilan catastrophique vendredi après l’effondrement spectaculaire d’un immeuble résidentiel près de Miami, le nombre de morts comme celui des personnes manquantes s’étant alourdis, et les secouristes poursuivant leur course contre la montre pour retrouver d’éventuels survivants dans les décombres.

Au moins quatre personnes ont trouvé la mort dans cette catastrophe pour l’heure inexpliquée, survenue aux premières heures de jeudi. Les corps ont été évacués dans des housses mortuaires jaunes, et transportés pour que la police puisse confirmer leur identité et informer les familles.

En tout « 120 personnes ont été localisées (…) mais le nombre de personnes dont nous sommes sans nouvelles est monté à 159 », a déclaré lors une conférence de presse Daniella Levine Cava, la maire du comté de Miami-Dade.

« Nous confirmons une hausse du bilan des morts qui est désormais de quatre », a-t-elle ajouté tout en assurant que les recherches se poursuivaient dans les décombres car les autorités ont « encore un espoir de retrouver des personnes vivantes ».

Une opération de secours dangereuse

Pompiers, unités cynophiles et grues s’activaient ainsi sans relâche vendredi, en dépit des conditions météorologiques difficiles, dans les ruines de cet immeuble situé au sein du complexe Champlain Towers South dans la ville de Surfside, en Floride, dans le sud-est des Etats-Unis.

Des bruits ont été entendus émanant des gravats, sans que les sauveteurs n’aient la certitude qu’ils étaient d’origine humaine.

Les secouristes « sont extrêmement motivés par la perspective de retrouver des gens. Il nous faut les obliger à effectuer leurs rotations, cela montre combien leur motivation est forte », a insisté Daniella Levine Cava.

« Les opérations sont effectuées avec un très fort risque pour ces individus. Des débris leur tombent dessus alors qu’ils font leur travail », a-t-elle précisé.

Une tempête s’est déclenchée vers 22H00 locales dans la nuit de jeudi à vendredi charriant de fortes pluies, sans que les recherches s’interrompent. Un incendie a aussi dû être maîtrisé au niveau du côté nord de l’immeuble. De fortes précipitations continuaient à tomber vendredi sur le site de l’effondrement d’où émanaient des odeurs de caoutchouc et de plastique brûlé.

Le président Joe Biden a déclaré l’état d’urgence vendredi afin de fournir une assistance fédérale pour les opérations de secours et de relogement d’urgence des rescapés.

Selon le sénateur républicain de Floride Marco Rubio, « presque un tiers des disparus (…) sont étrangers ».

Figurent notamment parmi les personnes manquantes, neuf Argentins, trois Uruguayens et six Paraguayens, dont la soeur de la Première dame du Paraguay.

Les recherches pourraient durer « au moins une semaine », a estimé jeudi Andrew Hyatt, un autre responsable de Surfside.

La ville accueille une importante communauté juive et des rabbins ont été mobilisés pour apporter du soutien aux résidents juifs évacués et à leurs proches.

« Nous avons été durement frappés, mais il y a encore de l’espoir », a confié à l’AFP Zalmi Duchman, 41 ans.

L’homme, qui vit à Surfside depuis 20 ans, est venu apporter son aide aux résidents frappés par la tragédie.

« Nous, les Juifs, nous croyons très fort aux miracles et nous n’abandonnons jamais, nous sommes résistants et nous essayons de rester positifs dans les temps difficiles », explique-t-il.

Recherches d’explications

L’effondrement des douze étages de ce complexe donnant sur l’océan, qui a touché environ 55 appartements, s’est déroulé vers 01H30 du matin (05H30 GMT) jeudi, dégageant selon des témoins un grand nuage de poussière sur plusieurs pâtés de maisons.

« J’étais dans un sommeil profond, et j’ai entendu un grand fracas, que j’ai pris pour un crash et de la foudre. Mais ça a continué, pendant 15-20 minutes je dirais », a témoigné Barry Cohen, 63 ans, un habitant de l’immeuble effondré.

Les causes de l’écroulement de ce complexe résidentiel étaient toujours inconnues vendredi mais les hypothèses se multipliaient.

« Je ne sais pas si l’effondrement était prévisible mais nous avons détecté que l’immeuble bougeait dans les années 1990 », a expliqué sur CNN Shimon Wdowinski, professeur spécialisé dans l’environnement à la Florida International University (FIU).

M. Wdowinski est l’un des auteurs d’une étude de 2020 montrant que cet immeuble a subi un affaissement au moins dans les années 1990, à une vitesse d’environ 2 millimètres par an entre 1993 et 1999. L’étude ne dit pas si l’affaissement s’est poursuivi.

« En soi, l’affaissement des sols ne causerait pas l’effondrement d’un immeuble », explique toutefois la FIU dans un communiqué.

L’immeuble a été construit en 1981 et comprenait plus de 130 appartements.

Des travaux visant à mettre le bâtiment aux normes étaient en cours, notamment sur le toit, ont précisé plusieurs responsables, estimant néanmoins peu probable qu’ils soient la cause de l’effondrement.

L’enquête pour déterminer les causes exactes de ce sinistre risque de prendre des semaines, a prévenu un autre expert de la FIU, Atorod Azizinamini, spécialiste en infrastructure.

« Dans ce genre de cas, les ingénieurs spécialistes des structures (…) examinent les plans, la façon dont l’immeuble a été construit, prélèvent des échantillons d’acier, de ciment, examinent les signes de corrosion », a-t-il détaillé.

Par Le Point avec AFP