Posts Tagged ‘Etats-Unis’

San Antonio, en première ligne face à la vague migratoire dans le sud des Etats-Unis

juin 30, 2022
San Antonio, en premiere ligne face a la vague migratoire dans le sud des Etats-Unis
San Antonio, en première ligne face à la vague migratoire dans le sud des Etats-Unis© AFP/CHANDAN KHANNA

Des dizaines de migrants attendent devant un foyer du centre de San Antonio, au Texas. La plupart sont des jeunes hommes, mais quelques femmes, parfois accompagnées d’enfants, sont présentes dans la file. Ils ont passé des heures à chercher un abri contre la pluie, et au crépuscule, continuent d’espérer un repas et un toit pour la nuit.

Avant d’arriver, ils ont dû affronter un voyage dangereux, voire mortel. Lundi, un camion surchauffé et surchargé a été retrouvé dans cette ville texane: parmi ses passagers, 53 personnes sont décédées, l’un des pires drames de l’immigration aux Etats-Unis.

Des milliers de personnes passent chaque année par San Antonio après avoir franchi la frontière avec le Mexique, à quelque 240 km de là. Une première étape avant de rallier d’autres métropoles américaines à la recherche d’un avenir meilleur.

Edwin Sanchez est parmi les premiers de la file. Il a quitté son Venezuela natal le 12 mai, est arrivé il y a 5 jours à San Antonio et espère se rendre rapidement à New York, où une connaissance lui a promis un emploi.

« On attend un peu d’aide. Avec un ou deux jours de travail, je pourrai payer le billet », dit-il.

Cet homme de 42 ans est entré aux Etats-Unis par un poste-frontière en dépit du « Title 42 », une mesure héritée de l’ère Trump qui permet d’expulser tout migrant dépourvu d’un visa, même les demandeurs d’asile, au prétexte de la pandémie de Covid-19.

La mise en oeuvre de cette mesure est inégale: elle concerne peu les Vénézuéliens et Cubains, davantage les Mexicains et les migrants issus d’Amérique centrale.

Quelle que soit la façon dont ils traversent la frontière, s’ils arrivent du nord-est du Mexique, il est probable qu’ils passent par San Antonio, une ville de près de 1,5 million d’habitants.

« Parfait lieu de passage »

On y trouve un aéroport, une gare routière et de nombreuses correspondances pour le reste du pays, explique Roger Enriquez, professeur de criminologie à l’Université du Texas de San Antonio.

« Elle est au croisement de grosses autoroutes: la I-10, qui relie la Californie à la Floride, et la I-35, qui va de Laredo, à la frontière sud, jusqu’au Minnesota, dans le nord. C’est un parfait lieu de passage. »

Cet emplacement attire malheureusement aussi les passeurs, qui profitent du fait que 63 % des habitants soient hispaniques pour passer inaperçus, signale le professeur.

Face à l’arrivée quotidienne de migrants sans ressources, plusieurs associations se mobilisent pour les aider. Corazón Ministries, qui gère le foyer dans le centre-ville, en fait partie.

Ce refuge est ouvert chaque jour entre 19H00 et 08H00 le lendemain, et offre aux migrants un dîner et un lit, indique sa directrice, Monica Sosa.

Près d’elle, peu avant l’ouverture, quelques bénévoles installent des lits de camp frappés du logo de la Croix-Rouge américaine.

Le lieu, censé recevoir environ 150 personnes, en accueille systématiquement davantage, parfois jusqu’à 400, et beaucoup finissent par dormir à même le sol ou dans un parc non loin.

« Les ressources sont très limitées, on a besoin de plus d’aide », assure Monica Sosa.

L’association, financée par des subventions, aide quelques migrants à payer leurs billets de transports, mais voudrait pouvoir faire davantage.

Le lucratif commerce des passeurs

Austin Hernandez, Hondurien de 20 ans, est arrivé il y a quatre jours et n’a toujours pas pu dormir au foyer.

Dans la file d’attente, il se désole du manque d’aide, mais ne désespère pas d’atteindre sa destination, Austin, à seulement 130 km.

« Le chemin a été très difficile. J’ai été agressé, j’ai mendié de la nourriture dans la rue, sans succès. Il faisait froid, il pleuvait, j’ai dormi dehors. »

« Tout ça m’a coûté cher et je n’ai aucun soutien pour me rendre là où je vais », a ajouté le jeune homme, entré aux Etats-Unis en traversant le Rio Grande pour échapper aux patrouilles.

S’il n’a pas eu recours à des passeurs, le désespoir et le renforcement des contrôles à la frontière poussent certains migrants à mettre leur vie entre les mains de ces personnes.

La découverte des 53 personnes mortes lundi est un tragique rappel des risques de ce voyage si lucratif pour les cartels.

« On estime que les passeurs engrangent entre 8.000 et 10.000 dollars par personne, et ils peuvent mettre jusqu’à 100 personnes dans un camion, soit un million de profit », explique le professeur Enriquez.

« Je suis surpris qu’il n’y ait pas plus de tragédies, étant donné le danger et les risques que ces gens prennent », a-t-il conclu.

Par Le Point avec AFP

États-Unis: Au moins 46 migrants périssent dans une remorque au Texas

juin 27, 2022

Trois personnes sont détenues par les autorités relativement à cette tragédie.

Une scène de crime est délimitée sur une route du Texas.

La police a établi une scène de crime après la découverte de plusieurs corps inanimés dans une semi-remorque à San Antonio, au Texas, le 27 juin 2022. Photo : AP/Eric Gay

Au moins 46 personnes soupçonnées d’être des migrants ont été trouvées mortes à l’intérieur d’une remorque, lundi, à San Antonio, au Texas.

Le chef du service des incendies de San Antonio, Charles Hood, ajoute que 16 personnes ont été transportées dans des hôpitaux du secteur, soit 12 adultes et 4 enfants.

Le chef a indiqué que les personnes traitées dans les hôpitaux étaient chaudes au toucher et souffraient d’épuisement attribuable à des coups de chaleur.

En point de presse, le chef du service de police de San Antonio a affirmé qu’il s’agissait du plus important événement du genre dans sa ville.

Ce sont maintenant les autorités fédérales américaines qui s’occupent de l’enquête, a ajouté le chef du service de police. Trois personnes sont détenues par les autorités relativement à cette tragédie.

Un appel de détresse au 911 d’un travailleur à proximité du camion et de la remorque a conduit les autorités à faire la macabre découverte.

Les camions tels que celui retrouvé à San Antonio, à environ 240 km de la frontière avec le Mexique, sont un moyen de transport fréquemment utilisé par des migrants souhaitant entrer aux États-Unis.

Un tel voyage est extrêmement dangereux, d’autant que ces véhicules sont rarement climatisés et que leurs occupants en viennent rapidement à manquer d’eau. Les autorités n’ont pas retrouvé d’eau dans la remorque.

Il fait chaud ces jours-ci dans le sud du Texas. Lundi, à San Antonio, il a fait 39,4 degrés Celsius avec un taux d’humidité élevé.

Le secrétaire mexicain aux Relations extérieures, Marcelo Ebrard, a déclaré sur Twitter que le consul général du Mexique était en direction de San Antonio. Après avoir offert ses condoléances aux victimes et à leurs familles, il a ajouté que la nationalité des victimes était pour le moment inconnue.

Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a blâmé le président Joe Biden pour cette tragédie. Ces morts sont une conséquence de sa politique d’ouverture des frontières. Cette tragédie montre les conséquences mortelles de son refus de faire respecter la loi.

En 2017, une tragédie similaire avait marqué les esprits : dix migrants avaient trouvé la mort dans une remorque surchauffée garée sur un stationnement près de San Antonio.

Radio-Canada avec les informations de Reuters et Agence France-Presse

États-Unis: Premier État à avoir criminalisé l’avortement, le Missouri entre la fierté et le choc

juin 27, 2022
L'oratoire St. Francis de Sales, à St. Louis, au Missouri.

Le Missouri est le premier État à avoir interdit l’avortement. Photo: Radio-Canada

Le procureur général du Missouri Eric Schmitt était prêt. La loi était écrite depuis quelques semaines déjà et lorsque la décision de la Cour suprême est tombée, il n’a eu qu’à apposer sa signature pour que l’avortement devienne illégal au Missouri. L’État est ainsi devenu le premier à légiférer contre l’avortement après le jugement du plus haut tribunal américain.

Ils écoutent la messe.

Des centaines de fidèles se réunissent chaque semaine à l’oratoire St. Francis de Sales de Saint Louis. Photo : Radio-Canada

À l’oratoire St. Francis de Sales dans la ville de Saint Louis, la décision de criminaliser l’avortement fait l’unanimité. L’église accueille tous les dimanches la communauté de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, une société de la mouvance catholique traditionaliste. La messe y est célébrée en latin et des centaines de fidèles y assistent chaque semaine.

Originaire de la France, Pierre Dumain est vicaire depuis quatre ans dans cette paroisse du sud de la ville. Il partage et enseigne ses valeurs pro-vie avec les jeunes de sa communauté. Et ses convictions, dit-il, vont au-delà de la tradition religieuse. Il y a le cinquième commandement : « Tu ne tueras pas », mais ce n’est pas parce que je suis catholique que je ne tue pas. Un athée ne tue pas un être humain. Un embryon est un être humain, donc on ne le tue pas explique-t-il.

« Tuer un enfant sans défense, c’est le plus grand crime. »— Une citation de  Pierre Dumain, vicaire, oratoire St. Francis de Sales

Pierre Dumain en entrevue

Pierre Dumain est vicaire depuis quatre ans à Saint Louis. Photo : Radio-Canada

Dans la communauté, les familles sont nombreuses. Au sous-sol de l’église où les fidèles se rassemblent après la messe, il n’est pas rare de croiser des familles de 6, 7 ou même 12 enfants. L’avortement, pour eux, n’est pas une option même en cas de viol.

Confronté à cette question, Pierre Dumain répond que ce n’est pas grâce à l’avortement que l’on peut combattre la culture du viol. La question d’abord, c’est pourquoi il y a des viols? Pourquoi il y a ce manque de respect pour la femme? soutient-il.

Elle est entourée d'une clôture.

Planned Parenthood était la seule clinique d’avortement de tout le Missouri. Photo : Radio-Canada

À quelques kilomètres de l’oratoire se trouve la seule clinique d’avortement de tout le Missouri. À Planned Parenthood, depuis vendredi, quiconque y pratique une interruption volontaire de grossesse s’expose à une peine de 5 à 15 ans de prison. L’avortement est devenu un crime passible de la même peine qu’un homicide volontaire.

Dorénavant, les avortements sont autorisés seulement dans les cas où la vie de la mère est en danger. La loi vise à punir les médecins qui pratiquent des avortements et non leurs patientes.

C’est un choc, lance Tania Thomas. J’avais entendu que c’était en discussion, mais je n’avais jamais pensé qu’ils prendraient les droits aux femmes, poursuit cette Québécoise qui habite la banlieue de Saint Louis depuis plus de 25 ans.

Elle craint maintenant que les élus républicains aillent plus loin. Ils pourraient très bien décider de s’en prendre ensuite au mariage entre deux personnes du même sexe ou bien les autres droits à la contraception, dit la mère de famille.

Jade et Tania Thomas

Jade et Tania Thomas, mère et fille s’inquiètent des impacts de la criminalisation de l’avortement au Missouri Photo : Radio-Canada

Sa fille, Jade, s’inquiète également. La jeune femme de 25 ans est anthropologue et termine un doctorat en médecine à l’Université Washington de Saint Louis. Ses études l’ont menée à travailler dans une clinique venant en aide à des femmes victimes de violence conjugale, et la criminalisation de l’avortement maintiendra les femmes prisonnières du cercle de la violence.

Dans des foyers où il y a de la violence conjugale, la grossesse est en quelque sorte une façon de garder les femmes prisonnières de ce modèle et plus rien ne pourra plus arrêter ça, déplore-t-elle.

« Je sens que notre futur est menacé. »— Une citation de  Jade Thomas

De retour à l’oratoire St. Francis de Sales, Pierre Dumain, lui, croit plutôt que cette décision aura un effet positif dans les États qui suivront l’exemple du Missouri. On va voir les résultats dans quelques années dans les États qui l’ont interdit et ceux qui l’autorisent. On verra que des États, où l’avortement demeurera légal, vont s’effondrer […] Sans enfant, la perte des valeurs familiales va détruire le tissu social, croit-il.

Pour l’instant, force est d’admettre que c’est le débat autour de cette loi qui menace le tissu social du Missouri.

Avec Radio-Canada par Valérie Gamache

Révocation du droit à l’avortement : les stars américaines vent debout

juin 27, 2022

Taylor Swift, Mariah Carey, Kim Kardashian… Les célébrités sont montées au créneau tout le week-end après la décision de la Cour suprême des États-Unis.

Lors d'une manifestation a New York apres la decision de la Cour supreme des Etats-Unis de revoquer le droit federal a l'avortement, le 24 juin.
Lors d’une manifestation à New York après la décision de la Cour suprême des États-Unis de révoquer le droit fédéral à l’avortement, le 24 juin.  © SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Il n’a pas fallu longtemps pour voir les stars américaines dire tout le mal qu’elles pensaient de la révocation du droit fédéral à l’avortement décidée par la Cour suprême des États-Unis vendredi dernier. Un arrêt qui n’interdit pas l’avortement sur tout le territoire, mais qui autorise les États à le faire, ou non, sur leur propre sol. Dès vendredi, au moins huit États ont rendu tout avortement illégal et sept autres ont prévu de faire de même dans les prochaines semaines. D’autres, comme la Californie et New York, ont promis d’être des « sanctuaires » garantissant aux femmes le droit à un avortement légal et sûr.

« Je suis absolument terrifiée à l’idée que nous en soyons arrivés là », a ainsi réagi Taylor Swift sur Twitter, en partageant le communiqué de Michelle Obama, dans lequel l’ex-first lady dit avoir « le cœur brisé ». « Après tant de décennies pour le droit des femmes à disposer de leurs corps, et voir la décision prise aujourd’hui nous retirer ce droit… », déplore la chanteuse. Vive réaction également de Mariah Carey sur les réseaux sociaux : « Il est absolument insupportable et décourageant de devoir essayer d’expliquer à ma fille de 11 ans pourquoi nous vivons dans un monde où les droits des femmes se désintègrent sous nos yeux… »

Même colère chez la jeune chanteuse Billie Eilish, qui dénonce « un jour vraiment, vraiment sombre pour les femmes américaines » pendant que Kim Kardashian a jugé la décision « effrayante et déchirante ». De son côté, Alyssa Milano met en garde sur « les conséquences morales » de cet arrêt, notamment « sur les personnes de couleur qui endurent une discrimination injuste dans notre pays et connaissent déjà un taux disproportionné de mortalité maternelle ».

L’actrice Patricia Arquette évoque, elle, une « catastrophe absolue », en regrettant le manque de mobilisation sur le sujet. « Nous n’avons pas été assez réactifs, nous l’avions vu venir »… Il faut dire que certains signes avant-coureurs étaient perceptibles, l’État du Texas avait déjà interdit l’avortement après six semaines de grossesse dès septembre dernier, suscitant une première vague de mobilisation chez les artistes.

« Fuck you ! »

Certaines célébrités s’en sont prises directement aux juges de la Cour suprême à l’exemple de Bette Midler : « Comment osent-ils ? S’est-elle emportée. Cette cour est totalement sourde à la volonté et aux besoins réels du peuple américain. » Même réaction de la part d’Olivia Rodrigo, qui a lancé « On vous déteste ! » directement sur la scène du festival de Glastonbury, en Angleterre « Je voudrais dédicacer cette chanson aux cinq membres de la Cour suprême qui nous ont montré qu’en fin de compte, ils n’en avaient rien à foutre de la liberté ! » Et d’entonner dans la foulée avec Lily Allen une interprétation musclée de « Fuck You », le tube de la chanteuse britannique.

Les stars féminines du sport ont également fait entendre leurs voix, à l’exemple de Megan Rapinoe, de l’équipe de football des États-Unis, qui a jugé cette décision « totalement absurde ». « Il est difficile d’exprimer à quel point ce jour est triste pour moi, pour mes coéquipières, pour toutes les personnes que cela va affecter… » Quant à la ligue des basketteuses professionnelles (WNBA), elle juge cette politique « complètement déconnectée du pays et de tout sens de la dignité humaine ».

Enfin, Certaines personnalités appellent à la résistance, comme Lynda Carter, l’ex-héroïne de la série Wonder Woman, qui estime qu’il faut garder espoir : « La douleur est incommensurable, écrit-elle sur Twitter. Mais un jour, espérons-le, nous trouverons le chemin d’un avenir où la liberté reproductive sera à jamais inscrite dans la loi fédérale ». En attendant, la chanteuse Lizzo a promis de donner 500 000 dollars à Planned Parenthood, l’équivalent de notre planning familial pour continuer le soutien auprès des femmes. « Le plus important, c’est l’action et les voix fortes » a conclu l’artiste militante, qui annonce que son tourneur Live Nation mettra autant d’argent au pot, à la fin de ses shows. Un exemple qui pourrait être suivi par d’autres.

Avec Le Point par Marc Fourny

Jusqu’à 50 °C en Californie : une canicule record frappe les États-Unis

juin 12, 2022

Le Sud-Ouest américain est touché par une vague de chaleur inédite, avec des températures allant jusqu’à 46 °C à Phoenix, rapporte le « Guardian ».

La temperature a atteint 55 ?C, le 11 juillet 2021, dans le parc national de Death Valley, en Californie.
La température a atteint 55 °C, le 11 juillet 2021, dans le parc national de Death Valley, en Californie.
 © DAVID BECKER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Le mercure atteint des records aux États-UnisAu même titre que la France, le Sud-Ouest américain est frappé par un épisode de très fortes chaleurs ce week-end. Comme le relate le Guardian, dimanche 12 juin, plusieurs grandes villes de la région suffoquent sous des températures extrêmement élevées. C’est notamment le cas à Phoenix, où les habitants ont supporté jusqu’à 46 °C, un record depuis 1918.

Un autre record, datant de 1956, a été battu à Las Vegas. Avec 46 °C enregistrés, la température pourrait même augmenter dans les prochains jours, d’après l’agence météorologique nationale américaine. Idem dans le Colorado, à Denver, où le mercure a atteint les 38 °C. Il s’agit d’ailleurs d’un double record : celui de la plus forte température depuis 2013 et du jour le plus tôt de l’année à atteindre les 38 °C. Une chaleur presque supportable, quand on la compare au ciel de plomb de la vallée de la mort, en Californie, avec ses 50 °C enregistrés samedi.

La planète ne cesse de chauffer

Les températures élevées sont monnaie courante dans le désert américain. Pour autant, ces épisodes records de chaleur ne sont pas à prendre à la légère. Comme le rappelle le Guardian, ce phénomène cause davantage de décès que n’importe quel autre désastre environnemental, tel que les ouragans, les inondations ou les tornades. En 2021, la canicule historique de l’ouest du Canada et des États-Unis a entraîné la mort de 700 personnes, en raison de violents incendies.

Les autorités californiennes sont donc particulièrement vigilantes sur les dangers de cette nouvelle canicule alors que la quasi-totalité de l’État est en état de sécheresse, souvent extrême, voire « exceptionnelle ». Une loi devrait prochainement être adoptée en Californie pour instaurer un système généralisé d’alerte en cas de canicule extrême, comme il en existe pour les ouragans ou les tornades dans d’autres régions des États-Unis. En raison des gaz à effet de serre générés par les activités humaines, principalement par les énergies fossiles, la planète a déjà gagné environ 1,1 °C depuis l’ère pré-industrielle. En Californie, les températures moyennes au cours de l’été sont désormais supérieures de 1,6 °C à leur niveau de la fin du XIXe siècle.

Par Le Point avec AFP

États-Unis-Immigration : Biden veut une « responsabilité partagée » avec les pays d’Amérique latine

juin 11, 2022
Salle de conférence.

Le Sommet des Amériques, lancé en 1994 à Miami et qui ne s’était plus tenu aux États-Unis depuis, est censé célébrer une nouvelle ère dans les relations sur le continent, notamment après les accrocs ayant marqué la présidence de Donald Trump. Photo : Getty Images/Mario Tama

Vingt pays ont lancé vendredi un partenariat sur l’immigration en Amérique latine, sous la houlette des États-Unis et en conclusion d’un « Sommet des Amériques » marqué par plus de frictions que d’annonces concrètes ou spectaculaires.

Aucun pays ne doit être laissé seul face aux mouvements de population croissants qui voient des milliers de personnes tenter de passer la frontière entre le Mexique et les États-Unis, fuyant la misère et l’insécurité, a dit le président américain Joe Biden vendredi.

Se tenant avec les autres signataires de la Déclaration de Los Angeles, alignés devant une rangée de drapeaux, il a affirmé que l’immigration sûre et légale bénéficiait au développement économique, mais jugé également qu’il fallait protéger les frontières contre les entrées illégales, avec humanité.

Joe Biden veut poser le principe d’une responsabilité partagée entre États sur un sujet qui lui vaut des attaques constantes de la droite américaine.

La Déclaration de Los Angeles recouvre divers engagements ou rappels d’engagements passés, en termes d’accueil de migrants et de régulation des flux, mais n’a pas de dimension contraignante.

Le texte, diffusé par la Maison-Blanche, a été signé par l’Argentine, La Barbade, le Bélize, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l’Équateur, le Salvador, le Guatemala, Haïti, le Honduras, la Jamaïque, le Mexique, les États-Unis, le Panama, le Paraguay, le Pérou et l’Uruguay.

Joe Biden a espéré vendredi que d’autres pays verront le potentiel de ce partenariat qu’il a qualifié d’historique.

Dans ce cadre, les États-Unis vont accueillir 20 000 réfugiés venus d’Amérique latine en 2023 et 2024, soit, selon l’exécutif américain, le triple du nombre de réfugiés accueillis cette année.

La Maison-Blanche a aussi annoncé vendredi une enveloppe de 314 millions de dollars d’aide humanitaire à destination surtout des migrants vénézuéliens.

Plus de six millions de Vénézuéliens ont fui leur pays, en proie à une très grave crise économique et sociale.

Des absents de taille

Ni le Venezuela, ni Cuba ni le Nicaragua n’ont été conviés par Washington, ce qui a suscité de vives critiques de certains dirigeants et le boycott pur et simple du président du Mexique, Andrés Manuel Lopez Obrador.

Le Sommet des Amériques, lancé en 1994 à Miami et qui ne s’était plus tenu aux États-Unis depuis, est censé célébrer une nouvelle ère dans les relations sur le continent, notamment après les accrochages ayant marqué la présidence de Donald Trump.

Mais il se conclut, pour les Américains, sur un bilan mitigé.

Joe Biden a ainsi connu un vrai moment d’embarras diplomatique jeudi quand le premier ministre du Belize puis le président argentin l’ont critiqué au sujet de l’absence de Cuba et du Venezuela, en pleine séance plénière, et alors qu’il était assis à quelques mètres.

Le chef de l’État américain a fait bonne figure, applaudissant toutes les interventions, même les plus critiques, et serrant la main des dirigeants concernés à leur descente de l’estrade. Il a assuré que sur le fond, l’unité était de mise avec les pays du continent.

Et vendredi, il a pu se réjouir des satisfecit du Mexique et du Brésil, qui ont semblé vouloir terminer sur une note positive.

L’ombre de la Chine

Le chef de la diplomatie mexicaine Marcelo Ebrard a ainsi salué des résultats très positifs.

Quant au président brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro, avec qui les sujets de frictions ne manquent pas, il a qualifié de fantastique son face-à-face de la veille avec Joe Biden et a tenu des propos conciliants sur l’environnement, assurant que le Brésil pouvait développer son agriculture tout en préservant l’Amazonie.

Les États-Unis s’inquiètent de l’influence croissante de la Chine sur une région qu’ils ont toujours considérée comme leur pré carré, et de la dépendance commerciale très forte de tous les pays, eux compris, envers Pékin.

Mais l’administration Biden a fait clairement comprendre qu’elle ne suivrait pas l’exemple chinois, synonyme de gros investissements et de grands projets d’infrastructures en Amérique latine.

Une anecdote est venue rappeler l’omniprésence de la Chine, dont le nom n’a été que très peu évoqué à Los Angeles, publiquement du moins.

La Chambre de commerce américaine a ainsi distribué en marge du sommet un sac bleu rempli de cadeaux censés promouvoir l’industrie américaine

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

États-Unis : fini, les tests Covid-19 pour les voyageurs arrivant en avion

juin 10, 2022

Dès dimanche, les tests de dépistage contre le Covid-19 ne seront plus nécessaires pour se rendre aux États-Unis, a annoncé Washington.

L'O'Hare International Airport, a Chicago, aux Etats-Unis
L’O’Hare International Airport, à Chicago, aux États-Unis© KAMIL KRZACZYNSKI / AFP

La Maison-Blanche a annoncé, ce vendredi, la levée de l’obligation de test de dépistage du Covid-19 pour les voyageurs arrivant dans le pays par avion. En décembre 2021, alors que le pays était confronté à l’arrivée du variant Omicron, les autorités sanitaires avaient durci les procédures de test pour entrer aux États-Unis. Tous les voyageurs âgés de plus de 2 ans, embarquant dans un vol depuis l’étranger à destination des États-Unis, devaient présenter un test négatif de moins d’un jour avant le décollage, et ce, quel que soit leur statut vaccinal.

Selon un porte-parole de la présidence, Kevin Munoz, qui a annoncé sur Twitter la levée de cette exigence, les autorités sanitaires vont continuer « à évaluer les besoins en fonction de la science et du contexte de la circulation des variants ». La fin de l’obligation entrera en vigueur dimanche, selon des médias américains.

Plusieurs autres pays, notamment en Europe, avaient déjà cessé d’exiger un test pré-embarquement de la part des voyageurs internationaux. À la suite d’une décision de justice, le port obligatoire du masque a aussi été levé aux États-Unis en avril dans les transports publics, et notamment dans les avions.

100 000 nouveaux cas quotidiens

Les États-Unis enregistrent actuellement plus de 100 000 nouveaux cas de Covid-19 par jour, un chiffre par ailleurs largement sous-estimé selon les experts. La hausse récente a été liée aux sous-variants d’Omicron.

Environ 300 personnes meurent toujours de la maladie dans le pays quotidiennement, mais les autorités sanitaires soulignent désormais les nombreux remèdes disponibles, dont les vaccins, mais aussi l’antiviral Paxlovid en cas d’infection.

Par Le Point avec AFP

Etats-Unis: la sombre litanie de fusillades se poursuit, des élus travaillent sur des réformes

juin 5, 2022
Etats-Unis: la sombre litanie de fusillades se poursuit, des elus travaillent sur des reformes
Etats-Unis: la sombre litanie de fusillades se poursuit, des élus travaillent sur des réformes© AFP/Archives/Johannes EISELE

Au moins six personnes sont mortes dans la nuit de samedi à dimanche aux Etats-Unis au cours de fusillades, s’ajoutant à une série de drames auxquels les élus peinent à répondre, car freinés par les réticences à réguler davantage le port d’armes.

A Philadelphie, dans le nord-est, des tireurs ont ouvert le feu sur la foule dans une rue bondée.

« Quatorze personnes (…) ont été touchées par des tirs et hospitalisées », a déclaré aux journalistes l’inspecteur de police D.F. Pace. « Trois de ces personnes, deux hommes et une femme, ont été déclarées mortes après leur arrivée dans les hôpitaux, atteintes de multiples blessures par balle ».

Et à Chattanooga, dans le Tennessee (sud), deux personnes sont mortes par balles et une troisième a succombé après avoir été percutée par un véhicule lors d’une fusillade, selon la police locale.

« Plus d’un tireur était impliqué », a indiqué la cheffe de la police de Chattanooga, Celeste Murphy, à la presse.

Le pays est marqué par une flambée de violences par armes à feu, en particulier la tuerie dans une école au Texas le 24 mai (19 enfants et deux enseignantes tués). Depuis, plus d’une vingtaine de fusillades ont eu lieu, selon l’association Gun Violence Archive.

L’inspecteur Pace, à Philadelphie, a précisé aux médias locaux que les policiers allés sur place avaient « observé plusieurs tireurs ouvrant le feu sur la foule » dans la zone animée de South Street.

Selon lui, les policiers ont ouvert le feu sur l’un des tireurs qui a laissé tomber son arme et s’est enfui, mais l’on ne sait pas s’il a été touché.

D’après l’inspecteur Pace, deux armes semi-automatiques ont été retrouvées sur place, dont l’une avec un chargeur à grande capacité.

Un témoin, Eric Walsh, a décrit au Philadelphia Inquirer les gens fuyant la fusillade « avec des éclaboussures de sang sur des baskets blanches et des genoux écorchés, des coudes écorchés ».

Assez »

Le président démocrate Joe Biden avait appelé jeudi le Congrès à restreindre les ventes de fusils d’assaut et fustigé les élus républicains qui s’y opposent, déplorant que « trop d’endroits du quotidien (soient) devenus des lieux de tuerie, des champs de bataille ».

Le sénateur démocrate Chris Murphy travaille avec un groupe de parlementaires issus des deux grands partis américains sur des réformes, une tâche ardue car les républicains rejettent quasi systématiquement la plupart des mesures destinées à réguler les armes.

M. Murphy a dit dimanche que le groupe espérait élaborer une série de lois qui pourrait avoir le soutien d’au moins dix républicains, en plus de l’accord attendu de presque tous les démocrates.

« Je pense que la possibilité de succès est meilleure que jamais », a-t-il déclaré à CNN. « Mais je pense que les conséquences d’un échec pour toute notre démocratie sont plus importantes que jamais ».

Les mesures en cours d’élaboration comprendraient probablement, selon lui, « un investissement important dans la santé mentale, des fonds pour la sécurité des écoles et quelques changements modestes mais forts dans les lois sur les armes à feu », y compris une expansion des vérifications des antécédents pour les achats d’armes à feu.

Selon un sondage de CBS News, une majorité d’Américains se disent favorables à un durcissement des règles sur la possession d’armes, 81 % disant par exemple être pour une vérification des antécédents pour tous les acheteurs potentiels. Mais, d’après ce sondage, ils jugent que le passage de telles restrictions est notamment entravé par l’inaction des politiques.

Face à la répétition des violences, Joe Biden a encore dit « assez » dimanche.

« Au Texas, vous pouvez avoir 18 ans et acheter une arme d’assaut – même si vous ne pouvez pas acheter de pistolet avant d’avoir 21 ans. Si nous ne pouvons pas interdire les armes d’assaut comme nous le devrions, nous devons au moins augmenter l’âge pour acheter des armes d’assaut à 21 ans », a-t-il tweeté.

Aux Etats-Unis, 393 millions d’armes à feu — plus que la population — circulaient en 2020.

Outre la tuerie du Texas, une série de fusillades meurtrières se sont produites récemment. Le 14 mai, un homme blanc se définissant comme « raciste » et « antisémite » a ainsi tué dix personnes noires dans un supermarché de Buffalo, à la frontière entre les Etats-Unis et le Canada.

Et quatre personnes ont été tuées lors d’une fusillade dans un hôpital de Tulsa (Oklahoma). Le tireur visait le médecin qui l’avait opéré du dos et qu’il jugeait responsable de ses douleurs, selon la police.

Par Le Point avec AFP

États-Unis: 21 morts, dont 18 enfants, lors d’une fusillade dans une école du Texas

mai 24, 2022
Une femme réagit dans la foulée de la fusillade survenue au Texas.

Cette nouvelle fusillade a suscité l’effroi et le désespoir chez les parents d’enfants fréquentant l’école ciblée par le tireur. Photo : Reuters/Marco Bello

Un jeune homme a ouvert le feu mardi dans une école primaire au Texas, tuant 18 enfants et 3 autres personnes, un drame qui replonge les États-Unis dans le cauchemar récurrent des fusillades en milieu scolaire.

Le suspect, âgé de 18 ans, a agi d’une façon atroce et insensée dans la ville d’Uvalde, a déclaré le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, lors d’une conférence de presse.

Le tireur présumé, identifié comme Salvador Ramos, est lui aussi mort dans cette tuerie qui a touché la commune située à environ 130 kilomètres à l’ouest de San Antonio.

Il aurait d’abord visé sa grand-mère, dont l’état de santé restait à préciser, avant de se rendre à l’école et d’abandonner sa voiture pour entrer dans le bâtiment avec une arme de poing et peut-être un fusil, selon le gouverneur.

Les mobiles de cette attaque, l’une des pires dans une école depuis des années, étaient pour l’instant inconnus.

La fusillade s’est produite à l’école primaire Robb, qui accueille des enfants âgés de 5 à 7 ans à Uvalde. Plus de 500 enfants, dont près de 90 % d’origine hispanique, étudiaient dans l’établissement pendant l’année scolaire 2020-2021, selon des données de l’État.

Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montraient des enfants évacués en urgence, courant par petits groupes vers des bus scolaires jaunes, devant cet établissement aux bâtiments bas et plats, typiques du sud des États-Unis.

Le président [Joe] Biden est tenu informé de la tuerie est continue de l’être à mesure que les informations sont disponibles, a indiqué la porte-parole de la présidence, Karine Jean-Pierre.

« Les prières [du président Biden] vont aux familles frappées par cet événement épouvantable. »— Une citation de  Karine Jean-Pierre, porte-parole de la Maison-Blanche

M. Biden s’exprimera mardi soir, à l’issue de sa tournée en Asie.

Dans une proclamation, le président Biden a ordonné la mise en berne des drapeaux à la Maison-Blanche ainsi que sur les bâtiments et lieux publics des États-Unis jusqu’à samedi soir, en signe de respect pour les victimes de cet acte de violence insensée.

La cheffe des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a dit qu’il s’agissait d’un acte monstrueux qui a volé l’avenir de chers enfantsIl n’existe pas de mots pouvant décrire la douleur et l’indignation face au massacre de sang-froid de petits écoliers et d’enseignants, a-t-elle écrit dans un communiqué.

Ted Cruz, sénateur républicain du Texas, a remercié sur Twitter les forces de l’ordre héroïques et les secours pour leur intervention lors de cette horrible fusillade.Des policiers lourdement armés.

La police a dit avoir appréhendé le présumé tireur. Photo : AP/Dario Lopez-Mills

Des drames fréquents

Cette attaque a replongé le pays dans les affres des fusillades en milieu scolaire, qui se répètent fréquemment avec des images choquantes d’élèves traumatisés, obligés de se confiner dans leur classe avant d’être évacués par les forces de l’ordre et de parents paniqués cherchant désespérément à avoir des nouvelles de leurs enfants.

Le drame rappelle celui de l’école primaire de Sandy Hook, à Newtown, dans le Connecticut, où un déséquilibré âgé de 20 ans avait tué 26 personnes, dont 20 enfants âgés de 6 et 7 ans, avant de se suicider.

Chris Murphy, sénateur démocrate de cet État, a supplié mardi ses collègues élus d’agir, assurant que ces tragédies n’étaient pas inévitables.

« Cela n’arrive que dans ce pays, et nulle part ailleurs. Dans aucun autre pays, les enfants ne vont à l’école en pensant qu’ils pourraient se faire tirer dessus. »— Une citation de  Chris Murphy, sénateur démocrate du Connecticut

Trop, c’est trop, s’est emportée pour sa part la vice-présidente américaine Kamala Harris, appelant à agir pour réguler les armes. Nos coeurs continuent d’être brisés.

Nous devons trouver le courage d’agir, a-t-elle ajouté à l’intention du Congrès, impuissant à légiférer malgré les tragédies.

Le pays avait aussi été particulièrement marqué par une fusillade dans une école de Parkland, en Floride, qui avait fait 17 morts, dont une majorité d’adolescents, en 2018.

Et à la mi-mai, les États-Unis ont été endeuillés par une fusillade raciste qui a causé la mort de 10 Afro-Américains dans un supermarché de Buffalo, dans l’État de New York.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Le Congrès américain débloque 40 milliards de dollars pour l’Ukraine

mai 19, 2022
Le Congres americain debloque 40 milliards de dollars pour l'Ukraine
Le Congrès américain débloque 40 milliards de dollars pour l’Ukraine© AFP/Jim WATSON

Le Congrès américain a débloqué jeudi une gigantesque enveloppe de 40 milliards de dollars pour l’Ukraine, au moment où le Pentagone met en garde contre un conflit de longue durée.

Au sein de ce grand paquet d’aide: 6 milliards de dollars pour permettre à l’Ukraine de s’équiper en véhicules blindés et de renforcer sa défense anti-aérienne.

« Nous continuons à penser que ce conflit va durer », a indiqué jeudi à la presse un haut responsable du ministère américain de la Défense.

Les chefs d’état-major américain et russe, le même jour, se sont parlé au téléphone, pour la première fois depuis le début de l’invasion russe.

« Les Russes ont encore à leur disposition une part importante des capacités qu’ils avaient amassées depuis l’automne » aux frontières, a-t-il souligné, estimant que l’armée russe parvenait à renforcer son contrôle sur le Donbass et le sud du pays.

La colossale enveloppe du Congrès prévoit par ailleurs près de 9 milliards de dollars pour assurer entre autres « la continuité des institutions démocratiques ukrainiennes », ainsi qu’un large volet humanitaire.

Plus que de la « charité »

« Les mesures d’aide à l’Ukraine sont bien plus que de la simple charité », a assuré le chef des républicains au SénatMitch McConnell.

« Quand il s’agit de Poutine, on choisit soit de payer maintenant, ou de le payer plus tard », a argué le sénateur républicain Lindsey Graham, pas vraiment connu pour soutenir les politiques de Joe Biden.

Fait rare dans un Congrès si habitué aux querelles politiques: ces 40 milliards de dollars de dépenses – l’équivalent du PIB du Cameroun en 2020 — ont bénéficié d’un très large soutien transpartisan.

Le projet de loi, déjà validé par les élus de la Chambre la semaine dernière, n’a plus qu’à être ratifié par le président Joe Biden, qui réclamait depuis plusieurs semaines un vote rapide, sous peine de voir s’assécher l’aide à l’Ukraine.

Ce dernier, en route pour une tournée en Asie, a « applaudi » dans un communiqué ce vote du Congrès, qui « envoie au monde le message (…) que les Etats-Unis se tiennent aux côtés du peuple ukrainien ».

Son administration, en attendant cette nouvelle arrivée massive de fonds, a validé jeudi un nouveau volet d’assistance militaire pour un montant de 100 millions de dollars, portant à 3,9 milliards au total l’aide déjà apportée par les Etats-Unis, sous forme d’armement et d’équipement.

Au-delà de cet effort financier et logistique massif, les Etats-Unis continuent à déployer toute leur puissance diplomatique pour serrer toujours plus les rangs occidentaux face à Moscou.

Otan

Joe Biden a accueilli avec beaucoup de solennité jeudi la Première ministre suédoise Magdalena Andersson et le président finlandais Sauli Niinistö, qui viennent d’officialiser leur demande d’adhésion à l’Otan, rompant avec leur position historique de non-alignement.

Les deux pays remplissent « tous les critères » pour adhérer à l’Otan et ont « le soutien total et complet des Etats-Unis d’Amérique », a assuré le dirigeant démocrate.

Joe Biden a annoncé saisir le Congrès pour qu’il approuve « le plus rapidement possible » cet élargissement de l’alliance atlantique, que les Etats-Unis tiennent pour un triomphe tactique face à Moscou.

La ratification devrait être une formalité: comme l’aide à l’Ukraine, l’accueil de la Finlande et de la Suède dans l’Otan fait consensus auprès des parlementaires des deux bords.

Après s’être cantonné à des armes vues comme défensives, Washington envoie désormais artillerie, hélicoptères et drones à l’armée ukrainienne, dont des soldats sont formés au maniement de ces armes aux Etats-Unis ou dans des pays tiers avant de retourner au front.

Quelque 9 milliards de dollars des fonds que le Congrès a approuvés doivent aussi permettre aux Américains de regarnir leurs propres stocks d’armement.

Par Le Point avec AFP