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États-Unis: Visite médicale pour Donald Trump

novembre 16, 2019

 

Journée d’examens médicaux pour Donald Trump: le président américain, 73 ans, s’est rendu samedi après-midi à l’hôpital militaire de Walter Reed, dans la proche banlieue de Washington. Sa dernière visite médicale annuelle remonte à février, mais le locataire de la Maison Blanche a, selon l’exécutif, décidé d’anticiper un peu en raison du calendrier électoral.

«Prévoyant une année 2020 très chargée, le président profite d’un week-end calme à Washington pour entamer sa visite médicale annuelle à Walter Reed», a indiqué Stephanie Grisham, sa porte-parole. À l’issue sa visite de début d’année, Sean Conley, médecin de la Maison Blanche, avait annoncé que Donald Trump mesurait 1m90, pesait 110kg et que son état de santé général était «très bon».

En 2018, Ronny Jackson, qui occupait alors le poste de médecin de la Maison Blanche, avait lui assuré, lors d’une surprenante conférence de presse, que le milliardaire républicain avait des «gènes incroyablement bons». «Il est apte à exercer ses fonctions. Je pense qu’il le restera jusqu’à la fin de son mandat et même jusqu’à la fin d’un autre mandat s’il est réélu», avait-il ajouté, s’éloignant de la réserve et la rigueur à laquelle s’en tiennent d’ordinaire les médecins militaires.

Le Figaro.fr avec AFP

États-Unis: Destitution de Trump: une diplomate irréprochable devant le Congrès

novembre 15, 2019

Marie Yovanovitch, ex-ambassadeur américain à Kiev, a livré un témoignage sobre et émouvant du déroulement de son ambassade entre 2016 et 2019.

Commentée en direct par un tweet sarcastique de Trump, l’audition au Congrès de Marie Yovanovitch, ex-ambassadeur américain à Kiev, s’est déroulée dans une ambiance tendue entre parlementaires républicains et démocrates.

La diplomate a été entendue pendant toute la matinée de vendredi par la commission parlementaire chargée de l’enquête pour la destitution de Donald Trump. Elle a livré un témoignage sobre et émouvant du déroulement de son ambassade entre 2016 et 2019. Elle a raconté comment elle a vu se mettre en place un réseau diplomatique parallèle, composé par l’avocat personnel de Trump, Rudy Giuliani et l’ambassadeur américain auprès de l’Union Européenne Gordon Sondland. Elle a décrit comment elle a été victime d’une campagne de calomnie à Washington et à Kiev, mettant en cause ses capacités professionnelles. Elle a expliqué les circonstances dans lesquelles elle a été finalement rappelée à Washington sans explications en mai 2019, par un simple coup de téléphone, quelques jours avant la cérémonie d’entrée en fonction du nouveau président ukrainien Zelensky.

« L’ancienne ambassadeur américaine, la femme, c’était une mauvaise nouvelle… Il va lui arriver des choses ».

Donald Trump au président ukrainien

Elle a enfin expliqué comment elle a été «choquée», et «dévastée» quand elle avait découvert qu’elle avait été citée par Donald Trump dans sa conversation du 25 juillet avec son homologue ukrainien: «L’ancienne ambassadeur américaine, la femme, c’était une mauvaise nouvelle», avait dit Trump à Zelensky, «il va lui arriver des choses».

«Les gens qui m’ont vu lire la transcription ont vu mon visage perdre toutes ses couleurs», a dit Yovanovitch.

Au même moment, un message de Trump sur Twitter a été lu par Adam Schiff, le président de la Commission. «Ça a mal tourné partout où elle est allée», a écrit Trump, «elle a commencé en Somalie, on a vu comment ça s’est passé. Et jusqu’à l’Ukraine, où le nouveau président ukrainien a parlé d’elle défavorablement dans mon deuxième appel téléphonique».

«C’est très intimidant», a reconnu l’ambassadeur devant la commission.

Forte impression

Si elle n’a pas apporté d’éléments nouveaux sur l’enquête, Yovanovitch a fait une forte impression sur l’auditoire. Les parlementaires républicains eux-mêmes ont rendu hommage à sa carrière et à son professionnalisme. À un parlementaire qui lui demande si elle est une opposante à Trump, elle rappelle qu’elle est entrée dans la carrière diplomatique sous Ronald Reagan, et qu’elle a servi sous plusieurs présidents républicains et qu’elle a été nommée ambassadeur par George W. Bush.

«Je pense qu’il est important de ne pas avoir d’affiliation politique en tant que diplomate», a-t-elle dit, «parce que ce nous faisons n’est pas au service d’un parti ou d’un autre, mais est important pour notre sécurité nationale, dans un monde de plus en plus dangereux».

Diplomate de carrière, née au Canada dans une famille d’origine ukrainienne, Yovanovitch a servi comme ambassadeur au Kyrgyzstan et en Arménie. Elle a reçu de nombreux témoignages de satisfaction au sein du Département d’Etat. Sa dignité, sa sobriété et la précision de ses réponses, lui ont valu des manifestations de respect de la part des membres de la commission, qui ont unanimement salué la carrière irréprochable de l’ambassadeur.

Mais l’atmosphère est restée tendue entre les parlementaires démocrates et républicains tout au long de l’audition. «Les Démocrates nous forcent une fois encore à participer à leur opération pour renverser un président légitimement élu», a commenté dès le début Devin Nunes, le vice-président républicain de la commission. Adam Schiff, qui menait les débats, a rappelé à l’ordre à plusieurs reprises ses collègues républicains. Il a aussi pris note du message de message de Trump mettant en cause Marie Yovanovitch. «Nous prenons les tentatives d’intimidations très au sérieux», a-t-il commenté

Par Le Figaro.fr par Adrien Jaulmes

États-Unis/«Il agit comme un enfant de douze ans» : un responsable de la Maison-Blanche dresse un portrait effrayant de Donald Trump

novembre 10, 2019

 

Le livre doit paraître le 19 novembre prochain. Son auteur a souhaité garder l’anonymat.

«Il insulte, s’embrouille, s’irrite facilement et a des problèmes pour synthétiser les informations, et cela n’arrive pas de temps en temps, mais régulièrement». Tout au long des 259 pages de A Warning (Un avertissement), un ouvrage à paraître le 19 novembre aux Etats-Unis, un haut-fonctionnaire anonyme de la Maison-Blanche décrit un Donald Trump cruel, inapte et représentant un danger pour la nation américaine.

Le Washington Post, qui a pu consulter l’ouvrage avant sa sortie, a réalisé un compte-rendu de ce portrait terrifiant du président des Etats-Unis. La plume acide de l’auteur, qui a souhaité conserver son anonymat, décrit un chef d’Etat amateur de blagues sexistes et racistes, familier des coups de sang et qui fait régner une atmosphère de travail pesante au sein de son administration.

Contrôler les «pires penchants» de Trump

«Il agit comme un enfant de douze ans dans une tour de contrôle, qui appuie sur tous les boutons du gouvernement sans discernement, indifférent aux avions qui dérapent sur la piste et aux vols qui s’écartent désespérément de l’aéroport». Le haut-fonctionnaire s’appuie sur ses observations et sa propre expérience au sein de l’administration Trump. Il omet toutefois sciemment des détails afin qu’il ne soit pas possible de remonter jusqu’à lui.

Toujours de manière anonyme, il avait déjà publié une tribune dans le New York Times en 2018, intitulée Je fais partie de la résistance à l’intérieur de l’administration Trump. Il assurait qu’il avait choisi de ne pas démissionner afin de contrôler le président et «ses pires penchants», affirmant même qu’il n’était pas le seul dans cette situation. Dans son ouvrage à paraître, il reconnaît avoir eu tort à propos de cette «résistance silencieuse» car Donald Trump est «qui il est», soit incapable de changer.

Des remarques sexistes et racistes

Ses anecdotes sur le caractère et les remarques sexistes et racistes du président sont glaçantes. «Il commente le maquillage, fait des blagues sur le poids et critique les tenues vestimentaires […] Il utilise des termes comme “ma chérie” pour s’adresser à des professionnelles accomplies. Un patron ne devrait pas se comporter de cette manière dans un environnement de travail».

D’après lui, le président américain a même tenté d’imiter l’accent hispanique lors d’une réunion dans le bureau ovale durant laquelle il s’en est pris à des femmes migrantes, qui tentaient de traverser la frontière : «Elles disent :Oh, s’il vous plaît, aidez-nous ! Mon mari m’a quittée !” Elles ne servent à rien. Elles ne font rien pour notre pays. Au moins, si elles venaient avec un mari, on pourrait le mettre dans les champs pour cueillir du maïs».

La porte-parole du président, Stephanie Grisham, a, elle, qualifié jeudi l’ouvrage de «mensonges» et d’«oeuvre de fiction», traitant son auteur de «lâche». Le ministère de la Justice a également averti la maison d’édition Hachette et les agents de l’auteur que ce livre pourrait violer un accord de confidentialité. En réponse, l’un des agents a accusé l’administration de tenter d’obtenir des informations sur l’auteur de ce portrait.

Par Le Figaro.fr

États-Unis/Destitution de Trump: une conseillère de Pence entendue au Congrès

novembre 7, 2019

 

Une conseillère du vice-président américain était entendue jeudi à huis clos au Congrès dans le cadre de l’enquête visant à destituer Donald Trump, premier témoin employé par les services de Mike Pence à accepter la convocation des démocrates.

Egalement convoqué jeudi, l’ex-conseiller à la sécurité nationale du président américain, John Bolton, n’allait, lui, probablement pas se rendre au Congrès tant qu’il ne ferait pas l’objet d’une assignation formelle. La conseillère de Mike Pence, Jennifer Williams, est employée du département d’Etat. Elle est détachée depuis avril 2019 auprès du vice-président pour les questions concernant l’Europe et l’Ukraine.

A ce titre, elle a écouté en direct la conversation au cœur de la procédure de destitution qui menace Donald Trump: son appel téléphonique, le 25 juillet, avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. A cette occasion, Trump avait demandé à son homologue ukrainien d’enquêter sur un de ses rivaux démocrates, Joe Biden, et son fils Hunter. Convaincus de tenir, avec cette demande, la preuve d’un «abus de pouvoir», les démocrates ont ouvert le 24 septembre une enquête pour constituer un dossier de mise en accusation, «impeachment» en anglais, à la Chambre des représentants, où ils sont majoritaires.

Les républicains détiennent en revanche la majorité au Sénat, ce qui rend improbable une condamnation de Donald Trump au terme d’un éventuel procès politique. Aucun calendrier n’a été fixé. Dénonçant une «mascarade», la Maison Blanche refuse de coopérer à l’enquête et met en doute la crédibilité des témoins, dont plusieurs sont des diplomates de carrière. «Jennifer est depuis longtemps une employée dévouée du département d’Etat», a déclaré son avocat Justin Shur aux médias. «Nous nous attendons à ce que son témoignage reflète largement ce qui a déjà été exprimé publiquement».

Cet entretien devrait être parmi l’un des derniers menés à huis clos, avant l’entrée dans une nouvelle phase beaucoup plus spectaculaire avec les premières auditions publiques à partir du 13 novembre. Donald Trump a en parallèle démenti jeudi matin des informations du Washington Post selon lesquelles son ministre de la Justice Bill Barr aurait refusé d’organiser une conférence de presse pour déclarer qu’il n’avait rien fait d’illégal lors de son appel. «Le ministère de la Justice a déjà établi que l’appel était correct», a tweeté le milliardaire, qui affirme que sa conversation, dont la Maison Blanche a publié un compte-rendu, était «irréprochable».

Par Le Figaro.fr avec AFP

États-Unis/Destitution de Trump: premières auditions publiques au Congrès le 13 novembre

novembre 6, 2019

 

Les premières auditions publiques de témoins dans l’enquête en vue de destituer Donald Trump démarreront la semaine prochaine avec des diplomates, ont annoncé mercredi les démocrates qui soupçonnent le président américain d’avoir abusé de ses pouvoirs dans l’affaire ukrainienne.

Avec ces auditions retransmises à la télévision, l’enquête pour constituer un dossier d’accusation («impeachment») contre Trump au Congrès entrera dans une nouvelle phase. Ces diplomates pourraient offrir des témoignages publics embarrassants après avoir déjà été entendus à huis clos lors d’auditions-fleuves par les commissions qui mènent l’enquête à la Chambre des représentants. «Ces auditions publiques seront l’occasion pour les Américains de jauger les témoins par eux-mêmes, de décider de la crédibilité des témoins mais aussi de découvrir les informations de première main sur les méfaits du président», a déclaré à des journalistes le chef démocrate de la commission du Renseignement, Adam Schiff.

Dénonçant une «mascarade», la Maison Blanche refuse de coopérer à l’enquête et met en doute la crédibilité des témoins, dont plusieurs sont des diplomates de carrière. Les auditions débuteront le 13 novembre avec William Taylor, chargé d’affaires américain à Kiev, et George Kent, un haut responsable du département d’Etat spécialiste de l’Ukraine. Les parlementaires entendront ensuite le 15 novembre l’ex-ambassadrice des Etats-Unis à Kiev, Marie Yovanovitch, que Trump avait critiquée lors de l’appel à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky au coeur du dossier.

Les démocrates ont commencé à publier les comptes-rendus des premiers entretiens à huis clos. Celui de William Taylor est attendu mercredi. Lors de son audition, le 11 octobre, Marie Yovanovitch avait indiqué s’être sentie menacée en découvrant le contenu de l’appel entre Donald Trump et le président ukrainien. Lors de cet échange téléphonique, le 25 juillet, Trump avait demandé à Zelensky d’enquêter sur un de ses rivaux démocrates, Joe Biden, et son fils Hunter. Convaincus de tenir, avec cette demande, la preuve d’un «abus de pouvoir», les démocrates se sont engagés sur la voie périlleuse d’une enquête pour «impeachment» à la Chambre, où ils sont majoritaires. Les républicains détiennent la majorité au Sénat.

Au cours du même appel, Trump avait critiqué Marie Yovanovitch alors qu’elle avait été rappelée à Washington. «Il va lui arriver des choses», avait-il déclaré.

Par Le Figaro.fr avec AFP

États-Unis/Destitution: le fils de Trump donne un nom au lanceur d’alerte

novembre 6, 2019

 

Donald Trump junior a publié mercredi sur Twitter le nom d’un employé de la CIA présenté comme l’agent dont le témoignage a déclenché la procédure de destitution contre son père, au mépris des règles de protection des lanceurs d’alerte.

Le fils du président américain a reproduit une identité qui circule depuis la semaine dernière dans des médias proches de l’extrême droite, que l’AFP n’est pas en mesure de confirmer.

Dans son tweet, le fils de Donald Trump l’accuse d’avoir travaillé avec des «anti-Trump» et renvoie vers un article à charge du site d’informations de la droite radicale Breitbart. «Donner n’importe quel nom au lanceur d’alerte place simplement cette personne et sa famille en danger», a réagi Andrew Bakaj, l’avocat de l’agent du renseignement qui a tiré la sonnette d’alarme après un appel entre Donald Trump et son homologue ukrainien. «Et cela ne va pas permettre au président d’éviter de répondre aux accusations nourries le visant», a-t-il ajouté dans un échange avec l’AFP.

Son client est un membre des services de renseignement qui a un temps été affecté à la Maison Blanche. Cet été, il avait fait remonter les inquiétudes de plusieurs responsables après l’échange téléphonique du 25 juillet, dans lequel Donald Trump a demandé à Kiev d’enquêter sur son rival démocrate Joe Biden.

La révélation de son signalement a décidé les démocrates à initier, fin septembre, l’explosive procédure de destitution contre le président, qu’ils accusent d’avoir abusé de son pouvoir à des fins personnelles. Donald Trump, qui juge son appel «irréprochable» et se dit victime d’une «chasse aux sorcières», n’a cessé depuis de mettre en doute l’impartialité de ce lanceur d’alerte. «Il n’y a pas de lanceur d’alerte: il y a quelqu’un avec des objectifs contre Donald Trump», a-t-il tweeté lundi, en demandant aux médias de révéler son identité.

Sans reprendre lui-même le nom qui circule, il l’a décrit comme un partisan de l’ancien président démocrate Barack Obama. «Il déteste Trump, c’est un radical», avait lancé le milliardaire républicain dimanche. Le lanceur d’alerte veut que son témoignage soit traité d’une manière «non partisane» et il se tient prêt à répondre «par écrit et sous serment» aux questions des élus républicains, selon ses avocats.

Par Le Figaro.fr avec AFP

États-Unis: Un proche de Trump admet avoir conditionné l’aide à l’Ukraine à une enquête sur Biden

novembre 5, 2019

 

L’ambassadeur américain auprès de l’UE a admis avoir conditionné une aide militaire destinée à l’Ukraine à l’ouverture d’une enquête sur l’un des rivaux démocrates du président, Joe Biden.

FILES-US-Ukraine

L’ambassadeur Donald Sondland arrive au Capitole le 17 octobre dernier pour témoigner devant le Congrés. Olivier Douliery / AFP

L’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne a admis avoir conditionné une aide militaire destinée à l’Ukraine à l’ouverture d’une enquête sur l’un des rivaux démocrates de Donald Trump, Joe Biden, dans un témoignage révélé mardi 5 novembre aux parlementaires qui mènent l’enquête pour destituer le président américain.

Selon son témoignage, l’ambassadeur Gordon Sondland, longtemps proche allié de Donald Trump, a déclaré aux élus avoir expliqué à un proche conseiller du président ukrainien Volodomyr Zelensky que cette enveloppe d’aide militaire ne serait «sans doute» pas débloquée tant que l’Ukraine n’annoncerait pas publiquement qu’elle allait enquêter sur les affaires des Biden dans le pays. «J’ai présumé que la suspension de l’aide avait été liée à une déclaration suggérée (par des proches de Donald Trump) contre la corruption» et qui mentionnerait l’entreprise employant Hunter Biden, le fils de Joe Biden, a-t-il déclaré le 17 octobre.

ParLe Figaro.fr avec AFP

États-Unis/Destitution: Bolton invité à témoigner devant le Congrès

octobre 31, 2019

L’ancien conseiller à la Sécurité nationale de la Maison blanche, John Bolton, a été invité à témoigner devant les commissions de la Chambre des représentants qui enquêtent dans le cadre de la procédure de destitution («impeachment») engagée contre Donald Trump, a dit mercredi une source informée. John Bolton, limogé par le président républicain le 10 septembre dernier, pourrait être auditionné la semaine prochaine, a précisé la source.

La Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, doit voter ce jeudi sur la suite de la procédure de destitution engagée contre Donald Trump, en dépit du refus d’officiels en exercice ou passés par la Maison blanche de coopérer avec l’enquête. Trump et ses pairs républicains affirment depuis des semaines que l’enquête est illégitime parce qu’elle n’a pas été autorisée par un vote en séance plénière de la Chambre.

Les auditions devant les trois commissions impliquées dans l’enquête se sont poursuivies cette semaine avec notamment le témoignage d’un membre de haut rang du Conseil national de sécurité (NSC) qui s’est dit préoccupé par l’entretien téléphonique entre Donald Trump et son homologue ukrainien en juillet dernier – la conservation qui a provoqué le lancement de l’enquête.

Par Le Figaro avec Reuters

États-Unis: Menacées par les flammes, 180.000 personnes sommées d’évacuer en Californie

octobre 27, 2019
Les flammes ravagent le bâtiment principal de la Soda Rock Winery, propriété viticole de Healdsburg (Californie)
© Josh Edelson Les flammes ravagent le bâtiment principal de la Soda Rock Winery, propriété viticole de Healdsburg (Californie)
Quelque 180.000 personnes ont été sommées d’évacuer à cause de l’incendie « Kincade Fire » au nord de San Francisco, a indiqué dimanche le bureau du shérif du comté de Sonoma, où les flammes ont déjà ravagé plus de 12.000 hectares.

Un avion bombardier d'eau survole les flammes de l'incendie du "Kincade Fire", en Californie

©Philip Pacheco Un avion bombardier d’eau survole les flammes de l’incendie du « Kincade Fire », en Californie
Selon l’agence des pompiers de Californie, Cal Fire, le sinistre, qui a démarré mecredi soir, n’était contenu qu’à 10% dimanche matin, soutenu par des conditions météo exceptionnellement favorables.

« C’est la plus importante évacuation de mémoire de shérif du comté de Sonoma », a indiqué le bureau du shérif via son compte Twitter.

Tôt dimanche matin, il avait annoncé l’ordre d’évacuer plusieurs zones situées immédiatement au nord de Santa Rosa, ville qui compte elle-même près de 180.000 habitants.

La police de la ville a ensuite ordonné l’évacuation de la moitié nord de la commune.

Plusieurs centres d’hébergement d’urgence affichaient complets, a indiqué la chaîne d’information locale ABC7, et Santa Rosa a dû fermer l’un d’entre eux, le Finley Community Center, qui se trouvait dans la zone à évacuer.

Tous les détenus de la prison North County Detention Facility ont été déplacés et le Sutter Santa Rosa Regional Hospital a été évacué.

Une partie de l’autoroute 101, principale route qui traverse Santa Rosa, a été brièvement coupée à la circulation.

Le point le plus au sud au sein des zones à évacuer se situe à 70 km de San Francisco à vol d’oiseau.

Les autorités ont fait montre de précautions avec, en tête, le « Camp Fire », un autre incendie qui avait fait 86 morts dans le nord de l’Etat, en novembre 2018.

Santa Rosa se remet elle à peine du « Tubbs Fire », qui avait dévasté, en octobre 2017, le quartier de Coffey Park, détruisant plus de 1.400 bâtiments.

– Propriétés viticoles touchées –

La progression du feu du nord vers le sud était facilitée par un temps sec, un taux d’humidité très faible (14%) et un vent soutenu, avec des rafales pouvant aller jusqu’à près de 130 km/h.

Le service de météorologie nationale (NWS) tablait sur des vents encore importants tout au long de la journée de dimanche, avant une accalmie lundi. La semaine à venir s’annonçait tout aussi sèche que le week-end.

Relativement préservées lors des précédents incendies de ces dernières années, plusieurs propriétés du comté de Sonoma, connu mondialement pour ses vins, ont été attaquées par les flammes.

Plusieurs vidéos ont notamment montré le principal bâtiment de la Soda Rock Winery, vieux de 150 ans, devenu un brasier géant, à Healdsburg.

Selon le San Francisco Chronicle, une autre propriété de Healdsburg, la Field Stone Winery, a également été touchée par l’incendie, de même que Moville Vineyards.

« Cela va prendre beaucoup de temps » de maîtriser le feu, a déclaré le responsable technique du comté de Sonoma, David Rabbitt, à la chaîne locale ABC7.

Quelque 3.000 personnes étaient mobilisées pour combattre l’incendie, qui a démarré au nord-est de Geyserville, mercredi soir.

Le fournisseur d’électricité PG&E avait annoncé prévoir de couper préventivement le courant à 940.000 foyers à partir de samedi après-midi, dans 36 comtés de cette région, en raison de ces conditions météorologiques exceptionnelles.

Les autorités locales n’ont pas encore déterminé l’origine du sinistre, mais PG&E a fait état d’un incident sur l’une de ses lignes près du point d’origine du « Kincade Fire », seulement sept minutes avant le départ des flammes, selon plusieurs médias locaux.

Plus au sud de la Californie, où sévissait un autre incendie, le « Tick Fire », la plupart des avis d’évacuation ont été levés. Le feu avait forcé des dizaines de milliers de personnes à quitter leur maison près de Santa Clarita, au nord de Los Angeles.

Avec AFP.com

Pourquoi déteste-t-on Mark Zuckerberg?

octobre 25, 2019

 

QUESTIONS NETTES – Le PDG de Facebook fait régulièrement l’objet d’attaques très médiatisées, bien davantage que d’autres dirigeants de la Silicon Valley. Pourquoi tant de haine?

Facebook CEO Mark Zuckerberg Testifies Before The House Financial Services Committee

Mark Zuckerberg au Congrès américain, jeudi soir CHIP SOMODEVILLA/AFP

Le Congrès américain voulait-il des réponses de la part de Mark Zuckerberg, ou voulait-il le faire craquer devant les caméras? Mercredi, le PDG de Facebook a été auditionné, pour la deuxième fois de sa carrière, par des représentants américains. Officiellement, le sujet était de débattre des limites et dangers du libra, le projet de monnaie virtuelle porté par son entreprise. Mais, dans les faits, la session, longue de presque six heures, s’est transformée en un pugilat médiatique. Les hommes et les femmes politiques présents se sont fait un malin plaisir de confronter Mark Zuckerberg à toutes ses erreurs. Les médias ont célébré ceux et celles qui sont parvenus à «marcher» sur le PDG de Facebook, à l’«allumer» ou à l’«étriper». Sur les réseaux sociaux, les meilleurs moments de l’audition ont été découpés en de courtes vidéos, partagés en masse par des internautes ravis de voir Mark Zuckerberg ainsi attaqué. Mais, finalement, pas tant acculé que cela. Le PDG de Facebook est resté impassible, et même confiant, durant toute l’audition, évacuant les questions les plus gênantes par son sempiternel «mon équipe reviendra vers vous», une astuce déjà largement utilisée lors de sa première audition devant le Congrès, en 2018. Et il a, au final, assez peu parlé du libra.

Pourquoi aimons-nous tant détester Mark Zuckerberg? Parmi ses confrères PDG et fondateurs de la Silicon Valley – tels Tim Cook (Apple), Sundar Pichai (Google) ou Jeff Bezos (Amazon) -, il est celui qui attire le plus la vindicte populaire, médiatique, et l’obsession tout court, positive comme négative. D’un côté, des internautes s’extasient devant l’entrepreneur brillant, lui consacrent des dessins et des poèmes, suivent religieusement tous ses posts en ligne. De l’autre, c’est Mark Zuckerberg qui, en 2018, a fait la une du magazine Wired , le visage modifié pour lui donner un œil au beurre noir et des hématomes, comme si on l’avait frappé. Lui que l’on compare à un robot, à un alien, dont on se moque parce qu’il a du mal à boire à la bouteille et parce que sa coupe de cheveux est ridicule. Lui que l’on accuse, personnellement, de censurer nos propos, de nous espionner, de revendre nos données, de détruire nos démocraties.

Le pouvoir d’un chef d’État

La colère est en partie justifiée. Mark Zuckerberg a bâti un modèle économique fondé sur notre dépendance à ses services. Ce système est à l’origine des incroyables performances financières de son entreprise. Il a aussi permis à des milliards de personnes dans le monde de communiquer et d’échanger comme elles ne l’avaient jamais fait jusqu’alors. Dans certains pays, Facebook et ses applications sont les principales, voire les uniques, portes d’entrée vers Internet, donnant accès à des services indispensables au quotidien.

Parallèlement, c’est ce même modèle qui a facilité l’exploitation de notre intimité à des fins frauduleuses, pour nous vendre des produits ou, plus grave, nous manipuler avant une élection. Des affaires récentes, à commencer par celle de Cambridge Analytica, ont réveillé le grand public quant aux dangers potentiels de cette économie en ligne dont nous faisons tous partis, mais que nous connaissons finalement très mal. Facebook est loin d’être le secteur acteur en cause. Des entreprises très connues (Google, Amazon, etc.) comme bien plus discrètes (en témoigne la très puissante, mais presque invisible, économie des data brokers) participent toutes à ce système avec leurs propres activités. Pourtant, c’est bien Mark Zuckerberg qui semble incarner à lui seul tous les péchés des géants du numérique. «Il s’agit d’un véritable moment culturel pour nous, non pas en tant que politiciens, mais en tant qu’Américains, commentait jeudi le représentant Républicain Patrick McHenry, en préambule de l’audition de MarK Zuckerberg. Il s’agit de cette angoisse de devoir consulter notre smartphone tout le temps, toute la journée (…) Il y a beaucoup de colère, et elle se retourne contre les architectes de ce système. Voilà pourquoi vous êtes là, M. Zuckerberg. Vous êtes l’un des titans de ce que l’on appelle l’ère numérique.»

Mark Zuckerberg a bien conscience de son rôle à part. Il ne cherche pas à se cacher ou à se mettre en retrait de la vie publique, comme ont pu le faire avant lui Bill Gates, Larry Page ou Sergey Brin, respectivement fondateur de Microsoft et de Google. Lorsqu‘Elizabeth Warren, candidate à l’élection présidentielle américaine, appelle au démantèlement des géants du numérique, elle vise donc le très médiatique PDG de Facebook. Et Mark Zuckerberg répond ensuite, dans un discours public, qu’il «comprend les inquiétudes sur le pouvoir centralisé des plateformes en ligne», devenant le porte-parole et le défenseur de la vaste et complexe industrie du numérique. Parlant aussi comme un homme d’État, capable d’imposer sa vision de la liberté d’expression, comme de se poser en rempart contre Pékin, sa censure et la puissance des entreprises chinoises dans le monde. En 2017, il y a quelques éternités, on prêtait à Mark Zuckerberg l’envie de devenir président des États-Unis. Force est de constater qu’il n’a pas besoin de la fonction pour profiter d’un immense pouvoir.

Problème d’image excepté, les attaques médiatiques contre Mark Zuckerberg sont, pour l’instant, des problèmes mineurs pour son entreprise. Facebook se porte mieux que jamais. Ses revenus augmentent, ses profits aussi, et le réseau social, né il y a quinze ans, continue à recruter des nouveaux utilisateurs chaque trimestre. Rien qu’en 2019, la société a dévoilé le projet libra, a lancé une application de rencontres amoureuses, a présenté des nouveaux modèles de Portal, son écran connecté pour la maison. Dans le même temps, les appels au démantèlement, les projets de lois et les enquêtes se multiplient aux États-Unis. Voilà le vrai danger pour les grandes plateformes en ligne, qui lutteront âprement, comme elles l’ont déjà fait en Europe, contre toutes tentatives de limiter leurs activités. En attendant, Mark Zuckerberg peut bien se payer le luxe d’être l’objet de vidéos railleuses sur les réseaux sociaux. On peut se réjouir de la colère des politiciens. On peut aussi craindre leur impuissance.

Le Figaro.fr par Lucie Ronfaut