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Les États-Unis « paieront le prix » en cas de visite de Pelosi à Taïwan selon Pékin

août 2, 2022
La une d'un journal en mandarin avec une photo de Nancy Pelosi

Des médias taïwanais annoncent la visite de Nancy Pelosi. Photo : Reuters/Ann Wang

La Chine a prévenu mardi que les États-Unis porteront la « responsabilité » d’une visite à Taïwan de la présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi lors de sa tournée asiatique et qu’ils devront en « payer le prix ».

Les États-Unis auront assurément la responsabilité [des conséquences] et devront payer le prix de leur atteinte à la souveraineté et à la sécurité de la Chine, a indiqué devant la presse une porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying.

Pékin considère l’île comme une partie de son territoire à réunifier, par la force si nécessaire, et a plusieurs fois mis en garde Washington contre une visite de la haute responsable qui serait vécue comme une provocation majeure.

Dans la foulée des menaces chinoises, la Russie, allié majeur de la Chine, a accusé les États-Unis de déstabiliser le monde.

« Tout ce qui est lié à […] un possible déplacement à Taïwan est une pure provocation. Cela aggrave la situation dans la région et renforce les tensions. »— Une citation de  Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin

Mme Pelosi était en Malaisie mardi, où elle a rencontré le premier ministre et le président de la chambre basse du Parlement, lors de la deuxième étape d’un voyage en Asie qui suscite des spéculations autour d’une potentielle visite à Taipei.

Après Singapour et la Malaisie, son itinéraire prévoit des étapes en Corée du Sud et au Japon. Le flou est sciemment entretenu autour d’un possible arrêt à Taïwan.

Dans un communiqué, Mme Pelosi a simplement indiqué: nous sommes engagés dans un large éventail de discussions sur le moyen d’atteindre nos objectifs communs et sécuriser l’Indo-Pacifique.

Plusieurs médias taïwanais ont relayé des commentaires du vice-président du Parlement de l’île, Tsai Chi-chang, affirmant qu’il était très probable que Mme Pelosi vienne dans les prochains jours.

Le journal taïwanais Liberty Times a cité des sources anonymes selon lesquelles Mme Pelosi atterrirait sur l’île mardi soir et rencontrerait Mme Tsai le lendemain avant de repartir dans l’après-midi.

Les États-Unis sur leurs gardes

Si la Maison-Blanche se montre gênée par la situation, John Kirby, son porte-parole sur les questions stratégiques, a affirmé lundi que Mme Pelosi avait le droit de visiter Taïwan.

Il n’y a pas de raison pour que Pékin fasse de cette visite, qui ne déroge pas à la doctrine américaine de longue date, une forme de crise, a-t-il ajouté.

Même si la plupart des observateurs jugent faible la probabilité d’un conflit armé, des responsables américains ont dit se préparer à de possibles démonstrations de force de l’armée chinoise, comme des tirs de missiles dans le détroit de Taïwan ou des incursions aériennes massives autour de l’île.

Mardi, le ministère de la Défense taïwanais s’est dit déterminé dans un communiqué à protéger l’île contre les menaces de la Chine.

La présidente de la Chambre voyage à bord d’un avion militaire et bien que Washington ne craigne pas d’attaque directe, le risque d’une erreur de calcul est bien présent.

Les États-Unis pratiquent à l’égard de Taïwan une diplomatie dite d’ambiguïté stratégique, consistant à ne reconnaître qu’un seul gouvernement chinois, celui de Pékin, tout en continuant à apporter un soutien décisif à Taipei. Washington s’abstient toutefois de dire si les États-Unis défendraient ou non militairement l’île en cas d’invasion.

John Kirby a réitéré que cette politique restait inchangée.

Le gouvernement taïwanais s’est pour sa part abstenu de tout commentaire concernant une visite de Nancy Pelosi.

Interrogé par des journalistes, le premier ministre Su Tseng-chang n’a pas confirmé la visite mardi, mais a remercié Mme Pelosi pour son soutien.

Une crainte constante

Les 23 millions de Taïwanais vivent sous la menace constante d’une invasion de la Chine, cette crainte s’étant renforcée depuis l’arrivée au pouvoir du président Xi Jinping, qui a fait de la réunification une priorité.

La semaine dernière, lors d’un entretien téléphonique avec le président américain, M. Xi avait appelé les États-Unis à ne « pas jouer avec le feu ».

Telle que nous la voyons, pareille visite semble très dangereuse et très provocatrice, a renchéri l’ambassadeur chinois aux Nations unies, Zhang Jun.

Si cette visite a lieu, elle affaiblira également la relation entre la Chine et les États-Unis, je suis sûr que les États-Unis comprennent cela.

Pour appuyer leur message, les militaires chinois ont diffusé lundi sur internet une vidéo au ton martial montrant des soldats criant qu’ils sont prêts au combat, des chasseurs en train de décoller ou encore une pluie de missiles anéantissant diverses cibles.

Hausse des tensions

La visite potentielle de Nancy Pelosi intervient alors que la tension militaire monte dans la région.

La semaine dernière, l’armée taïwanaise a effectué ses plus importants exercices militaires annuels, qui comprenaient des simulations d’interception d’attaques chinoises.

Samedi, en guise de réponse, la Chine a organisé un exercice militaireà munitions réelles dans le détroit de Taïwan – très près cependant des côtes chinoises.

Le porte-avions américain USS Ronald Reagan et sa flottille ont quitté Singapour pour se diriger vers la mer de Chine méridionale dans le cadre d’une opération programmée, a aussi indiqué l’US Navy.

La probabilité d’une guerre ou d’un incident grave est faible, a cependant tweeté Bonnie Glaser, directrice du programme Asie du centre d’études et de recherches américain German Marshall Fund.

Mais la probabilité que [la Chine] prenne une série de mesures militaires, économiques et diplomatiques pour montrer sa force et sa détermination n’est pas négligeable, a-t-elle ajouté. Il est probable qu’elle cherchera à punir Taïwan de multiples façons.

La présidente de la Chambre des représentants serait, si sa visite se confirme, la plus haute responsable américaine à visiter Taïwan depuis son prédécesseur Newt Gingrich en 1997.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Le président Joe Biden annonce l’élimination d’Ayman Al-Zawahiri

août 2, 2022
Oussama ben Laden et Ayman Al-Zawahiri.

Ayman Al-Zawahiri (à droite) en compagnie d’Oussama ben Laden Photo : Getty Images/Visual News

« Samedi, sur mon ordre, le chef d’Al-Qaïda a été tué en Afghanistan, à Kaboul », a confirmé lundi le président américain Joe Biden dans une déclaration diffusée depuis la Maison-Blanche.

Au cours de son allocution, M. Biden a précisé qu’aucun membre de la famille d’Ayman Al-Zawahiri n’a été blessé et qu’aucun civil n’a été blessé ou tué.

Justice a été rendue et ce dirigeant terroriste n’est plus, a ajouté M. Biden.

Des responsables américains avaient affirmé auparavant que la CIA avait mené une frappe de drone à Kaboul au cours de la fin de semaine. Les médias américains, citant des sources ayant requis l’anonymat, avaient indiqué que le successeur d’Oussama ben Laden avait été tué dans cette opération.

Le président des États-Unis, Joe Biden.

« Justice a été rendue et ce dirigeant terroriste n’est plus », a déclaré le président des États-Unis, Joe Biden, à propos d’Ayman Al-Zawahiri, le chef d’Al-Quaïda. Photo : Reuters

Plus tôt, le porte-parole des talibans avait indiqué que les États-Unis avaient mené une frappe de drone sur une résidence à Kaboul sans donner de détails.

Zabihullah Mujahid, porte-parole des talibans, a déclaré dans un communiqué que son gouvernement condamnait fermement cette opération. Il l’a qualifiée de violation des principes internationaux et de l’accord de 2020 sur le retrait des troupes américaines d’Afghanistan.

Plusieurs attaques à son actif

Ayman Al-Zawahiri, un médecin égyptien qui était dans la haute hiérarchie de l’organisation terroriste, a participé à la coordination des attaques du 11 septembre 2001.

Héritant en 2011 d’une organisation affaiblie, Ayman Al-Zawahiri, 71 ans, avait dû pour survivre multiplier les franchises et les allégeances de circonstances, de la péninsule arabique au Maghreb, de la Somalie à l’Afghanistan, en Syrie et en Irak.

Le département d’État offrait jusqu’à 25 millions de dollars américains de récompense pour toute information conduisant à l’arrestation ou la condamnation du chef d’Al-Qaïda.

Avec d’autres hauts responsables de l’organisation terroriste, Al-Zawahiri aurait organisé l’attaque du 12 octobre 2000 contre le navire USS Cole au Yémen, qui a entraîné la mort de 17 marines américains.

Par ailleurs, il a été inculpé aux États-Unis pour son rôle dans les attentats du 7 août 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, où 224 personnes ont été tuées.

Oussama ben Laden et Ayman Al-Zawahiri avaient échappé aux forces américaines lorsque celles-ci avaient envahi l’Afghanistan à la fin de l’année 2001, après les attentats du 11 Septembre.

Oussama ben Laden a été tué en 2011 par les forces spéciales américaines au Pakistan.

Avec Radio-Canada

Dormir chez Leonardo DiCaprio, c’est possible

août 1, 2022

L’acteur hollywoodien arrondit ses revenus en proposant à la location son manoir de 430 m2 à Beverly Hills. Loyer ? 32 000 euros, selfie non compris.

Leonardo DiCaprio, le 5 decembre 2021.
Leonardo DiCaprio, le 5 décembre 2021.© IMAGE PRESS AGENCY / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Si vous êtes fan de DiCaprio, vous pouvez vous offrir une part de rêve hollywoodien en louant une de ses propriétés californiennes… À condition d’avoir les moyens : l’acteur de Once Upon a Time in Hollywood vient de mettre en location son manoir de Beverly Hills pour 32 500 dollars par mois, soit pratiquement 32 000 euros, indique le site Dirt, spécialisé dans l’immobilier, qui met en ligne des photos pour faire le tour du propriétaire.

Rien de bien ostentatoire en vérité : la villa cossue sur deux étages ressemble plus à un pavillon de banlieue chic qu’au manoir opulent d’une star internationale. Construite dans les années 1930, elle présente quatre chambres avec salle de bains, dont une très grande suite avec un dressing particulier et une grande salle d’eau en marbre, une maison d’hôtes avec son propre patio, le tout sur 430 m2 de surface habitable avec une modeste piscine et un jardin très réduit. Un peu cher finalement, mais c’est le prix à payer pour crâner sur Instagram – attention, le selfie avec DiCaprio n’est pas compris… Il faut dire que l’acteur n’y a sans doute jamais mis les pieds : il l’avait achetée pour près de 10 millions de dollars avant de la rénover entièrement pour la mettre sur le marché.

Roi du Monopoly

Ce n’est pas la première fois que DiCaprio propose en location un de ses biens. Il y a une dizaine d’années, on pouvait ainsi louer sa villa de Malibu avec vue imprenable sur le Pacifique pour 75 000 dollars par mois… Depuis le début de sa carrière, l’acteur du Loup de Wall Street a ainsi pris l’habitude d’investir ses cachets en grande partie dans l’immobilier, achetant puis revendant ses biens comme au Monopoly. Il est ainsi propriétaire de plusieurs autres villas à Los Angeles, dont une à Los Feliz et une grande propriété dans le très recherché quartier de Bird Streets, mais aussi d’un manoir à Palm Springs, de plusieurs appartements luxueux à New York et d’un ensemble de villas écolos, alimentées par des panneaux solaires, sur une île de 43 hectares achetée au Belize. Une façon pour lui de consolider sa fortune tout en brouillant les pistes sur sa véritable résidence principale – sachant qu’il bouge beaucoup en raison de ses nombreux tournages.

À la tête d’une fortune estimée à plus de 200 millions de dollars, DiCaprio s’est toujours montré habile en affaires et évite de placer tous ses œufs dans le même panier… Outre l’immobilier, il a également investi dans le secteur alimentaire du futur en pariant sur la viande artificielle – fabriquée à partir de cellules animales – et dans la production de burgers, saucisses et boulettes à base de produits végétaux. Il vient également de mettre un pied dans le champagne en prenant des parts dans la maison Telmont, qui vise une production 100 % bio d’ici une dizaine d’années. De quoi allier business et militantisme écolo, la marotte de l’acteur.

Avec Le Point par Marc Fourny

États-Unis: Nancy Pelosi confirme être en route vers l’Asie, sans mentionner Taïwan

juillet 31, 2022
Nancy Pelosi, la main levée, s'adressant aux journalistes devant des drapeaux américains

La présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi. Photo: AP/J. Scott Applewhite

La présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, a confirmé dimanche être en route vers l’Asie, sans mentionner une éventuelle étape à Taïwan qui pourrait envenimer davantage les relations entre la Chine et les États-Unis.

Je conduis une délégation du Congrès dans la région indopacifique pour réaffirmer l’engagement inébranlable de l’Amérique envers ses alliés et amis dans la région, a annoncé Mme Pelosi dans un communiqué.

À Singapour, en Malaisie, en Corée du Sud et au Japon, nous tiendrons des réunions de haut niveau pour discuter de la manière dont nous pouvons promouvoir nos valeurs et nos intérêts communs, notamment la paix et la sécurité, la croissance économique et le commerce, la pandémie de la COVID-19, la crise climatique, les droits de l’homme et la gouvernance démocratique, a-t-elle ajouté.

Le ministère des Affaires étrangères de Singapour a confirmé que Mme Pelosi et la délégation qui l’accompagne se rendraient dans la cité-État du 1er au 2 août.

La présidente de la Chambre des représentants entretient le flou autour d’une éventuelle visite à Taïwan, invoquant des raisons de sécurité.

Depuis des semaines, les tensions entre les États-Unis et la Chine se sont accrues à la suite d’informations selon lesquelles elle pourrait se rendre sur l’île autonome, que la Chine considère comme faisant partie de son territoire.

Pékin verrait comme une provocation un passage, même bref, de la présidente de la Chambre des représentants sur l’île.

Dimanche, le porte-parole de l’armée de l’air chinoise, Shen Jinke, a réitéré cette position en affirmant que la défense du territoire chinois était la mission sacrée de l’armée.

L’armée de l’air a une ferme détermination, une confiance totale et des capacités suffisantes pour défendre la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale, a-t-il asséné, cité par le Quotidien du Peuple, un journal d’État.

Jeudi, à l’occasion d’un rare échange direct avec son homologue chinois Xi Jinping, le président américain Joe Biden avait assuré que la position des États-Unis sur Taïwan n’avait pas changé et que son pays s’opposait fermement aux efforts unilatéraux pour modifier le statut ou menacer la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan.

Tension militaire

Washington n’a pas de relations diplomatiques avec Taipei et reconnaît le régime communiste de Pékin comme le seul représentant de la Chine. Mais les États-Unis vendent des armes à l’île et louent son régime démocratique.

De son côté, Xi Jinping a appelé Joe Biden à ne « pas jouer avec le feu », et un porte-parole de la diplomatie chinoise avait parlé d’un déplacement de Mme Pelosi sur l’île comme d’une ligne rouge.

La visite de Nancy Pelosi survient alors que la tension militaire monte dans la région.

L’armée taïwanaise a effectué cette semaine ses plus importants exercices militaires annuels, qui comprenaient des simulations d’interception d’attaques chinoises depuis la mer.

Dans le même temps, le porte-avions américain USS Ronald Reagan et sa flottille ont quitté Singapour pour se diriger vers la mer de Chine méridionale dans le cadre d’une opération programmée, a indiqué l’US Navy.

Et samedi, en guise de réponse, la Chine a organisé un exercice militaire à munitions réelles dans le détroit de Taïwan.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

États-Unis: Steve Bannon, ex-conseiller de Trump, reconnu coupable d’entrave à l’enquête sur l’assaut du Capitole

juillet 22, 2022
Steve Bannon, ex-conseiller de Trump, reconnu coupable d'entrave a l'enquete sur l'assaut du Capitole
Steve Bannon, ex-conseiller de Trump, reconnu coupable d’entrave à l’enquête sur l’assaut du Capitole© GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/CHIP SOMODEVILLA

Steve Bannon, ex-proche conseiller de Donald Trump, a été reconnu vendredi coupable d’entrave aux prérogatives d’enquête du Congrès par un tribunal fédéral, après avoir refusé de coopérer avec la commission sur l’assaut du Capitole.

L’homme de 68 ans, figure du populisme de droite aux Etats-Unis et directeur de la campagne à succès de Donald Trump en 2016, connaîtra sa peine en octobre.

Le jury d’un tribunal fédéral de Washington a délibéré pendant moins de trois heures vendredi pour conclure à sa culpabilité sur les deux chefs d’inculpation qui pesaient contre lui.

Il encourt entre un mois et un an de prison pour chacun de ces chefs.

Même après avoir été écarté de la Maison Blanche en août 2017, Steve Bannon était resté proche de Donald Trump et avait échangé avec lui le jour précédant l’attaque du 6 janvier 2021 contre le siège du Congrès.

Pour connaître la nature de leurs discussions, la commission d’enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur le rôle de l’ancien président dans ce coup de force avait assigné Steve Bannon à témoigner et à produire des documents.

Il avait refusé, invoquant le droit des présidents à garder certaines conversations secrètes, ce qui lui avait valu d’être inculpé d' »entrave » au travail du Congrès.

« Nous avons peut-être perdu une bataille aujourd’hui mais nous ne perdrons pas la guerre », a lancé M. Bannon à des journalistes après l’énoncé du verdict. « Je soutiens Trump et la Constitution ».

Appel aux urnes

« Je vais me battre jusqu’au bout », a ajouté dans la soirée de vendredi Steve Bannon, invité sur Fox News, ajoutant que « nous avons un long processus d’appel » à venir. « Je pense que la loi est avec nous sur nombre de points ».

L’ex-conseiller politique a aussi appelé les téléspectateurs à battre les démocrates aux élections législatives de mi-mandat en novembre afin qu’un Congrès dominé par les républicains ouvre, propose-t-il, sa propre commission d’enquête sur l’assaut du Capitole.

« Nous avons besoin d’une vraie commission du 6 janvier », a-t-il dit face au présentateur vedette Tucker Carlson.

De leur côté, le président démocrate de la commission d’enquête parlementaire sur l’assaut du Capitole, Bennie Thompson, et la présidente adjointe, la républicaine Liz Cheney, ont salué la décision du tribunal comme « une victoire pour l’Etat de droit ».

« Quiconque fait obstruction à notre enquête sur les faits doit faire face aux conséquences », ont-ils déclaré dans un communiqué.

A l’ouverture des débats mardi, la procureure Amanda Vaughn avait accusé Steve Bannon de se croire « au-dessus de la loi ».

M. Bannon a « ignoré les ordres d’obtempérer, même après que le Congrès a rejeté ses prétextes, et a balayé de nombreux avertissements selon lesquels il ferait face à des poursuites s’il ne se pliait pas à l’assignation à comparaître comme il était tenu de le faire », avait ajouté Mme Vaughn.

Défense silencieuse

Selon elle, la commission avait des raisons légitimes de penser qu’il pourrait avoir, comme d’autres proches du président, des informations sur les liens entre Donald Trump et ses partisans qui ont pris d’assaut le Capitole alors que les parlementaires certifiaient la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle.

La défense n’a pas produit de témoins au procès, débuté lundi par la sélection des jurés, et Steve Bannon n’a pas pris la parole pour se défendre.

Son avocat, Evan Corcoran, a cependant dénoncé des poursuites politiques, assurant que « personne n’a(vait) ignoré l’assignation à comparaître » et que des négociations avaient même eu lieu avec la commission concernant sa date de déposition.

A l’approche de son procès, Steve Bannon, avait accepté de coopérer avec les parlementaires. Les procureurs avaient dénoncé « un revirement de dernière minute afin d’éviter » une condamnation et le juge en charge du dossier avait souhaité maintenir le procès.

Contempteur virulent de l’establishment politique, Steve Bannon est étroitement associé aux idées de la droite extrême, dont il a assuré la promotion directement auprès de Donald Trump, quand le magnat des affaires est entré à la Maison Blanche en 2017.

Il dirigeait auparavant le site d’information controversé Breitbart, plaque tournante de la « droite alternative », mouvement associé à certaines thèses conspirationnistes et comptant nombre de militants convaincus de la supériorité de la race blanche.

Avec Radio-Canada

Le président des États-Unis Joe Biden contracte la COVID-19

juillet 21, 2022
Joe Biden lors d'une conférence de presse.

Le président des États-Unis, Joe Biden Photo: AP/ Evan Vucci

Le président des États-Unis, Joe Biden, a contracté la COVID-19 et présente « des symptômes très légers », a annoncé dans un communiqué la Maison-Blanche.

Le président a commencé à prendre du Paxlovid, la pilule antivirale de Pfizer, et va s’isoler à la Maison-Blanche jusqu’à ce qu’il soit à nouveau négatif, a indiqué sa porte-parole Karine Jean-Pierre.

Joe Biden, pleinement vacciné et qui a reçu jusqu’à maintenant deux doses de rappelcontinuerait à assumer la totalité de ses fonctions pendant ce temps.

La Maison-Blanche a promis de communiquer chaque jour sur l’état de santé de Joe Biden, le plus vieux président jamais élu aux États-Unis.

Une boîte de pilules paxlovid.

Le traitement Paxlovid est recommandé aux États-Unis pour les personnes à risque de développer un cas grave de la maladie, une catégorie dans laquelle entre le président américain en raison de son âge. Photo : Radio-Canada/Jean-François

Le dernier test négatif du démocrate, de retour d’une tournée la semaine dernière au Moyen-Orient, remontait à mardi, à précisé Karine Jean-Pierre.

Le président devait se déplacer en Pennsylvanie jeudi et en Floride, lundi prochain, entre autres pour faire campagne en vue des élections de mi-mandat.

Les États-Unis enregistrent actuellement environ 130 000 nouveaux cas de COVID- 19 par jour, un chiffre sous-estimé selon les experts, et le nombre d’hospitalisations est également en hausse. Le très contagieux sous-variant BA.5 d’Omicron est dominant dans le pays, où il représente environ 80 % des cas.

Le prédécesseur de Joe Biden, le républicain Donald Trump, avait également contracté la COVID-19 à peine plus d’un mois avant les élections de novembre 2020.

Il avait été évacué par hélicoptère de la Maison-Blanche vers l’hôpital militaire de Walter Reed, où il avait été soigné pendant trois nuits.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse

Basket-ball NBA : Mfiondu Kabengele, nouveau joueur de Boston Celtics

juillet 21, 2022

Mfiondu Kabengele de Boston Celtics aux USA.

Un autre basketteur de sang rd-congolais va évoluer à la National basketball association (NBA), le prestigieux championnat nord-américain de la balle au panier. En effet, Mfiondu Kabengele a, par ses performances, convaincu les dirigeants de Boston Celtics de le signer. Il a donc été récompensé avec le « Two-way contract » (contrat à double sens).

Le jeune joueur de 24 ans, ancien de Los Angeles Clipers et des Cleveland Cavaliers, a prouvé de quoi il est capable à la Summer league. Et il a été éblouissant avec son équipe face aux champions Golden state warriors de Jonathan Kuminga. Il a réussi 14.0 points, 9.3 rebonds, 2.8 passes et 1.8 contre de moyenne en 25 minutes. Globalement, il a eu 56 % aux tirs, 36 % à 3 points et 78 % aux lancers-francs, précise-t-on. Les dirigeants de Boston Celtics ont donc levé l’option de lui accorder sa chance.

Et le joueur compte bien être à la hauteur de la confiance placée en lui. « Je leur ai montré mon cœur, mon énergie, ma ténacité. Je ressens la façon dont je place les écrans, la façon dont je brise la vitre, fais des jeux avec le ballon, rebondis, déplace le ballon, étire le sol, fais mes lancers francs, passe de 1 à 5, ce genre de polyvalence… les choses que je ressens sont vraiment précieuses pour une équipe, et je veux les montrer à Boston », a confié Mfiondu Kabengele à la presse de Boston, après signature de son contrat. Il se dit donc prêt à aborder les matchs durs en NBA.

Avec Adiac-Congo par Martin Enyimo

Une Américaine se réveille d’un coma de deux ans et accuse son frère

juillet 18, 2022

Laissée pour morte en juin 2020 à Cottageville, Wanda Palmer s’est réveillée et a identifié son agresseur, son frère, ce qui a permis son arrestation.

Wanda Palmer a pu identifier son agresseur, son frere, apres avoir passe deux ans dans le coma.
Wanda Palmer a pu identifier son agresseur, son frère, après avoir passé deux ans dans le coma. © Jackson County WN Sherif’s department

Une Américaine victime d’une violente attaque s’est réveillée d’un coma de deux ans et a été en mesure d’identifier son agresseur, qui n’était autre que son frère. « Attaquée, frappée et laissée pour morte, Wanda Palmer est désormais réveillée pour voir l’arrestation de son agresseur, son frère, Daniel Palmer », ont déclaré sur Facebook les forces de l’ordre du comté de Jackson, dans l’État rural et montagneux de la Virginie-Occidentale, vendredi 15 juillet.

Wanda Palmer, 51 ans, avait été retrouvée ensanglantée chez elle à Cottageville, petite bourgade dans l’ouest du comté, en juin 2020. « Elle avait un très important traumatisme crânien qui pouvait correspondre à une blessure causée par une machette ou une hache », a détaillé le shérif Ross Mellinger à une chaîne locale. La police l’avait crue morte, avant de se rendre compte qu’elle respirait faiblement.

L’enquête au point mort

L’arme du crime n’ayant jamais été retrouvée, sans données téléphoniques, images de vidéos de surveillance ou témoins oculaires, l’enquête piétinait depuis deux ans. Incapable de faire des phrases complètes, mais en mesure de répondre par oui ou non, Wanda Palmer a accusé son frère Daniel, 55 ans, de l’avoir attaquée. Ce dernier a été arrêté et inculpé de tentative de meurtre et violences aggravées.

Par Le Point avec AFP

Mondiaux d’athlétisme : ces Africains qui peuvent faire la différence sur le sprint

juillet 16, 2022

PRONOSTICS. À Eugene aux États-Unis, où commencent les Championnats du monde d’athlétisme, certains athlètes africains pourraient véritablement donner le tempo.

Le Kenyan Ferdinand Omanyala, champion d'Afrique du 100 m.
Le Kényan Ferdinand Omanyala, champion d’Afrique du 100 m.© TONY KARUMBA / AFP

Alors que le continent africain est reconnu pour ses coureurs de fond et de demi-fond, des talents émergent sur le sprint mondial. De quoi créer des surprises ? L’avenir nous le dira.

Ferdinand Omanyala (26 ans, Kenya, 100 m H)

Nouvel homme fort du sprint africain, Omanyala avait fait sensation en 2021 avec un nouveau record d’Afrique et un temps de 9’77 réalisé lors du meeting de Nairobi, le plaçant alors à la 8e place des meilleures performances mondiales de l’histoire. Toutefois, ses chances de médaille ont été sérieusement compromises par ses difficultés d’obtention de visa pour les États-Unis. Alors que sa situation s’est décantée ces dernières heures, Omanyala devrait arriver à Eugene à moins de trois heures du premier tour du 100 m, 2 h 40 plus précisément. En prenant en compte les différentes formalités à l’entrée sur le territoire américain, sa présence lors de la première course est très incertaine.

Akani Simbine (28 ans, Afrique du Sud, 100 m H)

Ancien recordman d’Afrique (9’84), Simbine est toujours à la recherche de sa première médaille dans une compétition mondiale. Cinquième aux Jeux de Rio, puis aux Championnats du monde de Londres et de Doha, avant de finir 4e aux Jeux olympiques de Tokyo, cette année est l’opportunité pour lui de réaliser un pas de plus. Toutefois, avec un meilleur temps de la saison à 10’02 lors du meeting de Stockholm comptant pour la Diamond League, il devra sans aucun doute élever son niveau de jeu pour accrocher une place sur le podium.

Joseph Paul Amoah incarne la relève du sprint ghanéen, après la génération des années 1960 et 1970.© JAVIER SORIANO / AFP

Benjamin Azamati (24 ans) et Joseph Paul Amoah (25 ans) (Ghana, 100 m H, relai 4 x 100 m)

Sur la courbe ascendante depuis sa première course sous les 10 secondes, le sprinteur ghanéen Benjamin Azamati a amélioré le record de son pays en passant de 9’97 à 9’90. Il avait également atteint les 9’86, non homologué en raison d’un vent trop favorable. Il s’est également distingué en s’imposant lors du meeting de Charléty. En compagnie de son compatriote Joseph Paul Amoah, qui a réalisé 9’94 sur 100 m, le Ghana tentera de continuer sa marche en avant sur le relais 4 x 100 m, pour lequel il réalise des progrès notables ces dernières années. À noter que tous deux ont participé aux tournois NCAA et ne seront pas dépaysés par la tenue de ces Championnats du monde en Oregon.

À LIRE AUSSIJO de Tokyo : ces sprinteurs africains qui pourraient créer la surprise

Letsile Tebogo (19 ans, Botswana, 100 m – 200 m H)

Champion du monde sur 100 m et médaillé d’argent sur 200 m chez les juniors en 2021, Tebogo a réussi son entrée dans la cour des grands en remportant son premier titre de champion d’Afrique sur 200 m il y a quelques semaines aux îles Maurice. Avec un record personnel à 9’96, s’il est prématuré d’ambitionner une médaille cette année, il pourrait faire parler de lui dans les années à venir et cette édition des championnats pourrait lui permettre de se faire connaître.

Le Botswanéen Letsile Tebogo, 18 ans, s’est emparé à Gaborone du record du monde juniors du 100 m avec un chrono de 9 sec 96/100e (vent: +1,9 m/s), améliorant d’1/100e le précédent record de l’Américain Trayvon Bromell datant de 2014.© SIMON MAINA / AFP

Joseph Fahnbulleh (20 ans Liberia, 100 m – 200 m H)

Après une participation aux Jeux olympiques de Tokyo, dans laquelle Fahnbulleh avait accédé à la finale grâce à un temps qualificatif de 19’99, le jeune sprinteur libérien a continué sa progression. Élu athlète de l’année en NCAA, le tournoi américain universitaire, Fahnbulleh a réalisé le doublé sur 100 m et 200 m et se présentera sur les deux disciplines. Néanmoins, étant plus adapté au demi-tour de piste, il présente logiquement plus de chances sur 200 m où il a réalisé son record personnel avec un temps de 19’83 pour remporter le tournoi universitaire. Évoluer quasiment à domicile pourrait augmenter ses chances de performance dans ces Championnats du monde.

Luxolo Adams (26 ans, Afrique du Sud)

Avec un temps de 19’82 réalisé au meeting de Paris, l’athlète sud-africain est descendu sous la barre des vingt secondes pour la première fois de sa carrière. Âgé de 26 ans, Adams, médaillé de bronze aux Championnats d’Afrique de 2018, a une trajectoire de late bloomer, signifiant l’éclosion tardive. Véritable inconnue de la compétition, à voir s’il saura élever son niveau de jeu et améliorer son record pour se faire une place dans la discussion.

Wayde Van Niekerk (30 ans, Afrique du Sud, 400 m H)

Après des années très difficiles, le recordman du monde du 400 m, champion olympique à Rio et champion du monde à Londres, se remet progressivement de la terrible blessure aux ligaments qu’il a contractée alors qu’il jouait un match de rugby et qui l’a éloigné des pistes entre 2017 et 2020. Pour son retour à la compétition internationale, il avait logiquement été éliminé en demi-finales des Jeux de Tokyo, avec un temps de plus de 45 secondes, loin de son meilleur niveau. Dans la quête d’un retour à un niveau conforme à ses standards, ces Championnats du monde sont une chance pour lui de continuer sa progression. Avec un record de la saison en 44’58 réalisé il y a quelques jours, accrocher une place en finale serait déjà une première victoire.

Le Sud-Africain Wayde Van Niekerk, recordman du monde et champion olympique en 2016.© JAVIER SORIANO / AFP

Marie José Ta Lou (33 ans, Côte d’Ivoire, 100 m F)

La double championne d’Afrique, médaillée de bronze à Doha et d’argent (sur 100 m et 200 m) aux mondiaux de Londres, court encore après son premier sacre dans un tournoi mondial. Faisant face à la domination grandissante des sprinteuses jamaïcaines, la tâche devient de plus en plus âpre. N’étant pas descendue sous les onze secondes, elle réserve sans doute le meilleur pour la compétition, d’autant plus que son record personnel 10’78 (avec un vent légèrement défavorable) remonte aux tours qualificatifs des Jeux olympiques.

Au sommet de sa carrière, elle a d’ailleurs exprimé sa pensée par rapport aux soucis rencontrés par ses collègues, notamment ceux venant d’Afrique quant à l’attribution de visas : « En tant qu’athlète, vous travaillez dur pour être qualifié pour les Championnats du monde, et après vous avez un problème de visa… » a-t-elle écrit sur ses réseaux sociaux. Comment veulent-ils que les athlètes soient performants ? Une situation qui ne leur permet pas d’arriver sur un pied d’égalité dans la compétition. L’athlète gambienne Gina Bass, championne d’Afrique sur 100 m, se retrouve dans cette situation, pour ne citer qu’elle.

Flavour Ofili (19 ans, Nigeria, 200 m F)

Détentrice de la 4e performance mondiale de l’année sur 200 m avec un temps de 21’96, réalisée lors du tournoi NCAA, la sprinteuse nigériane de LSU, considérée comme un grand espoir du continent, a une opportunité de remporter sa première médaille intercontinentale chez les séniors. Alors qu’elle devait prendre part aux Jeux olympiques l’an passé, un non-respect des procédures pré-olympiques de test antidopage de la part de la fédération nigériane a abouti à la disqualification de 10 athlètes, dont elle.

Tobi Amusan (25 ans, Nigeria, 100 m haies F)

Aux pieds du podium aux Championnats du monde de Doha, puis aux Jeux olympiques de Tokyo, Amusan a conservé une régularité lui permettant d’espérer franchir ce cap. Si la championne portoricaine Jasmine Camacho-Quinn semble dominer la discipline sans partage, la compétition pour le podium fait rage sur le 100 m haies. Avec la troisième meilleure performance de l’année (12’42), également son record personnel, réalisée au meeting de Charléty, la coureuse nigériane peut légitimement espérer enrichir son palmarès après l’or récolté aux Championnats d’Afrique (2018 et 2022), les Jeux africains (2019).

La Nigériane Tobi Amusan, récente recordwoman d’Afrique (12.41).© MICHELE MARAVIGLIA / NurPhoto via AFP

Les Namibiennes Christine Mboma et Béatrice Masilingi absentes

Malheureusement, les forfaits des deux sensations namibiennes Christine Mboma et Béatrice Masilingi viennent réduire les possibilités africaines de médaille. Avec une performance de 21’87 réalisée en avril passé, Mboma détient la troisième meilleure performance mondiale de l’année et semblait la plus apte à bouleverser les pronostics annonçant un duel entre les Jamaïcaines Elaine Thompson-Hebrah, Fraser Pryce, la détentrice de la meilleure performance mondiale de l’année Shericka Jackon (21’55), et l’Américaine Abby Steiner (21’77).

Avec Le Point par Abdoulaye A. Sall

San Antonio, en première ligne face à la vague migratoire dans le sud des Etats-Unis

juin 30, 2022
San Antonio, en premiere ligne face a la vague migratoire dans le sud des Etats-Unis
San Antonio, en première ligne face à la vague migratoire dans le sud des Etats-Unis© AFP/CHANDAN KHANNA

Des dizaines de migrants attendent devant un foyer du centre de San Antonio, au Texas. La plupart sont des jeunes hommes, mais quelques femmes, parfois accompagnées d’enfants, sont présentes dans la file. Ils ont passé des heures à chercher un abri contre la pluie, et au crépuscule, continuent d’espérer un repas et un toit pour la nuit.

Avant d’arriver, ils ont dû affronter un voyage dangereux, voire mortel. Lundi, un camion surchauffé et surchargé a été retrouvé dans cette ville texane: parmi ses passagers, 53 personnes sont décédées, l’un des pires drames de l’immigration aux Etats-Unis.

Des milliers de personnes passent chaque année par San Antonio après avoir franchi la frontière avec le Mexique, à quelque 240 km de là. Une première étape avant de rallier d’autres métropoles américaines à la recherche d’un avenir meilleur.

Edwin Sanchez est parmi les premiers de la file. Il a quitté son Venezuela natal le 12 mai, est arrivé il y a 5 jours à San Antonio et espère se rendre rapidement à New York, où une connaissance lui a promis un emploi.

« On attend un peu d’aide. Avec un ou deux jours de travail, je pourrai payer le billet », dit-il.

Cet homme de 42 ans est entré aux Etats-Unis par un poste-frontière en dépit du « Title 42 », une mesure héritée de l’ère Trump qui permet d’expulser tout migrant dépourvu d’un visa, même les demandeurs d’asile, au prétexte de la pandémie de Covid-19.

La mise en oeuvre de cette mesure est inégale: elle concerne peu les Vénézuéliens et Cubains, davantage les Mexicains et les migrants issus d’Amérique centrale.

Quelle que soit la façon dont ils traversent la frontière, s’ils arrivent du nord-est du Mexique, il est probable qu’ils passent par San Antonio, une ville de près de 1,5 million d’habitants.

« Parfait lieu de passage »

On y trouve un aéroport, une gare routière et de nombreuses correspondances pour le reste du pays, explique Roger Enriquez, professeur de criminologie à l’Université du Texas de San Antonio.

« Elle est au croisement de grosses autoroutes: la I-10, qui relie la Californie à la Floride, et la I-35, qui va de Laredo, à la frontière sud, jusqu’au Minnesota, dans le nord. C’est un parfait lieu de passage. »

Cet emplacement attire malheureusement aussi les passeurs, qui profitent du fait que 63 % des habitants soient hispaniques pour passer inaperçus, signale le professeur.

Face à l’arrivée quotidienne de migrants sans ressources, plusieurs associations se mobilisent pour les aider. Corazón Ministries, qui gère le foyer dans le centre-ville, en fait partie.

Ce refuge est ouvert chaque jour entre 19H00 et 08H00 le lendemain, et offre aux migrants un dîner et un lit, indique sa directrice, Monica Sosa.

Près d’elle, peu avant l’ouverture, quelques bénévoles installent des lits de camp frappés du logo de la Croix-Rouge américaine.

Le lieu, censé recevoir environ 150 personnes, en accueille systématiquement davantage, parfois jusqu’à 400, et beaucoup finissent par dormir à même le sol ou dans un parc non loin.

« Les ressources sont très limitées, on a besoin de plus d’aide », assure Monica Sosa.

L’association, financée par des subventions, aide quelques migrants à payer leurs billets de transports, mais voudrait pouvoir faire davantage.

Le lucratif commerce des passeurs

Austin Hernandez, Hondurien de 20 ans, est arrivé il y a quatre jours et n’a toujours pas pu dormir au foyer.

Dans la file d’attente, il se désole du manque d’aide, mais ne désespère pas d’atteindre sa destination, Austin, à seulement 130 km.

« Le chemin a été très difficile. J’ai été agressé, j’ai mendié de la nourriture dans la rue, sans succès. Il faisait froid, il pleuvait, j’ai dormi dehors. »

« Tout ça m’a coûté cher et je n’ai aucun soutien pour me rendre là où je vais », a ajouté le jeune homme, entré aux Etats-Unis en traversant le Rio Grande pour échapper aux patrouilles.

S’il n’a pas eu recours à des passeurs, le désespoir et le renforcement des contrôles à la frontière poussent certains migrants à mettre leur vie entre les mains de ces personnes.

La découverte des 53 personnes mortes lundi est un tragique rappel des risques de ce voyage si lucratif pour les cartels.

« On estime que les passeurs engrangent entre 8.000 et 10.000 dollars par personne, et ils peuvent mettre jusqu’à 100 personnes dans un camion, soit un million de profit », explique le professeur Enriquez.

« Je suis surpris qu’il n’y ait pas plus de tragédies, étant donné le danger et les risques que ces gens prennent », a-t-il conclu.

Par Le Point avec AFP