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Barrage sur le Nil : reprise des négociations à Kinshasa

avril 5, 2021
Félix Tshisekedi, le 13 janvier 2021, lors d’une réunion du Bureau de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine.

L’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan ont repris dimanche à Kinshasa leurs négociations autour du méga-barrage éthiopien sur le Nil bleu, une centrale hydro-électrique présentée comme vitale par Addis-Abeba et perçue comme une menace par Le Caire et Khartoum.

Les ministres des Affaires étrangères et des questions hydrauliques des trois pays se sont retrouvés en présence du président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, qui exerce la présidence annuelle de l’Union africaine (UA) depuis février. »La réunion de Kinshasa se fixe comme objectif de déclencher une nouvelle dynamique », a déclaré à cette occasion le président congolais.

« Je vous invite tous à prendre un nouveau départ, à ouvrir une ou plusieurs fenêtres d’espoir, à saisir toutes les opportunités, à rallumer le feu de l’espérance », a-t-il plaidé, saluant la volonté des participants de « chercher ensemble des solutions africaines aux problèmes africains ».

« La dimension humaine est à placer au centre de ces négociations tripartites », a-t-il ajouté, en défendant le droit des habitants des trois pays « à l’eau à l’alimentation et la santé ».

Source de tensions

L’ambassadeur des États-Unis, Mike Hammer, était également présent à l’ouverture des travaux de cette réunion présentée comme « la conférence ministérielle de Kinshasa sur la poursuite des négociations tripartites » sur le barrage de la Grande renaissance éthiopienne (GERD).

La conférence doit se conclure ce lundi.

Le GERD est une source de tensions entre les trois pays depuis la pose de la première pierre il y a tout juste dix ans en avril 2011.

Il est construit sur le Nil bleu (un bras du fleuve qui fait jonction avec le Nil blanc à Khartoum), dans le nord-ouest de l’Éthiopie, près de la frontière avec le Soudan. Il pourrait devenir le plus grand barrage hydro-électrique d’Afrique avec une capacité annoncée de près de 6 500 mégawatts.

Énergie vitale

Addis-Abeba a annoncé en octobre que la première phase des opérations de remplissage a été menée en août 2020

L’Éthiopie affirme que l’énergie hydroélectrique produite par le barrage sera vitale pour répondre aux besoins en énergie de ses 110 millions d’habitants.

L’Égypte, qui dépend du Nil pour environ 97% de son irrigation et son eau potable, considère le barrage éthiopien comme une menace pour son approvisionnement en eau.

Le Soudan quant à lui craint que ses propres barrages ne soient endommagés si l’Éthiopie procède au remplissage complet du GERD avant qu’un accord ne soit conclu.

Par Jeune Afrique avec AFP

Un caméraman de Reuters arrêté par la police éthiopienne

décembre 28, 2020

UN CAMERAMAN DE REUTERS ARRÊTÉ PAR LA POLICE ÉTHIOPIENNE

© Reuters/FAMILY ALBUM

NAIROBI (Reuters) – Un caméraman de Reuters, Kumerra Gemechu, a été arrêté mardi dernier à Addis Abeba, la capitale éthiopienne et a été placé en détention provisoire pendant au moins deux semaines, a-t-on appris auprès de sa famille.

Aucune raison expliquant l’arrestation n’a été donnée à sa famille et la police n’a pas répondu aux sollicitations de Reuters. Kumerra Gemechu n’a pas été inculpé.

Kumerra Gemechu, âgé de 38 ans, collabore en tant que caméraman indépendant avec Reuters depuis une dizaine d’années.

Vendredi, lors d’une audience à laquelle aucun avocat n’était présent, un juge a ordonné sa mise en détention pour une durée de 14 jours afin de donner à la police le temps de mener son enquête, a déclaré sa famille.

Dans un communiqué publié lundi, l’agence de presse Reuters a fermement condamné la mise en détention du caméraman. Cette arrestation intervient après qu’un photographe de Reuters, Tiksa Negeri, a été agressé par deux policiers éthiopiens le 16 décembre dernier.

« Les journalistes doivent pouvoir faire leur travail de collecte de l’information dans l’intérêt du public sans crainte de harcèlement ou de subir des préjudices, où qu’ils soient. Nous ne connaîtrons pas de repos tant que Kumerra ne sera pas libéré », a déclaré Stephen Adler, directeur des rédactions de Reuters.

La police a confisqué le téléphone, l’ordinateur, les clés USB ainsi que des papiers appartenant à Kumerra Gemechu, ajoute sa famille.

ARRESTATIONS DE JOURNALISTES

L’arrestation de Kumerra Gemechu intervient alors que le gouvernement fait pression sur les journalistes d’agences de presse internationales couvrant le conflit dans la région du Tigré, dans le nord de l’Ethiopie.

Kumerra Gemechu couvrait le conflit du Tigré mais Reuters n’a pu déterminer si son arrestation était liée à son travail. Aucun représentant du gouvernement n’a répondu aux questions de Reuters relatives à ce sujet.

Le Comité de protection des journalistes (CPJ) a déclaré que la détention de Kumerra Gemechu était « le dernier exemple en date montrant la vitesse à laquelle la liberté de la presse disparaît sous l’égide du Premier ministre Abiy Ahmed. »

Selon le rapport du CPJ publié début décembre sur le nombre de journalistes emprisonnés dans le monde, au moins sept journalistes étaient maintenus en détention provisoire en Ethiopie pour des raisons en lien avec leur travail.

Cinq de ces arrestations ont été faites après le déclenchement le 4 novembre de l’offensive des autorités éthiopiennes contre les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Rectifie l’âge de Kumerra Gemechu au troisième paragraphe.

Par Reuters avec (Bureau de Nairobi; version française Camille Raynaud, édité par Blandine Hénault)

Ethiopie: Le HRC demande l’accès aux camps de réfugiés érythréens du Tigré

décembre 1, 2020

 ETHIOPIE: LE HRC DEMANDE L'ACCÈS AUX CAMPS DE RÉFUGIÉS ÉRYTHRÉENS DU TIGRÉ© Reuters/Baz Ratner

GENEVE (Reuters) – Le Haut Commissariat de l’Onu aux réfugiés (HCR) a demandé mardi aux autorités éthiopiennes l’autorisation d’accéder aux camps de réfugiés érythréens du Tigré qui abritent 96.000 personnes et dont les réserves alimentaires seraient épuisées depuis un mois.

« Notre extrême inquiétude vient du fait que nous entendons parler d’attaques, de combats près des camps. Nous entendons parler d’enlèvements et de renvois forcés, c’est donc très important pour nous d’avoir cet accès pour aller voir ce qui s’est passé là-bas », a déclaré Babar Baloch, porte-parole de l’organisation, lors d’un point de presse.

Selon Addis-Abeba, l’armée éthiopienne a achevé ce week-end la reprise en main de la région dissidente, ce que Debretsion Gebremichael, président du Front de Libération du peuple du Tigré (TPLF), a démenti.

Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a ordonné le 4 novembre à l’armée d’intervenir dans cette région du nord du pays peuplée de cinq millions d’habitants pour y restaurer l’état de droit après avoir imputé l’attaque d’une base gouvernementale aux forces locales.

Avec Reuters par (Stephanie Nebehay avec Emma Thomasson à Berlin, version française Jean-Philippe Lefief, édité par Blandine Hénault)

Conflit dans le Tigré, en Éthiopie : Yoweri Museveni et Olusegun Obasanjo s’impliquent

novembre 16, 2020
Des Éthiopiens ayant fui les combats dans le Tigré pour se réfugier au Soudan, le 15 novembre 2020.

Le conflit entre le pouvoir central et la région dissidente du Tigré, qui s’étend désormais à l’Érythrée, est au centre d’un intense balai diplomatique. Tandis que le président ougandais Yoweri Museveni affirme s’impliquer directement, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo est annoncé à Addis-Abeba pour une mission de médiation.

Olusegun Obasanjo « est en route pour Addis-Abeba pour des pourparlers », a assuré ce lundi Kehinde Akiyemi, porte-parole de l’ex-président nigérian, précisant qu’il allait mener une mission de « médiation ». Le gouvernement éthiopien et l’Union africaine (UA) ont cependant indiqué ne pas avoir d’informations concernant cette mission.

Cette annonce intervient alors que Yoweri Museveni, le président ougandais, a reçu le vice-Premier ministre éthiopien, Demeke Mekonnen Hassen, également ministre des Affaires étrangères. « Il faut qu’il y ait des négociations et que le conflit s’arrête », a déclaré Museveni à l’issue de cet entretien qui s’est tenu à Gulu, dans le nord de l’Ouganda. « Je suis totalement en désaccord avec la politique axée sur le fédéralisme ethnique, a encore précisé le chef de l’État ougandais. Nous devons mettre l’accent sur la question de l’unité et des intérêts communs, car c’est le seul moyen de prospérer. »

Le président ougandais Yoweri Museveni et vice-Premier ministre éthiopien, Demeke Mekonnen Hassen, le 16 novembre 2020 à Gulu (Nord de l'Ouganda).

Selon deux responsables gouvernementaux cités par l’AFP, Yoweri Museveni devait également recevoir ce lundi une délégation du Front de libération des peuples du Tigré (TPLF), parti qui dirige la région dissidente. Mais aucun détail n’a filtré sur cette rencontre.

Escalade

Le conflit qui fait rage dans la région du Tigré, où le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a envoyé l’armée fédérale le 4 novembre, après des mois de tensions croissantes avec les autorités régionales du TPLF, a franchi un seuil supplémentaire ces derniers jours. Le TPLF a tiré samedi des roquettes sur la capitale de l’Érythrée frontalière, qu’il accuse de prêter main-forte à l’armée fédérale éthiopienne dans son offensive.

Dimanche, Abiy Ahmed a assuré que les opérations militaires « progressaient bien » et que « l’Éthiopie était plus que capable d'[en] atteindre les objectifs […] par elle-même ». Les médias d’État éthiopiens ont par ailleurs annoncé la prise d’Alamata, localité du sud-est du Tigré, à 180 km de route au sud de la capitale régionale, Mekele.

Une escalade qui renforce les craintes des observateurs que le conflit au Tigré ne dégénère et n’entraîne l’Éthiopie dans un conflit communautaire incontrôlable en même temps qu’il déstabilise la Corne de l’Afrique.

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) a alerté sur les conséquences de la crise, disant notamment s’attendre à une vague massive de réfugiés au Soudan voisin. Près de 25 000 Éthiopiens, hommes, femmes et enfants, ont déjà fui au Soudan les combats au Tigré, selon l’agence officielle soudanaise Suna.

 Par Jeune Afrique avec AFP