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Taytu Betul, chef de guerre et « Lumière » de l’Éthiopie

mars 8, 2018

 

Taytu Betul est devenue impératrice d’Éthiopie en 1889. © DR

Symbole du panafricanisme, Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie et siège de l’UA, a été fondée par une femme : Taytu Betul. La même qui avait joué un rôle fondamental dans la victoire éthiopienne face à l’invasion italienne, en 1896.

Avant-dernière impératrice d’Éthiopie, Taytu Betul est célèbre pour son intelligence, son intransigeance et sa résistance à l’égard des visées impérialistes étrangères. Issue d’une famille aristocrate, elle sait lire et écrire l’amharique, une compétence rare pour une femme à cette époque. En 1889, son cinquième (et dernier) époux, Ménélik II, Roi du Shoa, accède au pouvoir avec le statut de « Roi des rois » – c’est à dire d’empereur.

Devenue impératrice, Taytu Betul est alors la femme la plus puissante du pays. Elle s’implique activement dans la vie politique éthiopienne et pousse notamment son mari à se méfier des ambitions impérialistes italiennes. Ils abrogent ainsi le Traité de Wuchale de 1889, censé garantir la paix entre les deux pays, tout en plaçant l’Éthiopie sous souveraineté italienne.

Une dépendance inacceptable pour cette fervente nationaliste : « Vous voudriez faire passer l’Éthiopie pour votre protectorat, mais il n’en sera jamais ainsi », écrit-elle à l’ambassadeur d’Italie en 1890.

Une chef de guerre

Des opérations militaires nécessitant près de 100 000 soldats sont lancées pour repousser l’envahisseur italien. Sur le terrain, lors de la célèbre bataille d’Adoua en 1896, elle se révèle être un redoutable chef de guerre. À Makalle, c’est elle qui conçoit le plan qui offrira la victoire à l’armée éthiopienne. Et à l’image des femmes du pays qui jouent un rôle actif sur le front, elle assure également le ravitaillement et remonte le moral des troupes.

Couverte par la presse internationale, la victoire éthiopienne marque un tournant et envoie un message clair au monde moderne : un État africain peut battre une armée occidentale. Vainqueur et fier, le pays s’attire l’admiration des anti-impérialistes partout dans le monde, et surtout des activistes et intellectuels de la diaspora africaine, dont certains feront le voyage jusqu’à Addis-Abeba.

Un héritage controversé

Le règne de Taytu Betul et de Ménélik II se caractérise par une période de modernisation du pays. Sous l’impulsion de l’impératrice, Addis-Abeba (la « Nouvelle Fleur » en amharique) devient le nouveau centre économique et politique du pays. Un chemin de fer est créé pour faciliter le commerce, développant également les transports et les moyens de communication. « Un des apports importants de ce règne est l’unification des différentes régions autour d’un même ensemble politique », explique l’historienne Estelle Sohier, spécialiste du pays.

Ils ont su entretenir un véritable mythe autour de leur image, si bien qu’il est parfois difficile de démêler le vrai du faux

L’uniformisation progressive sera également marquée par de grandes famines et de vastes épidémies de maladies, notamment dans le nord du pays. Certains accusent même le couple royal d’avoir maltraité ou délaissé une partie de la population vivant dans les régions rurales.

Ce bilan controversé est souvent passé entre les lignes de l’Histoire. Les deux régents étaient en effet des maîtres dans l’art de la communication. « Ils ont toujours été très vigilants sur l’écriture de leur histoire, comme sur celle de l’Éthiopie d’ailleurs. Les chroniques royales paraissaient quotidiennement pour rapporter leurs exploits, notamment lors de la bataille d’Adoua. Ils ont su entretenir un véritable mythe autour de leur image, si bien qu’il est parfois difficile de démêler le vrai du faux », analyse la spécialiste.

Une chose est sûre : l’Éthiopie est le premier pays africain à avoir vaincu une armée coloniale européenne. Cette victoire fut un exploit retentissant dans un continent en proie à l’impérialisme européen, qui reste aujourd’hui encore un symbole universel de la résistance africaine à l’envahisseur colonial. Et grâce au rôle déterminant qu’elle eut à cette époque charnière, Taytu Betul continue d’être acclamée comme « la Lumière de l’Éthiopie ».

Jeuneafrique.com par

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État d’urgence en Éthiopie: l’ambassade des États-Unis en « profond désaccord »

février 17, 2018

Addis Abeba – L’ambassade des États-Unis à Addis Abeba a fait part samedi dans un communiqué de son « profond désaccord » avec la décision du gouvernement éthiopien d’instaurer l’état d’urgence pour six mois.

« Nous reconnaissons et partageons les inquiétudes exprimées par le gouvernement concernant de violents incidents et la perte de vies humaines mais nous croyons fermement que la réponse est plus de liberté, pas moins », poursuit le communiqué de l’ambassade des Etats-Unis, traditionnel allié du gouvernement éthiopien.

« Nous enjoignons fermement le gouvernement à revoir cette approche et à identifier d’autres moyens pour protéger vies et propriété tout en préservant et même en élargissant l’espace pour un dialogue sincère (…) », poursuit l’ambassade.

Le gouvernement éthiopien, confronté à une crise politique inédite depuis un quart de siècle, a instauré vendredi l’état d’urgence pour six mois, au lendemain de la démission du Premier ministre, Hailemariam Desalegn.

Cette mesure, destinée officiellement à protéger la Constitution et à préserver le pays du « chaos et du désordre », intervient alors que le régime avait fait libérer ces dernières semaines de nombreux prisonniers, y compris des figures de l’opposition.

« La déclaration de l’état d’urgence sape les récentes avancées en vue de la création d’un espace politique plus ouvert, y compris la libération de milliers de prisonniers », estime l’ambassade des Etats-Unis.

« Les restrictions imposées à la capacité du peuple éthiopien de s’exprimer pacifiquement envoient le message qu’ils ne sont pas entendus », ajoute la représentation américaine en Ethiopie.

Les Etats-Unis sont un allié traditionnel de l’Ethiopie dans la région, notamment en raison du rôle d’Addis Abeba dans la lutte, depuis de longues années, contre les islamistes radicaux dans la Corne de l’Afrique.

Romandie.com avec(©AFP / 17 février 2018 16h24)                                            

Éthiopie: le Premier ministre Haïlemariam Desalegn démissionne

février 15, 2018

 

Hailemariam Desalegn, Premier ministre éthiopien, en 2013 à Paris. © Bruno Levy pour The Africa Report/Jeune Afrique.

Le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn a remis sa lettre de démission ce jeudi. Cette annonce intervient alors que la coalition au pouvoir est déchirée par une profonde crise interne, notamment provoquée par la vague de protestation de 2015-2016 et la violente répression qui a suivi.

L’annonce surprise a été délivrée par la radio d’État Fana. Le Premier ministre Hailemariam Desalegn, en poste depuis 2012, « a remis sa lettre de démission [ce jeudi 15 février, ndlr] », a annoncé le média. Hailemariam, qui a affirmé « avoir fait tout son possible pour résoudre les problèmes de l’Éthiopie », a justifié cette décision par le fait que « sa démission est une solution à ces problèmes ».

Il restera en poste en tant que Premier ministre jusqu’au transfert de pouvoir. « Je resterai à mes fonctions jusqu’à ce que je reçoive la décision finale du Conseil [du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF), la coalition au pouvoir depuis 1991, ndlr] et de la Chambre [des représentants du peuple, l’Assemblée nationale éthiopienne, ndlr] », a fait savoir Hailemariam Desalegn.

« J’espère que le Conseil de l’EPRDF élira démocratiquement une personne qui me remplacera lors de sa prochaine réunion », a-t-il ajouté, sans donner de précision sur la date de cette réunion ou les noms des candidats à sa succession.

Déchirements au sein de l’EPRDF

Cette démission intervient dans un contexte extrêmement tendu au sein de l’EPRDF. Après les vagues de manifestations de 2015 et 2016, et la répression violente qui a suivi – au moins 940 personnes ont été tuées, selon un bilan de la Commission éthiopienne des droits de l’homme, liée au gouvernement – le parti au pouvoir s’est déchiré sur fond d’affrontements interethniques meurtriers dans le pays.

En septembre 2017, de violents affrontements opposant les deux principaux groupes ethniques du pays – Oromo et Somali – ont ainsi fait « des centaines » de morts, selon les autorités. Un mois plus tard, en octobre 2017, Abadula Gemeda, le président de l’Assemblée nationale, a démissionné de ses fonctions, affirmant vouloir ainsi protester contre le « manque de respect » et la marginalisation de son groupe ethnique et de son parti, l’Organisation démocratique du peuple Oromo (OPDO), l’un quatre partis formant l’EPRDF. Il est finalement revenu sur sa décision par la suite.

Le 3 janvier, jouant l’apaisement, Hailemariam Desalegn avait promis la libération de plus de 500 personnes – dont plusieurs hommes politiques – arrêtées pour leur implication présumée dans ces violences à caractère ethnique. C’est dans ce cadre que, le 16 janvier, l’opposant Merera Gudina, président du Congrès Fédéral Oromo (OFC), a été remis en liberté après une année passée derrière les barreaux.

Par la suite, des discussions ont été lancées avec l’opposition, et le Premier ministre avait promis de procéder à des réformes. Difficile de savoir, aujourd’hui, comment interpréter cette démission surprise d’Hailemariam Desalegn, qui peut être vue comme le signe que les doléances de l’opposition ont été entendues ou, au contraire, que l’EPRDF entend resserrer sa mainmise sur le pouvoir.

Jeuneafrique.com

France: l’athlète éthiopienne Zenash Gezmu retrouvée morte chez elle

novembre 30, 2017

 

Zenash Gezmu, lors de sa victoire au dernier marathon de Sénart. © DR / Marathon de Sénart / Copie d’écran Facebook

Arrivée en France en 2011, Zenash Gezmu avait remporté plusieurs fois le marathon de Sénart. Un jeune Érythréen de 28 ans s’est accusé du meurtre de la jeune femme.

Brillante marathonienne de 27 ans, l’Éthiopienne Zenash Gezmu a été retrouvée morte à son domicile de Seine-Saint-Denis, à Neuilly-sur-Marne, en banlieue parisienne. D’après Le Parisien, un Érythréen de 28 ans s’est présenté au commissariat du XVIIIe arrondissement de Paris pour s’accuser du meurtre.

La police s’est ensuite rendue sur place où elle a trouvé le corps de la jeune femme, qui serait morte d’asphyxie après avoir été frappée avec un objet contondant. Des voisins rapportent avoir entendu du bruit dans son appartement, sans pour autant prévenir la police.

On ignore pour l’instant  le mobile du meurtre, le meurtrier présumé n’ayant encore donné aucune précision. Si les deux se connaissaient, personne dans l’entourage de la victime n’avait entendu parler du jeune homme auparavant.

« Un triste jour pour le monde de l’athlétisme »

« Aujourd’hui est un triste jour pour le monde de l’athlétisme », a réagi sur sa page Facebook le Stade Français Athlétisme. Le club où elle s’entraînait depuis la rentrée a déclaré « s’associer à la douleur à la douleur et la peine de tous ses proches. Repose en paix, championne ».

 

Arrivée en France en 2011, Zenash Gezmu était dévouée corps et âme à sa passion : l’athlétisme. Avec son 1m50 et ses 38 kgs, elle avait ainsi bouclé en 2h32 son dernier marathon à Amsterdam en octobre dernier, et avait remporté plusieurs fois le marathon de Sénart, dans l’Essonne. Les primes qu’elle remportait lui permettaient ainsi de compléter son maigre salaire de 700 euros.

Des connaissances dans les différentes fédérations d’athlétisme où elle était passée, que ce soit à Montreuil ou à Neuilly-sur-Marne, l’aidaient à se loger et pour les démarches administratives. Zenash Gezmu s’était vu refuser sa demande de naturalisation en raison de son niveau insuffisant de français. Elle prenait depuis lors des cours pour s’améliorer.

Son parcours forçait l’admiration de ceux qui la connaissaient. « Il n’y en a pas beaucoup comme elle, qui se lèvent à 5 heures pour s’entraîner, matin et soir, après avoir fait des ménages dans un hôtel, raconte au Parisien celui qui a été son entraîneur durant trois ans. Ce qui comptait pour elle, c’était de faire des performances, pour être reconnue de la fédération française et remercier le pays qui l’avait accueillie ».

Jeuneafrique.com

Éthiopie: une avocate non-voyante récompensée par un prix Nobel

octobre 6, 2017

 

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L’avocate éthiopienne non-voyante, Yetnebersh Nigussie, vient d’être récompensée par le prix Right Livelihood plus connu sous le nom de prix « Nobel l’alternatif ».

Le prix Right Livewood est un prix décerné aux personnes courageuses et aux organisations qui ont trouvé des solutions pratiques aux causes profondes des problèmes mondiaux.

«Si je pouvais changer une chose dans le monde, je changerais les mentalités afin que les gens pensent que l’inclusion et non l’exclusion est la norme», a déclaré Yetnebersh Nigussie en recevant son prix.

Aveugle depuis l’âge de 5 ans, Yetnebersh Nigussie a réussi à briser les préjugés liés à son handicap et à s’insérer dans le milieu professionnel en tant qu’avocate.

Ethiopie : une avocate non-voyante récompensée par un prix nobel

Parce que j’étais aveugle, je n’étais pas convenable pour un mariage précoce, une pratique courante dans mon village. Toutes mes amies se sont mariées à l’âge de 10, 11 ou 12 ans. J’étais la seule exception. L’éducation m’a libérée et m’a permis de devenir qui je suis aujourd’hui.

Yetnebersh Nigussie a créé en Ethiopie le ECDD(Ethiopian Center for Disability and Development), un centre qui a pour but d’inclure les handicapés dans les projets de développement. Elle est mariée et mère de deux enfants.

Le prix Right Livelihood a été créé en 1980 par le Germano-Suédois Jakob von Uexkull, qui fut eurodéputé écologiste, après le refus de la fondation Nobel de créer des prix pour l’environnement et le développement. Pour cette raison, la fondation qui le décerne revendique l’étiquette de «prix Nobel alternatif». La Fondation compte désormais 170 lauréats provenant de 69 pays.

Ethiopie : une avocate non-voyante récompensée par un prix nobel

Emeraude ASSAH avec Abidjantv.net

Éthiopie: « des centaines » de morts dans de violences interethniques

septembre 25, 2017

Addis Abeba – Le gouvernement éthiopien a annoncé lundi à la presse que « des centaines » de personnes avaient péri dans des affrontements liés à un conflit territorial entre deux groupes ethniques dans le sud du pays, depuis début septembre.

« Nous pouvons dire que des centaines de membres de l’ethnie oromo ont été tués (…) et il y a eu aussi des morts côté somali. Nous ne savons pas exactement combien sont morts, cela fait l’objet d’une enquête », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Negeri Lencho.

Ces combats ont opposé des membres des ethnies oromo et somali le long de la longue frontière entre leurs régions respectives. Le président de la région oromo, Lemma Megersa, avait assuré mi-septembre qu’ils avaient donné lieu à des « tueries brutales » et poussé 50.000 personnes à fuir la zone.

M. Lencho a précisé lundi qu’une cellule d’urgence avait été mise sur pied pour répondre aux besoins des déplacés et que des efforts de médiation avaient été entrepris par le gouvernement avec les autorités locales.

Le porte-parole a ajouté que des unités de la police et de l’armée fédérales avaient été déployées et avaient restauré l’ordre.

Oromo (sud et ouest) et Somali (sud-est) se disputent depuis des années le contrôle de certaines zones arables situées le long de leur frontière commune.

Romandie.com avec(©AFP / 25 septembre 2017 17h56)                                            

Union africaine : les présents et les absents du 29e sommet des chefs d’État

juillet 3, 2017

Lors du dernier sommet de l’UA, à Addis-Abeba, en Ethiopie, le 30 janvier 2017. © Mulugeta Ayene/AP/SIPA

Les dirigeants du continent se retrouvent ce lundi à Addis-Abeba pour un sommet de transition. Alpha Condé, Alassane Ouattara ou encore Joseph Kabila sont là mais plusieurs poids lourds du continent sont absents.

Le défilé des berlines présidentielles devant les palaces d’Addis-Abeba a débuté dimanche 2 juillet au soir. Pendant deux jours, la capitale éthiopienne abritera le 29e sommet des chefs d’État et de gouvernement africains. Principal sujet à l’ordre du jour : la réforme de l’Union africaine (UA). Certaines des crises qui secouent le continent, notamment celles au Mali, au Soudan du Sud et en Libye seront également au cœur des discussions entre dirigeants africains.

Le président en exercice de l’UA, le Guinéen Alpha Condé, est arrivé à Addis-Abeba à la veille du sommet pour présider une série de réunions, dont une sur l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables, un des mécanismes installés par la Conférence sur le Climat, la Cop 21, à Paris.

Dimanche, Denis Sassou-Nguesso (Congo-Brazzaville) a, quant a lui, dirigé une rencontre du Comité de haut niveau de l’UA pour la Libye. Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale, avait fait le déplacement, ainsi qu’une partie des voisins du pays en crise.

Le G5 Sahel au grand complet

Alassane Ouattara a lui atterri dès samedi soir, en compagnie de son épouse, Dominique. Réunis en sommet hier dimanche, les présidents du G5 Sahel, Idriss Déby Itno (Tchad), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso), Ibrahim Boubacar Keïta (Mali) et Mahamadou Issoufou (Niger), devraient, quant à eux, arriver à l’aube ce lundi matin après un vol direct en provenance de Bamako.

Présent pour le sommet historique de janvier dernier marquant le retour du Maroc au sein de l’UA, Mohammed VI sera cette fois-ci représenté par son frère, le prince Moulay Rachid, qui prononcera un discours en son nom. Le souverain marocain a été chargé de présenter un rapport sur le thème de la migration, en liaison avec le sujet choisi pour cette 29è édition : « tirer pleinement parti du dividende démographique en investissant dans la jeunesse ».

Kagamé arrivé, présence de Kabila remarquée

Parmi les autres présidents présents, il y a le Rwandais, Paul Kagamé, initiateur du projet de réforme de l’Union africaine qui doit être un des thèmes majeurs de ce 29ème sommet. L’arrivée de Joseph Kabila, dimanche soir, a été particulièrement remarquée, le président de République Démocratique du Congo se déplaçant rarement pour les sommets du continent. Alors que plusieurs dignitaires de son régime, accusés de « graves violations des droits de l’homme », ont été récemment sanctionnés par l’Union européenne et les Etats-Unis, il vient demander le soutien politique de l’UA, selon son entourage. Les autorités congolaises ont dénoncé des sanctions « illégales » cherchant à « déstabiliser » le pays. Le Gabonais, Ali Bongo Odimba, et le Zimbabwéen, Robert Mugabé, sont également attendus.

Absence de poids lourds 

Le plus grand absent à cette messe africaine sera certainement le Sud-Africain Jacob Zuma. La tenue du sommet a coïncidé avec une conférence cruciale du parti au pouvoir, l’ANC, en proie à des divisions internes. Il sera représenté par sa ministre des Affaires étrangères, Maite Nkoana Mashabane. Autre poids lourd du continent absent, Muhammadu Buhari. Depuis près d’un mois, le président nigérian est à Londres pour des raisons médicales. Yemi Osinbajo, son vice-président, le remplacera.

Manqueront aussi à l’appel le président sénégalais, Macky Sall, dont le pays se prépare à tenir des élections législatives le 30 juillet. Il se fera représenter par le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Mankeur Ndiaye. Le président égyptien, Abdefettah al-Sissi, en raison de le visite officielle qu’il effectue actuellement en Hongrie, ne sera pas là non plus.

De même pour le Camerounais, Paul Biya, qui n’a pas foulé le parquet du centre de conférences de l’UA depuis une décennie, ainsi que pour le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, affaibli par la maladie, et qui a dépêché à ce sommet son Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune. L’Angolais Eduardo Dos Santos se fera représenté par son ministre de la Défense et successeur désigné, l’ancien général José Lourenço.

El Béchir ne vient pas, Pierre Nkurunziza non plus

L’absence du président soudanais, Omar El Béchir, est, en revanche, une surprise. Sous mandat d’arrêt de la CPI, le président aime habituellement défier la justice internationale en retrouvant ses pairs. Il se fera représenter par son numéro 2, Hassabo Mohamed Abdul-Rahman.

Pierre Nkurunziza, qui n’a plus quitté son pays depuis mai 2015, ne fera pas exception pour ce sommet d’Addis-Abeba. Son pays est plongé dans une grave crise depuis sa réélection, en 2015, pour une troisième mandat controversé. L’Union Africaine avait alors tenter de faire pression sur le président burundais et avait un temps envisagé l’envoi d’une force africaine, avant de se raviser.

Jeuneafrique.com Par et – envoyées spéciales à Addis-Abeba

L’Ethiopie suspend les adoptions par des familles étrangères

juin 2, 2017

Des enfants éthiopiens jouent avec des adultes à Gambela, en Ethiopie, le 26 mai 2016 / © UNICEF ETHIOPIA/AFP/Archives / HO

Le gouvernement éthiopien a suspendu les procédures d’adoption par des familles étrangères, empêchant des dizaines d’entre elles d’être réunies avec des enfants qu’elles ont déjà légalement adoptés, a-t-on appris vendredi auprès des responsables de quatre ambassades occidentales dont des citoyens sont touchés par la mesure.

Des centaines d’autres demandes d’adoption n’ayant pas encore abouti sont de la sorte également en suspens, laissant dans l’incertitude des familles ayant investi des milliers d’euros dans des procédures durant parfois plusieurs années, selon la même source.

Contactée par l’AFP, une porte-parole du ministère éthiopien pour les Femmes, les Enfants et la Jeunesse a refusé de confirmer ou commenter la mesure, dont les diplomates assurent qu’elle est en vigueur depuis le 21 avril.

« On ne nous a pas expliqué pourquoi (cette mesure a été prise, ndlr) », a déclaré l’ambassadeur d’Espagne en Ethiopie, Borja Montesino.

Le chef de mission adjoint de l’ambassade de Belgique, Josef Naudts, a assuré avoir été informé par des responsables éthiopiens qu’Addis Abeba souhaite revoir son système d’adoption. « Nous espérons qu’une solution pourra être trouvée pour les familles (…) bloquées à cause de cette décision ».

L’Ethiopie est une destination populaire pour les familles étrangères souhaitant adopter. Par le passé, le système d’adoption éthiopien a été accusé d’inclure des enfants qui ne sont pas orphelins, poussant les ambassades étrangères à instaurer leurs propres règles pour s’assurer qu’aucun enfant ayant déjà des parents ne soit adopté.

Depuis 2011, 5.500 enfants éthiopiens ont été adoptés par des familles américaines, selon l’ambassade des Etats-Unis. En 2010 et 2011, 1.200 enfants ont été adoptés par des familles espagnoles, selon l’ambassadeur Montesino.

Jon Oren et son épouse, des citoyens américains, ont été reconnus parents légaux d’un enfant éthiopien de trois ans, et attendaient une dernière autorisation des autorités éthiopiennes pour l’emmener aux Etats-Unis. Leur dossier est désormais en suspens depuis que la mesure controversée est entrée en vigueur.

« Maintenant que nous sommes parents légaux (…), je suis responsable de son bien-être », a soutenu M. Oren à l’AFP. « Je ne peux pas simplement ignorer mes sentiments ou mes obligations légales en tant que père ».

Selon un communiqué de l’ambassade américaine, environ 40 familles américaines sont dans une situation similaire, et plus de 200 familles ayant entamé une procédure d’adoption ont vu leurs demandes mises en suspens.

En Espagne, les demandes d’environ 50 familles ont été suspendues, selon l’ambassadeur espagnol, alors qu’un diplomate britannique assure qu’une dizaine de familles britanniques ont été affectées. En ce qui concerne la Belgique, cinq familles sont touchées par cette suspension, selon Jozef Naudts.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juin 2017 14h07)                

L’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus a été élu mardi nouveau directeur général de l’OMS (Organisation mondiale de la santé)

mai 23, 2017
Tedros Adhanom Ghebreyesus

L’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus a été élu mardi nouveau directeur général de l’OMS (Organisation mondiale de la santé)|©DR

L’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus a été élu mardi nouveau directeur général de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), l’emportant au 3ème tour devant le Britannique David Nabarro.

C’est la première fois qu’un Africain va diriger l’OMS, une des agences de l’ONU les plus puissantes.

« C’est un jour historique pour l’Ethiopie et pour l’Afrique », s’est exclamé à l’issue du vote l’ambassadeur éthiopien auprès de l’ONU à Genève, M. Negash Kibret.

Le nouveau chef de l’OMS, une des plus influentes agences des Nations unies dont le siège est à Genève, prendra le 1er juillet la succession de la Dr Margaret Chan (Chine) qui a dirigé l’institution pendant 10 ans.

L’ex-ministre éthiopien de la Santé et chercheur renommé sur le paludisme, âgé de 52 ans, était arrivé déjà en tête du premier tour et du 2ème tour, mais n’avait pas obtenu la majorité des deux-tiers des voix requises.

Son challenger, le Dr David Nabarro, 67 ans, a été envoyé spécial de l’ONU pour la lutte contre Ebola.

Au 1er tour, trois candidats se sont affrontés, mais celui qui a obtenu le moins de voix a été éliminé. Il s’agissait de la cardiologue et ancienne ministre de la Santé pakistanaise, le Dr Sania Nishtar.

Rendre l’OMS transparente —

C’est la première fois que trois candidats se sont affrontés pour devenir directeur général de l’OMS, une institution critiquée pour son manque de transparence.

Auparavant, seul un unique candidat, proposé par le Conseil exécutif de l’OMS, était soumis au vote de l’Assemblée mondiale de la Santé, qui procédait à la nomination finale.

Le Dr Tedros prendra la tête d’une agence qui a été notamment critiquée pour son manque de discernement sur la gravité de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016, qui a fait plus de 11.300 morts.

La Chinoise Margaret Chan a reconnu lundi, dans un discours prononcé devant l’Assemblée mondiale de la santé, qui réunit une fois par an les pays-membres de l’OMS, que l’épidémie avait « pris tout le monde, y compris l’OMS, par surprise ».

Dans son intervention pour présenter sa candidature et son programme, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, 52 ans, a raconté avoir perdu, alors qu’il était enfant, un frère qui n’avait pas reçu les médicaments nécessaires. Il avait alors indiqué « refuser d’accepter que les gens meurent parce qu’ils sont pauvres ».

« Je fais les promesses suivantes: travailler sans relâche pour concrétiser la promesse de garantir la couverture sanitaire universelle, veiller à ce qu’il y ait des ripostes solides dans les situations d’urgence », a-t-il déclaré dans son plaidoyer.

En outre, le médecin éthiopien a indiqué qu’il renforcera « la santé et l’autonomie des pays » et « mettra la transparence au coeur de l’OMS ».

Lors de la sélection sur une liste de 6 candidats des 3 finalistes, en janvier dernier, le Dr Tedros était déjà arrivé en tête des votes, devant le Dr Nishtar et le Dr Nabarro. Le signe, pour certains observateurs, de la volonté d’élire un candidat d' »un pays du sud ».

Le Dr Tedros, qui a aussi été chef de la diplomatie de son pays, était soutenu par l’Union Africaine.

L’OMS coordonne les réponses aux pandémies, et fixe des normes pour les systèmes de santé de tous les pays.

« Le nouveau directeur général doit continuer à oeuvrer pour que l’OMS devienne plus efficace et plus transparente. L’OMS doit être transparente sur la façon dont elle utilise ses ressources et sur ses résultats », a affirmé mardi le ministre américain de la Santé Tom Pricese à Genève.

Première ONG à réagir à cette élection, Gavi, l’Alliance du Vaccin, s’est félicité de l’élection du Dr Tedros, ancien membre de son conseil d’administration.

« Je voudrais adresser mes plus vives félicitations au Dr Tedros », a déclaré le Dr Seth Berkley, Directeur exécutif de Gavi, l’Alliance du Vaccin.

L’élection s’est faite lors de l’Assemblée mondiale de la santé, qui réunit tous les ans à Genève les états-membres de l’OMS.

AFP

Ethiopie: un immense éboulement dans une décharge fait au moins 24 morts

mars 12, 2017

Addis Abeba – Au moins 24 personnes ont été tuées et 28 autres blessées par un immense éboulement dans une des principales décharges d’ordures du pays, en périphérie de la capitale éthiopienne Addis Abeba, ont annoncé dimanche les autorités.

L’éboulement s’est produit samedi soir, la masse d’ordures déplacée emportant notamment une trentaine d’habitations de fortune de personnes vivant sur la décharge de Koshe, a indiqué à l’AFP Dagmawit Moges, un porte-parole de la municipalité d’Addis Abeba.

« Nous nous attendons à ce que le nombre de victimes augmente », a-t-il ajouté, expliquant que l’éboulement avait touché une zone « relativement grande ».

La décharge de Koshe existe depuis plus de 40 ans et est une des principales décharges de la périphérie d’Addis Abeba, capitale de 4 millions d’habitants à la croissance démographique galopante.

La plupart des victimes de l’éboulement sont des « squatteurs » qui fouillent sans relâche les montagnes de déchets à la recherche d’objets pouvant avoir de la valeur, selon M. Moges.

Romandie.com avec(©AFP / 12 mars 2017 13h36)