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Le président érythréen célèbre les retrouvailles avec l’Éthiopie lors d’une visite historique

juillet 14, 2018

Des habitants de la capitale éthiopienne Addis Abeba sortent sur leurs balcons pour accueillir le convoi du président érythréen Issaias Afeworki le 14 juillet 2018 / © AFP / STRINGER

Le président érythréen Issaias Afeworki a promis samedi de consolider le rapprochement avec l’Ethiopie, au début d’une visite historique à Addis Abeba après vingt ans d’hostilité entre les deux voisins de la corne de l’Afrique.

« Nous ne sommes plus les peuples de deux pays. Nous sommes un », a-t-il lancé devant les élites politiques et culturelles réunies dans un palais de la capitale éthiopienne construit à une époque où les deux voisins formaient une même nation.

« Nous irons de l’avant ensemble », a poursuivi le chef de l’Etat érythréen au premier d’une visite de trois jours qui doit notamment voir l’ouverture d’une ambassade d’Erythrée à Addis Abeba.

Garde militaire, danses traditionnelles et tapis rouge : le président érythréen avait auparavant été accueilli avec les honneurs à son arrivée par le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed.

Vêtus de châles blancs et agitant des palmes, de nombreux Ethiopiens s’étaient massés le long de la route reliant l’aéroport au centre de la capitale. Les rues étaient ornées de drapeaux des deux pays, de bannières et photos des deux dirigeants signant la paix pas plus tard que lundi, lors d’une visite de M. Abiy en Erythrée.

Le président érythréen Issaias Afeworki (g) est accueilli par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed à l’aéroport d’Addis Abeba, le 14 juillet 2018 en Ethiopie / © AFP / MAHEDER HAILESELASSIE TADESE

Les deux dirigeants ont partagé rires et embrassades lors d’un déjeuner officiel où M. Abiy a assuré que le chef de l’Etat érythréen était « bien aimé et respecté par le peuple éthiopien à qui il avait manqué ». « Bienvenue à la maison, président Issaias!! », a renchéri le chef de cabinet de M. Abiy, Fitsum Arega, sur Twitter.

Après ce déjeuner, les deux dirigeants ont pris un vol pour Hawassa (sud) afin d’y visiter un important parc industriel.

Un dîner officiel est prévu dimanche et la réouverture de l’ambassade érythréenne est également au programme de la visite selon la radio-télévision éthiopienne Fana. Les vols directs entre les deux pays doivent quant à eux reprendre la semaine prochaine.

– Paix subite –

Un groupe de femmes brandit des drapeaux ethiopiens et erythréens le 14 juillet 2018 à Addis Abeban / © AFP / STRINGER

Cette visite inédite en Ethiopie survient une semaine après le déplacement de M. Abiy à Asmara qui a permis de concrétiser une initiative de paix lancée par le chef du gouvernement réformateur d’Addis Abeba, arrivé au pouvoir en avril dernier.

De 1998 à 2000, l’Éthiopie et l’Érythrée se sont livré une guerre conventionnelle qui a fait quelque 80.000 morts, notamment en raison d’un désaccord sur leur frontière commune.

Le refus éthiopien d’appliquer une décision en 2002 d’une commission soutenue par l’ONU sur le tracé de la frontière a ensuite entretenu une longue animosité entre les deux pays.

Mais le mois dernier, M. Abiy a annoncé la volonté de l’Éthiopie d’appliquer un accord de paix signé en 2000 à Alger avec l’Érythrée et les conclusions, deux ans plus tard, de la commission internationale indépendante sur la démarcation de la frontière.

L’Ethiopie et l’Erythrée en 5 indicateurs clés / © AFP /

« Quelqu’un peut-il trouver les mots justes pour décrire l’intensité du sentiment populaire dans les deux pays, la profondeur et la signification des changements prometteurs à l’oeuvre dans la région! », a tweeté le ministre érythréen de l’Information Yemane Gebremeskel.

– Des changements en Erythrée ? –

Autrefois façade maritime de l’Éthiopie avec les ports de Massawa et d’Assab, l’Érythrée a déclaré son indépendance en 1993 après avoir chassé les troupes éthiopiennes de son territoire en 1991 au terme de trois décennies de guerre.

L’indépendance de l’Érythrée a privé l’Éthiopie de tout accès à la mer et l’a forcée à s’appuyer presque exclusivement sur Djibouti pour son commerce maritime.

Le propriétaire éthiopien d’un hôtel, Taeme Lemlem (G), apprend la prochaine visite en Ethiopie du président érythréen Issaias Afeworki en regardant la télévision, le 13 juillet 2018. Son hotel avait été détruit par la guerre avec l’Erythrée, à Zalambesa (nord de l’Ethiopie) / © AFP / Maheder HAILESELASSIE TADESE

L’accès de l’Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, aux ports érythréens devrait stimuler l’économie des deux Etats.

La liberté de mouvement de part et d’autre de la frontière doit permettre la réunion de deux peuples, liés par une histoire, une langue et une ethnicité communes, et de familles séparées depuis plus de 20 ans.

Samedi, Amnesty International a souhaité que la paix soit aussi un catalyseur de changements en Erythrée, où des milliers de gens « languissent en détention pour avoir simplement exprimé leur opinion ».

« La fin des hostilités avec l’Ethiopie est un moment de joie pour les Erythréens mais il doit être suivi par des réformes tangibles qui fassent une véritable différence dans la vie quotidienne des gens et mettent fin à des décennies de répression », a déclaré le directeur adjoint de l’ONG pour la région, Seif Magango.

Amnesty a aussi appelé à la fin du service militaire illimité, qui était justifié à Asmara par l’état de guerre avec l’Ethiopie. La mesure a provoqué l’émigration de centaines de milliers de jeunes Erythréens, notamment en Europe.

Romandie.com avec(©AFP / 14 juillet 2018 17h32)

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Visite historique d’une délégation érythréenne en Éthiopie

juin 26, 2018

Le Premier ministre éthiopien Ahmed Abiy (g) et le ministre érythréen des Affaires étrangères Osman Saleh (d) à l’aéroport d’Addis Abeba, le 26 juin 2018 / © AFP / YONAS TADESSE

Une délégation gouvernementale érythréenne se trouvait mardi à Addis Abeba pour une visite historique destinée à mettre un point final à la guerre et à des décennies d’hostilité entre les deux voisins de la Corne de l’Afrique.

Inimaginable il y a encore quelques semaines, l’envoi de cette délégation a été décidé par le président érythréen Issaias Afeworki à la suite d’une ouverture du régime éthiopien et de son Premier ministre réformateur Ahmed Abiy.

Le ministre érythréen des Affaires étrangères Osman Saleh et le conseiller spécial du président Issaias, Yemane Gebreab, sont arrivés peu avant 14H00 (11H00 GMT à l’aéroport international d’Addis Abeba, où ils ont été accueillis en fanfare et sur un tapis rouge par M. Abiy et des personnalités éthiopiennes du monde de la culture et du sport, comme le légendaire coureur éthiopien Haile Gebreselassie.

Un dîner devait être organisé dans la soirée par le Premier ministre éthiopien en l’honneur de ses invités érythréens.

Le Premier ministre Abiy, âgé de 42 ans, a pris ses fonctions en avril et il a depuis amorcé un train de réformes sans précédent depuis plus de 25 ans dans le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique.

Au nombre de ces bouleversements, l’annonce début juin de son intention d’appliquer l’accord de paix signé en 2000 avec l’Erythrée et les conclusions de la commission internationale indépendante sur la démarcation de la frontière.

L’Ethiopie et l’Erythrée se sont livré de 1998 à 2000 une meutrière guerre conventionnelle, avec chars d’assaut et tranchées, qui a fait quelque 80.000 morts, notamment en raison d’un désaccord sur leur frontière commune.

Une banderole montre les drapeaux érythréen et éthiopien à l’aéroport d’Addis Abeba avant la visite d’une délégation érythréenne, le 26 juin 2018. / © AFP / Yonas Tadesse

« La relation entre l’Ethiopie et l’Erythrée représente plus que cette question de frontière. Lorsque nous ferons la paix, cela bénéficiera à toute l’Afrique de l’Est », a déclaré à la presse Meles Alem, porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères, depuis l’aéroport.

– ‘Signaux positifs’ –

Le refus éthiopien d’appliquer une décision en 2002 d’une commission soutenue par l’ONU sur le tracé de la frontière a ensuite, entre autres, entretenu l’animosité entre les deux pays.

Il y a deux ans à peine, en juin 2016, un violent accrochage avait opposé les deux armées à la frontière, les Erythréens affirmant avoir tué plus de 200 soldats éthiopiens. L’Ethiopie avait alors mis en garde son voisin, lui rappelant qu’elle avait « la capacité de mener une guerre totale ».

Répondant à la main tendue du régime éthiopien, le président érythréen Issaias Afeworki a annoncé la semaine dernière l’envoi de cette délégation en Ethiopie pour discuter d’une paix entre les deux ennemis jurés, en réponse aux « signaux positifs » venant d’Addis Abeba.

Cette réponse du président Issaias avait également tranché avec les habituelles diatribes du leader érythréen, à la tête depuis 1993 d’un des régimes les plus fermés et les plus répressifs au monde, qui justife depuis des années l’emprisonnement de dissidents et la conscription obligatoire par la nécessité de se défendre contre l’Ethiopie.

Visite historique d’une délégation érythréenne en Ethiopie / © AFP / Solan Kolli

Autrefois façade maritime de l’Ethiopie avec les ports de Massawa et d’Assab, l’Erythrée a déclaré son indépendance en 1993 après avoir chassé les troupes éthiopiennes de son territoire en 1991 au terme de trois décennies de guerre. A l’époque, les guérillas érythréenne et tigréenne s’étaient alliées pour renverser le pouvoir de Mengistu, tombé en mai 1991.

– Attaque à la grenade –

Si la décision de M. Abiy de tourner la page du conflit de 1998-2000 en respectant l’accord de paix d’Alger a été saluée par la communauté internationale, elle a été accueillie avec défiance par les habitants de la ville symbole de Badme, accordée à l’Erythrée en 2002.

L’Ethiopie n’a d’ailleurs pas indiqué quand ses troupes quitteraient cette localité, dont les 18.000 habitants éthiopiens redoutent de se retrouver sous la coupe de leur ancien ennemi. Un journaliste de l’AFP a constaté à la mi-juin qu’elles étaient toujours sur place.

Le Premier ministre éthiopien, qui a également annoncé la libéralisation partielle de l’économie éthiopienne et a procédé à des remaniements au sein de l’appareil sécuritaire, va devoir montrer sa capacité à concrétiser son ouverture vers l’Erythrée tout en ménageant les sensibilités dans son pays.

Samedi, lors d’un immense rassemblement sur la plus grande place d’Addis Abeba, une grenade a été lancée par un homme encore non identifié, faisant deux morts. Le Premier ministre venait d’achever son discours et, selon l’un des organisateurs du meeting, il était la cible de cette attaque. Les autorités ne se sont pas encore prononcées sur ce point.

« Le point crucial à surveiller, c’est la capacité d’Abiy de surpasser l’inévitable déception ou sentiment de trahison au regard de la décision sur l’Érythrée », expliquait récemment à l’AFP Christopher Clapham, de l’université britannique de Cambridge.

Romandie.com avec(©AFP / 26 juin 2018 18h11)

Éthiopie: un tué et 150 blessés dans une explosion lors d’un meeting

juin 23, 2018

Des milliers de personnes réunies le 23 juin 2018 sur la place Meskel d’Addis Abeba pour soutenir le Premier ministre Abiy Ahmed / © AFP / SAMUEL HABTAB GEBRU

Au moins une personne a été tuée et plus de 150 blessées après l’explosion d’une grenade samedi au milieu d’une foule immense venue écouter le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed dans le centre d’Addis Abeba, déclenchant un mouvement de panique.

Devant des dizaines de milliers de personnes réunies sur la place Meskel, M. Abiy venait de finir son discours et saluait la foule quand l’explosion s’est produite, provoquant un mouvement de foule vers l’estrade et des scènes de confusion, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le Premier ministre a quitté précipitamment les lieux sain et sauf. A 15h00 locales (12h00 GMT), le ministre de la Santé Amir Aman a porté le bilan à un mort et 154 blessés, dont 10 dans un état critique, sur son compte twitter.

M. Abiy a estimé que l’incident avait été planifié par des groupes cherchant à discréditer son programme de réformes. « Les gens qui ont fait ça appartiennent à des forces opposées à la paix. Vous devez arrêter de faire ça. Vous n’avez pas réussi dans le passé et vous ne réussirez pas dans le futur », a-t-il lancé à la télévision.

Son chef de cabinet Fitsum Arega a précisé que l’explosion avait été provoquée par une grenade et qu’elle était le fait de personnes – qu’il n’a pas identifiées – « dont le cœur est rempli de haine ».

Un des organisateurs du rassemblement, Seyoum Teshome, a expliqué avoir vu une bagarre éclater non loin de la scène où se trouvait le Premier ministre et quelqu’un tenter de lancer une grenade dans cette direction.

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed à Addis Abeba pour un sommet régional le 21 juin 2018 / © AFP / YONAS TADESSE

« A ce moment-là, quatre policiers ou plus lui ont sauté dessus et durant cette échauffourée, la grenade a explosé », a déclaré M. Seyoum à l’AFP. Aucun responsable gouvernemental n’a confirmé que M. Abiy était la cible de cette attaque.

Par ailleurs, un photographe de l’AFP a constaté l’arrestation sur la place de quatre personnes, deux hommes et deux femmes.

Il s’agissait du premier discours public à Addis Abeba de M. Abiy, 41 ans, depuis sa nomination en avril. Il en avait fait plusieurs en province, et celui-ci devait être le plus symbolique de sa campagne pour expliquer ses réformes.

Depuis sa prise de fonctions, après plus de deux années de manifestations antigouvernementales ayant coûté son poste à son prédécesseur Hailemariam Desalegn, M. Abiy a impulsé des changements majeurs, libérant nombre d’opposants emprisonnés et initiant une libéralisation de l’économie.

Il a aussi décidé de mettre un point final au différend avec l’Érythrée et opéré un important remaniement de responsables sécuritaires.

Des supporters du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed sur la place Meskel d’Addis Abeba le 23 juin 2018 / © AFP / Samuel HABTAB GEBRU

– ‘Woyane voleur’ –

Le rassemblement de samedi avait débuté dans le calme. Des spectateurs brandissaient des drapeaux du Front de libération oromo (OLF), un groupe armé rebelle, et une ancienne version du drapeau éthiopien, symbole des manifestations antigouvernementales.

La police, qui par le passé arrêtait quiconque agitait de tels drapeaux, laissait cette fois faire.

Dans son discours, M. Abiy a exprimé sa gratitude à la foule et a vanté les vertus de l’amour, de l’harmonie et du patriotisme: « L’Éthiopie sera à nouveau au sommet et les fondations en seront l’amour, l’unité et le rassemblement ».

Après l’explosion, des dizaines de personnes ont envahi la scène dans la confusion totale, et commencé à lancer des objets divers vers la police en criant: « A bas, à bas Woyane », ou « Woyane voleur », en référence au surnom péjoratif utilisé pour qualifier le gouvernement, selon le journaliste de l’AFP.

Blast rocks rally in support of new Ethiopian prime minister / © AFP / Solan Kolli

Des échauffourées ont éclaté entre spectateurs. Après ces incidents, des dizaines de milliers de personnes ont continué à chanter dans le calme et à manifester leur mécontentement à l’égard des autorités.

La police est finalement intervenue en lançant des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. A la mi-journée, la place était complètement vide en dehors d’une forte présence policière, selon un journaliste de l’AFP.

Le nouveau Premier ministre a pris les rênes du pays à un moment où, selon de nombreux observateurs, la coalition au pouvoir depuis 1991, et à laquelle il appartient, s’est retrouvée dos au mur.

Confrontée au plus important mouvement de protestation en 25 ans, le pouvoir a d’abord répondu par la répression (plus de 1.000 morts, un état d’urgence de 10 mois), avant de lâcher du lest, avec la démission du Premier ministre Hailemariam Desalegn en février, puis la nomination de M. Abiy.

Premier chef du gouvernement éthiopien issu de l’ethnie oromo, M. Abiy a surpris les observateurs par la rapidité avec laquelle il a initié les réformes. Ceux-ci ont cependant mis en garde contre le risque que cela ne suscite des tensions.

La promesse de M. Abiy de rétrocéder à l’Érythrée des portions de territoires frontaliers a ainsi déjà suscité en Ethiopie la réprobation des Tigréens, très influents dans les cercles du pouvoir avant sa nomination.

Romandie.com avec(©AFP / 23 juin 2018 15h36)

Taytu Betul, chef de guerre et « Lumière » de l’Éthiopie

mars 8, 2018

 

Taytu Betul est devenue impératrice d’Éthiopie en 1889. © DR

Symbole du panafricanisme, Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie et siège de l’UA, a été fondée par une femme : Taytu Betul. La même qui avait joué un rôle fondamental dans la victoire éthiopienne face à l’invasion italienne, en 1896.

Avant-dernière impératrice d’Éthiopie, Taytu Betul est célèbre pour son intelligence, son intransigeance et sa résistance à l’égard des visées impérialistes étrangères. Issue d’une famille aristocrate, elle sait lire et écrire l’amharique, une compétence rare pour une femme à cette époque. En 1889, son cinquième (et dernier) époux, Ménélik II, Roi du Shoa, accède au pouvoir avec le statut de « Roi des rois » – c’est à dire d’empereur.

Devenue impératrice, Taytu Betul est alors la femme la plus puissante du pays. Elle s’implique activement dans la vie politique éthiopienne et pousse notamment son mari à se méfier des ambitions impérialistes italiennes. Ils abrogent ainsi le Traité de Wuchale de 1889, censé garantir la paix entre les deux pays, tout en plaçant l’Éthiopie sous souveraineté italienne.

Une dépendance inacceptable pour cette fervente nationaliste : « Vous voudriez faire passer l’Éthiopie pour votre protectorat, mais il n’en sera jamais ainsi », écrit-elle à l’ambassadeur d’Italie en 1890.

Une chef de guerre

Des opérations militaires nécessitant près de 100 000 soldats sont lancées pour repousser l’envahisseur italien. Sur le terrain, lors de la célèbre bataille d’Adoua en 1896, elle se révèle être un redoutable chef de guerre. À Makalle, c’est elle qui conçoit le plan qui offrira la victoire à l’armée éthiopienne. Et à l’image des femmes du pays qui jouent un rôle actif sur le front, elle assure également le ravitaillement et remonte le moral des troupes.

Couverte par la presse internationale, la victoire éthiopienne marque un tournant et envoie un message clair au monde moderne : un État africain peut battre une armée occidentale. Vainqueur et fier, le pays s’attire l’admiration des anti-impérialistes partout dans le monde, et surtout des activistes et intellectuels de la diaspora africaine, dont certains feront le voyage jusqu’à Addis-Abeba.

Un héritage controversé

Le règne de Taytu Betul et de Ménélik II se caractérise par une période de modernisation du pays. Sous l’impulsion de l’impératrice, Addis-Abeba (la « Nouvelle Fleur » en amharique) devient le nouveau centre économique et politique du pays. Un chemin de fer est créé pour faciliter le commerce, développant également les transports et les moyens de communication. « Un des apports importants de ce règne est l’unification des différentes régions autour d’un même ensemble politique », explique l’historienne Estelle Sohier, spécialiste du pays.

Ils ont su entretenir un véritable mythe autour de leur image, si bien qu’il est parfois difficile de démêler le vrai du faux

L’uniformisation progressive sera également marquée par de grandes famines et de vastes épidémies de maladies, notamment dans le nord du pays. Certains accusent même le couple royal d’avoir maltraité ou délaissé une partie de la population vivant dans les régions rurales.

Ce bilan controversé est souvent passé entre les lignes de l’Histoire. Les deux régents étaient en effet des maîtres dans l’art de la communication. « Ils ont toujours été très vigilants sur l’écriture de leur histoire, comme sur celle de l’Éthiopie d’ailleurs. Les chroniques royales paraissaient quotidiennement pour rapporter leurs exploits, notamment lors de la bataille d’Adoua. Ils ont su entretenir un véritable mythe autour de leur image, si bien qu’il est parfois difficile de démêler le vrai du faux », analyse la spécialiste.

Une chose est sûre : l’Éthiopie est le premier pays africain à avoir vaincu une armée coloniale européenne. Cette victoire fut un exploit retentissant dans un continent en proie à l’impérialisme européen, qui reste aujourd’hui encore un symbole universel de la résistance africaine à l’envahisseur colonial. Et grâce au rôle déterminant qu’elle eut à cette époque charnière, Taytu Betul continue d’être acclamée comme « la Lumière de l’Éthiopie ».

Jeuneafrique.com par

État d’urgence en Éthiopie: l’ambassade des États-Unis en « profond désaccord »

février 17, 2018

Addis Abeba – L’ambassade des États-Unis à Addis Abeba a fait part samedi dans un communiqué de son « profond désaccord » avec la décision du gouvernement éthiopien d’instaurer l’état d’urgence pour six mois.

« Nous reconnaissons et partageons les inquiétudes exprimées par le gouvernement concernant de violents incidents et la perte de vies humaines mais nous croyons fermement que la réponse est plus de liberté, pas moins », poursuit le communiqué de l’ambassade des Etats-Unis, traditionnel allié du gouvernement éthiopien.

« Nous enjoignons fermement le gouvernement à revoir cette approche et à identifier d’autres moyens pour protéger vies et propriété tout en préservant et même en élargissant l’espace pour un dialogue sincère (…) », poursuit l’ambassade.

Le gouvernement éthiopien, confronté à une crise politique inédite depuis un quart de siècle, a instauré vendredi l’état d’urgence pour six mois, au lendemain de la démission du Premier ministre, Hailemariam Desalegn.

Cette mesure, destinée officiellement à protéger la Constitution et à préserver le pays du « chaos et du désordre », intervient alors que le régime avait fait libérer ces dernières semaines de nombreux prisonniers, y compris des figures de l’opposition.

« La déclaration de l’état d’urgence sape les récentes avancées en vue de la création d’un espace politique plus ouvert, y compris la libération de milliers de prisonniers », estime l’ambassade des Etats-Unis.

« Les restrictions imposées à la capacité du peuple éthiopien de s’exprimer pacifiquement envoient le message qu’ils ne sont pas entendus », ajoute la représentation américaine en Ethiopie.

Les Etats-Unis sont un allié traditionnel de l’Ethiopie dans la région, notamment en raison du rôle d’Addis Abeba dans la lutte, depuis de longues années, contre les islamistes radicaux dans la Corne de l’Afrique.

Romandie.com avec(©AFP / 17 février 2018 16h24)                                            

Éthiopie: le Premier ministre Haïlemariam Desalegn démissionne

février 15, 2018

 

Hailemariam Desalegn, Premier ministre éthiopien, en 2013 à Paris. © Bruno Levy pour The Africa Report/Jeune Afrique.

Le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn a remis sa lettre de démission ce jeudi. Cette annonce intervient alors que la coalition au pouvoir est déchirée par une profonde crise interne, notamment provoquée par la vague de protestation de 2015-2016 et la violente répression qui a suivi.

L’annonce surprise a été délivrée par la radio d’État Fana. Le Premier ministre Hailemariam Desalegn, en poste depuis 2012, « a remis sa lettre de démission [ce jeudi 15 février, ndlr] », a annoncé le média. Hailemariam, qui a affirmé « avoir fait tout son possible pour résoudre les problèmes de l’Éthiopie », a justifié cette décision par le fait que « sa démission est une solution à ces problèmes ».

Il restera en poste en tant que Premier ministre jusqu’au transfert de pouvoir. « Je resterai à mes fonctions jusqu’à ce que je reçoive la décision finale du Conseil [du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF), la coalition au pouvoir depuis 1991, ndlr] et de la Chambre [des représentants du peuple, l’Assemblée nationale éthiopienne, ndlr] », a fait savoir Hailemariam Desalegn.

« J’espère que le Conseil de l’EPRDF élira démocratiquement une personne qui me remplacera lors de sa prochaine réunion », a-t-il ajouté, sans donner de précision sur la date de cette réunion ou les noms des candidats à sa succession.

Déchirements au sein de l’EPRDF

Cette démission intervient dans un contexte extrêmement tendu au sein de l’EPRDF. Après les vagues de manifestations de 2015 et 2016, et la répression violente qui a suivi – au moins 940 personnes ont été tuées, selon un bilan de la Commission éthiopienne des droits de l’homme, liée au gouvernement – le parti au pouvoir s’est déchiré sur fond d’affrontements interethniques meurtriers dans le pays.

En septembre 2017, de violents affrontements opposant les deux principaux groupes ethniques du pays – Oromo et Somali – ont ainsi fait « des centaines » de morts, selon les autorités. Un mois plus tard, en octobre 2017, Abadula Gemeda, le président de l’Assemblée nationale, a démissionné de ses fonctions, affirmant vouloir ainsi protester contre le « manque de respect » et la marginalisation de son groupe ethnique et de son parti, l’Organisation démocratique du peuple Oromo (OPDO), l’un quatre partis formant l’EPRDF. Il est finalement revenu sur sa décision par la suite.

Le 3 janvier, jouant l’apaisement, Hailemariam Desalegn avait promis la libération de plus de 500 personnes – dont plusieurs hommes politiques – arrêtées pour leur implication présumée dans ces violences à caractère ethnique. C’est dans ce cadre que, le 16 janvier, l’opposant Merera Gudina, président du Congrès Fédéral Oromo (OFC), a été remis en liberté après une année passée derrière les barreaux.

Par la suite, des discussions ont été lancées avec l’opposition, et le Premier ministre avait promis de procéder à des réformes. Difficile de savoir, aujourd’hui, comment interpréter cette démission surprise d’Hailemariam Desalegn, qui peut être vue comme le signe que les doléances de l’opposition ont été entendues ou, au contraire, que l’EPRDF entend resserrer sa mainmise sur le pouvoir.

Jeuneafrique.com

France: l’athlète éthiopienne Zenash Gezmu retrouvée morte chez elle

novembre 30, 2017

 

Zenash Gezmu, lors de sa victoire au dernier marathon de Sénart. © DR / Marathon de Sénart / Copie d’écran Facebook

Arrivée en France en 2011, Zenash Gezmu avait remporté plusieurs fois le marathon de Sénart. Un jeune Érythréen de 28 ans s’est accusé du meurtre de la jeune femme.

Brillante marathonienne de 27 ans, l’Éthiopienne Zenash Gezmu a été retrouvée morte à son domicile de Seine-Saint-Denis, à Neuilly-sur-Marne, en banlieue parisienne. D’après Le Parisien, un Érythréen de 28 ans s’est présenté au commissariat du XVIIIe arrondissement de Paris pour s’accuser du meurtre.

La police s’est ensuite rendue sur place où elle a trouvé le corps de la jeune femme, qui serait morte d’asphyxie après avoir été frappée avec un objet contondant. Des voisins rapportent avoir entendu du bruit dans son appartement, sans pour autant prévenir la police.

On ignore pour l’instant  le mobile du meurtre, le meurtrier présumé n’ayant encore donné aucune précision. Si les deux se connaissaient, personne dans l’entourage de la victime n’avait entendu parler du jeune homme auparavant.

« Un triste jour pour le monde de l’athlétisme »

« Aujourd’hui est un triste jour pour le monde de l’athlétisme », a réagi sur sa page Facebook le Stade Français Athlétisme. Le club où elle s’entraînait depuis la rentrée a déclaré « s’associer à la douleur à la douleur et la peine de tous ses proches. Repose en paix, championne ».

 

Arrivée en France en 2011, Zenash Gezmu était dévouée corps et âme à sa passion : l’athlétisme. Avec son 1m50 et ses 38 kgs, elle avait ainsi bouclé en 2h32 son dernier marathon à Amsterdam en octobre dernier, et avait remporté plusieurs fois le marathon de Sénart, dans l’Essonne. Les primes qu’elle remportait lui permettaient ainsi de compléter son maigre salaire de 700 euros.

Des connaissances dans les différentes fédérations d’athlétisme où elle était passée, que ce soit à Montreuil ou à Neuilly-sur-Marne, l’aidaient à se loger et pour les démarches administratives. Zenash Gezmu s’était vu refuser sa demande de naturalisation en raison de son niveau insuffisant de français. Elle prenait depuis lors des cours pour s’améliorer.

Son parcours forçait l’admiration de ceux qui la connaissaient. « Il n’y en a pas beaucoup comme elle, qui se lèvent à 5 heures pour s’entraîner, matin et soir, après avoir fait des ménages dans un hôtel, raconte au Parisien celui qui a été son entraîneur durant trois ans. Ce qui comptait pour elle, c’était de faire des performances, pour être reconnue de la fédération française et remercier le pays qui l’avait accueillie ».

Jeuneafrique.com

Éthiopie: une avocate non-voyante récompensée par un prix Nobel

octobre 6, 2017

 

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L’avocate éthiopienne non-voyante, Yetnebersh Nigussie, vient d’être récompensée par le prix Right Livelihood plus connu sous le nom de prix « Nobel l’alternatif ».

Le prix Right Livewood est un prix décerné aux personnes courageuses et aux organisations qui ont trouvé des solutions pratiques aux causes profondes des problèmes mondiaux.

«Si je pouvais changer une chose dans le monde, je changerais les mentalités afin que les gens pensent que l’inclusion et non l’exclusion est la norme», a déclaré Yetnebersh Nigussie en recevant son prix.

Aveugle depuis l’âge de 5 ans, Yetnebersh Nigussie a réussi à briser les préjugés liés à son handicap et à s’insérer dans le milieu professionnel en tant qu’avocate.

Ethiopie : une avocate non-voyante récompensée par un prix nobel

Parce que j’étais aveugle, je n’étais pas convenable pour un mariage précoce, une pratique courante dans mon village. Toutes mes amies se sont mariées à l’âge de 10, 11 ou 12 ans. J’étais la seule exception. L’éducation m’a libérée et m’a permis de devenir qui je suis aujourd’hui.

Yetnebersh Nigussie a créé en Ethiopie le ECDD(Ethiopian Center for Disability and Development), un centre qui a pour but d’inclure les handicapés dans les projets de développement. Elle est mariée et mère de deux enfants.

Le prix Right Livelihood a été créé en 1980 par le Germano-Suédois Jakob von Uexkull, qui fut eurodéputé écologiste, après le refus de la fondation Nobel de créer des prix pour l’environnement et le développement. Pour cette raison, la fondation qui le décerne revendique l’étiquette de «prix Nobel alternatif». La Fondation compte désormais 170 lauréats provenant de 69 pays.

Ethiopie : une avocate non-voyante récompensée par un prix nobel

Emeraude ASSAH avec Abidjantv.net

Éthiopie: « des centaines » de morts dans de violences interethniques

septembre 25, 2017

Addis Abeba – Le gouvernement éthiopien a annoncé lundi à la presse que « des centaines » de personnes avaient péri dans des affrontements liés à un conflit territorial entre deux groupes ethniques dans le sud du pays, depuis début septembre.

« Nous pouvons dire que des centaines de membres de l’ethnie oromo ont été tués (…) et il y a eu aussi des morts côté somali. Nous ne savons pas exactement combien sont morts, cela fait l’objet d’une enquête », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Negeri Lencho.

Ces combats ont opposé des membres des ethnies oromo et somali le long de la longue frontière entre leurs régions respectives. Le président de la région oromo, Lemma Megersa, avait assuré mi-septembre qu’ils avaient donné lieu à des « tueries brutales » et poussé 50.000 personnes à fuir la zone.

M. Lencho a précisé lundi qu’une cellule d’urgence avait été mise sur pied pour répondre aux besoins des déplacés et que des efforts de médiation avaient été entrepris par le gouvernement avec les autorités locales.

Le porte-parole a ajouté que des unités de la police et de l’armée fédérales avaient été déployées et avaient restauré l’ordre.

Oromo (sud et ouest) et Somali (sud-est) se disputent depuis des années le contrôle de certaines zones arables situées le long de leur frontière commune.

Romandie.com avec(©AFP / 25 septembre 2017 17h56)                                            

Union africaine : les présents et les absents du 29e sommet des chefs d’État

juillet 3, 2017

Lors du dernier sommet de l’UA, à Addis-Abeba, en Ethiopie, le 30 janvier 2017. © Mulugeta Ayene/AP/SIPA

Les dirigeants du continent se retrouvent ce lundi à Addis-Abeba pour un sommet de transition. Alpha Condé, Alassane Ouattara ou encore Joseph Kabila sont là mais plusieurs poids lourds du continent sont absents.

Le défilé des berlines présidentielles devant les palaces d’Addis-Abeba a débuté dimanche 2 juillet au soir. Pendant deux jours, la capitale éthiopienne abritera le 29e sommet des chefs d’État et de gouvernement africains. Principal sujet à l’ordre du jour : la réforme de l’Union africaine (UA). Certaines des crises qui secouent le continent, notamment celles au Mali, au Soudan du Sud et en Libye seront également au cœur des discussions entre dirigeants africains.

Le président en exercice de l’UA, le Guinéen Alpha Condé, est arrivé à Addis-Abeba à la veille du sommet pour présider une série de réunions, dont une sur l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables, un des mécanismes installés par la Conférence sur le Climat, la Cop 21, à Paris.

Dimanche, Denis Sassou-Nguesso (Congo-Brazzaville) a, quant a lui, dirigé une rencontre du Comité de haut niveau de l’UA pour la Libye. Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale, avait fait le déplacement, ainsi qu’une partie des voisins du pays en crise.

Le G5 Sahel au grand complet

Alassane Ouattara a lui atterri dès samedi soir, en compagnie de son épouse, Dominique. Réunis en sommet hier dimanche, les présidents du G5 Sahel, Idriss Déby Itno (Tchad), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso), Ibrahim Boubacar Keïta (Mali) et Mahamadou Issoufou (Niger), devraient, quant à eux, arriver à l’aube ce lundi matin après un vol direct en provenance de Bamako.

Présent pour le sommet historique de janvier dernier marquant le retour du Maroc au sein de l’UA, Mohammed VI sera cette fois-ci représenté par son frère, le prince Moulay Rachid, qui prononcera un discours en son nom. Le souverain marocain a été chargé de présenter un rapport sur le thème de la migration, en liaison avec le sujet choisi pour cette 29è édition : « tirer pleinement parti du dividende démographique en investissant dans la jeunesse ».

Kagamé arrivé, présence de Kabila remarquée

Parmi les autres présidents présents, il y a le Rwandais, Paul Kagamé, initiateur du projet de réforme de l’Union africaine qui doit être un des thèmes majeurs de ce 29ème sommet. L’arrivée de Joseph Kabila, dimanche soir, a été particulièrement remarquée, le président de République Démocratique du Congo se déplaçant rarement pour les sommets du continent. Alors que plusieurs dignitaires de son régime, accusés de « graves violations des droits de l’homme », ont été récemment sanctionnés par l’Union européenne et les Etats-Unis, il vient demander le soutien politique de l’UA, selon son entourage. Les autorités congolaises ont dénoncé des sanctions « illégales » cherchant à « déstabiliser » le pays. Le Gabonais, Ali Bongo Odimba, et le Zimbabwéen, Robert Mugabé, sont également attendus.

Absence de poids lourds 

Le plus grand absent à cette messe africaine sera certainement le Sud-Africain Jacob Zuma. La tenue du sommet a coïncidé avec une conférence cruciale du parti au pouvoir, l’ANC, en proie à des divisions internes. Il sera représenté par sa ministre des Affaires étrangères, Maite Nkoana Mashabane. Autre poids lourd du continent absent, Muhammadu Buhari. Depuis près d’un mois, le président nigérian est à Londres pour des raisons médicales. Yemi Osinbajo, son vice-président, le remplacera.

Manqueront aussi à l’appel le président sénégalais, Macky Sall, dont le pays se prépare à tenir des élections législatives le 30 juillet. Il se fera représenter par le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Mankeur Ndiaye. Le président égyptien, Abdefettah al-Sissi, en raison de le visite officielle qu’il effectue actuellement en Hongrie, ne sera pas là non plus.

De même pour le Camerounais, Paul Biya, qui n’a pas foulé le parquet du centre de conférences de l’UA depuis une décennie, ainsi que pour le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, affaibli par la maladie, et qui a dépêché à ce sommet son Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune. L’Angolais Eduardo Dos Santos se fera représenté par son ministre de la Défense et successeur désigné, l’ancien général José Lourenço.

El Béchir ne vient pas, Pierre Nkurunziza non plus

L’absence du président soudanais, Omar El Béchir, est, en revanche, une surprise. Sous mandat d’arrêt de la CPI, le président aime habituellement défier la justice internationale en retrouvant ses pairs. Il se fera représenter par son numéro 2, Hassabo Mohamed Abdul-Rahman.

Pierre Nkurunziza, qui n’a plus quitté son pays depuis mai 2015, ne fera pas exception pour ce sommet d’Addis-Abeba. Son pays est plongé dans une grave crise depuis sa réélection, en 2015, pour une troisième mandat controversé. L’Union Africaine avait alors tenter de faire pression sur le président burundais et avait un temps envisagé l’envoi d’une force africaine, avant de se raviser.

Jeuneafrique.com Par et – envoyées spéciales à Addis-Abeba