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Canada: Des lynx aux habitudes de chasse surprenantes au Yukon

juillet 25, 2021

Des chercheurs albertains ont étudié les comportements des lynx du Canada dans le parc national Kluane, au Yukon, à l’aide d’enregistreurs sonores et de moniteurs d’activité physique. Les résultats ont révélé des détails sur le comportement de ces animaux dont les observations se font rares.

Les scientifiques ont pu traquer avec précision les activités des lynx, à distance, grâce à des enregistreurs sonores et des accéléromètres.

© Emily Studd Les scientifiques ont pu traquer avec précision les activités des lynx, à distance, grâce à des enregistreurs sonores et des accéléromètres.

Les lynx seraient-ils des chasseurs plus paresseux qu’il n’y paraît? C’est en tout cas ce que semblent montrer les résultats d’une étude effectuée sur cinq ans dans le parc national de Kluane, sur les terres de la Première Nation Champagne Aishihik, au Yukon.

Pour être plus précis, il semblerait que certains lynx soient opportunistes lorsqu’il s’agit de se nourrir. Pour certains individus étudiés, la moitié de ce qu’ils mangent n’a pas été tué juste avant», avance, encore étonnée, Emily Studd, l’une des co-autrices de l’étude publiée dans la revue Ecology and Evolution.

La technologie au service de l’étude

Pour faire ce type d’observation, l’étudiante au postdoctorat au département des Sciences biologiques à l’Université de l’Alberta et ses collègues ont équipé une vingtaine de lynx avec des enregistreurs audio et des accéléromètres.

L’étude s’est déroulée les hivers, une période particulièrement intéressante selon Emily Studd. C’est une époque à laquelle les lynx se nourrissent en priorité de lièvres d’Amérique, c’est un moment très difficile pour les animaux, la nourriture est rare, il fait très froid.»

Ces félins passionnent les biologistes, car l’espèce suit des cycles de population intimement liés à l’abondance des lièvres d’Amérique. Quand ces derniers sont nombreux, les lynx mangent facilement. Au bout d’un certain temps, la proie disparaît à force d’être chassée, ce qui entraîne à son tour une baisse de la population de lynx.

Emily Studd tient un lièvre d'Amérique. Les résultats de l'étude menée par la scientifique ont notamment révélé que les lynx étudiés mangeaient en moyenne 1,2 lièvre par jour.

© Laurence Carter Emily Studd tient un lièvre d’Amérique. Les résultats de l’étude menée par la scientifique ont notamment révélé que les lynx étudiés mangeaient en moyenne 1,2 lièvre par jour.

Les scientifiques ont donc cherché à étudier les moments où le prédateur tue, à quelle fréquence, de quelle façon et son succès lors de la chasse.

Les entraîneurs réconfortent souvent leurs clients qui s’inquiètent de ne pas perdre assez de poids en leur disant que c’est dû au fait que les muscles pèsent plus lourds que la graisse. Ce n’est pas tout à fait exact. Un kilo de muscle, c’est la même chose qu’un kilo de graisse, n’est-ce pas? En réalité, ce n’est pas de poids qu’on devrait parler mais de densité. Le tissu musculaire est beaucoup plus dense que le tissu adipeux et, par conséquent, à poids égal, il occupe moins d’espace. Ce qui veut dire que plus vous en avez, plus vous paraissez mince. Par conséquent, persévérez dans vos exercices de musculation.

Les accéléromètres, qui fonctionnent comme les montres qui traquent les efforts physiques des sportifs, ont, eux, permis d’étudier l’activité des lynx, telle que la marche, la course, le repos. Chaque mouvement possède une signature différente au niveau de l’accélération et cela peut être traduit en comportement.»

Étudier l’évolution de la chasse au fil des saisons

Pour Emily Studd, les données récoltées vont permettre d’observer à quel point les habitudes de chasse changent dans le temps. Elle aimerait d’ailleurs comparer ses résultats à ce qui se passe l’été pour les lynx, une période pour laquelle les informations manquent, révèle-t-elle.

Nous suivons les taux de mortalité des lièvres à l’année et durant l’été, il y a très peu d’individus, alors que mangent les lynx? Nous l’ignorons, mais ils survivent donc ils doivent bien manger quelque chose. Ce ne sont en tout cas pas des lièvres adultes.»

Les scientifiques ont dû capturer une vingtaine de lynx pour réaliser leur étude.

© Allyson Menzies Les scientifiques ont dû capturer une vingtaine de lynx pour réaliser leur étude.

La théorie développée par son groupe de chercheurs pour répondre à ces questions est simple : souvent vus comme des animaux solitaires, les lynx auraient pourtant recours à des sessions de chasse en groupe.

Je parie que ça aide vraiment à augmenter leur chance de succès», affirme Emily Studd, avant de préciser que cette affirmation reste encore à prouver.

Une nouvelle étude devra probablement attendre, avoue-t-elle, puisque pour l’instant, elle n’est pas à son agenda.

Avec  Laureen Laboret 

Canada/COVID-19: hausse du développement d’anticorps en un an selon Héma-Québec

mai 27, 2021

 

© Fournis par La Presse Canadienne

MONTRÉAL — À peu près 15 % des adultes du Québec avaient développé des anticorps au virus de la COVID-19 à la fin de la deuxième vague de la pandémie en mars dernier. 

Les auteurs de la deuxième étude de séroprévalence des donneurs de sang, réalisée par Héma-Québec, rappellent que la première, effectuée à la suite de la première vague au printemps 2020, avait montré qu’à peine 2,2 % des personnes testées dans la population des donneurs de sang avaient développé ces anticorps.

L’étude d’Héma-Québec signale que les personnes ont développé ces anticorps après avoir été infectées par le SRAS-CoV-2 depuis le début de la pandémie ou après avoir été vaccinées. En excluant les personnes ayant reçu le vaccin, c’est environ 10 % de la population qui a développé des anticorps en raison d’une infection.   

Les données ont aussi permis de confirmer que la très grande majorité des personnes vaccinées ont développé des anticorps contre le virus. Cette deuxième étude portait sur un échantillon de 7924 personnes âgées de 18 ans et plus ayant fait un don de sang entre le 25 janvier et le 11 mars.   

Sur la base des résultats, l’étude permet d’extrapoler à près de 600 000 le nombre de personnes de 20 à 69 ans ayant développé des anticorps à la COVID-19 suite à une infection depuis le début de la pandémie.   

Un des constats importants de l’étude est de confirmer qu’à la fin de la deuxième vague, seule une faible proportion de la population était immunisée, rappelant l’importance de poursuivre les efforts de vaccination.   

L’analyse des résultats démontre que les taux de séroprévalence sont plus élevés chez les jeunes et diminuent progressivement selon l’âge. Il s’établit à 19 % pour les 18 à 24 ans, à 16,7 % pour les 25 à 39 ans, à 14,4 % pour les 40 à 59 ans, à 9,8 % pour les 60-69 ans et à 9,5 % chez les 70 ans et plus.   

La séroprévalence se situe à 16,9 % chez les femmes alors qu’elle n’est que de 12,5 % chez les hommes.   

Ce sont les régions de Laval et Montréal qui enregistrent les taux les plus élevés de séroprévalence, à 18,5 % et 16,7 %.   

L’étude montre également que la séroprévalence en Mauricie-Centre-du Québec, à 15,8 %, était à nouveau plus élevé que la moyenne québécoise. La région Chaudière-Appalaches suit de très près à 15,6 %.   

Les autres régions affichaient des mesures sous la moyenne québécoise.   

Héma-Québec prétend que les activités de collectes de sang à l’échelle du Québec font des donneurs de sang un groupe représentatif de la population générale. Des échantillons de sang sur chaque don de sang sont prélevés  systématiquement et l’organisme dispose de laboratoires et de l’expertise pour réaliser ces tests.   

Une troisième étude similaire de séroprévalence sera réalisée dans les prochains mois, à la demande des autorités de santé publique, afin de poursuivre la surveillance de l’évolution de la séroprévalence à la COVID-19 dans la population québécoise.   

Ces études d’Héma-Québec sont réalisées en collaboration avec l’Institut national de santé publique (INSPQ) et en partenariat avec le Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 (GTIC).

Avec La Presse Canadienne

Canada-Québec: Maison des aînés de Trois-Rivières: une seule soumission à l’étude

mai 23, 2021

La Société québécoise des infrastructures (SQI) analyse présentement la seule soumission qu’elle a reçue à la suite du processus d’appel d’offres pour la Maison des aînés de Trois-Rivières qui s’est terminé mercredi.

Les travaux de démolition sont commencés à l’ancien Canadian Tire de la rue Fusey.

© SYLVAIN MAYER, Le Nouvelliste Les travaux de démolition sont commencés à l’ancien Canadian Tire de la rue Fusey.

C’est la firme Pomerleau qui a déposé une soumission au montant de 54,4 millions $ pour la construction de la Maison des aînés qui prendra place sur le site de l’ancien Canadian Tire de la rue Fusey, dans le secteur du Cap-de-la-Madeleine.

Le processus devrait se faire à l’intérieur d’un délai de 60 jours, a fait savoir le porte-parole de la SQI, Martin Roy, qui assure que la livraison est toujours prévue pour l’été ou l’automne 2022.

«On est toujours dans le processus de l’analyse de la soumission reçue. Que ce soit la conformité, la ventilation, les garanties de soumissions, les cautionnements, etc.», a-t-il fait savoir.

En plus du coût de construction de 54,4 millions $, d’autres frais devraient s’ajouter.

Il est donc encore trop tôt pour savoir si les coûts seront plus ou moins élevés que l’évaluation de 58 millions $ qui avait été faite au départ.

«C’est ce qu’on évalue au complet aussi. Il y a aussi d’autres coûts au-delà du coût de construction. Il y a tous les honoraires professionnels pour ce qui est des architectes, des ingénieurs, etc. On est en train d’évaluer le tout», a soutenu le porte-parole de la SQI.

Une maison de 96 places

La Maison des aînés et alternative de Trois-Rivières doit accueillir 96 personnes, dont 72 personnes âgées nécessitant du soutien à l’autonomie ainsi que 24 personnes vivant avec un handicap, un trouble du spectre de l’autisme ou une déficience.

Les besoins de ces deux clientèles sont bien sûr différents.

Ce nouveau modèle de centre de soins de longues durées doit, selon le gouvernement Legault, remplacer progressivement les CHSLD tels que nous les connaissons.

Les résidents habiteront dans des unités climatisées pouvant accueillir 12 personnes où l’on doit retrouver autant les chambres que les milieux de vie. En cas d’éclosion, cela permet de mieux circonscrire la propagation du virus.

«Actuellement en CHSLD, c’est plus de 80 % des patients qui ont des troubles neurocognitifs sévères. Nous avons une obligation de concevoir des lieux pour les accueillir et prendre soin d’eux différemment. C’est tout l’aspect hospitalo-centrique qui disparaît», affirmait lors de l’annonce de la construction de la Maison des aînés de Trois-Rivières la ministre des Aînés, Marguerite Blais.

Une fois construite, cette Maison des aînés doit employer une cinquantaine de personnes, note Julie Michaud, agente d’information au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

«Nous aurons besoin d’infirmières, d’infirmières auxiliaires, de préposés aux bénéficiaires, d’aide de service et de personnel de soutien», précise-t-elle.

Avec Sébastien Lacroix – Le Nouvelliste

Covid-19 : le variant détecté au Royaume-Uni est bien «50% à 74%» plus contagieux, selon une étude

décembre 24, 2020

Selon une étude britannique publiée jeudi, le variant du virus baptisé VOC 202012/01 serait bien plus contagieux. Ses auteurs préconisent une accélération de la campagne de vaccination pour éviter un rebond épidémique.Par Le Figaro avec AFPPublié à l’instant

Le nouveau variant du coronavirus détecté au Royaume-Uni est bien «50% à 74%» plus contagieux, selon une étude mise en ligne jeudi 24 décembre, qui s’inquiète des conséquences possibles pour le nombre de décès et d’hospitalisations liées au Covid-19 outre-Manche.

«Sur la base des données préliminaires disponibles», l’étude conclut que le variant du Sars-Cov-2 soupçonné d’être à l’origine de la forte augmentation du nombre de cas dans le Sud-Est de l’Angleterre ces dernières semaines «pourrait être 50% à 74% plus transmissible» (56% en moyenne sur les trois régions concernées) que les souches jusqu’ici en circulation, résume l’un des auteurs, Nick Davies, biologiste à la London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM).

Cette estimation, qui n’a pas encore été publiée dans une revue scientifique ni analysée par des experts indépendants, est cohérente avec celle de «50% à 70%» présentée lundi lors d’une conférence de presse par d’autres chercheurs, membres du groupe qui conseille le gouvernement britannique sur les virus respiratoires émergents, le NERVTAG.

Le Premier ministre du Royaume-Uni, Boris Johnson, avait évoqué dès le week-end dernier une contagiosité supérieure de 70%, et les autorités britanniques ont transmis à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) l’estimation d’une transmission accrue de 40% à 70%, sur la base de données préliminaires issues du séquençage du génome de virus prélevés à Londres et dans le sud-est du pays.

Détecté pour la première fois en septembre en Grande-Bretagne, ce variant baptisé VOC 202012/01 présente 22 mutations sur son génome. L’une en particulier, nommée N501Y, se situe au niveau de la protéine Spike (spicule) du coronavirus, une pointe à sa surface qui lui permet de s’attacher aux cellules humaines pour les pénétrer, jouant donc un rôle clé dans l’infection virale.

Un quart des nouvelles infections détectées en novembre dans les zones concernées étaient liées à ce variant début novembre, un chiffre passé à plus de 60% début décembre. Et «si la tendance actuelle se prolonge, le nouveau variant pourrait représenter 90% des cas d’ici mi-janvier», selon Nick Davies.

Les chercheurs de la LSHTM «n’ont pas pour le moment trouvé d’éléments indiquant que les individus qui contractent le nouveau variant présentent un risque accru d’hospitalisation ou de décès». Mais même à risque constant, la probable «forte augmentation» du nombre de cas provoquée par cette mutation pourrait avoir d’importantes conséquences sur le bilan de l’épidémie, estiment-ils.

«L’augmentation récente du nombre d’infections» dans plusieurs régions «pourrait continuer et se propager à toutes les régions du Royaume-Uni sans mesures rapides», avertissent-ils. En s’en tenant aux mesures restrictives en place avant le 19 décembre, leurs modélisations concluent que «le nombre d’hospitalisations et de décès dûs au Covid-19 atteindront des niveaux plus élevés en 2021 que ceux observés en 2020»

Les autorités britanniques ont déjà décidé le week-end dernier des mesures supplémentaires, avec le reconfinement de Londres et d’une partie du pays. Mais selon les auteurs de l’étude, il faudrait que la campagne de vaccination «s’accélère sensiblement» et que les écoles ferment durant janvier pour «réduire de façon substantielle le bilan» sanitaire.

Avec Le Figaro

Baisse «historique» des naissances en vue en raison de la pandémie

décembre 5, 2020

Chez nos voisins du Sud, on parle déjà d’un « baby bust », un recul des naissances de l’ordre de 15 % pour 2021, soit la plus importante baisse de natalité vécue en Amérique depuis l’épidémie de grippe espagnole de 1918 et la Grande Dépression.

La récession de 2008 aux États-Unis avait fait chuter de 10 % le nombre de naissances l’année suivante.

© Josep Lago Agence France-Presse La récession de 2008 aux États-Unis avait fait chuter de 10 % le nombre de naissances l’année suivante.

À titre de comparaison, le krach de 1929 avait entraîné un recul des grossesses de 15 %, alors que la grippe espagnole avait réduit de 13 % le nombre de bébés mis au monde. La dernière récession de 2008, elle, a fait chuter de 10 % le nombre de poupons nés aux États-Unis l’année suivante.

« Une baisse de 15 % en quatre mois, ça paraît peu, mais c’est immense. C’est historique, en termes démographiques », affirme Joshua Wilde, chercheur au Max Planck Institute for Demographic Research, auteur d’une étude qui prévoit une telle chute des naissances entre novembre 2020 et février 2021 aux États-Unis. Ses projections sont basées sur le déclin notable des requêtes faites pour certains mots-clés liés à la grossesse, observé depuis l’hiver dernier sur le moteur de recherche de Google.

Le modèle développé par le chercheur, basé sur les taux mensuels de naissance recensés pendant 15 ans aux États-Unis et les recherches les plus populaires faites six à huit mois plus tôt pour certains termes liés à la grossesse, permet de prédire avec acuité les naissances à venir. Le caractère prédictif des requêtes faites sur Internet est d’ailleurs souvent utilisé dans d’autres domaines de recherche, notamment pour mesurer la circulation du virus de l’influenza.

« Les associations observées entre 2004 et 2019 entre la popularité de certains mots et le taux de fertilité neuf mois plus tard sont extrêmement fortes. Nous avons confiance dans notre modèle », a expliqué au Devoir Joshua Wilde, joint en Allemagne.

Parmi les traces numériques les plus probantes, annonciatrices de bébés en route, on note les mots clés « Clear Blue » (marque de test de grossesse), ovulation, test de grossesse, nausées du matin, tous moins utilisés ces derniers mois. Par contre, la fréquence des mots « chômage » et « mise à pied » a bondi sur les moteurs de recherche, autre signe précurseur d’une baisse des naissances.

« Les recherches avec le mot “chômage” se sont multipliées par 20 au début du confinement aux États-Unis. Elles restent aujourd’hui dix fois plus élevées qu’en temps normal », explique M. Wilde. « Les couples craignent d’abord l’incertitude économique, plus que le virus », ajoute le chercheur.

Et cette courbe descendante pourrait frapper davantage certains États et certains sous-groupes plus touchés par le chômage, comme les Afro-Américains (près de 16 %), observe M. Wilde. À Hawaï, la baisse de la natalité pourrait atteindre 24 %.

Plusieurs autres chercheurs commencent aussi à mesurer le coût démographique de la COVID pour la société. Outre les milliers de morts, jusqu’à un demi-million de bébés pourraient ne pas voir le jour en 2021 aux États-Unis, selon une étude de l’Institut Brookings, un groupe de recherche indépendant basé à Washington.

Au contraire de l’épidémie de 1918, survenue sans crise économique, celle provoquée par la COVID, déjà qualifiée de « she-recession », frappe les femmes de plein fouet. Non seulement en raison des milliers d’emplois disparus dans les restaurants et l’hôtellerie, de la surcharge de travail vécue dans les emplois liés à la santé et à l’éducation, majoritairement occupés par des femmes, mais aussi en raison du casse-tête familial imposé à de nombreuses femmes par le télétravail.

« Les conditions actuelles vont probablement perdurer pour beaucoup de gens. Plusieurs de ces naissances ne seront pas reportées, mais n’arriveront jamais. Il y aura un “baby bust” COVID-19. Ce sera un autre des coûts de ce terrible épisode », écrit Melissa S. Kearney, coauteure de cette recherche, qui précise que chaque hausse de 1 % du taux de chômage réduit d’autant le taux de naissance.

Au Québec aussi

Le Québec, lui, affiche déjà une baisse significative des naissances depuis le mois d’avril. Effet COVID ? Difficile à dire, puisque les naissances du printemps et de l’été dernier découlent de grossesses amorcées avant la pandémie. Mais selon Chantal Lapointe, démographe à l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), la baisse observée, de l’ordre de 1700 naissances pour les second et troisième trimestres, pourrait s’expliquer par la chute importante du nombre d’immigrants admis au Québec depuis le début de la crise sanitaire. « Ça nous semble l’hypothèse la plus probable, car 33 % des bébés nés au Québec viennent de couples comptant un immigrant. Ce qui est clair, pour 2019, c’est qu’il y a une tendance à la baisse. »

Si on a noté 600 naissances de plus de janvier à avril 2020, la baisse des naissances est constante depuis mai. « Le nombre de femmes en âge de procréer n’a pas diminué, affirme la démographe, mais il se peut que la fécondité pour chaque femme, elle, diminue. Ça prendra plusieurs années pour mesurer l’effet réel de la COVID sur le taux de fertilité et voir si ces naissances seront reportées à 2022 ou 2023, ou carrément annulées. »

Chose certaine, durant la pandémie, le Québec a reçu de 13 000 à 18 000 immigrants de moins que prévu. Selon Statistique Canada, la fermeture des bureaux d’immigration, des cliniques de fertilité et la suspension des processus d’adoption devraient concourir à engendrer une baisse de la population partout au pays au quatrième trimestre de 2020.

Aux États-Unis, la violence actuelle de la deuxième vague pourrait faire durer ce « baby bust » au-delà de 2021, pense Joshua Wilde. Des données préliminaires colligées par ce chercheur laissent penser que certains pays d’Europe, comme l’Allemagne et le Royaume-Uni, seront davantage épargnés, avec des baisses de natalité projetées de 5 %. « Même si le taux de chômage reste élevé, des mesures sociales compensent et aident les individus, ce qui n’est pas le cas aux États-Unis. »

Pour les pays les plus touchés, ce recul démographique ne sera pas sans effet, affirme-t-il. Le vieillissement de la structure de la population aura des répercussions à long terme sur les revenus en taxes des États, ainsi que sur la capacité à financer plusieurs services publics, notamment les écoles, les hôpitaux et les caisses de retraite.

Avec Le Devoir par  Isabelle Paré

Covid : une étude 100 % africaine pour tester les traitements disponibles

novembre 24, 2020
Un employé prend la température des passagers débarquant d'un vol d'Ethiopian Airlines à l'aéroport international N'Djili de Kinshasa le 15 août 2020.

Alors que la plupart des études cliniques en cours se concentrent sur les formes graves de Covid, Anticov, lancée dans 13 pays du continent, cible les manifestations légères. Et va tester des médicaments déjà sur le marché pour plus de rapidité.

C’est un constat – parfois un regret, voire un cri d’alarme – souvent effectué par les chercheurs et professionnels de santé d’un bout à l’autre du continent : face au coronavirus comme dans bien d’autres domaines, l’Afrique n’est pas assez présente dans les efforts de recherche et les essais cliniques.

Comme le rappelait encore récemment la spécialiste en maladies infectieuses Monique Wasunna, il ne s’agit pas seulement d’affirmer la qualité des chercheurs africains et leur volonté de participer au travail collectif, mais il s’agit aussi d’efficacité : la façon dont une maladie se répand au sein d’une population donnée dépend de nombreux facteurs locaux qu’il est difficile, voire impossible, de prendre en compte dans le cadre de tests menés à l’autre bout de la planète.

Excellente nouvelle

C’est pourquoi l’annonce, faite ce 24 novembre, du lancement d’un grand essai clinique mené sur 19 sites répartis dans 13 pays du continent (Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Ghana, Guinée, Guinée équatoriale, Kenya, Mali, Mozambique, Ouganda, RDC et Soudan) est, a priori, une excellente nouvelle.

Baptisé Anticov, ce programme de recherche sera mené conjointement par plusieurs institutions coordonnées par l’initiative Médicaments contre les maladies négligées (DNDi) et bénéficiera du soutien de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Union européenne, ainsi que de financements allemands, suédois et suisses.

La forme choisie est originale et intéressante à plus d’un titre et mérite quelques explications. Premier point : Anticov est une plateforme d’essai « adaptative ». Cette technique, utilisée contre le cancer, consiste à tester simultanément plusieurs traitements et à supprimer rapidement ceux qui semblent inefficaces ou à ajouter de nouveaux médicaments au programme s’ils semblent porteurs d’espoir. Le but étant d’être le plus rapide et réactif possible.

Viser les formes modérées

Deuxième originalité : le programme se focalise sur les formes légères et modérées de la maladie, alors que jusqu’alors, la majorité des tests menés à travers le monde ciblait les manifestations les plus graves du Covid. Celles qui mettent en danger la vie des patients.

La logique est ici encore celle de l’efficacité et de l’adaptation au contexte africain : en visant les formes précoces et peu graves de la maladie, on évitera qu’elles ne deviennent plus sévères et nécessitent une hospitalisation et engorgeraient des systèmes de santé souvent fragiles.

DES ANTIRÉTROVIRAUX DÉJÀ UTILISÉS CONTRE LE VIH TESTÉS

Troisième point : le principe de l’étude est de tester en priorité des médicaments dits « reconvertis », c’est-à-dire déjà disponibles sur le marché et utilisés pour traiter d’autres maladies telles que le cancer, le VIH, le paludisme, l’hépatite C ou certaines infections parasitaires.

L’idée est ici encore de viser l’efficacité, le pragmatisme et la rapidité, car si l’étude permet de démontrer le potentiel de certains de ces produits, ils pourront être rapidement utilisés à grande échelle puisqu’ils sont déjà fabriqués et diffusés.

De plus, certains sont tombés dans le domaine public, ce qui en limitera le coût. Sans surprise, les promoteurs de l’étude confirment que les deux premiers traitements testés sont des antirétroviraux déjà utilisés contre le VIH, le lopinavir/ritonavir, et la désormais célèbre hydroxychloroquine, prescrite depuis des décennies contre le paludisme.

2 000 à 3 000 patients non hospitalisés devraient participer

Annoncée aujourd’hui, l’étude Anticov a déjà démarré en RDC et sera lancée très rapidement au Ghana et au Kenya. Les dix autres pays devraient suivre à partir du mois de janvier et, au total, ce sont 2 000 à 3 000 patients non hospitalisés qui devraient participer au programme.

Un calendrier qui peut poser question dans la mesure où les grands laboratoires ne cessent d’annoncer le lancement imminent de vaccins anti-Covid présentés comme efficaces à plus de 90 %.

AGIR À LA FOIS SUR LE TRAITEMENT ET SUR LA PRÉVENTION

Il n’y a pourtant pas de contradiction, comme l’expliquent les spécialistes de la DNDi : « Aucun vaccin ne pourra éliminer complètement le besoin d’un traitement curatif : il faut toujours agir à la fois sur le traitement et sur la prévention. »

Sans compter que même si les vaccins sont effectivement efficaces, nul ne sait précisément à quelle vitesse et en quelle quantité ils seront disponibles, notamment dans les pays à revenu intermédiaire ou faible.

Avec Jeune Afrique par Olivier Marbot

États-Unis: des procureurs étudient un recours pour sauver le vote par correspondance

août 17, 2020

Plusieurs procureurs généraux envisagent une action en justice pour préserver le service postal.

Plusieurs procureurs généraux envisagent une action en justice pour préserver le service postal. MANDEL NGAN / AFP

Les procureurs généraux de plusieurs Etats des Etats-Unis envisagent une action en justice «pour préserver le service postal et le droit des Américains à voter par correspondance», attaqué par Donald Trump qui craint que cela ne favorise son adversaire démocrate. Ces responsables examinent «toutes les possibilités légales», estimant que «le président prive les électeurs de leurs droits», selon un communiqué de la procureure générale de New York, Letitia James. Elle a expliqué mener cette action avec «plusieurs autres procureurs généraux du pays».

Le vote par correspondance doit être largement déployé aux Etats-Unis pour l’élection présidentielle du 3 novembre, via la poste américaine, l’USPS. Donald Trump s’y oppose depuis des mois, criant au risque de fraude. Mais ses opposants l’accusent de vouloir en réalité empêcher un mode de vote qui pourrait être favorable à son adversaire démocrate, Joe Biden. «Les actions du président Trump pour gêner le fonctionnement (du service public postal) avant l’élection présidentielle sont profondément inquiétantes. Il s’agit d’une tentative autoritaire de prendre le pouvoir pour le conserver, purement et simplement», selon Letitia James.

«La Californie a poursuivi en justice l’administration Trump plus de 95 fois pour protéger notre peuple. Protéger notre droit de vote et notre véritable démocratie ne sera pas différent», a tweeté lundi le procureur de Californie, Xavier Becerra.

«Nous étudions les options légales, de nombreux Etats partagent cette inquiétude. Le service postal est un service essentiel», a souligné le procureur de Caroline du Nord, Josh Stein, sur la chaîne CNN. «Nous ne laisserons pas le président instiller le doute dans ce processus, (…) nous allons nous assurer que toutes les lois et réglementations sont respectées», a également dit le procureur de Pennsylvanie, Josh Shapiro, interrogé sur MSNBC.

Le Washington Post avait également cité, parmi les procureurs qui pourraient participer à cette action, ceux de la Virginie, du Minnesota, du Massachusetts ou encore de l’Etat de Washington. «Sauvez la poste», a tweeté de son côté Donald Trump lundi. Le président a expliqué que le service postal était «un échec depuis plusieurs dizaines d’années». «Nous voulons simplement RENDRE A LA POSTE SA GRANDEUR», en référence à son slogan de campagne, «Rendre sa grandeur à l’Amérique» (Make America Great Again), a-t-il ajouté.

Le patron de l’USPS, Louis DeJoy, a par ailleurs accepté de venir témoigner devant le Congrès le 24 août, selon un communiqué de presse de la commission qui l’interrogera

Par Le Figaro avec AFP

Covid-19: les masques chirurgicaux très efficaces, les bandanas beaucoup moins, selon une étude

août 10, 2020

Les bandanas réduisent les gouttelettes de 50%, contre plus de 90% pour les masques chirurgicaux, selon une étude publiée par Science Advances.

Une femme porte un bandana au Zimbabwe pour se protéger contre le Covid-19.
Une femme porte un bandana au Zimbabwe pour se protéger contre le Covid-19. ZINYANGE AUNTONY / AFP

Les masques chirurgicaux stoppent plus de 90% des gouttelettes émises par la parole, selon une étude comparative de 14 types de masques qui conclut que les bandanas et les cache-cols en polaire sont les moins efficaces. Pour cette expérience publiée par Science Advances le 7 août, les chercheurs de l’université américaine de Duke ont fait parler plusieurs participants masqués dans une pièce noire vers un rayon laser, la scène étant filmée (les gens répétaient: «Stay healthy, people», «prenez soin de vous»). Le nombre de postillons et gouttelettes traversant le rayon a été analysé par ordinateur.

Sans surprise, les masques réservés au personnel hospitalier N95 (la norme américaine, équivalente aux FFP2 en Europe) sont les plus efficaces, réduisant la transmission de gouttelettes de plus de 99,9%, par rapport à une personne parlant sans masque. Suivent les masques médicaux à trois couches, qui la réduisent de plus de 90%, et juste derrière les masques en polypropylène et coton/polypropylène. Pour les masques faits maison en coton, la réduction oscillait entre 70 et 90%, selon le nombre de couches et le plissage. Les bandanas réduisaient les gouttelettes de 50%.

Le pire des 14 masques testés était un cache-col en laine polaire, du type de ceux qu’utilisent les coureurs: ce tissu a en fait augmenté le nombre de gouttelettes expulsées, probablement parce que le matériau divisait les grosses gouttelettes en plus petites. Les masques médicaux professionnels N95 équipés d’une valve ronde étaient enfin bien plus mauvais que les N95 sans valve et comparables aux masques en coton, car la valve aide précisément à évacuer l’air expiré; ces masques sont vendus comme «respirables», mais les autorités et experts les déconseillent car, s’ils protègent le porteur, ils propagent plus facilement l’air contaminé expiré par une personne.

Par Le Figaro avec AFP

France: Les asymptomatiques ont autant de coronavirus en eux que les symptomatiques, selon une étude

août 6, 2020

Selon une étude, 29% des personnes contaminées par le coronavirus n'ont jamais développé de symptômes.

Selon une étude, 29% des personnes contaminées par le coronavirus n’ont jamais développé de symptômes. Ethan Miller / AFP

Une étude détaillée portant sur 303 personnes en Corée du Sud montre que 29% des personnes contaminées par le coronavirus n’ont jamais développé de symptômes, mais qu’elles portaient en elles autant de virus que les personnes symptomatiques.

L’étude, dirigée par Seungjae Lee de l’université de Soonchunhyang et publiée jeudi dans la revue américaine Jama Internal Medicine, a porté sur un foyer de contaminations dans un groupe religieux sud-coréen à Daegu, en février. Les autorités avaient décidé de placer à l’isolement les cas positifs avec peu ou pas de symptômes, dans un bâtiment de dortoirs du gouvernement où des médecins et infirmières ont méticuleusement surveillé l’évolution de leurs symptômes, et testé leur charge virale régulièrement. Le groupe était jeune, 25 ans en moyenne.

Sur 303 personnes, 89 n’ont jamais développé de symptômes, soit une proportion de 29%. Puisque les gens étaient enfermés jusqu’à ce qu’ils obtiennent des tests négatifs, le personnel médical a pu distinguer les cas pré-symptomatiques des vrais asymptomatiques. De fait, 21 personnes se présentaient initialement comme positives au coronavirus et sans symptômes, mais ont in fine eu des symptômes. De nombreuses études, en ne testant les patients qu’une fois, peuvent confondre cas pré- et asymptomatiques.

L’enseignement principal est que les concentrations de virus chez les asymptomatiques étaient «similaires à celles des patients symptomatiques», rapportent les auteurs. Mais trouver des particules virales résiduelles dans le nez, la gorge ou les poumons ne signifie pas forcément que ces gens étaient contagieux. C’est l’une des grandes questions de la pandémie: à quel point les nombreux cas asymptomatiques sont-ils des vecteurs du virus? D’une part ils ne toussent pas, mais d’autre part ils ne se placent pas à l’isolement et sont donc en contact avec d’autres personnes. «Il est important de souligner que la détection d’ARN viral n’est pas synonyme de présence d’un virus infectieux et transmissible», avertissent les auteurs de l’étude. De grandes études épidémiologiques et expérimentales sont nécessaires pour le comprendre.

Par Le Figaro avec AFP

Coronavirus: un quart des premiers cas hors de Chine lié à un voyage en Italie

juillet 31, 2020

Un quart des premiers cas de Covid-19 repérés hors de Chine continentale étaient des gens qui avaient voyagé en Italie, selon une étude publiée dans la revue médicale The Lancet Infectious Diseases, selon laquelle le début de la pandémie pourrait être lié à trois pays. Ces travaux publiés cette semaine prennent en compte le premier cas enregistré dans 99 pays hors de Chine continentale durant les 11 premières semaines de l’épidémie (entre le 31 décembre 2019 et le 10 mars 2020): ils montrent que près de deux tiers (60%) de ces personnes avaient voyagé en Italie (27%), en Chine (22%) ou en Iran (11%).

«Nos résultats suggèrent que les voyages dans un petit nombre de pays où la transmission du virus SARS-CoV-2 était importante pourraient être à l’origine d’épidémies un peu partout dans le monde, avant que la pandémie soit déclarée le 11 mars», a indiqué l’une des auteurs, la Dr Fatimah Dawood, des Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), citée dans un communiqué de The Lancet Infectious Diseases.

Des limites importantes

Il existe toutefois des limites importantes à l’étude, soulignent les chercheurs: les premiers cas déclarés dans chaque pays n’étaient peut-être pas réellement les premiers à exister, puisque certains sont sans doute d’abord passés inaperçus. L’étude porte sur 99 pays hors de Chine continentale, où 32.000 cas ont été déclarés durant la période entre le 31 décembre 2019 et le 10 mars 2020.

Pour identifier les nouveaux cas enregistrés dans chaque pays durant la période étudiée, les auteurs se sont basés sur les données en ligne des autorités de chaque pays, les communiqués de presse quotidiens alors diffusés ou encore des éléments recueillis sur les réseaux sociaux.

L’influence des voyages dans tel ou tel pays sur les premiers cas diffère selon les régions du monde. Les voyages en Italie étaient liés à la moitié des premiers cas repérés en Afrique, et plus d’un tiers de ceux repérés en Europe (36%) et sur le continent américain (38%). Mais dans la zone Pacifique, 83% des premiers cas étaient liés à un voyage en Chine. Au total, trois quarts des premiers cas repérés dans chacun des 99 pays étaient des personnes qui avaient voyagé ailleurs auparavant.

Par Le Figaro avec AFP