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Pourquoi le Québec séduit toujours plus d’étudiants africains

juin 15, 2021
L’Université Laval a enregistré une hausse de 60 % de ses contingents d’étudiants africains depuis 2016.

Grâce au soutien de ses établissements universitaires, le Québec attire depuis longtemps les étudiants francophones étrangers, dont beaucoup d’Africains. Et en recueille en retour les fruits.

Cela fait bientôt cinquante ans que le Québec ouvre en grand les portes de ses établissements d’enseignement supérieur aux étudiants du monde entier, notamment francophones. Une destination depuis longtemps appréciée des Africains pour l’accessibilité de ses formations de haut niveau. Au point que le secteur fait partie des cinq piliers identifiés par le gouvernement québécois pour asseoir sa « Vision Afrique », qui doit être dévoilée avant la fin de cette année.

Ils sont chaque année plusieurs milliers à franchir l’Atlantique pour suivre des cycles d’études professionnelles, technologiques ou universitaires, avec l’objectif, diplôme en poche, de rentrer participer au développement économique de leur pays ou de solliciter la résidence au Québec pour intégrer en quelques années un marché du travail en pleine effervescence.

« Pour 2019-2020, nous avons reçu 16 000 demandes de dossiers en provenance de 45 pays d’Afrique pour l’ensemble de nos établissements partenaires », précise Catherine Plasse-Ferland, directrice-adjointe du Pôle régional en enseignements supérieur Capitale-Nationale. Également connu sous le nom de Québec Villes Études, il regroupe depuis 2018 les principales institutions universitaires et d’études supérieures de la province du même nom.

Pénurie de main-d’œuvre

Impulsé par le ministère de l’Éducation québécois, ce regroupement des principaux acteurs de la formation entre dans la stratégie gouvernementale destinée à répondre à la pénurie de main-d’œuvre observée dans de nombreux secteurs économiques de la province, et estimée actuellement à près de 150 000 postes, dont la moitié exigerait un niveau d’étude supérieure.

L’UNIVERSITÉ LAVAL A ENREGISTRÉ UNE HAUSSE DE 60 % DE SES CONTINGENTS D’ÉTUDIANTS AFRICAINS DEPUIS 2016

Une perspective qui suscite un intérêt grandissant ces dernières années chez les bacheliers africains, toujours plus nombreux à venir tenter leur chance au Québec. L’Université Laval, le plus grand établissement francophone d’enseignement supérieur d’Amérique du Nord, particulièrement présent à travers l’Afrique, a enregistré une hausse de 60 % de ses contingents d’étudiants africains depuis 2016.

Même progression dans le réseau des Collèges d’enseignement général et professionnel (Cegep) qui, dans le cursus scolaire québécois, fait le pont entre le lycée et l’université, avec un diplôme équivalent à une première année de licence. Un « animal solitaire » selon Francis Brown Mastropaolo, directeur des affaires internationales de la Fédération des Cegep, « suffisamment agile au niveau des formations proposées pour répondre aussi bien au souhait de spécialisation des doctorants qu’à l’urgence des migrants de s’insérer dans le marché du travail québécois ».

Avec ses 48 collèges, implantés sur l’ensemble du territoire, le réseau des Cegep constitue la porte d’entrée idéale pour les nouveaux arrivants, qui peuvent construire leur parcours en optant pour un diplôme d’études collégiales (DEC) leur permettant de suivre un cursus de niveau universitaire ou pour une attestation d’études collégiales (AEC), dont les formations plus ou moins longues sont censées correspondre au plus près aux besoins constatés en matière de ressources humaines.

C’est notamment le cas des programmes de formation proposés par le Cegep Limoilou, définis avec le concours des chefs d’entreprise de la région et particulièrement pensés pour le public africain. La formule Cegep séduit sur le continent même, puisque les Québécois ont participé à la réforme de l’Institut supérieur d’enseignement professionnel du Sénégal (Isep), lancée en 2013 par le président Macky Sall. Une première expérience a été menée avec succès à Thiès, dupliquée par la suite dans le reste du pays.

Cameroun et Mozambique

Les Cegep disposent aujourd’hui d’une cinquantaine d’accords de coopération (numérisation des formations, développement de l’entrepreneuriat, assistance technique…) en Afrique de l’Ouest, ainsi qu’au Cameroun ou au Mozambique. « Notre approche très professionnalisante orientée sur l’employabilité des personnes commence à être largement reconnue sur le continent », constate Francis Brown Mastropaolo.

AU FIL DES GÉNÉRATIONS, LE QUÉBEC S’EST CONSTITUÉ EN AFRIQUE UN RÉSEAU UNIQUE

D’autres grands établissements, tels que l’École nationale d’administration publique (Enap) et l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), constituent également des voies d’accès privilégiées pour les Africains désireux d’étudier outre-Atlantique. Tous deux accueillent plusieurs centaines d’étudiants africains qui, chaque année, représentent entre 20 % et 25 % de leurs contingents étrangers respectifs.

L’Enap, qui a vu passer sur ses bancs plusieurs milliers d’Africains en près de soixante ans, propose des doctorats et des maîtrises reconnus dans de nombreux pays francophones du continent. Certains cursus ont même été délocalisés sur place, pendant que des modules de formation continue sont également proposés aux administrations locales.

Au fil des générations, le Québec s’est constitué en Afrique un réseau unique qui se densifie à chaque nouvelle promotion. « Quand les étudiants restent, ils rentrent dans la famille. Quand ils repartent dans leurs pays respectifs, ils sont nos meilleurs amis sur place », constate Francis Brown Mastropaolo. Dans un cas comme dans l’autre, le Québec en sort gagnant. Et les étudiants africains qui ont franchi le pas également.

Avec Jeune Afrique par Olivier Caslin

Canada/Mystérieuse maladie au N.-B.: 2 expertes disent qu’on ne doit pas céder à la panique

mars 20, 2021

 

De nombreuses questions demeurent sans réponse au sujet de la présence d’un syndrome neurologique dégénératif au Nouveau-Brunswick.

© Fournis par La Presse Canadienne

Deux expertes de l’Université de l’Alberta, Valerie Sim et Debbie McKenzie, étudient les maladies à prions qui sont causées par une protéine anormalement repliée dans le cerveau. Ces maladies provoquent un dépérissement du cerveau et les organes atteints sont souvent criblés de trous, explique la Pre Sim.

Parmi elles, on retrouve la maladie de Creutzfeldt-Jakob, une maladie rare et mortelle chez l’humain, la maladie de la vache folle chez les bovins et la maladie débilitante chronique, qui affecte le cerf, le wapiti, l’orignal et le renne.

«En ce moment, je dirais que c’est une bonne chose que les autorités du Nouveau-Brunswick regardent cela plus en détail, dit la Pre Sim. Cela ne signifie pas avec certitude qu’il existe un syndrome neurologique progressif. Cela signifie simplement qu’il existe un schéma intéressant et que nous avons besoin de plus d’informations.»

Une mention du syndrome inconnu est apparue pour la première fois dans une circulaire du 5 mars de la médecin hygiéniste en chef adjointe, la Dre Cristin Muecke, aux diverses associations professionnelles médicales de la province. Elle demande à tous ceux qui soupçonnent avoir rencontré un patient atteint de la maladie de les orienter vers une clinique spécialisée.

Les symptômes sont similaires à ceux de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, un trouble cérébral dégénératif et mortel, a déclaré jeudi la médecin-hygiéniste en chef, la médecin hygiéniste en chef de la province, Jennifer Russell.

Il y a 43 cas faisant l’objet d’une enquête dans la province, avec 35 cas confirmés et huit cas suspectés, a indiqué Mme Russell. Les cas ont été en grande partie détectés par des médecins de la région de Moncton et du nord-est de la province, a-t-elle mentionné. Le premier remonte en 2015.

Selon les deux scientifiques, il est peu probable qu’il s’agisse d’une maladie à prions encore inconnue, même si cela est déjà arrivé par le passé. En 1996, une variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob a été découverte au Royaume-Uni, signale la Pre McKenzie.

Ces maladies sont facilement identifiables par une autopsie en raison des lésions cérébrales qu’elles causent.

L’hypothèse que la maladie est causée par une sorte de toxine est sensée, souligne la Pre McKenzie. Elle mentionne que les autorités ont affirmé que les cas sont concentrés dans des zones précises.

«Ce serait en fait plus étrange, dans un sens, si la maladie était répandue dans tout le Nouveau-Brunswick ou dans tout le Canada atlantique, souligne-t-elle. Nous devons parler de quelque chose de très, très différent.»

Elle craint que d’en retracer les origines soit difficile. Premièrement, le premier patient a contacté la maladie il y a un certain temps déjà. Secundo, la perte de mémoire est l’un des symptômes de la maladie.

«Je suggérerais de ne pas trop s’inquiéter, dit la Pre McKenzie. On a besoin de beaucoup plus d’informations sur la source ou la cause sous-jacente de ces problèmes.»

Elle espère les gens consulteront un médecin s’ils présentaient l’un des symptômes associés à la maladie.

La Pre Sim dit qu’il reste encore de nombreuses questions auxquelles il faut répondre avant de conclure que les cas résultent tous d’une seule cause, en particulier une cause inconnue. Les symptômes révélés jusqu’à présent — une démence à progression rapide ainsi que des spasmes musculaires, une atrophie, des hallucinations et une foule d’autres complications — impliquent une grande partie du cerveau et pourraient survenir pour de nombreuses raisons différentes, a-t-elle déclaré.

«Des syndromes neurologiques progressifs et inexpliqués se produisent dans toutes les régions du pays et du monde, simplement parce que nous ne savons pas tout, souligne la Pre Sim. Nous n’avons pas découvert toutes les choses possibles qui peuvent arriver au cerveau.»

Avec Sarah Smellie, La Presse Canadienne

Programme de bourses master Sophie Germain France 2021

novembre 27, 2020

Découvrez le programme de bourses master Sophie Germain Université Paris-Saclay en France pour l’année universitaire 2021-2022. Retrouvez les conditions et documents exigés pour postuler à cette bourse d’étude.

Groupe Cible :

  • Pays Cibles : Tous
  • Groupe : Tous

Organisme d’accueil :

  • Nom de la bourse : bourses master Sophie Germain
  • Organisme : Université Paris-Saclay
  • Données sur la bourse :
  • Année de la bourse : 2021
  • Pays : France
  • Organisme : Université Paris-Saclay
  • Niveau d’étude : Master
  • Spécialité de la bourse : Mathématique
  • Montant de la Bourse : N/A
  • Date limite pour Postuler : 31 janvier 2023

Description de la bourse :

La Fondation Mathématique Jacques Hadamard (FMJH) offre des bourses de master pour une durée d’un à deux ans à des étudiants français ou étrangers.

Elles sont destinées à des étudiants qui souhaitent s’inscrire dans l’un des programmes (hors parcours « Formation à l’Enseignement supérieur en Mathématiques ») du Master « Mathématiques et applications » porté par les institutions membres de la FMJH.

Un jury sélectionne les lauréats en appliquant les critères définis par le Conseil Scientifique de la FMJH, au premier rang desquels figure l’excellence.

Ce programme ayant pour but d’encourager des jeunes talents à se diriger vers la recherche en mathématiques, les candidats sont invités à accorder un soin particulier à la rédaction de la lettre de motivation figurant dans leur dossier.

Comment postuler ?

Chaque année universitaire, deux appels à candidatures sont lancés successivement pour les bourses de l’année suivante :

  1. Premier appel d’octobre au 31 janvier : il concerne prioritairement les étudiants internationaux (hors Europe) dont le projet d’études en France nécessite l’inscription préalable à Campus France pour obtenir un visa.
  2. Deuxième appel de février au 1er mai : il concerne plus généralement les ressortissants de l’Union européenne (Espace Schengen) et les internationaux disposant déjà d’un titre de séjour en France en cours de validité.

Avec Adiac-Congo par Par Concoursn

Bourse d’étude Yale Young African Scholars (YYAS)

novembre 13, 2020

La mission de YYAS est d’exposer les jeunes leaders les plus brillants d’Afrique à diverses possibilités de poursuivre des études supérieures et de les doter des compétences nécessaires pour servir leurs communautés et le monde. Conformément à la mission d’accessibilité éducative de Yale, YYAS est gratuit pour tous les élèves.

Date limite d’inscription : 16 février 2021

Un participant typique de YYAS doit avoir :

Excellents dossiers académiques

Potentiel de leadership démontré

Solides compétences en communication écrite et verbale

Un désir et une capacité à travailler en collaboration avec des pairs

Persévérance et détermination face aux défis

Normes élevées de conduite personnelle et professionnelle

La capacité de lire, d’analyser et de réfléchir sur de grandes quantités de matériel difficile en anglais.

Maturité démontrée et intérêt à s’engager dans des discussions sur les questions intellectuelles, morales et politiques en Afrique

Veuillez noter que YYAS est un programme d’accès à l’université qui donne la préférence aux étudiants très performants et à faible revenu (HALI) qui n’ont pas d’orientation universitaire dans leur école ou leur communauté.

Pour postuler, les candidats doivent remplir toutes les conditions suivantes :

Âge : Vous devez être âgé d’au moins 14 ans à la date limite de candidature (16 février 2021) pour être considéré. Veuillez noter qu’un étudiant typique de YYAS a entre 15 et 18 ans.

Anglais : Vous devez être capable de participer à un programme académique rigoureux dispensé en anglais.

Citoyenneté : Vous devez être citoyen ou résident permanent d’un pays africain. YYAS acceptera également les demandes de réfugiés vivant dans un pays africain.

Niveau scolaire : Vous devez être un étudiant actuel de 11e année (ou l’équivalent international).

Date d’obtention du diplôme : Si vous fréquentez une école dans l’hémisphère nord, vous devez être diplômé de l’école secondaire au plus tard en mai / juin 2022. Si vous fréquentez une école dans l’hémisphère sud, vous devez obtenir votre diplôme d’études secondaires au plus tôt en novembre / décembre 2021 et au plus tard le novembre / décembre 2022.

Si vous êtes actuellement dans votre dernière année ou trimestre d’études secondaires, si vous avez déjà obtenu votre diplôme d’études secondaires ou si vous êtes étudiant à l’université, vous n’êtes pas admissible à postuler.

Si vous êtes un ancien YYAS ou YYGS / a, vous ne pouvez  pas postuler pour YYAS. (* Cependant, si vous êtes un ancien de YYAS / a, vous pouvez postuler à YYGS si vous êtes éligible.)

Des questions ? Veuillez nous envoyer un courriel à african.scholars@yale.edu.

Besoin d’aide ?

Contactez le personnel de YYAS avec des questions lorsque vous remplissez la demande. Plus vous nous contactez tôt, plus nous sommes susceptibles de vous aider dans les délais.

Notification de décision :

Veuillez consulter les informations  pour connaître les dates limites, dates et heures importantes et spécifiques. Les décisions d’admission seront publiées à la mi-avril.

Lien pour postuler : https://apply.globalscholars.yale.edu/apply/?sr=c59fbefa-e744-40f0-8c55-…

Avec Adiac-Congo par Yali Network

Le cancer devient la première cause de décès dans les pays riches

septembre 3, 2019

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Des médecins utilisent une nouvelle technologie pour combattre le cancer à l’hôpital de Créteil. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Selon deux enquêtes publiées ce mardi, il est même «probable que le cancer deviendra la cause la plus courante de décès dans le monde dans quelques décennies».

Les maladies cardiovasculaires demeurent la principale cause de mortalité dans le monde chez les adultes d’âge moyen, mais le cancer devient la principale cause de décès dans les pays riches, selon deux enquêtes publiées ce mardi 3 septembre.

Il est même «probable que le cancer deviendra la cause la plus courante de décès dans le monde dans quelques décennies», selon les chercheurs. Les maladies cardiaques représentent plus de 40% des décès, soit environ 17,7 millions de décès en 2017. Les auteurs, dont les travaux sont présentés au Congrès de la Société Européenne de Cardiologie (ESC) à Paris, pointent le lourd tribut payé par les pays pauvres à ces pathologies. Le cancer, deuxième cause de décès la plus fréquente dans le monde en 2017, représente un peu plus du quart (26 %) de tous les décès.

Mais dans les pays riches, le cancer tue maintenant plus de gens que les maladies cardiaques, d’après ces recherches, limitées à 21 pays, parues dans la revue médicale The Lancet. Les quatre pays à revenu élevé pris en compte sont le Canada, l’Arabie saoudite, la Suède et les Émirats Arabes Unis. «Le monde assiste à une nouvelle transition épidémiologique (…), les maladies cardiovasculaires n’étant plus la principale cause de décès dans les pays à revenu élevé», selon Gilles Deganais, professeur émérite à l’Université Laval, au Québec et coauteur des deux publications. Mais à mesure que les taux de maladies cardiaques diminuent à l’échelle mondiale, le cancer pourrait devenir la principale cause de décès dans le monde «d’ici quelques décennies seulement», avance-t-il.

L’étude porte sur plus de 160.000 adultes suivis sur une décennie (entre 2005 et 2016), dans des pays à revenu élevé, moyen et faible. D’après ce travail, les gens des pays pauvres sont en moyenne 2,5 fois plus susceptibles de mourir d’une maladie cardiaque que ceux des pays riches.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Les Européens cherchent à contourner les sanctions contre l’Iran

septembre 15, 2018

Paris – Les Européens envisagent d’instaurer un circuit commercial alternatif, une sorte de troc à grande échelle, pour contourner les sanctions américaines et permettre à l’Iran de continuer à exporter du pétrole.

L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne pourraient ainsi créer un véhicule dédié (Special purpose vehicle – SPV) agissant comme une bourse d’échanges qui permettrait de traiter de manière isolée les transactions commerciales avec l’Iran, ont rapporté vendredi deux médias allemands, l’hebdomadaire Der Spiegel et le quotidien économique Handelsblatt.

Si par exemple l’Iran vendait du pétrole à une entreprise espagnole, et qu’un fabricant allemand de machines-outils équipait une installation à Téhéran, la somme correspondant à la livraison du pétrole servirait directement à payer le fournisseur allemand.

« C’est du troc sophistiqué. L’acheteur paie des droits de compensation qui donnent (à l’Iran) un droit d’achat de biens de première nécessité », confirme un haut responsable français à l’AFP sous couvert de l’anonymat, précisant que des pays tiers comme la Chine ou l’Inde pourront y être associés.

L’option est à l’étude parmi plusieurs autres et vise à créer des « canaux de paiement indépendants » avec l’Iran, a indiqué de son côté une porte-parole du ministère allemand des Finances, interrogée par l’AFP.

Le président américain Donald Trump s’est retiré en mai de l’accord international sur le nucléaire iranien, censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique et le sortir parallèlement de son isolement économique grâce à une levée des sanctions qui l’étranglaient.

– Des « moyens techniques » –

Washington a rétabli depuis une série de lourdes sanctions visant aussi les entreprises ou pays étrangers qui continueraient de faire affaire avec Téhéran. Sous la menace, nombre de grands groupes (Total, Daimler..) très engagés aux Etats-Unis ont depuis cessé toute activité avec l’Iran par craintes de représailles américaines.

Le 4 novembre, une nouvelle vague de sanctions frappera directement les exportations de pétrole iraniennes et les opérations bancaires avec ce pays qui va se retrouver de facto déconnecté des circuits financiers internationaux.

L’Iran détient les quatrièmes réserves mondiales prouvées de pétrole et nombre de pays, en Asie particulièrement, ont besoin de se fournir en brut iranien, d’autant que leurs raffineries sont spécialement conçues pour traiter cette variété de pétrole-là et pas une autre.

En créant une bourse d’échanges, les Européens pourraient « réduire les paiements transfrontaliers au départ ou à destination de l’Iran », relève un document de la Commission européenne cité par le Handelsblatt. Les banques internationales, très exposées au risque américain, resteraient ainsi à l’écart des transactions.

« Pour nous, la question c’est de trouver des moyens techniques pour que l’Iran puisse continuer d’importer et exporter en dépit des sanctions américaines sans que les opérateurs européens soient eux-mêmes sanctionnés », résume un diplomate européen.

La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne sont déterminées à sauvegarder l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien – dont elles sont cosignataires avec la Russie et la Chine – afin de prévenir une reprise du programme iranien susceptible de déclencher une course à l’arme atomique dans la région.

– Une question de souveraineté –

Elles s’inquiètent aussi d’un affaiblissement du président iranien Hassan Rohani, ardent défenseur de l’accord nucléaire mais qui pour l’heure n’en a pas engrangé les bénéfices économiques escomptés.

« Les mesures prises par Washington (..) risquent de renforcer les éléments les plus durs du régime », avertit le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

« Washington pense que ces pressions sont susceptibles de provoquer un changement d’attitude du régime, voire du régime lui-même; or nous ne le croyons pas », ajoutait-t-il dans une interview fin août à l’hebdomadaire français L’Express.

Les Européens dénonçent aussi, à travers les sanctions américaines, une atteinte à leur souveraineté ainsi qu’à leurs intérêts économiques, et pas seulement en Iran.

Berlin redoute notamment que des sanctions de Washington contre la Russie ne pénalisent l’industrie allemande dans ce pays.

Face à de telles menaces, « nous devons réagir et renforcer l’autonomie et la souveraineté de l’Europe en matière commerciale, économique et financière », martèle le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.

Romandie.com avec(©AFP / 15 septembre 2018 09h56)                                                        

France: une baguette de pain à base de farine… d’insectes

mai 30, 2018

 

 

Une partie de la farine du pain provient de vers torréfiés et écrasés. (Illustration/CCO)

Devrons-nous bientôt tous manger des insectes pour préserver la planète et ses ressources ? L’idée n’est pas nouvelle, mais elle fait son chemin. La preuve, des étudiants de Nancy ont récemment proposé des baguettes de pain réalisées à partir de farine de vers d’élevage.

On ne sait pas trop quoi en penser, mais il semble que le résultat soit plutôt convaincant. C’est ce qu’affirment les personnes ayant déjà goûté à la baguette à la farine d’insectes créé par des étudiants de l’école de commerce de Nancy, l’ICN Business school, et présentée à la Foire de Nancy. Oui vous avez bien lu, une baguette à la farine d’insectes ! Le « pourquoi ? » de leur création, Lucile, Victor et Ludovic l’expliquent à l’Est Républicain. « Ça donne un pain riche en protéines, en vitamines en oméga 3. Il y a un réel apport énergétique. Nous avons travaillé en collaboration avec une nutritionniste pour mettre au point cette baguette aux insectes », affirment-ils.

S’ils ont choisi de travailler des vers d’élevage grillés et réduits en poudre, ça n’est pas pour rien. La consommation d’insectes pourrait, selon des médecins et nutritionnistes, et même la FAO, l’agence des Nation Unies pour l’alimentation et l’agriculture, devenir essentielle dans un avenir pas si lointain.  D’ici 2050, les projections de populations indiquent qu’il devrait il y avoir entre 9 et 10 milliards d’humains sur Terre, sans que les ressources pour produire suffisamment de viande « classique », source de protéines, ne puisse suivre.

La multiplication des élevages géants, trop grands consommateurs d’eau ou encore de terrains, est donc impensable. À l’inverse, les élevages d’insectes s’avèrent être d’une sobriété remarquable. Selon les chiffres de la FAO, un élevage de grillons comestibles demande six fois moins de nourriture, et donc autant d’eau et de surface agricole, que son équivalent en bovins, ou encore quatre fois fois qu’un élevage de moutons. Élever des insectes est aussi beaucoup moins polluant.

Si nous ne sommes pas encore accoutumés à en manger, la visibilité de ces nouveaux produits augmente. D’ailleurs, pour réaliser leur baguette innovante, nos étudiants nancéens ont utilisé de la farine d’insectes en provenance d’un élevage de Clermont-Ferrand. Il existe également désormais de nombreux produits disponibles dans le commerce, allant des gâteaux apéritifs aux pâtes, réalisés à bas d’insectes. À vos fourneaux !

Par Akhillé Aercke avec TWC France

Cancer: la nourriture à risque

février 16, 2018

Cancer : la nourriture industrielle à risque

Depuis les années 1980, une avalanche d’aliments trop salés, trop gras et trop sucrés inondent les rayons de nos supermarchés. GARO/PHANIE

Une étude portant sur 105.000 personnes pendant huit ans pointe du doigt les aliments « ultra-transformés ».

Bonbons, pizza surgelée, sauce ketchup, soda… Depuis les années 1980, les produits de l’industrie agroalimentaire inondent les rayons de nos supermarchés. Une avalanche d’aliments trop salés, trop gras et trop sucrés suspectés aujourd’hui de favoriser le développement des cancers. Dans le Bristish Medical Journal (BMJ), des chercheurs français suggèrent pour la première fois un lien entre la consommation de ces produits ultra-transformés et l’apparition de tumeurs cancéreuses.

Le concept nutritionnel d’«aliment ultra-transformé», apparu en 2009, désigne les aliments, produits par les industriels, contenant des additifs alimentaires (édulcorants, colorants, conservateurs…). «Ces denrées sont plus hyperglycémiantes et caloriques que les autres, mais aussi moins rassasiantes», décrit le Dr Anthony Fardet, chercheur au sein de l’unité de nutrition humaine de l’Institut national de recherche agronomique (Inra), qui n’a pas participé à l’article du BMJ. «Des propriétés qui font le lit du diabète, de l’obésité ou encore de la stéatose hépatique (surnommée “la maladie du foie gras”, NDLR).»

Une augmentation de 10 % de la portion d’aliments ultra-transformés (charcuterie, barres chocolatées…) dans le régime alimentaire est associée à une hausse de 12 % des risques de développer un cancer

S’agissant du cancer, la littérature scientifique montre chez l’animal que ces aliments industriels ont des effets cancérogènes. Pour étudier l’impact chez l’homme, l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Eren), en partenariat avec l’Inserm et l’Inra, a analysé dans l’article scientifique, les habitudes alimentaires de 105.000 volontaires de la cohorte NutriNet-Santé, âgés en moyenne de 42 ans, dont 78 % de femmes. Au cours des huit ans de suivi, plus de 2200 cas de cancers ont été diagnostiqués, dont 739 cas de cancer du sein et 281 du cancer de la prostate.

Il ressort qu’une augmentation de 10 % de la portion d’aliments ultra-transformés (charcuterie, barres chocolatées, soupes…) dans le régime alimentaire est associée à une hausse de 12 % des risques de développer un cancer, et en particulier un cancer du sein. «Une tendance similaire est observée pour le cancer colorectal. Néanmoins, en raison du faible nombre de cas dans notre cohorte, nos résultats ne sont pas significatifs pour ce cancer», précise Bernard Srour, chercheur au sein de l’Eren. À l’inverse, les participants qui consomment davantage de produits bruts par rapport aux aliments ultra-transformés ont un risque de cancer réduit de 9 %.

Pour cerner uniquement le rôle de l’alimentation ultra-transformée, les chercheurs ont pris en compte le niveau d’étude, la consommation de tabac et d’alcool des volontaires ainsi que leur niveau d’activité physique. Ils soulignent que la cohorte est majoritairement féminine et a un niveau socio-économique élevé. «Or on sait que ces profils se préoccupent plus de leur alimentation. De ce fait, on peut imaginer que dans la population générale, la consommation de ces produits industriels est plus élevée et que le risque de cancer est lui aussi plus important», relève le Dr Fardet.

«J’ai la conviction profonde que nous avons suffisamment de preuves pour mettre en garde la population des risques de ces aliments et appliquer le principe de précaution»

Anthony Fardet , auteur de «Halte aux aliments ultra-transformés ! Mangeons vrai»

D’après les chercheurs, la moins bonne qualité nutritionnelle de ces aliments n’est pas le seul facteur impliqué dans cette relation. «Il se peut que les additifs alimentaires, les produits néoformés à la cuisson ou même les substances contenues dans les emballages, comme le bisphénol A, interviennent dans le processus», indique Bernard Srour. Son équipe va d’ailleurs évaluer l’impact des additifs alimentaires lors d’une prochaine d’étude. Ces substances ont, en effet, été mises en cause à plusieurs reprises ces derniers mois: les nitrites dans le jambon ou le dioxyde de titane, sous forme de nanoparticules, présent dans les biscuits. Ces produits ultra-transformés favoriseraient l’apparition de lésions cancéreuses chez l’animal.

En attendant que le coupable soit désigné, Anthony Fardet estime que ces travaux jettent un pavé dans la mare. «J’ai la conviction profonde que nous avons suffisamment de preuves pour mettre en garde la population des risques de ces aliments et appliquer le principe de précaution», affirme l’auteur de Halte aux aliments ultra-transformés! Mangeons vrai (Éditions Thierry Souccar). Selon l’étude NutriNet-Santé, près de 36 % des calories ingérées par les Français sont issues d’aliments produits par l’industrie agroalimentaire. «C’est énorme. Il ne faut pas qu’ils deviennent la base de l’alimentation. Ils ne devraient représenter qu’à peine 15 %, soit 2 portions par jour», ajoute ce spécialiste, qui précise que manger du pop-corn au cinéma ou un paquet de chips un soir est sans danger.

Pour les auteurs, ces travaux rejoignent les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS). Actualisé il y a peu, il recommande de privilégier les aliments peu raffinés (riz complet ou semi-complet par exemple) et de limiter la consommation de produits ultra-transformés.

Lefigaro.fr par 

La France recule à la quatrième place pour l’accueil des étudiants étrangers

janvier 15, 2017

Le nombre d’étudiants en mobilité internationale a progressé de 23 % en cinq ans, selon l’Unesco, mais la progression n’a pas suivi le même rythme en France. En cause, notamment, selon Campus France : la baisse du budget des bourses.

La Cité internationale universitaire de Paris.

La Cité internationale universitaire de Paris. Cité universitaire internationale – Jon ongkiehong
La France, jusqu’ici troisième destination mondiale pour les étudiants étrangers, rétrograde à la quatrième place. Derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni, elle est désormais doublée par l’Australie, selon une étude de l’Unesco à partir des chiffres 2014. Des résultats qui inquiètent Campus France, l’organisme chargé de l’accueil et de la promotion des études supérieures dans l’hexagone : la hausse du nombre d’étudiants n’y a été que de 7,5 %, selon les données du ministère, entre 2009 et 2014, alors que la mobilité étudiante mondiale a progressé de 23 %, selon les chiffres de l’Unesco.
Campus France

Dans la même période de cinq ans, les Etats-Unis ont réussi à accueillir 27 % d’étudiants étrangers en plus, et le Royaume-Uni 16 %, relate l’organisation internationale. Certes, l’Hexagone a accueilli 299 000 étudiants internationaux en 2014 et 310 000 en 2015, selon les chiffres ministériels, mais c’est peu au regard du nombre d’étudiants en mobilité dans le monde, qui a doublé depuis quinze ans pour atteindre 4,3 millions.

Dans les résultats de l’Unesco, la France est pénalisée par un changement de méthodologie : les étudiants étrangers déjà présents dans le pays avant le bac ne sont plus pris en compte, ce qui amène l’organisation internationale à ne considérer que 235 000 étudiants étrangers en 2014. L’Allemagne pâtit aussi de ce changement de méthode, et rétrograde à la sixième place. Il n’empêche : d’autres pays développés font preuve, dans le même temps, d’un grand dynamisme. Notamment le Canada (+ 75 %) qui monte à la septième place ; ou les Pays-Bas (+ 199 %) qui bondissent à la douzième place mondiale.

Poussée de la Russie, la Chine, l’Arabie saoudite et la Turquie

« En France, déplore Béatrice Khaiat, la directrice générale de Campus France, les universités marquent le pas par rapport aux grandes écoles. Cela traduit probablement le fait qu’elles ont déjà du mal à faire face à la croissance des effectifs à l’entrée à l’université. Mais il faut souligner qu’au niveau du doctorat, le nombre de Français diminue en même temps que le nombre de jeunes chercheurs étrangers… » Une véritable rupture dans les effectifs d’étudiants internationaux accueillis en France s’est produite, selon elle, à partir de 2012. Elle découle aussi de l’affirmation de nouveaux acteurs émergents, « des puissances régionales comme la Russie, l’Arabie saoudite, la Turquie ou encore la Chine [+ 80 % sur cinq ans] qui prend sa place de neuvième, récoltant les fruits de la politique qu’elle a planifiée et mise en œuvre ».

La Russie s’est ainsi hissée à la cinquième place des pays d’accueil, devant l’Allemagne et le Japon, avec 65 % de croissance en cinq ans, tandis que la Turquie (+ 120 %) passe du vingt-cinquième au dix-septième rang. Et l’Arabie saoudite bat un record de croissance (+ 260 %), bondissant du onzième au vingt-septième rang.

Le recul relatif de la France menace son influence, les étudiants étrangers étant réputés devenir des ambassadeurs de la culture et de l’économie françaises à l’international : « Le soft power français est concurrencé par des pays dont on ne partage pas forcément les valeurs, s’inquiète Mme Khaiat. L’Arabie saoudite mais aussi le Canada ou la Chine attirent des étudiants africains qui autrefois venaient en France. Le lien avec l’Afrique que l’on renforce, et que l’on cherche à renforcer, demande une volonté politique – elle est là –, mais aussi des moyens pour les bourses et la promotion. » Une tendance également perceptible dans ce reportage :

Dans son communiqué, Campus France note que « l’Arabie saoudite fait une entrée en force sur le continent africain, chaque année plus marquée, attirant les étudiant(e) s avec des bourses islamiques : 33 727 étudiants africains accueillis en 2014 contre 2 447 en 2009 (× 16 !) (…). Sont particulièrement concernés, dans l’ordre : le Nigeria, la Mauritanie, le Mali, l’Erythrée, la Somalie, le Kenya et le Tchad. »

La circulaire Guéant, qui avait restreint l’accès des étudiants étrangers sous le précédent quinquennat, avait déjà conduit la France à rétrograder en quatrième position des pays d’accueil d’étudiants derrière l’Australie. Depuis, les formalités administratives et la délivrance des titres de séjour ont été facilitées et simplifiées pour les étudiants étrangers, ce qui lui avait permis de reconquérir provisoirement la troisième position.

Mais Béatrice Khaiat déplore la baisse de 17,5 % en quatre ans de l’enveloppe des bourses attribuées par le quai d’Orsay aux étudiants internationaux, qui est tombée à seulement 68 millions d’euros cette année. Une économie modeste dont les effets commencent à se faire sentir.

L’élection de Donald Trump, le « Brexit », la dérive autoritaire du président Erdogan en Turquie font partie des changements politiques et géopolitiques qui pourraient changer la donne à l’avenir. Mais sans moyen, l’attractivité de la France aura du mal à rebondir.

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Lemonde.fr par  Adrien de Tricornot, Journaliste

Alerte érosion : l’Afrique s’effrite et ses terres s’appauvrissent dangereusement

novembre 16, 2016

Le phénomène, étudié à l’échelle continentale par des scientifiques kényans, pourrait coûter près de 300 milliards de dollars par an.

Au Mozambique, près du fleuve Zambèze. en décembre 2015. Crédits : JOHN WESSELS/AFP
Ann Wavinya veille sur des archives pas comme les autres. « Ici, on conserve 40 tonnes de terre », s’enthousiasme cette jeune Kényane, en poussant de toutes ses forces sur le volant actionnant l’ouverture de ses armoires mobiles. « C’est l’équivalent de huit éléphants ! On a des sols de toute l’Afrique, depuis le Sahara jusqu’au Cap ! »

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Bienvenue au département « santé de la terre » du Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF). Le lieu, antenne du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI), malgré ses 64 millions de dollars (59,6 millions d’euros) de budget consacrés à la recherche, ses scientifiques et ses employés venus des cinq continents, demeure une institution méconnue – même à Nairobi. C’est pourtant ici, dans ce paisible ensemble de bâtiments à deux ou trois étages, dissimulé derrière de beaux arbres fruitiers et traversé par un petit ruisseau, que l’on étudie l’un des pires fléaux du continent : l’érosion.

Ann Wavinya, archiviste des sols d'Afrique au Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF), à Nairobi.

Ann Wavinya, archiviste des sols d’Afrique au Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF), à Nairobi. Crédits : Bruno Meyerfeld

Il y a urgence, car les sols africains se portent mal. Très mal. Si l’on en croit les données compilées par un rapport publié il y a un an par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), la perte de sols due à l’érosion y dépasse les 200 tonnes par hectare par an dans plusieurs régions du continent, avec une moyenne de 40 tonnes par hectare selon les scientifiques. La majeure partie est emportée par les pluies (comme en Afrique centrale et australe, au Maroc ou à Madagascar) ou dispersée par le vent (telle qu’aux abords du Sahara, des déserts Danakil et du Namib).

Cartographies précises des sols

L’Afrique s’effrite. « Mais le plus grave avec l’érosion, ce n’est pas la perte de sols. C’est leur appauvrissement, la perte de nutriments, de carbone et de vie biologique due aux mauvaises pratiques agricoles », rappelle Ermias Betemariam, scientifique éthiopien au département « santé de la terre » de l’ICRAF. Conséquence : les deux tiers des terres dites productives du continent sont aujourd’hui déjà dégradées selon les chiffres rapportés par le PNUE, alors même que la population devrait doubler d’ici 2050 et que le continent a besoin en urgence d’un secteur agricole performant.

Le texte de l’ONU évalue par ailleurs le coût de l’inaction face au phénomène de l’érosion et de la dégradation des sols à 280 millions de tonnes de céréales perdues par an, représentant 262 milliards d’euros par an pour chacune des quinze d’années à venir – soit en tout le chiffre vertigineux de 4,2 trillions de dollars sur l’ensemble de la période et l’équivalent de 12,3 % du PIB annuel des 42 pays étudiés !

Archivage des sols au laboratoire de diagnostic spectral de l’ICRAF, à Nairobi.

Archivage des sols au laboratoire de diagnostic spectral de l’ICRAF, à Nairobi. Crédits : ICRAF

« Les conséquences pourraient être dramatiques : pauvreté, famines, révoltes de la faim, migrations et conflits armés », s’alarme Ermias Betemariam, qui dirige également le « laboratoire de diagnostic spectral sol-plante » du centre d’agroforesterie. Derrière ce nom mystérieux, se cache un centre à la pointe de la technologie dans l’étude et d’analyse des sols.

Ici, une quarantaine de personnes s’emploient à disséquer chaque jour plusieurs centaines d’échantillons de terre venus de toute l’Afrique. Ceux-ci sont bombardés de rayons X, de lasers et d’infrarouges. « En éclairant les prélèvements de terre, on révèle leur signature spectrale et on peut déterminer les propriétés physiques du sol, sa composition organique, sa minéralogie. On peut tester l’effet du vent et de la pluie et la capacité de résistance à l’érosion », explique Dickens Ateku, technicien expérimenté venu de l’ouest kényan.

Carte de la dégradation des terres en Afrique.

Carte de la dégradation des terres en Afrique. Crédits : UNEP (2010) Africa Water Atlas

L’un des projets phares du laboratoire : l’Africa Soil Information Service (AFSIS), lancé en 2008 et financé par la Fondation Bill & Melinda Gates (partenaire du Monde Afrique] et l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), a permis de développer un ensemble de cartographies précises et accessibles à tous des sols d’Afrique subsaharienne, de leurs propriétés physiques et chimiques. Un travail de titan couvrant 17,5 millions de km2 en Afrique sub-saharienne. « Notre travail, ajoute Ermias Betemariam, a permis d’effectuer un diagnostic précis des sols les plus dégradés. On sait donc où des efforts de restauration doivent être entrepris et, surtout, où il est profitable de planter. Tout cela afin que le développement de l’Afrique se fasse sur une terre en bonne santé. »

La deuxième phase de l’AFSIS, lancée fin 2014 pour un coût de 4,5 millions d’euros, vise à utiliser ces données afin de permettre sur le terrain aux petits exploitants agricoles de quatre pays (Ethiopie, Ghana, Tanzanie et Nigeria) d’adopter de meilleures méthodes d’exploitation des terres et d’augmenter leur productivité.

Cercle vicieux

Les causes de l’érosion sont connues depuis longtemps : la déforestation et le surpâturage. Entre 2000 et 2010, 3,4 millions d’hectares de forêt ont été chaque année rayés de la carte africaine, l’équivalent de la Belgique. « Les arbres sont pourtant la clé pour la lutte contre l’érosion. Ils apportent minéraux, carbone, nutriments et biodiversité. Ils retiennent le sol, l’empêchent de se transformer en sable, le protègent de la pluie, du vent, qui sont les principaux facteurs de l’érosion. Comme un parapluie ou un parasol nous protègent ! », explique Ermias Betemariam.

Laboratoire de diagnostic spectral de l'ICRAF, à Nairobi.

Laboratoire de diagnostic spectral de l’ICRAF, à Nairobi. Crédits : ICRAF

Le phénomène de l’érosion est un cercle vicieux. « Plus le pays est pauvre, plus les besoins de la population sont urgents, et plus on va couper les arbres et utiliser des engrais et des pesticides… ce qui accélère la dégradation des sols, l’érosion et in fine la pauvreté du pays », rappelle Tony Simons, directeur de l’ICRAF. Outre les mauvaises pratiques agricoles, le changement climatique, déjà à l’œuvre, provoquera de toute façon une progression des déserts et un appauvrissement des sols. « Dans plusieurs régions, comme les hauts plateaux d’Afrique de l’Est, par exemple, il y a peu de chances que la fertilité de la terre puisse un jour être restaurée », admet l’ONU dans son rapport.

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Il faut donc planter des arbres, en urgence. Signe encourageant : la mobilisation contre l’érosion gagne du terrain. Trente-trois pays, dont seize Africains, se sont ralliés depuis 2011 au Défi de Bonn. L’initiative mondiale a été lancée il y a cinq ans par l’Allemagne et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) avec l’ambition de restaurer 150 millions d’hectares de terres dégradées d’ici à 2020, le tout à travers un vaste programme de reboisement, mais aussi un travail de fond sur la gestion des sols et des ressources en eau. Aujourd’hui, notamment grâce à la contribution de pays africains comme le Malawi, le Rwanda ou la Côte d’Ivoire, 80 % de l’objectif sont atteints. Un succès qui a poussé le Sommet des Nations unies sur le climat à revoir dès 2014 ses objectifs à la hausse en remontant la barre à 350 millions d’hectares restaurés à l’horizon 2030. Preuve que, dans la bataille contre l’érosion, tout n’est pas perdu.

Lemonde.fr par Bruno Meyerfeld (contributeur Le Monde Afrique, Nairobi)