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France: une baguette de pain à base de farine… d’insectes

mai 30, 2018

 

 

Une partie de la farine du pain provient de vers torréfiés et écrasés. (Illustration/CCO)

Devrons-nous bientôt tous manger des insectes pour préserver la planète et ses ressources ? L’idée n’est pas nouvelle, mais elle fait son chemin. La preuve, des étudiants de Nancy ont récemment proposé des baguettes de pain réalisées à partir de farine de vers d’élevage.

On ne sait pas trop quoi en penser, mais il semble que le résultat soit plutôt convaincant. C’est ce qu’affirment les personnes ayant déjà goûté à la baguette à la farine d’insectes créé par des étudiants de l’école de commerce de Nancy, l’ICN Business school, et présentée à la Foire de Nancy. Oui vous avez bien lu, une baguette à la farine d’insectes ! Le « pourquoi ? » de leur création, Lucile, Victor et Ludovic l’expliquent à l’Est Républicain. « Ça donne un pain riche en protéines, en vitamines en oméga 3. Il y a un réel apport énergétique. Nous avons travaillé en collaboration avec une nutritionniste pour mettre au point cette baguette aux insectes », affirment-ils.

S’ils ont choisi de travailler des vers d’élevage grillés et réduits en poudre, ça n’est pas pour rien. La consommation d’insectes pourrait, selon des médecins et nutritionnistes, et même la FAO, l’agence des Nation Unies pour l’alimentation et l’agriculture, devenir essentielle dans un avenir pas si lointain.  D’ici 2050, les projections de populations indiquent qu’il devrait il y avoir entre 9 et 10 milliards d’humains sur Terre, sans que les ressources pour produire suffisamment de viande « classique », source de protéines, ne puisse suivre.

La multiplication des élevages géants, trop grands consommateurs d’eau ou encore de terrains, est donc impensable. À l’inverse, les élevages d’insectes s’avèrent être d’une sobriété remarquable. Selon les chiffres de la FAO, un élevage de grillons comestibles demande six fois moins de nourriture, et donc autant d’eau et de surface agricole, que son équivalent en bovins, ou encore quatre fois fois qu’un élevage de moutons. Élever des insectes est aussi beaucoup moins polluant.

Si nous ne sommes pas encore accoutumés à en manger, la visibilité de ces nouveaux produits augmente. D’ailleurs, pour réaliser leur baguette innovante, nos étudiants nancéens ont utilisé de la farine d’insectes en provenance d’un élevage de Clermont-Ferrand. Il existe également désormais de nombreux produits disponibles dans le commerce, allant des gâteaux apéritifs aux pâtes, réalisés à bas d’insectes. À vos fourneaux !

Par Akhillé Aercke avec TWC France

Cancer: la nourriture à risque

février 16, 2018

Cancer : la nourriture industrielle à risque

Depuis les années 1980, une avalanche d’aliments trop salés, trop gras et trop sucrés inondent les rayons de nos supermarchés. GARO/PHANIE

Une étude portant sur 105.000 personnes pendant huit ans pointe du doigt les aliments « ultra-transformés ».

Bonbons, pizza surgelée, sauce ketchup, soda… Depuis les années 1980, les produits de l’industrie agroalimentaire inondent les rayons de nos supermarchés. Une avalanche d’aliments trop salés, trop gras et trop sucrés suspectés aujourd’hui de favoriser le développement des cancers. Dans le Bristish Medical Journal (BMJ), des chercheurs français suggèrent pour la première fois un lien entre la consommation de ces produits ultra-transformés et l’apparition de tumeurs cancéreuses.

Le concept nutritionnel d’«aliment ultra-transformé», apparu en 2009, désigne les aliments, produits par les industriels, contenant des additifs alimentaires (édulcorants, colorants, conservateurs…). «Ces denrées sont plus hyperglycémiantes et caloriques que les autres, mais aussi moins rassasiantes», décrit le Dr Anthony Fardet, chercheur au sein de l’unité de nutrition humaine de l’Institut national de recherche agronomique (Inra), qui n’a pas participé à l’article du BMJ. «Des propriétés qui font le lit du diabète, de l’obésité ou encore de la stéatose hépatique (surnommée “la maladie du foie gras”, NDLR).»

Une augmentation de 10 % de la portion d’aliments ultra-transformés (charcuterie, barres chocolatées…) dans le régime alimentaire est associée à une hausse de 12 % des risques de développer un cancer

S’agissant du cancer, la littérature scientifique montre chez l’animal que ces aliments industriels ont des effets cancérogènes. Pour étudier l’impact chez l’homme, l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Eren), en partenariat avec l’Inserm et l’Inra, a analysé dans l’article scientifique, les habitudes alimentaires de 105.000 volontaires de la cohorte NutriNet-Santé, âgés en moyenne de 42 ans, dont 78 % de femmes. Au cours des huit ans de suivi, plus de 2200 cas de cancers ont été diagnostiqués, dont 739 cas de cancer du sein et 281 du cancer de la prostate.

Il ressort qu’une augmentation de 10 % de la portion d’aliments ultra-transformés (charcuterie, barres chocolatées, soupes…) dans le régime alimentaire est associée à une hausse de 12 % des risques de développer un cancer, et en particulier un cancer du sein. «Une tendance similaire est observée pour le cancer colorectal. Néanmoins, en raison du faible nombre de cas dans notre cohorte, nos résultats ne sont pas significatifs pour ce cancer», précise Bernard Srour, chercheur au sein de l’Eren. À l’inverse, les participants qui consomment davantage de produits bruts par rapport aux aliments ultra-transformés ont un risque de cancer réduit de 9 %.

Pour cerner uniquement le rôle de l’alimentation ultra-transformée, les chercheurs ont pris en compte le niveau d’étude, la consommation de tabac et d’alcool des volontaires ainsi que leur niveau d’activité physique. Ils soulignent que la cohorte est majoritairement féminine et a un niveau socio-économique élevé. «Or on sait que ces profils se préoccupent plus de leur alimentation. De ce fait, on peut imaginer que dans la population générale, la consommation de ces produits industriels est plus élevée et que le risque de cancer est lui aussi plus important», relève le Dr Fardet.

«J’ai la conviction profonde que nous avons suffisamment de preuves pour mettre en garde la population des risques de ces aliments et appliquer le principe de précaution»

Anthony Fardet , auteur de «Halte aux aliments ultra-transformés ! Mangeons vrai»

D’après les chercheurs, la moins bonne qualité nutritionnelle de ces aliments n’est pas le seul facteur impliqué dans cette relation. «Il se peut que les additifs alimentaires, les produits néoformés à la cuisson ou même les substances contenues dans les emballages, comme le bisphénol A, interviennent dans le processus», indique Bernard Srour. Son équipe va d’ailleurs évaluer l’impact des additifs alimentaires lors d’une prochaine d’étude. Ces substances ont, en effet, été mises en cause à plusieurs reprises ces derniers mois: les nitrites dans le jambon ou le dioxyde de titane, sous forme de nanoparticules, présent dans les biscuits. Ces produits ultra-transformés favoriseraient l’apparition de lésions cancéreuses chez l’animal.

En attendant que le coupable soit désigné, Anthony Fardet estime que ces travaux jettent un pavé dans la mare. «J’ai la conviction profonde que nous avons suffisamment de preuves pour mettre en garde la population des risques de ces aliments et appliquer le principe de précaution», affirme l’auteur de Halte aux aliments ultra-transformés! Mangeons vrai (Éditions Thierry Souccar). Selon l’étude NutriNet-Santé, près de 36 % des calories ingérées par les Français sont issues d’aliments produits par l’industrie agroalimentaire. «C’est énorme. Il ne faut pas qu’ils deviennent la base de l’alimentation. Ils ne devraient représenter qu’à peine 15 %, soit 2 portions par jour», ajoute ce spécialiste, qui précise que manger du pop-corn au cinéma ou un paquet de chips un soir est sans danger.

Pour les auteurs, ces travaux rejoignent les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS). Actualisé il y a peu, il recommande de privilégier les aliments peu raffinés (riz complet ou semi-complet par exemple) et de limiter la consommation de produits ultra-transformés.

Lefigaro.fr par 

La France recule à la quatrième place pour l’accueil des étudiants étrangers

janvier 15, 2017

Le nombre d’étudiants en mobilité internationale a progressé de 23 % en cinq ans, selon l’Unesco, mais la progression n’a pas suivi le même rythme en France. En cause, notamment, selon Campus France : la baisse du budget des bourses.

La Cité internationale universitaire de Paris.

La Cité internationale universitaire de Paris. Cité universitaire internationale – Jon ongkiehong
La France, jusqu’ici troisième destination mondiale pour les étudiants étrangers, rétrograde à la quatrième place. Derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni, elle est désormais doublée par l’Australie, selon une étude de l’Unesco à partir des chiffres 2014. Des résultats qui inquiètent Campus France, l’organisme chargé de l’accueil et de la promotion des études supérieures dans l’hexagone : la hausse du nombre d’étudiants n’y a été que de 7,5 %, selon les données du ministère, entre 2009 et 2014, alors que la mobilité étudiante mondiale a progressé de 23 %, selon les chiffres de l’Unesco.
Campus France

Dans la même période de cinq ans, les Etats-Unis ont réussi à accueillir 27 % d’étudiants étrangers en plus, et le Royaume-Uni 16 %, relate l’organisation internationale. Certes, l’Hexagone a accueilli 299 000 étudiants internationaux en 2014 et 310 000 en 2015, selon les chiffres ministériels, mais c’est peu au regard du nombre d’étudiants en mobilité dans le monde, qui a doublé depuis quinze ans pour atteindre 4,3 millions.

Dans les résultats de l’Unesco, la France est pénalisée par un changement de méthodologie : les étudiants étrangers déjà présents dans le pays avant le bac ne sont plus pris en compte, ce qui amène l’organisation internationale à ne considérer que 235 000 étudiants étrangers en 2014. L’Allemagne pâtit aussi de ce changement de méthode, et rétrograde à la sixième place. Il n’empêche : d’autres pays développés font preuve, dans le même temps, d’un grand dynamisme. Notamment le Canada (+ 75 %) qui monte à la septième place ; ou les Pays-Bas (+ 199 %) qui bondissent à la douzième place mondiale.

Poussée de la Russie, la Chine, l’Arabie saoudite et la Turquie

« En France, déplore Béatrice Khaiat, la directrice générale de Campus France, les universités marquent le pas par rapport aux grandes écoles. Cela traduit probablement le fait qu’elles ont déjà du mal à faire face à la croissance des effectifs à l’entrée à l’université. Mais il faut souligner qu’au niveau du doctorat, le nombre de Français diminue en même temps que le nombre de jeunes chercheurs étrangers… » Une véritable rupture dans les effectifs d’étudiants internationaux accueillis en France s’est produite, selon elle, à partir de 2012. Elle découle aussi de l’affirmation de nouveaux acteurs émergents, « des puissances régionales comme la Russie, l’Arabie saoudite, la Turquie ou encore la Chine [+ 80 % sur cinq ans] qui prend sa place de neuvième, récoltant les fruits de la politique qu’elle a planifiée et mise en œuvre ».

La Russie s’est ainsi hissée à la cinquième place des pays d’accueil, devant l’Allemagne et le Japon, avec 65 % de croissance en cinq ans, tandis que la Turquie (+ 120 %) passe du vingt-cinquième au dix-septième rang. Et l’Arabie saoudite bat un record de croissance (+ 260 %), bondissant du onzième au vingt-septième rang.

Le recul relatif de la France menace son influence, les étudiants étrangers étant réputés devenir des ambassadeurs de la culture et de l’économie françaises à l’international : « Le soft power français est concurrencé par des pays dont on ne partage pas forcément les valeurs, s’inquiète Mme Khaiat. L’Arabie saoudite mais aussi le Canada ou la Chine attirent des étudiants africains qui autrefois venaient en France. Le lien avec l’Afrique que l’on renforce, et que l’on cherche à renforcer, demande une volonté politique – elle est là –, mais aussi des moyens pour les bourses et la promotion. » Une tendance également perceptible dans ce reportage :

Dans son communiqué, Campus France note que « l’Arabie saoudite fait une entrée en force sur le continent africain, chaque année plus marquée, attirant les étudiant(e) s avec des bourses islamiques : 33 727 étudiants africains accueillis en 2014 contre 2 447 en 2009 (× 16 !) (…). Sont particulièrement concernés, dans l’ordre : le Nigeria, la Mauritanie, le Mali, l’Erythrée, la Somalie, le Kenya et le Tchad. »

La circulaire Guéant, qui avait restreint l’accès des étudiants étrangers sous le précédent quinquennat, avait déjà conduit la France à rétrograder en quatrième position des pays d’accueil d’étudiants derrière l’Australie. Depuis, les formalités administratives et la délivrance des titres de séjour ont été facilitées et simplifiées pour les étudiants étrangers, ce qui lui avait permis de reconquérir provisoirement la troisième position.

Mais Béatrice Khaiat déplore la baisse de 17,5 % en quatre ans de l’enveloppe des bourses attribuées par le quai d’Orsay aux étudiants internationaux, qui est tombée à seulement 68 millions d’euros cette année. Une économie modeste dont les effets commencent à se faire sentir.

L’élection de Donald Trump, le « Brexit », la dérive autoritaire du président Erdogan en Turquie font partie des changements politiques et géopolitiques qui pourraient changer la donne à l’avenir. Mais sans moyen, l’attractivité de la France aura du mal à rebondir.

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Lemonde.fr par  Adrien de Tricornot, Journaliste

Alerte érosion : l’Afrique s’effrite et ses terres s’appauvrissent dangereusement

novembre 16, 2016

Le phénomène, étudié à l’échelle continentale par des scientifiques kényans, pourrait coûter près de 300 milliards de dollars par an.

Au Mozambique, près du fleuve Zambèze. en décembre 2015. Crédits : JOHN WESSELS/AFP
Ann Wavinya veille sur des archives pas comme les autres. « Ici, on conserve 40 tonnes de terre », s’enthousiasme cette jeune Kényane, en poussant de toutes ses forces sur le volant actionnant l’ouverture de ses armoires mobiles. « C’est l’équivalent de huit éléphants ! On a des sols de toute l’Afrique, depuis le Sahara jusqu’au Cap ! »

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Bienvenue au département « santé de la terre » du Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF). Le lieu, antenne du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI), malgré ses 64 millions de dollars (59,6 millions d’euros) de budget consacrés à la recherche, ses scientifiques et ses employés venus des cinq continents, demeure une institution méconnue – même à Nairobi. C’est pourtant ici, dans ce paisible ensemble de bâtiments à deux ou trois étages, dissimulé derrière de beaux arbres fruitiers et traversé par un petit ruisseau, que l’on étudie l’un des pires fléaux du continent : l’érosion.

Ann Wavinya, archiviste des sols d'Afrique au Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF), à Nairobi.

Ann Wavinya, archiviste des sols d’Afrique au Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF), à Nairobi. Crédits : Bruno Meyerfeld

Il y a urgence, car les sols africains se portent mal. Très mal. Si l’on en croit les données compilées par un rapport publié il y a un an par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), la perte de sols due à l’érosion y dépasse les 200 tonnes par hectare par an dans plusieurs régions du continent, avec une moyenne de 40 tonnes par hectare selon les scientifiques. La majeure partie est emportée par les pluies (comme en Afrique centrale et australe, au Maroc ou à Madagascar) ou dispersée par le vent (telle qu’aux abords du Sahara, des déserts Danakil et du Namib).

Cartographies précises des sols

L’Afrique s’effrite. « Mais le plus grave avec l’érosion, ce n’est pas la perte de sols. C’est leur appauvrissement, la perte de nutriments, de carbone et de vie biologique due aux mauvaises pratiques agricoles », rappelle Ermias Betemariam, scientifique éthiopien au département « santé de la terre » de l’ICRAF. Conséquence : les deux tiers des terres dites productives du continent sont aujourd’hui déjà dégradées selon les chiffres rapportés par le PNUE, alors même que la population devrait doubler d’ici 2050 et que le continent a besoin en urgence d’un secteur agricole performant.

Le texte de l’ONU évalue par ailleurs le coût de l’inaction face au phénomène de l’érosion et de la dégradation des sols à 280 millions de tonnes de céréales perdues par an, représentant 262 milliards d’euros par an pour chacune des quinze d’années à venir – soit en tout le chiffre vertigineux de 4,2 trillions de dollars sur l’ensemble de la période et l’équivalent de 12,3 % du PIB annuel des 42 pays étudiés !

Archivage des sols au laboratoire de diagnostic spectral de l’ICRAF, à Nairobi.

Archivage des sols au laboratoire de diagnostic spectral de l’ICRAF, à Nairobi. Crédits : ICRAF

« Les conséquences pourraient être dramatiques : pauvreté, famines, révoltes de la faim, migrations et conflits armés », s’alarme Ermias Betemariam, qui dirige également le « laboratoire de diagnostic spectral sol-plante » du centre d’agroforesterie. Derrière ce nom mystérieux, se cache un centre à la pointe de la technologie dans l’étude et d’analyse des sols.

Ici, une quarantaine de personnes s’emploient à disséquer chaque jour plusieurs centaines d’échantillons de terre venus de toute l’Afrique. Ceux-ci sont bombardés de rayons X, de lasers et d’infrarouges. « En éclairant les prélèvements de terre, on révèle leur signature spectrale et on peut déterminer les propriétés physiques du sol, sa composition organique, sa minéralogie. On peut tester l’effet du vent et de la pluie et la capacité de résistance à l’érosion », explique Dickens Ateku, technicien expérimenté venu de l’ouest kényan.

Carte de la dégradation des terres en Afrique.

Carte de la dégradation des terres en Afrique. Crédits : UNEP (2010) Africa Water Atlas

L’un des projets phares du laboratoire : l’Africa Soil Information Service (AFSIS), lancé en 2008 et financé par la Fondation Bill & Melinda Gates (partenaire du Monde Afrique] et l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), a permis de développer un ensemble de cartographies précises et accessibles à tous des sols d’Afrique subsaharienne, de leurs propriétés physiques et chimiques. Un travail de titan couvrant 17,5 millions de km2 en Afrique sub-saharienne. « Notre travail, ajoute Ermias Betemariam, a permis d’effectuer un diagnostic précis des sols les plus dégradés. On sait donc où des efforts de restauration doivent être entrepris et, surtout, où il est profitable de planter. Tout cela afin que le développement de l’Afrique se fasse sur une terre en bonne santé. »

La deuxième phase de l’AFSIS, lancée fin 2014 pour un coût de 4,5 millions d’euros, vise à utiliser ces données afin de permettre sur le terrain aux petits exploitants agricoles de quatre pays (Ethiopie, Ghana, Tanzanie et Nigeria) d’adopter de meilleures méthodes d’exploitation des terres et d’augmenter leur productivité.

Cercle vicieux

Les causes de l’érosion sont connues depuis longtemps : la déforestation et le surpâturage. Entre 2000 et 2010, 3,4 millions d’hectares de forêt ont été chaque année rayés de la carte africaine, l’équivalent de la Belgique. « Les arbres sont pourtant la clé pour la lutte contre l’érosion. Ils apportent minéraux, carbone, nutriments et biodiversité. Ils retiennent le sol, l’empêchent de se transformer en sable, le protègent de la pluie, du vent, qui sont les principaux facteurs de l’érosion. Comme un parapluie ou un parasol nous protègent ! », explique Ermias Betemariam.

Laboratoire de diagnostic spectral de l'ICRAF, à Nairobi.

Laboratoire de diagnostic spectral de l’ICRAF, à Nairobi. Crédits : ICRAF

Le phénomène de l’érosion est un cercle vicieux. « Plus le pays est pauvre, plus les besoins de la population sont urgents, et plus on va couper les arbres et utiliser des engrais et des pesticides… ce qui accélère la dégradation des sols, l’érosion et in fine la pauvreté du pays », rappelle Tony Simons, directeur de l’ICRAF. Outre les mauvaises pratiques agricoles, le changement climatique, déjà à l’œuvre, provoquera de toute façon une progression des déserts et un appauvrissement des sols. « Dans plusieurs régions, comme les hauts plateaux d’Afrique de l’Est, par exemple, il y a peu de chances que la fertilité de la terre puisse un jour être restaurée », admet l’ONU dans son rapport.

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Il faut donc planter des arbres, en urgence. Signe encourageant : la mobilisation contre l’érosion gagne du terrain. Trente-trois pays, dont seize Africains, se sont ralliés depuis 2011 au Défi de Bonn. L’initiative mondiale a été lancée il y a cinq ans par l’Allemagne et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) avec l’ambition de restaurer 150 millions d’hectares de terres dégradées d’ici à 2020, le tout à travers un vaste programme de reboisement, mais aussi un travail de fond sur la gestion des sols et des ressources en eau. Aujourd’hui, notamment grâce à la contribution de pays africains comme le Malawi, le Rwanda ou la Côte d’Ivoire, 80 % de l’objectif sont atteints. Un succès qui a poussé le Sommet des Nations unies sur le climat à revoir dès 2014 ses objectifs à la hausse en remontant la barre à 350 millions d’hectares restaurés à l’horizon 2030. Preuve que, dans la bataille contre l’érosion, tout n’est pas perdu.

Lemonde.fr par Bruno Meyerfeld (contributeur Le Monde Afrique, Nairobi)

Coût des études supérieures : la France dans la moyenne européenne

novembre 5, 2016

Une étude de la Commission européenne sur les frais de scolarité et les aides pour financer ses études met en lumière de fortes disparités selon les pays.

Campus de l’université de Stockholm (Suède), où les étudiants ne paient pas de droits de scolarité et dont la majorité d’entre eux recoivent une bourse.

Campus de l’université de Stockholm (Suède), où les étudiants ne paient pas de droits de scolarité et dont la majorité d’entre eux recoivent une bourse. JONATHAN NACKSTRAND / AFP
Pour leurs études de premier cycle (bac + 3) dans l’enseignement supérieur, 100 % des étudiants anglais et portugais paient, alors qu’ils ne sont que 64 % dans ce cas en France et… 0 % en Finlande et en Suède. Dans ce dernier pays, comme au Danemark, près de neuf étudiants sur dix reçoivent en plus une bourse de l’Etat pour faire leurs études… gratuites donc. Les frais de scolarité et les systèmes d’aide aux études supérieures mis en place dans les pays européens sont très divers, montre l’étude Eurydice de la Commission européenne, rendue publique à la fin du mois d’octobre.

Si l’on se penche sur le coût des études pour l’année 2016-2017, en premier cycle, comptez plus de 5 000 euros pour étudier en Angleterre, 0 en Suède et entre 1 000 et 3 000 euros en Espagne, en Italie ou au Portugal. La France occupe une position moyenne, avec un coût qui se situe entre 100 et 1 000 euros.

Droits de scolarité (fees) selon les pays – 2016-2017.

Droits de scolarité (fees) selon les pays – 2016-2017. Eurydice

« La seule description des droits de scolarité selon les pays ne suffit pas pour comprendre les politiques en la matière », expliquent cependant les auteurs de l’étude. Pour cela, il faut se pencher sur la « combinaison des frais de scolarités et des aides financières ». Les quarante-deux systèmes éducatifs qu’elle analyse ont tous mis en place des mécanismes d’aides directs, de type bourses d’études subventionnées ou prêts préférentiels pour les étudiants. La moitié d’entre eux fournissent en plus des aides indirectes, de type allocations familiales ou déductions fiscales.

Parce qu’elles sont un « élément important », tant dans la perception qu’ont les étudiants de leur sécurité financière que dans l’investissement direct des gouvernements pour leurs études, les auteurs ont choisi, entre autres, de comparer les pays selon le double critère droits de scolarité-bourses d’étude.

Dans l’infographie ci-dessous, Le Monde a choisi d’en mettre dix en avant :

L’étude d’Eurydice classe les pays dans quatre catégories, dont deux sont importantes à relever. Il y a d’abord les pays (en bas à droite de l’infographie ci-dessus) qui combinent un faible taux d’étudiants qui paient leurs études avec un fort taux de bourses. Autrement dit, les étudiants du Danemark, de Finlande, d’Ecosse ou encore de Suède sont dédommagés pour effectuer des études gratuites ou presque.

« Cette approche indique un investissement public important dans le soutien aux étudiants, auxquels il apporte une forte indépendance économique », explique l’étude. Les bourses accordées peuvent en plus aller de pair avec des prêts financiers avantageux, comme c’est le cas en Suède.

Selon les pays, les bourses (grants) aux étudiants ou les prêts bancaires (loans) avantageux sont favorisés – chiffres 2016-2017.

Selon les pays, les bourses (grants) aux étudiants ou les prêts bancaires (loans) avantageux sont favorisés – chiffres 2016-2017. Eurydice

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A l’autre extrémité (en haut à gauche de l’infographie), se situent les systèmes où une majorité d’étudiants doit mettre la main à la poche et où les boursiers sont peu nombreux. C’est le cas de l’Italie ou encore de l’Angleterre qui, depuis septembre, alors que 100 % des élèves y paient leurs études, ne leur proposent plus du tout de bourses d’études. Des prêts bancaires avantageux s’y substituent désormais.

Pour cette catégorie, les auteurs de l’étude notent que la situation « rend les étudiants dépendants du soutien financier de la famille ou d’un travail » en parallèle des études. Et est donc, peut on imaginer, potentiellement plus inégalitaire.

Avec 64 % d’étudiants qui paient leurs études et 36 % aidés par des bourses, la France se situe à nouveau dans une position moyenne, à mi-chemin entre l’Angleterre et la Suède.

Lemonde.fr par Séverin Graveleau,  Journaliste au Monde

Les cancers liés à l’alcool tuent 365’000 personnes par an

novembre 2, 2016

L’alcool est responsable de plus de 700’000 nouveaux cas de cancer et de 365’000 décès par cancer chaque année dans le monde, selon une étude. Les cancers liés à l’alcool sont étroitement liés au mode de vie et au niveau de développement d’un pays.

Il s’agit essentiellement des cancers de l’œsophage, du colon-rectum, de la gorge, du foie et du sein. Ces nouvelles estimations ont été rendues publiques mercredi à Paris à l’occasion du Congrès mondial contre le cancer.

« Une grande partie de la population ne sait pas que l’alcool peut provoquer le cancer », a souligné le Dr Kevin D. Shield en présentant les résultats préliminaires d’une étude menée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC/IARC), l’agence cancer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’étude, qui se base sur des données de 2012, montre que les cancers liés à l’alcool représentent 5% des nouveaux cas de cancers et 4,5% de tous les décès par cancer chaque année dans le monde.

Selon le Dr Shield, l’Amérique du Nord, l’Australie et l’Europe, plus particulièrement l’Europe de l’Est, sont les régions les plus touchées dans le monde par ces cancers. Mais des pays qui se développent rapidement comme l’Inde ou la Chine, où la consommation d’alcool augmente, pourraient un jour les rejoindre.

Œsophage en tête
Comme le montrent plusieurs études, le poids des cancers liés à l’alcool est étroitement lié au niveau de développement d’un pays. A la consommation accrue d’alcool qui accompagne souvent le développement viennent s’ajouter des changements dans le mode de vie ou l’alimentation ainsi que le tabagisme qui « multiplient le risque », a précisé le chercheur canadien.

Selon l’étude, qui devrait être publiée l’an prochain dans une revue scientifique, le cancer de l’œsophage arrive actuellement en tête des cancers liés à l’alcool en ce qui concerne la mortalité (il représente 34% de l’ensemble des 365’000 décès répertoriés en 2012), devant le cancer colorectal (20% des décès).

En ce qui concerne les 704’000 nouveaux cas de cancers liés à l’alcool, c’est en revanche le cancer du sein, en pleine expansion chez les femmes, qui domine: il représente 27% des nouveaux cas, devant le cancer colorectal (23% des nouveaux cas). Encore peu connu, le lien entre cancer du sein et consommation d’alcool avait déjà été étudié par le Dr Shield.

Autres études
Quant aux mécanismes biologiques en cause dans les cancers liés à l’alcool, ils ne sont pas encore connus avec précision. Le chercheur a cité le rôle joué par l’éthanol, un agent cancérigène qui peut agir « de différentes manières ». Dans le cas du cancer du sein, il peut notamment modifier le niveau d’œstrogène, a-t-il précisé.

Pour évaluer le nombre de cancers liés à l’alcool, l’étude présentée mercredi a comparé des buveurs par rapport à des non-buveurs. Selon l’IARC, d’autres recherches devraient à l’avenir être menées sur la diminution du risque liée à la baisse de la consommation d’alcool.

Romandie.com avec(ats / 02.11.2016 18h46)

Comment concilier un job et des études ?

août 16, 2016

Septembre 2015 - Un étudiant devant un panneau d’information de l’université de Caen

Septembre 2015 – Un étudiant devant un panneau d’information de l’université de Caen CHARLY TRIBALLEAU / AFP
D’après une enquête de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE) publiée en juin, 46 % des étudiants exercent une activité rémunérée pendant l’année universitaire. Une étude du syndicat étudiant UNEF parue le 14 août évoque même « 50 % » d’étudiants « en emploi », dont « 30 % » à temps plein. « Ils sont de plus en plus nombreux à travailler, et la nouveauté, c’est qu’ils s’y mettent dès leur première année de licence, alors qu’auparavant ils y venaient plus tard », observe Barbara Muntaner, rédactrice en chef du site Internet du Centre d’information et de documentation jeunesse.

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Dans l’industrie, le commerce, la restauration, il est possible de décrocher des contrats à temps partiel – le soir après les cours ou les fins de semaine – conciliables avec des études. Comment s’y prendre ? Barbara Muntaner conseille de miser sur la proximité. « Il ne faut pas hésiter à faire du porte-à-porte, à se présenter au supermarché ou au restaurant du coin avec un CV soigné, ou à déposer des annonces dans les commerces de son quartier. » Et pour cause : un job trop éloigné du domicile ou de l’université fait perdre du temps dans les transports et fatigue. Il est important de se montrer opiniâtre, de rappeler les entreprises auprès desquelles on a postulé, sans se décourager.

« Il y a tellement d’étudiants qui cherchent que les places sont chères », estime Mickaël Gros-Prugny, 20 ans, en deuxième année d’économie-gestion à l’université Paris-Saclay. Après avoir travaillé dans une grande enseigne de vêtements puis une chaîne de restauration rapide, jusqu’à vingt-cinq heures par semaine pendant les vacances, il a décidé de se concentrer sur ses études. Il devrait cependant, à partir de septembre, s’orienter vers du baby-sitting et des cours de soutien en mathématiques et français pour des enfants en primaire. Sage décision : « Le job étudiant doit rester un travail d’appoint. Si les études sont menacées, il faut trouver autre chose », insiste Barbara Muntaner.

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Un emploi sur le campus

L’aide aux devoirs, les cours de soutien, le baby-sitting sont des classiques. Là encore, le contact direct est à privilégier. « Attention aux petites annonces d’inconnus sur Internet ! Nous avons récemment eu le cas de jeunes piégés par des familles bidons qui leur demandaient d’acheter en ligne du matériel pour jeunes enfants », raconte Barbara Muntaner.

L’idéal pour concilier job et études est de dénicher un emploi sur le campus. Cette solution a l’avantage de maintenir l’étudiant dans un environnement studieux. Accueil des nouveaux arrivants, aide auprès d’étudiants à mobilité réduite, travail en bibliothèque universitaire… Les universités et les écoles proposent divers emplois en début d’année. Dayalini Vasanthan, 26 ans, travaille ainsi quinze à vingt heures par mois à la bibliothèque de la faculté de médecine d’Aix-Marseille, où elle est étudiante en quatrième année, pour une rémunération d’environ 160 euros par mois. « Sur place, j’emprunte les livres dont j’ai besoin, je peux également réviser pendant les temps morts. Surtout, mon employeur s’adapte à mon calendrier d’examens : pendant mes partiels, je lève le pied sans problème », s’enthousiasme la jeune femme.

Ultimes conseils de Barbara Muntaner : « Signez un contrat de travail et exigez une fiche de paie ! » Le travail au noir ne permet pas à l’étudiant de cotiser et le laisse sans protection sociale si un accident du travail se produit.

Lemonde.fr par Françoise Marmouyet , Journaliste au Monde

Les étudiants français restent bienvenus au Québec, et ailleurs au Canada

juin 26, 2016

Des étudiants à l’Université York à Toronto, en 2009.

Des étudiants à l’Université York à Toronto, en 2009. Mark Blinch / Reuters
Plus de 10 000 étudiants français ont choisi cette année d’effectuer leurs études au Québec, bien que cette province du Canada ait augmenté ses frais d’inscription les concernant. En septembre 2015, ils sont passés d’environ 1 600 euros – le tarif préférentiel réservé aux étudiants québécois – à 4 100 euros, soit le tarif pratiqué pour les étudiants du reste du Canada. Les étrangers, eux, payent le triple.

« Nous avons enregistré cette année un fléchissement de 10 % des étudiants français en licence, en partie compensé par une augmentation des inscriptions en deuxième cycle », constate Guy Breton, recteur de l’Université de Montréal. Il veille sur le sort de 67 400 étudiants, en comptant ceux des deux écoles affiliées, HEC Montréal et Polytechnique, situées sur le même vaste campus verdoyant du Mont-Royal. Quatorze pour cent des étudiants sont étrangers, parmi lesquels figurent 3 800 Français. La Chine est le deuxième pays de provenance, avant les autres pays de la francophonie européenne et africaine.

Le tout jeune Paulin Grosse, 16 ans, rejoindra les rangs de l’Université de Montréal en septembre : il vient d’être admis en première année de sciences économiques avant même d’avoir eu les résultats de son bac S à Lyon. « J’ai opté pour une licence, ticket pour tenter ensuite l’admission dans une école de commerce par une voie parallèle », dit-il. Mais pourquoi le Québec ? « Une camarade de mon lycée a été enthousiasmée par le programme de l’Université de Montréal, dont elle a rencontré les représentants dans un salon d’orientation cette année. Elle m’a convaincu, et nous partons ensemble. »

L’Université de Montréal, l’un des deux établissements francophones de la métropole avec l’Université du Québec à Montréal (UQUAM), a plusieurs atouts. « Elle a une longue tradition d’excellence, elle est celle qui a la plus vaste gamme de cursus au Canada, et la deuxième en matière de recherche », énumère Guy Breton. Un nouveau complexe est en construction, qui regroupera les disciplines scientifiques, mais aussi des acteurs industriels et des institutions, dont une antenne du CNRS français sur les nouveaux matériaux.

A HEC Montréal, apprendre à s’impliquer

Sans lien organique avec son aînée HEC française, HEC Montréal, qui compte plus de 1 500 Français inscrits cette année, admet des bacheliers ES et S avec mention bien, parfois assez bien, dans une année préparatoire avant le bachelor. Il s’agit d’une remise à niveau en mathématiques et en langues pour ceux qui ont choisi un programme bilingue en anglais ou trilingue, avec l’espagnol en plus. « L’aspect méthodologique est aussi important, ajoute la responsable, Karine Deshayes. Alors qu’ils sont habitués à viser la note, les étudiants français doivent apprendre à s’impliquer dans et en dehors des cours, à travailler en petits groupes multiculturels, à gérer les désaccords ou les conflits, et le stress. » Un quart d’entre eux échouent à l’issue de cette année de transition.

Simon Rivera et Sarah Tijani, étudiants français d’HEC Montréal.
Simon Rivera et Sarah Tijani, étudiants français d’HEC Montréal. Martine Jacot / Le Monde

Originaire de Pau, Simon Rivera, 19 ans, l’a réussie. En s’expatriant, il voulait « tester son autonomie et éviter une classe prépa ». Dans l’édifice hypermoderne, tout en vitres, de HEC Montréal, il affiche un sourire rayonnant : « Ici, la pédagogie inversée est beaucoup plus efficace pour apprendre. On est très soutenus, et les opportunités d’entreprendre au sein des comités de l’école sont nombreuses : ça stimule. » En première année de bachelor, sa compatriote Sarah Tijani, venue de Narbonne, se félicite de côtoyer une centaine de nationalités différentes sur le campus. Elle va poursuivre son cursus au Mexique pendant six mois. « Quarante-cinq pourcent de nos étudiants en bachelor passent au moins un trimestre à l’étranger, dans l’un de nos 120 établissements partenaires », indique le directeur de l’établissement, Michel Patry. Son objectif est de passer « de 8 500 à 10 000 étudiants équivalents temps plein ». « La population francophone au Québec n’est pas en croissance et donc, nous cherchons à attirer davantage d’étudiants francophones et aussi asiatiques », ajoute-t-il.

Devant « l’explosion des besoins », son établissement a accentué la composante « big data » de nombreux cursus, et procède au réaménagement de toutes les salles de cours pour les adapter au numérique, grâce à des fonds gouvernementaux. Côté recherches, HEC Montréal héberge un étonnant laboratoire baptisé « Tech 3 », où une quinzaine de personnes, parmi lesquelles le Français David Brieugne, analysent les réactions humaines devant un écran (de smartphone, d’ordinateur ou de cinéma), au niveau des yeux, du rythme cardiaque, du cerveau et de la sudation des mains. Elles testent ainsi, pour des entreprises, des applications ou des publicités.

Des cours d’histoire à bicyclette

Autre originalité de cette école de commerce, l’un des cours, « histoire des affaires », se déroule sur le terrain et… à bicyclette. Les professeurs Anne Pezet et Brian King ont inauguré l’expérience l’an passé et la renouvellent cet été pendant douze jours, avec une quinzaine d’étudiants. Ils se rendront alors en vélo dans plusieurs installations industrielles ou touristiques de différentes régions du Québec, à raison d’une cinquantaine de kilomètres par jour. « De quoi souder un groupe », commente la jeune Française Clémence Modoux qui a vécu la première de ces aventures.

Pour attirer davantage de francophones de tous les pays, l’Université d’Ottawa – 43 000 étudiants, dont 12 % d’étrangers – a décidé de baisser leurs frais de scolarité à 4 800 euros, de manière à ce qu’ils ne soient guère plus élevés que ceux demandés à un Français au Québec. Seule condition demandée par cet établissement de la capitale du Canada , que les étudiants choisissent au moins trois cours enseignés en français (neuf crédits) par session. « En 2014, année où nous avons appliqué cette mesure, le nombre de demandes d’admission d’étudiants africains a triplé, et celui des Européens francophones a un peu augmenté », constate Gary Slater, vice-recteur, dont l’« objectif est de porter de 30 à 40 % notre pourcentage d’étudiants francophones, canadiens ou étrangers ».

Bilinguisme intégral à Ottawa

Khadija Moulahid, étudiante à l’Université d’Ottawa.
Khadija Moulahid, étudiante à l’Université d’Ottawa. Martine Jacot / Le Monde

Dans cette université bilingue où les trois-quarts des professeurs le sont aussi, les étudiants peuvent commencer leurs études en français s’ils ne sont pas sûrs de leur anglais, puis accroître le nombre de cours dans la langue de Shakespeare. C’est ce qu’a fait Khadija Moulahid, qui a eu son bac S (mention très bien) au lycée français de Rabat (Maroc). Actuellement en quatrième année de génie civil, elle peut rendre ses devoirs dans l’une ou l’autre langue. « J’ai choisi Ottawa pour cette raison et parce que son université a l’un des programmes de bourses parmi les plus généreux du Canada, et offre de nombreuses possibilités de jobs et d’études en alternance », ajoute l’étudiante, elle-même payée 14 dollars canadiens de l’heure (10 euros) pour faire visiter le campus.

Service de soutien aux devoirs, centre d’aide à la rédaction des travaux, centre de développement des carrières, résidences universitaires sur place, clinique, cantine et bibliothèque ouverte presque 24 heures sur 24 : la vie étudiante est bien facilitée sur ce campus situé au centre-ville.

Un tout nouveau bâtiment devrait ouvrir ses portes à la rentrée prochaine. Il sera doté, dans plusieurs salles de classes, d’équipements spécialement conçus pour l’enseignement hybride (présentiel et cours en ligne) et en petits groupes.

Lemonde.fr par  Martine Jacot (Montréal et Ottawa)

La Côte d’Ivoire veut son satellite

juin 15, 2015

Le gouvernement ivoirien a lancé des études de faisabilité préalables au lancement d’un satellite. Découvrez en exclusivité les raisons de ce choix.

Le président Alassane Ouattara songe à doter son pays d’un satellite, qui pourrait être lancé au cours des trois prochaines années. Loin d’être une opération de prestige, il s’agit dans l’esprit de ses promoteurs d’un engagement stratégique face aux périls sécuritaires.

La Côte d’Ivoire souhaite par ce moyen assurer la surveillance de ses frontières en tant réel, combattre la piraterie maritime au large de ses côtes, mais aussi faciliter le flux de télécommunications que vont susciter les 7000 kilomètres de fibre optique en cours d’installation.

Études

Piloté par Bruno Koné, le ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, et Lacina Koné, le conseiller TIC de la présidence, le projet en est au stade des études.

C’est le cabinet français Sat Conseil qui a été chargé d’en évaluer la faisabilité. Son travail sera communiqué au chef de l’État au plus tard au mois d’août. Plusieurs multinationales sont sur les rangs, mais le gouvernement n’a encore pris aucune décision.

Jeuneafrique.com

Zinedine Zidane retourne à l’école

octobre 4, 2011

« Présent ! »

L’ancien champion de foot a décidé de reprendre sa vie en main et retourne à la fac. Non, ce n’est pas une blague.

Quand on a eu la carrière de champion de Zinedine Zidane et presque tout gagné à 39 ans, il faut savoir se trouver de nouveaux challenges dans la vie. L’ancien sportif en a trouvé un sacrément audacieux : reprendre ses études.

Imaginez-vous en plein amphi, à peine réveillé parce qu’il est tôt, une tasse de café sur votre table à moitié remplie et l’œil hagard par la fatigue et le stress de la rentrée. Vous voyez le tableau ?
Imaginez ensuite que Zidane débarque dans l’amphi. Si la situation peut paraître irréelle, c’est pourtant ce qui se passe en ce moment à Limoges. Zizou a décidé de reprendre ses études et de passer un Diplôme Universitaire de manager de club sportif à Limoges. Il l’a annoncé hier au micro de Canal+, alors qu’on l’interrogeait sur son nouveau projet professionnel. Nommé directeur du Real de Madrid cet été, Zidane avait semble t-il envie de se prouver des choses : « C’est une nouvelle étape qui commence », a déclaré l’ancien meilleur joueur du monde.

Une reconversion dans le management qui s’est imposée à lui : « C’est dans la continuité de ce que j’ai envie de faire : j’avais envie d’apprendre des choses », a expliqué le sportif tout à fait clairvoyant sur une chose, le rocambolesque de la situation : « Ça fera marrer certainement certains », a t-il lancé.

Non, Zizou c’est pas notre genre. Mais si tu n’as pas validé ton diplôme au terme de ces deux ans, c’est vrai qu’on pourrait en rire.

Voici.fr par A.R.