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Le Canada appelé à s’ouvrir davantage aux étudiants africains

novembre 20, 2022

Le Canada est montré du doigt depuis des mois pour son refus massif d’étudiants francophones en provenance du continent africain.

Un homme et une femme se serrent la main.

Justin Trudeau en compagnie de la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, à Djerba, en Tunisie. Photo: La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

Un délégué africain au Sommet de la Francophonie demande au Canada de s’ouvrir davantage à l’immigration en provenance de son continent. En Tunisie, cet enjeu délicat poursuit le gouvernement Trudeau alors qu’il tente de resserrer ses liens avec les pays d’Afrique.

Sur le site d’exposition nommé le Village de la Francophonie à Djerba, il y a toujours de l’activité devant les kiosques du Québec et du Canada. Beaucoup de gens s’informent des procédures d’immigration dans l’espoir d’obtenir leur laissez-passer vers le Canada.

J’ai un fils qui a eu son baccalauréat. Je voulais savoir s’il y a une possibilité pour qu’il puisse terminer ses études au Canada, explique une dame devant le comptoir. Je cherche comment faire et à qui m’adresser, ajoute-t-elle.

Toutefois, le processus n’est pas aussi facile qu’il n’y paraît. Le Canada est sévèrement critiqué pour son refus massif de permis d’études pour les ressortissants africains. Immigration Canada leur reproche, la plupart du temps, d’avoir l’intention de rester au Canada à la fin de leur formation.

Des gens font la file devant le kiosque du Canada.

Le kiosque du Canada est très fréquenté au Sommet de la Francophonie, à Djerba, en Tunisie. Photo: Radio-Canada/Louis Blouin

Avant le Sommet de la Francophonie, cette affaire a même attiré l’attention de la presse internationale. Le journal Le Monde titrait le 8 novembre dernier : Le rêve canadien, un mirage pour beaucoup d’étudiants d’Afrique francophone.

Les procédures peuvent paraître assez difficiles, assez complexes, souligne Maguèye Toure, directeur de la Francophonie du ministère des Affaires étrangères du Sénégal, au micro de Radio-Canada.

Il demande aux pays riches comme le Canada d’assouplir les procédures d’entrée surtout pour les étudiants, les artistes et les entrepreneurs.

« Il faut que la circulation des gens puisse se faire dans tous les sens entre les pays du Nord et les pays du Sud, et vice-versa. C’est important qu’on réfléchisse. »— Une citation de  Maguèye Toure, directeur de la Francophonie du ministère des Affaires étrangères du Sénégal

Le représentant sénégalais s’explique mal ces barrières pour entrer au Canada, dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre. Je sais que le Canada a un besoin parce qu’il y a des emplois qui doivent être pourvus, souligne-t-il.

Dans un monde en circulation, M. Toure souligne que les jeunes ont particulièrement besoin de contacts en personne, et pas seulement virtuels, pour mener à bien leurs divers projets.

Ottawa promet des améliorations

Appelée à réagir lors d’une mêlée de presse au Sommet de la Francophonie, la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a préféré renvoyer la balle à la secrétaire parlementaire du ministre de l’Immigration, aussi présente.

Dans une réponse vague, Marie-France Lalonde admet qu’il y a encore des défisOn travaille très, très fort pour améliorer les processus et les échanges entre ces demandeurs et nos agents, souligne-t-elle.

Interrogé à son tour, le premier ministre Justin Trudeau a dit être déçu des taux de refus des étudiants en provenance de l’Afrique et que la situation allait être corrigée.

« J’ai demandé directement au ministre [de l’Immigration Sean] Fraser de se pencher sur cet enjeu-là, on a besoin de plus en plus d’étudiants et d’immigrants francophones. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Mélanie Joly parle dans un micro. Une femme se tient à ses côtés.

Mélanie Joly au Sommet de la Francophonie, en Tunisie. Elle est accompagnée de la secrétaire parlementaire du ministre de l’Immigration, Marie-France Lalonde. Photo: Radio-Canada/Louis Blouin

Récemment, le ministre de l’Immigration, Sean Fraser, a promis de revoir le processus de sélection des étudiants étrangers pour que ces derniers soient évalués en fonction de critères davantage liés à leur potentiel et à leur valeur.

Dans un document publié en ligne en septembre, Immigration Canada a reconnu qu’il y avait du racisme dans sa propre organisation et a promis de mener une étude interne sur la question.

Une seule rencontre bilatérale avec un dirigeant africain

Pendant son passage de deux jours, Justin Trudeau n’avait aucune rencontre bilatérale officielle prévue dans son programme initial avec des dirigeants de pays africain, même s’ils sont nombreux au Sommet de la Francophonie.

Finalement, une rencontre s’est ajoutée à l’horaire dimanche avec le président du Niger.

Ce sont des retrouvailles entre le Niger et le Canada qui était l’un de nos plus grands partenaires de coopération dans les années 1970, a rappelé le président nigérien, Mohamed Bazoum. Il y a eu une petite distanciation, mais nous allons travailler pour faire en sorte que nos liens se resserrent.

Le premier ministre a aussi pris le temps de s’asseoir pour des tête-à-tête officiels avec les premiers ministres du Québec et de l’Arménie, et avec le président suisse.

Deux hommes discutent devant des drapeaux canadiens.

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, s’entretient avec le président suisse, Ignazio Cassis. Photo: La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

Interrogée à ce sujet, Mélanie Joly rejette l’idée que son gouvernement a accordé peu de temps aux pays africains. En dehors des réunions bilatérales officielles, la ministre assure qu’elle et le premier ministre ont eu de nombreuses conversations avec des pays comme le Bénin, le Gabon et le Sénégal, par exemple. Je fais mon travail, c’est-à-dire établir des liens avec ces pays, a-t-elle souligné.

Présentement, on sait que la Chine et la Russie essaient d’exercer leur influence ici. C’est important pour le Canada d’être présent en Tunisie et aussi à travers le continent africain, a-t-elle expliqué.

Avec Radio-Canada par Louis Blouin

Du « racisme » à Immigration Canada

octobre 18, 2022

Ottawa s’engage à revoir ses procédures pour augmenter le taux d’acceptation des permis pour les étudiants africains francophones.

Les bureaux d'Immigration Canada à Montréal

Selon le gouvernement fédéral, le comportement de certains agents d’immigration pourrait expliquer la forte proportion de refus de demandes de permis d’études visant les étudiants africains francophones. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

« [Immigration Canada] reconnaît qu’il y a du racisme au Canada ainsi qu’au sein de sa propre organisation. »

Les mots sont forts et expliqueraient, en partie, le taux important de refus de permis d’étudiants visant des ressortissants africains francophones souhaitant venir au Canada, et particulièrement au Québec.

Cette phrase figure au milieu d’une réponse du gouvernement fédéral, donc du ministre de l’Immigration Sean Fraser, à un rapport publié à la fin du printemps réalisé par le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration (CIMM).

Ce document de 22 pages a été discrètement mis en ligne à la fin du mois de septembre et n’a fait l’objet d’aucune conférence de presse ni intervention publique du ministre.

Des refus par inadvertance

Ce constat survient après différents reportages, ces derniers mois, révélant des rejets massifs de demandes en provenance de certains pays d’Afrique. Cela a provoqué l’incompréhension et la colère des établissements d’enseignement et des demandeurs concernés.

Pour justifier ces refus, Immigration Canada leur reproche, la plupart du temps, une intention de rester au Canada à l’issue de leur formation. Pourtant, dans le même temps, Ottawa met en place des programmes fédéraux pour prolonger le séjour des étudiants étrangers.

Jusqu’alors, le ministère s’était défendu en affirmant que toutes les demandes sont traitées de manière identique, peu importe le pays d’origine.

Dans sa réponse au CIMM, le ministre Fraser se montre beaucoup plus critique envers le comportement des agents d’immigration de son ministère.

« Le gouvernement convient qu’il est possible d’en faire plus en ce qui concerne les préjugés raciaux et la discrimination au sein de l’organisation et de ses politiques, programmes et fonctions de traitement opérationnel. »— Une citation de  Extrait d’une réponse du ministre de l’Immigration, Sean Fraser

Par inadvertance, il y aurait ainsi des taux de refus plus élevés chez les étudiants africains, souligne Sean Fraser, tout en précisant qu’Immigration Canada lancera une nouvelle étude interne portant sur la « lutte contre le racisme » au « premier semestre de 2023 », avec une « ronde de discussions » menée auprès de ses employés.

Sean Fraser parle assis à une table de presse.

Le ministre canadien de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Sean Fraser Photo : La Presse Canadienne/Adrian Wyld

Un comité de travail avec Québec en préparation

Ottawa, dans l’ensemble de ce rapport, se dit très ouvert à revoir ses processus et se montre favorable à une série de recommandations proposées par un comité parlementaire. Mais peu de détails sur la réalisation de celles-ci y sont mentionnés.

Le gouvernement, promet Sean Fraser, accepte de revoir le processus de sélection des étudiants étrangers. Ces derniers doivent être évalués en fonction de critères davantage liés à leur potentiel et à leur valeur, ajoute-t-il.

Immigration Canada, dit-il, doit déployer davantage d’efforts pour comprendre les différences entre le taux d’approbation des demandes de permis d’études qu’obtiennent les demandeurs africains et celui qu’obtiennent les demandeurs d’autres régions.

Les étudiants africains qui souhaitent rester vivre ou travailler au Canada après leurs études ne devraient pas être pénalisés, résume le ministre, en reconnaissant qu’il faut clarifier les directives à l’intention des agents.

« L’intention de demander la résidence permanente ne peut mener au rejet d’une demande de permis d’études. »— Une citation de  Extrait d’une réponse du ministre de l’Immigration, Sean Fraser

Le gouvernement Trudeau compte aussi renforcer le dialogue entre le Canada et le Québec.

Un groupe de travail conjoint sur les permis d’études sera formé cet automne avec l’objectif d’aboutir à des mesures concertées.

Là encore, malgré nos relances, Immigration Canada reste flou et n’a fourni aucun plan sur ce sujet. [On est] en train d’élaborer un mandat pour le groupe de travail afin de mieux définir ses objectifs et la fréquence des réunions, indique Isabelle Dubois, porte-parole du ministère.

Cette idée est cependant accueillie favorablement par Québec, qui, tout en garantissant sa pleine collaboration aux travaux, met la pression sur Ottawa.

« Le Québec souhaite observer des résultats rapidement dans ce dossier. »— Une citation de  Émilie Vézina, porte-parole du MIFI

Le MIFI demeure préoccupé par les taux d’acceptation des demandes de permis d’études des étudiants africains francophones, soutient Émilie Vézina, porte-parole du ministère québécois de l’Immigration.

Plus de transparence avec Chinook

Le logiciel Chinook est utilisé depuis 2018 par les agents d’immigration pour traiter les demandes de permis d’études. Celui-ci est vivement dénoncé par différents experts en raison de son opacité. Immigration Canada « est d’accord avec la nécessité de la transparence », écrit le ministre Fraser. Des « consultations publiques sur les nouvelles technologies » seront menées et une « évaluation » de Chinook sera faite, ajoute-t-il, tout en spécifiant que cet outil ne prend pas « lui-même de décisions ».

Une étudiante fait ses travaux devant une fenêtre.

Le taux de refus des demandes de permis d’études provenant de certains pays d’Afrique francophone dépasse les 80 %. Photo : Getty Images/Thomas Lohnes

Ouverture pour un ombudsman

Sans s’y engager pleinement, Ottawa compte également étudier la faisabilité de créer un bureau d’ombudsman. Une telle instance est réclamée depuis des années, à la fois par des organismes et des élus fédéraux, face à l’afflux de demandes et de problématiques liées à l’immigration.

On est content, très satisfait de voir cette ouverture, souligne Claire Launay, la porte-parole de l’organisme Le Québec, c’est nous aussi, qui milite pour la mise en place d’un bureau indépendant, capable de soulever des enjeux.

« On a besoin rapidement d’un projet de loi et d’un ombudsman qui a des pouvoirs, des dents. Il faut des mécanismes de recours pour les immigrants. »— Une citation de  Claire Launay, porte-parole de l’organisme Le Québec, c’est nous aussi

Le ministre Fraser promet au préalable un examen approfondi et diverses consultations, avant, éventuellement, de demander les pouvoirs et les ressources appropriés. Aucun échéancier n’est précisé.

C’est dommage de rallonger le processus, déplore néanmoins Claire Launay. Les preuves de l’utilité d’un ombudsman ne sont plus à démontrer.

Avec Radio-Canada par Romain Schué

Congo: Les étudiants rentrés de Cuba en attente des stages

octobre 5, 2022

Après la formation en médecine à Cuba, la deuxième promotion des étudiants a regagné le pays en trois rotations dans la période du 29 septembre au 3 octobre. Elle attend d’être déployée dans différentes structures sanitaires du pays pour des stages d’imprégnation.

Ils sont rentrés 270 pour la première rotation, 277 pour la deuxième et 279 pour la troisième. « Je suis heureuse de revoir cette jeunesse revenir pour servir le pays », a indiqué la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique, Delphine Edith Emmanuel, lors de la réception de ces étudiants congolais. Elle a rappelé les raisons pour lesquelles ils avaient été envoyés étudier la médecine à Cuba, à savoir combler le déficit du personnel soignant, répondre aux attentes sanitaires de la population car la productivité d’un peuple pour le développement, la diversification de son économie dépendent de son état de santé.

Le travail qui les attend

Les étudiants qui viennent de rentrer de Cuba mesurent visiblement le poids du devoir qui les attend au service du pays, de la population, dans le domaine sanitaire où les défis à relever sont énormes en matière d’offre de soins, en qualité et en quantité. « Nous allons apporter notre pierre à l’édifice dans le but d’améliorer le système sanitaire de notre pays en mettant en pratique nos connaissances », a fait savoir Ella Ngakosso, médecin généraliste qui dit avoir beaucoup appris de l’expérience cubaine dont la réputation mondiale en matière de santé n’est plus à démontrer.

A dire vrai, le déploiement de ces étudiants dans les structures de santé pour le stage d’imprégnation ne se fera pas en un jour. Il faut de la planification et des moyens financiers conséquents car le stage ne sera pas gratuit. Il est donc question pour les pouvoirs publics, notamment le ministère de la Santé et de la Population, de résoudre tous les préalables relatifs à leur mise en stage.

Il convient de souligner que les étudiants qui viennent de rentrer ne constituent pas la dernière.

Ave Sacer-infos par Stany Frank

Cuba : des dégâts « considérables » après le passage de l’ouragan Ian

septembre 27, 2022
Des poteaux électriques tombés bordent une rue.

Des poteaux électriques tombés bordent une rue après que l’ouragan Ian a frappé Pinar del Rio, à Cuba, le mardi 27 septembre 2022. Photo : AP/Ramo Espinosa

Ian, un ouragan de catégorie 3, a provoqué des dégâts « considérables » lors de son passage dans l’ouest de Cuba, avec des rafales jusqu’à 208 km/h et des pluies torrentielles, avant de mettre le cap vers la Floride aux États-Unis.

Le centre de l’ouragan a quitté le territoire national à 9 h 50 aux environs de Puerto Esperanza, dans la province de Pinar del Rio (sud-ouest), a indiqué l’Institut de météorologie de Cuba (INSMET).

Aucune victime n’était pour l’heure à déplorer, selon les autorités cubaines, mais les vents violents et les pluies intenses persistaient dans l’ouest de l’île, où plusieurs localités montraient des paysages de désolation, ont constaté des journalistes de l’AFP.

À Consolacion del Sur, à 145 km au sud-ouest de la Havane, Caridad Fernandez, 65 ans, a vu le toit de sa maison gravement endommagé et l’eau est entrée par la porte principale. Tout est abîmé, déplore la sexagénaire.

Un homme transporte deux enfants sous la pluie.

Un homme transporte deux enfants sous la pluie après que l’ouragan Ian a frappé Pinar del Rio, à Cuba, le mardi 27 septembre 2022. Photo : AP/Ramon Espinosa

Quand l’ouragan a touché terre, les choses se sont compliquées, les toits ont commencé à voler à la chaîne, raconte son fils, William Graberan, un commerçant de 49 ans.

Ian a touché Cuba à 4 h 30 dans la localité de La Coloma, un village de pêcheurs de la province de Pinar del Rio, à 190 km de La Havane, avant de traverser l’île du sud au nord, laissant sur son passage maisons effondrées, toits arrachés et cultures inondées.

Quelque 40 000 personnes ont été évacuées dans cette province et les dégâts sont considérables, a indiqué la responsable du Parti communiste local, Yamilé Ramos. Des maisons et des fermes de tabac ont été touchées, des routes coupées, des arbres déracinés, a-t-elle expliqué.

Des rafales ont atteint 208 km/h à San Juan y Martinez, une zone de plantations de tabac.

Une femme traverse une rue vide lors du passage de l'ouragan Ian à La Havane.

Une femme traverse une rue vide lors du passage de l’ouragan Ian à La Havane, Cuba, tôt le mardi 27 septembre 2022. Photo : AP/Ismael Francisco

Cela a été apocalyptique, un véritable désastre, a témoigné sur Facebook Hirochi Robaina, propriétaire de Finca Robaina, une prestigieuse plantation de tabac fondée en 1845, à une trentaine de kilomètres de San Juan y Martinez.

Toits et fenêtres arrachés, constructions effondrées, débris jonchant le sol : les photos diffusées par le propriétaire témoignent de la violence de l’ouragan.

Des pluies fortes et intenses, avec un cumul de plus de 200 millimètres d’eau, ont été enregistrées dans cette zone. Des inondations ont frappé les zones côtières au sud-ouest de l’île, selon l’INSMET.

Lundi soir, les provinces de Pinar del Rio et Artemisa, ainsi que l’île de la Juventud, située à 340 km au sud de La Havane, avaient été placées en alerte maximale par la Défense civile cubaine.

Les provinces de Pinar del Rio et d’Artemisa restaient sans électricité et 315 lignes ont été endommagées dans le reste de l’ouest de l’île.

Avant de toucher terre, Ian s’était renforcé en ouragan majeur de catégorie 3 sur l’échelle de Saffir-Simpson, graduée jusqu’à 5.

Dans la capitale, où vivent 2,1 millions de personnes, le vent s’est renforcé avec des rafales jusqu’à 180 km, selon l’INSMET, et de fortes pluies. Deux maisons se sont partiellement effondrées, selon Alexis Acosta, l’intendant du quartier de la vieille Havane.

Deux personnes remplissent des sacs de sable.

Un père et son fils remplissent des sacs de sable sur une plage de Tampa, en Floride, en prévision du passage de l’ouragan Ian. Photo : Reuters/Shannon Stapleton

La Floride se prépare

Selon le Centre national des ouragans (NHC) des États-Unis, un virage de l’ouragan est prévu vers le nord-nord-est avec une réduction de la vitesse ce soir (mardi) et mercredi.

Le centre de Ian devrait se déplacer sur le sud-est du golfe du Mexique dans quelques heures, passer à l’ouest de l’archipel des Keys au sud de la Floride, puis s’approcher de la côte ouest de la Floride […] mercredi et mercredi soir, a précisé le NHC dans son dernier bulletin.

L’état d’urgence a été décrété dans toute la Floride et les autorités multiplient les préparatifs. Certaines des modélisations effectuées prévoient maintenant un atterrissage au sud de la baie de Tampa […] Dans certaines zones, il y aura des inondations catastrophiques et des vagues de tempête mortelles, a prévenu le gouverneur Ron DeSantis.

Il a demandé aux habitants de faire des provisions et se préparer à des coupures de courant, tout en mobilisant 7000 membres de la Garde nationale.

Tenez compte des ordres d’évacuation […] Mère Nature est un adversaire très redoutable, a-t-il exhorté.

Le président américain Joe Biden a approuvé une aide d’urgence fédérale pour 24 des 67 comtés de Floride.

La NASA, l’agence spatiale américaine, a renoncé au décollage prévu mardi de sa nouvelle mégafusée pour la Lune, depuis le centre spatial Kennedy situé dans cet État du sud des États-Unis.

Ian succède à l’ouragan Fiona, qui a ravagé samedi la côte atlantique du Canada, faisant trois morts, après les Caraïbes la semaine dernière, où sept personnes avaient péri.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Congo-Retour des étudiants de Cuba : les violons ne s’accordent pas

septembre 12, 2022

La bourse est la pomme de discorde entre les étudiants congolais à Cuba et la délégation du ministère des Finances, du Budget et du Portefeuille public qui a effectué le déplacement de la Havane pour payer deux trimestres d’arriérés, soit six mois. Les étudiants exigent le paiement de l’intégralité des arriérés qui font treize trimestres au total.

Une vue des médecins formés à Cuba, troisième vague/DR

« Vis-à-vis des événements qui ont lieu aujourd’hui à la Havane et la note du décaissement de notre bourse qui a été falsifiée, le collectif des finalistes et étudiants de Cuba informe les agents payeurs et l’ensemble du corps diplomatique du refus catégorique de percevoir deux trimestres », souligne un communiqué attribué aux étudiants.

Ceux-ci, qui disent avoir été informés par des sources non révélées qu’ils devraient percevoir six trimestres de bourse et non six mois, veulent avoir des éclaircissements sur le dossier de la bourse avant de commencer le paiement. C’est ainsi que par les mêmes canaux de communication, ils ont adressé une lettre au ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public.

Le Trésor public rassure les étudiants

Le deuxième Fondé de pouvoirs à la direction générale du Trésor, André Lema, a, à travers une attestation sur l’honneur signée le 7 septembre à Brazzaville, rassuré les étudiants que la délégation dépêchée par le gouvernement à Havane a pour mission de payer six mois de bourses. Il s’agit notamment du « 3e et 4e trimestre de 2019, soit un semestre à la Havane et les autres villes de Cuba. » 

Plus de 2000 médecins formés à Cuba

La République du Congo, dans le cadre du partenariat signé avec le gouvernement cubain, a envoyé 2091 bacheliers à Cuba en 2013, 2015 et 2016 pour une formation dans différents domaines de la santé. Pour le compte de la première vague, ils étaient environ 500 étudiants à avoir quitté le pays en 2013 pour le regagner six ou sept ans après leurs études. Partie du pays en octobre 2015, la deuxième quant à elle a été composée de 706 étudiants, dont 22 techniciens biomédicaux pour le compte du ministère de la Santé et de la Population et 35 au nom de la Force publique dans la perspective de la construction de l’hôpital des armées. En effet, les deux premières promotions avaient été sélectionnées par le ministère de la Santé et de la Population, sans une implication totale du ministère en charge de l’Enseignement supérieur.

Le plus grand contingent des étudiants congolais a été envoyé en janvier 2016. Il avait été composé de 862 jeunes sélectionnés par le ministère de la Santé, en collaboration avec celui de l’Enseignement supérieur pour aller passer sept années d’études en médecine et entretien des équipements sanitaires. « La formation sera payée par l’État congolais. La partie congolaise vous paiera mensuellement un trousseau (100 000 FCFA) qui vous permettra de gérer vos petits besoins. Vous avez les baccalauréats qu’il faut, mais vous devez avoir la volonté d’étudier dans ce secteur et la détermination de servir votre pays », déclarait François Ibovi, alors ministre de la Santé et de la Population, initiateur du projet.

En attendant l’arrivée imminente de la troisième promotion qui est estimée à environ 600 étudiants, au total, 720 médecins sont déjà rentrés au pays à ce jour. Ils sont actuellement en stage d’immersion et de consolidation des connaissances avant leur intégration à la Fonction publique.

Mais, certains d’entre eux n’ont pas pu achever leurs études pour diverses raisons.  L’objectif du gouvernement était d’atteindre plus de 3000 jeunes formés en médecine dans la perspective du fonctionnement des hôpitaux généraux en construction dans les chefs-lieux des douze départements du pays.

Avec Adiac-Congo par Rominique Makaya et Parfait Wilfried Douniama

Congo-Rentrée académique : l’Apeec interpelle le gouvernement pour les passeports d’étudiants en attente

septembre 3, 2022

L’association des parents d’élèves et étudiants du Congo (Apeec) a suggéré, le 02 septembre à Brazzaville, au gouvernement de mettre en place une task-force afin de trouver une solution relative aux dossiers de passeports d’étudiants en attente.

« Préoccupée par la situation de nos enfants étudiants restés longtemps en attente d’obtention de passeports, l’Apeec interpelle avec force le gouvernement de la République sur l’impérieuse nécessité, au travers d’une task-force, de trouver une issue heureuse aux étudiants attendus dans les universités étrangères notamment françaises », a indiqué la déclaration lue par Benjamin Kimona, secrétaire général de l’Apeec.  

Dans le communiqué rendu public, l’Apeec propose que la task-force à mettre en place, pour la résolution des dossiers de passeport, soit composée du Premier ministre, des ministères de la Sécurité et de l’Ordre public ainsi  des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger.   

Par ailleurs l’Apeec a fait le point sur les préparatifs de la rentrée scolaire 2022-2023 pour demander au gouvernement de réviser les rubriques fixées par la circulaire du 9 janvier 2019 du ministère de l’Enseignement technique et de mettre en place les comités de gestion qui joueraient un rôle de rappel des mécanismes  d’administration financière des établissements scolaires d’enseignement général.

L’organisation parentale souhaite également que les taux annuels de contributions diverses des parents d’élèves et la répartition des montants à verser pour la prise en charge des enseignants bénévoles, prestataires et volontaires soient affectés par une note ministérielle.  

Au gouvernement, l’Apeec revendique la mise en œuvre du protocole d’accord du 27 septembre 2018 signé avec la coordination des diplômés des écoles professionnelles de l’enseignement (CEDPE), la publication des notes administratives de maintien des enseignants membres du comité national des enseignants communautaires du Congo (CNECC). Elle veut que soient rendus publics les textes d’intégration à la Fonction publique campagne 2020-2021 avant la notification et l’utilisation du quota de l’année 2022 ainsi que la prise en compte des enseignants communautaires d’éducation physique et sportive dans ces éventuels recrutements.  

L’association des parents d’élèves approuve la convocation, avant la rentrée 2022-2023, d’une séance de travail avec le Premier ministre et les autres partenaires pour jauger les facteurs empêchant une rentrée scolaire apaisée.

De même, l’Apeec a analysé et apprécié les statistiques des résultats des examens d’Etat. Elle relève pour l’année scolaire 2021-2022 une amélioration de 3,67% au baccalauréat général et 61% soit 3,6% du taux de réussite au brevet d’études du premier cycle.  Pour le baccalauréat technique, l’Apeec notifie que le taux de réussite est de 40,54% soit une légère augmentation de 6,44% et pour tous les brevets, le taux moyen de réussite 2022 est de 68,42% contre 64,01 en 2021 soit une légère augmentation de 4,41%.

L’Apeec s’est félicitée du maintien de la lutte contre les antivaleurs en milieu scolaire et des reformes engagés par les autorités des sous-secteurs éducatifs. Elle a réitéré sa volonté de voir les enseignants s’approprier des nouveaux programmes éducatifs et l’insertion de nouveaux manuels de français, des mathématiques et des sciences aux classes du primaire : CP1, CP2 ainsi qu’en classe du secondaire notamment en 6e et 5e.  

Avec Adiac-Congo par Fortuné Ibara

Canada-Québec: Le refus d’accorder des visas à des Africains, une « incohérence » dénoncée par l’UQTR

août 26, 2022
Les cubes devant l'Université.

L’UQTR accueille de nombreux étudiants africains (archives). Photo : Radio-Canada/Josée Ducharme

L’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) dénonce le refus massif de visas pour les étudiants africains francophones par l’agence d’immigration fédérale. Le taux de refus des demandes d’étudiants internationaux qui veulent fréquenter l’UQTR est de 79 %, selon des données gouvernementales.

Les Africains verraient leurs demandes de visa plus souvent refusées que celles des étudiants d’autres pays, selon le recteur de l’UQTR, Christian Blanchette. Il souligne que l’institution est particulièrement touchée par ce problème.

Pour l’UQTR, le principal bassin de recrutement d’étudiants internationaux est l’Afrique, affirme Christian Blanchette qui précise que ces étudiants représentent 65 % de tous les étudiants étrangers.

« C’est un grand problème et ça fait des années qu’on en parle. »— Une citation de  Christian Blanchette, recteur de l’UQTR

Les raisons du refus seraient souvent la crainte que les étudiants africains ne veuillent pas repartir dans leur pays une fois leurs études terminées. Or, plusieurs élus et employeurs voient en l’immigration une solution au problème de pénurie de main-d’oeuvre, ce qui rend donc perplexes les dirigeants de l’UQTR.

Autant le gouvernement canadien que le Québec souhaiteraient les garder parce qu’on cherche de la main-d’œuvre, il y a une incohérence, a déploré le directeur du bureau des relations internationales de l’UQTR, Sylvain Benoit, en entrevue à l’émission En direct. Il constate par ailleurs que les demandes de visas des étudiants de la Chine ou du Vietnam sont plus souvent acceptées par Ottawa que ceux des pays africains.

En entrevue à Toujours le matin, le recteur de l’UQTR a assuré que les élus sont conscients de cet enjeu-là, car il a maintes fois discuté du problème avec eux. Christian Blanchette espère que des solutions seront mises en place.

Une Afghane refusée injustement, selon un professeur

Une Afghane qui voulait venir aire son doctorat à la session d’automne à l’Université du Québec à Trois-Rivières s’est vu refuser son visa d’étudiante.

« On lui a refusé son visa sous prétexte qu’elle ne retournerait pas dans son pays alors que, clairement, elle avait expliqué […] qu’elle désirait vraiment contribuer à sa société en y retournant par la suite comme professeure avec des qualifications de chercheuse. »— Une citation de  Mathieu Piché, professeur au département d’anatomie de l’UQTR

Le Bloc québécois a fait une sortie publique mercredi pour dénoncer le refus massif d’étudiants étrangers francophones.

Avec Radio-Canada

Canada-Québec: Un nombre record d’étudiants au Cégep de Drummondville

août 22, 2022
Des étudiants devant l'entrée du Cégep de Drummondville à la rentrée.

Les cours débutent le 22 août au Cégep de Drummondville, avec un nombre record d’étudiants pour la session d’automne (archives). Photo : Photo Fournie/Cégep de Granby

C’est jour de rentrée ce lundi pour un peu plus de 3000 étudiants au Cégep de Drummondville. Il s’agit d’un record pour l’institution.

Le Cégep de Drummondville attribue ce succès à une meilleure communication avec les potentiels étudiants de la région et à son recrutement à l’international.

Le Cégep a déployé des efforts pour recruter des étudiants à l’étranger en vue de cette nouvelle année scolaire, affirme le directeur général du Cégep de Drummondville, Pierre Leblanc. Une mission a notamment été menée en France.

On commence à voir des résultats et ça va continuer, on va développer beaucoup l’international, a-t-il déclaré en entrevue à l’émission Toujours le matin.

Le Cégep a aussi mis une attention particulière à bien informer les gens qui proviennent de son bassin naturel d’étudiants. Environ 82 % de nos étudiants viennent de la MRC de Drummondville, a affirmé lundi le directeur général du Cégep de Drummondville, Pierre Leblanc.

Le Cégep de Drummondville accueille précisément 3048 étudiants pour la session d’automne 2022, ce qui représente 25 personnes de plus que l’an dernier. Près de la moitié d’entre eux se trouvent dans le secteur technique, 40 % dans le secteur préuniversitaire et 10,4 % en Tremplin DEC. Ce lundi, environ 1000 personnes font leur entrée au Cégep en première session d’un programme.

Des mesures pour contrer la pénurie de logements

Comme plusieurs autres villes du Québec, Drummondville est frappée par le manque de logements. Au printemps dernier, on voyait les choses venir, on se disait qu’on allait frapper un mur, donc on a fait preuve de créativité, d’originalité, a expliqué Pierre Leblanc au micro de Marie-Claude Julien.

Le Cégep a conclu des ententes avec des propriétaires et fait appel à la population. On a demandé à des familles si elles étaient intéressées à louer des chambres pour les étudiants et ça a aidé énormément, dit-il.

Autre nouveauté cette année, le Cégep a mis sur pied un bazar pour aider les étudiants. Ils peuvent y acheter des meubles, de la vaisselle ou des vêtements usagers en échange de contributions volontaires.

Ça a répondu à un besoin très important, affirme le directeur général du Cégep. Le bazar se termine mercredi

Radio-Canada avec Marilyn Marceau

Canada: L’UQTR lance un appel à la population pour loger ses étudiants

août 10, 2022
L'Université du Québec à Trois-Rivières.

L’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) Photo : Radio-Canada/Josée Ducharme

Dans quelques semaines, les étudiants seront de retour à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et ceux qui n’ont pas encore de logement risquent de se retrouver le bec à l’eau. Depuis quelques jours, l’UQTR tente par tous les moyens de trouver des solutions pour leur venir en aide.

Appel aux employés, aux étudiants, à la population : Avez-vous une chambre disponible? Pourriez-vous accueillir un étudiant cette session?

C’est presque un cri du cœur qu’a lancé le conseiller en communication et en relations avec les médias de l’UQTR, Jean-François Hinse, au micro de l’émission En direct. Il faut trouver des solutions pour aider nos étudiants à trouver des logements pour la rentrée.

Cette rentrée est particulière. En effet, Trois-Rivières affiche son plus bas taux d’inoccupation des logements locatifs jamais vu : ce taux s’établit à moins de 1 %. Alors que de nombreuses familles ont eu de la difficulté à se reloger au printemps dernier, de nombreux étudiants risquent de devoir rentrer au bercail. Sur le campus, on a une capacité [suffisante pour] 989 locataires et on est déjà complets depuis plusieurs semaines, a expliqué Jean-François Hinse. Il a raconté que de nombreux étudiants de l’extérieur de la région, voire du pays, se contentent de faire tout d’abord leur demande d’admission. Une fois acceptés, ce n’est qu’en arrivant ici qu’ils complètent leur inscription et qu’ils partent ensuite à la recherche d’un endroit où se loger.

Adapter ses stratégies

Jusqu’à cette année, l’accès à des logements abordables était si grand qu’il faisait même partie des arguments pour convaincre les étudiants de choisir l’UQTR. Maintenant, l’institution doit revoir ses stratégies. Et ça commence par un message aux étudiants étrangers : Avant d’arriver au Québec, assurez-vous d’avoir déjà votre logement.

En parallèle, l’administration tente de stimuler l’offre. Le message d’aujourd’hui, c’est de dire ceci :  »Si vous avez de la place chez vous, vous ne l’avez peut-être jamais envisagé, mais avoir un étudiant à la maison, ça peut permettre une présence rassurante, ça peut être un échange culturel intéressant, ça peut faire de nouvelles amitiés, a fait valoir Jean-François Hinse. On doit même être originaux dans nos approches : dans des résidences pour personnes âgées, dans des résidences de religieux, dans des monastères, peut-être qu’il y a des appartements libres qui pourraient servir à des étudiants.

Pour l’instant, l’UQTR ne songe pas à construire pour agrandir son campus. Jean-François Hinse mentionne que si des personnes peuvent accueillir des étudiants, elles n’ont qu’à communiquer avec l’université à l’adresse accueil.ei@uqtr.ca.

Avec Radio-Canada par Josée Bourassa

Guerre en Ukraine : l’Afrique ne doit pas oublier ses étudiants

juillet 5, 2022

Cinq mois après le début de l’offensive de la Russie, précarité et insécurité administrative sont le lot des jeunes Africains qui ont quitté l’Ukraine et tentent de s’installer ailleurs en Europe. Nos dirigeants doivent collectivement leur venir en aide.

Réfugiés fuyant l’Ukraine à la gare de Przemyśl, en Pologne, le 2 mars 2022 © Davide Bonaldo/Sipa USA

En février dernier, les images insoutenables d’actes de racisme sur des ressortissants africains avaient fait le tour du monde. Parmi ces derniers figuraient notamment de jeunes étudiants, violemment brimés aux frontières de l’Ukraine qu’ils essayaient de franchir, ou aux abords de trains qui quittaient ce pays : ils n’étaient pas jugés aussi prioritaires dans leur fuite que les autres.

Aujourd’hui, l’on assiste à un autre épisode malheureux. Après avoir échappé aux canons et aux bombardements en Ukraine – parfois au prix de profonds traumatismes – pour trouver refuge ailleurs sur le Vieux continent, c’est contre la précarité et l’insécurité administrative qu’ils sont désormais nombreux à batailler. Après leur avoir accordé une brève protection temporaire, plusieurs États européens ordonnent aux étudiants africains qui ne remplissent pas les conditions d’obtention d’un titre de séjour de quitter leurs territoires, considérant que leurs pays d’origine ne sont, pour la plupart, pas en guerre.

Titre de séjour : un si rare sésame

En effet, pour séjourner durablement dans un pays européen, ces jeunes Africains doivent introduire des demandes de titres de séjour selon les modalités de droit commun. En France par exemple, ils n’ont d’autre choix que de demander un titre de séjour ou de déposer une demande d’asile pour ne pas se retrouver en situation irrégulière. Toutefois, les chances d’obtention d’un titre de séjour sont faibles en raison des conditions strictes exigées. Il en est de même pour la demande d’asile, qui a peu de chance d’aboutir dans la mesure où celle-ci sera étudiée au regard de la situation des pays d’origine desdits étudiants et non pas de la situation en Ukraine.

Deux constats factuels et quelque peu troublants découlent de ces cas éprouvants. Le premier, c’est le double standard des pays européens, bien loin des discours de leurs hauts représentants lors de sommets successifs Afrique-Europe, rappelant l’importance stratégique de la relation avec l’Afrique et la volonté d’engager cette dernière dans le « camp du bien », dans la croisade contre le « méchant agresseur russe ». La cohérence aurait voulu un traitement strictement égal entre Africains et Ukrainiens, ce qui, au passage, aurait nourri l’empathie d’une partie de l’opinion publique africaine. C’est sans doute une faute politique que l’histoire n’ignorera pas.

Créer un groupe d’envoyés spéciaux africains

Le second constat, et c’est le plus important, porte sur la difficulté pour les États et institutions d’Afrique à apporter une réponse à la hauteur des enjeux de leur jeunesse où qu’elle se trouve. Faute d’anticipation, de réaction plus robuste et de coordination, des centaines de milliers d’étudiants africains sont livrés à eux-mêmes lorsqu’ils sont pris dans les tourments d’une crise comme celle de la pandémie de Covid-19. Or, derrière chacun d’eux, c’est un projet de vie, des ambitions et des rêves, voire l’espoir de familles entières, qui sont dangereusement compromis. La récente tournée du président en exercice de l’Union africaine, Macky Sall, en Russie et plus récemment au G7, portant sur la question de l’approvisionnement alimentaire du continent offrait l’occasion de soulever la question de l’abandon de cette jeunesse et de porter un message politique fort en faveur de ces étudiants.

L’urgence du moment, au-delà des condamnations des actes discriminatoires ainsi que des initiatives salutaires de personnes de bonne volonté est de répondre collectivement et intelligemment à ce défi, pour garantir les conditions d’un retour à une vie normale, la continuité pédagogique et renforcer durablement les capacités du continent à offrir à sa jeunesse des cadres de formation d’excellence et de réussite professionnelle sur le continent. Pour cela, des pistes de solutions peuvent être explorées.

En premier lieu et à court terme, il faut amplifier l’accès à l’information et aux droits, capital pour accompagner ces jeunes plongés dans une détresse administrative en raison de la situation inédite qu’ils vivent. C’est le sens de la plateforme initiée par Initiative for Africa (IFA) et le think tank Molongwi, destinée d’une part à centraliser l’ensemble des initiatives de soutien aux étudiants africains fuyant l’Ukraine, et d’autre part, à mettre en relation les bonnes volontés et ces jeunes. Nous devons amplifier et multiplier ce genre d’outils.

En second lieu, sur un plan politique, nous estimons impérieux, au regard de la place importante de la jeunesse dans l’agenda de l’Union africaine et, à l’instar des initiatives continentales prises lors de la crise du Covid, de créer un organe ou nommer un groupe d’envoyés spéciaux du continent africain réunissant un groupe de personnalités qualifiées à même de réfléchir et répondre aux conséquences économiques, alimentaires et énergétiques et plus largement humaines. La question éminemment importante de la formation et de la situation des ressortissants africains, en particulier des jeunes étudiants, devra figurer comme l’une des priorités du mandat de cette institution ad hoc.

Former nos élites sur le continent

Enfin, dans une perspective de moyen et long terme, la question de l’excellence académique en Afrique ne saurait être éludée. La présente crise la pose avec une singulière acuité. Comment expliquer que se perpétue ce système de délégation de la formation des futures élites du continent à l’étranger ? Et comment expliquer que l’option d’un retour en Afrique proposée à plusieurs de ces jeunes a été largement exclue par ces derniers, en raison des insuffisances du système de formation sur le continent ?

Le conflit actuel en Ukraine comme les autres avant est un énième appel au sursaut : la transformation du continent demande de bâtir en Afrique, les structures et systèmes de notre autonomie stratégique. Il n’y a pas de raccourci. Sinon nous continuerons à sous-traiter aussi notre développement. Il n’est pas trop tard !

Avec Jeune Afrique

Adébissi Djogan

Par Adébissi Djogan

Adébissi Djogan est président d’Initiative for Africa.

Fortuné Ahoulouma

Par Fortuné Ahoulouma

Avocat au Barreau de Paris, co-fondateur du think tank Molongwi