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Pourquoi le Québec séduit toujours plus d’étudiants africains

juin 15, 2021
L’Université Laval a enregistré une hausse de 60 % de ses contingents d’étudiants africains depuis 2016.

Grâce au soutien de ses établissements universitaires, le Québec attire depuis longtemps les étudiants francophones étrangers, dont beaucoup d’Africains. Et en recueille en retour les fruits.

Cela fait bientôt cinquante ans que le Québec ouvre en grand les portes de ses établissements d’enseignement supérieur aux étudiants du monde entier, notamment francophones. Une destination depuis longtemps appréciée des Africains pour l’accessibilité de ses formations de haut niveau. Au point que le secteur fait partie des cinq piliers identifiés par le gouvernement québécois pour asseoir sa « Vision Afrique », qui doit être dévoilée avant la fin de cette année.

Ils sont chaque année plusieurs milliers à franchir l’Atlantique pour suivre des cycles d’études professionnelles, technologiques ou universitaires, avec l’objectif, diplôme en poche, de rentrer participer au développement économique de leur pays ou de solliciter la résidence au Québec pour intégrer en quelques années un marché du travail en pleine effervescence.

« Pour 2019-2020, nous avons reçu 16 000 demandes de dossiers en provenance de 45 pays d’Afrique pour l’ensemble de nos établissements partenaires », précise Catherine Plasse-Ferland, directrice-adjointe du Pôle régional en enseignements supérieur Capitale-Nationale. Également connu sous le nom de Québec Villes Études, il regroupe depuis 2018 les principales institutions universitaires et d’études supérieures de la province du même nom.

Pénurie de main-d’œuvre

Impulsé par le ministère de l’Éducation québécois, ce regroupement des principaux acteurs de la formation entre dans la stratégie gouvernementale destinée à répondre à la pénurie de main-d’œuvre observée dans de nombreux secteurs économiques de la province, et estimée actuellement à près de 150 000 postes, dont la moitié exigerait un niveau d’étude supérieure.

L’UNIVERSITÉ LAVAL A ENREGISTRÉ UNE HAUSSE DE 60 % DE SES CONTINGENTS D’ÉTUDIANTS AFRICAINS DEPUIS 2016

Une perspective qui suscite un intérêt grandissant ces dernières années chez les bacheliers africains, toujours plus nombreux à venir tenter leur chance au Québec. L’Université Laval, le plus grand établissement francophone d’enseignement supérieur d’Amérique du Nord, particulièrement présent à travers l’Afrique, a enregistré une hausse de 60 % de ses contingents d’étudiants africains depuis 2016.

Même progression dans le réseau des Collèges d’enseignement général et professionnel (Cegep) qui, dans le cursus scolaire québécois, fait le pont entre le lycée et l’université, avec un diplôme équivalent à une première année de licence. Un « animal solitaire » selon Francis Brown Mastropaolo, directeur des affaires internationales de la Fédération des Cegep, « suffisamment agile au niveau des formations proposées pour répondre aussi bien au souhait de spécialisation des doctorants qu’à l’urgence des migrants de s’insérer dans le marché du travail québécois ».

Avec ses 48 collèges, implantés sur l’ensemble du territoire, le réseau des Cegep constitue la porte d’entrée idéale pour les nouveaux arrivants, qui peuvent construire leur parcours en optant pour un diplôme d’études collégiales (DEC) leur permettant de suivre un cursus de niveau universitaire ou pour une attestation d’études collégiales (AEC), dont les formations plus ou moins longues sont censées correspondre au plus près aux besoins constatés en matière de ressources humaines.

C’est notamment le cas des programmes de formation proposés par le Cegep Limoilou, définis avec le concours des chefs d’entreprise de la région et particulièrement pensés pour le public africain. La formule Cegep séduit sur le continent même, puisque les Québécois ont participé à la réforme de l’Institut supérieur d’enseignement professionnel du Sénégal (Isep), lancée en 2013 par le président Macky Sall. Une première expérience a été menée avec succès à Thiès, dupliquée par la suite dans le reste du pays.

Cameroun et Mozambique

Les Cegep disposent aujourd’hui d’une cinquantaine d’accords de coopération (numérisation des formations, développement de l’entrepreneuriat, assistance technique…) en Afrique de l’Ouest, ainsi qu’au Cameroun ou au Mozambique. « Notre approche très professionnalisante orientée sur l’employabilité des personnes commence à être largement reconnue sur le continent », constate Francis Brown Mastropaolo.

AU FIL DES GÉNÉRATIONS, LE QUÉBEC S’EST CONSTITUÉ EN AFRIQUE UN RÉSEAU UNIQUE

D’autres grands établissements, tels que l’École nationale d’administration publique (Enap) et l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), constituent également des voies d’accès privilégiées pour les Africains désireux d’étudier outre-Atlantique. Tous deux accueillent plusieurs centaines d’étudiants africains qui, chaque année, représentent entre 20 % et 25 % de leurs contingents étrangers respectifs.

L’Enap, qui a vu passer sur ses bancs plusieurs milliers d’Africains en près de soixante ans, propose des doctorats et des maîtrises reconnus dans de nombreux pays francophones du continent. Certains cursus ont même été délocalisés sur place, pendant que des modules de formation continue sont également proposés aux administrations locales.

Au fil des générations, le Québec s’est constitué en Afrique un réseau unique qui se densifie à chaque nouvelle promotion. « Quand les étudiants restent, ils rentrent dans la famille. Quand ils repartent dans leurs pays respectifs, ils sont nos meilleurs amis sur place », constate Francis Brown Mastropaolo. Dans un cas comme dans l’autre, le Québec en sort gagnant. Et les étudiants africains qui ont franchi le pas également.

Avec Jeune Afrique par Olivier Caslin

Canada-Québec/Loyers à 500 $ : Legault se dit « très connecté sur la réalité »

avril 29, 2021

Le premier ministre François Legault assure qu’il sait que les Québécois paient des prix de plus en plus élevés pour leurs loyers, mais refuse tout de même de qualifier ce problème de crise du logement.

Le premier ministre Legault est revenu sur les propos qu'il avait tenu mercredi lors d'une étude de crédits.

© Paul Chiasson/La Presse canadienne Le premier ministre Legault est revenu sur les propos qu’il avait tenu mercredi lors d’une étude de crédits.

Il reconnaît cependant «qu’on a une pénurie de logements abordables» dans cinq ou six grandes villes du Québec.

«La crise qu’on vit actuellement, c’est la pandémie», a-t-il lancé jeudi en conférence de presse organisée pour revenir sur les propos qu’il a tenus mercredi lors de l’étude des crédits du ministère du Conseil exécutif.

Longuement questionné par les partis d’opposition sur les dépenses de son gouvernement, le premier ministre Legault avait alors affirmé qu’il n’y a pas techniquement de crise du logement actuellement au Québec.

Interrogé par la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, sur le prix d’un logement actuellement à Montréal, François Legault avait répondu : «Écoutez, ça dépend de la grandeur du logement, mais je dirais… ça peut peut-être commencer à 500 ou 600 $ par mois…. assez rapidement monter à 1000 $ par mois».

Revenant sur ses propos jeudi matin, le premier ministre affirme maintenant qu’il ne parlait pas à ce moment-là du prix total des logements, mais plutôt, répondant à la question de Mme Massé, de ce qu’un étudiant paie par mois pour son loyer.

«C’était très clair dans la question de Manon Massé, elle parlait des 250 000 étudiants qui vont revenir en présentiel cet automne», s’est défendu M. Legault.

«J’ai même ajouté que plusieurs étudiants se mettent à trois ou quatre pour vivre ensemble. Je parlais du prix minimum payé par étudiant, pas du prix moyen d’un loyer ou de ce qui est payé par une famille», a-t-il assuré.

Le premier ministre dit être au courant que «le loyer médian» est de 1300 $.

Mais bien qu’il jure être très conscient que le coût actuel du logement puisse être exorbitant pour certains, il rejette l’idée d’un gel des loyers pour 2021, comme le propose Québec solidaire. Il privilégie plutôt l’aide gouvernementale directe aux personnes incapables de se trouver un loyer, pour les aider à en payer une partie.

«Pensez deux minutes aux propriétaires. Si on gèle les loyers, il va se construire moins de logements», explique-t-il.

M. Legault ne prévoit pas non plus de rendre plus sévères les règles qui régissent les propriétaires de logements. «On a déjà la Régie du logement et ses mécanismes, qui n’existent pas dans d’autres provinces», fait-il valoir.

Selon lui, le Québec a connu une crise du logement au début des années 2000, avec un taux d’inoccupation des loyers de moins de 1 %, mais il croit qu’avec le taux actuel de 2,5 %, on ne peut plus parler de crise.

Il reproche au précédent gouvernement libéral de n’avoir «rien fait pendant plusieurs années» pour éviter que les loyers atteignent des prix aussi élevés.

Il insiste également sur le fait que la pandémie a eu un effet à la hausse sur le prix de l’immobilier. «Le prix a monté. Les gens n’ont pas voyagé, ils ont de l’épargne de disponible. Ils sont prêts à payer plus cher pour des maisons, pour des condos, donc ça a créé un manque encore plus grand», note-t-il.

Avec La Presse canadienne par Isabelle Maltais 

Canada-Québec: Plus d’étudiants de retour en classe cet automne à l’UQTR

mars 12, 2021

L’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) s’attend à revoir ses étudiants en classe lors de la session d’automne 2021

Les campus de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) seront appelés à retrouver une certaine normale dans les prochains mois.© Josée Ducharme/Radio-Canada Les campus de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) seront appelés à retrouver une certaine normale dans les prochains mois.

Par voie de communiqué, la direction explique que la session d’été sera comparable à celle d’hiver, où l’enseignement se tient par vidéoconférence, mais qu’on devrait ensuite réintégrer les classes pour l’automne.

La direction s’attend à recevoir le feu vert de Québec grâce à la campagne de vaccination. Une distanciation physique d’un mètre et demi devrait s’appliquer.

Le recteur de l’UQTR, Christian Blanchette, a expliqué en entrevue à Toujours le matin que l’établissement d’enseignement supérieur prévoit tenir l’automne prochain un certain nombre de cours à distance et beaucoup de cours en présence ou en co-modalité, c’est-à-dire lors desquels une partie des étudiants sont en classe et une autre partie d’entre eux sont à la maison.

L’enseignement à distance pourrait demeurer au-delà de la pandémie. La hausse des inscriptions à l’UQTR ne serait pas étrangère à l’élargissement des cours en ligne et hors campus, croit le recteur, qui rappelle toutefois que les campus font partie de l’ADN de la vie universitaire.

Le nombre d’activités sur le campus augmente d’ailleurs progressivement depuis quelques semaines. Des salles de classe et des salles de travail ont notamment été ouvertes pour les étudiants.

«Beaucoup d’étudiants souffrent d’isolement», a rappelé le recteur Christian Blanchette. «L’idée, c’était de leur permettre de rencontrer des étudiants, des collègues pour travailler. »

14 199 étudiants se sont inscrits à l’UQTR pour le trimestre d’hiver 2021

Avec CBC/Radio-Canada

Canada-Québec/Enseignement supérieur: pourquoi le taux de réussite stagne depuis 10 ans

janvier 31, 2021

MONTRÉAL — Une consultation sur la réussite à l’enseignement supérieur commence lundi, alors que le taux d’obtention d’un diplôme y stagne depuis 10 ans.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le ministère de l’Enseignement supérieur juge ce taux «particulièrement bas et préoccupant à l’enseignement collégial». Il a donc lancé un Chantier sur la réussite en enseignement supérieur, qui se tiendra du 1er au 5 février.

La consultation n’inclut pas la santé mentale en temps de pandémie, qui a fait l’objet d’une autre consultation, les 26 et 27 janvier.

Le ministère explique que ce chantier a été lancé «pour résoudre divers enjeux liés à l’accès à l’enseignement supérieur, à la persévérance des étudiants dans leur projet de formation et à leur réussite».

Étudiants

Pour les étudiants de cégep, la réussite est intimement liée à la «condition étudiante» et la précarité financière. 

«Les conditions dans lesquelles évolue la personne qui est étudiante vont nécessairement affecter ses apprentissages, sa prédisposition à réussir», a fait valoir en entrevue la présidente de la Fédération étudiante collégiale,  Noémie Veilleux.

Elle explique qu’un étudiant qui vit de l’anxiété parce qu’il doit travailler en plus d’étudier, pour arriver à joindre les deux bouts, pourra plus difficilement se concentrer sur ses études. Il sera peut-être moins motivé et cela diminuera ses chances de réussite..

La FECQ revendique donc une aide financière aux études bonifiée. La ministre Danielle McCann a déjà annoncé l’ajout de 300 millions $ pour cette aide.

«On s’est approché du coût de la vie» avec cette aide supplémentaire, concède Mme Veilleux. Mais elle craint que la somme ne soit pas pleinement récurrente.

Rehausser la réussite passe aussi par l’amélioration des conditions de logement des étudiants, fait-elle valoir. Elle souligne que 30 % des étudiants au collégial sont locataires et que trop peu ont accès à des résidences au cégep.

Pour une Commission Parent 2.0

Du côté de la Fédération des enseignants de cégep, affiliée à la CSQ, la présidente Lucie Pagé invite à ne pas voir la réussite qu’avec des taux, des chiffres seulement.

Elle souligne par exemple que les cégeps accueillent beaucoup plus de jeunes avec des besoins particuliers ou avec un handicap qu’avant. Et cela a un effet sur le taux global de réussite, puisque ces jeunes font face à plus d’obstacles que les autres.

«On a augmenté l’accessibilité au cégep», ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose, fait-elle valoir.

Bien que Mme Pagé accueille favorablement ce Chantier sur la réussite, elle croit qu’il faudrait mener une réflexion plus large sur l’éducation, «une Commission Parent 2.0».

«Si on ne réfléchit pas globalement à l’éducation, au sens de l’éducation, à sa place, bien on va juste mettre des mesures: ‘on les additionne et là, vous êtes censés augmenter vos taux de réussite avec ça, parce que vous avez mis tant de mesures’. Il faut réfléchir plus globalement à l’accessibilité et à la réussite», plaide Mme Pagé.

Pour les fins de ce Chantier sur la réussite, des invitations ont été envoyées aux fédérations étudiantes, aux organisations syndicales, à tous les établissements d’enseignement collégial et universitaire, ainsi qu’aux organismes représentatifs, a précisé le ministère.

Avec Lia Lévesque, La Presse Canadienne

Canada: Les professeurs et les étudiants de l’Université de Victoria se disent surmenés

janvier 11, 2021

Une enquête interne révèle que beaucoup d’étudiants et de membres du personnel de l’Université de Victoria se sentent débordés de travail alors qu’ils se dirigent vers un autre semestre affecté par la pandémie.

Les étudiants et les professeurs de l'Université de Victoria disent avoir trop de travail.

© /iStock Les étudiants et les professeurs de l’Université de Victoria disent avoir trop de travail.

Comme de nombreux établissements postsecondaires, l’Université de Victoria est presque entièrement passée à l’apprentissage en ligne en raison de la COVID-19.

Mais selon les 5242 étudiants et 217 instructeurs interrogés dans le cadre de l’enquête effectuée du 29 octobre au 18 novembre 2020, cette transition n’est pas idéale.

«[L’enquête] reflétait à peu près à la lettre ce dont les étudiants se plaignent depuis le début de cette transition, et c’est un manque d’accessibilité à leurs cours et la quantité de travail qu’ils ont à accomplir», explique Sarina de Havelyn, directrice de la sensibilisation et relations universitaires pour la Société étudiante de l’université.

Mme de Havelyn indique que de nombreux professeurs ont ajouté des tâches quotidiennes ou hebdomadaires et des forums auxquels les étudiants doivent contribuer. Du travail supplémentaire plus difficile pour les étudiants qui ne peuvent pas trouver un espace d’étude adéquat à la maison ou pour les 10 % d’étudiants qui n’ont pas accès régulièrement à un ordinateur, selon elle.

Les instructeurs ressentent aussi la tension, dit Lynne Marks, présidente de l’Association des professeurs de l’université et professeure d’histoire.

«Ils sont totalement débordés. Ils font au moins une fois et demie plus de travail, sinon deux fois plus, et il n’y a pas assez d’heures dans une journée», soutient Mme Marks.

D’après elle, tout le monde fait de son mieux compte tenu des circonstances, d’autant plus qu’il n’y a pas de précédent solide sur lequel se baser : «Cela a été une courbe d’apprentissage pour les professeurs, pour les étudiants, mais aussi pour les personnes du centre d’apprentissage et d’enseignement qui nous disent comment enseigner.»

6 millions de dollars pour la transition

Susan Lewis, vice-présidente associée de la planification académique à l’Université de Victoria, dit qu’elle savait que la transition serait difficile. Elle note que l’université a dépensé 6 millions de dollars pour des efforts de transition, comme le financement de plus d’auxiliaires d’enseignement et d’experts en technologie, et le renforcement du soutien en santé mentale pour les étudiants.

Mme Lewis affirme que l’université compte aussi améliorer la communication entre l’administration, les étudiants et les professeurs.

«Je tiens à reconnaître la frustration ressentie par les gens lorsqu’ils ont l’impression de ne pas avoir toutes les informations ou toutes les réponses tout de suite», dit-elle. «Notre objectif est de fournir aux étudiants autant d’informations que nous pouvons leur fournir lorsque nous l’avons.»

Les cours à l’Université de Victoria reprennent lundi.

Avec  CBC/Radio-Canada avec les informations de All Points West

Canada-Québec: La tricherie aux examens préoccupe les profs de l’UQTR

décembre 7, 2020

Trois-Rivières — Si la plupart des cours se donnent à distance cette session à l’UQTR, à cause de la pandémie, il en est de même pour les examens de fin de session. Or, beaucoup de professeurs sont inquiets pour la tricherie qui semble être facilitée par l’absence physique des étudiants des salles d’examen. «Ça se discute beaucoup. Il y a en effet une grosse problématique», confirme le président du Syndicat des professeur(e)s de l’UQTR, Gilles Bronchti, qui est aussi directeur du département d’anatomie.

Gilles Bronchti, président du SPPUQTR et directeur du département d’anatomie de l’UQTR.

© ARCHIVES Gilles Bronchti, président du SPPUQTR et directeur du département d’anatomie de l’UQTR.

«On a eu un conseil syndical où ces points ont été abordés», dit-il. «Et comme directeur du département d’anatomie, c’est quelque chose dont je discute beaucoup avec mes collègues. Les universités (puisque l’UQTR n’est pas la seule à vivre cette situation) sont au courant», dit-il.

Le sujet a été traité lors de réunions de différents comités et réunions officielles avec l’Université dès le début de la pandémie, précise M. Bronchti.

Du côté de l’UQTR, le porte-parole, Jean-François Hinse, indique que «ces inquiétudes sont partagées par la direction. Présentement, nous déployons les meilleurs moyens possibles. C’est une situation qui est nouvelle pour tout le monde. C’est normal qu’on ait des défis devant nous et ça en est un. Une fois que la période d’examens sera finie, nous aurons cette expérience-là qui va nous emmener peut-être à déployer de nouveaux moyens tous ensemble, à l’Université, pour améliorer les processus», dit-il.

Gilles Bronchti indique qu’on avait évoqué, lors de réunions où ce phénomène a été soulevé, la possibilité d’utiliser des logiciels de surveillance. Toutefois, «il y a des limites à ce qu’on peut faire, car c’est vu comme des intrusions», explique-t-il.

La situation complique énormément la vie aux professeurs lorsque les examens doivent être faits à distance pour des questions sanitaires. Des professeurs interviewés par Le Nouvelliste, qui préfèrent garder l’anonymat, constatent que les étudiants usent de divers stratagèmes pour tricher en créant, par exemple, des groupes Facebook pour se donner les réponses.

Certains professeurs ont plus de 200 étudiants dans leur cours. «Je ne peux pas, moi, faire des questions à développement», plaide l’un d’eux. «Dix pages me feraient plus de 2000 pages à corriger», dit-il. Des professeurs essaient de contourner la situation en constituant plus d’une demi-douzaine d’examens différents en présentant des situations différentes qui évalueront la même chose. D’autres y vont d’examens oraux sur Zoom mais doivent eux aussi multiplier le nombre de leurs examens. «On y passe un temps fou», déplore un professeur.

Gilles Bronchti, lui, a divisé ses étudiants en petits groupes pour les soumettre à l’examen en Zoom et en oral. Il lui aura fallu questionner les étudiants sur moins de matière que d’habitude et l’examen aura pris dix heures, dit-il. Au moins, «j’ai sauvé du temps de correction», nuance-t-il.

Jean-François Hinse rappelle que l’Université s’est dotée d’un règlement sur les délits relatifs aux études dans lequel il est bien précisé qu’un étudiant qui commet un délit comme la tricherie peut encourir des sanctions disciplinaires.

«Il y a beaucoup de tricherie», admet le professeur Bronchti. «Je peux vous dire que dans des cours qui sont donnés avec des examens à distance, les notes augmentent souvent de 10 points, en moyenne, pour les mêmes cours qui étaient donnés les années précédentes avec les mêmes groupes d’étudiants ou presque.»

«Plusieurs collègues m’ont rapporté avoir reçu des copiés-collés de leurs notes de cours comme réponses aux examens avec les mêmes fautes de français qui étaient dans la note de cours», illustre le président du SPPUQTR.

Cet automne, dans un cours où il a pu avoir les étudiants en présentiel pour l’examen, Gilles Bronchti a pu constater que les notes étaient de 10 % plus faibles. «On a du mal à évaluer les étudiants. Leur baisse de rendement n’est pas forcément de leur faute. C’est à cause du média, à cause de la façon d’enseigner, à cause de leur solitude aussi», résume-t-il.

Pour Gilles Bronchti, dans les circonstances, la tricherie «n’est pas forcément très grave si ça ne dure pas. Pour des diplômes professionnalisants, on pourrait se questionner au bout d’un an, un an et demi, quelle est la quantité de matière qui a été retenue. Si ça durait deux ans, ce serait vraiment une grosse question pour les professionnels qui sortiraient avec des diplômes de moindre valeur, mais pour l’instant, je dirais que c’est encore rattrapable.»

Le professeur Bronchti rappelle qu’on demande de limiter au maximum les rencontres afin d’éviter la propagation du virus. «Si je ne peux pas justifier et convaincre le comité qui s’occupe de donner les autorisations que l’examen en présence est essentiel, je vais me faire refuser l’examen en présence», indique-t-il.

«On peut le comprendre. Ils sont pris entre l’arbre et l’écorce et personne ne veut qu’il y ait une éclosion dans une université et certainement pas dans la nôtre. On a l’autorisation pour les laboratoires parce qu’on a pu dire que c’est absolument essentiel», ajoute M. Bronchti.

Quand vient le temps de déterminer s’il doit ou non y avoir absolument examen en présence, la question, signale M. Bronchti, suscite parfois des discussions entre les professeurs, «donc le fait que l’administration ne s’y retrouve pas toujours pour autoriser, je dirais, ça peut se comprendre.»

Combien y a-t-il d’étudiants qui trichent aux examens? Gilles Bronchti estime qu’il faudrait étudier la question pour y répondre

Avec  Brigitte Trahan – Le Nouvelliste

Canada: Les cours en ligne ont des impacts négatifs, selon des étudiants universitaires

novembre 24, 2020

Une enquête menée auprès d’étudiants, de professeurs et de bibliothécaires universitaires en Ontario suggère que le passage à l’apprentissage en ligne a eu une incidence négative sur la qualité de l’expérience éducative.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le sondage mené auprès de 2700 personnes a été commandé par la Confédération ontarienne des associations de professeurs d’université et est publié mardi.

Il révèle que 62 % des étudiants et 76 % des professeurs et des bibliothécaires universitaires croient que l’apprentissage en ligne a eu un impact négatif sur la qualité de l’éducation.

Rahul Sapra, président de la Confédération ontarienne des associations de professeurs d’université, a noté que les résultats montrent qu’un engagement significatif entre les étudiants et les professeurs est un élément fondamental du processus d’apprentissage.

«En raison de la pandémie de COVID-19 et de la ruée vers le transfert des cours en ligne, nous avons perdu cette connexion humaine et la qualité de l’éducation en souffre», a déclaré M. Sapra.

L’enquête a révélé que la sécurité financière et l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée sont des points de stress importants pour les deux groupes.

La majorité des étudiants qui ont répondu au sondage se disent préoccupés par leur sécurité financière en raison des frais de scolarité élevés et de la diminution des possibilités de gagner un revenu.

«Depuis le début de la pandémie, les étudiants ont soulevé des inquiétudes quant à la qualité et à l’abordabilité de leur éducation», a souligné Kayla Weiler, représentante de l’Ontario à la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants. «Ces résultats indiquent en outre que les universités et le gouvernement de l’Ontario doivent prendre des mesures pour améliorer les conditions d’apprentissage et de travail.»

Les autres problèmes qu’ils ont cités sont leur santé mentale et leur capacité à gérer leurs responsabilités non universitaires, y compris la prestation de soins, pendant leurs études.

Les bibliothécaires et professeurs universitaires qui ont participé à l’enquête estiment qu’ils ne répondent toujours pas à leurs propres attentes envers eux-mêmes.

Avec La Presse Canadienne

Programme de bourses de doctorat de Hong Kong pour les étudiants internationaux

octobre 23, 2020

Créé par le Research Grants Council (RGC) de Hong Kong en 2009, le programme de bourses doctorales de Hong Kong (HKPFS) vise à attirer les meilleurs étudiants du monde pour poursuivre leurs études de doctorat dans les universités de Hong Kong.

Date limite de candidature  : 1er décembre 2020

Admissibilité

Les candidats qui cherchent à être admis en tant que nouveaux doctorants à temps plein dans les huit universités suivantes, quel que soit leur pays d’origine, leur expérience professionnelle antérieure et leur origine ethnique, peuvent postuler.

  • Université de la ville de Hong Kong
  • Université baptiste de Hong Kong
  • Université Lingnan
  • L’Université chinoise de Hong Kong
  • L’Université de l’Education de Hong Kong
  • L’Université polytechnique de Hong Kong
  • L’Université des sciences et technologies de Hong Kong
  • L’Université de Hong Kong

Les candidats doivent démontrer des qualités exceptionnelles de performance académique, de capacité / potentiel de recherche, de communication et de relations interpersonnelles et de capacités de leadership.

Bourse de recherche

La bourse offre une allocation annuelle de 240 000 dollars HK (environ 30 000 dollars EU) et une indemnité de voyage de 10 000 dollars HK (environ 1 300 dollars EU) par an à chaque boursier pour une période maximale de trois ans. Plus de 230 bourses de doctorat seront attribuées au cours de l’année universitaire 2021-2022 *. Pour les boursiers qui ont besoin de plus de trois ans pour terminer leurs études de doctorat, un soutien supplémentaire peut être fourni par les universités choisies. Pour plus de détails, veuillez contacter directement les universités concernées.

* Les universités de Hong Kong commencent généralement leur année académique en septembre.

Panneau de sélection

Les candidatures présélectionnées, en fonction de leurs domaines d’études, seront examinées par l’un des deux groupes de sélection suivants comprenant des experts dans les domaines pertinents du conseil :

  • Science, médecine, ingénierie et technologie
  • Sciences humaines, sciences sociales et études commerciales

Les critères de sélection

Bien que l’excellence académique des candidats soit une considération primordiale, les comités de sélection prendront en compte les facteurs suivants :

  • Excellence académique ;
  • Capacité de recherche et potentielle ;
  • La communication et les compétences interpersonnelles ; et
  • Capacités de leadership.

Comment s’inscrire ?

Les candidats éligibles doivent d’abord faire une demande initiale en ligne via le système électronique de programme de bourses de doctorat de Hong Kong (HKPFSES) pour obtenir un numéro de référence HKPFS avant le 1er décembre 2020 à l’heure de Hong Kong à 12 h 00 avant de soumettre des demandes d’admission au doctorat dans les universités de leur choix.

Les candidats peuvent choisir jusqu’à deux programmes / départements dans une ou deux universités pour des études de doctorat sous HKPFS 2021/22. Ils doivent se conformer aux conditions d’admission de leurs universités et programmes sélectionnés. Etant donné que les dates limites pour les candidatures à certaines universités peuvent suivre immédiatement celle de la candidature initiale, les candidats doivent soumettre les candidatures initiales le plus tôt possible afin de s’assurer qu’ils disposent de suffisamment de temps pour soumettre des candidatures aux universités.

Étape 1 : Soumettez la demande initiale au Conseil des subventions de recherche

Lien : Notes explicatives pour remplir la demande initiale (en format PDF) Système électronique HKPFS – Application initiale

Étape 2: Soumettez des demandes complètes aux universités proposées. Après avoir rempli une demande initiale, les candidats doivent soumettre des demandes complètes pour leurs programmes de doctorat sélectionnés aux universités proposées en indiquant leur numéro de référence HKPFS avant les dates limites respectives des universités. En ce qui concerne les informations sur les programmes, les conditions d’admission au doctorat, les méthodes de candidature, les règlements et la politique des universités individuelles, veuillez-vous référer aux universités et programmes de doctorat individuels pour plus d’informations.

Lien : https://cerg1.ugc.edu.hk/hkpfs/apply.html#initial

Avec Adiac-Congo par Concoursn

Canada: Québec priorise un retour en classe pour les étudiants des cégeps et universités

mai 26, 2020

 

Le campus étudiant de l'UQAM à Montréal.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Le campus étudiant de l’UQAM à Montréal.
Québec prépare le terrain en vue de la rentrée scolaire pour les établissements d’enseignement supérieur. S’il n’étudie pas la possibilité d’une session complète à distance, le ministère de l’Éducation n’omet pas le scénario d’une reprise des cours majoritairement virtuelle.

Plusieurs directions de cégeps et d’universités au Québec, comme l’Université Laval ou encore l’Université du Québec à Rimouski, ont d’ores et déjà indiqué qu’une bonne partie des cours se fera probablement en ligne.

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Si les consignes de santé publique doivent être maintenues – comme la distance de deux mètres à respecter entre les individus ou encore l’interdiction de rassemblement –, certains cours pourraient en effet se dérouler à distance, selon le ministère de l’Éducation.

Dans un document transmis aux partenaires du réseau, et dont Radio-Canada a obtenu copie, Québec étudie le scénario d’un retour en classe impliquant une présence sur les campus de 30 à 35 % des étudiants seulement.

Tout dépendant de l’état de la situation en septembre prochain, les cégeps et universités pourraient aussi accueillir 50 % des étudiants sur place; le reste de la session se ferait alors à distance, selon un autre scénario.

Un retour en classe impliquant la présence complète de tous les étudiants est aussi envisagé par le ministère, qui dit vouloir favoriser la présence des étudiantes et étudiants sur les campus.

L’idée d’une session complètement virtuelle n’est donc pas évaluée pour l’instant.

En présentant ces différentes options, le ministère de l’Éducation entend déterminer des lignes directrices communes pour tous les établissements.

Et peu importe le scénario qui sera retenu, le gouvernement Legault désire que des mesures sanitaires rigoureuses

soient mises en place et qu’une attention particulière soit accordée aux étudiants qui ont un handicap, qui vivent de l’anxiété ou qui ont des contraintes technologiques et matérielles.

Québec veut également s’assurer que les directions des universités et cégeps seront prêtes à réagir si jamais une deuxième vague de COVID-19 devait survenir. Le ministère leur demande d’élaborer un plan pour assurer la continuité des services, advenant la nécessité d’un confinement rapide d’une partie ou de l’ensemble des membres de la communauté.

Certains assouplissements mis en place par le ministre Jonathan Roberge au printemps pour faire face à la crise dans les cégeps pourraient demeurer. Le calendrier scolaire pourrait ainsi compter un minimum de 60 jours plutôt que 82 et la mention incomplet, qui signifie que le cours n’a pu être complété pour des raisons en dehors du contrôle de l’étudiant, pourrait être accordée.

En cas de retour à la normale, la cote de rendement au collégial – communément appelée cote R – serait quant à elle comptabilisée à nouveau et l’épreuve uniforme de langue d’enseignement et littérature serait maintenue.

Pour les écoles primaires et secondaires, le gouvernement Legault a déjà indiqué que la rentrée scolaire devrait se faire en personne. Si les règles de santé publique sont toujours en vigueur, il faudra toutefois songer à une présence partielle, soit un jour sur deux, selon l’un des scénarios envisagés.

Radio-Canada par Valérie Boisclair avec la collaboration d’Alex Boissonneault

Canada: les finissants en médecine pourraient être appelés en renfort dans le réseau

mars 24, 2020

 

© Fournis par La Presse canadienne
MONTRÉAL — Les finissants en médecine pourraient être appelés en renfort dans le réseau de la santé du Québec, même s’ils n’ont pas passé tous les examens requis par leur spécialité.

Le Collège des médecins du Québec a annoncé mardi que son conseil d’administration a adopté des mesures qui permettront exceptionnellement aux résidents ayant complété leur formation d’exercer à titre de médecin, avec un permis restrictif.

Cette mesure spéciale a été mise en place dans le contexte d’urgence sanitaire actuelle, indique le Collège des médecins.

C’est aussi parce que la crise de la COVID-19, qui sévit actuellement, a mené le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, le Collège des médecins de famille du Canada et le Conseil médical du Canada à reporter leurs examens menant à la certification dans leur spécialité.

Les résidents finissants qui obtiendront un permis restrictif seront autorisés à exercer dans leurs domaines respectifs. À noter que leur formation médicale dure déjà depuis sept à 10 ans, et qu’ils ont déjà en poche leur diplôme de médecine. Il ne leur manque que leur diplôme de spécialité ou de médecine familiale, qu’ils obtiennent après un examen réussi au terme de deux à cinq ans de résidence.

«La situation exceptionnelle liée à la pandémie de la COVID-19 exige que nous prenions des mesures qui contribuent à augmenter la présence des effectifs médicaux sur le terrain», a affirmé par communiqué le président du Collège des médecins, le Dr Mauril Gaudreault.

Le permis restrictif sera valide jusqu’au 30 juin 2021.

Il ne sera renouvelé qu’en cas d’autre report ou d’annulation des examens, est-il précisé.

Pas l’unanimité

Cette façon de procéder ne fait pas l’unanimité chez les médecins résidents.

S’ils ont hâte d’aller aider sur le terrain, surtout en ces temps de pandémie où les besoins sont nombreux, la mesure est source d’inquiétude pour plusieurs.

Puisque les examens post-résidence seront reportés de plusieurs mois — et peut-être plus — les résidents devront les passer pendant qu’ils seront en exercice à temps plein (bien qu’avec un permis restrictif) en tant que médecins.

Or, la première année de pratique est la plus ardue et des résidents s’inquiètent de ne pas avoir le temps d’étudier, alors que la préparation pour ces examens peut durer des mois. Ils craignent donc d’échouer leurs examens de certification, ce qui retarderait énormément le moment où ils peuvent avoir leur permis professionnel, a confié une médecin résidente de Montréal, qui n’a pas voulu révéler son identité, et qui s’apprêtait à passer ses examens ce printemps.

Elle rapporte que d’autres songent à reporter le début de leur pratique plutôt que de risquer une mention échec. La situation du report des examens serait encore plus complexe pour ceux qui devaient aller pratiquer en région et ceux qui s’apprêtaient à poursuivre un fellowship en médecine (surspécialisation).

Bref, même si des résidents applaudissent le permis restrictif, elle estime — comme plusieurs de ses collègues, dit-elle — que d’autres solutions devraient être examinées.

Des membres du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada ont manifesté des inquiétudes similaires: ils demandent au Collège de trouver une alternative pour la certification, plutôt que de simplement reporter les examens des résidents, «ce qui causerait du tort au système de santé», écrivent-ils. Il pourrait s’agir, par exemple, d’une évaluation sur la base du dossier académique (avec un résumé du responsable du résident), en plus d’un examen qui se pourrait être fait en ligne — donc sans risque de contamination. Quelque 1750 médecins ont signé la demande.

Avec La Presse canadienne par Stéphanie Marin