Posts Tagged ‘euro’

Merkel et Hollande veulent un sommet de la zone euro sur la Grèce mardi

juillet 5, 2015

Berlin – La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande se sont entretenus au téléphone dimanche soir au sujet de la Grèce, et demandent la convocation d’un sommet de la zone euro mardi, ont indiqué la chancellerie et l’Elysée.

Les deux dirigeants, qui ont été ensemble à la manœuvre ces dernières semaines pour essayer de trouver une solution à la crise grecque, sont d’accord sur le fait que le vote des citoyens grecs doit être respecté, selon un bref communiqué des services de la chancelière.

En outre, la chancelière et le président de la République se prononcent en faveur de la convocation d’un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro mardi. Ils ont formulé cette demande à Donald Tusk, président du conseil européen, selon l’entourage du président français.

M. Hollande a eu successivement au téléphone dans la soirée le Premier ministre grec Alexis Tsipras, Mme Merkel, et les dirigeants des institutions européennes Jean-Claude Junker (Commission européenne), Martin Schulz (Parlement européen) et M. Tusk, a précisé l’Elysée.

A plus de la moitié du décompte, une majorité claire se dégageait en Grèce pour le non aux réformes et coupes budgétaires demandées par les créanciers de la Grèce en échange d’un renflouement.

Les sommets de dirigeants de la zone euro ne sont pas explicitement prévus par les structures européennes, mais sont déjà intervenus dans des situations exceptionnelles, le dernier en date le mois dernier à Bruxelles, déjà sur la Grèce.

Romandie.com avec(©AFP / 05 juillet 2015 22h30)

La Chine veut que la Grèce reste dans la zone euro

juin 29, 2015

Bruxelles – La Chine veut que la Grèce reste dans la zone euro et qu’elle parvienne à un accord avec ses créanciers, a déclaré lundi le Premier ministre chinois Li Kequiang, en visite à Bruxelles.

Ce que souhaite la Chine, c’est voir une Europe unie, une Europe prospère et un euro fort, a déclaré M. Li, car cela ne sert pas seulement les intérêts de l’Europe mais aussi ceux de la Chine et du reste du monde.

La Chine est devenue l’un des premiers partenaires commerciaux de l’Europe et détient de la dette européenne depuis longtemps, a rappelé M. Li, qui s’exprimait au côté du président du Conseil européen, Donald Tusk, à l’issue d’un sommet UE-Chine à Bruxelles.

De surcroît, c’est aussi une question qui concerne la stabilité financière mondiale et la reprise économique, a-t-il insisté. C’est pourquoi la Chine veut que la Grèce reste dans la zone euro, et nous exhortons les créanciers concernés à trouver rapidement un accord avec le gouvernement grec et à avancer dans leurs discussions pour qu’à la fois la Grèce et l’Europe surmontent les défis et la crise actuelle, a-t-il poursuivi.

A six jours d’un référendum en Grèce et après la rupture brutale des négociations entre Athènes et ses créanciers, plusieurs dirigeants européens, dont la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, François Hollande, ont fait le pari du oui, liant le résultat du vote de dimanche au maintien ou non de la Grèce dans la zone euro.

Un +non+ voudrait dire (…) que la Grèce dit +non+ à l’Europe, a résumé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Le pays, dont les caisses sont vides, risque le défaut de paiement puisqu’il doit rembourser avant mardi soir quelque 1,5 milliard d’euros au FMI.

Romandie.com avec(©AFP / 29 juin 2015 19h50)

Tsipras: un Grexit signerait le début de la fin de la zone euro

juin 19, 2015

Vienne – Une sortie de la Grèce de l’euro (Grexit) signerait le début de la fin de la zone euro, estime le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, dans une interview parue vendredi dans le quotidien autrichien Kurier, avant un sommet exceptionnel à Bruxelles lundi.

Le fameux Grexit ne peut pas être une option, ni pour les Grecs, ni pour l’Union européenne. Ce serait un processus irréversible, ce serait le début de la fin de la zone euro, déclare-t-il dans cet entretien présenté comme exclusif.

Jusqu’à présent, l’Europe s’est toujours orientée vers davantage d’unité. Prendre la direction opposée signifierait l’échec de l’idée européenne, estime le dirigeant grec.

Selon lui, le débat autour d’un Grexit, qui a pris de la consistance ces derniers jours faute d’accord entre Athènes et ses créanciers, a commencé quand on a commencé à appliquer le programme rigide d’économies imposé par l’UE et le Fonds monétaire international.

Malgré les sacrifices consentis par sa population, la Grèce n’est pas devenue plus compétitive, et la dette de l’Etat ne s’est pas réduite. Le concept tout entier doit être revu, souligne M. Tsipras.

Après un nouvel échec des discussions jeudi soir, un sommet exceptionnel des chefs d’Etat et de gouvernement des 19 pays de la zone euro consacré à la Grèce sera organisé lundi soir à Bruxelles.

Faute d’accord d’ici à la fin juin, la Grèce pourrait être dans l’incapacité de rembourser au FMI quelque 1,5 milliard d’euros de prêts arrivant à échéance et pourrait alors être en défaut de paiement.

Romandie.com avec(©AFP / 19 juin 2015 10h03)

Décès du Belge Alexandre Lamfalussy, l’un des pères de l’euro

mai 11, 2015

Bruxelles – L’économiste belge Alexandre Lamfalussy, ancien président de l’Institut monétaire européen, ancêtre de la Banque centrale européenne, est décédé samedi à l’âge de 86 ans, a annoncé lundi sa famille à l’AFP.

Son décès a suscité des réactions émues en marge d’une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a salué la mémoire d’un grand Européen et un économiste brillant dont le nom reste (…) comme étant l’un des pères fondateurs de l’euro. Alexandre était un architecte passionné, dévoué et compétent du projet européen, a souligné M. Juncker, insistant sur son héritage important dans le domaine de la régulation financière.

Je suis peiné par le décès du baron Lamfalussy. En tant qu’éminent professeur, avocat passionné de l’union monétaire et +un des pères de l’euro+, il a joué un rôle central dans la création de notre monnaie commune, a affirmé Jeroen Dijsselbloem, le patron de la zone euro dans un communiqué. Ses vues sur les perspectives de l’union économique et monétaire (…) continuent d’être très pertinentes, a-t-il ajouté.

Le ministre français des Finances Michel Sapin a lui aussi fait part de sa tristesse. Partisan de toujours de la monnaie unique, Alexandre Lamfalussy en avait été une cheville ouvrière en tant que président de l’Institut monétaire européen, a rappelé M. Sapin dans un communiqué.

Plus tard, chargé par la Commission européenne de piloter la mise en place des grandes réglementations financières de l’Union, il avait su mettre sa compétence et son autorité au service de la construction de l’Europe des activités financières, poursuit-il.

De 1988 à 1989, Alexandre Lamfalussy fut membre du Comité Delors, chargé de préparer le chemin vers la monnaie unique sous l’égide de l’ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors.

Il a ensuite dirigé, de 1994 à 1997, l’Institut monétaire européen (IME) à Francfort, qui allait donner naissance à la Banque centrale européenne (BCE).

Il se voulait pragmatique dans l’interprétation des critères de convergence devant permettre aux Etats de participer à la monnaie unique.

Il ne s’agit pas juste d’un chiffre. Il faut s’inscrire dans la durée, voir ce qui nous attend, prendre une perspective historique, avait-il déclaré en 1997 au quotidien Financial Times.

Il a été l’un des tous premiers à se méfier des marchés et des bulles spéculatives, et à préconiser une meilleure régulation des systèmes financiers, a relevé lundi son fils Christophe, journaliste au quotidien La Libre Belgique.

En 2000, il a présidé un Comité des sages chargé par les ministres de l’Économie et des Finances européens de contribuer à l’harmonisation des pratiques boursières en Europe.

Fin 2008, en pleine crise financière, le gouvernement belge lui avait demandé de présider un Comité supérieur pour une nouvelle architecture financière, chargé de formuler des propositions destinées à renforcer le système financier.

Né à Kapuvar, en Hongrie, le 26 avril 1929, il avait fui son pays natal à l’âge de 19 ans pour être accueilli en Belgique comme réfugié apatride.

Après avoir étudié l’économie à Louvain (Belgique) et Oxford (Grande-Bretagne), il avait commencé sa carrière à la Banque de Bruxelles, avant de rejoindre en 1976 la Banque des règlements internationaux (BRI) à Bâle (Suisse), qui fédère les banques centrales, dont il fut le directeur général entre 1986 et 1994. Il avait été élevé au rang de baron par le roi Albert II en 1996.

Romandie.com avec(©AFP / 11 mai 2015 21h17)

La France « souffre » du niveau « trop élevé » de l’euro

avril 23, 2014

Paris (awp/afp) – Le ministre français des Finances, Michel Sapin, a jugé mercredi que la France « souffrait » du niveau « trop élevé » de l’euro et a invité la BCE à agir.

« La France (et ses partenaires) souffrent d’un niveau trop élevé de l’euro », a-t-il dit devant les députés, rappelant que la Banque centrale européenne (BCE) s’était dite « prête à injecter des liquidités » pour empêcher toute appréciation supplémentaire. « C’est une chance que nous devons saisir », a-t-il estimé lors de la présentation de la trajectoire budgétaire française jusqu’en 2017.

M. Sapin a toutefois assuré que le niveau de la devise européenne, laquelle a grimpé d’environ 6% face au dollar en douze mois, « ne devait pas être une excuse » pour ne pas engager de réformes destinées à renforcer la compétitivité des entreprises françaises.

Le président de la BCE Mario Draghi avait déclaré le 13 avril lors d’une conférence de presse à Washington: « Si nous voulons que la politique monétaire reste aussi accommodante qu’elle l’est aujourd’hui, une poursuite de l’appréciation du taux de change (de l’euro) pourrait nécessiter une action monétaire ».

Des propos très inhabituels pour M. Draghi, qui généralement répugne à commenter les taux de change.

La préoccupation n »est toutefois pas la même à Paris et à Francfort. Si la France s’inquiète surtout pour sa compétitivité à l’export, la BCE surveille elle l’effet de l’euro fort sur l’inflation.

Un euro vigoureux pèse en effet sur les prix, au moment où l’inflation est déjà anémique dans la zone euro, entretenant les craintes d’une déflation, spirale de baisse des prix et des salaires très néfaste pour l’économie.

Par ailleurs une action de la BCE visant à faire baisser l’euro peut se retourner contre la France, en poussant les investisseurs à quitter la zone euro et à délaisser les obligations publiques émises dans la région. Ce qui pourrait pousser à la hausse le taux auquel emprunte l’Etat français.

Romandie.com

Alerte/Info: Papandréou prêt à retirer le référendum

novembre 3, 2011

Le premier ministre grec Georges Papandréou s’est dit prêt jeudi à retirer son projet de referendum sur l’euro, qui a semé la panique en Grèce et dans la zone euro, pour garantir le plan de sauvetage européen de la Grèce, selon un communiqué de ses services.

« Même si nous n’allons pas à un referendum, qui n’a jamais été une fin en soi (…), je salue la position du parti de l’opposition de la droite », qui s’est dite prêt à ratifier au parlement l’accord de la zone euro du 27 octobre, a indiqué Georges Papandréou au conseil des ministres, cité par ce communiqué.

Georges Papandréou s’est dit prêt « à parler avec le chef de la droite (Nouvelle déocratie) Antonis Samaras pour avancer sur la base d’un (gouvernement) de consensus ».
Il a proposé que deux de ses proches, « le ministre des Transports Dimitris Reppas et son conseiller Nikos Athanassakis se chargent des négociations avec des responsables du parti de droite sur cette base ». « Je crois en ce moment historique que les partis politiques peuvent se mettre d’accord », a souligné Georges Papandréou.

Deux heures auparavant, Antonis Samaras avait proposé la formation d’un gouvernement de transition qui aurait comme mission d’abord la ratification de l’accord européen avant le déroulement d’élections législatives anticipées. « Là où on en est arrivé avec la politique du gouvernement (socialiste), le nouvel accord sur la poursuite de l’aide à la Grèce est inévitable et il faut le garantir », a déclaré Antonis Samaras.

Lefigaro.fr avec AFP

Sarkozy et Merkel préparent une réponse globale à la crise

octobre 24, 2011

Le plan sera décidé mercredi soir. La France se résigne à ne pas adosser le fonds de stabilité à la BCE, comme l’exige depuis le début l’Allemagne.

L’euro attendra encore 72 heures pour être fixé sur son sort. Lors d’un sommet européen qui tenait du tour de chauffe, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont rapproché dimanche leurs positions sur la question fatidique du fonds de sauvetage européen et de sa force de frappe sur les marchés. Mais, à la demande répétée de l’Allemagne, la décision finale ne sera prise que dans la nuit de mercredi à jeudi, à l’issue d’un autre conclave de crise convoqué à Bruxelles.

Le président a évoqué dimanche soir «un assez large accord», à la tribune d’une conférence de presse partagée avec Angela Merkel. Il a surtout fait un pas décisif en direction de la chancelière, elle-même arc-boutée dans son refus de voir la Banque centrale européenne refinancer durablement la dette de pays comme l’Espagne ou l’Italie. «La BCE est indépendante et nous y tenons autant que l’Allemagne, a assuré Nicolas Sarkozy. Aucune solution n’est viable qui ne garantirait pas cette indépendance.»

Crédibilité de l’euro

Satisfaite, Angela Merkel en a pris acte en affirmant clairement que le fonds de sauvetage démultipliera ses ressources sans nouvelle contribution des États de l’euro, ni recours aux moyens en principe illimités de la BCE. Grâce à un effet de levier, le FESF – aujourd’hui doté de 440 milliards d’euros – pourrait voir sa force de frappe relevée à 1000, voire 1500 milliards d’euros.

Pour y parvenir, Paris et Berlin sont proches de s’entendre sur un dispositif à double détente, expliquent des sources bien placées. D’abord une garantie directe du FESF, qui assurerait l’investisseur lors de l’émission de nouveaux emprunts par les États financièrement fragiles. Ensuite un fonds de soutien ou de régulation, qui interviendrait sur le marché secondaire des titres de dette. Ce fonds, qui bénéficierait lui aussi d’une caution du FESF, devrait attirer des investisseurs privés, voire souverains liés par exemple à la Chine, au Brésil et aux nations pétrolières.

Sur des marchés dubitatifs, la crédibilité de l’euro et du «pare-feu» envisagé à Paris et Berlin dépend aussi d’une discipline économique et budgétaire renforcée. Le spectre d’un dérapage italien a hanté les sommets à géométrie variable et les rendez-vous ministériels du week-end a Bruxelles. Dimanche matin, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont fait passer le message à huis clos à Silvio Berlusconi, avec l’espoir d’éviter que la crise ne se propage à la Botte avant que l’euro ait érigé ses nouvelles défenses.

Des signes d’impatience

Publiquement, Angela Merkel a demandé au chef du gouvernement italien de réduire sa dette «de manière crédible». La confiance, dit-elle, «ne se gagne pas uniquement par des remparts financiers (…) L’Italie doit se montrer à la hauteur de ses responsabilités.» Nicolas Sarkozy a renchéri: «Il n’est pas question de faire appel à la solidarité des partenaires si ceux que nous aidons ne font pas eux-mêmes des efforts considérables.»

Les Européens doivent dévoiler au milieu de la semaine leur réponse «globale» à la crise de l’euro et à la contagion de la dette. Le plus urgent est de stabiliser la situation de la Grèce, surendettée et en pleine récession. S’ils sont d’accord pour continuer d’aider financièrement le gouvernement Papandréou, les chefs d’État et de gouvernement doivent encore faire accepter aux banques créancières une décote d’au moins 50% sur les emprunts grecs. L’Allemagne et surtout la France donnent sur ce front des signes d’impatience. S’adressant aux banques, Nicolas Sarkozy a lancé: il revient «à chacun de prendre ses responsabilités pour éviter la catastrophe

Lefigaro.fr par Jean-Jacques Mevel

Jacques Delors veut que l’on puisse sortir un pays de la zone euro

octobre 18, 2011

PARIS (Reuters) – Jacques Delors, le père de l’euro, propose une réforme des traités européens pour permettre à certains pays d’en sortir, ce qui est actuellement impossible.

Dans une interview publiée mardi par Le Monde, l’ancien président de la Commission européenne estime que l’euro est « au bord du gouffre » en raison du caractère tardif de la réaction des dirigeants européens, mais aussi du vice de construction du système de gestion de la monnaie unique.

« En 1997, après avoir quitté la Commission, j’avais proposé (…) de créer à côté du pôle monétaire (la Banque centrale indépendante et un pacte de stabilité), un pôle économique avec un pacte de coordination des politiques économiques », souligne-t-il.

« Si un tel équilibre avait été réalisé, le Conseil de l’euro se serait interrogé en temps utile sur la situation de la Grèce, sur la dette privée qui augmentait de façon inquiétante en Espagne, en Irlande et en Italie. Il aurait pu réagir », a-t-il ajouté.

C’est pourquoi Jacques Delors se félicite de l’intention de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel de modifier les traités européens pour créer un véritable gouvernement économique de la zone euro, mais y ajoute une disposition non prévue.

« Dans ce nouveau traité, on devrait prévoir la possibilité de sortir un pays de la zone euro avec une majorité surqualifiée de 75% », dit-il. « Avoir une monnaie commune implique en effet des devoirs plus exigeants. »

Il estime toutefois qu’il sera très difficile à la Grèce de redresser sa situation: étant confronté à une grave récession, le pays n’est pas en mesure de résorber son déficit et l’on assiste selon lui au retour des anciennes pratiques du Fonds monétaire international: « Apprendre aux pays en difficulté à mourir guéri. »

Jacques Delors juge en outre que la recapitalisation des banques prônée par le tandem franco-allemand est un « coup de poker » dont il souhaite qu’il réussisse.

Reuters par Yves Clarisse

Le monde au chevet de l’euro

septembre 14, 2011

La Chine assure ce matin qu’elle va poursuivre ses investissements en Europe. Le secrétaire américain au Trésor s’apprête lui à enjoindre les Européens à trouver une solution à la crise de l’euro.

Alors que les Européens peinent à élaborer une stratégie commune de sortie de la crise de l’euro, plusieurs grandes puissances, inquiètes, viennent prêter main forte au Vieux continent. Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, participera vendredi et samedi à une réunion des ministres des Finances des pays de la zone euro qui se tiendra en Pologne. C’est la première fois qu’un responsable étranger est convié à une réunion de l’Eurogroupe.

Officiellement, «la présence d’un représentant de l’Administration américaine s’inscrira dans le cadre du dialogue transatlantique en cours sur les sujets macroéconomiques et financiers», explique la présidence polonaise dans un communiqué. Mais en fait, les Américains doutent de la capacité des européens à trouver une solution et Timothy Geithner devrait presser ses homologues d’intensifier leurs efforts pour régler la crise de l’euro, souligne Bloomberg. Un analyste a confié à l’agence «les Américains étaient discrètement inquiets et discrètement présents, ils deviennent intensément inquiets et présents».

Au lendemain de rumeurs sur un possible soutien de la Chine à l’Italie, le premier ministre chinois Wen Jiabao a indiqué lui, à l’ouverture du Forum d’été de Davos, qui se tient durant trois jours à Tianjin, en Chine, que son pays «va continuer d’augmenter ses investissements en Europe». Le chef du gouvernement s’est dit confiant : «La Chine pense que l’économie européenne peut rebondir». Mais, a ajouté Wen Jiabao, «j’espère que les dirigeants européens envisageront avec courage leur relation à la Chine d’un point de vue stratégique». La Chine veut se voir accorder le statut d’économie de marché de la part de l’Union européenne, qui estime que les conditions ne sont pas encore réunies.

La Chine n’est pas le seul pays émergent à se dire prêt à soutenir l’Union européenne. De fait, les cinq grands pays émergents, dits Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), discuteront la semaine prochaine de la possibilité de venir en aide à l’Union européenne.Ils pourraient notamment augmenter leurs avoirs en obligations libellées en euros.

Et l’Europe elle-même est mobilisée. Le premier ministre grec Georges Papandréou, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel doivent évoquer la situation du pays lors d’une téléconférence prévue en fin d’après-midi.

Lefigaro.fr par Mathilde Golla

Delors : «L’euro est au bord du gouffre»

août 19, 2011

Le père de l’Europe moderne, Jacques Delors, regrette que la chancelière allemande «n’ait fait aucune concession sur le fond» lors de sa rencontre, mardi, avec Nicolas Sarkozy. Comme le financier américain George Soros, il appelle à la création d’euro-obligations.

Un des père de la monnaie unique, Jacques Delors, ainsi qu’un des plus mythiques financiers de Wall Street, George Soros, font le même constat. «L’euro comme l’Europe est au bord du gouffre», s’inquiète le premier. «L’Europe est en danger», prévient le second. Les deux hommes proposent la même solution: mutualiser partiellement les dettes européennes en créant des obligations européennes (euro-obligations) afin de renforcer la zone euro et déjouer les attaques des marchés.

«Pour ne pas tomber, le choix me paraît simple: soit les Etats membres acceptent la coopération économique renforcée, que j’ai toujours réclamée, soit ils transfèrent des pouvoirs supplémentaires à l’Union. La seconde option étant refusée par une majorité des Vingt-sept, reste la première», avance Jacques Delors dans un entretien accordé aux quotidiens suisse Le Temps et belge Le Soir. Il regrette ainsi que les dirigeants français et allemand n’aient apporté, mardi à l’Élysée, que «des réponses floues et insuffisantes aux questions posées par la crise» et que Angela Merkel «n’ait fait aucune concession sur le fond».

Les banques «trop fragiles»

George Soros, pour sa part, préfère voir le verre à moitié plein: «Nicolas Sarkozy a eu raison de dire que les euro-obligations doivent être envisagées à la fin du processus» de construction de la zone euro, explique-t-il dans une interview au Monde. Mais il s’inquiète de l’état du système bancaire européen. «Les établissements sont trop fragiles», estime-t-il, ils sont «sous capitalisés et détiennent beaucoup de dettes européennes» qui ne sont plus sans risques.

Pour ne rien arranger, les marchés peuvent gagner face à la zone euro, selon Soros car cette dernière n’est pas dotée «d’autorité budgétaire et fiscale». A long terme, il faut la mise en place d’euro-obligations. Pour Jacques Delors, il faut en effet mutualiser «partiellement les dettes des Etats jusqu’à hauteur de 60% de leur produit intérieur brut, le seuil conforme au Traité de Maastricht». Pour George Soros, c’est une solution «à long terme». En attendant, dit-il, il faut que la Banque centrale européenne puisse financer la dette des États de la zone euro. Pour l’instant, elle n’a le droit que de racheter des obligations souveraines aux investisseurs qui veulent s’en débarrasser, pas directement aux États.

Sortir de la zone euro

Le financier va même plus loin, estimant que la Grèce et le Portugal pourraient sortir de l’euro de façon organisée, sans faire couler la monnaie unique. Il appelle également à augmenter les aides sociales dans les pays, comme l’Espagne, où le chômage atteint les 20% de la population active. Pour cela, «il faut établir des règles qui autorisent les pays dont le chômage est élevé à rester déficitaire», défend-t-il, tout en regrettant que l’Allemagne s’oppose à ce type de solution. Berlin ne veut qu’une chose : que ses partenaires européens réduisent leur déficit. À tout prix.

Delors et Soros dénoncent d’une même voix cette position intransigeante. «Il nous faut impérativement, pour éviter le gouffre, garder une vision géopolitique à l’horizon 2050, proposer un projet mobilisateur», défend Jacques Delors. Car, «si l’euro s’effondrait, continue George Soros, cela se traduirait par une crise bancaire hors de contrôle. Le monde plongerait alors dans une profonde récession.»

Lefigaro.fr par Guillaume Guichard