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Covid-19 en Europe : l’OMS s’inquiète du nombre de morts

août 30, 2021

Face à la stagnation de la vaccination en Europe, l’OMS s’alarme et craint que les morts du Covid-19 explosent d’ici le mois de décembre.

Dans certains pays d'Europe, seul un soignant sur dix est vaccine.
Dans certains pays d’Europe, seul un soignant sur dix est vacciné.© CHRISTOPHE GATEAU / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Si le rythme de la vaccination n’accélère pas en Europe dans les jours et semaines à venir, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) craint de devoir compter encore plus de morts d’ici le mois de décembre. « La semaine dernière, le nombre de morts dans la région a augmenté de 11 %, avec une projection fiable prévoyant 236 000 morts en Europe d’ici au 1er décembre », s’ajoutant au 1,3 million de décès déjà provoqués par la pandémie sur le Vieux Continent, a déclaré le directeur de l’OMS Europe, Hans Kluge, lors d’une conférence de presse. Les pays de la région ont vu les taux d’infection augmenter à mesure que l’ancrage du variant Delta, plus contagieux, s’affirme, en particulier chez les personnes non vaccinées.

Sur les 53 États membres de la région, 33 ont signalé une hausse supérieure à 10 % de l’incidence des cas sur deux semaines, a souligné Hans Kluge. Outre la forte transmissibilité du variant Delta, un « assouplissement exagéré » des restrictions et une augmentation des voyages cet été sont à l’origine de la hausse du nombre de cas. D’autant que le rythme des vaccinations a ralenti. « Au cours des six dernières semaines, le taux a chuté de 14 %, en raison d’un manque d’accès aux vaccins dans certains pays et d’un manque d’acceptation des vaccins dans d’autres », a relevé Hans Kluge, appelant à augmenter la capacité de production et à dépasser les tentations nationalistes en partageant les doses.

Trop peu de soignants européens vaccinés

Si trois quarts des soignants dans l’ensemble de l’Europe sont vaccinés, dans certains pays européens ils ne sont qu’un sur dix, selon l’organisation onusienne. En Europe, seuls 6 % des habitants des pays à revenu faible et à revenu intermédiaire inférieur sont entièrement vaccinés, a-t-il indiqué, rappelant que l’OMS recommandait une couverture vaccinale de 80 % pour tourner la page de la pandémie. Selon des données de l’OMS, en huit mois, près de 850 millions de doses ont été administrées dans la région qui s’étend à l’Asie centrale. Dans la zone, au moins 413,26 millions de personnes sont complètement vaccinées (44,2 % de la population), d’après un comptage de l’AFP lundi.

Au niveau mondial, 5,239 milliards de doses ont été distribuées. Au total, au moins 216,3 millions de personnes ont été malades du Covid-19 dans le monde et au moins 4,5 millions sont décédées depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi lundi par l’AFP à partir de sources officielles. Sur le recours à un rappel ou troisième dose, proposé dans certains pays de la région, comme en Israël ou comme cela va l’être au Danemark – où il sera proposé à certaines personnes immunodéprimées –, l’OMS, qui a pour l’instant demandé un moratoire, ne l’exclut pas.

« L’administration d’une troisième dose pourrait être nécessaire à l’avenir pour des groupes de population spécifiques et/ou dans des contextes précis. Cependant, davantage de données sont nécessaires sur le moment optimal et le dosage des doses de rappel, qui peuvent différer selon les produits vaccinaux », explique un porte-parole de l’OMS Europe.

Hans Kluge presse les Européens d’accepter la vaccination

Pour Hans Kluge, « l’acceptation de la vaccination par la population est cruciale », en particulier alors que les mesures de santé publiques et sociales ont été assouplies dans de nombreux endroits. « Le scepticisme à l’égard des vaccins et le déni de la science nous empêchent de stabiliser cette crise. Ils ne servent à rien et ne sont bons pour personne. »

En cette période de rentrée scolaire, les États membres doivent mettre en place une stratégie vaccinale destinée à maintenir l’enseignement en présentiel, considéré comme vital. Il faudrait « proposer le vaccin contre le Covid-19 aux enseignants et aux autres membres du personnel scolaire en tant que groupe cible des plans de vaccination nationaux », ont indiqué l’OMS et l’Unicef Europe dans un communiqué publié plus tôt ce lundi.

À travers l’Europe, les restrictions sont disparates. Ainsi, l’instauration du pass sanitaire a franchi, lundi, une nouvelle étape en France, devenant obligatoire au travail pour 1,8 million de salariés en contact avec le public dans les restaurants, cinémas, musées, trains grandes lignes, là où il était déjà requis pour les clients.

Par Le Point avec AFP

Afghanistan : quelle nationalité pour les bébés nés en vol ?

août 29, 2021

Plusieurs Afghanes enceintes, tentant de fuir leur pays, ont donné naissance à leur bébé dans un avion les transportant en Europe ou aux États-Unis.

Le point aerien entre Kaboul et Paris a permis d'evacuer pres de 3 000 personnes entre l'Afghanistan et la France.
Le point aérien entre Kaboul et Paris a permis d’évacuer près de 3 000 personnes entre l’Afghanistan et la France.© HANDOUT / Etat Major des Armées / AFP

Depuis la prise de pouvoir des talibans à Kaboul, de nombreux Afghans tentent à tout prix de fuir leur pays. L’armée française a mis en place un pont aérien, suspendu ce dimanche 29 août, pour exfiltrer les ressortissants depuis l’aéroport de la capitale. En tout, près de 3 000 personnes ont été évacuées par l’armée française. Durant ces opérations d’évacuation, menées par une cinquantaine de pays en tout, des Afghanes ont mis au monde des bébés, au sein même de l’avion. La question se pose de la nationalité de ces enfants nés dans des circonstances extraordinaires.

Les naissances dans les avions restent un événement très rare. En effet, prendre l’avion au-delà d’un certain stade de grossesse n’est pas conseillé, voire interdit par certaines compagnies aériennes. Cela dit, en cas d’accouchement en vol, la loi de l’État en question prévaut. En France, la nationalité du nouveau-né dépendra de celle de ses parents. Il ne suffit pas d’être né dans un avion français pour obtenir la nationalité française, un des deux parents doit également être Français. Aux États-Unis, le droit du sol prévaut mais la législation prévoit que le bébé ne devient Américain que si l’appareil volait au-dessus du territoire national. Si l’accouchement a eu lieu au-dessus de l’océan, le bébé aura donc la nationalité de ses parents.

La légende des billets gratuits

D’après l’article 3 de la Convention sur la réduction des cas d’apatridie, la nationalité de l’enfant dépend du pays dans lequel l’avion (ou du navire le cas échéant) est enregistré. Comme le rappelle Slate, la France a signé ce texte sans le ratifier. Ces dernières semaines, plusieurs histoires d’accouchement dans les airs ont été rapportés dans la presse. Une petite fille Afghane, née dans un avion en direction de l’Allemagne, a d’ailleurs reçu un prénom bien particulier. Ses parents l’ont prénommée « Reach », du nom de l’avion de l’armée américaine qui les a transportés depuis Kaboul.

Une légende urbaine prétend que les bébés nés dans un avion auront droit à des billets gratuits. En réalité, les compagnies aériennes fonctionnent au cas par cas. Il reste très rare d’obtenir un tel cadeau de naissance ! En 2015, Air France a offert à un bébé né entre Dakar et Paris… une peluche. Deux ans plus tard, un bébé né entre l’Arabie Saoudite et l’Inde a eu plus de chance : Jet Airways lui a offert des voyages illimités et infinis. Malheureusement, la compagnie aérienne a fermé deux ans plus tard. Autre légende urbaine : les commandants de bord ne deviennent pas automatiquement parent d’un bébé né dans leur appareil.

Par Le Point avec AFP

Huile et farine de poisson : quand l’Europe affame l’Afrique de l’Ouest

juin 4, 2021
Une flottille de pirogues sénégalaises accueille l’Arctic Sunrise de Greenpeace qui inventorie les dégâts de la surpêche en Afrique

Greenpeace Afrique dénonce les entreprises et les grandes enseignes européennes qui pillent les eaux poissonneuses d’Afrique de l’Ouest pour nourrir les saumons d’élevage ou améliorer le taux en protéines de la nourriture pour chiens et chats.

Généralement soucieux de développement durable et de commerce équitable, les consommateurs européens le savent-ils ? Lorsqu’ils achètent de la truite, du saumon, du porc, et même des aliments qui viendront nourrir leur animal domestique, il existe une forte probabilité qu’ils contribuent, malgré eux, à l’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest, en privant les populations locales d’une de leurs ressources les plus précieuses : le poisson.

De nombreuses enseignes célèbres sont concernées : en France (Carrefour, Auchan, Leclerc, Système U, Monoprix, Groupe Casino), en Allemagne (Aldi Süd, Lidl, Kaufland, Rewe, Metro AG, Edeka), en Espagne (Lidl España) ou encore au Royaume-Uni (Tesco, Lidl, Aldi)…

Les ONG tirent le signal d’alarme

En cause, la production exponentielle – destinée principalement aux marchés européen et asiatique – de l’huile et de la farine de poisson, au risque d’assécher les côtes ouest-africaines. Dans un rapport qui vient d’être publié (Nourrir le monstre. Comment les industries européennes de l’aquaculture et de l’alimentation animale volent la nourriture des communautés d’Afrique de l’Ouest), les ONG Greenpeace et Changing Markets tirent le signal d’alarme.

« Priver des millions d’habitants d’Afrique de l’Ouest de la source de protéines la plus fondamentale afin de nourrir les animaux ou de produire des compléments alimentaires, des cosmétiques et des produits alimentaires pour animaux de compagnie est une pratique honteuse et un mépris flagrant des lois locales et internationales », s’indigne le Dr Ibrahima Cissé, responsable de campagne à Greenpeace Afrique. Il s’en explique à JA.

Jeune Afrique Votre organisation est mobilisée sur les enjeux liés à la surpêche. Quels sont les principaux enseignements contenus dans ce rapport ?

Dr Ibrahima Cissé : Il s’inscrit dans une campagne de plaidoyers menée de longue date par Greenpeace pour dénoncer les manquements constatés dans le secteur de la pêche. C’est la troisième année consécutive que nous publions un rapport sur cette question, mais un phénomène est venu s’ajouter à la situation qui fait de la sous-région une sorte de no man’s land des océans, car c’est une zone très productive qui attire énormément de bateaux et qui est exposée à une activité de pêche illicite intense.

Cette surexploitation des ressources halieutiques se répercute sur les populations qui vivent de la pêche, provoquant des problèmes d’emploi et d’insécurité alimentaire. L’essor pris par l’industrie de la farine et de l’huile de poisson est donc, en quelque sorte, la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Les usines qui transforment ces produits utilisent en effet des poissons destinés à l’alimentation des populations locales pour en faire un produit destiné aux poissons élevés en aquaculture en Europe ou en Asie, mais aussi au bétail, à la volaille, aux animaux de compagnie. Et, plus marginalement, à l’industrie pharmaceutique.

Ibrahima Cissé : « L’essor de l’industrie de la farine et de l’huile de poisson utilisent des espèces destinées à l’alimentation des populations locales. »

Une pratique honteuse

Pourquoi l’huile et la farine de poisson sont-elles utilisées pour nourrir d’autres animaux, du porc au saumon ?

D’un côté, on extrait les lipides pour obtenir de l’huile. De l’autre, on assèche l’animal pour en faire de la farine. Ce sont des ingrédients nutritifs très riches. L’huile, par exemple, est riche en oméga 3. Généralement, il faut compter quatre à cinq kilos de poissons frais pour obtenir un kilo de farine et de l’huile. Cette dernière est notamment utilisée pour fabriquer les gélules d’oméga 3 ou pour divers produits issus de l’industrie pharmaceutique. Quant à la farine, elle est utilisée traditionnellement dans l’aquaculture, mais aussi pour nourrir la volaille et le bétail, car elle est très protéinée.

Depuis quand cette industrie constitue-t-elle une menace pour les populations ouest-africaines ?

Auparavant, l’huile et la farine étaient extraites des déchets des poissons pêchés, dont les filets étaient réservés à l’alimentation. Or, depuis une dizaine d’années, on utilise le poisson frais pour les produire. Les usines spécialisées dans cette activité sont passées de quelques unités à une cinquantaine au total dans les trois pays concernés. Et au lieu de travailler à partir des déchets, comme auparavant, elles s’approvisionnent désormais en poissons frais.

Des femmes sénégalaises transformatrices, du marché aux poissons de Mantulaye Dieye, à Cayar.

La sardinelle et le bonga dans les filets

Elles ciblent en particulier la sardinelle et le bonga, qui sont les plus accessibles aux populations. Les femmes de la sous-région ont l’habitude de les transformer en les salant et en les séchant pour produire du poisson fumé.

La farine est majoritairement exportée vers l’Asie, et l’huile vers l’Europe. Les femmes transformatrices se retrouvent privées de travail, car elles ne peuvent pas concurrencer ces usines. Un demi-million de tonnes de poissons sont aujourd’hui transformées en farine et en huile destinées à l’exportation alors que les populations, de leur côté, souffrent d’un problème d’accès à la nourriture. Au lieu de penser à l’alimentation des humains, on privilégie l’alimentation d’animaux d’élevage hors d’Afrique.

Quels sont les principaux pays qui alimentent ce commerce dérivé de la pêche ?

La Chine est un gros importateur de farine de poisson. Les pays de l’Union européenne importent beaucoup d’huile de poisson, à travers un réseau opaque sur lequel nous avons enquêté pendant environ dix-huit mois. Le fruit de cette investigation est présenté dans ce rapport.

LA CHINE EST UN GROS IMPORTATEUR DE FARINE DE POISSON. LES PAYS DE L’UNION EUROPÉENNE IMPORTENT BEAUCOUP D’HUILE DE POISSON

Pourquoi les espèces de poissons que vous avez citées sont-elles particulièrement recherchées en vue de produire l’huile et la farine ?

D’abord, parce que, en matière de quantité, ce sont les plus disponibles. Ce qu’on appelle les petits pélagiques ont un taux de reproduction rapide, ils ne s’éloignent pas trop de la côte, ils sont donc faciles à pêcher. Et puis ils coûtent moins cher que d’autres espèces.

Votre rapport établit qu’en Europe, une large part de cette production sert à nourrir des animaux d’élevage…

L’huile et la farine sont utilisées comme intrants dans la fabrication du produit final qui servira à nourrir les poissons élevés en aquaculture, dont les saumons. Mais on les trouve également dans les aliments destinés aux porcs, aux poulets et aussi aux animaux de compagnie comme les chiens et les chats.

Le rapport entre l’apport nutritif élevé de ces aliments et leur faible coût les rend attractifs pour ceux qui fabriquent ces produits pour animaux.

Votre rapport cible particulièrement la côte ouest-africaine, de la Mauritanie au Sénégal en passant par la Gambie. Est-ce la seule région du continent concernée ?

Cette zone, qui se situe à l’intersection de plusieurs courants marins, est particulièrement poissonneuse. C’est ce qui fait qu’on y trouve une forte concentration de bateaux de pêche étrangers. Nous avons ciblé ces trois pays, mais en Afrique de l’Ouest le phénomène se prolonge jusqu’au Nigeria.

Des négociations régulières ont eu lieu, ces dernières années, entre les pays africains du littoral et l’Union européenne afin de fixer des quotas, et de limiter ainsi les effets de la surpêche. N’y a-t-il pas de garde-fous efficaces face à la situation que vous dénoncez ?

Certes, il existe des accords de pêche. Dans l’un d’eux, récent, signé avec le Sénégal, les pays de l’Union européenne sont censés cibler majoritairement le thon. Mais il existe aussi des brèches, en Mauritanie notamment. Des entreprises chinoises, turques ou autres s’installent sur place et y pratiquent la transformation avant d’exporter le produit fini. Il nous a été difficile de retracer cette chaîne d’exportation d’huile et de farine qui se retrouve in fine dans les aliments fabriqués par de grandes enseignes européennes.

Une chaîne d’intermédiaires traçable

Vous désignez clairement un certain nombre d’opérateurs à l’origine de ce commerce, ainsi que les grandes enseignes qui écoulent ces produits dans leurs hypermarchés…

Oui, on finit par y parvenir. Si Olvea, Lidl ou Leclerc achètent du poisson chez un producteur d’aquaculture basé en Europe, et que ce dernier s’approvisionne en huile de poisson chez un importateur basé en Espagne ou en France, lequel a lui-même importé son huile depuis la Mauritanie à bord d’un tanker qui l’a livrée à une usine de retraitement qui l’a vendue à son tour à un fabricant d’aliments pour animaux, il est possible de retracer cette chaîne. Mais cela nécessite un long temps d’enquête car le processus est opaque.

Quelles sont les répercussions de ce commerce pour les communautés de pêcheurs ?

Au Sénégal, au cours des derniers mois, on a commencé à voir des pêcheurs manifester face à l’assèchement de cette ressource. Il y a également la gestion des stocks partagés. Quand un pays laisse faire cette pratique, les répercussions se font sentir sur toute la sous-région. Les pays doivent donc gérer cette question en commun.

Il faut en revenir à une production de ces produits dérivés ajustée aux déchets des usines de transformation. Or, aujourd’hui, si l’on prend l’exemple du Sénégal, le nombre d’usines est largement supérieur à la capacité de production à partir des déchets. Mécaniquement, elles s’approvisionnent donc en poissons frais.

Les usines de farine et d’huile de poisson menacent la sécurité alimentaire, ainsi que les moyens de subsistance et les emplois de millions de personnes en Afrique de l’Ouest

Les autorités ouest-africaines sont-elles demeurées trop passives ?

Leur réaction s’est avérée trop timide au regard de l’ampleur du problème. Il s’agit d’une urgence qui appelle des mesures drastiques. Quand une usine investit 7 milliards de F CFA, comme à Cayar, au Sénégal, il est évident que ce n’est pas pour se contenter de traiter les déchets de poissons.

Nous avons déjà sonné l’alerte, aussi bien pour le Sénégal que pour la Gambie ou la Mauritanie. Il faut savoir que ces usines créent un nombre d’emplois dérisoire. De plus, elles polluent et créent une concurrence déloyale avec le secteur traditionnel de la transformation, qui, lui, génère de l’emploi et nourrit les populations. Si l’on reste sans réagir, cette industrie aboutira à épuiser les ressources halieutiques de la sous-région. Puis ces opérateurs plieront bagage et iront voir ailleurs.

Les consommateurs européens ont-ils un moyen de savoir, lorsqu’ils consomment du saumon ou achètent des aliments pour chats, que leur mode d’élevage ou de production a créé des ravages dans les régions africaines d’où proviennent l’huile et la farine de poisson ?

Les étiquettes ne permettent pas de retracer cet historique. C’est pourquoi le rapport que nous avons publié vient combler un vide et contribue à plus de transparence sur cette question. Nous avons cité les entreprises concernées, en espérant que cela les incitera à se désengager de ce commerce et que l’Union européenne prendra  la mesure du problème et adoptera des mesures adaptées.

Quant aux consommateurs, ce travail, surtout s’il est relayé par la presse, leur permettra de savoir qu’il est préférable de consommer du poisson plutôt que de se procurer des gélules d’oméga 3 en pharmacie.

Avec Jeune Afrique par Mehdi Ba

Virus : gravité sans précédent en Inde, prudent relâchement en Europe

avril 26, 2021
Virus : gravite sans precedent en Inde, prudent relachement en Europe
Virus : gravité sans précédent en Inde, prudent relâchement en Europe© AFP/Jewel SAMAD

La pandémie atteint une gravité sans précédent en Inde, où les patients continuent de mourir par manque d’oxygène dans des hôpitaux saturés, tandis que l’Europe relâche prudemment ses restrictions avec la réouverture lundi de terrasses de cafés et de restaurants en Italie et le retour des écoliers en France.

Partout dans le monde, les campagnes de vaccination tentent de dompter le Covid-19 mais le processus se heurte à la propagation express du virus et à l’émergence de variants responsables de virulentes poussées épidémiques.

Avec ses 1,3 milliard d’habitants, l’Inde, qui a enregistré dimanche un record mondial de près de 350.000 personnes contaminées en une seule journée, a été plongée dans le chaos en quelques jours par le variant « indien ».

A New Delhi, des témoins décrivent des couloirs d’hôpitaux encombrés de lits et de brancards et des familles suppliant en vain qu’on leur fournisse de l’oxygène ou une place pour leurs proches. Certains meurent au seuil de l’hôpital.

« Les ravages du coronavirus se poursuivent et il n’y a pas de répit », a déploré le chef du gouvernement de la capitale Arvind Kejriwal. New Delhi, l’agglomération indienne la plus touchée, est confinée pour une semaine supplémentaire.

Avec plus de 192.000 morts, l’Inde figure au quatrième rang des pays les plus endeuillés par le Covid-19.

Les Etats-Unis ont annoncé dimanche qu’ils allaient « immédiatement » lui envoyer des composants pour la production de vaccins et des équipements médicaux.

L’Union européenne, où la détection du variant « indien » en Belgique, en Suisse et en Grèce inquiète, a promis une « assistance » à l’Inde. Même le Pakistan, son rival de toujours, lui a proposé des équipements médicaux.

L’UE poursuit AstraZeneca

Sur le front des vaccins, la clé de voute d’une potentielle sortie de crise, l’UE a annoncé lundi qu’elle attaquait en justice AstraZeneca pour ses retards de livraisons. Une procédure que le laboratoire suédo-britannique a aussitôt jugée « sans fondement ».

AstraZeneca n’a livré au premier trimestre aux pays de l’Union européenne que 30 millions de doses sur les 120 millions contractuellement prévues. Au deuxième trimestre, ce groupe ne compte en fournir que 70 millions sur les 180 millions initialement programmées.

Le cap du milliard de doses de vaccins contre le Covid, administrées dans 207 pays ou territoires, a été franchi ce week-end, selon un comptage de l’AFP à partir de sources officielles.

Et le laboratoire français Sanofi va produire aux Etats-Unis jusqu’à 200 millions de doses du vaccin américain Moderna « pour satisfaire à la demande mondiale ».

L’heure reste néanmoins à l’inquiétude dans de nombreux pays.

La Thaïlande recense désormais au total 57.500 cas de coronavirus contre seulement 29.000 début avril. Tandis que de nouvelles restrictions ont été mises en place lundi, le Premier ministre s’est vu infliger une amende pour non-port du masque.

L’Iran, le pays du Moyen-Orient le plus frappé par la pandémie, a dépassé les 70.000 morts, selon les chiffres officiels lundi, avec un record national de mortalité quotidienne (496).

« Un peu d’air frais » en Italie

Face à des opinions publiques de plus en plus rétives aux mesures réduisant leur liberté de circulation et leurs activités, certains gouvernements choisissent de desserrer l’étau avec prudence, lorsque la situation sanitaire montre quelque embellie.

En Italie, où le Premier ministre Mario Draghi a subi les pressions des dirigeants des régions et de manifestants réclamant un assouplissement des dispositifs, bars et restaurants peuvent depuis lundi servir en terrasse ; ainsi que le soir pour la première fois en six mois, même si le couvre-feu reste en vigueur à partir de 22 heures. Les salles de spectacle ont aussi rouvert.

Daniele Vespa, 26 ans, chef de salle au restaurant Baccano à Rome, ne cache pas sa joie : « C’est un début de retour à la normalité qui apporte un peu d’air frais ».

Fermé depuis six mois, le cinéma Beltrade à Milan (nord) a été le premier à ouvrir ses portes dès six heures (04H00 GMT), accueillant 82 clients qui ont commencé à faire la queue dès 5H20 pour voir « Journal intime » de Nanni Moretti.

M. Draghi a reconnu qu’il prenait un « risque calculé », l’Italie continuant d’enregistrer en moyenne plus de 300 morts du Covid-19 chaque jour, même si les contagions et le nombre des admissions en réanimation diminuent.

Le chef du gouvernement présentait en outre lundi au parlement les détails de son plan de relance grâce aux prêts et aux subventions de l’UE.

En France, où le virus continue de circuler activement avec un nombre de personnes en réanimation supérieur à celui enregistré pendant la deuxième vague épidémique, les enfants des plus petites classes ont repris le chemin de l’école lundi après trois semaines de fermeture de tous les établissements scolaires.

Collégiens et lycéens devraient retourner à l’école le 3 mai, souvent en demi-jauge.

Mais cette réouverture décidée par le président Emmanuel Macron suscite les critiques d’une partie du corps médical et les craintes d’enseignants.

En Espagne, les fêtes de San Fermin à Pampelune, qui attirent en juillet des touristes du monde entier, ont été annulées pour la deuxième année consécutive.

Le virus a fait au moins 3.109.991 millions de morts dans le monde depuis que le bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine a fait état de son apparition fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles lundi.

Par Le Point avec AFP

Covid-19: manifestations contre les restrictions en Europe, heurts en Allemagne

mars 20, 2021

Des manifestations ont rassemblé samedi des milliers de personnes en Allemagne, en Suisse, en Grande-Bretagne, en Bulgarie ou encore en Autriche pour dénoncer la « dictature » des restrictions sanitaires contre la pandémie, et des heurts ont éclaté avec la police dans la ville allemande de Cassel.

IMAGESPlusieurs milliers de personnes sont rassemblées à Cassel, dans l'État allemand de Hesse, pour manifester contre les mesures de restriction destinées à endiguer la progression du coronavirus en Allemagne.

© Marion PAYET IMAGES Plusieurs milliers de personnes sont rassemblées à Cassel, dans l’État allemand de Hesse, pour manifester contre les mesures de restriction destinées à endiguer la progression du coronavirus en Allemagne.

Dans cette ville du centre de l’Allemagne, entre 15.000 et 20.000 personnes ont participé à la manifestation, a déclaré à l’AFP un porte-parole de la police locale.

Les affrontements se sont produits quand des contestataires qui s’étaient retrouvés sur une place du centre, serrés les uns contre les autres, sans masques de protection, ont tenté de se frayer un passage à travers un cordon de policiers pour se joindre à d’autres mécontents, a constaté un journaliste de l’AFP.

La police repousse des manifestants réclamant la levée des mesures anti-Covid, à Cassel, en Allemagne, le 20 mars 2021

© ARMANDO BABANI La police repousse des manifestants réclamant la levée des mesures anti-Covid, à Cassel, en Allemagne, le 20 mars 2021

Les forces de l’ordre ont alors fait usage de gaz au poivre pour les disperser.

Ailleurs dans la ville, la police a répliqué à coups de matraque et à l’aide d’un canon à eau à des groupes qui tentaient de franchir des barrières et qui jetaient des bouteilles.

Une manifestante porte une pancarte disant: "les esclaves modernes portent un massque", à Liestal, en Suisse, le 20 mars 2021

© STEFAN WERMUTH Une manifestante porte une pancarte disant: « les esclaves modernes portent un massque », à Liestal, en Suisse, le 20 mars 2021

Il y a par ailleurs eu des bagarres avec des contre-manifestants.

Le police a notamment accusé les manifestants d' »attaques répétées » contre les secouristes. « Nous ne tolérons pas de telles attaques », a-t-elle ajouté sur Twitter, mettant prématurément fin au rassemblement en raison des violations des règles d’hygiène.

Lundi, la chancelière Angela Merkel et les dirigeants des 16 Etats régionaux (länder) se réuniront pour décider d’éventuelles nouvelles mesures alors que l’Allemagne avait pu procéder début mars à quelques assouplissements. 

La manifestation de Cassel s’est déroulée à l’appel du mouvement « Querdenker » ou « Anticonformiste », qui a organisé quelques-uns des plus grands rassemblements hostiles aux restrictions sanitaires en Allemagne depuis le début de la pandémie.

Manifestation contre les restrictions sanitaires à Cassel (Allemagne), le 20 mars 2021

© ARMANDO BABANI Manifestation contre les restrictions sanitaires à Cassel (Allemagne), le 20 mars 2021

Il fédère des membres de l’extrême gauche, des adeptes des théories du complot, des détracteurs de la vaccination ainsi que des partisans de l’extrême droite.

« Nous sommes ici aujourd’hui parce que les mesures imposées en Allemagne ne servent plus la population », a dit Helmut, un manifestant de 69 ans.

– « Ca suffit ! » –

Beaucoup d’autres villes allemandes avaient connu de tels rassemblements le week-end dernier, mais de moindre ampleur.

L’Allemagne a enregistré samedi 16.000 nouveaux cas de contamination et 207 morts de plus, d’après l’Institut Robert Koch pour les maladies infectieuses, alors que la vaccination est trop lente, selon des experts, pour éviter une troisième vague du Covid-19 malgré les mesures restrictives prises des mois durant pour en freiner la propagation.Manifestation à Londres contre les restrictions sanitaires, le 20 mars 2021

© Niklas HALLE’N Manifestation à Londres contre les restrictions sanitaires, le 20 mars 2021

A Londres, ce sont aussi des milliers de personnes qui ont défilé pour protester contre les restrictions sanitaires, après s’être rassemblées à Hyde Park. La police de la capitale britannique a indiqué avoir interpellé 33 personnes, majoritairement pour avoir enfreint les règles en vigueur depuis janvier qui interdisent de sortir sans motif autorisé.

Aux Pays-Bas, où des émeutes avaient eu lieu en janvier après l’instauration d’un couvre-feu, la police a fait usage de canons à eau pour disperser un groupe de 500 personnes rassemblées illégalement sur la place des Musées d’Amsterdam.

Les manifestants se sont ensuite déplacés vers un canal où la police a bloqué leur progression. Ils ont été acheminés par cars vers un autre site, selon la chaîne locale AT5.

En Suisse, environ 5.000 personnes ont manifesté dans la ville de Liestal, selon la police.

Certains brandissaient des pancartes sur lesquelles était écrit : « Ca suffit ! », « Les vaccins tuent ». 

« Les esclaves modernes portent un masque », pouvait-on par ailleurs lire sur les pancartes que portaient plusieurs d’entre eux tandis qu’un homme arborait sur le visage l’inscription « Masque obligatoire, fermez votre bouche ». 

Ils estiment que le gouvernement suisse a recours à des mesures « dictatoriales » pour imposer les restrictions sanitaires, comme la fermeture des restaurants et des bars.

A Vienne, environ un millier de manifestants, dont certains d’extrême droite, ont défilé avant que la police ne les disperse, selon la presse autrichienne.

Et à Sofia, une manifestation anti-restrictions a rassemblé 500 personnes, nombre d’entre elles ne portant pas de masque.

Avec AFP par burs-mfp/gde/lpt/cls

L’Europe isole le Royaume-Uni sur fond d’une nouvelle variante de la COVID-19

décembre 20, 2020

Les Pays-Bas, l’Italie et la Belgique suspendent les vols provenant du Royaume-Uni. La France, l’Allemagne et l’Autriche y songent également, après les déclarations du premier ministre britannique sur une nouvelle variante plus contagieuse du coronavirus SARS-CoV-2, qui serait « hors de contrôle ».

Les voyageurs britanniques seront vraisemblablement coincés chez eux, avec l'isolement rapide du pays par les autres nations européennes.

© Niklas Halle’n/afp via getty images Les voyageurs britanniques seront vraisemblablement coincés chez eux, avec l’isolement rapide du pays par les autres nations européennes.

Quant à l’Espagne, elle demande une réponse « coordonnée » de l’Union européenne. «L’objectif est de protéger les droits des citoyens européens à travers la coordination et en évitant des mesures unilatérales», a déclaré le gouvernement dans un communiqué.

Les autorités britanniques ont annoncé samedi dans la soirée un reconfinement de Londres, du sud-est de l’Angleterre et d’une partie de l’est du pays. Cette mesure contraint plus de 16 millions d’habitants à rester chez eux et à renoncer aux retrouvailles de Noël.

Le reconfinement interdit l’ouverture des commerces non essentiels et tous les déplacements en dehors de ces zones, placées sous le niveau d’alerte 4, le plus élevé décrété au pays.Les restaurants et bars y étaient déjà fermés depuis mercredi.

Plus contagieux

Le premier ministre Johnson a indiqué que le Royaume-Uni avait informé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de la propagation plus rapide de la nouvelle souche, «jusqu’à 70 %», a-t-il précisé.

De précédentes mutations du SARS-CoV-2 ont déjà été observées et signalées dans le monde.

Les observations des experts sur cette souche apparue mi-septembre à Londres ou dans le Kent n’ont rien de rassurant. Le conseiller scientifique du gouvernement, Patrick Vallance, a déclaré samedi que cette nouvelle variante, en plus de se propager rapidement, devenait aussi la forme «dominante», ayant entraîné «une très forte hausse» des hospitalisations en décembre.

Le nombre de cas de COVID-19 ne cesse d’augmenter partout sur la planète, mais quelques pays semblent avoir réussi à se mettre à l’abri de la pandémie. La plupart de ceux qui peuvent se vanter de ce haut fait sont des petites nations insulaires isolées dans le Pacifique, pour qui la géographie est devenue un atout incommensurable durant la pandémie. Voici une liste de dix pays qui n’ont pas eu de cas de COVID-19.

Samedi, le premier ministre Johnson expliquait que rien n’indiquait que cette nouvelle souche de virus était plus mortelle, qu’elle cause une forme plus grave de la maladie, ou qu’elle réduit l’efficacité des vaccins.

Des mutations sous observation

Cette mutation du coronavirus a poussé l’OMS à demander à ses membres européens de «renforcer leurs procédures de contrôle et de prévention» de la COVID-19.

Au niveau mondial, l’OMS recommande «à tous les pays d’accroître leurs capacités de séquençage du virus Sars-Cov-2 quand c’est possible et de partager les données au niveau international, notamment si les mêmes mutations problématiques sont identifiées».

Selon l’OMS, outre «des signes préliminaires que la variante pourrait être plus contagieuse», la variante «pourrait aussi affecter l’efficacité de certaines méthodes de diagnostic», là aussi selon «des informations préliminaires». L’organisation affirme qu’il n’y a en revanche «aucune preuve d’un changement de la gravité de la maladie», même si ce point fait aussi l’objet de recherches.

Hors du territoire britannique, neuf cas causés par cette nouvelle souche ont été rapportés au Danemark, ainsi qu’un aux Pays-Bas et un en Australie, note l’OMS.

Par ailleurs, plusieurs autres pays ont signalé à l’OMS d’autres variantes qui portent certains des changements génétiques de la variante britannique.

L’Afrique du Sud, qui a également signalé une variante problématique vendredi, considère que cette mutation est à l’origine d’un plus grand nombre de contagions et note une évolution du paysage épidémiologique, notamment avec davantage de patients plus jeunes, sans comorbidités, qui développent des formes graves de la maladie.

Le pays «mène des recherches supplémentaires pour mieux comprendre le lien», indique l’OMS.

Avec CBC/Radio-Canada

Covid-19 : les pays d’Europe qui se reconfinent, là où la révolte gronde

novembre 1, 2020

À Rome, Madrid et Vienne, des manifestations ont eu lieu pour dénoncer les restrictions imposées par les différents gouvernements.

Redevenus l’épicentre de la pandémie de coronavirus, les pays européens multiplient les restrictions ou restaurent le confinement, suscitant la montée de l’impatience de leurs populations ou une révolte ouverte, comme en Espagne où les manifestations se multiplient.

Sur l’ensemble de l’Europe, le nombre de cas supplémentaires enregistrés a bondi de 41% en une semaine, représentant la moitié des cas signalés ces sept derniers jours dans le monde. Une flambée des cas qui risque de submerger les hôpitaux et a poussé les gouvernement à restreindre à nouveau la liberté de mouvement de leurs citoyens et à fermer des pans entiers de l’économie, notamment dans la culture et le commerce.

Face à ces restrictions et à la crainte de casse sociale accrue, des défilés ont eu lieu samedi soir 31 octobre, pour la deuxième nuit consécutive, dans plusieurs villes espagnoles, suivis d’affrontements avec la police et d’actes de vandalisme et de pillage.

Les troubles les plus importants se sont produits à Madrid, où de nombreux manifestants scandant «Liberté!» ont mis le feu à des bennes à ordures et érigé des barricades de fortune sur la Gran Via, la principale artère du centre de la capitale.

L’opposition aux mesures de restrictions a aussi donné lieu à des heurts samedi soir à Rome entre la police et des centaines de manifestants, après des incidents similaires la veille à Florence et dans d’autres grandes villes ces derniers jours.

Colère des commerçants

En France, où un reconfinement d’un mois a été mis en place vendredi jusqu’au 1er décembre, la colère des petits commerçants jugés non essentiels et donc contraints de fermer, est de plus en plus vive : ils dénoncent la concurrence déloyale des grandes surfaces – autorisées à rester ouvertes – et des plateformes en ligne, dont Amazon. Le premier ministre pourrait cependant décider la fermeture dans les grandes surfaces «des rayons de produits qui ne sont pas de première nécessité», a annoncé dimanche le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

Au Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d’Europe avec au moins 46.555 morts, le premier ministre Boris Johnson a annoncé un reconfinement de l’Angleterre à partir de jeudi et jusqu’au 2 décembre (sachant que le Pays de Galles était déjà confiné, et l’Irlande du Nord en confinement partiel). Et selon son ministre Michael Gove dimanche, il pourrait être prolongé au-delà, ce qui alimente l’angoisse des milieux économiques.

Ce reconfinement est «un cauchemar avant Noël», s’est ainsi alarmée Helen Dickinson, directrice générale de la fédération des commerçants britanniques British Retail Consortium (BRC).

En Autriche, «un second confinement est mis en place à compter de mardi et ce jusqu’à fin novembre», a annoncé le chancelier Sebastian Kurz. Le pays de 8,8 millions d’habitants enregistre désormais plus de 5000 cas quotidiens, contre seulement 1000 début octobre, pour 1109 décès depuis l’émergence de la pandémie.

En Belgique, pays au monde où le coronavirus circule le plus, le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, a appelé la population à ne pas faire de shopping ce dimanche, à la veille d’un durcissement du confinement pour six semaines. De longues files d’attente ont été observées samedi dans certains magasins ou rues commerçantes. Ces files «sont dangereuses et c’est justement ce que nous ne voulons pas voir», a déclaré Frank Vandenbroucke.

En Allemagne, qui a également durci les restrictions pour ralentir la pandémie, le monde de la culture, qui doit fermer ses portes pour plusieurs semaines, se sent particulièrement mal loti. «Ces derniers mois, nous avons l’impression d’avoir moins de valeur que les voitures, les avions ou les footballeurs», ont dénoncé de nombreux chanteurs et artistes dans une lettre ouverte.

«Sauver Noël»

La Grèce a décidé un confinement partiel d’un mois à Athènes et dans les autres grandes ville du pays à partir de mardi. Comme ailleurs, l’objectif est d’«essayer de sauver les fêtes de Noël», a expliqué le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.

En Italie, le gouvernement a imposé ces derniers jours ce que les médias qualifient de «semi-confinement»: un couvre-feu dans plusieurs grandes régions, la fermeture des bars et des restaurants à 18h00, ainsi que celle des salles de sport, de cinéma et de concert. Selon la presse italienne, le gouvernement envisage d’annoncer lundi un confinement des grandes villes du pays, à commencer par Milan et Naples. «La courbe épidémiologique est encore très élevée», a déclaré le ministre de la Santé, Roberto Speranza, adepte d’un confinement généralisé. «Soit on la plie, soit on est dans le pétrin».

Les pays européens constituent la troisième région la plus touchée avec 10,46 millions de cas, derrière l’Amérique latine et les Caraïbes (11,3 millions de cas) et l’Asie (10,57).

Par Le Figaro avec AFP

Face au rebond du Covid, les pays d’Europe se referment

juillet 27, 2020

 

Les mesures de contrôles aux frontières ou de quatorzaines forcées se multiplient à mesure que la pandémie de Covid-19 reprend.

Un petit air de déjà-vu. Alors que l’épidémie de coronavirus reprend partout en Europe, certains États membres ont commencé à durcir les entrées sur leur territoire. Certes, il n’est pas question pour le moment de fermer les frontières, comme cela avait été le cas au début de la pandémie, en mars. En ordre dispersé et sans concertation entre eux, les États membres s’étaient alors claquemurés les uns après les autres. Avant de s’entendre sur des règles communes pour permettre le passage des personnes ayant des fonctions jugées essentielles et des marchandises, aux premiers rangs desquels les biens et équipements médicaux.

Cette fois, et alors qu’il ne faut pas ruiner une saison touristique qui s’annonce très médiocre, des contrôles sont instaurés vis-à-vis des touristes venant de zones ou de pays jugés à risque: quarantaine obligatoire, test à l’arrivée ou quelques jours avant le départ, test volontaire ou pas, etc. Ces verrous se multiplient, à mesure que les contaminations repartent à la hausse dans différents pays: France, Allemagne, Espagne, Belgique, Suisse ou en Pologne. En Roumanie et en Bulgarie, la situation est encore plus inquiétante, puisque les cas ont explosé récemment.

Comme souvent en Europe, il y a, semble-t-il, autant de manières de procéder qu’il y a de pays. Mais il y a une constante: l’Espagne est de plus en plus visée par ces restrictions. Le Royaume-Uni, «toujours un peu à part» selon la formule pudique d’un diplomate européen, a annoncé samedi soir que les Britanniques revenant de ce pays se verraient imposer une quarantaine. Et Londres songe à faire de même pour les personnes de retour de France et d’Allemagne. La Norvège avait déjà annoncé vendredi une quarantaine de dix jours pour ses voyageurs en provenance d’Espagne. En France, le premier ministre, Jean Castex, a également recommandé aux vacanciers d’éviter de se rendre en Catalogne.

Des tests, sur la base du volontariat

Les mesures de restriction des derniers jours sont bien évidemment une catastrophe pour le tourisme espagnol qui représente 12,3% du PIB du pays. Ses dirigeants tentent d’ailleurs, tant bien que mal, de convaincre les touristes de ne pas annuler leur voyage. «L’Espagne est un pays sûr», a ainsi souligné la ministre des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya. «Les Espagnols ont été les premiers à mettre en place une mesure de quarantaine, réplique-t-on à Bruxelles. C’est donc un peu difficile pour eux de s’opposer à celles qui sont prises actuellement».

Alors qu’elle avait été un des premiers pays de l’UE à rouvrir ses frontières pour lancer sa saison touristique, la Grèce est, elle aussi, contrainte de réduire la voilure et d’en passer par des contrôles plus stricts à ses frontières: tout visiteur venant de Bulgarie ou de Roumanie ne pourra embarquer à bord de son avion pour la Grèce que s’il est en mesure de démontrer que le test qu’il a réalisé trois jours plus tôt est négatif. Et les Roumains souhaitant se rendre en Italie doivent maintenant en passer par une quatorzaine.

Je n’imagine pas que l’on puisse se retrouver dans la situation dans laquelle nous avons été de mars à mai.

Un diplomate

Toutes ces mesures sont-elles le prélude à de nouvelles fermetures de frontières au sein de Schengen? «Je n’imagine pas que l’on puisse se retrouver dans la situation dans laquelle nous avons été de mars à mai. Les restrictions actuelles sont des mesures ponctuelles et proportionnées face à une situation qui n’a rien de comparable avec celle que nous avons connue au printemps», réagit un diplomate. À l’époque, alors que les courbes de contamination flambaient, les États membres devaient aussi composer avec une pénurie de masques et de tests.

Reste que ces restrictions imposées à certains et non à d’autres risquent de laisser des traces dans une Union européenne où la solidarité a déjà été très éprouvée par la crise du coronavirus. «La difficulté, c’est que les mesures prises par un État membre concernant un autre État membre apparaissent assez vite comme un sujet politique et diplomatique, alors que ces décisions sont avant tout prises au regard de la situation sanitaire», analyse une source bruxelloise. Voilà un procès qui ne pourra être fait à la Bavière. Ce Land très touristique a choisi de ne pas stigmatiser ses visiteurs. Tous, quelle que soit leur nationalité, peuvent être testés, sur la base du volontariat, dans les stations créées à cet effet dans les aéroports locaux, et pourront bientôt l’être dans les gares de Munich et de Nuremberg, mais aussi sur les autoroutes.

Avec Le Figaro par Anne Rovan

 

Dons et stratégies autour du coronavirus

avril 10, 2020

Amazon crée un laboratoire pour dépister ses employés

Le géant du commerce en ligne Amazon affirme avoir créé son propre laboratoire pour tester ses employés américains au nouveau coronavirus, sur fond d’inquiétudes croissantes sur leur santé. Le groupe, qui employait 750.000 personnes au début de l’année dans le monde entier avant de gonfler ses effectifs pour répondre à la flambée de la demande, a affirmé avoir renforcé ses moyens pour réaliser des dépistages.

«Des employés d’Amazon avec différents savoir-faire — chercheurs scientifiques, chefs de programme, spécialistes en approvisionnement, ingénieurs en informatique — ont mis en suspens leur emploi quotidien pour rejoindre une équipe consacrée à cette initiative», a indiqué le groupe dans un post de blog jeudi soir.

Les Petits Chanteurs à la Croix de bois offrent leur album aux résident des EHPAD

La célèbre chorale des Petits Chanteurs à la Croix de bois a souhaité apporter, elle aussi, sa contribution en ces temps de crise sanitaire. Un exemplaire digital de leur album Comme un chant d’espérance va ainsi être offert aux résidents de tous les EHPAD de France, qui pourront aussi demander à recevoir à titre gratuit un exemplaire physique du CD.

Malgré le virus, des milliers de saisonniers roumains en partance vers l’Allemagne

Des milliers de saisonniers roumains attendaient vendredi de monter dans des avions pour l’Allemagne en pleine pandémie de coronavirus, malgré la fermeture des frontières en Europe et après un renforcement des normes sanitaires. Début avril, l’Allemagne a décidé de permettre l’entrée sur son territoire aux étrangers désireux de participer aux récoltes, après avoir initialement interdit leur arrivée pour tenter d’endiguer la propagation du Covid-19.

«Trois charters avec près de 600 passagers (au total) à leur bord attendent le feu vert du ministère des Transports pour pouvoir décoller vers l’Allemagne», a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’aéroport international de Bucarest, Valentin Iordache.

Entré avec un casque blanc dans l’édifice toujours en travaux, Mgr Aupetit a pu se coiffer de sa calotte violette pour diriger la prière, accompagné par le recteur de la cathédrale Mgr Patrick Chauvet et de Mgr Denis Jachiet, évêque auxiliaire de Paris,

Le Portugal va prolonger l’état d’urgence jusqu’au 1er mai

Le Portugal ne doit pas «baisser la garde» face à la pandémie de coronavirus, a affirmé vendredi le président Marcelo Rebelo de Sousa en annonçant son intention de prolonger l’état d’urgence jusqu’au 1er mai. Le premier ministre Antonio Costa a lui aussi défendu le maintien des mesures de confinement car «la levée de l’état d’urgence enverrait un message erroné au pays».

«Je prendrai l’initiative de renouveler l’état d’urgence jusqu’au 1er mai», a déclaré le chef de l’État. «En ce moment décisif, nous ne pouvons pas baisser la garde», a souligné Marcelo Rebelo de Sousa. En vigueur depuis le 19 mars et jusqu’au 17 avril inclus, l’état d’urgence sera formellement prolongé en fin de semaine prochaine pour deux semaines de plus, a-t-il précisé.

Les Nord-Irlandais appelés à dénoncer les violations du confinement

La police nord-irlandaise a annoncé vendredi avoir lancé un formulaire en ligne où les citoyens peuvent dénoncer les personnes enfreignant les consignes officielles de distanciation sociale en pleine pandémie de nouveau coronavirus.

Ce formulaire permet de signaler des personnes effectuant des déplacements «non essentiels», des réunions publiques ou privées de personnes n’appartenant pas au même ménage ou des bars restant ouverts malgré les interdictions en vigueur depuis le 28 mars dans la province britannique, a précisé la police dans un communiqué.

«Nous voulons résoudre les situations où ces restrictions ont été violées sans avoir à recourir aux pouvoirs de police ou infliger des amendes», a expliqué un responsable de la police, Alan Todd. «Cependant, en cas de violation, nous voulons que les membres du public puissent nous le dire aussi facilement que possible», a-t-il ajouté.

La première usine de cercueils d’Europe augmente la cadence

La France compte ses morts et les commandes affluent. Pour répondre à la demande, l’usine haute-saônoise du groupe OGF, numéro un français des services funéraires, s’est réorganisée pour fabriquer 410 cercueils par semaine contre 370 en temps normal. Pour suivre le rythme, les 120 salariés du site sont passés de 35 à 39,5 heures de travail hebdomadaire. «Il faut faire tenir les équipes. Mais si besoin, elles sont prévenues et sont d’accord pour venir travailler aussi le samedi», abonde Didier Pidancet, chef d’équipe au pré-triage du bois.

Créée en 1910, l’usine de Jussey produisait du charbon de bois et du parquet avant de se spécialiser dans la fabrication de cercueils à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. C’est désormais l’une des deux usines du groupe OGF qui détient un quart du marché français du secteur et fournit les professionnels PFG, Roblot et Dignité Funéraire, soit plus de 1000 points de vente dans l’hexagone.

Quelque 8000 cercueils sortent chaque année de ce site de 10 hectares où sont écorcés et tranchés les billots de chêne, séchées et découpées les plaques de bois, puis assemblés et vernis les cercueils. Le bois, du chêne essentiellement, provient des vastes forêts alentour. «On est serein, on a trois mois de stocks de bois, de colle, de clous et de vernis devant nous», note Emmanuel Garret, directeur du site. «On nous demande un peu plus de grandes tailles», note le directeur qui se refuse à y voir un effet de l’épidémie de Covid-19 qui tue d’avantage les personnes en surpoids.

Rungis : l’opérateur funéraire prendra les frais à sa charge

L’opérateur funéraire OGF, en charge de la gestion de l’accueil des cercueils à Rungis et visé par une polémique sur les tarifs pratiqués, a annoncé qu’il prendrait «à sa charge tous les frais». «Le groupe OGF ne veut pas ajouter à la douleur des familles et annonce qu’il prendra à sa charge tous les frais relatifs à ce funérarium temporaire, à compter de ce jour et jusqu’à sa fermeture», écrit-il dans un communiqué, dénonçant «une polémique tout à fait injustifiée et déplacée».

Et de préciser : «En conséquence, aucune entreprise de Pompes Funèbres ne peut facturer des frais pour l’utilisation de ce dépositoire et les services qui y sont rendus».

Amélie, médecin: «Je porte une blouse de peintre, un masque de soudeur, et des gants d’entretien»

Ils sont ceux que l’on applaudit. Le Figaro fait chaque jour le portrait des héros ordinaires de cette période extraordinaire de crise du coronavirus.
Ce vendredi, nous rencontrons Amélie, jeune médecin de 30 ans, diplômée depuis quelques semaines à peine. Elle n’imaginait pas débuter sa carrière dans ces conditions.

Avec Le Figaro par Aude Bariéty, Margaux d’Adhémar et Luc Lenoir

Coronavirus : Trump ferme les frontières aux voyageurs en provenance d’Europe

mars 12, 2020
Le président américain Donald Trump s'est adressé à la nation, le 11 mars 2020, au sujet de la pandémie de coronavirus.
© /Getty Images Le président américain Donald Trump s’est adressé à la nation, le 11 mars 2020, au sujet de la pandémie de coronavirus.
Devant une crise qui prend de l’ampleur, Donald Trump s’est adressé mercredi soir aux Américains depuis le bureau ovale, annonçant des mesures d’aide et la suspension des voyages vers les États-Unis « en partance de l’Europe ». Certaines des actions qu’il a présentées ont semé la confusion, obligeant même le président à revenir sur un élément de son allocution.

La décision de prononcer un discours à la nation, un événement exceptionnel, contraste avec le ton rassurant employé depuis des semaines par le président Trump, qui, contrairement aux membres de son équipe, a minimisé à répétition la crise du coronavirus.

« J’ai décidé de mener plusieurs actions fortes, mais nécessaires pour protéger la santé et le bien-être de tous les Américains, afin d’éviter que de nouveaux cas atteignent notre territoire », a-t-il soutenu au fil de son allocution solennelle d’une dizaine de minutes, lue sur un télésouffleur.

« La fermeture des frontières, à laquelle échappe le Royaume-Uni, s’appliquera dès vendredi, à minuit, pour 30 jours », a précisé le président Trump.

La mesure, qui cible des personnes ayant séjourné dans la zone visée au cours des 14 jours précédant leur entrée prévue aux États-Unis, s’apparente à celle prise en janvier dernier relativement aux non-Américains s’étant rendus en Chine.

Ces interdictions s’appliqueront non seulement aux énormes échanges commerciaux et au fret, mais aussi à plusieurs autres choses au fur et à mesure que nous obtiendrons l’autorisation, a-t-il indiqué, son annonce tirant aussitôt les marchés boursiers asiatiques vers le bas et faisant chuter les prix du pétrole de plus de 2 %.

Dans un tweet envoyé quelques minutes après son allocution, le président a semblé corriger le tir. Il est très important que tous les pays et les entreprises sachent que le commerce ne sera en aucun cas touché par la restriction de 30 jours sur les voyages en provenance d’Europe. « La restriction arrête les personnes, pas les marchandises », a-t-il écrit.

Accusant au cours de son discours l’Union européenne d’avoir tardé à agir, il a affirmé qu’un nombre important de lieux où se concentraient les cas de COVID-19 avaient été ensemencés par des voyageurs venant d’Europe.

Le département d’État a par ailleurs conseillé aux Américains de reconsidérer les voyages à l’étranger.

Ces annonces surviennent dans un contexte où le nombre de cas de COVID-19 recensés sur le territoire américain a doublé en quelques jours à peine, passant selon l’Université Johns Hopkins à plus de 1300, le virus n’épargnant plus que huit États et faisant au moins 38 morts.

L’état d’urgence a été déclaré dans une quinzaine d’États américains, dont Washington, New York et la Californie, qui cumulent à eux trois près de 800 cas et la quasi-totalité des victimes. Dans l’État de Washington, la ville de Seattle, principal foyer du virus, a fermé ses écoles publiques pour au moins 14 jours.

Mesures économiques d’urgence

Lundi, les échanges ont été suspendus 15 minutes à la Bourse de New York après l'effondrement de l'indice élargi S&P 500 en pleine panique autour du krach pétrolier et des conséquences économiques du coronavirus.

© Richard Drew/Associated Press Lundi, les échanges ont été suspendus 15 minutes à la Bourse de New York après l’effondrement de l’indice élargi S&P 500 en pleine panique autour du krach pétrolier et des conséquences économiques du coronavirus.
« Ceci n’est pas une crise financière », a martelé le président Trump, au terme d’une autre journée mouvementée sur les marchés financiers, alors que le coronavirus a eu raison de 11 années de hausse ininterrompue à Wall Street. « La situation est temporaire », a-t-il insisté.

Le président américain n’a pas décrété l’état d’urgence – une hypothèse soulevée par des médias –, mais a présenté, comme il l’avait évoqué cette semaine, des mesures visant à juguler les effets économiques de la crise, comme des prêts à faible taux d’intérêt aux entreprises en difficulté ou le report de la date butoir de paiement des impôts pour certains individus et entreprises.

D’après le Washington Post, le coronavirus a entraîné la mise à pied de centaines de travailleurs, notamment dans l’industrie touristique.

Donald Trump a également fait allusion à une aide financière d’urgence aux travailleurs malades, dont il n’a cependant pas présenté la teneur.

Il a aussi appelé très fermement le Congrès à offrir rapidement aux Américains une baisse de l’impôt sur les salaires pour aider ces derniers à surmonter les impacts économiques de la pandémie. La proposition, à laquelle il a fait allusion plus tôt cette semaine, n’a pas rencontré un écho très favorable auprès des élus du Congrès, y compris au sein de son propre parti.

« Par ces mesures vigoureuses, je suis convaincu que nous réduirons considérablement la menace qui pèse sur nos citoyens et que nous vaincrons rapidement et définitivement ce virus », a-t-il soutenu, louant la réponse très rapide et le professionnalisme de son administration.

Les démocrates, eux, avaient accusé le président d’avoir tardé à réagir et de minimiser l’ampleur du problème. Celui-ci avait comparé leurs critiques à un canular.

« Nous devons mettre la politique de côté, arrêter la partisanerie et nous unir comme une seule nation et une seule famille », a lancé Donald Trump.

Un sondage de la firme Morning Consult, publié il y a quelques jours, montre que les Américains sont de plus en plus critiques de la gestion du dossier par leur président. Il y a un mois, 34 % appuyaient fermement sa façon de gérer la crise, tandis que 14 % la désapprouvaient avec autant de vigueur. Le dernier coup de sonde indique que les pourcentages sont respectivement passés à 24 % et à 31 %.

Vendredi dernier, Donald Trump avait par ailleurs donné son aval à un projet de loi bipartite du Congrès approuvant une aide d’urgence de 8,3 milliards de dollars américains pour le traitement et la prévention de la COVID-19. C’est trois fois plus que la somme qui avait été jugée nécessaire par son administration.

Selon CNN, Donald Trump a par ailleurs fait de son gendre Jared Kushner un conseiller dans ce dossier.

Des informations contradictoires

Selon la proclamation officielle publiée par la Maison-Blanche simultanément au discours à la nation, les restrictions s’appliquent plus précisément aux 26 États européens membres de la zone Schengen, un espace de libre circulation des personnes incluant par exemple l’Italie, l’Allemagne et la France, et non à la cinquantaine de pays du continent ou aux 27 pays de l’Union européenne, comme la déclaration de M. Trump le laissait supposer.

Ainsi, l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse sont visés par les restrictions, mais ne sont pas membres de l’UE. Inversement, la Bulgarie, la Croatie, l’Irlande, la Roumanie et Chypre, membres de l’UE, ne sont pas ciblés.

Le président a évoqué des exemptions pour les Américains qui ont subi les contrôles appropriés, mais celles prévues dans la proclamation semblent en fait beaucoup plus vastes.

Elles s’appliquent par exemple à tout résident permanent légal des États-Unis et à son conjoint ou à tout étranger dont l’entrée ne présente pas de risque significatif […] de transmission ou de propagation du virus.

Une situation banalisée

Le président Trump a parfois envoyé des messages contredisant ceux de son équipe chargée de gérer la crise du coronavirus, dont fait partie le directeur du NIAID, Anthony Fauci (à droite).

© BRENDAN SMIALOWSKI/Getty Images Le président Trump a parfois envoyé des messages contredisant ceux de son équipe chargée de gérer la crise du coronavirus, dont fait partie le directeur du NIAID, Anthony Fauci (à droite).
Accusé par ses adversaires de prendre à la légère la menace posée à la santé publique, désormais considérée comme une pandémie mondiale par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le président Trump a multiplié au cours des dernières semaines les affirmations contredisant le message de son administration, véhiculant même des informations erronées.

Donald Trump, qui a comparé à plusieurs reprises la COVID-19 à la grippe saisonnière, a banalisé, lundi, le nombre de victimes susceptibles de succomber à la première, affirmant que la deuxième faisait bien plus de victimes.

La semaine dernière, il a en outre mis en doute l’information de l’OMS sur le taux de mortalité de 3,4 % de la COVID-19.

Comparaissant mercredi devant un comité de la Chambre des représentants, le directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), Anthony Fauci, a pour sa part martelé que la COVID-19 avait un taux de létalité de beaucoup supérieur à la grippe saisonnière.

« Les gens disent toujours : « La grippe fait ceci, la grippe fait cela », a-t-il déclaré. La grippe a un taux de mortalité de 0,1 %. Le taux de mortalité [de la COVID-19] est dix fois plus élevé. C’est la raison pour laquelle je tiens à insister sur le fait que nous devons garder une longueur d’avance dans la prévention de cette maladie. »

« Ultimement, ça va s’aggraver », a averti l’immunologiste, membre de l’équipe gouvernementale chargée de lutter contre la propagation du coronavirus et coordonnée par le vice-président Mike Pence.

Le président a plutôt cherché à se faire rassurant. « Ça va disparaître. Il faut juste rester calme. Ça va disparaître », a-t-il martelé devant les journalistes mardi.

Le Dr Fauci a en outre recommandé de ne pas tenir d’événements attirant des foules nombreuses, citant en exemple les matchs de la NBA, l’Association nationale de basketball, mais se gardant soigneusement de parler de rassemblements politiques.

La NBA a d’ailleurs par la suite suspendu sa saison jusqu’à nouvel ordre.

Donald Trump avait pour sa part déjà martelé qu’il n’était pas question d’annuler ses rassemblements partisans, qui attirent des milliers de personnes.

Mercredi soir, la Maison-Blanche a annoncé l’annulation des visites prévues au Colorado et au Nevada. Rien n’a cependant été dit au sujet du rassemblement partisan prévu à Milwaukee, au Wisconsin, la semaine prochaine.

Avec Radio-Canada par Sophie-Hélène Lebeuf