Posts Tagged ‘Évasion’

Côte d’Ivoire: près de cent détenus s’évadent d’une prison

septembre 3, 2017

Katiola (Côte d’Ivoire) – Quatre-vingt seize prisonniers se sont évadés dimanche de la prison de Katiola, dans le centre de la Côte d’Ivoire, à 45 km au nord de Bouaké, a-t-on appris de source sécuritaire.

« Ces prisonniers se sont évadés entre 5 heures du matin et 6 heures ce dimanche », a expliqué à l’AFP cette source.

Un responsable de la prison joint au téléphone a confirmé l’information.

« Ce sont des lieutenants du célèbre Yakou le Chinois (un ex-prisonnier qui a été tué) qui sont à la base de cette évasion massive », a précisé une source judiciaire à Katiola.

« Les détenus sont passés par le toit de leurs cellules pour regagner d’autres cellules et ils ont profité de la sortie des corvéables pour casser le grande portail et prendre la fuite », selon cette source.

« Des recherches ont été immédiatement engagées pour retrouver les évadés, dont certains ont déjà été appréhendés par les forces de police et de gendarmerie », a déclaré le directeur de l’administration pénitentiaire, Joachim Koffi Kongoué dans un communiqué.

Selon lui, une enquête « a été ouverte pour situer les responsabilités relativement à cette évasion. Par ailleurs, le Garde des Sceaux invite les populations à garder leur calme ».

La veille de la fête de l’indépendance le 6 août, cinq prisonniers s’étaient évadés de la prison de Gagnoa, dans le centre de la Côte d’Ivoire. Quatre gardiens de prison et un civil ont été arrêtés, soupçonnés de complicité, a informé le maire.

Le 8 août, vingt personnes s’étaient évadées du palais de justice d’Abidjan, en plein centre-ville, après avoir agressé des policiers. Sept agents (d’encadrement des établissements pénitentiaires) dont « le commandant du palais (de justice) ont été relevés de leurs fonctions et arrêtés », selon le procureur Richard Christophe Adou.

La question de la sécurité est brûlante en Côte d’Ivoire depuis le début de l’année, après des mutineries dans l’armée et une série d’attaques contre des postes de police et de gendarmerie.

Romandie.com avec(©AFP / 03 septembre 2017 22h55)                                            

RDC: Ne Muanda Nsemi reste introuvable

août 19, 2017
Ne Muanda Nsemi, chef de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo. © P.D.C Vision pour la R.D.C/Youtube/Capture d’écran

Évadé de la prison de Makala en mai, le député congolais, introuvable, continue de diriger ses adeptes et de défier le pouvoir.

Où se cache-t‑il ? Depuis son incroyable évasion le 17 mai, Ne Muanda Nsemi (« esprit créateur » en kokongo), de son vrai nom Zacharie Badiengila, reste introuvable. Le gourou de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo (BDK) continue pourtant à faire parler de lui à Kinshasa.

Le 7 août, comme il l’avait annoncé fin juin dans une vidéo diffusée sur YouTube, ses adeptes sont descendus dans les rues de la capitale et de certaines villes de son Kongo-Central natal pour exiger le départ du président Joseph Kabila, tentant au passage d’attaquer de nouveau la prison de Makala, à Kinshasa, et divers « sites stratégiques », notamment les installations de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC).

Celui qui se considère comme le « grand maître de la sagesse kongo » prêche le « recours à l’authenticité », avec une forte dose de repli sur soi.

Une « tentative de coup d’État », selon la police, qui a arrêté une dizaine de makesa, les combattants de BDK, gourdins et grigris en main, rubans rouges sur la tête. « Nous avons affaire à des illuminés », commente un proche d’Emmanuel Ramazani Shadary, vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur et de la Sécurité.

Ne Muanda Nsemi, 71 ans, est officiellement à la tête de son mouvement depuis 1986. Celui qui se considère comme le « grand maître de la sagesse kongo » prêche le « recours à l’authenticité », avec une forte dose de repli sur soi. Il promet notamment à ses ouailles la résurrection du royaume Kongo tel qu’il s’étendait au XVe siècle, de la RD Congo au Gabon en passant par l’Angola et le Congo-Brazzaville.

« Il n’est certes pas l’ennemi public numéro un, mais son degré de nocivité est pris très au sérieux dans la région »

Le député de la Funa (district de Kinshasa) s’est-il retranché dans l’un de ces pays, où il revendique des adeptes ? « Si Ne Muanda Nsemi est aperçu chez nos voisins, il sera immédiatement arrêté », croit savoir une source gouvernementale congolaise.

« Il n’est certes pas l’ennemi public numéro un, mais son degré de nocivité est pris très au sérieux dans la région », ajoute-t‑elle. Sur ce point, le Rassemblement de l’opposition émet un doute car il soupçonne une instrumentalisation de BDK par le pouvoir.

Jeuneafrique.com par

Côte d’Ivoire: 20 personnes s’évadent du palais de justice d’Abidjan

août 8, 2017

Abidjan – Vingt personnes se sont évadées mardi du palais de justice d’Abidjan, en plein centre-ville de la capitale économique ivoirienne, après avoir agressé des policiers, a annoncé le procureur de la république.

« Dix (personnes) détenues et dix déférées » se sont évadées « aux environs de 11 heures » du matin, a déclaré le procureur Richard Christophe Adou dans un communiqué.

« Des détenus, extraits de la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan », qui étaient déferrés au palais de justice, « ont agressé des agents de police (…) occasionnant ainsi l’évasion de 20 personnes », précise le communiqué.

« Il s’agit bel et bien d’une évasion et non d’une attaque », ajoute le procureur.

Sept agents (d’encadrement des établissements pénitentiaires) dont « le commandant du palais (de justice) ont été relevés de leur fonction et arrêtés », a annoncé le procureur Richard Christophe Adou, sur la télévision nationale.

Selon un communiqué du directeur de l’administration pénitentiaire, les sept agents « ont manqué à leurs obligations », d’après les « premiers éléments de l’enquête ».

Mais selon une source judiciaire, l’évasion a été organisée par un commando d’hommes armés qui s’est introduit dans le palais de justice.

La question de la sécurité est brûlante en Côte d’Ivoire depuis le début de l’année, après des mutineries dans l’armée et une série d’attaques contre des postes de police et de gendarmerie.

Dimanche, cinq prisonniers s’étaient évadés de la prison de Gagnoa (centre de la Côte d’Ivoire). Quatre gardes pénitentiaires et un civil ont été arrêtés, soupçonnés de complicité, selon le maire de la ville, Bamba Medji.

Romandie.com avec(©AFP / 09 août 2017 00h26)

Évasion de prisons en RDC : 51 députés réclament la tête du ministre de la Justice

juin 13, 2017

Le ministre de la Justice de la RDC, Alexis Thambwe Mwamba, le 4 mars 2015, à New York. © UN Photo / Jean-Marc Ferré / Flickr

Une cinquantaine de députés mettent en cause la responsabilité du ministre d’État en charge de la Justice, Alexis Thambwe-Mwamba, dans une série d’évasions de prisons en RD Congo. Conduite par le député Muhindo Nzangi, un élu de Goma, dans le Nord-Kivu, une motion de défiance a été déposée mardi au bureau de l’Assemblée nationale.

C’est la première fois que Alexis Thambwe-Mwamba est interpellé de la sorte au Parlement depuis la série d’évasions de prison qu’a connu la RDC depuis le 17 mai dernier. Une motion de défiance signée ce mardi 13 juin par 51 députés demande à l’Assemblée nationale de se prononcer en faveur de la déchéance de l’actuel ministre d’État en charge de la Justice et de permettre au gouvernement de se doter d’un vrai homme d’État capable d’assurer ses fonctions à la tête de ce portefeuille. »

Pour les signataires de cette motion, « le ministre aurait menti et maquillé les chiffres concernant le nombre des évadés dans les prisons, affichant ainsi une attitude indigne d’un membre du gouvernement méprisant ainsi l’opinion en traitant d’idiots ceux qui n’ont pas cru aux faits tels qu’il les racontait ». Selon le texte du document, consulté par Jeune Afrique, il est également reproché au ministre son manque de considération envers l’Assemblée nationale et sa volonté de vouloir l’instrumentaliser en y présentant un projet de loi portant modification de la loi organique sur l’organisation et le fonctionnement de la Cour constitutionnelle.

Des milliers de détenus évadés en moins d’un mois

Plusieurs milliers de détenus se sont évadés récemment de prisons congolaises, une première dans l’histoire récente d’un pays qui a pourtant connu bien des soubresauts. Après l’évasion de près de 5 000 détenus, le 17 mai dernier, à la prison centrale de Makala dans la capitale congolaise, c’est dans la ville de Kasangulu, à 40 km au sud-ouest de Kinshasa, que quelque 70 détenus ont aussi parvenu à s’échapper suite à une attaque dans des circonstances troubles. Puis à Matete au sud de Kinshasa, le 10 juin, 17 détenus ont également réussi à s’évader. Enfin, rebelote le lendemain, à l’est de la RD Congo, dans la ville de Beni, où 930 détenus du centre pénitentiaire Kangbayi ont eux aussi profité d’une attaque par des hommes armés jusqu’aux dent pour se faire la belle.

Jeuneafrique.com par

RDC: 11 morts, 900 évasions dans l’attaque d’une prison dans l’est (officiel)

juin 11, 2017

Goma (RD Congo) – Onze personnes ont été tuées et plus de 900 détenus se sont évadés dimanche dans l’est de la République démocratique du Congo pendant l’attaque d’une prison par des « assaillants » non identifiés, a-t-on appris de source officielle.

« La prison de Kangwayi de la ville de Beni a été attaquée par des assaillants dont l’identité n’est pas encore connue. Lors des échanges de tirs entre les forces de l’ordre et les assaillants, nos services ont [comptabilisé] 11 morts dont 8 éléments des forces de l’ordre », a déclaré à la presse le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku. « Pour l’instant, sur 966 prisonniers, il ne reste que 30 détenus dans la prison ».

Selon M. Paluku, un couvre feu est établi sur la ville et le territoire de Beni mais également sur la ville voisine de Butembo à partir de 18H30 locales (16H30 GMT): « Seuls les policiers et les militaires doivent être visibles à partir de cette heure ».

La ville et le territoire de Beni sont situés dans le nord de la province troublée du Nord-Kivu. Depuis octobre 2014, plusieurs centaines des personnes y ont été tuées dans une série de massacres attribués aux Forces démocratiques alliées (ADF), une rébellion musulmane ougandaise.

Plusieurs dizaines des présumés ADF étaient incarcérés à la prison de Kangwayi.

L’attaque de ce pénitencier intervient au lendemain de celle ayant visé un commissariat et un parquet de Kinshasa où une policière congolaise a été tuée et quatre grièvement blessées. Et des attaques similaires se sont succédées depuis trois semaines.

Le 17 mai, la prison de Makala, la grande prison de Kinshasa, avait été attaqué et s’en était suivi une évasion massive de détenus et d' »importants dégâts matériels », selon les autorités.

Le 19 mai, plusieurs dizaines de détenus s’étaient également échappés d’une prison située à 40 km au sud-ouest de Kinshasa.

Ces différentes attaques et évasions interviennent alors que la RDC est minée par une crise politique profonde liée au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila dont le mandat a échu le 20 décembre dernier.

Âgé de 46 ans, M. Kabila a succédé à son père en janvier 2001. Élu président en 2006, il a été réélu en 2011, lors d’un scrutin entaché de fraudes massives.

Son mandat s’est achevé en décembre et la Constitution lui interdit de se représenter, mais il se maintient à la tête du pays en vertu d’un arrêt controversé de la Cour constitutionnelle, entérinée par un accord signé le 31 décembre 2016 entre la majorité et l’opposition.

L’est de la RDC est déchiré par des violences de groupes armés depuis plus de vingt ans.

Romandie.com avec(©AFP / 11 juin 2017 19h48)                                            

Brésil: 91 détenus s’évadent par un tunnel

mai 25, 2017

En marge d’une mutinerie dans une prison à Alcaçuz,près de Natal, dans le nord-est du Brésil, le 21 janvier 2017 / © AFP/Archives / ANDRESSA ANHOLETE

Un groupe de 91 détenus brésiliens s’est évadé de la prison de Parnamirim, dans l’Etat de Rio Grande do Norte (Nord-est) en empruntant un tunnel de trente mètres de long, a indiqué l’agence d’État Agencia Brasil.

Neuf d’entre eux ont été capturés et les autorités locales ont déployé un important dispositif pour tenter de retrouver les 82 prisonniers encore en cavale.

Une autre évasion massive a eu lieu dans ce même État de Rio Grande do Norte en janvier, quand 56 détenus se sont enfuis de la prison d’Alcaçuz, durant une mutinerie sanglante qui a fait 26 morts entre factions rivales.

Les chiffres des services judiciaires locaux attestent que la prison de Parnamirim était largement surpeuplée, avec 589 détenus pour une capacité de 382.

La guerre sans merci entre gangs de narcotrafiquants a déclenché au début de l’année une vague de violences sans précédent dans les prisons surpeuplées et vétustes du Brésil, notamment dans la région nord, frontalière du Pérou et de la Colombie, d’où vient la plupart de l’approvisionnement en cocaïne.

Avec 622.000 détenus recensés par le ministère de la Justice fin 2014, le Brésil compte la quatrième population carcérale au monde, derrière les États-Unis, la Chine et la Russie.

Au niveau national, le taux d’occupation carcéral est de 167%, dans des conditions souvent extrêmement insalubres.

Romandie.com avec(©AFP / 25 mai 2017 23h36

RD Congo : comment Ne Muanda Nsemi s’est évadé de la prison de Makala

mai 23, 2017

Après l’attaque de la prison de Makala, à Kinshasa en RDC, le 17 mai 2017. © John Bompengo/AP/SIPA

Retour sur l’évasion massive qui a secoué la prison centrale de Makala, le 17 mai dernier, en RD Congo. Le prisonnier de marque Zacharie Badiengila, chef de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo, reste toujours introuvable.

À cette heure, Zacharie Badiengila, alias Ne Muanda Nsemi, reste introuvable. À l’issue d’un assaut lancé par ses adeptes contre la prison centrale de Makala, où il était détenu depuis mars, ce député national, chef de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo, a pu s’évader le 17 mai à l’aube. Selon une source du centre pénitentiaire de Kinshasa, l’opération débute vers 3 h 40 lorsqu’un groupe composé d’hommes et de femmes, rubans rouges sur la tête et autour des bras, pour certains armés de kalachnikovs, parvient à entrer dans la maison d’arrêt après avoir maîtrisé les gardiens. Une fois à l’intérieur, ils tuent « à la machette » deux geôliers, entre le bâtiment administratif de la prison et le pavillon 9, où sont détenues des femmes. Celles-ci sont sommées de quitter leurs cellules.

 

L’ampleur de l’incendie a ralenti l’intervention des forces de l’ordre, qui ont surestimé la puissance de l’ennemi

Même ordre intimé aux « pensionnaires » du pavillon 10, qui héberge des militaires poursuivis ou condamnés. Puis les assaillants incendient un véhicule et le bureau du directeur de la prison. « L’ampleur de l’incendie a ralenti l’intervention des forces de l’ordre, qui ont surestimé la puissance de l’ennemi », croit savoir notre source.

Des morts

Mais toujours pas de Ne Muanda Nsemi. Le commando poursuit sa recherche. Vers 5 heures, il atteint le pavillon 1, où sont incarcérées des « personnalités ». La voie est enfin libre, mais le gourou hésite à suivre ses ouailles. Celles-ci lui assurent alors qu’elles ont amené des grigris pour le protéger contre les balles. Lorsque Ne Muanda Nsemi se décide à partir avec ses hommes, un premier renfort de l’armée est déjà sur place. Un dernier accrochage a lieu à la sortie de la prison. « Il y a eu des morts », reconnaît-on au ministère de la Justice, sans avancer de chiffre.

Jeuneafrique.com

RDC : après l’évasion de la prison de Makala, près de 70 autres détenus s’échappent de celle de Kasangulu

mai 19, 2017

Après l’attaque de la prison de Makala, à Kinshasa en RDC, le 17 mai 2017. © John Bompengo/AP/SIPA

Moins de 48 heures après une spectaculaire évasion de la prison de Makala, dans la capitale congolaise, plusieurs dizaines de détenus se sont échappés d’un autre établissement pénitencier à Kasangulu, au sud-ouest de Kinshasa dans la nuit de jeudi à vendredi.

« Sur les 74 détenus que comptait la vétuste prison de Kasangulu, 68 se sont évadés » vers 01h00 du matin, a déclaré à l’AFP Jean-Claude Vuemba, député de cette cité rurale de la province du Kongo-central située à environ 40 km au sud-ouest de la capitale. Seuls dix d’entre eux ont ensuite été « récupérés », a précisé l’élu qui a dénoncé les conditions de vie des détenus. « Ils n’ont pas à manger, les malades ne sont pas soignés ». Aucun mort ou blessé n’a été signalé.

 

Évasion massive à Makala

Interrogé par l’AFP, le porte-parole de la police nationale a seulement indiqué que des enquêteurs avaient été envoyés de Kinshasa pour s’enquérir de la situation sur place. L’élu Jean-Claude Vuemba a par ailleurs appelé à ne pas dresser un parallèle trop rapide entre les évasions de Kinshasa et celles de Kasangulu. Mercredi matin avant l’aube, la prison centrale de Makala à Kinshasa, la plus grande du pays, a été attaquée dans des circonstances non élucidées, provoquant une évasion massive de détenus.

Alors que certaines sources évoquent la fuite de plus de 4 000 personnes, soit environ la moitié des effectifs (estimés à près de 7 000 détenus en 2015) de cette prison très largement surpeuplée, les autorités n’ont fourni aucun bilan sur cet incident dans lequel au moins huit personnes ont trouvé la mort, selon une source officielle.

Le gouvernement accuse le BDK

Le gouvernement a accusé les adeptes de Bundu Dia Kongo (BDK, « Royaume du Kongo » en kikongo), un mouvement politico-religieux sécessionniste, d’être responsables de l’assaut contre le pénitencier, qui a conduit à l’évasion de leur chef, Ne Muanda Nsemi. Député de Kinshasa, Ne Muanda Nsemi est originaire du Kongo-central. Son mouvement est accusé d’une série d’attaques contre des symboles et des représentants de l’État au début de l’année dans cette province.

Il avait été arrêté début mars après avoir appelé à un soulèvement contre le président Joseph Kabila, dont le mandat est échu depuis décembre, mais qui se maintient à son poste dans un climat de tension politique exacerbée par une recrudescences des troubles dans plusieurs provinces du pays.

Jeuneafrique.com

En RDC, des centaines de détenus de Makala « se font la malle » le jour de la Fête de la libération

mai 18, 2017

Entre 600 et 4 600 prisonniers se seraient évadés après l’assaut par des complices du plus gros pénitencier de Kinshasa, faisant plusieurs dizaines de victimes.

Véhicules calcinés devant la prison de Makala, à Kinshasa, après l’attaque qui a permis à plusieurs milliers de détenus de s’évader dans la nuit du 16 au 17 mai 2017. Crédits : Robert Carrubba/REUTERS
A Selembao, commune de Kinshasa, un minibus plein à craquer laisse entendre un chant joyeux : « La prison est toute trouée ! » Des jeunes debout sur le toit narguent les policiers postés à tous les coins de rue. Plus loin sur cette route grignotée par le sable et les déchets, des militaires placides tiennent un barrage fait d’une guérite reliée par une corde à une table renversée. Ils défendent l’entrée du plus grand pénitencier de Kinshasa, la prison dite de Makala, qui vient de se vider d’une partie de ses 8 000 détenus. Derrière eux, une étendue de véhicules calcinés. Impossible d’aller plus loin.

« Il y a déjà eu des évasions, mais on n’a jamais vu ça », raconte Vincent, un habitant de Selembao, « sans travail, comme tout le monde ». Toute la nuit du mardi 16 mai au mercredi 17 mai, sa famille est restée éveillée à l’écoute des tirs. D’autres habitants ont vu des camions, des cadavres, des habits de détenus éparpillés dans la rue. D’après le gouvernement, un groupe armé a attaqué la prison vers trois heures du matin, libérant une cinquantaine de personnes et tuant un policier. Cinq attaquants auraient été tués. La Fondation Bill Clinton pour la paix, active dans la prison, a quant à elle recensé 600 évadés et une cinquantaine de victimes.

« On a entendu comme des coups de massue à la porte, raconte un prisonnier, joint par téléphone. Lorsque nous sommes sortis, nous avons vu beaucoup de policiers morts, certains calcinés ou ligotés. » Cet homme condamné à sept ans de prison pour escroquerie dit être tombé nez à nez avec une trentaine d’hommes et de femmes, armés de fusils et de machettes. « Le Congo est à tout le monde, sortez », lui a dit une attaquante.

Surpopulation et autogestion

Ville dans la ville, cette prison surpeuplée, initialement construite pour accueillir 1 500 détenus est officiellement gérée par le ministère de la justice, mais fonctionne selon ses propres lois. Organisée en onze pavillons, du plus insalubre au « VIP », Makala est gérée par les prisonniers eux-mêmes suivant une hiérarchie qui autorise tous les trafics et toutes les violences. « Makala fonctionne comme le Congo : il faut de l’argent et des contacts pour s’en tirer », explique un ancien détenu, libéré en 2016.

Les chiffres de l’intérieur sont donc différents. Joint par téléphone, un responsable « informel » évoque au moins cinq pavillons ouverts et seulement 3 366 détenus présents à l’heure actuelle. Depuis l’attaque, 168 évadés ont été arrêtés et réincarcérés. Plus de la moitié des prisonniers seraient donc en liberté, sans qu’on connaisse leur identité précise.

Parmi eux figure en tout cas Zacharie Dabiengila, alias Ne Mwanda Nsemi. Ce député de la province du Congo-Central (à l’ouest de Kinshasa), chef de la secte Bundu-dia-Kongo, qui appelle restaurer l’ancien royaume Kongo, avait été condamné pour « outrage au chef de l’Etat » et « incitation à la haine ». Arrêté en mars, il appelait à l’insurrection contre Joseph Kabila, dont le dernier mandat s’est officiellement terminé le 19 décembre 2016. On ne sait pas encore ce qu’il en est pour d’autres détenus « célèbres » de Makala, tels les condamnés pour l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, ancien président et père de Joseph Kabila.

L’attaque de la prison n’a certainement pas eu lieu par hasard mercredi 17 mai, vingt ans jour pour jour après l’entrée des rebelles de Laurent-Désiré Kabila dans Kinshasa. Ce jour férié devait célébrer la Fête de libération. Les festivités prévues n’ont pas eu lieu. Le 17 mai laissera désormais un autre souvenir à Selembao. Etrange coïncidence de l’histoire : en 1997, les rebelles avaient profité de leur victoire pour ouvrir les portes de la prison Makala.

 

RDC : Ne Muanda Nsemi, le chef de la secte Bundu Dia Kongo, s’évade de la prison de Makala

mai 17, 2017

Des patrouilles de police à Kinshasa, le 19 décembre 2016. © John Bompengo/AP/SIPA

Dans la nuit, une attaque contre la prison de Makala, la plus grande de Kinshasa, a permis l’évasion de Ne Muanda Nsemi, le chef de la secte politico-religieuse Bundu Dia Kongo (BDK) et de dizaines d’autres prisonniers, selon le ministre de la Justice congolais, Alexis Thambwe Mwamba.

La prison de Makala, à Selembao, au sud de Kinshasa, a été attaquée dans la nuit du 16 au 17 mai. L’information a été confirmée ce matin sur les ondes de la radio Top Congo par le ministre de la Justice.

Selon Alexis Thambwe Mwamba, les partisans de Ne Muanda Nsemi, le leader de la secte Bundu Dia Kongo (BDK), seraient à l’origine de cette attaque qui a permis de faire évader leur chef, ainsi que des dizaines d’autres détenus parmi ses soutiens.

Pour le moment, la situation est sous contrôle, les forces de police sont à l’intérieur.

« Des miliciens de Ne Muanda Nsemi ont attaqué avec des armes de guerre la prison [de Makala] cette nuit, a plus précisément déclaré le ministre. J’attends les précisions quant à l’heure. Ils ont réussi à faire évader Ne Muanda Nsemi et plusieurs dizaines de prisonniers parmi lesquels plusieurs de ses adeptes. Pour le moment, la situation est sous contrôle, les forces de police sont à l’intérieur. »

 

Photo de BrazzaNews.
Ne Muanda Nsemi

Toujours d’après le ministre, les auteurs de l’attaque auraient grièvement blessé le chef des opérations de la police à l’intérieur de la prison, lequel a pu être évacué. Ils auraient également incendié le bureau du directeur et son véhicule.

Un recensement des prisonniers en cours

Dans la foulée de l’évasion, l’alerte a été lancée avec le signalement des prisonniers évadés. Un recensement est en cours pour identifier les fugitifs mais selon le ministre de la Justice congolais, «à première vue, les prisonniers emblématiques, à l’exception de Ne Muanda Nsemi, sont toujours dans le centre pénitentiaire. »

Plus grande prison de Kinshasa avec un effectif estimé à près de 7 000 personnes en 2015, Makala abritait jusqu’ici le député Ne Muanda Nsemi, dont la secte politico-religieuse BDK avait appelé à l’insurrection en République démocratique du Congo contre le président Joseph Kabila.

Début mars dernier, le député s’était rendu à la police avec son épouse après des accrochages avec les forces de l’ordre aux abords de son domicile.

Jeuneafrique.com par