Posts Tagged ‘Évasion’

RDC: comment 115 détenus sur 120 ont-ils pu s’évader de la prison de Kabinda?

septembre 7, 2017

Un policier congolais à Goma, en RDC. © Jerome Delay/AP/SIPA

Cent quinze prisonniers se sont évadés dimanche 3 septembre de la prison de Kabinda, dans la province isolée de Lomami. Jeune Afrique a contacté le directeur de l’établissement pour en savoir plus sur cette évasion dont l’ampleur ne manque pas de surprendre.

« Je suis arrivé dimanche dans l’après-midi pour leur apporter de la nourriture, témoigne Nyongoli Mutanade, le directeur de la maison carcérale de Kabinda. Il n’y avait alors aucun problème. Mais quelques instants après être parti pour la messe, j’ai été averti par un moto-taxi d’une évasion dans la prison ».

Rapidement sur place, en compagnie du procureur, le directeur ne peut que constater les dégâts. Sur 120 détenus, seuls cinq sont encore dans leurs cellules. Les autres ont filé à l’anglaise avec une facilité déconcertante, en passant directement par la grande porte.

L’étrange abandon de poste de deux policiers

« Quatre policiers étaient chargés de la surveillance de la prison, explique Nyongoli Mutanade. Mais deux d’entre eux ont abandonné leurs postes peu avant l’évasion, en emportant avec eux une arme à feu. Les deux autres sont restés sur place, mais ils n’ont même pas tiré un seul coup de fusil pour empêcher les détenus de s’évader ou simplement prévenir la population. »

Sont-ils complices de l’évasion des détenus ? « Ils ont été mis aux arrêts et sont interrogés par la justice pour essayer de déterminer leur degré d’implication », affirme le directeur, qui nous indique que quatorze détenus ont déjà été rattrapés par la police avec l’aide de la population.

Jeuneafrique.com par

Côte d’Ivoire: le scénario d’une évasion rocambolesque

septembre 4, 2017
Des policiers ivoiriens en opération, en 2015 © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

96 détenus se sont échappés de la prison de la ville Katiola, ce dimanche 3 septembre. Cette évasion, la troisième en moins d’un mois, vient renforcer le sentiment d’insécurité dans le pays.

C’est selon un scénario rocambolesque que s’est déroulée l’évasion massive de la prison de Katiola, une petite ville située au nord Bouaké. Selon les informations recueillies par Jeune Afrique, il était environ 05h30 du matin dimanche 03 septembre, lorsque l’opération a débuté. Une certaine confusion régnait alors, l’heure étant celle à laquelle les « corvéables » – des détenus chargés de réaliser le ménage ou les courses pour la prison – quittent leurs cellules pour réaliser les tâches qui leur sont assignées.

En quelques minutes, trois à quatre prisonniers sont parvenus à quitter leurs cellules par un trou qu’ils avaient réalisé dans la toiture. Une fois à l’extérieur, ces hommes se sont emparés d’armes qu’ils avaient auparavant dissimulées. Profitant de l’effet de surprise, ils ont alors mis en joue certains des gardes pénitentiaires, et les ont contraints à ouvrir les cellules d’autres détenus.

Au total, 96 prisonniers de cette petite prison se sont échappés. Dans la journée, au moins une dizaine d’entre eux ont été rattrapés par les forces de l’ordre. Les recherches se poursuivent pour retrouver d’autres évadés.

Évasion massive

Selon Joachim Koffi Kongoué, le directeur de l’administration pénitentiaire, une enquête a été ouverte pour « situer les responsabilités relativement à cette évasion. Par ailleurs, le Garde des Sceaux invite les populations à garder leur calme ». De nombreuses zones d’ombres persistent en effet tant sur le mode opératoire que sur l’identité des prisonniers évadés.

Comment une opération de cette ampleur a-t-elle été possible ? Quelles ont été les complicités ? Selon plusieurs sources, les meneurs seraient d’anciens compagnons de Yacouba Coulibaly, plus connu sous le surnom de « Yacou le Chinois ». Le détenu le plus célèbre de Côte d’Ivoire, tué en février 2016 dans une fusillade à la MACA (Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan) avait d’abord été incarcéré en 2010 pour son passé de délinquant, s’étant illustré dans des affaires de vol et d’agressions. Il était parvenu à s’échapper lors de la crise post-électorale et avait réapparu en 2011 en tant que membre des FRCI (Forces républicaine de Côte d’Ivoire) loyales à Alassane Ouattara, avant de retourner en prison. Il y avait ensuite régné en maître.

Recrudescence de l’insécurité

En moins d’un mois, c’est la troisième évasion dans le pays. Mais cette fois, le nombre de prisonniers échappés est bien plus important. Début août, 5 détenus étaient parvenus à s’enfuir de la prison de Gagnoa, dans le centre du pays, puis, le 9 août, une vingtaine de prisonniers s’étaient évadés du tribunal d’Abidjan, la capitale économique.

Alors que depuis le début de l’année la Côte d’Ivoire a été confrontée à plusieurs mutineries et que les attaques de postes de police et de gendarmerie se multiplient – la dernière a eu lieu dans la nuit du 2 au 3 septembre, à une vingtaine de kilomètre d’Abidjan -, cette recrudescence de l’insécurité inquiète. Selon les informations de Jeune Afrique, ce lundi, le président ivoirien Alassane Ouattara a convoqué un Conseil national de sécurité extraordinaire pour examiner la situation.

Jeuneafrique.com par et

Côte d’Ivoire: près de cent détenus s’évadent d’une prison

septembre 3, 2017

Katiola (Côte d’Ivoire) – Quatre-vingt seize prisonniers se sont évadés dimanche de la prison de Katiola, dans le centre de la Côte d’Ivoire, à 45 km au nord de Bouaké, a-t-on appris de source sécuritaire.

« Ces prisonniers se sont évadés entre 5 heures du matin et 6 heures ce dimanche », a expliqué à l’AFP cette source.

Un responsable de la prison joint au téléphone a confirmé l’information.

« Ce sont des lieutenants du célèbre Yakou le Chinois (un ex-prisonnier qui a été tué) qui sont à la base de cette évasion massive », a précisé une source judiciaire à Katiola.

« Les détenus sont passés par le toit de leurs cellules pour regagner d’autres cellules et ils ont profité de la sortie des corvéables pour casser le grande portail et prendre la fuite », selon cette source.

« Des recherches ont été immédiatement engagées pour retrouver les évadés, dont certains ont déjà été appréhendés par les forces de police et de gendarmerie », a déclaré le directeur de l’administration pénitentiaire, Joachim Koffi Kongoué dans un communiqué.

Selon lui, une enquête « a été ouverte pour situer les responsabilités relativement à cette évasion. Par ailleurs, le Garde des Sceaux invite les populations à garder leur calme ».

La veille de la fête de l’indépendance le 6 août, cinq prisonniers s’étaient évadés de la prison de Gagnoa, dans le centre de la Côte d’Ivoire. Quatre gardiens de prison et un civil ont été arrêtés, soupçonnés de complicité, a informé le maire.

Le 8 août, vingt personnes s’étaient évadées du palais de justice d’Abidjan, en plein centre-ville, après avoir agressé des policiers. Sept agents (d’encadrement des établissements pénitentiaires) dont « le commandant du palais (de justice) ont été relevés de leurs fonctions et arrêtés », selon le procureur Richard Christophe Adou.

La question de la sécurité est brûlante en Côte d’Ivoire depuis le début de l’année, après des mutineries dans l’armée et une série d’attaques contre des postes de police et de gendarmerie.

Romandie.com avec(©AFP / 03 septembre 2017 22h55)                                            

RDC: Ne Muanda Nsemi reste introuvable

août 19, 2017
Ne Muanda Nsemi, chef de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo. © P.D.C Vision pour la R.D.C/Youtube/Capture d’écran

Évadé de la prison de Makala en mai, le député congolais, introuvable, continue de diriger ses adeptes et de défier le pouvoir.

Où se cache-t‑il ? Depuis son incroyable évasion le 17 mai, Ne Muanda Nsemi (« esprit créateur » en kokongo), de son vrai nom Zacharie Badiengila, reste introuvable. Le gourou de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo (BDK) continue pourtant à faire parler de lui à Kinshasa.

Le 7 août, comme il l’avait annoncé fin juin dans une vidéo diffusée sur YouTube, ses adeptes sont descendus dans les rues de la capitale et de certaines villes de son Kongo-Central natal pour exiger le départ du président Joseph Kabila, tentant au passage d’attaquer de nouveau la prison de Makala, à Kinshasa, et divers « sites stratégiques », notamment les installations de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC).

Celui qui se considère comme le « grand maître de la sagesse kongo » prêche le « recours à l’authenticité », avec une forte dose de repli sur soi.

Une « tentative de coup d’État », selon la police, qui a arrêté une dizaine de makesa, les combattants de BDK, gourdins et grigris en main, rubans rouges sur la tête. « Nous avons affaire à des illuminés », commente un proche d’Emmanuel Ramazani Shadary, vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur et de la Sécurité.

Ne Muanda Nsemi, 71 ans, est officiellement à la tête de son mouvement depuis 1986. Celui qui se considère comme le « grand maître de la sagesse kongo » prêche le « recours à l’authenticité », avec une forte dose de repli sur soi. Il promet notamment à ses ouailles la résurrection du royaume Kongo tel qu’il s’étendait au XVe siècle, de la RD Congo au Gabon en passant par l’Angola et le Congo-Brazzaville.

« Il n’est certes pas l’ennemi public numéro un, mais son degré de nocivité est pris très au sérieux dans la région »

Le député de la Funa (district de Kinshasa) s’est-il retranché dans l’un de ces pays, où il revendique des adeptes ? « Si Ne Muanda Nsemi est aperçu chez nos voisins, il sera immédiatement arrêté », croit savoir une source gouvernementale congolaise.

« Il n’est certes pas l’ennemi public numéro un, mais son degré de nocivité est pris très au sérieux dans la région », ajoute-t‑elle. Sur ce point, le Rassemblement de l’opposition émet un doute car il soupçonne une instrumentalisation de BDK par le pouvoir.

Jeuneafrique.com par

Côte d’Ivoire: 20 personnes s’évadent du palais de justice d’Abidjan

août 8, 2017

Abidjan – Vingt personnes se sont évadées mardi du palais de justice d’Abidjan, en plein centre-ville de la capitale économique ivoirienne, après avoir agressé des policiers, a annoncé le procureur de la république.

« Dix (personnes) détenues et dix déférées » se sont évadées « aux environs de 11 heures » du matin, a déclaré le procureur Richard Christophe Adou dans un communiqué.

« Des détenus, extraits de la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan », qui étaient déferrés au palais de justice, « ont agressé des agents de police (…) occasionnant ainsi l’évasion de 20 personnes », précise le communiqué.

« Il s’agit bel et bien d’une évasion et non d’une attaque », ajoute le procureur.

Sept agents (d’encadrement des établissements pénitentiaires) dont « le commandant du palais (de justice) ont été relevés de leur fonction et arrêtés », a annoncé le procureur Richard Christophe Adou, sur la télévision nationale.

Selon un communiqué du directeur de l’administration pénitentiaire, les sept agents « ont manqué à leurs obligations », d’après les « premiers éléments de l’enquête ».

Mais selon une source judiciaire, l’évasion a été organisée par un commando d’hommes armés qui s’est introduit dans le palais de justice.

La question de la sécurité est brûlante en Côte d’Ivoire depuis le début de l’année, après des mutineries dans l’armée et une série d’attaques contre des postes de police et de gendarmerie.

Dimanche, cinq prisonniers s’étaient évadés de la prison de Gagnoa (centre de la Côte d’Ivoire). Quatre gardes pénitentiaires et un civil ont été arrêtés, soupçonnés de complicité, selon le maire de la ville, Bamba Medji.

Romandie.com avec(©AFP / 09 août 2017 00h26)

Évasion de prisons en RDC : 51 députés réclament la tête du ministre de la Justice

juin 13, 2017

Le ministre de la Justice de la RDC, Alexis Thambwe Mwamba, le 4 mars 2015, à New York. © UN Photo / Jean-Marc Ferré / Flickr

Une cinquantaine de députés mettent en cause la responsabilité du ministre d’État en charge de la Justice, Alexis Thambwe-Mwamba, dans une série d’évasions de prisons en RD Congo. Conduite par le député Muhindo Nzangi, un élu de Goma, dans le Nord-Kivu, une motion de défiance a été déposée mardi au bureau de l’Assemblée nationale.

C’est la première fois que Alexis Thambwe-Mwamba est interpellé de la sorte au Parlement depuis la série d’évasions de prison qu’a connu la RDC depuis le 17 mai dernier. Une motion de défiance signée ce mardi 13 juin par 51 députés demande à l’Assemblée nationale de se prononcer en faveur de la déchéance de l’actuel ministre d’État en charge de la Justice et de permettre au gouvernement de se doter d’un vrai homme d’État capable d’assurer ses fonctions à la tête de ce portefeuille. »

Pour les signataires de cette motion, « le ministre aurait menti et maquillé les chiffres concernant le nombre des évadés dans les prisons, affichant ainsi une attitude indigne d’un membre du gouvernement méprisant ainsi l’opinion en traitant d’idiots ceux qui n’ont pas cru aux faits tels qu’il les racontait ». Selon le texte du document, consulté par Jeune Afrique, il est également reproché au ministre son manque de considération envers l’Assemblée nationale et sa volonté de vouloir l’instrumentaliser en y présentant un projet de loi portant modification de la loi organique sur l’organisation et le fonctionnement de la Cour constitutionnelle.

Des milliers de détenus évadés en moins d’un mois

Plusieurs milliers de détenus se sont évadés récemment de prisons congolaises, une première dans l’histoire récente d’un pays qui a pourtant connu bien des soubresauts. Après l’évasion de près de 5 000 détenus, le 17 mai dernier, à la prison centrale de Makala dans la capitale congolaise, c’est dans la ville de Kasangulu, à 40 km au sud-ouest de Kinshasa, que quelque 70 détenus ont aussi parvenu à s’échapper suite à une attaque dans des circonstances troubles. Puis à Matete au sud de Kinshasa, le 10 juin, 17 détenus ont également réussi à s’évader. Enfin, rebelote le lendemain, à l’est de la RD Congo, dans la ville de Beni, où 930 détenus du centre pénitentiaire Kangbayi ont eux aussi profité d’une attaque par des hommes armés jusqu’aux dent pour se faire la belle.

Jeuneafrique.com par

RDC: 11 morts, 900 évasions dans l’attaque d’une prison dans l’est (officiel)

juin 11, 2017

Goma (RD Congo) – Onze personnes ont été tuées et plus de 900 détenus se sont évadés dimanche dans l’est de la République démocratique du Congo pendant l’attaque d’une prison par des « assaillants » non identifiés, a-t-on appris de source officielle.

« La prison de Kangwayi de la ville de Beni a été attaquée par des assaillants dont l’identité n’est pas encore connue. Lors des échanges de tirs entre les forces de l’ordre et les assaillants, nos services ont [comptabilisé] 11 morts dont 8 éléments des forces de l’ordre », a déclaré à la presse le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku. « Pour l’instant, sur 966 prisonniers, il ne reste que 30 détenus dans la prison ».

Selon M. Paluku, un couvre feu est établi sur la ville et le territoire de Beni mais également sur la ville voisine de Butembo à partir de 18H30 locales (16H30 GMT): « Seuls les policiers et les militaires doivent être visibles à partir de cette heure ».

La ville et le territoire de Beni sont situés dans le nord de la province troublée du Nord-Kivu. Depuis octobre 2014, plusieurs centaines des personnes y ont été tuées dans une série de massacres attribués aux Forces démocratiques alliées (ADF), une rébellion musulmane ougandaise.

Plusieurs dizaines des présumés ADF étaient incarcérés à la prison de Kangwayi.

L’attaque de ce pénitencier intervient au lendemain de celle ayant visé un commissariat et un parquet de Kinshasa où une policière congolaise a été tuée et quatre grièvement blessées. Et des attaques similaires se sont succédées depuis trois semaines.

Le 17 mai, la prison de Makala, la grande prison de Kinshasa, avait été attaqué et s’en était suivi une évasion massive de détenus et d' »importants dégâts matériels », selon les autorités.

Le 19 mai, plusieurs dizaines de détenus s’étaient également échappés d’une prison située à 40 km au sud-ouest de Kinshasa.

Ces différentes attaques et évasions interviennent alors que la RDC est minée par une crise politique profonde liée au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila dont le mandat a échu le 20 décembre dernier.

Âgé de 46 ans, M. Kabila a succédé à son père en janvier 2001. Élu président en 2006, il a été réélu en 2011, lors d’un scrutin entaché de fraudes massives.

Son mandat s’est achevé en décembre et la Constitution lui interdit de se représenter, mais il se maintient à la tête du pays en vertu d’un arrêt controversé de la Cour constitutionnelle, entérinée par un accord signé le 31 décembre 2016 entre la majorité et l’opposition.

L’est de la RDC est déchiré par des violences de groupes armés depuis plus de vingt ans.

Romandie.com avec(©AFP / 11 juin 2017 19h48)                                            

Brésil: 91 détenus s’évadent par un tunnel

mai 25, 2017

En marge d’une mutinerie dans une prison à Alcaçuz,près de Natal, dans le nord-est du Brésil, le 21 janvier 2017 / © AFP/Archives / ANDRESSA ANHOLETE

Un groupe de 91 détenus brésiliens s’est évadé de la prison de Parnamirim, dans l’Etat de Rio Grande do Norte (Nord-est) en empruntant un tunnel de trente mètres de long, a indiqué l’agence d’État Agencia Brasil.

Neuf d’entre eux ont été capturés et les autorités locales ont déployé un important dispositif pour tenter de retrouver les 82 prisonniers encore en cavale.

Une autre évasion massive a eu lieu dans ce même État de Rio Grande do Norte en janvier, quand 56 détenus se sont enfuis de la prison d’Alcaçuz, durant une mutinerie sanglante qui a fait 26 morts entre factions rivales.

Les chiffres des services judiciaires locaux attestent que la prison de Parnamirim était largement surpeuplée, avec 589 détenus pour une capacité de 382.

La guerre sans merci entre gangs de narcotrafiquants a déclenché au début de l’année une vague de violences sans précédent dans les prisons surpeuplées et vétustes du Brésil, notamment dans la région nord, frontalière du Pérou et de la Colombie, d’où vient la plupart de l’approvisionnement en cocaïne.

Avec 622.000 détenus recensés par le ministère de la Justice fin 2014, le Brésil compte la quatrième population carcérale au monde, derrière les États-Unis, la Chine et la Russie.

Au niveau national, le taux d’occupation carcéral est de 167%, dans des conditions souvent extrêmement insalubres.

Romandie.com avec(©AFP / 25 mai 2017 23h36

RD Congo : comment Ne Muanda Nsemi s’est évadé de la prison de Makala

mai 23, 2017

Après l’attaque de la prison de Makala, à Kinshasa en RDC, le 17 mai 2017. © John Bompengo/AP/SIPA

Retour sur l’évasion massive qui a secoué la prison centrale de Makala, le 17 mai dernier, en RD Congo. Le prisonnier de marque Zacharie Badiengila, chef de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo, reste toujours introuvable.

À cette heure, Zacharie Badiengila, alias Ne Muanda Nsemi, reste introuvable. À l’issue d’un assaut lancé par ses adeptes contre la prison centrale de Makala, où il était détenu depuis mars, ce député national, chef de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo, a pu s’évader le 17 mai à l’aube. Selon une source du centre pénitentiaire de Kinshasa, l’opération débute vers 3 h 40 lorsqu’un groupe composé d’hommes et de femmes, rubans rouges sur la tête et autour des bras, pour certains armés de kalachnikovs, parvient à entrer dans la maison d’arrêt après avoir maîtrisé les gardiens. Une fois à l’intérieur, ils tuent « à la machette » deux geôliers, entre le bâtiment administratif de la prison et le pavillon 9, où sont détenues des femmes. Celles-ci sont sommées de quitter leurs cellules.

 

L’ampleur de l’incendie a ralenti l’intervention des forces de l’ordre, qui ont surestimé la puissance de l’ennemi

Même ordre intimé aux « pensionnaires » du pavillon 10, qui héberge des militaires poursuivis ou condamnés. Puis les assaillants incendient un véhicule et le bureau du directeur de la prison. « L’ampleur de l’incendie a ralenti l’intervention des forces de l’ordre, qui ont surestimé la puissance de l’ennemi », croit savoir notre source.

Des morts

Mais toujours pas de Ne Muanda Nsemi. Le commando poursuit sa recherche. Vers 5 heures, il atteint le pavillon 1, où sont incarcérées des « personnalités ». La voie est enfin libre, mais le gourou hésite à suivre ses ouailles. Celles-ci lui assurent alors qu’elles ont amené des grigris pour le protéger contre les balles. Lorsque Ne Muanda Nsemi se décide à partir avec ses hommes, un premier renfort de l’armée est déjà sur place. Un dernier accrochage a lieu à la sortie de la prison. « Il y a eu des morts », reconnaît-on au ministère de la Justice, sans avancer de chiffre.

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RDC : après l’évasion de la prison de Makala, près de 70 autres détenus s’échappent de celle de Kasangulu

mai 19, 2017

Après l’attaque de la prison de Makala, à Kinshasa en RDC, le 17 mai 2017. © John Bompengo/AP/SIPA

Moins de 48 heures après une spectaculaire évasion de la prison de Makala, dans la capitale congolaise, plusieurs dizaines de détenus se sont échappés d’un autre établissement pénitencier à Kasangulu, au sud-ouest de Kinshasa dans la nuit de jeudi à vendredi.

« Sur les 74 détenus que comptait la vétuste prison de Kasangulu, 68 se sont évadés » vers 01h00 du matin, a déclaré à l’AFP Jean-Claude Vuemba, député de cette cité rurale de la province du Kongo-central située à environ 40 km au sud-ouest de la capitale. Seuls dix d’entre eux ont ensuite été « récupérés », a précisé l’élu qui a dénoncé les conditions de vie des détenus. « Ils n’ont pas à manger, les malades ne sont pas soignés ». Aucun mort ou blessé n’a été signalé.

 

Évasion massive à Makala

Interrogé par l’AFP, le porte-parole de la police nationale a seulement indiqué que des enquêteurs avaient été envoyés de Kinshasa pour s’enquérir de la situation sur place. L’élu Jean-Claude Vuemba a par ailleurs appelé à ne pas dresser un parallèle trop rapide entre les évasions de Kinshasa et celles de Kasangulu. Mercredi matin avant l’aube, la prison centrale de Makala à Kinshasa, la plus grande du pays, a été attaquée dans des circonstances non élucidées, provoquant une évasion massive de détenus.

Alors que certaines sources évoquent la fuite de plus de 4 000 personnes, soit environ la moitié des effectifs (estimés à près de 7 000 détenus en 2015) de cette prison très largement surpeuplée, les autorités n’ont fourni aucun bilan sur cet incident dans lequel au moins huit personnes ont trouvé la mort, selon une source officielle.

Le gouvernement accuse le BDK

Le gouvernement a accusé les adeptes de Bundu Dia Kongo (BDK, « Royaume du Kongo » en kikongo), un mouvement politico-religieux sécessionniste, d’être responsables de l’assaut contre le pénitencier, qui a conduit à l’évasion de leur chef, Ne Muanda Nsemi. Député de Kinshasa, Ne Muanda Nsemi est originaire du Kongo-central. Son mouvement est accusé d’une série d’attaques contre des symboles et des représentants de l’État au début de l’année dans cette province.

Il avait été arrêté début mars après avoir appelé à un soulèvement contre le président Joseph Kabila, dont le mandat est échu depuis décembre, mais qui se maintient à son poste dans un climat de tension politique exacerbée par une recrudescences des troubles dans plusieurs provinces du pays.

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