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Chine: le Vatican pourrait reconnaître sept évêques nommés par Pékin

février 2, 2018

Messe de minuit à Fuyang, dans la province chinoise d’Anhui, le 24 décembre 2017 / © AFP/Archives / –

Le Vatican se rapproche d’un accord historique avec la Chine communiste sur la question épineuse de la nomination des évêques, avec la décision de reconnaître prochainement sept prélats nommés par par le régime de Pékin.

« Les choses bougent », a indiqué vendredi à l’AFP une source proche du dossier, en confirmant une information du quotidien américain Wall Street Journal. « Mais il est encore impossible de savoir quand un accord final pourra être conclu », dans le cadre de complexes négociations relancées depuis trois ans entre le Vatican et la Chine, a-t-elle précisé.

Parmi les sept évêques qui devraient être reconnus par le pape François, trois ont été officiellement excommuniés par le Vatican dans le passé, a précisé pour sa part un expert de l’Eglise chinoise.

La douzaine de millions de catholiques chinois est divisée entre une « Association patriotique » dont le clergé est choisi directement par le Parti communiste, enfreignant ainsi la règle d’obédience au pape, et une Eglise non officielle dont les évêques nommés par Rome sont tolérés mais pas reconnus par Pékin.

Preuve de la complexité de la situation religieuse en Chine, le Vatican a déjà « accepté » dans le passé certains évêques nommés par Pékin.

Deux évêques chinois reconnus par le pape ont été priés très récemment par un haut diplomate du Saint-Siège de céder leur place à des prélats choisis directement par Pékin, dont l’un avait été excommunié par le Vatican en 2011.

L’information a été dévoilée en janvier par AsiaNews, publication de l’Institut pontifical des missions étrangères de l’Eglise. Elle a été confirmée lundi par le cardinal chinois Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong et grand adversaire des tentatives de rapprochement entre le Vatican et Pékin.

Ces mouvements d’évêques sembleraient s’inscrire dans les négociations en cours.

Le numéro deux du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, a souligné mercredi dans un entretien au site Vatican Insider qu’il « n’existe pas deux Eglises en Chine mais deux communautés de fidèles appelées à accomplir un chemin progressif de réconciliation vers l’unité ».

– Faire des ‘sacrifices’ –

Cette recherche d’unité, au coeur de la diplomatie vaticane, passe forcément par le règlement de la question « cruciale » de la nomination des évêques, avait-il noté, ajoutant qu’il faudrait demander à certains de faire des « sacrifices ». De nombreux prêtres de l’Eglise souterraine sont persécutés en Chine.

Le Saint-Siège n’entretient plus de relations diplomatiques depuis 1951 avec la Chine.

Mais il est en revanche l’un des vingt Etats dans le monde à avoir des relations diplomatiques avec l’île de Taïwan, qui vit sa propre destinée depuis 1949. Or, Pékin la considère toujours comme partie intégrante de son territoire, et la reprise d’éventuels liens diplomatiques entre Pékin et le Vatican devra inévitablement affronter ce problème.

Cinq parlementaires taïwanais ont indiqué jeudi à l’AFP qu’ils avaient fait une demande d’audience au pape François dans le cadre d’une visite à Rome la semaine prochaine.

Il y a un an, en février 2017, le cardinal John Tong Hon, alors encore évêque de Hong Kong (successeur du cardinal Zen), parlait déjà d’un « consensus préalable » entre le Vatican et la Chine. Il avait alors précisé que le dernier mot reviendrait au pape pour la nomination de futurs évêques chinois, après des recommandations de la conférence épiscopale chinoise (liée au gouvernement).

En octobre dernier, Wang Zuoan, directeur de l’administration chinoise pour les affaires religieuses, avait estimé que le pape était « sincère » dans ses efforts de rapprochement, selon des propos rapportés dans AsiaNews.

Mais il avait mis deux conditions à la signature d’un accord: le Saint-Siège devrait rompre ses relations diplomatiques avec Taïwan et ne devrait pas intervenir dans les « affaires internes » de la Chine.

Romandie.com avec (©AFP / 02 février 2018 13h50)                

Mali: les évêques inquiets après plusieurs attaques contre des églises

octobre 2, 2017

 

Un prêtre célèbre une messe de Noël le 24 décembre 2016 à Gao, au Mali. © Baba Ahmed/AP/SIPA

La conférence épiscopale du Mali s’est déclarée inquiète ce 1er octobre après plusieurs attaques commises récemment contre des églises et des chapelles dans le centre du pays.

« Ces dernières semaines, ces derniers mois, nos églises, nos chapelles, ont été victimes de plusieurs attaques par de présumés jihadistes, a déclaré le secrétaire de la conférence épiscopale du Mali, Edmond Dembélé. Nous sommes inquiets ». Au Mali, pays à 90% musulman, les catholiques sont très minoritaires.

La semaine dernière, dans le village de Dobara, à 800 kilomètres au nord de Bamako, des hommes armés ont forcé la porte de l’église et y ont retiré crucifix, nappes d’autel, images et statue de la Vierge Marie et ont brûlé le tout devant l’église. D’autres attaques d’églises et de chapelles dans le centre du Mali se sont déroulés devant des fidèles les semaines précédentes.

En septembre toujours, dans la localité de Bodwal, des chrétiens ont été chassés de leur lieu de culte par des hommes armés avec ce message : « Nous allons vous tuer si nous vous voyons prier encore dans l’église ».

Le Mali, un pays laïc

La sécurité s’est nettement dégradée ces derniers mois dans le centre du Mali, où sévissent des groupes armés islamistes. Selon un rapport récent de l’ONG Human Rights Watch, ces groupes ont notamment procédé à des « exécutions sommaires de civils et de militaires de l’armée malienne, à la destruction d’écoles et au recrutement forcé d’enfants-soldats ».

« Le Mali étant un pays laïc, le gouvernement prend toutes les mesures pour assurer la sécurité des lieux de culte », a assuré un responsable du gouvernorat de Mopti, dans le centre du pays.

Jeuneafrique.com avec AFP

Dialogue en RD Congo : la médiation des évêques prise entre deux feux

mars 7, 2017

Monseigneur Marcel Utembi, médiateur dans le dialogue politique en République Démocratique du Congo, à Kinshasa, le 21 décembre 2016. © John Bompengo/AP/SIPA

Depuis trois mois, les évêques congolais arbitrent le dialogue politique laborieux entre le pouvoir et l’opposition. Au risque de ternir leur image…

Peut-on être médiateur dans le marigot politique congolais sans y perdre son âme ? Depuis décembre 2016, cette question agite la conscience des évêques catholiques. Ils sont en effet les arbitres d’un dialogue de sourds entre le pouvoir de Kinshasa et l’opposition, sur fond de crise constitutionnelle.

Le 20 décembre, le dernier mandat de Joseph Kabila a en effet expiré sans qu’un successeur ait été élu. La mission dévolue à la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), emmenée par Mgr Marcel Utembi, est délicate : le médiateur de l’Union africaine, Edem Kodjo, qui avait précédé les évêques dans cette tâche, n’avait pas réussi à convaincre l’opposition de négocier. Ses deux poids lourds d’alors, Étienne Tshisekedi et Moïse Katumbi (réunis au sein du Rassemblement de l’opposition), l’avaient récusé, le jugeant trop proche du pouvoir.

L’espoir de la Saint-Sylvestre

Mais en décembre, l’épiscopat faisait renaître l’espoir d’une transition apaisée. Forts de leur prestige dans la société congolaise (catholique à plus de 40 %) et aidés de la pression internationale, les évêques congolais ont ramené tout le monde autour de la table et fini par obtenir l’« accord de la Saint-Sylvestre ». Selon ce compromis signé le 31 décembre, le président Kabila peut rester au pouvoir, mais il doit nommer un Premier ministre issu de l’opposition.

Or cette mécanique s’est rapidement grippée quant à ses modalités d’application. Après la disparition d’Étienne Tshisekedi, le 1er février à Bruxelles, le Rassemblement de l’opposition est parvenu, bon an mal an, à rester soudé. Le 2 mars, il désignait un duo à sa tête : l’expérimenté Pierre Lumbi (proche de Katumbi) du Mouvement social pour le renouveau, et son candidat pour le poste de Premier ministre, Félix Tshisekedi (le fils d’Étienne) de l’Union pour la démocratie et le progrès social. Or Joseph Kabila exige de faire son choix sur la base d’une liste d’au moins trois noms.

La lettre muette de Tshisekedi

Jusqu’à présent, les évêques se refusent à trancher ce litige, à l’origine du blocage. Le risque est en effet grand pour eux d’être accusés de partialité, comme l’a montré l’épisode vaudevillesque de la lettre d’Étienne Tshisekedi. Avant son décès, ce dernier avait en effet transmis aux évêques une lettre adressée au chef de l’État contenant le nom de celui qu’il entendait nommer à la primature. Au lendemain de sa mort, l’opposition s’y est accrochée comme à une relique.

Les évêques doivent démontrer aux Congolais qu’ils restent indépendants, sous peine de perdre leur popularité

Lorsque le président a enfin reçu les prélats, le 20 février, l’opposition était en droit d’espérer que la sainte missive contraigne Kabila à céder. Or, trois jours plus tard, le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku – un proche du président – affirmait que ladite lettre n’avait pas été remise à son destinataire. « Les évêques se sont laissé intimider ! » s’indignait alors un stratège du Rassemblement.

Impartialité à la loupe

Sous pression, les évêques ont dû organiser aussitôt une conférence de presse afin de s’expliquer. Entre les lignes, ils ont laissé entendre qu’en réalité le chef de l’État avait refusé de recevoir la missive. Trois jours plus tard, comme pour prouver son indépendance, la Cenco lançait une lourde accusation contre le pouvoir : celui-ci entretiendrait volontairement des « foyers de tension » dans le pays afin de retarder l’élection prévue en fin d’année.

Le 27 janvier dernier, l’ambassadeur de la RD Congo à l’ONU a effectivement fait valoir que la – modeste – reprise de la rébellion du Mouvement du 23-Mars (M23) dans l’est du pays risquait de « perturber le processus électoral ». De là à imaginer que le pouvoir l’a lui-même suscitée, il n’y a qu’un pas que les diplomates occidentaux à Kinshasa se gardent de franchir. « Les évêques sont devenus une troisième partie aux discussions, analyse l’un d’eux. Ils doivent démontrer aux Congolais qu’ils restent indépendants, sous peine de perdre leur popularité. »

Fin février, des églises ont été pillées à Lubumbashi (fief de Katumbi) et dans la commune kinoise de Limete (celui des Tshisekedi). L’opposition accuse le régime d’avoir organisé ces exactions pour la discréditer. Le clergé, lui, s’est refusé à en désigner les responsables, restant au milieu du village, entre deux feux.

Jeuneafrique.com par Pierre Boisselet

Côte d’Ivoire : les évêques dénoncent un « climat délétère » et expriment leur inquiétude

janvier 25, 2017

Un militaire ivoirien à Abidjan en octobre 2015. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Les évêques catholiques ivoiriens se disent « inquiets » face aux remous sociaux en Côte d’Ivoire, où les militaires ont récemment fait parler les armes et où la grève des fonctionnaires déclenchée le 9 janvier se durcit. Mercredi, ils ont dénoncé un « climat délétère qui risque de compromettre gravement tous les acquis enregistrés ».

« Nous, évêques catholiques de Côte d’Ivoire, marquons notre inquiétude devant les événements sociaux qui secouent notre pays : mécontentements des militaires, grèves des fonctionnaires et agents de l’État » a déploré l’épiscopat dans un communiqué publié mercredi 25 janvier.

« Sentiments de frustration et de révolte »

Les évêques déplorent également « un malaise social qui persiste au sein de la population (…) et de sentiments de frustration et de révolte qui habitent encore les cœurs de nombre d’Ivoiriens ».

« Tout ce climat délétère, si nous n’y prenons garde, risque de compromettre gravement tous les acquis enregistrés, fruits de nos efforts » ont-ils souligné, avant d’inviter la société ivoirienne à une rencontre « pour débattre de toutes les questions relatives à la sécurité, à la cherté de la vie, au chômage des jeunes, aux conditions de travail, à la situation salariale, etc ».

Climat social explosif 

Plus de deux semaines après le début de la grève des fonctionnaires, le climat social est explosif. Militaires, étudiants, fonctionnaires, pompiers : la grogne s’étend et se durcit. Mardi, les grévistes ont donc demandé une rencontre avec le président ivoirien Alassane Ouattara en vue « de décanter la situation bloquée ».

« Nous attendons une rencontre avec le président (Alassane Ouattara) ou au moins son vice-président (Daniel Kablan Duncan) afin d’établir un dialogue direct qui pourrait décanter la situation », avait déclaré à l’AFP Théodore Gnagna Zadi, président de la plateforme qui regroupe une cinquantaine de syndicats de fonctionnaires. Selon lui, « le président ne s’est jamais prononcé sur la situation et cela est perçu comme un mépris. Il faut qu’il dise quelque chose vu l’état de la situation ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Reprise du dialogue en RDC: évêques et politiques espèrent un accord ce vendredi

décembre 30, 2016

 

Les évêques de la Cenco à Kinshasa, le 21 décembre 2016.
© REUTERS/Thomas Mukoya

Pédophilie: les évêques pourront être révoqués pour négligence

juin 4, 2016

Cité du Vatican – Les évêques qui se rendront coupables de négligence dans l’exercice de leur fonction vis-à-vis de cas d’abus sexuels commis sur des mineurs, pourront être révoqués, selon un nouveau décret émis samedi par le pape, et incorporé au droit canon.

Celui-ci prévoit déjà la révocation pour causes graves, précise le pape.

Avec la présente, j’entends préciser que parmi ces dites +causes graves+, est (désormais, ndlr) comprise la négligence des évêques dans l’exercice de leur fonction, en particulier vis-à-vis des cas d’abus sexuels commis sur des mineurs et des adultes vulnérables, écrit Jorge Bergoglio.

François annonce également la création d’un collège de juristes chargé de l’assister avant de prononcer la révocation d’un évêque, précise un communiqué du porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi.

Dans cette lettre apostolique, sous forme de motu proprio, et intitulée Comme une mère aimante, le pape rappelle que l’Eglise aime tous ses fils, mais soigne et protège avec une affection toute particulière les plus faibles et les sans défense.

C’est pourquoi, ajoute le pape, ses pasteurs, et notamment ses évêques, doivent faire preuve d’une particulière diligence dans la protection des plus faibles parmi les personnes qui lui sont confiées.

Le pape a maintes fois appelé à punir avec sévérité ceux qui se rendent coupables d’abus sexuels contre les mineurs et à faire preuve de tolérance zéro à l’égard de cette tragédie.

Il a ainsi estimé à plusieurs reprises que les évêques ayant protégé des pédophiles devaient démissionner. Il a d’ailleurs créé au Vatican une instance judiciaire pour les juger.

Depuis 2001, le Vatican a donné des consignes fermes aux Eglises nationales du monde entier, comme la collaboration automatique avec la justice et la suspension du prêtre accusé, mais les associations de victimes estiment que la conspiration du silence reste tolérée au plus haut niveau.

Romandie.com avec(©AFP / 04 juin 2016 13h08)

Une situation tendue au Congo Brazzaville

avril 19, 2016

La population a-t-elle peur ?

Une chape de plomb est tombée sur le Congo Brazzaville depuis la réélection de Denis Sassou Nguesso, le 20 mars. « Nous avons peur de prendre la parole en public, de dire ce que nous pensons, de critiquer le pouvoir », explique un ingénieur de Pointe Noire, interrogé hier par La Croix.

Les miliciens du Front des patriotes du député Aimé H. Mouagni, et les agents de la Garde républicaine (GR), de la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) et de la Direction générale de surveillance du territoire (DGST) sèment la terreur dans les rangs de l’opposition. « Ils surveillent la population, nous arrêtent, nous torturent : sans cadre légal, en toute impunité », dit un autre.

> Relire : L’opposition craint le pire au Congo-Brazzaville

Les téléphones sont écoutés, les conversations surveillées, les mails interceptés. Le colonel Mpika, enlevé le 31 mars dans sa maison de Pointe Noire par des hommes en uniforme, ce dont La Croix avait parlé le 4 avril, est toujours porté disparu. Personne ne sait s’il est encore vivant. « Il serait enfermé à la DGST, à Brazzaville », dit une source. Les principaux chefs de l’opposition sont enfermés chez eux depuis plusieurs jours, empêchés de sortir par les forces de l’ordre. Le général Mokoko, arrivé 3e à l’élection présidentielle, vit ainsi reclus depuis le mardi 5 avril.

Que fait l’Église catholique ?

Elle est assez prudente. La hiérarchie semble paralysée par des contradictions internes. « Les neuf évêques de la conférence épiscopale sont divisés », témoigne un acteur de l’Église congolaise, « les deux originaires du nord, la région de Sassou Nguesso, penchent plutôt du côté présidentiel. Les trois évêques européens, deux Français et un Espagnol, ne se sentent pas autorisés à dénoncer les dérives actuelles au motif qu’ils ne sont pas Congolais. Enfin, les quatre évêques du sud ne veulent pas braquer leurs collègues du Nord. »

Donc, pour l’heure, la hiérarchie ne fait pas entendre sa voix. Mgr Louis Portella, évêque de Kinkala, chef-lieu du Pool, a pris la parole sur RFI, vendredi 15 avril, pour condamner les bombardements de plusieurs villages de son diocèse. « La Conférence épiscopale n’est pas du tout divisée. Loin de là ! Elle prend le temps du discernement », répond-il à La Croix. Interrogé sur la mission d’évaluation des dégâts dans le Pool lancée par son diocèse, il répond, prudent : « Elle vient de rentrer, nous préférons prendre le temps d’établir un rapport sérieux de ce qu’elle a pu noter. »

> Lire aussi : Congo : Il faut « sauver ce qui nous reste », s’alarme l’archevêque de Brazzaville

Que fait la communauté internationale ?

L’Union africaine, l’Union européenne, la France ne se sont pas alarmés de la dérive autoritaire du régime congolais. Le jour de son investiture, samedi 16 avril, seule une poignée de chefs d’État africains avait fait le déplacement à Brazzaville. À la suite de l’élection, les États-Unis avaient tout de même déploré « des irrégularités généralisées et des arrestations de soutiens de l’opposition dans la foulée des élections ».

Le Canada est l’un des rares pays à s’être clairement inquiété de la crise congolaise. Samedi 16 avril, son premier ministre Justin Trudeau déclarait : « Le Canada déplore le processus électoral irrégulier qui a mené à l’investiture aujourd’hui de M. Denis Sassou-Nguesso au titre de président de la République du Congo, y compris différentes arrestations arbitraires, les restrictions imposées sur les télécommunications et la libre circulation, et les tentatives d’intimidation des médias. »

Lacroix.fr par Laurent Larcher

Mexique : le pape demande aux évêques d’affronter le narcotrafic avec courage

février 13, 2016

Mexico – Le pape François a demandé samedi aux évêques d’affronter le narcotrafic et la violence avec courage lors d’un discours dans la cathédrale de Mexico.

L’ampleur du phénomène, la complexité de ses causes, l’immensité de son extension qui dévore comme des métastases (…), et la gravité de la violence (…), ne nous permettent pas à nous, pasteurs de l’Eglise, de nous réfugier derrière de simples dénonciations, mais exigent un courage prophétique, a déclaré le pape devant les évêques mexicains.

Je vous demande de ne pas sous-évaluer le défi moral et anticivique que représente le trafic de drogue pour la société mexicaine, y compris l’Eglise, a lancé le pape lors d’un long discours prononcé dans la cathédrale de la capitale, au premier jour de son voyage.

Je suis particulièrement préoccupé pour beaucoup de jeunes, qui, séduits par la puissance du monde, exaltent les chimères et se revêtent de leurs macabres symboles pour commercialiser la mort en échange de trésors, qu’en fin de compte, les mites et la rouille dévorent, a encore dénoncé Jorge Bergoglio, qui ne cesse, depuis qu’il a été élu pape en 2013, de dénoncer tous les trafics.

François a demandé aux évêques un regard d’une délicatesse singulière pour les peuples indigènes et pour leurs fascinantes cultures. Le Mexique a besoin de leurs racines amérindiennes pour ne pas être réduit à une énigme irrésolue. Les indigènes du Mexique attendent encore qu’on reconnaisse effectivement la richesse de leur contribution.

Il leur a aussi demandé de répondre au défi de notre temps : l’immigration de millions de catholiques d’Amérique centrale et du Sud qui sont en transit vers les Etats-Unis. Il a appelé les évêques mexicains à travailler de concert avec les évêques américains, pour manifester aux migrants la présence maternelle de l’Eglise.

Comme il l’a fait aux Etats-Unis en septembre, le pape a fait la leçon aux évêques contre la tentation de jouer les princes, coupés du peuple des fidèles : ne vous laissez pas corrompre par les illusions séductrices des accords conclus en dessous de la table. Ne mettez pas votre confiance dans les chars et les chevaux des pharaons actuels ! Ne perdez donc pas du temps (…) dans les clubs stériles d’intérêts ou de coteries, leur a-t-il recommandé.

Durant les cinq jours de sa visite au Mexique, de nombreux déplacements sont prévus dans des régions réputées violentes.

Romandie.com

Pédophilie: premier procès au Vatican en juillet, limogeage de deux évêques américains

juin 15, 2015

Cité du Vatican – Le Saint-Siège a annoncé lundi coup sur coup l’ouverture en juillet d’un premier procès au Vatican pour pédophilie concernant un ancien nonce en République dominicaine et le limogeage de deux évêques américains accusés d’avoir couvert des prêtres pédophiles dans leur diocèse.

Le président du Tribunal de l’Etat de la Cité du Vatican a renvoyé en accusation l’ancien Nonce apostolique en République Dominicaine Józef Wesolowski. La première audience est fixée au 11 juillet, a précisé un communiqué.

Les délits qui sont contestés à l’ancien ambassadeur ont été commis durant son séjour romain, d’août 2013 à son arrestation le 22 septembre 2014, ainsi que durant ses fonctions de nonce (ambassadeur) en République Dominicaine du 24 janvier 2008 au 21 août 2013.

Dans le premier cas il s’agit de la détention de matériel pédo-pornographique, délit introduit dans la législation vaticane par le pape François en 2013. Dans le second cas, il s’agit d’abus sexuels sur mineurs contestés sur la base du réquisitoire provenant des Autorités judiciaires de Saint-Domingue, a précisé le Vatican.

Le nonce est accusé d’avoir eu des relations avec des mineurs dans un quartier chaud de Saint-Domingue.

Le Tribunal pourra s’appuyer sur des expertises sur les ordinateurs du prévenu, mais aussi sur d’éventuelles formes de coopération judiciaire internationale, destinées à évaluer les témoignages probatoires fournis par la Justice dominicaine, a précisé le Vatican.

Le pape a par ailleurs accepté lundi la démission de deux évêques américains.

Ces démissions de l’archevêque de Saint Paul et Minneapolis, Mgr John Clayton Nienstedt, et celle de son adjoint, Mgr Lee Anthony Piché, ont été acceptées par le pape, conformément à une disposition du code de droit canon, qui prévoit une sanction en cas de faute grave.

Le Vatican ne donne pas d’explication mais cette sanction était réclamée par des associations de victimes aux Etats-Unis.

Le Vatican a annoncé la semaine dernière la création d’une nouvelle instance de droit canonique pour juger les évêques coupables de négligence ou de complicité avec des prêtres sous leur autorité coupables d’abus sexuels.

Cette nouvelle instance ne jugera pas ces prélats au pénal, contrairement à ce qui se produira pour ce nonce, directement accusé de délits pédophiles.

Ce sera une première pour le petit tribunal, qui avait déjà connu un procès célèbre en 2012, quand il avait jugé l’ancien majordome du pape Benoît XVI, Paolo Gabriele, condamné pour avoir transmis secrétement à la presse italienne des documents confidentiels. Il avait ensuite été gracié.

Ces mesures anti-pédophilie illustrent la ligne plus sévère du Vatican pour faire face à ce fléau qui a discrédité l’Eglise, même si les associations d’anciennes victimes reprochent au Vatican de ne pas aller assez loin.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juin 2015 13h26)

Un tribunal du Vatican jugera les évêques couvrant des abus sexuels

juin 10, 2015

Le pape a donné mercredi son feu vert à la création d’une instance judiciaire qui jugera les évêques accusés d’avoir couvert ou de n’avoir pas empêché des abus sexuels sur mineurs. Cette instance va dépendre de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Cette instance répond à des demandes répétées des associations de victimes. Elle était notamment préconisée par la commission de 17 membres -des religieux et des laïcs, dont huit femmes– créée l’an dernier au Vatican pour examiner les moyens de lutter contre les abus sexuels sur mineurs commis par des ecclésiastiques.

Les évêques pourront être jugés pour « manquement à leur devoir professionnel », en vertu du droit canon, explique un communiqué du Saint-Siège.

Les plaintes seront reçues et transmises par les congrégations pour les évêques, pour l’évangélisation des peuples et pour les Eglises orientales. Ce sont les trois « ministères » du Vatican compétents pour les évêques à travers le monde.

Un secrétaire spécialement nommé par le pape aura la responsabilité de cette nouvelle section judiciaire. Son personnel « pourra aussi être employé pour les procès pénaux dans des cas d’abus de mineurs et d’adultes vulnérables (handicapés) de la part du clergé », signale le communiqué.

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