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Everest : trois Français portés disparus après une avalanche

octobre 31, 2021

Les alpinistes, dont les noms n’étaient pas encore connus dimanche matin, tentaient d’escalader un sommet de 6 000 mètres non loin du mont Everest.

Un responsable du ministere du Tourisme a declare au journal que ces alpinistes n'avaient pas demande d'autorisation, ce qui est obligatoire avant de se lancer dans une escalade.
Un responsable du ministère du Tourisme a déclaré au journal que ces alpinistes n’avaient pas demandé d’autorisation, ce qui est obligatoire avant de se lancer dans une escalade.© PRAKASH MATHEMA / AFP

Trois jeunes alpinistes français engagés dans une expédition de haut niveau au Népal sont portés disparus à la suite d’une avalanche sur un sommet de la région de l’Everest, une équipe de secours a été lancée à leur recherche, a indiqué ce dimanche 31 octobre la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM), témoignant de l’« émotion » de la communauté montagnarde et alpiniste.

Les trois hommes, tous âgés d’une vingtaine d’années, appartiennent au Groupe excellence alpinisme national (Gean), formation d’élite de la fédération. Ils font partie d’un groupe arrivé fin septembre dans la région du Khumbu (région de l’Everest), pour gravir plusieurs sommets entre 5 000 et 6 000 mètres d’altitude situés au sud de l’Ama Dablam (6 814 mètres), précise-t-elle.

Les trois alpinistes préparaient une ascension sur un sommet proche de l’Ama Dablam et le dernier contact téléphonique avec eux depuis leur bivouac remonte au 26 octobre, selon la FFCAM.

Un hélicoptère déployé

Un hélicoptère affrété par la fédération a effectué samedi une reconnaissance et repéré des « traces d’ascension ainsi que les débris d’une avalanche de grande ampleur. Aujourd’hui (…), un hélicoptère avec une équipe de secours sont dépêchés sur place pour tenter de retrouver d’éventuels survivants », ajoute-t-elle.

« Je peux vous dire que les opérations de secours sont lancées, mais je ne peux pas vous dire où elles en sont », a précisé le président de la FFCAM, Nicolas Raynaud, jugeant peu probable qu’on en sache plus avant lundi prochain.

« L’Himalaya, ce n’est pas les Alpes. On n’envoie pas un hélicoptère qui est sur zone en une demi-heure. En plus, on est sur un sommet qui est vierge, qui n’a jamais été gravi, dans un fond de vallée où même les gens du pays ne savent pas comment y aller, ce n’est pas si simple de monter une opération de secours », a-t-il ajouté. « Quoi qu’il arrive, c’est un accident qui laissera des traces et qui sera dramatique. »

Pas d’autorisation préalable

Ces alpinistes « sont des gens qui ne prennent pas les décisions à la légère (…) Il y avait eu un très gros travail de préparation, de repérage sur site » à la jumelle, souligne-t-il. « C’est de l’alpinisme de très haut niveau, donc forcément la part de l’aléatoire est encore plus importante. » L’objectif était de gravir le Mingbo Eiger (6 017 mètres), un sommet proche de l’Ama Dablam. Il s’agit d’« itinéraires d’envergure », même si ce ne sont pas des « sommets prestigieux », note Nicolas Raynaud.

« Nous n’avons pas encore d’information claire sur le nombre de personnes disparues », a déclaré de son côté le président de l’association nationale népalaise des guides de montagne, Ang Norbu Sherpa. « Nous avons envoyé une équipe de cinq guides de montagne très expérimentés. Ils sont en route et démarreront les opérations de recherche demain (lundi) », a-t-il ajouté.

Selon le journal The Himalayan Times, des tentes et du matériel ont été repérés près d’un glacier sous le mont Ama Dablam par une équipe de secours dimanche. Un responsable du ministère du Tourisme a également déclaré au journal que ces alpinistes n’avaient pas requis l’autorisation nécessaire pour se lancer dans cette ascension. Mais selon Nicolas Raynaud, « il n’y a pas d’infraction ». Les alpinistes se trouvent « sur un satellite d’un autre sommet pour lequel nous avions acheté un permis ».

Depuis sa création en 1991, le Gean a formé plusieurs générations d’alpinistes français. C’est de ses rangs que sont sortis Lionel Daudet, qui a gravi certaines des parois les plus difficiles du monde et exploré l’Antarctique avec la navigatrice Isabelle Autissier, ou encore l’alpiniste Élisabeth Revol, rescapée in extremis début 2018 d’une expédition hivernale sur le Nanga Parbat au Pakistan.

Par Le Point avec AFP

Le Népal interdit l’ascension de l’Everest en solitaire

décembre 30, 2017

L’Everest au Népal, le 4 mai 2017 / © AFP/Archives / PRAKASH MATHEMA

Le Népal a interdit l’ascension en solitaire de ses sommets, y compris l’Everest, afin de tenter de réduire le nombre d’accidents, a annoncé samedi un responsable.

Le gouvernement a également adopté l’interdiction des ascensions pour les personnes ayant eu une double amputation ou pour les aveugles.

Ces décisions, adoptées jeudi soir par le gouvernement, font partie de mesures prises avant la saison 2018.

« Les expéditions en solitaire, qui étaient autorisées auparavant, sont désormais interdites », a déclaré à l’AFP un haut responsable du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Aviation civile. Cela vise selon lui à rendre la montagne plus sûre.

Fin avril, l’alpiniste suisse renommé Ueli Steck était mort lors d’une escalade en solo sur le mont Nuptse, face à l’Everest. Il avait glissé et chuté de plus de 1.000 mètres durant une phase d’acclimatation avant de tenter de gravir l’Everest. Dix autres alpinistes sont morts cette année sur l’Everest.

Cette nouvelle réglementation devrait susciter la colère des amateurs d’ascensions en solitaire qui incriminent pour les risques d’accidents plutôt l’augmentation des expéditions commerciales créant selon eux des embouteillages sur le Toit du monde.

Parallèlement, l’interdiction faite à certains handicapés a été jugée discriminatoire par Hari Budha Magar, un ancien soldat Gurkha qui a perdu ses deux jambes lors d’une mission en Afghanistan et rêve de gravir l’Everest.

Avant la décision du gouvernement, il avait averti sur Facebook qu’il s’agirait d’une « discrimination envers les personnes handicapées qui viole les droits de l’homme ».

De nombreuses personnes soucieuses de surmonter un handicap tentent l’ascension de l’Everest.

Un Néo-Zélandais, Mark Inglis, qui avait perdu ses deux jambes après un accident de montagne, est devenu en 2006 le premier double amputé à atteindre le sommet de l’Everest (8.848 m). Un aveugle, l’Américain Erik Weihenmayer, avait accompli le même exploit en 2001.

Les pics et sentiers de ce pays himalayen, qui abrite huit des 14 sommets dépassant 8.000 mètres dans le monde, attirent chaque année des touristes du monde entier.

Le Népal a émis cette saison un nombre record de 373 permis pour gravir l’Everest. Dans le même temps, 136 ont été accordés du côté tibétain pour grimper la face Nord de l’Everest.

Les expéditions au sommet se faisant généralement avec l’aide d’au moins un des guides népalais, les Sherpas, cela portait à près de 750 le nombre d’alpinistes attendus sur l’Everest.

Romandie.com avec(©AFP / 30 décembre 2017 13h50)