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Russie: une fillette excisée, demande de poursuites contre la clinique

mai 20, 2020

Une ONG russe de défense des droits de l’Homme a réclamé des poursuites contre une clinique du Caucase russe, majoritairement musulman, après l’excision forcée d’une fillette de 9 ans. «Nous avons porté plainte au Comité d’enquête le 12 mai» contre le centre médical Aïbolit, situé à Magas, chef-lieu de la république caucasienne russe d’Ingouchie, a déclaré mercredi à l’AFP Tatiana Savvina, juriste de l’ONG Initiative de Justice (SJI, Stichting Justice Initiative).

Créée en 2000 pour faire face aux violations des droits de l’Homme dans le Caucase russe, l’ONG demande une enquête sur les activités de ce centre médical qu’elle accuse d’effectuer «des opérations mutilantes sur les organes génitaux féminins».

L’antenne régionale du Comité d’enquête russe (le principal organisme chargé des investigations criminelles dans le pays) a confirmé à l’AFP avoir reçu la plainte, son porte-parole, Zourab Gueroïev, ayant toutefois précisé qu’«aucune décision n’était prise pour le moment».

A l’origine de la plainte, l’excision forcée d’une fillette de 9 ans, amenée au centre médical Aïbolit à la demande de son père par sa belle-mère, et contre le gré de la mère de l’enfant, selon l’ONG.

Selon la grand-mère de la fillette citée par le site d’information local Daptar, la mère, dont le nom n’est pas révélé, vit en Tchétchénie voisine après avoir divorcé avec le père de son enfant. Mais elle lui a laissé la fillette pour quelques jours qui se sont soldés par un drame.

Pendant l’intervention, les médecins tenaient la fillette en pleurs par les jambes et sa belle-mère par les bras, a affirmé la grand-mère. Le médecin qui l’a ausculté à son retour chez elle a découvert une plaie sur son clitoris.

Une enquête contre la gynécologue de la clinique, Izania Nalguïeva, qui a effectué l’intervention, a été ouverte en juillet 2019 et un procès contre elle est déjà en cours. Il s’agit du premier procès en Russie pour excision, le Code pénal russe ne prévoyant aucune punition pour ce genre d’opération.

Selon un rapport de l’ONG SJI réalisé en 2018, chaque année quelque 1.240 petites filles de moins de douze ans subissent l’excision dans des familles musulmanes du Caucase du Nord.

Par Le Figaro avec AFP

Mali: l’excision, un business lucratif… pour les féticheurs aussi

février 6, 2018

 

Au Mali, l’excision concerne près de 90% des femmes de 15 à 45 ans, selon des enquêtes nationales. © ALEXANDRA ZAVIS/AP/SIPA/AP/SIPA

Au Mali, il n’existe aucune loi pour interdire les mutilations génitales comme l’excision et l’infibulation, qui y sont pratiquées depuis des générations sur des fillettes sans défense. La force de la tradition n’est pas seule en cause : la pratique, qui concerne jusqu’à 91% des femmes d’entre 15 et 45 ans selon des enquêtes nationales, constitue aussi un business très lucratif… non seulement pour les exciseuses mais aussi pour les féticheurs. Un article à (re)lire à l’occasion de la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines, ce 6 février.

« À partir de dix ans, j’ai commencé à me rendre compte que je n’étais pas comme les autres filles de mon âge. J’avais dû mal à uriner normalement, contrairement aux autres ». La voix basse, la tête légèrement baissée et bavarde des pieds, Nafissa a aujourd’hui 20 ans. Elle avait à peine 40 jours en ce mois de mai 1997 quand sa mère l’a prise dans ses bras pour l’amener chez l’exciseuse du quartier, à Bamako. Comme ses huit autres sœurs avant elle. Et surtout « comme l’exige la tradition », lui a-t-on raconté plus tard.

Toute petite à l’époque, elle n’a pas de souvenir conscient de la douleur. « Mais à la moindre égratignure, je me dis que c’est sûrement pire que cela », affirme-t-elle, le regard fuyant. De la douleur, elle en a pourtant senti en grandissant. Surtout à partir de l’âge de dix ans. « Les lèvres étaient collées et je ne pouvais pas uriner. Ou quand j’y arrivais, l’urine se partageait en deux et je me tordais de douleur », raconte Nafissa.

Il y avait une femme qui tenait mes pieds. Elle les serrait très fort au sol. Et une autre attrapait mes bras avec la même force

Elle en souffre plusieurs semaines. Sa mère pense-t-elle l’emmener à l’hôpital ? Elle décidera plutôt de se rendre chez une autre exciseuse pour lui « rouvrir les lèvres » et qu’elle « puisse avoir l’urine facile ». En clair, il faut à nouveau de la terre battue, une lame ou un couteau trempé d’abord dans l’eau puis rougi au feu pour inciser la cicatrice vieille de dix ans. Le tout, bien sûr, sans anesthésie.

« Ils choisissent un coin isolé. Pour moi, c’était dans les toilettes. On m’a couché sur le dos, au sol. Elles ont écarté mes jambes… » Quelques secondes de silence, très longues, puis elle ajoute : « Il y avait une femme qui tenait mes pieds. Elle les serrait très fort au sol. Et une autre attrapait mes bras avec la même force », explique Nafissa, aujourd’hui étudiante en première année de sciences économiques. Elle poursuit : « Je criais, pleurais et je me débattais de toutes mes forces. » Face à ses cris de détresse et avant même qu’on ne la touche, sa mère, présente, change d’avis et exige qu’on libère sa fille. « J’ai eu de la chance », affirme-t-elle du bout des lèvres.

Consommer le mariage avant que la cicatrice ne se referme

De la chance, Nafissa en a effectivement eue, selon Mariam Seck. Membre de l’association « Sini Sanuman » [Un lendemain meilleur, NDLR] qui lutte contre l’excision depuis 2002, cette diplômée en sciences de l’éducation connaît bien les mutilations génitales et les moindres recoins de Bamako où elles sont pratiquées. « J’ai déjà vu des cas pareils. Et très souvent, c’est au lendemain du mariage qu’on ramène la fille chez l’exciseuse pour la désinfubilation. On s’empresse ensuite de dire au mari de vite consommer le mariage avant que le sang coagule encore [que la cicatrice se referme, NDLR]. Vous comprenez la douleur que la jeune fille peut sentir ? »

Ça ne tue personne. Je l’ai été, j’avais mal, mais je n’en suis pas morte. Et voilà, j’ai la certitude de pouvoir maîtriser mes désirs

Comme Nafissa, plus de 60 % des filles sont excisées à l’âge de moins d’un an au Mali. Ce chiffre frôle les 90% quand on l’élargit à celles qui subissent la pratique avant leur dixième anniversaire. À Bamako, la pratique est quotidienne. Un lundi matin, à Banconi, quartier populaire à la rive gauche de Bamako, un groupe de jeunes filles et de garçons est devant une boutique, à écouter une radio. Dans le brouhaha de la circulation routière, chacun tend l’oreille pour entendre les mots de Chouala Baya Haïdara, un jeune prêcheur bamakois, sur l’excision.

« Quelqu’un a déjà vu une personne tuée par l’excision ? Personne ! », vocifère le jeune prêcheur sur les ondes, la voix énergique. « Il a raison. Ça ne tue personne. Je l’ai été, j’avais mal, mais je n’en suis pas morte. Et voilà, j’ai la certitude de pouvoir maitriser mes désirs », affirme dans l’assistance une jeune fille d’une vingtaine d’années.

Des propos qui mettent Mariam Seck hors d’elle-même : « Mais on l’expose plutôt, car bientôt elle va chercher désespérément le désir sexuel qu’elle devrait avoir avec ses organes au complet. » Maimouna Dioncounda Dembélé, spécialiste dans la prévention des violences basées sur le genre confirme : « J’ai fait une étude pour un journal suisse où on a effectivement découvert que la plupart de ces femmes ont beaucoup de mal à retrouver leur plaisir sexuel normal. » Désespérées, certaines d’entre elles vont jusqu’à consommer des produits aphrodisiaques, selon Maimouna.

« Pour les adultes, ça coûte 10. 000 FCFA »

Pour comprendre la persistance du phénomène, la force de la tradition n’est pas le seul facteur à prendre en compte. Il faut dire qu’une réelle économie de l’excision s’est développée. Dans le quartier populaire de Banconi à Bamako, Oumou Ly est bien connue. Exciseuse de son état depuis au moins cinq ans, elle n’excise que les bébés. Comme ses sœurs, cette femme d’environ la quarantaine tient la pratique de sa mère qui l’a reçue elle aussi de sa mère… Oumou ne travaille que les lundi et jeudi, deux jours où les accidents sont censés être peu fréquents, selon la croyance populaire. Elle n’a pas souhaité nous parler, mais Mariam Seck la connaît très bien pour l’avoir sensibilisée à de nombreuses reprises afin qu’elle abandonne sa « profession ».

Elle l’a notamment « retrouvée à son domicile les mains trempées de sang » à plusieurs reprises. « Elle peut exciser une quarantaine de fillettes chaque lundi et autant le jeudi d’après », affirme Mariam. Un nombre de « clients » suffisant pour qu’elle gagne entre 200 et 300 000 FCFA par semaine, soit quatre à cinq fois le smig du pays. Des informations confirmées par une ancienne exciseuse : « Vous pouvez gagner beaucoup d’argent. Pour les adultes, ça coûte 10 000 FCFA par personne. »

À 62 ans, cette femme a arrêté la pratique après qu’une de ses clientes a failli mourir d’une hémorragie. Elle n’a pas « le courage » de nous raconter ce qui s’est passé, mais elle « a eu la peur de sa vie. » Une expérience qui n’étonne pas ce membre l’association Sini Sanuman, qui a préféré garder l’anonymat : « De nombreux cas de décès nous ont été rapportés. Quand les victimes commencent à perdre du sang, en général les exciseuses préfèrent les garder plutôt que de les amener en urgence dans un centre de santé, par peur. »

Que deviennent les organes mutilés ?

« Si les arguments religieux et traditionnels sont souvent évoqués pour continuer à mutiler les jeunes filles dans le pays, l’aspect financier de cette pratique est aussi très important », estime Siaka Traoré, président de l’ONG Sini Sanuman. Pendant les séances de sensibilisation, elles sont des dizaines à déclarer abandonner l’excision. Mais une fois les regards détournés, elles reprennent la lame. « Quand je le faisais, je pouvais sentir la douleur que les filles ressentaient, mais pour moi c’était nécessaire non seulement par croyance, mais aussi pour vivre. C’est un travail », explique notre ancienne exciseuse.

Un « travail » qui ne s’arrête pas seulement à l’ablation des organes féminins. « Je ne l’ai jamais fait, mais je sais que ceux-ci sont donnés à des charlatans pour leurs travaux », poursuit-elle, précisant qu’elle se contentait « de les enterrer. » Avant d’ajouter que certains organes, notamment le clitoris, « sont séchés et mélangés à des poudres ou des pommades. »

L’utilisation des organes féminins par les charlatans est l’un des éléments majeurs qui rend difficile l’abandon de l’excision

« L’organe est commercialisé partout. Les marabouts, tout le monde s’approvisionne. On dit par exemple que si une femme et son mari sont en désaccord, il faut travailler sur ces organes là pour les réconcilier », renchérit Siaka Traoré, révolté. Il y a aussi les hommes qui recherchent du pouvoir et à qui l’on a fait croire que de mettre des lubrifiants composés de ces organes les rendra aimés et désirés par tous. »

Au sein des militants de la lutte contre l’excision, il ne fait aucun doute : l’utilisation des organes féminins par les charlatans est même « un des éléments majeurs qui rend difficile l’abandon de l’excision. Avant, on égorgeait les êtres humains pour les fétiches, aujourd’hui on récupère le sang des jeunes-filles pour les mêmes fétiches », commente Siaka Traoré, dont la mère est elle-même une ancienne exciseuse.

Un avant projet de loi sur la table du gouvernement

Au Mali, les médecins et les agents de santé n’ont pas le droit de pratiquer l’excision, mais aucune loi ne l’interdit formellement. Et en 2016, quand le ministre de la Justice s’est engagé à prendre une loi sur le sujet avant le 31 décembre 2017, il a suscité une vague d’indignation dans les milieux religieux, notamment au sein du Haut conseil islamique.

Va-t-il avoir le courage de tenir parole ? Depuis le mois de juillet, un avant-projet de loi sur les violences basées sur le genre est enfin sur la table du gouvernement. Ses défenseurs espèrent que le texte « ne va pas être excisé et amputé des points les plus importants. » Nafissa, elle aussi, est au courant de cette initiative et espère que le texte sera bientôt voté. Soignée aujourd’hui par Sini Sanuman, elle connaît les conséquences de l’excision. « Il y a notamment la stérilité et ça me fait peur, relève-t-elle. J’y pense souvent et à chaque fois ça me donne envie de pleurer. »

Jeuneafrique.com par – à Bamako

L’excision bientôt interdite en Somalie ?

mars 28, 2016

Dans un camp de réfugiés à Baidoa, en Somalie, en 2013.

Dans un camp de réfugiés à Baidoa, en Somalie, en 2013. Crédits : ABDI DAKAN / AFP
Les chiffres ont beau être connus, ils restent affolants. D’après le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), près de 98 % des femmes somaliennes ont subi des mutilations génitales à des degrés divers : ablation du clitoris, des petites et grandes lèvres, couture du vagin ou infibulation… Quel que soit le niveau d’intervention et malgré son interdiction dans la Constitution de 2012, l’excision au sens large reste couramment pratiquée dans le pays sur les fillettes de 4 à 11 ans. C’est pour en finir avec cette pratique d’un autre âge qui « viole les droits humains » que Sahra Ali Samatar, la ministre des femmes et des affaires familiales de Somalie, se bat depuis sa nomination, en février 2015. Elle a reçu ces derniers jours un soutien de poids : Omar Shermarke, le premier ministre, et 1,3 million de personnes ont signé une pétition en ligne lancée par Avaaz pour en finir avec les mutilations génitales féminines en Somalie.

La tâche paraît impossible, et pourtant… à l’été 2015, la ministre est parvenue à convaincre les autres membres du gouvernement de soutenir un projet de loi en faveur d’une abolition partielle de l’excision. Seules les formes traditionnelles les plus sévères y étaient prohibées. Restait l’excision dite « sunna » ou « minimale », concentrée sur le clitoris. Sahra Ali Samatar espère aujourd’hui amender le texte en obtenant l’interdiction de toutes les formes de cette pratique. Il y a toutefois peu de chances que le projet de loi soit adopté par le Parlement avant l’élection présidentielle prévue dans le courant de l’année. « Après, c’est faisable, assure-t-elle. Même le ministre de la religion est pour ! »

La responsable mise beaucoup sur une prise de conscience des anciens membres de la diaspora aujourd’hui aux affaires. Le président du Parlement, le premier ministre et plusieurs membres du gouvernement qui ont étudié et travaillé à l’étranger pour fuir la guerre civile des années 1990 sont favorables à une interdiction. La pratique est d’ores et déjà moins visible dans les grandes villes. « A Mogadiscio, où j’ai grandi dans les années 1970, l’excision faisait l’objet de cérémonies qui duraient parfois une semaine. On en entendait parler dans le quartier. Des filles s’absentaient plusieurs jours de l’école et celles qui n’étaient pas coupées étaient connues. Leur famille faisait l’objet de pressions. C’est beaucoup plus discret aujourd’hui », assure Sahra Ali Samatar.

Lors des réunions organisées pour débattre du sujet, mères et grands-mères seraient également de plus en plus nombreuses à refuser d’opérer leur fille. « Beaucoup de celles qui l’ont fait se disent aujourd’hui résolues à épargner leurs petits-enfants », souligne la ministre. Elle-même s’est abstenue d’exciser sa fille et s’en félicite : « Lorsqu’elle a accouché aux Etats-Unis, j’ai pu constater à quel point la mise au monde était facile. Elle a donné naissance comme un chat. Alors que nous… »

« Effleure et n’abuse pas »

Les résistances sont toutefois nombreuses dans les rangs conservateurs. « Pour beaucoup d’hommes, l’excision reste une garantie de pureté, de virginité », rappelle Sahra Ali Samatar. Nombreux y voient également une prescription religieuse : si la circoncision des femmes n’apparaît pas dans le Coran, elle est explicitement mentionnée dans les hadiths ou dits du Prophète. « Effleure et n’abuse pas, car cela rend le visage plus rayonnant et est plus agréable pour le mari », aurait enjoint Mahomet à une exciseuse de Médine. Recommandation, obligation, simple conseil ? Les théologiens musulmans sont loin de s’accorder sur le caractère prescriptif de l’opération.

Amran Mahamood, exciseuse depuis une quinzaine d’années à Hargeisa, au Somaliland.
Amran Mahamood, exciseuse depuis une quinzaine d’années à Hargeisa, au Somaliland. Crédits : NICHOLE SOBECKI / AFP

Pour les partisans d’une interdiction totale, la nuance entre excision sunna et opérations sévères reste tout un non-sens. Dans tous les cas, il s’agit de mutilation. Les gynécologues américains qui ont fait polémique en février en défendant les interventions « minimales » dans le Journal of Medical Ethics sont « des criminels purs et simples », estime Edna Adan. Première sage-femme du Somaliland et ex-ministre des affaires étrangères de cette République indépendante autoproclamée du nord de la Somalie, la militante fait campagne depuis quarante ans contre l’excision. « Comment des médecins qui ont juré de protéger les êtres humains peuvent se dire aujourd’hui prêts à endommager le corps des femmes en bonne santé ? », s’insurge-t-elle.

L’infatigable Somalilandaise de 79 ans a fait construire à Hargeisa une clinique où elle forme de jeunes sages-femmes. Près de 97 % des femmes qui y ont accouché ont subi des mutilations génitales, selon elle, mais les infibulations, qui touchent encore les trois quarts des patientes, sont en déclin. Elles sont surtout pratiquées dans les zones rurales, dans des conditions d’hygiène souvent problématiques.

Pour faire évoluer les mentalités, la ministre somalienne Sahra Ali Samatar compte multiplier les rencontres sur le sujet réunissant hommes et femmes dans les villes et villages. Même si elle était adoptée, sa loi ne suffirait pas à faire refluer significativement l’excision dans un pays surtout préoccupé par les questions sécuritaires, reconnaît-elle. C’est un pari sur dix ans : « Il faudra qu’un jour tous les employés, les cheikhs, les commerçants aient été sensibilisés, que les dommages de l’excision soient évoqués dans les écoles, que le code pénal sanctionne durement ceux qui s’y livrent. »

Dix-huit Etats africains, dont le Nigeria en juin 2015, ont interdit définitivement les mutilations génitales féminines. Proscrite par le droit international, l’excision toucherait près de 200 millions de femmes dans la trentaine de pays d’Afrique et du Moyen-Orient où elle est couramment pratiquée.

Pourcentage de femmes entre 15 et 49 ans ayant subi des mutilations génitales entre 2004 et 2015
Pourcentage de femmes entre 15 et 49 ans ayant subi des mutilations génitales:
Somalie: 98 %
Guinée: 97 %
Djibouti: 93 %
Sierra Leone: 90 %
Mali: 89 %
Egypte: 87 %
Soudan: 87 %
Erythrée: 83 %
Burkina Faso: 76 %
Gambie: 75 %
Ethiopie: 74 %
Mauritanie: 69 %
Liberia: 50 %
Guinée Bissau: 45 %
Tchad: 44 %
Côte d’Ivoire: 38 %
Nigeria: 25 %
Sénégal: 25 %
République centrafricaine: 24 %
Kenya: 21 %
Tanzanie: 15 %
Bénin: 9 %
Togo: 5 %
Ghana: 4 %
Nigeria: 2 %
Ouganda: 1 %
Cameroun: 1 %
Source : UNICEF

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