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En fuyant Poutine, des Russes s’exilent dans une Serbie pro-Kremlin

mars 26, 2022

Dans les jours qui ont suivi l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine, ses amis ont été arrêtés, la liberté de parole s’est évanouie et l’économie russe a chancelé. Alors Marina a fait ses bagages et s’est enfuie de Moscou.

Mais à près de 2.000 kilomètres de là, à Belgrade, l’ancienne agente de voyages de 41 ans n’échappe pas à la propagande tentaculaire de la Russie. En Serbie, nombreux sont ceux à approuver le conflit.

« Des habitants me disent qu’ils soutiennent la Russie quand ils apprennent que je viens de Russie. Ils disent cela pour exprimer leur soutien, mais il s’avère que ce soutien englobe aussi Poutine, ses agissements et la guerre », raconte Marina à l’AFP, taisant son nom de famille pour des raisons de sécurité.

Dans les semaines après l’invasion, la Serbie est devenue une porte de sortie pour de nombreux Russes. Le petit pays des Balkans est l’une de leurs rares destinations possibles après les interdictions de vol massives sur le continent européen, avec des liaisons régulières entre Moscou et Belgrade.

Depuis des siècles, la Russie et la Serbie entretiennent des liens fraternels fondés sur leur héritage slave et orthodoxe. Mais avec la crise actuelle, des contradictions sont rapidement apparues.

Les Russes s’exilant en Serbie sont pour certains dans l’opposition au Kremlin, ou fuient les conséquences catastrophiques dans la Fédération provoquées par l’invasion.

La Serbie est un cas singulier en Europe, bon nombre de Serbes reportant leur affection pour la Russie sur le maître du Kremlin, soutenant son « opération spéciale » contre l’Occident en Ukraine.

Ils partagent avec Moscou une haine de l’Otan. Le souvenir des bombardements sur Belgrade par l’Alliance atlantique en 1999 pour mettre fin à la guerre au Kosovo est toujours vivace.

« La honte et la colère »

Belgrade est la seule ville d’Europe qui fut le théâtre de manifestations massives pour soutenir la guerre de Vladimir Poutine et dénoncer l’Otan. Le gouvernement serbe, lui, a condamné le conflit à l’ONU tout en refusant de s’aligner sur les sanctions occidentales contre Moscou.

Ce paradoxe est compliqué à gérer, témoigne Marina. Elle dit que ses conversations avec des partisans serbes du président russe déclenchent des émotions difficiles à supporter, entre colère, désespoir et honte.

« Il s’avère que cette personne est bombardée par la propagande russe et croit vraiment que les photos de villes détruites et de gens morts en Ukraine sont des faux », déplore-t-elle. « Et cet état d’esprit est si prégnant que j’estime ne pouvoir rien faire alors j’abandonne, et j’interromps la conversation ».

Il n’existe aucun chiffre officiel sur le nombre de Russes exilés en Serbie mais un groupe Telegram destiné aux nouveaux arrivants compte des centaines de participants.

Parmi les sujets de conversation, des conseils sur la façon de se comporter face aux avances malvenues de Serbes pro-Poutine.

Le spécialiste en informatique Iakov Borevitch a raconté à l’AFP avoir choisi la Serbie du fait de « la proximité de sa culture » et de sa « mentalité » avec la Russie ».

Mais il a du mal avec les opinions pro-Kremlin, y compris une fresque dépeignant Vladimir Poutine près de son nouvel appartement portant l’inscription « frère » en cyrillique.

« Eloignement »

Il explique malgré tout comprendre les sentiments des Serbes quand nombre de ses compatriotes confondent patriotisme et soutien à Vladimir Poutine.

« Peut-être que, pour la population du pays, pour la Serbie, le visage du pays c’est le dirigeant, et la manifestation de sentiments positifs envers les Russes(…) passe par le respect » de ce dirigeant, dit-il.

Mais des lignes de fractures apparaissent d’après lui en Russie entre le caractère « russe, qui vient de l’intérieur et de la base et le dirigeant, qui vient d’en haut. Chaque jour, ces groupes s’éloignent de plus en plus les uns des autres ».

Pour beaucoup, partir fut difficile, une décision prise de surcroît en quelques heures, se traduisant par la vente express de tous les biens et des adieux hâtifs aux êtres chers.

« Mon père m’a dit que je n’étais plus un patriote et que je devais rester pour contribuer à l’économie », dit Kirill, un ingénieur de 31 ans. « Mais je comprenais parfaitement que si je restais, tous mes impôts allaient directement contribuer à la guerre ».

Toutefois, il ne sait pas s’il va rester en Serbie ou rentrer un jour à Saint-Pétersbourg.

D’autres craignent de ne jamais revoir leur pays alors qu’un nouveau rideau de fer sépare la Russie du reste du monde.

« Dès que je suis arrivée ici, je me suis sentie soulagée d’un grand poids », dit Marina. « Maintenant, je suis horrifiée par ce qu’il se passe en Russie ».

Par Le Point avec AFP

Guinée : bible et coran à la main, Moussa Dadis Camara est de retour à Conakry

décembre 23, 2021
Moussa Dadis Camara, le 2 octobre 2009. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Après douze années d’exil, l’ancien pustchiste est rentré ce mercredi 22 décembre à Conakry. Il s’est dit prêt à répondre à la justice.

Il était environ 13h30 lorsque l’avion de Mauritania Airlines s’est posé sur le tarmac de l’aéroport de Conakry, tout juste rebaptisé Ahmed Sékou Touré. À son bord, un homme qui n’avait plus reposé les pieds en Guinée depuis décembre 2009 : Moussa Dadis Camara. Habillé d’un costume bleu, la cravate rouge ajustée autour du cou, l’ancien président de la transition a été été accueilli par le nouveau directeur général de la police nationale, Abdoul Malick Koné, l’un des rares officiels présents.

Vêtus de T-shirts à l’effigie de leur champion, esquissant des pas de danse, les partisans de Moussa Dadis Camara s’étaient en revanche mobilisés en nombre pour l’accueillir. « Le second nom de Dieu, c’est le temps », pouvait-on lire sur certaines pancartes, comme pour rappeler qu’avec du temps et de la patience, tout finit par arriver, ou encore « Bon retour Moïse Camara ». Moïse ? C’est en tout cas en se mettant à genou, une bible dans une main, le coran dans l’autre, que Moussa Dadis Camara est rentré en Guinée.

Moussa Dadis Camara à genou, une bible dans une main, le coran dans l’autre

« Douze ans d’absence ce n’est pas facile, a réagi sa fille aînée, Evelyne Camara. Nous sommes très contents et rendons gloire à Dieu et au président, le colonel Mamadi Doumbouya. Nous sommes très reconnaissants, grand merci au peuple de Guinée qui s’est mobilisé. »

La main tendue de Mamadi Doumbouya

Après avoir serré quelques poignées de main, Moussa Dadis Camara, visiblement en forme, a été conduit dans le salon d’honneur de l’aéroport. Il s’est adressé à la presse durant sept minutes après avoir fait observer une minute de silence à la mémoire de tous les martyrs, « mais plus particulièrement [à] ceux des événements du 28 septembre 2009 ».

Exilé à Ouagadougou après avoir été soigné au Maroc à la suite de la tentative d’assassinat perpétrée par celui qui était son aide de camp, Toumba Diakité, le 3 décembre 2009, Dadis avait plusieurs fois tenté de rentrer en Guinée. En vain. Finalement, c’est un autre putschiste, le tombeur d’Alpha Condé, qui a autorisé son retour, tout comme celui d’un autre président de la transition, Sékouba Konaté (janvier-décembre 2010), rentré lui le 18 décembre.

Dadis n’a pas manqué de remercier Mamadi Doumbouya d’avoir permis « [son] retour sur la terre de [ses] ancêtres ». « Merci pour tout et je vous souhaite plein succès dans votre noble et exaltante mission qui consiste à unir les Guinéens, les réconcilier et jeter les bases d’une démocratie », a-t-il poursuivi avant de revenir à ses ennuis judiciaires.

« Plus jamais ça »

Directement mis en cause dans le massacre du 28 septembre 2009, il s’est dit à la disposition de la justice. « Je m’en voudrais de ne pas admirer les avancées considérables des nouvelles autorités du pays dans le dossier du 28 septembre 2009. Je voudrais encourager la tenue de ce procès. Ce serait non seulement un « ouf » de soulagement pour les familles des victimes, mais aussi pour le peuple de Guinée qui attend depuis plus de dix que la responsabilité des uns et des autres soit définitivement située », a-t-il lancé.

JE SUIS PRÊT À ME METTRE À LA DISPOSITION DE LA JUSTICE, CAR NUL N’EST AU-DESSUS DE LA LOI

Dadis est inculpé pour sa responsabilité présumée dans les crimes qui ont eu lieu lors d’un meeting d’opposants à sa candidature à la présidentielle dans un stade de Conakry : 150 personnes ont été tuées, des milliers d’autres blessées et une centaine de femmes ont été violées. « Je suis prêt à me mettre à la disposition de la justice, car nul n’est au-dessus de la loi », a-t-il ajouté, en proclamant sa confiance en la justice guinéenne. « Plus jamais ça ! », a-t-il ajouté.

Séjour à Nzérékoré

Moussa Dadis Camara a ensuite pris la direction de l’Hôtel Kaloum, situé dans le quartier administratif et des affaires de la capitale. Il devait plus tard rejoindre son domicile de Lambanyi, en banlieue de Conakry (dans la commune de Ratoma), qui a subi de petits travaux pour la circonstance. Nul ne sait pour l’instant s’il rencontrera Mamadi Doumbouya.

Sékouba Konaté est quant à lui rentré depuis samedi via Bamako. Il a été accueilli dans la ville de Kankan, dans l’est du pays, et a ensuite gagné son village, Sana. Il devrait passer par Conakry avant de retourner à Paris, où il vit avec sa famille.

Moussa Dadis Camara devrait également retourner à Ouagadougou après un bref séjour dans sa ville d’origine, Nzérékoré. « Nous souhaitons son retour définitif bien sûr, mais cela dépendra du gouvernement qui a déjà beaucoup fait en le laissant venir nous voir », souffle Evelyne Camara, la fille aînée de Moussa Dadis Camara.

Avec Jeune Afrique par Diawo Barry à Conakry

L’ex-président Evo Morales est rentré en Bolivie

novembre 9, 2020

L’ex-président Evo Morales est rentré lundi 9 novembre en Bolivie, au lendemain de l’investiture comme président de son dauphin Luis Arce et un an après avoir démissionné et quitté le pays à la suite de sa réélection contestée à un quatrième mandat.

«Une partie de ma vie reste en Argentine», a déclaré Evo Morales avant de traverser à pied le pont transfrontalier qui relie la ville argentine de La Quiaca à celle de Villazon en Bolivie, ont constaté des journalistes de l’AFP. Après avoir fui au Mexique, Evo Morales s’était réfugié en Argentine.

Evo Morales était accompagné du côté argentin par le président de centre gauche Alberto Fernandez, qui a assisté dimanche à l’investiture du nouveau président socialiste Luis Arce. «Merci beaucoup mon frère Alberto», lui a lancé l’ancien chef de l’Etat bolivien, alors que des centaines de personnes, dont de nombreux Amérindiens vêtus de leurs tenues colorées traditionnelles, s’étaient massées à la frontière dès l’aube pour attendre le «père de la Bolivie».

Périple d’un millier de km

L’ancien président bolivien (2006-2019) va à présent entreprendre un périple d’un millier de km par la route jusqu’à son fief de Chimoré, dans le département de Cochabamba (centre). L’ex-chef de l’Etat, qui sera accompagné d’environ «800 véhicules» selon les organisateurs, est attendu mercredi à Chimoré, un an jour pour jour après son départ de la Bolivie.

A l’issue de l’élection présidentielle d’octobre 2019, au cours de laquelle il briguait un quatrième mandat, et de la confusion qui avait entouré les résultats le donnant vainqueur, l’opposition avait crié à la fraude. Les rues avaient été prises d’assaut et l’armée avait finalement lâché Evo Morales, qui s’était réfugié à Chimoré, avant de quitter le pays en direction du Mexique. Il s’était ensuite exilé en Argentine. Luis Arce, son ancien ministre de l’Economie, a été élu président le 18 octobre dès le premier tour avec 55% des voix, mettant fin à un an de gouvernement intérimaire de droite.

Par Le Figaro avec AFP

Centrafrique : l’ancien président Michel Djotodia de retour à Bangui

janvier 11, 2020

Michel Djotodia, en mars 2013.

Michel Djotodia, en mars 2013. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

 

L’ancien président centrafricain Michel Djotodia a atterri vendredi 10 janvier au matin à l’aéroport de Bangui, en provenance de Cotonou, au Bénin. Il y vivait en exil depuis sa chute, en 2014.

Les rumeurs le disaient avide d’un retour à Bangui depuis l’arrivée d’un autre ancien président, François Bozizé, fin décembre en terres centrafricaines. Michel Djotodia a, à son tour, mis fin à son exil ce 10 janvier, comme l’a confirmé son avocat, Me Nick Kaufman, à Jeune Afrique.

L’ancien chef de l’État, arrivé à Bangui à 8 h 40, heure locale, avait décollé de Cotonou, au Bénin, quelques heures plus tôt, à bord d’un avion de Royal Air Maroc. Un important dispositif sécuritaire, dont des éléments de la garde présidentielle, était déployé à l’aéroport.

« Il est temps de faire la paix »

« J’ai décidé de rentrer parce que j’ai constaté que la Centrafrique est en train de sombrer », a-t-il déclaré dans un court discours retransmis sur les ondes de la radio nationale. « Je suis en venu en homme de paix », a-t-il insisté.

Quelques heures après son arrivée, Michel Djotodia a été reçu par le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra. Les deux hommes ont « longuement parlé de la paix », a confié à Jeune Afrique un conseiller du président centrafricain. « Contrairement à Bozizé, les intentions de Djotodia sont claires : il est revenu aider dans le cadre de la paix », assure ce proche de Touadéra.

Si aucune rencontre entre François Bozizé et Michel Djotodia n’est pour l’heure prévue, Michel Djotodia a tenu à saluer le retour de celui qu’il a renversé en mars 2013. « Il est temps de faire la paix », a-t-il affirmé.

Le retour de Bozizé a tout changé

Michel Djotodia vivait en exil au Bénin depuis sa chute, en 2014 et affirmait encore il y a peu, via ses proches, s’y plaire et y apprécier sa nouvelle vie. Mais le retour de François Bozizé semble avoir changé la donne, tout comme la perspective de la présidentielle prévue en décembre 2020. Il était ces dernières années resté en contact avec certains chefs de guerre centrafricains, notamment Noureddine Adam.

Chef de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), membre de la rébellion de la Séléka, Djotodia s’était auto-proclamé président de la République le 24 mars 2013 après le renversement de François Bozizé. Il avait démissionné en janvier 2014, sous la pression internationale.

Jeuneafrique.com par Mathieu Olivier avec Pacôme Pabandji

Environ quatre millions de Vénézuéliens ont fui leur pays, indique l’ONU

juin 7, 2019

 

Quelque quatre millions de Vénézuéliens ont fui leur pays en proie à une crise économique et humanitaire qui ne cesse de s’aggraver depuis la décision des Etats-Unis en janvier d’imposer des sanctions dans l’espoir de provoquer la chute du président Nicolas Maduro. La grande majorité des candidats au départ ont fui le Venezuela depuis la fin de 2015 et la crise institutionnelle provoquée par la victoire de l’opposition lors des élections législatives; seuls 700.000 étaient partis avant cette date.

«Le rythme des départs du Venezuela est vertigineux», estiment le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans un communiqué commun diffusé à Genève. Le précédent décompte effectué par l’ONU s’établissait à 3,7 millions de personnes et la nouvelle estimation vient confirmer l’urgence d’un soutien aux pays voisins du Venezuela.

La Colombie a accueilli environ 1,3 million de Vénézuéliens parmi lesquels des familles fuyant la pénurie alimentaire et sanitaire qui touche leur pays. Le Pérou, le Chili, l’Equateur, le Brésil et l’Argentine sont également concernés par cet exode, précisent les deux organisations humanitaires. Le président péruvien, Martin Vizcarra, a répété ce jeudi que son pays continuerait aussi longtemps que cela serait nécessaire à renvoyer chez eux les Vénézuéliens ayant été condamnés par la justice de leur pays pour des infractions pénales.

Environ 3,2 millions d’enfants vénézuéliens, soit un sur trois, ont besoin d’une assistance humanitaire, a par ailleurs fait savoir l’Unicef dans un communiqué vendredi. Le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans a doublé, passant de 14 pour 1000 en 2010/2011 à 31 pour 1000 en 2017, a précisé Christophe Boulierac, porte-parole de l’Unicef, citant des estimations de l’ONU.

Des cas présumés de diphtérie et de rougeole ont été recensés cette années au Venezuela, a ajouté Christophe Boulierac, rappelant que la rougeole se traduisait par un affaiblissement du système immunitaire. L’Unicef a fourni cette année 55 tonnes d’aide médicale, dont des kits d’obstétrique, des antibiotiques et des traitements contre la malaria, à 25 hôpitaux de Caracas et d’autres Etats du pays cette année.

Par Le Figaro.fr avec Reuters

Burkina-Faso/Congo: Sassou négocie l’exil du putschiste Dienderé à Brazzaville

novembre 8, 2017

Gilbert Dienderé


En détention préventive depuis l’échec du coup d’État le plus bête au Monde, le général Burkinabé Gilbert Dienderé serait-il en passe d’être libéré pour un exil doré au Congo? Des tractations en ce sens pilotées par Denis Sassou Nguesso du Congo et Alassane Ouattara de la Côte D’Ivoire sont en cours.

Au soir du jeudi 17 septembre 2015, Gilbert Diendere signait sa descente aux enfers en s’érigeant comme leader d’un putsch contre les autorités de la transition au Burkina Faso. Face aux pressions internationales, mais et surtout à la détermination du peuple Burkinabé et des militaires loyalistes, le rêve de Gilbert Diendéré se poursuivait dans une cellule de la prison de Ouagadougou où il est détenu.

Pendant son court moment de gloire, le général Gilbert Diendere a bénéficié du soutien indéfectible de certains dictateurs Africains à l’instar de Denis Sassou Nguesso qui a mal digéré la chute de son collègue Blaise Compaoré.

Mais face à un peuple déterminé aucune dictature ne peut s’imposer. La victoire de Roch Marc Christian Kabore à la présidentielle a depuis donné l’occasion à Denis Sassou Nguesso de créer un pont entre Brazzaville et Ouagadougou.

Roch Christian Marc Kaboré s’est d’abord rendu à Oyo dans le village de Denis Sassou Nguesso où la situation du général Gilbert Diendéré a été évoquée. Le chef de l’État Congolais a demandé à son interlocuteur d’agir avec dextérité sur le dossier des Putschistes emprisonnés.

Ces négociations en coulisse ont permis aujourd’hui la mise en résidence surveillée du général Djibril Bassolé impliqué aussi dans le coup d’État. Gilbert Diendéré quant à lui rejoindra le Congo Brazzaville selon le compromis trouvé entre Alassane Ouattara, Denis Sassou Nguesso et Roch Marc Christian Kaboré.

Sacer-infos.com par Stany Franck

Le retour d’Adama Barrow en Gambie est prévu jeudi après-midi

janvier 25, 2017

Le nouveau président gambien Adama Barrow à Dakar au Sénégal, le 21 janvier 2017. © AP/SIPA

Selon des sources officielles, le retour du nouveau président gambien dans son pays est prévu jeudi après-midi. Depuis le 15 janvier, Adama Barrow est en exil à Dakar, où il a attendu que Yahya Jammeh cède le pouvoir, ce que ce dernier a fait samedi dernier.

Deux sources diplomatiques à la présidence sénégalaise et à Banjul ont confirmé auprès de l’AFP le message publié mercredi matin sur les comptes Twitter et Facebook non authentifiés du nouveau président gambien Adama Barrow. Selon ceux-ci, « son arrivée à Banjul est prévue jeudi 26 janvier 2017 à 16H00 » GMT.

Ni Adama Barrow ni son entourage n’ont jusqu’à présent officiellement annoncé de date pour son retour, attendu depuis le départ en exil le 21 janvier au soir de l’ex-président Yahya Jammeh, accueilli en Guinée équatoriale.

Le président a demandé la poursuite de l’opération de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) dans son pays, lancée le 19 janvier pour forcer Jammeh à partir, jugeant les conditions de sécurité insuffisantes pour rentrer.

Barrow demande aux forces de la Cedeao de rester en Gambie

« Le président Adama Barrow nous a demandé deux ou trois semaines pour que nous puissions étudier s’il y a des stocks d’armes quelque part. Et s’il y a des mercenaires cachés quelque part », a déclaré mardi le président de la Commission de la Cedeao Marcel Alain de Souza. « Aujourd’hui (mardi) ou demain (mercredi), nous serons capables d’indiquer que le président Adama Barrow, s’il se sent confortable, peut s’envoler » pour Banjul, a-t-il ajouté.

Adama Barrow a demandé aux forces de la Cedeao de rester six mois dans le pays. Une décision qui appartiendra aux responsables militaires de la Cedeao, selon De Souza,

Jeuneafrique.com avec AFP

Gambie: Sous la pression de la Cédéao, le président sortant Yahya Jammeh part en exil

janvier 22, 2017

Le jet privé qui le transportait a atterri à Conakry peu après 22 heures locales. Ce départ a déclenché des manifestations de joie dans la capitale.

 Yahya Jammeh a pris place à bord d’un jet privé, un Falcon 900 DX, qui a décollé peu avant 21 h 20 locales.
Yahya Jammeh a pris place à bord d’un jet privé, un Falcon 900 DX, qui a décollé peu avant 21 h 20 locales. Crédits : STRINGER / AFP
L’ex-président gambien Yahya Jammeh a quitté samedi 21 janvier soir Banjul pour l’exil après avoir cédé le pouvoir à Adama Barrow, mettant fin à six semaines de crise politique.

M. Jammeh, 51 ans dont plus de 22 à la tête du pays, en boubou blanc comme à son habitude, a pris place à bord d’un jet privé, un Falcon 900 DX, qui a décollé peu avant 21 h 20 locales avec, à bord, le président guinéen Alpha Condé. Il a été salué par une fanfare et acclamé par des partisans regroupés sur le tarmac.

Lire aussi :   Le dictateur gambien Yahya Jammeh accepte de quitter le pouvoir

Ce décollage avait été précédé par celui d’un autre avion, d’une compagnie mauritanienne qui, selon des sources proches de la présidence guinéenne, transportait des proches et des collaborateurs l’accompagnant dans son exil. Les deux avions ont atterri à Conakry peu après 22 heures locales et GMT, selon un journaliste de l’AFP présent à l’aéroport et un responsable de la police aéroportuaire.

Dans une déclaration lue en son nom samedi soir sur la télévision d’Etat GRTS, l’ex-président a souhaité bon vent à son successeur. M. Jammeh a invité « le président Barrow à rentrer immédiatement » pour exercer ses fonctions « de président, chef de l’Etat, chef de l’armée ».

Des manifestations de joie à Banjul

Mais il n’a fait qu’une « escale à Conakry avant de rejoindre la Guinée équatoriale », a stipulé la présidence guinéenne dans un communiqué diffusé dans la nuit de samedi à dimanche. Cette destination a été confirmée par le président de la Commission de la Cédéao, Marcel Alain de Souza, devant la presse.

M. Jammeh a ensuite embarqué dans un avion spécial dépêché samedi après-midi à Conakry par la présidence équato-guinéenne. Il a décollé de la capitale guinéenne samedi à 23 h 50, selon un journaliste de l’AFP.

Tout avait été préparé pour accueillir temporairement M. Jammeh et sa suite en Guinée, « mais il a changé d’avis », sans explication, a-t-on dit.

En apprenant que Yahya Jammeh avait effectivement quitté la Gambie, des habitants de Banjul sont sortis dans les rues, manifestant leur joie, notamment à Grand Banjul (banlieue), selon un correspondant de l’AFP. « Nous sommes libres maintenant ! Nous ne sommes plus en prison, a lancé Fatou Cham, 28 ans, jubilant la rue.

« Nous n’avons plus à faire attention avant d’exprimer nos opinions ».

Des célébrations ont éclaté dans les rues de Banjul, samedi 21 janvier.

Des célébrations ont éclaté dans les rues de Banjul, samedi 21 janvier. Crédits : CARL DE SOUZA / AFP

Pour Modou Lamin Dumbuya, 25 ans, le départ de Yahya Jammeh signifie que « les Gambiens en exil sont libres de rentrer ». Et « ce qui est bien, c’est que Jammeh saura maintenant ce que cela veut dire, d’être réfugié à l’étranger ».

De nombreuses offres d’asile

Ce départ a été obtenu à l’issue d’une médiation conduite par les présidents mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et guinéen Alpha Condé, mandatés par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao, 15 pays dont la Guinée mais pas la Mauritanie).

L’accord conclu « prévoit le départ de Yahya Jammeh de Gambie pour un pays africain avec toutes les garanties pour sa famille, ses proches et lui-même. Il peut retourner dans son pays quand il veut et comme il veut », a expliqué M. Ould Abdel Aziz à son retour à Nouakchott.

Selon Kiridi Bangoura, secrétaire général de la présidence guinéenne, « Yahya Jammeh préfère dans un premier temps venir en Guinée », avant de décider « où il va aller s’installer définitivement ». Depuis vendredi, des sources politiques diverses avaient évoqué des offres d’asile en Guinée, au Maroc, en Mauritanie et en Guinée équatoriale.

Yahya Jammeh avait annoncé sa décision de quitter le pouvoir à la télévision dans la nuit de vendredi à samedi. « J’ai décidé aujourd’hui en conscience de quitter la direction de cette grande nation, avec une infinie gratitude envers tous les Gambiens », a-t-il déclaré.

Une intervention militaire suspendue

La crise en Gambie a éclaté le 9 décembre, lorsqu’il a refusé de reconnaître les résultats de l’élection présidentielle du 1er décembre, dont Adama Barrow a été déclaré vainqueur.

De multiples initiatives ont ensuite été prises pour le faire changer d’avis, notamment par la Cédéao, sans succès jusqu’à la médiation de vendredi.

La Cédéao a fait entrer jeudi après-midi des troupes de plusieurs de ses pays en territoire gambien. L’opération a été lancée peu après la prestation de serment d’Adama Barrow à l’ambassade gambienne à Dakar, où il est accueilli depuis le 15 janvier à la demande de la Cédéao.

L’intervention militaire a été ensuite suspendue pour donner des chances à la nouvelle médiation, qui a abouti au départ de M. Jammeh.

Devant la presse à Dakar, Marcel Alain de Souza, cité par l’Agence de presse sénégalaise (APS, officielle), a averti que les forces de la Cédéao resteraient en Gambie « le temps nécessaire » pour sécuriser le retour de M. Barrow. Ce dernier pourrait quitter Dakar dimanche, selon une source à la présidence sénégalaise.

Lemonde.fr avec AFP le 22.01.2017 à 01h09  mis à jour à 03h22

Gambie : craignant pour leur sécurité, 45 000 personnes ont fui le pays depuis le début du mois

janvier 20, 2017

Des civils embarquent à bord d’un ferry pour le Sénégal, à Banjul, le 18 janvier 2017. © AP/SIPA

Plus de 45 000 personnes ont fui la Gambie depuis début janvier, en majorité vers le Sénégal, alors qu’un ultimatum a été fixé par la Cedeao au président sortant Yahya Jammeh pour que celui-ci quitte le pouvoir, a indiqué vendredi le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

« Environ 45 000 personnes sont arrivées au Sénégal depuis la Gambie » et « au moins 800 personnes se sont rendues en Guinée-Bissau », a déclaré vendredi 20 janvier aux médias à Genève le porte-parole du HCR, Babar Baloch.

« Il s’agit d’une estimation » faite par les autorités sénégalaises « depuis début janvier, lorsque les personnes ont commencé à fuir la Gambie », qui compte 1,8 millions d’habitants, a-t-il précisé.

Davantage de personnes risquent de quitter le pays

La majorité des déplacés sont des femmes et des enfants. Outre les Gambiens, se trouvent parmi les personnes arrivées au Sénégal, des Sénégalais, des Ghanéens, des Libériens, des Libanais, des Guinéens et des Mauritaniens.

« Les prochains jours vont être critiques (…), davantage de personnes risquent de quitter le pays si la situation actuelle n’est pas résolue de façon pacifique rapidement », a relevé le porte-parole du HCR.

Aide humanitaire 

Selon l’agence onusienne, les autorités sénégalaises se tiennent prêtes à distribuer de l’aide humanitaire à quelque 100 000 personnes.

La Cedeao a fixé à Yahya Jammeh un nouvel ultimatum, tentant une ultime médiation avec le chef de l’État, au pouvoir depuis 22 ans, alors que des soldats de cinq États ouest-africains sont entrés jeudi en territoire gambien, dans le cadre d’une opération baptisée « Restaurer la démocratie », pour le contraindre à céder le pouvoir.

Le jour-même, Adama Barrow, élu au scrutin présidentiel le 1er décembre et accueilli au Sénégal depuis dimanche, avait prêté serment à l’ambassade gambienne à Dakar, appelant, sitôt investi, l’armée à se montrer loyale envers lui.

Jeuneafrique.com avec AFP

L’ancien président tunisien Ben Ali condamné à dix ans de prison par contumace

mars 19, 2016

L'ancien président tunisien Ben Ali en décembre 2010.

L’ancien président tunisien Ben Ali en décembre 2010. Crédits : FETHI BELAID / AFP
Le président tunisien déchu Zine El-Abidine Ben Ali, en exil en Arabie saoudite depuis 2011, a été condamné par contumace à dix ans de prison par le tribunal de première instance de Tunis pour « abus de pouvoir » dans une affaire liée à une agence publicitaire.

Il a été reconnu coupable d’avoir « usé de sa qualité afin de procurer des avantages injustifiés, causant un préjudice à l’administration », selon le porte-parole du parquet. Selon des journaux tunisiens, l’ancien président était intervenu personnellement pour que l’Office de tourisme tunisien accorde à une agence de publicité détenue par un de ses proches un marché à l’étranger. Le quotidien Al-Maghreb précise que l’agence a été rémunérée sans même honorer son contrat.

Condamné à la perpétuité après le printemps arabe

Le chef d’Etat, qui a dirigé le pays durant vingt-trois ans, avant d’être renversé en 2011 lors du printemps arabe, a déjà été condamné dans de multiples affaires ces cinq dernières années, notamment pour corruption, et en particulier à la prison à perpétuité pour la répression sanglante de manifestations lors de la révolution, qui a causé officiellement 338 morts.

Agé de 79 ans, il vit actuellement dans la discrétion à Jeddah, en Arabie saoudite. Face aux difficultés actuelles de la Tunisie, aussi bien économiques que sécuritaires, une nostalgie de l’ère Ben Ali s’est répandue dans une frange de la société mais l’ancien président reste largement discrédité dans l’opinion.

Lemonde.fr