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Chômage, désillusion: les jeunes Italiens fuient leur pays

juillet 21, 2017

Photo prise le 19 juillet 2017 d’un jeune serveur italien, Antonio Davide d’Elia, devant le restaurant où il travaille, à Londres.n / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

« L’Italie se dégrade à vue d’oeil et offre toujours moins aux jeunes. Il suffit de parler avec les gens pour comprendre que s’en aller est peut-être la seule solution »: comme des milliers de jeunes Italiens, Antonio Davide d’Elia a décidé d’émigrer.

Depuis cinq ans, cet Italien vit à Londres, où il travaille désormais comme barman. Un quotidien pas forcément simple en raison du coût de la vie dans la capitale britannique, mais qui ne le convainc pas pour autant de rentrer au pays, même si celui-ci lui « manque ».

« L’Italie, c’est là où je suis né, où j’aimerais fonder une famille et vieillir, mais de façon digne. Je voudrais y retourner, mais seulement quand +maman Italie+ recommencera à prendre soin de ses enfants que, malheureusement, elle a décidé d’abandonner il y a quelques décennies », confie à l’AFP le jeune homme de 26 ans.

Selon la Fondation Migrantes, quelque 40.000 Italiens âgés de 18 à 34 ans ont quitté en 2015 la péninsule pour tenter leur chance à l’étranger.

Un chiffre qui conduit régulièrement la presse et les responsables politiques à s’inquiéter de la « fuite des jeunes » ou « des cerveaux » du pays.

Pour une partie d’entre eux, le principal moteur est de vivre « une expérience à l’étranger, ceci est vu comme une valeur ajoutée importante pour leur carrière », explique Raffaella Cagliano, professeur à l’Ecole de commerce de Polytechnique à Milan.

Ils ont envie de « faire une expérience différente, de s’ouvrir au monde », explique-t-elle, en évoquant un « phénomène commun aux jeunes de tous les pays ».

Avec « un taux de départ de 14-15% des diplômés de l’université », l’Italie n’est « pas si éloignée des autres pays », explique-t-elle. Mais là où le bât blesse, c’est le retour de ces jeunes –ou plutôt leur non-retour– et la faible attractivité de l’Italie sur les diplômés des autres pays.

« Ceci est lié de façon claire aux opportunités moindres de travail, aux rétributions plus faibles » que l’Italie offre, explique l’enseignante.

Après deux années de récession, la péninsule connaît une croissance exsangue depuis 2014, avec une hausse du PIB de 1,3% prévue par exemple cette année.

Le taux de chômage est supérieur à 11%, largement au-dessus de la moyenne de la zone euro (9,3%), et chez les 15-24 ans, il atteint même 37%, contre une moyenne européenne de 18,7%.

– ‘Absence de méritocratie’ –

Difficile ainsi de trouver un emploi. Mais le contexte économique est loin d’être la seule raison à pousser les jeunes à partir.

« Ils se plaignent également de l’absence de méritocratie », de parcours de carrière démotivants car extrêmement longs, note Raffaella Cagliano.

« J’ai eu en France des opportunités que je n’aurais jamais eues en Italie. Là-bas, si vous n’avez pas les bons diplômes, même si vous avez l’expérience, on ne vous embauche pas », explique Valentina Bressan, 42 ans, qui travaille dans le monde de l’opéra (décors, costumes, scénographie).

« En Italie, on a le sentiment que si l’on ne fait pas partie de telle famille, si on n’a pas certaines relations, on ne peut pas entrer. C’est très injuste, ce n’est pas la compétence qui est primée, et cela donne peu d’espoir », ajoute celle qui fut la première femme à assurer en 2010 la direction technique des Chorégies d’Orange.

En France, au contraire, l’expérience qu’elle a accumulée a été reconnue par les différents Opéras (Bordeaux, Lyon, Tours…) où elle est passée, dit-elle.

Même sentiment pour Antonio: à Londres, même « si tu n’es personne, tu peux devenir quelqu’un »: « à la différence de l’Italie, la carrière est rapide et surtout possible ».

Sergio Mello, qui a créé une start-up à Hong Kong, avant de rejoindre San Francisco, estime que « l’Italie n’offre pas un environnement fertile pour développer une entreprise compétitive ». « La bureaucratie fait perdre du temps », devenir « fou », et le système favorise « les voleurs » au détriment de « ceux qui paient leurs impôts », dit-il, fustigeant « une farce ».

Pour beaucoup, la désillusion est trop grande. Le fonctionnement de l’Etat, la fraude fiscale « créent un dégoût et une défiance vis-à-vis de l’avenir », souligne Valentina, tandis que Sergio juge « mort » tout espoir de changement.

Pour autant, le gouvernement s’efforce d’inciter ses diplômés à rentrer, avec notamment une nouvelle niche fiscale permettant en cas de retour de bénéficier d’une exonération de 50% sur les revenus professionnels pendant maximum cinq ans.

Romandie.com avec(©AFP / 21 juillet 2017 14h42)                

(Congo-Brazzaville) Sassou et le Pool : Vers un lent génocide ?

octobre 4, 2016

 

Hélicoptère en action dans la région du Pool, pour le pogrom

Baluchons sur la tête, les populations du Pool ont repris, non pas le chemin de l’exode, mais celui les dédales marécageux de nos forêts. Poursuivis et bombardés la soldatesque du clan d’Oyo renforcée par des mercenaires étrangers, les habitants du Pool sont abandonnés à eux-mêmes.

L’on ne comprendra jamais les raisons de cet acharnement du pouvoir sur les paisibles populations de cette région, jadis locomotive du pays. Ici l’enfer dépasse les déplorables antagonismes ethniques : ni les querelles électorales, ni les intérêts mafieux des charognards de tout bord, ni même les contorsions du clan scotché au pouvoir depuis un demi-siècle, ne peuvent à eux seuls suffire à expliquer ce drame.

Folie, c’est le seul mot. Combien de morts et disparus faudra-t-il à ce pouvoir afin d’assouvir sa soif de sang ? Ce torrent de sang ininterrompu qu’on se complait à faire couler depuis des décennies témoigne d’un régime ivre. Ivre de sang.

Le pouvoir de Brazzaville qui s’empresse à vouloir jouer les bons offices chez les voisins règle les problèmes chez lui à coup de baïonnettes.

Congo_Fillette victime du pogrom de Sassou dans le Pool
Congo_Fillette victime du pogrom de Sassou dans le Pool

 

Dans cette contrée Sassou a ses complices. D’anciens ministres issus de cette région emmurée dans un assourdissant silence d’où ils sortent de temps en temps pour condamner le seul Bintsamou dit Ntumi. Il est vrai que condamner la folie de leur mentor les priverait de leurs prébendes. Et les hommes d’église où sont-ils ? Aux abonnés absents. Et nos compatriotes du Nord ? Ils ne se sentent pas concernés tant que le vent de la violence ne les atteint pas

Sous le silence des agneaux la répression s’abat tous azimuts. Les geôles prisons du Congo débordent de prisonniers politiques : J3M, Modeste Boukadia, Paulin Makaya sont les plus connus…

Ceux-là ont de la chance ! Ils n’ont pas encore été empoisonnés ou éliminés physiquement d’une manière ou d’une autre.

Après avoir fait main basse sur les richesses du pays, perverti les institutions de la république et bridé les libertés fondamentales des populations, le pouvoir de Brazzaville, aux allures faussement démocratiques, se veut à présent omnipotent et omniscient.

Il est le seul au monde à s’être octroyé une impunité sur des crimes qu’il pourrait commettre. Et il en commet. En somme, un permis de tuer.

Dès lors, l’impopularité abyssale du régime Sassou et sa haine assumée sur les malheureux habitants méridionaux du pays laissent présager un génocide. Notre liberté se paiera, hélas, au prix de beaucoup de sang et le développement à celui de la sueur. Mais l’avenir, lui, s’écrira par l’éducation.

Le combat des africains, et singulièrement celui des congolais, est une lutte de libération du joug dictatorial dépassant les seuls enjeux électoraux. Le pays, lui, est malade de ses hommes. L’homme providentiel n’étant qu’une légende, une réaction populaire s’impose afin de tourner définitivement cette page.

Médiapart.fr par Abraham Avellan WASSIAMA