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France/Cannabis thérapeutique: l’Assemblée autorise une expérimentation

octobre 25, 2019

 

Cette expérimentation concernera certaines maladies graves pour lesquelles les dérivés du cannabis peuvent constituer un apport thérapeutique supplémentaire.

FRANCE-ECONOMY-CANNABIS-HEMP

L’Assemblée nationale a donné son feu vert pour une expérimentation de l’utilisation médicale du cannabis. Philippe LOPEZ / AFP

L’Assemblée nationale a donné vendredi 25 octobre son feu vert à une expérimentation de l’usage médical du cannabis, dans le cadre de l’examen du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2020.

Les députés ont voté à main levée un amendement du rapporteur Olivier Véran (LREM) qui autorise pour deux ans une telle expérimentation, à laquelle l’agence du médicament (ANSM) avait déjà donné son aval. «Je souhaite vivement que cette expérimentation puisse débuter au cours du premier semestre 2020», a réagi la secrétaire d’État Christelle Dubos. «Elle pourra porter sur 3000 patients en France et visera à expérimenter l’impact positif des dérivés du cannabis sur certaines pathologies», a expliqué Olivier Véran, en rappelant que «17 pays de l’Union européenne ont déjà autorisé des traitements à base de cannabis médical». «Ce n’est absolument pas la martingale, ce n’est pas le Graal de l’anti-douleur, il ne s’agit pas de développer un nouveau médicament qui remplacerait le paracétamol ou un autre antalgique mais de trouver le moyen d’un nouveau traitement adjuvant», a souligné le député de l’Isère.

Pour les maladies graves

Cette expérimentation concernera des personnes souffrant de maladies graves – certaines formes d’épilepsies, de douleurs neuropathiques, d’effets secondaires de chimiothérapie, de soins palliatifs ou contractions musculaires incontrôlées de scléroses en plaques – pour lesquelles les dérivés du cannabis peuvent constituer un apport thérapeutique supplémentaire. Elle sera menée dans plusieurs centres hospitaliers, en particulier des centres de référence pour les pathologies concernées.

Une prescription initiale hospitalière sera effectuée par un médecin spécialiste, neurologue ou médecin de la douleur notamment. Les patients devront d’abord se fournir en pharmacie hospitalière puis pourront renouveler leurs traitements en pharmacie de ville. L’agence du médicament s’est prononcée en faveur de modalités d’administration assez larges: le traitement pourra ainsi prendre la forme de fleurs séchées, d’huiles et éventuellement de tisanes. Les différentes posologies pourront intégrer des rapports très variables entre les deux principes actifs: le tetrahydrocannabinol (THC) aux effets psychoactifs, et le cannabidiol (CBD) qui entraîne plutôt une relaxation musculaire.

La mesure a été accueillie favorablement dans l’hémicycle. «Il faut passer outre les critiques qui sont faites autour de cette proposition puisqu’un groupe d’experts avait validé le principe» d’une expérimentation, a estimé le député LR Jean-Pierre Door. «Toutefois cela pose la question de la filière d’approvisionnement, la France n’autorisant pas la production de cannabis», a rappelé le communiste Pierre Dharréville.

Par Le Figaro.fr avec AFP

France: une baguette de pain à base de farine… d’insectes

mai 30, 2018

 

 

Une partie de la farine du pain provient de vers torréfiés et écrasés. (Illustration/CCO)

Devrons-nous bientôt tous manger des insectes pour préserver la planète et ses ressources ? L’idée n’est pas nouvelle, mais elle fait son chemin. La preuve, des étudiants de Nancy ont récemment proposé des baguettes de pain réalisées à partir de farine de vers d’élevage.

On ne sait pas trop quoi en penser, mais il semble que le résultat soit plutôt convaincant. C’est ce qu’affirment les personnes ayant déjà goûté à la baguette à la farine d’insectes créé par des étudiants de l’école de commerce de Nancy, l’ICN Business school, et présentée à la Foire de Nancy. Oui vous avez bien lu, une baguette à la farine d’insectes ! Le « pourquoi ? » de leur création, Lucile, Victor et Ludovic l’expliquent à l’Est Républicain. « Ça donne un pain riche en protéines, en vitamines en oméga 3. Il y a un réel apport énergétique. Nous avons travaillé en collaboration avec une nutritionniste pour mettre au point cette baguette aux insectes », affirment-ils.

S’ils ont choisi de travailler des vers d’élevage grillés et réduits en poudre, ça n’est pas pour rien. La consommation d’insectes pourrait, selon des médecins et nutritionnistes, et même la FAO, l’agence des Nation Unies pour l’alimentation et l’agriculture, devenir essentielle dans un avenir pas si lointain.  D’ici 2050, les projections de populations indiquent qu’il devrait il y avoir entre 9 et 10 milliards d’humains sur Terre, sans que les ressources pour produire suffisamment de viande « classique », source de protéines, ne puisse suivre.

La multiplication des élevages géants, trop grands consommateurs d’eau ou encore de terrains, est donc impensable. À l’inverse, les élevages d’insectes s’avèrent être d’une sobriété remarquable. Selon les chiffres de la FAO, un élevage de grillons comestibles demande six fois moins de nourriture, et donc autant d’eau et de surface agricole, que son équivalent en bovins, ou encore quatre fois fois qu’un élevage de moutons. Élever des insectes est aussi beaucoup moins polluant.

Si nous ne sommes pas encore accoutumés à en manger, la visibilité de ces nouveaux produits augmente. D’ailleurs, pour réaliser leur baguette innovante, nos étudiants nancéens ont utilisé de la farine d’insectes en provenance d’un élevage de Clermont-Ferrand. Il existe également désormais de nombreux produits disponibles dans le commerce, allant des gâteaux apéritifs aux pâtes, réalisés à bas d’insectes. À vos fourneaux !

Par Akhillé Aercke avec TWC France

Japon: du saumon élevé sur la terre ferme

février 28, 2018

L’homme d’affaires japonais Tetsuro Sogo, qui expérimente une nouvelle technique d’élevage, regarde des saumons gris dans un bassin, le 30 janvier 2018 à Saitama / © AFP / Farzaneh KHADEMIAN

Le Japon a beau être un archipel, c’est à terre que l’homme d’affaires Tetsuro Sogo s’est lancé dans l’élevage du saumon, le poisson le plus apprécié du pays pour les traditionnels sushis.

A Saitama, une ville située dans une région montagneuse au nord de Tokyo, une nuée de jeunes saumons gris s’agitent dans un grand bassin rempli d’eau.

Très sérieux dans son costume, M. Sogo surveille avec attention les petits poissons comme s’il veillait sur ses propres enfants.

Au sein de la start-up baptisée FRD Japan, soutenue par une grande maison de négoce japonaise, le jeune trentenaire expérimente une nouvelle technique d’élevage qui lui permettra, espère-t-il, de produire du saumon de manière rentable pour que les Japonais puissent déguster du poisson élevé localement.

« Nous serons en mesure de produire facilement du saumon de qualité n’importe où », assure-t-il à l’AFP.

La consommation de saumon a explosé dans le monde depuis les années 1980, notamment aux Etats-Unis, en Russie, en Europe ou au Japon.

Pour satisfaire cette demande, l’élevage a progressivement supplanté la pêche, la Norvège et le Chili dominant l’aquaculture mondiale. Elle se pratique principalement dans des fermes installées en mer mais cela est difficile au Japon car les eaux sont trop chaudes en été.

D’où l’idée de M. Sogo de se lancer dans l’aquaculture terrestre. Les défis toutefois étaient grands: conserver des bassins propres requiert beaucoup d’eau et d’énergie, ce qui renchérit le coût de production des poissons.

– Bactérie nettoyante –

« Nous avions besoin de développer une nouvelle technique pour produire plus de saumon » sans pour autant déployer d’équipements très énergivores, explique Tetsuro Sogo.

L’entreprise a ajouté du sel de mer artificiel dans de l’eau non salée, ce qui lui permet d’installer une ferme n’importe où, à partir du moment où une source d’eau douce est disponible. Et, étape cruciale, elle a conçu un procédé de nettoyage de l’eau qui utilise une bactérie pour décomposer l’acide nitrique indirectement produit par les poissons.

« Si nous parvenons à être rentable, nous serons les premiers à réussir ce type d’élevage du saumon », dit M. Sogo.

En cas de succès, ce procédé pourrait permettre au Japon de réduire sa dépendance aux importations car seul le poisson d’élevage, traité et surveillé pour éviter les maladies, est dégusté cru. L’archipel a importé en 2016 près des deux tiers du saumon qu’il consomme, selon des statistiques officielles.

M. Sogo espère que bientôt son entreprise pourra devenir un producteur important, et pourquoi pas exporter sa technologie. « La demande dans le reste de l’Asie va certainement croître plus fortement que le marché japonais », affirme-t-il.

– Autres initiatives –

Après une période de tests l’an dernier, pendant laquelle l’entreprise a pu produire une tonne de saumon, FRD prévoit de mettre en service une ferme pilote plus importante d’ici juillet, qui devrait produire 30 tonnes par an.

D’ici 2020, il espère lancer une ferme de taille commerciale d’une capacité de 1.500 tonnes de saumon annuelles.

Cette start-up n’est pas la seule à s’intéresser au saumon d’élevage à terre.

A Imizu, une ville du centre du Japon, une ferme a démarré en 2015 l’élevage de « sakura-masu », réputé pour sa couleur rose et considéré comme un produit de luxe. Elle utilise toutefois les techniques traditionnelles et ne peut encore produire que de faibles quantités (15 tonnes par an).

« Nous augmenterons la production dès que nous aurons résolu notre problème de capacité car il y a une forte demande de ce poisson particulièrement goûteux dans la région de Tokyo », explique Tetsuya Murashita, responsable de la commune chargé du projet.

Le groupe spécialiste des produits de la mer Maruha Nichiro a également construit une ferme aquacole l’an dernier pour élever la même variété de saumon.

Ailleurs dans le monde, d’autres projets d’élevage à terre de saumons existent, notamment en Chine, au Canada et aux Etats-Unis comme celui annoncé récemment par le Norvégien Nordic Aquafarms dans l’Etat du Maine.

Au Japon, toutes variétés de poissons confondues, l’aquaculture représentait en 2015 près d’un quart de la production nationale de poissons, et la quasi-totalité des fermes se trouvent en milieu marin.

Romandie.com avec(©AFP / 28 février 2018 14h13)