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Congo: Le refus de Dangoté de verser au clan Sassou 5 milliards cfa de la route Bouansa-Mfila a fâché Oyo

février 2, 2022

Si la raison principale de la rareté du ciment évoquée par Dangoté est la panne de leur broyeuse, il n’en demeure moins que les Nigerians ne sont plus en sainteté avec le clan Sassou depuis des années. Plusieurs promesses faites par le Congo n’ont pas été tenues et les Nigerians sont allergiques aux injonctions du clan Sassou dans la gestion de leur entreprise. Pour réhabiliter la route du pont Niari à Mfila, le clan a demandé 5 milliards cfa et a interdit Dangoté de le faire.

Aliko Dangoté n’est pas né de la dernière pluie et n’a pas bâti son empire avec l’argent des détournements. Il doit tout à sa tête et la sueur de son front et ne peut s’agenouiller devant des gens qui doivent tout du vol des deniers publics de leur pays. A ce jour, la cimenterie Dangoté n’a toujours pas obtenu les terrains convenus avec la partie Congolaise pour la construction de leur base de vie.

A Lagos, on note que le Congo n’a pas honoré à plusieurs de ses engagements, mais tente chaque fois d’imposer des travailleurs sur base clanique à Dangoté Cément. Avec une production de 2 millions tonnes annuelle, Dangoté Cement est la plus importante du pays, mais le clan Sassou préfère accorder des avantages aux deux autres cimenteries Chinoises qui ne produisent à peine que 300.000 tonnes par an.

« Tout cela parce qu’on a refusé que les membres du clan Sassou deviennent des actionnaires en y injectant de l’argent sale » confie un cadre de Dangoté. Un autre conflit qui oppose Dangoté au clan Sassou est la réhabilitation de la route Bouansa-Mouyondzi à partir du pont sur le Niari jusqu’à Mfila.

Les Nigérians ont pris la responsabilité de le faire, mais le clan Sassou y a opposé son refus, exigeant que Dangoté leur verse la somme de 5 milliards cfa afin que l’État le réhabilite. Connaissant le caractère escroc de ce clan, Dangoté a refusé demandant au Congo de prendre ses responsabilités.

Ces membres du clan Sassou qui faisaient déjà leurs programmes sur les 5 milliards ont déchanté et manifestent aujourd’hui leur fureur sur Dangoté.

Avec Sacer-infos par Stany Frank

Mines : le Congo exportateur de l’or et du diamant

janvier 11, 2022

Les exportations minières représentent 155 millions de dollars, soit environ 91 milliards FCFA, et 0,06% du total des revenus du secteur extractif. Pour la première fois dans son rapport sur la transparence des industries extractives, la République du Congo a précisé le volume de la production artisanale de l’or et du diamant.  

Florent Michel Okoko face aux médias/Adiac

Devant la presse pour présenter les conclusions du rapport 2019 de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), le 10 janvier à Brazzaville, le secrétaire permanent du comité national, Florent Michel Okoko, a fait état de l’artisanat minier et la nécessité d’en assurer la traçabilité, pour une meilleure transparence du secteur.

Il faut ajouter à cela que le Congo dispose d’un potentiel diamantifère encore sous-évalué qui se trouve essentiellement dans les zones de socle du Kouilou, du Chaillu ou de Kellé Mbomo (département de la Cuvette-Ouest), où le diamant est produit conjointement à l’or. Selon les études officielles, d’autres zones dans la Likouala, la Cuvette-Ouest, le Niari et la Lékoumou sont aussi réputées pour leur potentiel diamantifère. Ces zones couvrent une surface estimée à plus de 26000 km², d’un ordre de grandeur d’environ 8 millions de carats.

En prenant en compte l’artisanat minier dans le périmètre du récent rapport ITIE, à en croire Florent Michel Okoko, le gouvernement congolais veut doper la production de ces minerais et l’exportation des ressources minières, tout en garantissant la transparence des revenus. Pour mémoire, le pays a adhéré au processus Kimberley en 2003 et a été suspendu un an après. Il a été réintégré au processus en 2007 avec depuis une reprise significative des exportations de diamants.

Des gisements d’or sont exploités de façon artisanale dans le bassin côtier du Kouilou, les localités de Kellé, Mbomo et Elogo (Sangha). La production du métal noble est estimée à dix tonnes, de même valeur que des carats connus ailleurs en Afrique centrale et aux « ceintures de roches vertes du panafricain ». Des traces d’or sont aussi signalées à Zanaga (Lékoumou) et à Mayoko (Niari).

En matière d’industrie minière, le Congo est donc toujours en phase de développement avec une seule société en phase de production effective, à savoir la Société de recherche et d’exploitation minière, installée à M’Fouati, dans le département de la Bouenza. La plupart des sociétés minières ont achevé leurs phases de recherches géologiques, ainsi que leurs études de faisabilité identifiant les infrastructures qui devront être construites pour réaliser l’exploitation.

« Le secteur pourrait être amené à tenir une place de tout premier ordre, si toutefois les prix des matières premières (fer, cuivre, potasse et phosphate) remontent à un niveau satisfaisant et que des solutions de financement des infrastructures de transport et d’énergie soient mises en place », conclut le rapport.

Avec Adiac-Congo par Fiacre Kombo

Au Bénin, l’exploitation des « enfants placés », entre maltraitance et violences sexuelles

août 16, 2021

Si les « vidomègon » ont toujours existé, le principe s’est dévoyé pour devenir une activité commerciale parfois placée sous la coupe de réseaux de trafiquants.

L’une après l’autre, elles sortent du dédale de ruelles de Dantokpa, le plus grand marché d’Afrique de l’Ouest. Avec leur large plateau sur la tête, les filles traversent ensuite la gare routière, d’où partent des bus pour le nord du Bénin, puis elles rejoignent la Baraque SOS Vidomègon. C’est là, dans ce local coincé entre un coiffeur et un vendeur de pneus, qu’elles viennent souffler un peu.

Il est 13 heures et le soleil de Cotonou est brûlant quand Sandra, 15 ans, pose délicatement à terre le lourd plateau de tomates, qu’elle porte depuis l’aube en équilibre sur sa tête. « Je me suis levée ce matin à 4 heures, comme tous les jours, raconte la jeune fille en s’essuyant le front. Normalement, je terminerai vers 20 heures. J’ai beaucoup vendu ce matin. » Si Sandra ne parvient pas à écouler toute sa marchandise, elle aura la possibilité de continuer demain.

Amandine, 19 ans, n’a pas cette chance : « Si ce soir il me reste des oignons, je vais me faire insulter par ma tante, la sœur de mon père. Avant elle me battait mais elle a arrêté, car maintenant je lui rends les coups. Je travaille pour elle depuis que j’ai quitté mon village de Sô-Ava à l’âge de 10 ans. Chaque jour, sauf le dimanche car je vais à la messe, je dois tout vendre avant d’aller me coucher. »

Près de 200 000 en Afrique de l’Ouest

Jusqu’au cœur de la nuit, on peut voir à Cotonou des enfants livrés à tous les dangers près du stade de l’Amitié ou aux abords de Dantokpa. Au Bénin, on les appelle « vidomègon » (les « enfants placés » en fon, la langue la plus parlée de ce pays de 13 millions d’habitants). Le phénomène est également répandu au Togo et au Nigeria voisins. Selon l’Unicef, ils seraient près de 200 000 en Afrique de l’Ouest. A Dantokpa, on en compterait 5 000, d’après l’ONG Espoirs d’enfants.

Si dans les marchés de la plupart des villes béninoises, on les croise portant ce qu’ils doivent vendre dans la journée, on peut aussi en voir travailler dans les champs ou dans des restaurants, où ils servent ou nettoient les tables des clients. Certains ont à peine 5 ans. Souvent pieds nus et vêtus de haillons, de nombreux vidomègon (80 % d’entre eux sont des filles) sont victimes de maltraitance et de violences sexuelles.

Le fait de placer un enfant chez un proche ou dans une famille d’accueil a toujours existé. Il permet à des familles pauvres d’espérer offrir la possibilité d’aller à l’école. En échange, les enfants accomplissent quelques tâches agricoles ou ménagères. « Je connais des jeunes filles qui sont tombées chez des gens très corrects », assure Julienne, 16 ans. En Afrique de l’Ouest, c’est à partir des années 1990, au fil des sécheresses et des crises économiques, que le principe s’est dévoyé pour devenir une activité commerciale parfois placée sous la coupe de réseaux de trafiquants.

Loin des grandes villes, un business s’est mis en place dans le nord du Bénin, mais aussi dans les départements du Couffo et du Mono (sud-ouest). « Le système est organisé à partir de rabatteurs et d’entremetteuses qui sillonnent les villages en quête d’une main-d’œuvre bon marché », explique Florentin Kinhoueyito, secrétaire général de l’ONG Amour et Bien-être, qui mène différentes actions en faveur de la jeunesse béninoise : « Ils donnent aux parents une somme d’environ 30 000 francs CFA [46 euros] pour les appâter. Ils leur font miroiter un revenu mensuel qu’ils ne verseront quasiment jamais. Ensuite, les enfants disparaissent et tout est fait pour qu’ils n’aient aucun contact avec leur famille. Lorsque les enfants reviennent chez eux, ils n’osent généralement pas raconter l’enfer qu’ils ont subi. »

« Des enfants repliés sur eux-mêmes »

Julienne a été vendue à l’âge de 13 ans à un intermédiaire « qui sillonnait les rues » de son village de Bopa, dans le département du Mono. « Il a dit à mes parents que j’allais trouver un boulot chez une dame riche qui allait me donner 20 000 francs CFA par mois, se souvient-elle. J’avais peur, mais je ne pouvais pas contredire mon père, qui avait pris la décision de m’envoyer et de signer un contrat de trois années. Le jour du départ, il y avait une quarantaine de filles, les plus jeunes avaient 8 ans. »

Après un mois de travaux champêtres, Julienne a été emmenée chez une femme qui l’a forcée à se lever à 4 heures du matin « pour faire la cuisine, le ménage, la vaisselle », et qui la frappait à coups de bâton. Elle s’est enfuie au bout de trois ans puis est revenue dans son village, où ses parents lui ont dit qu’ils n’avaient jamais reçu d’argent depuis son départ.

« Les enfants que nous accueillons sont dans un état nutritionnel souvent insuffisant, assure Hérodote Tokpanoude, médecin au sein de l’ONG Amour et Bien-être. Sur le plan psychologique, ils sont anxieux et repliés sur eux-mêmes. »

Une cinquantaine de jeunes filles, âgées de 7 à 19 ans, viennent quotidiennement se reposer, jouer ou suivre des cours d’alphabétisation, la plupart étant déscolarisées, à la Baraque SOS du marché Dantokpa, financée par les partenaires des Sœurs salésiennes de Don Bosco avec l’appui des structures d’Etat. « Notre but est d’humaniser les conditions de vie de ces filles, explique Claudine Bohissou, responsable du centre. On les écoute, on les respecte et, si elles le souhaitent, nous pouvons les orienter vers un métier ou vers l’école. Elles bénéficient aussi des services d’une assistante sociale et d’un psychologue. »

« Je ne souhaite pas changer de métier »

Malgré la dureté de la rue et les violences qu’elles subissent, les vidomègon sont nombreuses à ne pas vouloir changer de vie. Pour certaines, comme Albertine, c’est par esprit de sacrifice : « J’ai accepté d’être vendue à un monsieur à l’âge de 13 ans afin d’améliorer les conditions de vie de ma famille », dit-elle. D’autres, comme Sandra, « parce que vendre des tomates est [son] métier depuis l’âge de 7 ans et [qu’elle] ne souhaite pas en changer ». Sonia, vendeuse de crevettes de 13 ans, se dit « heureuse de travailler pour [sa] grand-mère, qui [lui] donne des sous pour [ses] dépenses ».

« Dans un pays qui a tellement souffert de l’esclavage, je n’aime pas qu’on compare le phénomène des vidomègon à de l’esclavage d’enfants », explique sœur Tiziana Borsani, directrice exécutive des œuvres sociales de l’Institut des Filles de Marie-Auxiliatrice au Bénin, fondé par les Sœurs salésiennes de Don Bosco : « Mais il s’agit incontestablement d’une exploitation économique, domestique et parfois sexuelle des enfants. Depuis quelques années, la situation s’améliore car il y a eu une prise de conscience, après un travail efficace de synergie entre les structures de l’Etat et les organisations de la société civile. Des procès ont été menés et de lourdes peines ont été prononcées contre des trafiquants et des familles d’accueil qui infligeaient des sévices aux enfants. »

Après deux heures de repos et un cours d’orthographe, les jeunes filles de la Baraque SOS montent le son du poste de télévision. Dans un joyeux tumulte, elles dansent, chahutent entre les bancs… Puis, d’un geste mille fois répété, elles replient leur « kanzoun », ce morceau de tissu qui cale le plateau sur leur tête, esquissent encore quelques pas de danse et disparaissent dans le labyrinthe de Dantokpa.

Par Le Monde avec Pierre Lepidi (Cotonou, envoyé spécial)

Congo-Mayombe: 3 militaires emportent 400 kilos d’or dans le braquage d’un véhicule des chinois

août 26, 2019

Au Congo, même les hommes en tenue sont devenus des bandits de grand chemin et n’hésitent pas à se remarquer dans des opérations de grande envergure. Si les policiers s’illustrent dans le braquage des banques et domiciles privés, trois militaires armés jusqu’aux dents ont volé près de 400 kilos d’or aux chinois dans un braquage en pleine forêt du Mayombe.

Le véhicule avec deux chinois à bord et conduit par le chauffeur congolais, serait parti de Komono et Bambama dans la Lekoumou. Dans ces localités, on assisterait à un pillage sauvage du sous -sol par des ressortissants asiatiques au su et vu de tout le monde.

La question du million est celle de savoir qui aurait vendu la mèche ? Qui serait derrière ces militaires ? Mais certains se réjouissent de ce braquage au vu du pillage des ressources naturelles congolaises par les chinois en complicité avec certaines autorités.

Dans le Mayombe, malgré les protestations des autochtones sur l’exploitation sauvage avec des conséquences sur la biodiversité, les chinois et libanais campent toujours sur leurs positions.

Comment peut-on permettre à ces étrangers de se moquer ainsi des congolais ? La solution serait donc le braquage.

Les trois militaires auteurs du braquage des 400 kilos d’or, attendaient le véhicule des chinois juste après Masseka. Les obligeant à s’arrêter simulant un contrôle routier, ils ont opérés en toute tranquillité avant de s’évaporer dans la nature en direction de Dolisie.

Ces chinois se dirigeaient avec cet or à Pointe-Noire d’où il est exporté vers les pays d’Asie. La valeur de ce métal précieux s’accroît de plus en plus dans le monde et tout les économistes y voient le moyen le plus sûr de garder sa richesse.

Les sujets asiatiques se sont déversés au Congo en créant des sociétés fantaisistes avec permis d’opérations dans des régions où l’or est présent. Le plus souvent parrainés par un dignitaire, ces asiatiques agissent sans aucun respect environnemental et seul compte leur gain. Les cas de Kellé, Mbomo, Komono et le Mayombe en disent long.

Sacer-infos.com par Stany Franck

Dans le nord du Mozambique, la face cachée de la fièvre du rubis

octobre 7, 2018

Des mineurs illégaux au bord d’un trou dans lequel ils espèrent trouver des rubis, près de Montepuez, le 3 août 2018 au Mozambique / © AFP / EMIDIO JOSINE

Sous la canopée de la forêt tropicale, ils se faufilent un à un dans les galeries puis en ressortent, essoufflés, les bras chargés de sacs d’une terre sablonneuse dont ils espèrent extraire les quelques éclats de pierres précieuses qui leur permettront de survivre.

Dans le nord du Mozambique, qui fournit 80% de la production mondiale de rubis, des centaines de mineurs informels défient jour et nuit la faim, la police et une multinationale pour grappiller les miettes illégales du commerce de cette pierre.

Faque Almeida, 46 ans, est l’un de ces damnés de la terre. Depuis huit ans, il creuse les sous-bois du district de Montepuez en quête de petites brisures rouges.

« Je suis là parce que je suis pauvre », confie ce musulman de Nampula (centre). Amputé d’une jambe depuis un accident, Faque Almeida doit nourrir quatre femmes et 22 enfants. « Je survivais en cultivant un petit lopin de terre pour ma famille quand j’ai entendu dire qu’il y avait des pierres précieuses à Montepuez. Depuis, je suis là. »

La découverte fortuite il y a dix ans des premiers rubis a donné la fièvre à toute la région. Des milliers de personnes y ont accouru pour arracher quelques gemmes avant que le gouvernement mozambicain ne s’en mêle.

– Violences –

En 2011, il a accordé une concession de 36.000 hectares à la société Montepuez Ruby Mining (MRM), détenue aux trois-quarts par le groupe britannique Gemfields et pour le reste par un général bien en cour à Maputo.

Aux yeux de la loi, MRM est la seule autorisée à extraire et à vendre les rubis de Montepuez, un commerce qui lui a officiellement rapporté 350 millions d’euros depuis 2012.

Un mineur illégal à la recherche de rubis près de Montepuez, le 3 août 2018 au Mozambique / © AFP / EMIDIO JOSINE

Mais l’arrivée du géant britannique, de ses barbelés et de ses agents de sécurité armés n’a pas fait partir les « garimpeiros ». La police, accusée par les mineurs de brutalités et même d’exécutions sommaires, non plus.

« Nous creusons des trous de plus de 5 m qui parfois s’effondrent sur nous. J’ai perdu de nombreux amis et un frère comme ça », confie Fernando Zulu.

« Mais notre plus grande crainte, c’est la police et la sécurité privée. Ils viennent, nous arrêtent, nous torturent et parfois même nous enterrent vivants », affirme-t-il.

Ces pratiques ont été documentées par plusieurs ONG. L’an dernier, l’association des avocats du pays a dénoncé les « actes de torture, violences (…), persécutions et menaces menés par différents éléments de forces de sécurité ».

La police et Gemfields démentent tolérer la moindre violence dans leurs rangs.

« Nous concédons que les relations entre nos agents de sécurité et les mineurs illégaux ne sont pas forcément amicales », concède le PDG de Gemfields, Sean Gilbertson, « mais nous faisons tout pour respecter les droits de l’Homme. »

– Revendeurs –

L’entrée de la société Montepuez Ruby Mining (MRM) à Montepuez, le 3 août 2018 au Mozambique / © AFP / EMIDIO JOSINE

Ce jour-là, les mineurs illégaux sont une centaine à butiner le sol à coups de pioche. S’ils continuent, c’est qu’une partie du butin extrait du sous-sol alimente le marché noir.

Selon les témoignages recueillis par l’AFP, les pierres déterrées par les mineurs informels sont écoulées auprès de négociants venus du Sénégal, du Nigeria ou du Mali, qui font leurs affaires le long de la route qui mène à la concession.

La marchandise tombe ensuite entre les mains de « grossistes » venus de Thaïlande, du Sri Lanka ou du Vietnam. « Je séjourne ici pendant un mois ou deux pour acheter des rubis. Une fois que j’en ai assez, je repars dans mon pays pour les vendre », explique l’un d’eux sous couvert de l’anonymat.

Ce circuit garantit aux « garimpeiros » de quoi survivre.

Originaire d’un village de la Tanzanie voisine, Cassiano Johane s’est installé à Montepuez en 2011 et y creuse toujours. « J’ai quitté ma famille pour les rubis », plaide-t-il, « j’en ai trouvé plusieurs, je les ai vendus et j’ai envoyé l’argent à ma famille ».

Si la police tolère ce marché noir, affirment en chœur les mineurs, c’est qu’elle en profite largement. « Lorsqu’on est arrêtés (…), la police nous libère souvent en échange d’un bakchich. Seuls ceux qui n’ont pas les moyens restent en prison », témoigne Leonardo Vaneque, 23 ans.

– « Pot-de-vin » –

Une rue de Montepuez, le 3 août 2018 au Mozambique / © AFP / EMIDIO JOSINE

« Et tous ces étrangers qui achètent les pierres à Montepuez, comment croyez-vous qu’ils arrivent jusqu’ici ? Comment réussissent-ils à sortir les rubis du pays ? », interroge-t-il: « Eux aussi paient des pots-de-vin. »

Le patron de Gemfields reconnaît la corruption des agents de l’Etat. « Malheureusement nous avons des exemples », lâche-t-il, « ils sont une minorité mais (…) c’est très inquiétant. »

La police affirme avoir pris le problème des mineurs illégaux à bras-le-corps.

« Nous faisons notre possible pour en débarrasser la province », assure le porte-parole de la police provinciale, Augusto Guta. « Nous n’arrêtons personne, les gens sont renvoyés chez eux, au Mozambique ou à l’étranger », ajoute-t-il.

« Nous préparons un plan pour combattre le commerce illégal des diamants, des métaux et des pierres précieuses », assure de son côté le ministre mozambicain des Ressources minérales, Max Tonela.

La tâche s’annonce ardue car les mineurs sont aussi déterminés que désespérés.

« Nous continuerons à +voler+ les pierres que Dieu nous offre plutôt que de voler les gens », jure Luis Elias, 42 ans. « Cette mine est assez grande pour tout le monde », insiste-t-il, « ils peuvent bien nous jeter dehors, nous continuerons parce que nous n’avons pas d’autre choix. Il n’y a pas d’autre travail ».

Romandie.com avec(©AFP / (07 octobre 2018 07h20)

La RDC officialise son projet d’exploiter du pétrole dans les parcs naturels

juin 29, 2018

Kinshasa – La République démocratique du Congo a officialisé son projet d’exploiter du pétrole dans les parcs naturels des Virunga (nord-est), le plus ancien d’Afrique, et de la Salonga (centre), d’après un document diffusé vendredi.

Le gouvernement congolais projette le « déclassement par décret d’une zone à intérêt pétrolier » dans les deux parcs, selon un compte-rendu d’un conseil des ministres en date du 8 juin, diffusé seulement ce vendredi.

La « zone d’intérêt pétrolier » concerne 172.075 hectares des Virunga soit 21,5% de la surface totale du parc classé au patrimoine mondial de l’Unesco, d’après le compte-rendu qui ne donne aucun chiffre pour la Salonga.

Le ministre des Hydrocarbure a demandé « l’autorisation de constituer, avec son Collègue de l’Environnement et du Développement Durable, une commission interministérielle » pour préparer les deux décrets.

« Après examen, le Conseil des ministres a accordé les deux autorisations », précise le compte-rendu.

Ce projet de « commission » pour étudier le « déclassement » d’une partie de deux des joyaux naturels et touristiques de la RDC avait été révélé par l’ONG Global Witness le 3 mai.

L’ONG avait demandé l’arrêt de ce projet en dénonçant « des conséquences catastrophiques » pour l’environnement: « Le parc de la Salonga abrite près de 40 % de la population mondiale de bonobos, tandis que celui des Virunga constitue un habitat vital pour de nombreuses espèces protégées, les hippopotames, les éléphants et certains des derniers gorilles des montagnes au monde ».

Dans les Virunga, le plus ancien parc naturel d’Afrique, les réserves pétrolières sont estimées à « 6.758 milliards de barils avec les recettes budgétaires additionnelles de sept milliards de dollars », d’après une note du ministre que l’AFP avait pu consulter.

Le parc des Virunga a suspendu ses activités touristiques jusqu’à la fin de l’année après la mort d’une ranger et l’enlèvement de trois personnes dont deux touristes britanniques le 11 mai dernier.

A la frontière avec le Rwanda et l’Ouganda, les Virunga s’étendent sur 7.800 km2 dans la province du Nord-Kivu, fief de plusieurs milices et groupes armés.

Romandie.com avec(©AFP / 29 juin 2018 20h14)                                                        

Côte d’Ivoire: une importante mine d’or dénonce une augmentation du prix de l’électricité

avril 28, 2016

Abidjan – Le patron de la mine d’or de Tongon au nord de la Côte d’Ivoire, a dénoncé jeudi les coupures intempestives suivies d’une hausse considérable du prix de l’électricité qui pourraient affecter la production de la plus importante unité du pays.

La production du métal jaune a augmenté de près de 10% par rapport à 2014 pour atteindre 7,5 tonnes en 2015 s’est félicité le Sud-africain Dennis Marc Bristow, le patron de Randgold Resources, la compagnie exploitant la mine d’or de Tongon.

Tongon qui représente plus du tiers de la production nationale (23,5 tonnes en 2015) prévoit de couler 9,3 tonnes en 2016.

Toutefois, l’unité industrielle se dit confronter à un système d’augmentation du prix de l’électricité depuis plusieurs mois qui met en péril l’exploitation minière.

Nous avons été sommés de payer à la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE, qui détient le monopole de la fourniture l’électricité dans le pays) huit milliards de FCFA (environ 12,2 millions d’euros) sur six mois de consommation (d’août 2015 à février 2016), là où nous payions avant moins de six milliards FCFA 9 M millions d’euros) a déploré M.Bristow, lors d’une conférence de presse.

Cette augmentation suivie des coupures intempestives vont gravement affecter nos coûts de production a-t-il averti.

La production industrielle d’or, en constante progression (20 tonnes en 2014, 23,5 tonnes en 2015) est assurée par huit exploitations.

Le pays a annoncé la découverte de son plus grand gisement d’or, aux réserves évaluées à 200 tonnes. Propriété de la compagnie britannique Amara Mining, la mine à ciel ouvert du Yaouré, près de la capitale Yamoussoukro, produira son premier lingot en 2017.

Le secteur minier ivoirien dominé par les productions de manganèse et d’or a été marqué en 2015 par la chute importante des cours.

En 2015, l’exploration et l’exploitation minières ont bénéficié de 77 mds FCFA (1,17 million d’euros) d’investissements, après la délivrance de 45 nouveaux permis de recherche portant à 171 le nombre total de permis, dont 136 pour l’or.

L’activité minière contribue à 5% du produit intérieur brut de la Côte d’Ivoire, dont le sous-sol renferme également du diamant, du fer, du nickel, de la bauxite et du cuivre.

La Côte d’Ivoire, un des leaders africains de l’électricité, a augmenté sa production depuis 2011 pour en finir avec les coupures ou les délestages, mais les consommateurs grognent face à la hausse de près de 40% du prix du kilowatt-heure.

Romandie.com avec(©AFP / 28 avril 2016 13h55)