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Côte d’Ivoire, Ghana réveillez-vous ! La Chine exporte du cacao vers la Belgique

août 19, 2021

Séchage des fèves de cacao au Ghana

Premiers fournisseurs mondiaux, les exportateurs africains de cacao ne touchent que 5 % des revenus de l’industrie du chocolat, sur un total annuel mondial de 130 milliards de dollars. Ils doivent maintenant faire face à l’arrivée de la Chine sur le marché.

En 2013, Mondelez, la société mère de Cadbury Australia, avait annoncé qu’elle allait investir 59 millions de dollars dans des essais de culture de cacaotiers le long de son usine de Hobart, en Tasmanie, au nord de l’Australie. Le but était d’augmenter la production annuelle de fèves.

Cela aurait dû être un premier signal d’alarme pour les producteurs africains. C’est désormais la Chine qui se lance dans la production de cacao, avec des projets expérimentaux qui ont déjà permis l’exportation de fèves vers la Belgique.

L’Afrique subsaharienne fournit aujourd’hui 86 % de la production mondiale de fèves de cacao, les 14 % restants étant apportés par le Brésil (12 %) et Trinidad-et-Tobago (2 %), mais elle ne touche que 5,35 % des revenus générés par l’ensemble de l’industrie (de la fève brute aux tablettes de chocolat).

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Pourquoi ? Pour certains, cela tient au fait que l’Afrique consomme elle-même peu de ses produits dérivés, avec seulement 1 % de la consommation mondiale.

D’autres estiment que l’Afrique, contrairement à l’Europe, n’a pas encore la capacité technique de construire des modèles intégrés pour transformer la matière première en produits finis et gérer la chaîne d’approvisionnement.

D’aucuns mettent en avant le manque d’investisseurs industriels, dû à des conditions d’emprunt difficiles (taux trop élevés, garanties exigées trop strictes), d’une préférence pour la liquidité et plus globalement d’un manque de confiance dans l’économie.

Une vision trop réduite des choses

Ces trois arguments sont tout à fait recevables. Mais si nous ne parvenons pas à capter plus de la valeur de la chaîne d’approvisionnement c’est parce que nos petits exploitants agricoles, nos coopératives, nos organismes de réglementation et les gouvernements en place ne voient pas assez grand.

Ils laissent l’ensemble de l’industrie locale planter les fèves, les récolter et les vendre à des courtiers internationaux à des prix inférieurs à ceux acceptés sur les marchés internationaux des matières premières.

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La chaîne de valeur est donc biaisée, au détriment des pays qui dépendent de la production primaire. En effet, l’agriculture comprend quatre socles : la production primaire, le stockage, la transformation et la distribution, mais ces différents niveaux ne sont pas rémunérés de la même manière. Plus on avance dans la chaîne d’approvisionnement, plus on gagne.

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Menace chinoise

C’est dans ce contexte inquiétant qu’il faut placer l’arrivée de la Chine sur le marché du cacao. L’Académie chinoise des sciences agricoles tropicales (CATAS) a travaillé à la culture du cacao dans la province de Haina et a récemment exporté 500 kg de fèves de cacao vers la Belgique, pour une valeur dérisoire de 3 044 euros (pour l’instant).

NOUS DEVONS CHANGER AU PLUS VITE LA FAÇON DONT NOUS PRODUISONS LE CACAO

Alors que le Cocobod du Ghana (l’organisme paraétatique qui organise la production de cacao du pays) a assuré que cette exportation chinoise n’avait rien d’inquiétant, le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs agricoles du Ghana, Edward Kareweh, s’est montré lui beaucoup plus préoccupé. « Nous devons changer au plus vite la façon dont nous produisons le cacao dans ce pays. Nous utilisons des pioches et des couteaux dans nos exploitations depuis plus de 100 ans », a-t-il déclaré.

La Chine a compris qu’elle pouvait tirer parti de la fragilité du modèle africain en produisant suffisamment de fèves pour le vendre à l’Europe, dans le but de réduire sa balance commerciale due à l’importation de chocolat.

Elle songe même à développer ses propres industries pour fabriquer des barres de chocolat et d’autres produits dérivés qui serviront à nourrir 1,4 milliard de Chinois. La fève de cacao est riche, et peut être utilisée dans les barres de chocolat donc, mais aussi dans les préparations pour gâteaux, les aliments pour le petit-déjeuner, les boissons, la crème glacée.

Des solutions malgré tout

Pour tenter de s’emparer d’une plus grande partie de la chaîne de valeur le Ghana et la Côte d’Ivoire ont créé un « Chocopec », avec un prix plancher en dessous duquel les agriculteurs ne peuvent pas vendre leurs matières premières.

Mais la décision du Cocobod au Ghana et du gouvernement ivoirien de fixer un prix plancher pour la fève est en réalité contre-productive. Car si l’Afrique subsaharienne contrôle 86 % de la chaîne d’approvisionnement mondiale en intrants primaires, elle ne contrôle pas la division « achat » des produits dérivés, ni les sections secondaire (autrement dit la fabrication) et tertiaire (la logistique et la distribution) de la chaîne de valeur ajoutée.

La réponse se situe en partie dans l’intégration en amont, c’est-à-dire par la substitution des importations.

Certains pays comme la Côte d’Ivoire ont déjà entamé ce processus. Mais la plupart des additifs primaires nécessaires à la transformation du beurre de cacao en chocolat, comme le lait et le sucre, sont encore importés d’Europe.

Cacao

Pour que la Côte d’Ivoire puisse tirer pleinement profit de sa production primaire de fèves de cacao, elle doit en outre trouver des marchés dans son pays et sur le continent, car elle ne peut pas construire une chaîne d’approvisionnement sans acheteurs.

Une solution envisageable serait de veiller à ce que le Nigeria développe son plan national de transformation de l’élevage (NLTP) dans le cadre de son programme de développement laitier. Cela lui permettrait de fournir à ses voisins les matières premières et les additifs nécessaires à la transformation du cacao, sans avoir à aller les chercher en Amérique du Sud.

Autre possibilité, la construction au Ghana de fermes d’élevage entièrement mécanisées pour la production de lait, ou encore la mise en place de modèles verticalement intégrés pour pouvoir transformer la canne à sucre.

Ces projets doivent être débattus au niveau régional, par exemple lors des sommets économiques organisés par les dirigeants politiques du continent.

L’Institut de recherche sur le cacao du Ghana (CRIG) a de son côté produit des échantillons de produits issus de ses recherches sur les utilisations futures du cacao. Les usages futurs sont nombreux : cosmétiques, produits de toilette, engrais, boissons, biocarburants etc. La commercialisation des résultats de cette étude pourrait être très intéressante, à condition toutefois de trouver un financement privé.

Repenser le modèle de financement

Or les projets qui émergent ont en effet souvent du mal à se financer.

Aujourd’hui les entrepreneurs ne peuvent pas obtenir un prêt sans fournir aux banques des actifs physiques en garantie car il n’existe pas de système conçu pour analyser la solvabilité des emprunteurs. Autrement dit, il est impossible d’avoir accès au capital de long terme avec des garanties moins exigeantes.

Le cas d’Edmond Poky l’illustre bien. Cet homme d’affaires ghanéen, qui a obtenu un MBA à Columbia, a décidé de quitter son emploi chez Goldman Sachs pour créer son entreprise. Mais au moment du lancement de son projet, il n’a pu lever au Ghana que 2 millions de dollars sur les 40 qu’il espérait obtenir et a finalement dû se financer sur les marchés américains. Son entreprise, Niche Cocoa Processing Limited, a engrangé l’an dernier 120 millions de dollars de revenu.

Seul un fonds d’investissement dédié aux entreprises aux entreprises ayant des modèles commerciaux et financiers bancables de transformer la fève de cacao en produits finis permettrait de lever ces obstacles au financement.

Les gouvernements, en partenariat avec la Banque africaine de développement, la Banque africaine d’import-export (Afrexim) et la Société financière africaine, ainsi que les banques de dépôt, doivent s’unir pour fournir des capitaux « patients », au coût raisonnable aux entrepreneurs ayant des projets intéressants.

Comme le dit un célèbre proverbe chinois : « Le meilleur moment pour planter un arbre était il y a 20 ans, le deuxième meilleur moment est maintenant ». C’est aujourd’hui l’occasion pour le continent africain de récupérer sa part du gâteau.

Par Jeune Afrique avec

Kelvin Ayebaefie Emmanuel

* Kelvin Ayebaefie Emmanuel est le co-fondateur et le DG de Dairy Hills

La Côte d’Ivoire seul représentant africain dans le top 10 mondial des exportateurs de bananes

mars 15, 2021

La Côte d’Ivoire est le seul représentant africain dans le top 10 mondial des exportateurs de bananes, occupant ainsi la 7e place derrière l’Equateur, les Philippines, le Guatemala, le Costa Rica, la Colombie et le Honduras, a fait savoir jeudi 11 mars 2021, le directeur général du commerce extérieur, Kaladji Fadiga.

« Le pays a enregistré une progression notable des exportations des fruits tropicaux en 2019 notamment de la banane, à 339.00 tonnes vers l’Union Européenne (UE). La Côte d’Ivoire a ainsi multiplié ces dernières années, les exportations en direction des d’Afrique de l’Ouest comme le Sénégal, Mali, Mauritanie, Niger et Burkina-Faso. En 2019, ce sont 16% des exportations globales du pays qui ont été orientées vers la Sous-région », a déclaré M. Fadiga, à l’ouverture de l’atelier de renforcement de capacités sur les fonctions transversales de la stratégie nationale d’exportation, à Abidjan.

Selon lui, les principaux produits de rente exportés trouvent en effet preneur sur les marchés internationaux et génèrent plus de 70% des recettes en devises du pays. A la différence de la majorité des pays d’Afrique subsaharienne, la balance commerciale de la Côte d’Ivoire est demeurée excédentaire durant la dernière décennie.

« Le commerce extérieur constitue l’un des piliers traditionnels de l’économie ivoirienne. D’autres produits de fortes spéculations tels que l’anacarde, l’ananas, la mangue sont reconnus sur les marchés internationaux », a-t-il ajouté.

Kaladji Fadiga a signifié que malgré ces performances commerciales et afin d’améliorer la compétitivité de ses exportations, l’économie ivoirienne fait face à de nombreux défis.

Pour le secrétaire général du Conseil national des exportations (CNE), Bombo Serge, l’accès au financement, le développement des compétences à l’exportation, le transport et la facilitation des échanges, la gestion de la qualité et de l’emballage ainsi que la promotion et l’information commerciale, représentent les cinq piliers majeurs sur lesquels s’appuie l’Etat de Côte d’Ivoire pour accompagner les acteurs clés des chaînes de valeur dans le développement de leurs outils de production.

« Le commerce extérieur émerge de plus en plus comme alternatives permettant aux entreprises exportatrices ivoiriennes de réduire considérablement leurs vulnérabilités en temps de crise, surtout face à des facteurs exogènes majeurs comme la pandémie mondiale du Covid-19″, a indiqué M. Bombo.

Cet atelier a été réalisé avec le soutien de l’UE, dans le cadre du Programme d’appui à la compétitivité et à l’intégration régionale en sa seconde phase (PACIR2). Il répond à l’objectif de renforcer les compétences des entreprises exportatrices et de doter les acteurs clés d’outils nécessaires pour améliorer leur compétitivité.

Avec Sacer-infos par Stany Frank

Or : du Cameroun à la RDC, 4 milliards de dollars d’exportations « à haut risque »

mars 15, 2021
Saisie de lingots d’or à Khartoum, au Soudan, en mai 2019.

Issu de zones de conflits et passé en contrebande, l’or est un métal difficile à tracer. Mais l’harmonisation des taxes entre pays africains pourrait être un premier pas.

Dans un rapport paru en février, l’ONG américaine The Sentry estime à 4 milliards de dollars les transactions annuelles d’or « à haut risque » provenant d’Afrique centrale et d’Afrique orientale sur les marchés internationaux, notamment vers les États-Unis, l’Inde, le Moyen-Orient, l’Europe et la Chine.

L’Ouganda, le Rwanda, la République démocratique du Congo (RDC), la République centrafricaine (RCA) et le Cameroun sont les États qui ont le plus besoin de s’attaquer à ce problème, juge l’ONG, qui préconise une meilleure collaboration entre les États-Unis, l’UE et les gouvernements africains pour harmoniser les taxes sur les exportations d’or afin de réduire la contrebande et de promouvoir l’or sans conflit.

Car si elle estime que « le commerce de l’or de la guerre ne sera jamais éliminé », l’ONG met en avant des fractures qui incitent à la contrebande : ainsi, l’Ouganda et le Cameroun appliquant des taxes sur l’or nettement inférieures à celles de la RDC ou de la Centrafrique, il est beaucoup plus rentable de faire passer la marchandise d’une zone à l’autre.

À Londres, une liste des « bons fournisseurs »

En outre, le rapport de The Sentry met en évidence un grave manque de financement pour l’exploitation minière artisanale sans conflit en Afrique centrale et en Afrique orientale, laissant la porte ouverte aux sources de financement illégitimes, et une « charge bureaucratique » qui pèse sur les exploitants miniers artisanaux. Un phénomène « exacerbé par la corruption gouvernementale », juge l’ONG.

Selon elle, les gouvernements donateurs devraient collaborer avec les ministères africains de l’exploitation minière afin de créer des politiques visant à formaliser l’activité des mineurs artisanaux. Parmi les mesures qu’elle préconise, la diminution des coûts d’enregistrement et le renforcement des droits de propriété.

En novembre 2020, la London Bullion Market Association (LBMA) a publié des recommandations pour les grandes places d’échange de l’or comme Dubaï, avec trois objectifs principaux : augmenter l’approvisionnement responsable en or recyclé, l’éliminer les transactions en espèces et soutenir l’exploitation minière artisanale et à petite échelle.

L’association a notamment dressé des « Good Delivery Lists » (listes des bons fournisseurs) répertoriant les raffineurs qui respectent les normes de l’OCDE.

Absence de conséquences réelles pour les trafiquants

Pour The Sentry, il s’agit là d’un « premier pas » pour inciter les places commerciales à se conformer aux normes. Mais il reste encore beaucoup à faire pour que les entreprises de joaillerie et d’électronique cessent de s’approvisionner auprès de raffineurs qui ne peuvent pas présenter un audit indépendant crédible.

L’ONG déplore une « absence de conséquences réelles » pour les raffineurs et les négociants d’or impliqués dans des affaires de contrebande, à la différence de ce qui a pu se passer pour d’autres minerais de conflit.

L’or fait en effet partie avec l’étain, le tantale et le tungstène, des quatre principaux « minéraux de conflit », dont une équipe de recherche menée par l’économiste du CNRS Nicolas Berman a montré que l’exploitation augmente les risques de déclenchement de la violence, puis propage et perpétue la violence en renforçant les capacités financières de ceux qui se battent.

Entre 1997 et 2010, montre Berman, jusqu’à un quart des niveaux de violence dans les pays africains s’explique par la hausse des prix de l’or. Or, parmi ces minéraux de conflit, l’or est particulièrement difficile à traiter, car il est facile à passer en contrebande et à vendre pratiquement n’importe où. Lorsqu’il est raffiné, il perd toute trace de son origine et est commercialisé comme un produit standard.

Avec jeune Afrique par David Whitehouse

Canada/Mesure historique : des porcs du Québec seront abattus aux États-Unis

novembre 25, 2020

Environ 95 000 porcs sont en attente d’abattage dans la province. Pour ne pas perdre cette viande, les producteurs québécois, qui ont toujours été fiers d’élever et de transformer leurs porcs localement, s’apprêtent à les envoyer chez nos voisins du Sud.

Les éclosions de COVID-19 parmi le personnel de deux abattoirs d’Olymel a réduit la capacité d'abattage de porcs dans la province.© /iStock Les éclosions de COVID-19 parmi le personnel de deux abattoirs d’Olymel a réduit la capacité d’abattage de porcs dans la province.

Les éleveurs de porcs sont en train de mettre la touche finale à un plan historique pour écouler leurs bêtes; un scénario nécessaire pour éviter d’euthanasier 95 000 porcs qui s’entassent actuellement dans les porcheries québécoises.

Les éclosions de COVID-19 parmi le personnel de deux abattoirs d’Olymel, ceux de Vallée-Jonction, en Beauce, et de Princeville, au Centre-du-Québec, expliquent notamment l’adoption de cette mesure exceptionnelle.Publicité

Ailleurs au pays, l’Ontario, le Manitoba et l’Alberta ont l’habitude d’exporter aux États-Unis. Or, le Québec, lui, a toujours tenu à ce que la viande soit transformée sur place. À quelques rares occasions, des porcs québécois ont été transformés à Red Deer, en Alberta, mais jamais une action concertée n’a dû être entreprise par les acteurs de l’industrie.

Tout indique que d’ici deux semaines, des camions-remorques débarqueront dans les fermes porcines et les animaux y monteront, en direction de Red Deer et vers les États-Unis.

Entre 5000 et 10 000 porcs par semaine devraient pouvoir être abattus en Alberta, mais c’est insuffisant. Les éleveurs espèrent donc pouvoir en vendre le plus possible aux États-Unis, même s’ils anticipent des pertes financières. Les éleveurs de porcs vont assumer le coût du transport des bêtes.

Les défis logistiques de cette opération sont immenses, selon le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval, mais cela permettra de ne pas gaspiller d’animaux destinés à la consommation.

«On est très fiers de tout transformer au Québec et d’amener une valeur ajoutée au Québec. […] Mais de dire que je produis un produit qui va être transformé ailleurs, c’est le moins pire des scénarios», explique David Duval.

Ultimatum d’ici Noël

Plus la période des Fêtes approche, plus la situation devient critique. Durant les congés de Noël et du jour de l’An, les abattoirs du Québec fonctionnent habituellement à capacité réduite, ce qui crée un goulot d’étranglement. Il faut compter six journées d’abattage en moins, à raison de 40 000 porcs abattus par jour. C’est donc pourquoi les éleveurs gardent espoir de réduire le nombre de porcs en attente à 50 000 d’ici Noël en les écoulant aux États-Unis.

Chez Olymel, qui participe activement aux échanges visant à trouver des solutions, on ne souhaite pas commenter l’exportation de porcs aux États-Unis avant que l’opération ne commence. 

Le directeur des communications, Richard Vigneault, confirme cependant qu’un quart de travail a été ajouté à l’usine de Red Deer et que des heures supplémentaires ont été effectuées à l’abattoir d’Ange-Gardien, en Montérégie. Il précise qu’avec le protocole sanitaire de la COVID-19, il est extrêmement difficile d’organiser des quarts supplémentaires et que les heures supplémentaires se font sur une base volontaire uniquement.

Les représentants syndicaux des usines de Princeville et de Vallée-Jonction affirment que les travailleurs n’ont jamais été sollicités pour des heures supplémentaires depuis que les éclosions ont été maîtrisées.

Détourner les porcs ontariens

Olymel a accepté de faire abattre des porcs ontariens en Alberta plutôt qu’au Québec, un soulagement pour les éleveurs québécois qui déploraient la situation.

L’Ontario produit 24 000 porcs par semaine et 14 000 sont normalement transformés au Québec.

Le cabinet du ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, convient que les éleveurs «font face à d’importants défis» et dit suivre la situation de près. Le ministre n’était pas disponible pour répondre aux questions de Radio-Canada.

La semaine dernière, André Lamontagne dévoilait les détails de son plan pour accroître l’autonomie alimentaire. Il insistait notamment sur l’importance de transformer les produits d’ici au Québec.

Avec Maude Montembeault

Coronavirus : la Chine a exporté près de quatre milliards de masques

avril 5, 2020

Pékin a annoncé avoir envoyé des masques dans plus de 50 pays, en plus des respirateurs et kits de détections.

Le pays a également exporté 37,5 millions de vêtements de protection.
Le pays a également exporté 37,5 millions de vêtements de protection. THOMAS PAUDELEUX / ECPAD / AFP

La Chine a vendu depuis début mars près de quatre milliards de masques à des pays étrangers luttant contre la pandémie liée au nouveau coronavirus, ont annoncé dimanche les autorités, soucieuses parallèlement de dissiper des craintes à propos de la qualité du matériel médical exporté.

16 000 respirateurs

Malgré le recul du nombre de cas sur son territoire, Pékin a encouragé les usines à accroître leur production d’équipements médicaux au moment où d’autres pays affrontent une pénurie. La pandémie de Covid-19 a tué plus de 65.000 personnes dans le monde.

Depuis le 1er mars, la Chine a exporté vers plus d’une cinquantaine de pays 3,86 milliards de masques, 37,5 millions de vêtements de protection, 16.000 respirateurs et 2,84 millions de kits de détection du Covid-19, a déclaré Jin Hai, une responsable des services douaniers. Au total, ces exportations sont évaluées à 10,2 milliards de yuans, soit 1,33 milliard d’euros.

Certains pays se sont toutefois plaints de la qualité des équipements médicaux importés de Chine. Les Pays-Bas ont ainsi annoncé le 28 mars le rappel de 600.000 masques provenant d’une cargaison de 1,3 million venue de Chine car ils ne correspondaient pas aux normes de qualité, ne se fermaient pas correctement sur le visage et avaient des membranes (filtres) ne fonctionnant pas correctement. La Chine a répondu que le fabricant avait «clairement indiqué que (les masques) n’étaient pas chirurgicaux».

L’Espagne a également renvoyé fin mars des milliers de tests de détection défectueux expédiés par une compagnie chinoise ne bénéficiant pas des autorisations nécessaires. Des responsables chinois ont riposté dimanche aux informations de presse concernant la qualité des équipements médicaux chinois en assurant qu’elles «ne reflètent pas l’intégralité des faits».

Normes différentes

«Il existe en réalité plusieurs facteurs, tels le fait que la Chine a des normes et des habitudes d’utilisation différentes des autres pays. Un usage inapproprié peut susciter des doutes sur la qualité», a observé Jiang Fan, responsable au ministère du Commerce. Ces remarques font écho aux propos tenus la semaine passée par Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, qui à plusieurs reprises a demandé aux médias occidentaux de ne pas «politiser» la question ou «faire de battage» à son propos.

Pékin vient de renforcer les réglementations concernant les exportations d’équipements médicaux liés au coronavirus pour exiger que les produits répondent tant aux normes chinoises qu’à celles des pays destinataires. La Chine a également augmenté ses capacités de production de tests pour le Covid-19 à plus de quatre millions par jour, a indiqué Zhang Qi, un responsable de l’Administration nationale chargée des équipements médicaux.

Par Le Figaro avec AFP

La Namibie devient un pionnier des exportations de viande de bœuf africaine vers les USA

février 21, 2020

La Namibie est devenue récemment le premier pays africain à exporter de la viande de bœuf vers les USA après plus de 18 ans de négociations, rapporte Reuters. Le pays d’Afrique australe en a en effet envoyé quelque 25 tonnes vers la ville de Philadelphie.

Pour la Namibie dont la qualité de la viande de bœuf bénéficie d’une réputation internationale, les USA représentent un marché de choix. En effet, le pays de l’Oncle Sam est le premier consommateur de viande de bœuf par habitant avec 120 kg/an, ce qui offre de belles perspectives de progression pour l’industrie namibienne.

D’après Netumbo Nandi-Ndaitwah, la ministre en charge des Relations internationales, les principales cibles sont notamment les chaînes de restauration rapide comme McDonald’s. Le pays envisage notamment d’exporter 860 tonnes de viande de bœuf (désossée ou découpées sous forme réfrigérée ou congelée) cette année et anticipe un volume de 5 000 tonnes d’ici 2025.

Pour rappel, la Namibie bénéficie d’un accès en franchise de droits de douane au marché américain en vertu de la loi sur la croissance et les perspectives économiques de l’Afrique (AGOA).

Par Stany Franck avec Sacer-infos

Au Brésil, la folle ascension du secteur de la viande

mars 30, 2017

 

Un élave bovin à Ipameri, dans l’Etat de Goias, dans el centre du Brésil, le 12 novembre 2013 / © AFP/Archives / EVARISTO SA

En deux décennies, le Brésil, secoué par un scandale international de viande avariée, est devenu le 1er exportateur mondial de viande bovine et de volaille, au prix d’un fort soutien public, d’une déforestation accrue de l’Amazonie et de contrôles sanitaires variables selon les acheteurs.

Alors que le pays a perdu d’un coup plusieurs de ses principaux marchés à l’exportation depuis vendredi, la crise alimentaire en cours oblige le gouvernement à voler au secours de la filière viande après la découverte d’un réseau de corruption présumé au sein de géants de l’agro-industrie comme JBS et BRF, accusés de certifier et revendre de la viande avariée.

Le secteur, auparavant peu organisé, doit en grande partie sa fulgurante expansion à la politique des « champions nationaux » menée par le gouvernement Lula dans les années 2000.

« Le gouvernement souhaitait soutenir des entreprises nationales de l’agroalimentaire et des mines, deux secteurs avec un fort potentiel au niveau international », explique à l’AFP Sergio de Zen, spécialiste de l’agrobusiness au sein du Centre d’études avancées en économie appliquée de l’Université de São Paulo (Cepea).

La Banque nationale de développement économique et social (BNDES), bras financier de l?État brésilien, a alors débloqué des fonds importants.

La Banque a ainsi versé plus de 4,5 milliards d’euros entre 2008 et 2011 aux seuls géants Marfrig et JBS, sous forme de crédits ou d’achats d’obligations, soit près du quart des déboursements destinés aux industries alimentaires sur la période.

Dans une usine JBS de production de poulet à Lapa, dans l’Etat de Parana, lors d’une inspection sanitaire, le 21 mars 2017 / © AFP/Archives / RODRIGO FONSECA

– Viande : 7% des exportations –

Le groupe brésilien JBS est aujourd’hui le premier exportateur mondial de viande bovine.

Avec BRF et Marfrig, les deux autres géants brésiliens de l’agroalimentaire, ils maîtrisent « entre 40 et 55% de la production brésilienne [de viande] et plus de 70% des exportations », « des taux qui ne cessent de croître », pointe une note diplomatique européenne publié en 2013.

Ce processus de concentration de l’industrie de la viande s’est accompagné d’un développement considérable du système productif, à partir du milieu des années 1990.

Entre 1997 et 2016, le pays a triplé sa production de volailles, passant de 4,5 à 13,5 millions de tonnes, selon le Cepea, et en est devenu le premier exportateur mondial, avec 40% du marché. La production de viande bovine a aussi plus que doublé, à 7,3 millions de tonnes contre 3,3.

Des filets de poulet dans un supermarché de Rio de Janeiro, le 24 mars 2017 / © AFP/Archives / Yasuyoshi Chiba

Dans le même temps, le volume des exportations a quasiment décuplé, à 1,4 million de tonnes contre quelque 160.000 tonnes seulement en 1997. En valeur, les exportations de viande bovine ont gonflé à 5,5 milliards de dollars contre 469 millions, selon l’Association brésilienne des exportateurs de viande Abiec .

Au total, en 2016, le secteur de la viande a généré 13 milliards de dollars d’exportation, soit 7% du total des exportations du géant sud-américain.

L’élevage bovin s’est surtout développé de manière extensive, stimulé par l’agrandissement des surfaces agricoles brésiliennes au détriment de l’environnement et surtout de la fôrêt amazonienne.

L’exploitation intensive des pâturages est aujourd’hui encouragée par gouvernement, industriels, et éleveurs pour préserver l’environnement, mais elle exige davantage d’investissements. L’élevage en feedlot, ferme-usine où est confiné le bétail, ne concernait que 13% des bovins abattus en 2015, selon l’Association des exportateurs Abiec.

– La question sanitaire –

Un boucher sur un marché de Hong Kong, où le Brésil exporte sa viande bovine, le 28 mars 2017 / © AFP/Archives / Jayne Russell

La fulgurante transformation du Brésil en acteur majeur sur le marché de la viande a-t-il conduit le pays à négliger les normes sanitaires?

« Nous sommes certains de la qualité de nos produits. Nous avons mis 15 ans à renforcer notre système sanitaire pour gagner la confiance de nos clients. Ce sont eux qui établissent leurs règles et ils peuvent venir contrôler les installations quand ils le souhaitent », répond Antônio Jorge Camardelli, président de l’Abiec, qui pilote 91% des exportations de viande bovine.

« Plusieurs circuits aux contraintes sanitaires différentes permettent aux filières brésiliennes de respecter les impératifs des importateurs les plus exigeants, comme l’Union européenne […] mais aussi de limiter leurs coûts pour abonder des marchés beaucoup moins regardants, tels que les franges les moins favorisées de la population brésilienne, le Moyen-Orient, Hong Kong, l’Angola ou encore le Venezuela », expliquait néanmoins le rapport européen en 2013.

« Condamner tout un secteur est exagéré, mais il est vrai que les investissements dans le système sanitaire n’ont pas suivi l’évolution du secteur », admet aussi le chercheur Sergio de Zen.

A ce jour, 21 usines de transformation de viande, dans lesquelles des irrégularités ont été trouvées, sont sous enquête au Brésil sur les quelque 4.837 qui ont été inspectées.

Romandie.com avec(©AFP / 30 mars 2017 12h16)

Japon: la moitié des dauphins capturés vivants sont exportés

juin 7, 2015

La moitié des dauphins capturés vivants au Japon et destinés à des zoos et aquariums sont exportés en Chine et ailleurs dans le monde, en dépit des critiques, selon la presse nippone. La méthode de capture utilisée est très décriée à l’étranger.

Selon l’agence Kyodo, citant des statistiques établies par l’Agence de recherche japonaise sur les pêches, quelque 760 dauphins vivants ont été vendus entre septembre 2009 et août 2014 par les pêcheries de Taïji (sud-ouest du Japon).

Sur ce total, 354 ont été exportés vers une douzaine de pays, dont 216 en Chine, 36 en Ukraine, 35 en Corée du Sud, 15 en Russie et même un aux Etats-Unis, précise Kyodo. Ces cétacés exportés du Japon étaient pratiquement tous destinés à des zoos et aquariums, selon des données de l’ONU.

Seuls pourvoyeurs de dauphins pour les aquariums et les zoos, les chasseurs de la baie de Taïji continuent de pratiquer la pêche dite « dirigée ». Ils suivent une technique jugée « cruelle » par les défenseurs des animaux, en dépit de pressions internationales.

Au nom de la tradition locale
Ils chassent chaque saison des centaines de dauphins qu’ils rassemblent dans un coral où ils sont dépecés au couteau pour leur chair. Ils défendent cette activité très controversée au nom de la tradition culinaire locale.

Mais, selon les associations de défense des animaux, comme la demande pour la chair de dauphin est insuffisante, ces pêcheurs revendent certains cétacés vivants aux delphinariums. Ils exigent des prix très élevés qui peuvent atteindre un million de yens (plus de 7800 francs) par mammifère, afin de rentabiliser la chasse.

Ce négoce a été dénoncé par l’Association mondiale des zoos et des aquariums (WAZA). Elle a menacé d’exclure sa branche japonaise si elle continuait à s’approvisionner en dauphins vivants en provenance de Taiji.

Devant la menace, l’Association japonaise des zoos et aquariums (JAZA) s’est finalement engagée à interdire à ses membres de se procurer des dauphins sauvages capturés à Taïji et de participer à leur exportation ou vente.

Romandie.com