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Ukraine : la Russie expulse 34 diplomates français, Paris condamne

mai 18, 2022

Le Quai d’Orsay présente cette décision comme une réponse de Moscou à l’expulsion, en avril, de plusieurs diplomates russes soupçonnés d’espionnage.

Le gouvernement russe a decide d'expulser 34 diplomates francais.
Le gouvernement russe a décidé d’expulser 34 diplomates français.

Moscou a annoncé, ce mercredi, l’expulsion de 34 diplomates français de Russie en représailles aux expulsions en avril par la France de 41 Russes, dans la foulée de l’offensive en Ukraine. L’ambassadeur de France à Moscou, Pierre Lévy, a été convoqué mercredi au ministère russe des Affaires étrangères et s’est vu remettre une note signifiant que « 34 collaborateurs des établissements diplomatiques français en Russie ont été déclarés personæ non gratæ  », a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué. Ils doivent quitter la Russie d’ici deux semaines, selon la même source.

De son côté, Paris a « condamné fermement » cette annonce en estimant que cette décision ne reposait sur « aucun fondement légitime ». « Cette décision est présentée par la partie russe comme une réponse aux décisions de la France » en avril dernier où « plusieurs dizaines d’agents russes » soupçonnés d’être des espions avaient été expulsés, indique un communiqué du Quai d’Orsay. « Le travail des diplomates et des personnels de notre ambassade en Russie s’inscrit à l’inverse pleinement dans le cadre de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et consulaires », ajoute-t-il.

La France a annoncé en avril l’expulsion de 41 diplomates russes qui se livraient, selon elle, à des activités d’espionnage sous le couvert de leur ambassade, précisant que la sanction s’inscrivait dans « une démarche européenne ». La Russie a « protesté fermement » mercredi contre « la décision provocatrice et infondée des autorités françaises » d’expulser les diplomates russes, a précisé le communiqué de la diplomatie russe en soulignant que cette mesure « porte un grave préjudice aux relations russo-françaises, ainsi qu’à une coopération bilatérale constructive ».

Expulsions de diplomates russes dans toute l’Europe

De nombreux autres pays européens, comme l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Slovénie, l’Autriche, la Pologne, la Grèce ou la Croatie, ont massivement expulsé des diplomates russes depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, le 24 février. Dans certains cas, ces expulsions ont été accompagnées d’accusations d’espionnage. Moscou a promis de répondre à chacune de ces mesures et des dizaines de diplomates occidentaux ont déjà été expulsés de Russie. Selon les médias russes, les ambassadeurs d’Espagne, d’Italie et de Suède ont également été convoqués mercredi au ministère russe des Affaires étrangères.

La diplomatie russe a annoncé, mercredi, expulser 24 diplomates italiens et 27 espagnols, en représailles à celles de Russes dans la foulée de l’offensive russe contre l’Ukraine. L’Italie a qualifié mercredi d’« acte hostile » l’expulsion par Moscou de diplomates italiens, français et espagnols, mais appelé à ne pas rompre les canaux diplomatiques avec la Russie. « C’est un acte hostile, mais il faut absolument éviter de rompre les relations diplomatiques. Cela ne doit pas conduire à la rupture des canaux diplomatiques parce que, si nous parvenons à la paix, nous y parviendrons grâce à ces canaux diplomatiques », a déclaré le chef du gouvernement italien, Mario Draghi, lors d’une conférence de presse à Rome.

De son côté, l’Espagne « rejette » l’expulsion de 27 de ses diplomates en poste en Russie. « Les autorités russes justifient cette décision sur la base de la réciprocité après l’expulsion de 27 fonctionnaires de l’ambassade russe à Madrid annoncée en avril », a souligné le ministère dans un communiqué. « Mais l’expulsion décidée par les autorités espagnoles se basait sur des motifs de sécurité dûment justifiés, qui n’ont pas eu lieu » dans le cas de l’expulsion des diplomates espagnols, a poursuivi le ministère, assurant que ses diplomates en Russie avaient « toujours respecté pleinement les obligations prévues par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques ».

L’ambassade américaine de retour à Kiev

De leur côté, les États-Unis ont rouvert mercredi leur ambassade à Kiev, fermée mi-février avant même le début de l’invasion russe de l’Ukraine, a annoncé le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken. « Aujourd’hui, nous reprenons officiellement les opérations à l’ambassade des États-Unis à Kiev. Le peuple ukrainien, avec notre aide sécuritaire, a défendu sa patrie face à l’invasion irresponsable de la Russie, et, en conséquence, la Bannière étoilée flotte à nouveau sur l’ambassade », a-t-il déclaré dans un communiqué après la levée du drapeau américain.

À la suite d’une visite à Kiev le 24 avril, Antony Blinken et le ministre américain de la Défense Lloyd Austin avaient annoncé le retour progressif d’une présence diplomatique américaine en Ukraine, au regard de l’amélioration de la situation sur le terrain, notamment à Kiev et dans sa région. La chargée d’affaires Kristina Kvien était revenue à Lviv le 2 mai et avait dit espérer un retour dans la capitale avant la fin du mois. Elle y a fait un bref passage le 8 mai pour commémorer le 77e anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie. Antony Blinken a précisé avoir pris des « mesures additionnelles pour renforcer la sécurité » des diplomates américains, sans plus de détails.

Par Le Point avec AFP

Un « ange gardien » bientôt expulsé du Canada

mars 23, 2022

Puisqu’il n’a pas travaillé durant la première vague de la pandémie, un préposé aux bénéficiaires d’origine algérienne n’a pas pu bénéficier du programme spécial de régularisation des demandeurs d’asile après avoir pourtant « tout donné ».

Malgré un emploi comme préposé aux bénéficiaires, Chemseddine Khafrabbi devra prochainement quitter sa femme et sa fille. Photo : Gracieuseté

Son rêve canadien s’apprête à prendre fin. De la plus triste et la plus brutale des manières.

Jeune père de famille et préposé aux bénéficiaires, Chemseddine Khafrabbi, 33 ans, n’a plus qu’une seule option devant lui : prendre son billet d’avion vers l’Algérie, pour éviter de repartir menottes aux poignets dans son pays d’origine. Un aller simple, sans retour.

Je suis si triste. Je ne peux pas laisser ma famille ici, lâche-t-il, la voix tremblante et les larmes aux yeux, après une nouvelle nuit passée au boulot dans une résidence pour aînés de Boucherville, ponctuée d’un passage dans les locaux de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), où on l’a informé de son renvoi prochain.

« Je n’ai jamais imaginé quitter un jour le Canada. J’ai une petite famille maintenant. Je suis venu au Canada pour changer de vie. Au Canada, on se sent protégé. »— Une citation de  Chemseddine Khafrabbi

D’ici le 16 avril, ce travailleur de la santé, arrivé au Québec en 2017, doit quitter le Canada. Malgré des dangers qui l’attendraient en Algérie et des menaces qu’il dit y avoir subies, Chemseddine Khafrabbi a vu sa demande d’asile être rejetée. Et même si une demande humanitaire est toujours en cours, les agents frontaliers lui ont donc demandé de quitter expressément le territoire.

Chemseddine Khafrabbi est préposé aux bénéficiaires depuis l’été 2020. Il travaille désormais dans une résidence pour aînés. Photo : Gracieuseté

Un programme de régularisation non accessible

Pourtant, son avenir aurait pu s’inscrire au Québec. À quelques détails près.

Père d’une petite fille de 3 mois, il a commencé, après la première vague de la pandémie, une formation pour devenir préposé aux bénéficiaires. Les besoins, à l’époque, étaient immenses et le gouvernement du Québec recherchait des milliers de travailleurs pour prendre soin des aînés.

Je voulais aider les gens, les personnes âgées. J’aime ça. Il y avait beaucoup de travail et de besoins, confie-t-il, en serrant dans ses bras sa petite Taline, dans un parc montréalais.

Rapidement, il trouve du boulot. Après un passage, dès août 2020, dans une agence de placement, il rejoint une résidence sur la rive sud de la métropole. Et assiste, avec espoir, au lancement d’un programme de régularisation visant ceux qui ont communément été appelés, par les élus politiques, les anges gardiens.

Problème, les critères d’accès sont stricts. Malgré le souhait explicite d’Ottawa et la pression de multiples organismes et élus d’opposition, le gouvernement Legault a refusé d’élargir ce programme à tous ceux qui ont travaillé au-delà du printemps 2020 dans le système de santé.

« Pour le moment, le MIFI ne prévoit pas une prolongation au Programme spécial des demandeurs d’asile en période de COVID-19. »— Une citation de  Émilie Vézina, porte-parole du ministère québécois de l’Immigration

Seuls ceux ayant cumulé plusieurs mois de travail à cette période, uniquement, ont donc pu postuler à cette initiative réservée aux demandeurs d’asile qui permet d’obtenir une résidence permanente.

Selon l’avocat Guillaume Cliche-Rivard, le renvoi de Chemseddine Khafrabbi est une décision qui n’a « aucun sens ». Photo : Radio-Canada

Un manque d’ouverture de Québec décrié

Poussette à la main, l’épouse de Chemseddine Khafrabbi peine à trouver ses mots.

C’est si injuste. Il a travaillé dans une période très difficile. Beaucoup de monde restait à la maison, refusait de travailler. Lui, il était présent durant la 2e, la 3e, la 4e et la 5e vague. Il a fait des heures supplémentaires, il a tout donné, confie Lynda Abdelli, elle aussi demandeuse d’asile et préposée aux bénéficiaires.

Leur avocat, Guillaume Cliche-Rivard, déplore le manque d’ouverture de Québec. Ce programme, c’est une belle chose. Mais il y a eu des efforts surhumains faits par des travailleurs durant toutes les autres vagues. Et ces gens-là, on les a oubliés. Chemseddine remplit tous les critères, il a l’expérience, il a cumulé des centaines d’heures, mais seulement après la première vague.

« S’il y avait eu une deuxième phase de ce programme, on n’en serait pas là. Malgré tout ce qu’il a fait, malgré nos besoins et les manques criants dans le réseau de la santé, on dit à un préposé de quitter le Canada. C’est un non-sens. »— Une citation de  Guillaume Cliche-Rivard, avocat en immigration

À ses yeux, des centaines, voire des milliers de travailleurs essentiels, dans tous les pays, pourraient prochainement subir le même sort. Il n’est pas le dernier, croit-il.

Si du jour au lendemain on retire du système de la santé au complet ou de l’économie canadienne l’ensemble des travailleurs essentiels sans statut, on va réaliser qu’ils sont beaucoup plus essentiels qu’on ne le pense. Il va y avoir des conséquences, des pénuries, des bris de service, estime Guillaume Cliche-Rivard.

Des milliers de renvois

Malgré la pandémie, de nombreuses expulsions ont été décrétées par le gouvernement fédéral au cours des derniers mois.

Entre mars 2020 et février 2022, « l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a exécuté 18 418 renvois, dont environ 11 299 étaient des renvois administratifs », indique Dominique McNeely, porte-parole de l’ASFC. Un renvoi administratif a lieu lorsque l’ASFC a été en mesure de confirmer par d’autres sources que l’étranger a déjà quitté le pays, précise-t-il.

En 2020, plusieurs manifestations ont été organisées pour demander la régularisation de ces demandeurs d’asile qui ont travaillé durant la pandémie. Photo : La Presse Canadienne/Graham Hughes

Un nombre de bénéficiaires en deçà des attentes

Au total, sur l’ensemble du pays, près de 6000 dossiers ont été déposés pour ce programme spécial, ouvert entre le 14 décembre 2020 et le 31 août 2021. Une grande majorité de ces demandes proviennent de l’Ontario.

Au Québec, un peu plus de 2000 demandes de sélection ont été reçues par le gouvernement provincial. Celles-ci représentent 4113 personnes.

En date du 4 mars, les dernières données disponibles, les trois quarts de ces dossiers ont été finalisés. Ainsi, 3326 personnes ont obtenu un certificat de sélection du Québec, une étape indispensable avant d’avoir la résidence permanente.

Ce chiffre est nettement en deçà, pour l’instant, des projections. Lors du lancement de cette initiative, la Maison d’Haïti évoquait l’idée de régulariser près de 10 000 travailleurs.

En juin 2021, il était estimé que le nombre global de personnes qui pourraient être concernées par une demande dans le cadre du Programme spécial des demandeurs d’asile en période de COVID-19 serait d’environ 4000 à 6000 personnes, incluant les requérants principaux et les personnes à charge accompagnatrices, souligne de son côté le gouvernement Legault.

C’est décevant, juge l’avocat Stéphane Handfield, qui, à l’instar d’autres experts, critique depuis des mois la bureaucratie à l’absurde.

Postuler à travers le Québec, c’est beaucoup plus complexe. On exigeait des documents originaux que les travailleurs n’avaient pas ou ne pouvaient pas avoir, car on est en pandémie, rappelle-t-il.

« On avait projeté l’image d’un programme beau et grand. On voulait remercier et reconnaître le travail de ces gens sur la ligne de front. Mais maintenant, on voit que ce n’était pas si grandiose. »— Une citation de  Stéphane Handfield, avocat en immigration

Ce dernier cite l’exemple d’un couple qui se bat avec l’administration québécoise. La conjointe remplit tous les critères, elle est préposée aux bénéficiaires depuis le début de la pandémie, mais l’agent d’immigration ne veut pas prendre en compte son expérience, car son mari est le demandeur principal de leur demande d’asile. On marche sur la tête, raconte-t-il.

Ce qu’on fait vivre à certaines personnes, ça n’a ni queue ni tête, regrette celui qui se présentera cet automne aux élections provinciales sous la bannière du Parti québécois. Beaucoup vivent dans l’incertitude, et c’est dommage.

Selon le ministère de l’Immigration du Québec, le délai moyen de traitement est d’environ 35 jours.

« Par contre, plusieurs demandes font actuellement l’objet d’un délai d’examen plus long, indique Émilie Vézina. En effet, plusieurs dossiers ont nécessité un examen plus approfondi et ont requis un complément d’information de la part du candidat pour permettre de rendre une décision, allongeant ainsi les délais. »

Avec Radio-Canada par Romain Schué

Mali : JA proteste contre l’expulsion de son envoyé spécial

février 8, 2022

Notre journaliste Benjamin Roger avait pénétré sur le territoire malien dans la nuit du 6 février muni d’un visa en règle et sans dissimuler sa profession.

La Direction de Jeune Afrique condamne la décision prise par les autorités maliennes de procéder à l’expulsion de son envoyé spécial, Benjamin Roger, ce 8 février.

Arrivé à Bamako dans la nuit du 6 au 7 février, Benjamin Roger a été interpellé à son hôtel par la police, ce lundi 7 février vers 11 heures, et conduit dans les locaux de la Brigade d’investigation judiciaire, où il a été interrogé, puis dans ceux de la Police de l’Air et des Frontières, où son expulsion lui a été signifiée.

Benjamin Roger était muni d’un visa d’entrée en règle et n’a pas dissimulé sa profession de journaliste ni le fait qu’il venait l’exercer – en toute impartialité – au Mali.

La Direction de Jeune Afrique considère donc cette mesure prise à l’encontre de son collaborateur comme injustifiée et contrevenant à la liberté d’informer.

Par Jeune Afrique

Canada-Refus du vaccin : 58 militaires expulsés, 246 autres en sursis

février 3, 2022

Ces « libérations » pourraient exacerber la pénurie continue de personnel dans les Forces armées canadiennes.

Des soldats canadiens s'apprêtant à monter dans un avion, en hiver.

Les Forces armées canadiennes manquent de personnel, alors qu’elles ont rarement été aussi sollicitées. Photo: Radio-Canada /Tyson Koschik

Le ministère de la Défense nationale affirme qu’une soixantaine de militaires qui refusaient de se faire vacciner ont été expulsés de l’armée jusqu’ici et que des centaines d’autres risquent de subir le même sort.

Le chef d’état-major de la défense, le général Wayne Eyre, avait ordonné l’automne dernier que tous les militaires canadiens soient pleinement vaccinés d’ici la mi-octobre. Cet échéancier avait été ensuite repoussé à la mi-décembre.

Le ministère de la Défense indique que plus de 98 % des militaires sont vaccinés, mais des centaines d’autres ne le sont pas. Ces soldats sont maintenant obligés de quitter l’armée.

Le porte-parole du ministère de la Défense, Daniel Le Bouthillier, a indiqué jeudi dans un courriel qu’en date de mercredi, 58 militaires avaient été expulsés de l’armée pour avoir refusé de se faire vacciner. De plus, des avis d’intention ont été remis à 246 autres militaires non vaccinés, ce qui signifie que le processus officiel a maintenant commencé pour les expulser s’ils ne changent pas d’avis d’ici là, a indiqué M. Le Bouthillier.

Par ailleurs, 66 autres militaires non vaccinés ont volontairement quitté les Forces armées canadiennes, a ajouté le porte-parole. Les données n’étaient pas disponibles jeudi sur le nombre de réservistes qui ont été expulsés de l’armée ou qui risquent de l’être.

Ces mesures sans précédent font suite à des mois d’avertissements, de rencontres avec les non-vaccinés et d’autres efforts pour convaincre ces militaires de changer d’avis. Plus tôt ce mois-ci, des responsables de la Défense nationale déclaraient qu’un millier de militaires avaient reçu de tels avertissements.

Rien pour régler le manque d’effectifs

Ces libérations ne manqueront pas d’exacerber par ailleurs la pénurie continue de personnel militaire, qui s’est aggravée encore pendant la pandémie – les centres de recrutement et les écoles de formation ont été contraints de fermer ou de restreindre leurs activités.

Alors que les Forces armées canadiennes devraient pouvoir compter sur environ 100 000 militaires, les chiffres du ministère de la Défense montrent qu’à la fin novembre, il manquait environ 10 000 soldats. En même temps, 10 000 autres soldats ont été répertoriés comme indisponibles pour le service parce qu’ils n’étaient pas adéquatement entraînés, qu’ils étaient malades ou encore blessés.

Ces pénuries surviennent à un moment où la pandémie et l’instabilité croissante dans le monde font que les militaires sont de plus en plus sollicités au Canada et à l’étranger.

Dans une entrevue en novembre, le chef d’état-major Eyre reconnaissait que les Forces armées canadiennes étaient une organisation fragile en ce moment à cause de nos effectifs en baisse, à cause du rythme [opérationnel], à cause de cette crise d’inconduites sexuelles.

L’avocat et colonel à la retraite Michel Drapeau soutient que les militaires qui refusent de se faire vacciner pourraient faire l’objet d’accusations, mais M. Le Bouthillier n’a pas pu dire dans l’immédiat s’il y en avait eu.

Quoi qu’il en soit, M. Drapeau, qui se spécialise en droit militaire, a rappelé qu’il y avait des implications importantes, et à long terme, sur les pensions et autres avantages financiers des militaires qui quittent l’armée avant d’avoir servi pendant 25 ans.

« Je suis totalement d’accord avec la décision de l’armée canadienne de libérer les militaires qui refusent d’être vaccinés, parce qu’ils ne sont plus universellement employables et déployables, ce qui est au cœur même de la profession militaire. »— Une citation de  Michel Drapeau, spécialiste en droit militaire

Plusieurs militaires ont tenté de contester la vaccination obligatoire en Cour fédérale, le mois dernier. Mais dans un nouveau revers judiciaire pour les employés fédéraux qui contestent la vaccination obligatoire, la juge Janet Fuhrer a rejeté leurs arguments.

Avec La Presse canadienne

Tennis : l’équipementier Lacoste va « faire le point » avec Djokovic

janvier 17, 2022

Lacoste, qui habille le numéro un mondial depuis 2017, compte discuter « dès que possible » de la récente affaire qui l’a privé d’Open d’Australie.

Novak Djokovic a ete contraint de quitter l'Australie avant le tournoi.
Novak Djokovic a été contraint de quitter l’Australie avant le tournoi.© PATRICK HAMILTON / MAXPPP / BELGA/MAXPPP

Lacoste, équipementier textile de Novak Djokovic, va discuter « dès que possible » avec le numéro un mondial pour « faire le point sur les événements qui ont accompagné sa présence sur le territoire australien », a indiqué lundi la marque.

Le numéro un mondial de tennis Novak Djokovic est arrivé à Belgrade lundi après avoir été expulsé d’Australie, épilogue d’une longue saga autour de son statut vaccinal qui le prive de la possibilité de briguer un 21e trophée majeur, synonyme de record en grand chelem.

« Les autorités australiennes ont annulé le visa de Novak Djokovic. En conséquence, il ne lui sera pas possible de participer à l’Open d’Australie », a rappelé dans un communiqué la marque au crocodile. « Dès que possible, nous échangerons avec Novak Djokovic pour faire le point sur les événements qui ont accompagné sa présence sur le territoire australien », a ajouté Lacoste, qui habille le numéro un mondial depuis 2017.

Par Le Point avec AFP

Novak Djokovic expulsé : la Cour australienne rejette son recours

janvier 16, 2022

La Cour fédérale d’Australie a décidé l’expulsion du numéro un mondial du tennis. Le joueur a réagi à la suite de cette injonction irrévocable.

Le joueur de tennis s'essuie le front sur le court.
Novak Djokovic

La Cour fédérale australienne a rejeté le recours intenté par le numéro un mondial du tennis contre l’annulation de son visa et son expulsion du pays, dimanche 16 janvier. « La Cour ordonne que le recours soit rejeté aux frais du demandeur », affirme la décision approuvée à l’unanimité par les trois juges, à la veille du début de l’Open d’Australie au cours duquel le Serbe, non-vacciné contre le Covid-19, comptait briguer un 21e titre record en grand chelem.

Dans un communiqué de presse, Novak Djokovic s’est déclaré « extrêmement déçu » par la décision de la Cour au sujet de son expulsion, mais dit respecter le verdict et s’apprêter à quitter l’Australie. Le sportif a émis le souhait de prendre le temps pour se reposer et récupérer, et a demandé que l’attention se focalise désormais sur le tournoi de l’Open d’Australie. Le président serbe Aleksandar Vucic s’est emporté, dimanche, contre les autorités australiennes. « Ils pensent qu’avec ces dix jours de mauvais traitements, ils ont humilié Djokovic », a lancé le président serbe à la presse locale. « Ils se sont humiliés eux-mêmes, Djokovic peut revenir dans son pays la tête haute et regarder tout le monde droit dans les yeux. » L’avion retour de Novak Djokovic a décollé quelques minutes avant midi, heure française.

« La politique ferme de protection des frontières de l’Australie nous a maintenus en sécurité pendant la pandémie » de Covid-19, a affirmé le ministre australien de l’Immigration, Alex Hawke, dans un communiqué. « Les Australiens ont fait de grands sacrifices pour en arriver là et le gouvernement Morrison est fermement décidé à protéger cette position », a-t-il ajouté. L’ATP, qui gère le circuit professionnel masculin de tennis, a estimé dimanche que l’expulsion de Novak Djokovic d’Australie « mettait un terme à une série d’événements profondément regrettables » et que « l’absence [de Djokovic] à l’Open d’Australie est une perte pour le tennis ».

« Troubles civils »

À la veille des premiers coups de raquette de l’Open d’Australie, où « Nole » espérait remporter un 21e titre du grand chelem record, l’audience en référé devait décider si le joueur doit être immédiatement renvoyé chez lui et interdit de territoire australien pendant trois ans ou si, au contraire, il peut disputer le tournoi. Dans ses conclusions déposées samedi devant la Cour, le ministre de l’Immigration, Alex Hawke, a soutenu que la présence de Djokovic dans le pays « est susceptible de représenter un risque sanitaire ». Selon lui, elle encourage « le sentiment antivaccination » et pourrait dissuader les Australiens de se faire injecter leurs doses de rappel, alors que le variant Omicron se répand à grande vitesse dans le pays.

La présence en Australie du champion pourrait même « entraîner une recrudescence des troubles civils », a ajouté le ministre. Même s’il a qualifié le risque que Djokovic contamine lui-même des Australiens de « négligeable », le ministre a estimé que son « mépris » passé des règles sanitaires contre le Covid constitue un mauvais exemple. Dimanche, devant la Cour, les avocats de « Djoko » ont qualifié le placement en rétention de leur client et sa possible expulsion d’« illogique », « irrationnel » et « déraisonnable ». Le gouvernement « ne sait pas quelles sont les opinions de M. Djokovic actuellement », a plaidé l’avocat Nick Wood, affirmant que son client n’a jamais soutenu publiquement le mouvement antivaccination.

L’avocat du gouvernement, Stephen Lloyd, a répondu que le fait que le champion ne soit pas vacciné près de deux ans après le début de la pandémie et qu’il ait ignoré de façon répétée les règles sanitaires, notamment en omettant de s’isoler alors qu’il se savait infecté, constituait des preuves suffisantes de sa position. La décision prise par les trois juges de la Cour fédérale est pratiquement impossible à contester tant par le gouvernement australien que par Djokovic. C’est la deuxième fois que le Serbe est visé par une procédure d’expulsion.

« Incompétence »

Il avait été bloqué à son arrivée en Australie le 5 janvier et placé une première fois en rétention administrative. Le joueur, qui a contracté le Covid-19 en décembre, espérait bénéficier d’une exemption pour entrer dans le pays sans être vacciné, mais les autorités n’ont pas accepté cette explication. Le gouvernement australien a subi un humiliant revers le 10 janvier quand un juge a bloqué l’expulsion de Djokovic, rétabli son visa et ordonné sa libération immédiate.

Le ministre de l’Immigration a toutefois annulé son visa pour la deuxième fois vendredi en vertu de ses pouvoirs discrétionnaires, invoquant « des raisons sanitaires et d’ordre public ». Et Djokovic est retourné samedi au Park Hotel, l’austère centre de rétention pour étrangers en situation irrégulière désormais mondialement célèbre. Dans un communiqué publié mercredi, le tennisman avait admis avoir rempli de manière incorrecte sa déclaration d’entrée en Australie.

Le joueur aux 86 titres ATP, vu en Serbie et en Espagne dans les deux semaines précédant son arrivée, contrairement à ce qu’il a déclaré dans le formulaire d’immigration à son arrivée, a plaidé « l’erreur humaine ». Ce feuilleton à rebondissements se déroule dans un pays dont les habitants ont enduré pendant près de deux ans des restrictions anti-Covid parmi les plus strictes au monde, et où des élections sont prévues d’ici mai.

D’où un contexte politique chargé. La pression s’est intensifiée autour du Premier ministre conservateur, Scott Morrison, accusé d’« incompétence » par l’opposition travailliste. L’affaire Djokovic est aussi suivie assidûment en Serbie, où « Nole » est considéré comme en héros national. Vendredi, le président Aleksandar Vucic a accusé l’Australie de le « maltraiter ».

Par Le Point avec AFP

Burkina Faso : Kemi Seba expulsé avant une manifestation contre la présence française au Sahel

octobre 30, 2021
Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Capo Chichi, lors d’une manifestation contre le franc CFA et la « Françafrique », à Dakar, le 19 août 2017. © Clement Tardif pour Jeune Afrique

Selon les informations recueillies par Jeune Afrique, l’activiste franco-béninois Kemi Seba a été expulsé du Burkina ce samedi. La veille, il avait été interpellé alors qu’il était en route pour Bobo-Dioulasso.

Le séjour de Kemi Seba au Burkina Faso aura été de courte durée. L’information a été confirmée à Jeune Afrique par plusieurs sources : Kemi Seba a été expulsé du pays samedi 30 octobre après-midi, le lendemain de son arrivée. Il aurait embarqué dans un avion en direction de Cotonou.

Vendredi 29 octobre, aux alentours de 14 heures, Kemi Seba et plusieurs personnes travaillant avec lui ont été interpellés à Sabou, une petite ville située sur la RN 1, à 80 km de Ouagadougou. L’activiste franco-béninois se rendait à Bobo-Dioulasso pour participer à une manifestation « contre le néocolonialisme » qui devait se tenir ce samedi.

Selon nos sources, Kemi Seba et trois membres de son ONG, Urgences panafricanistes, ont été détenus par les services de sécurité burkinabè mais les motifs de leur interpellation restent inconnus. À ce stade, nous ignorons ce qui leur est reproché », a déclaré à Jeune Afrique Roland Bayala, porte-parole de la Copa-BF, organisatrice de la manifestation. Dans la matinée de samedi, ils ont été conduits à l’aéroport de Ouagadougou, selon Prosper Farama, l’avocat de Kemi Seba. Si ce dernier a été expulsé, ses trois collaborateurs sont toujours détenus par les services de sécurité burkinabè.

Lutte contre la présence française

L’activiste était arrivé dans le pays à l’invitation de la Coalition des patriotes du Burkina Faso (Copa-BF), une plateforme qui milite contre la présence militaire française au Sahel. Des manifestations similaires ont déjà eu lieu au Mali et en Guinée ces derniers mois.8’À LIRESénégal : Kemi Seba, prêcheur panafricaniste

N’ayant pas reçu le feu vert des autorités, les organisateurs ont décidé de surseoir à la marche et proposé de tenir en lieu et place un meeting. « Là encore, nous avons reçu un refus catégorique. Les autorités pensaient que Kemi Seba venait pour déstabiliser le pays. Après d’intenses pourparlers, elles nous ont concédé la salle du gouvernorat pour une conférence publique. À notre grande surprise, Kemi Seba a été interpellé avant même d’arriver à Bobo Dioulasso », explique Roland Bayala, porte-parole de la Copa-BF. Lequel tient à clarifier la position de son mouvement : « notre lutte est dirigée contre la présence française et l’impérialisme et non contre nos autorités ».

Coutumier des coups d’éclats

En 2019, Kemi Seba avait déjà été expulsé de Ouagadougou après des propos jugés outrageants contre le chef de l’État burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, qu’il avait accusé d’être aux ordres de Paris. Un tribunal burkinabè l’avait finalement condamné à deux mois de prison avec sursis pour outrage au président. Un an plus tôt, le militant anti-CFA, qui effectuait une tournée de présentation de son ouvrage intitulé « L’Afrique libre ou la mort » avait pourtant été reçu avec tous les égards par le président Roch Marc Christian Kaboré.

Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Capo Chichi, se définit comme un « polémiste et conférencier panafricain ». Jouissant d’une certaine popularité, mais adepte des déclarations extrémistes contre la France et le franc CFA, il est coutumier des interpellations et a été de nombreuses fois expulsé de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ces dernières années.

Avant de se rendre à Ouagadougou ce vendredi, il était à Conakry. Trois ans après avoir été expulsé du pays, il avait fait son grand come-back, s’affichant avec Mamadi Doumbouya, le chef de la junte qui a renversé Alpha Condé le 5 septembre dernier. 

Avec Jeune Afrique par Nadoun Coulibaly – à Ouagadougou

États-Unis-Migrants refoulés à cheval: Biden veut faire « payer » les policiers responsables

septembre 24, 2021
Migrants refoules a cheval: Biden veut faire "payer" les policiers responsables
Migrants refoulés à cheval: Biden veut faire « payer » les policiers responsables© AFP/PAUL RATJE

Joe Biden a promis vendredi que les policiers photographiés en train de refouler à cheval des migrants haïtiens allaient « payer » pour ces actes « scandaleux », des propos musclés alors qu’il est critiqué de toutes parts pour sa gestion de la crise migratoire à la frontière, jugée inhumaine par la gauche, laxiste par la droite.

« C’est scandaleux », a dit le président américain, qui ne s’était pas encore exprimé en public sur le sujet, à des journalistes qui l’interrogeaient sur cette scène.

« Je vous le promets, ces gens vont payer, il y aura une enquête, il y aura des conséquences », a dit Joe Biden depuis la Maison Blanche, répondant à des questions posées après une allocution consacrée à la vaccination contre le Covid-19.

Sur un cliché pris dimanche par un photographe employé par l’AFP, un garde-frontières à cheval attrape un homme par son t-shirt sur la rive américaine du Rio Grande, frontière naturelle entre les Etats-Unis et le Mexique, près de Del Rio.

Sur un autre, il tient un groupe à distance en faisant tourner ses rênes, dans une posture menaçante, pour les forcer à rebrousser chemin.

Ces clichés, qui ont fait le tour du monde, ont suscité un vif émoi aux Etats-Unis. Certains y ont vu des migrants assimilés à du bétail, d’autres ont rappelé les mauvais traitements subis par des Afro-Américains de la part de la police montée, des gardiens de prison ou des propriétaires d’esclaves.

Suite à la diffusion de ces images, la police aux frontières va temporairement cesser d’utiliser des agents à cheval autour de la petite ville de Del Rio, au Texas, avaient annoncé jeudi les autorités américaines.

Interrogé par une journaliste pour savoir s’il prenait la responsabilité du « chaos » à la frontière, Joe Biden a répondu vendredi: « Bien sûr que j’en prends la responsabilité. Je suis le président. C’était horrible (…) de voir des gens traités de cette manière ».

1.400 Haïtiens expulsés

« C’est embarrassant », a-t-il dit avant de se reprendre. « C’est plus qu’embarrassant. C’est dangereux. C’est mal. Cela envoie le mauvais message au monde, le mauvais message chez nous. »

« Ce n’est pas qui nous sommes », a indiqué le démocrate, qui avait promis dans sa campagne de traiter avec humanité les questions d’immigration, pour se distinguer d’un Donald Trump qui ne jurait que par la répression et par la construction d’un mur sur la frontière.

Son administration est critiquée de toutes parts alors que les Etats-Unis ont entrepris d’expulser en masse des Haïtiens massés à la frontière. Plus de 1.400 d’entre eux ont déjà été rapatriés par avion, au moment où le petit pays des Caraïbes est plongé dans une crise politique, sécuritaire et humanitaire.

Des dizaines de milliers de migrants, pour la plupart haïtiens, s’entassent depuis plusieurs semaines dans les villes mexicaines de Tapachula, à la frontière avec le Guatemala, et de Ciudad Acuña, à la frontière du Texas, où ils vivent sous la chaleur et dans l’insalubrité.

La gauche reproche à Joe Biden sa dureté, la droite conspue ce qu’elle considère être du laxisme provoquant un appel d’air migratoire.

La tension autour de ces sujets est encore montée d’un cran jeudi, avec la démission de l’émissaire américain en Haïti Daniel Foote, qui a dénoncé dans une lettre cinglante des expulsions « inhumaines ».

Par Le Point avec AFP

À Port-au-Prince, la colère des Haïtiens expulsés des États-Unis

septembre 21, 2021

Avec TV5

Rwanda : l’avocat belge de Paul Rusesabagina expulsé du pays

août 22, 2021
Paul Rusesabagina assiste à une audience du tribunal à Kigali, au Rwanda, le 26 février 2021.

L’avocat de l’ancien hôtelier dont l’histoire a inspiré le film « Hôtel Rwanda » et qui attend le verdict de son procès pour « terrorisme », a été expulsé samedi soir du Rwanda pour « avoir enfreint la loi sur l’immigration ».

Les autorités rwandaises reprochent à l’avocat Vincent Lurquin, arrivé lundi dans le pays avec un visa touristique, de s’être présenté vendredi à une audience d’un tribunal de Kigali « pour représenter Paul Rusesabagina en portant un uniforme d’avocat », alors que « son visa lui permettait de visiter le pays (…) mais pas de travailler », a expliqué à l’AFP Regis Gatarayiha, chef de la Direction générale de l’Immigration et de l’Emigration du Rwanda. Il a été expulsé par avion vers 20h40 heure locale (18H40 GMT) et « est désormais interdit d’entrer au Rwanda », a-t-il précisé.

Vincent Lurquin est l’avocat de Paul Rusesabagina en Belgique – pays où il réside et dont il possède la nationalité – mais ne le défendait pas officiellement lors du procès qui s’est tenu de février à juillet à Kigali pour son soutien présumé au Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle accusé d’attaques meurtrières au Rwanda. Il est défendu par une avocate rwandaise.

La prison à vie a été requise contre l’ancien directeur de l’Hôtel des Mille Collines à Kigali, aujourd’hui âgé de 67 ans, rendu célèbre en 2004 par le film « Hôtel Rwanda » qui raconte comment il a sauvé plus de 1 000 personnes au cours du génocide de 1994. Ce virulent opposant au président Paul Kagame est visé par neuf chefs d’accusation, dont celui de « terrorisme ».

« Depuis un an, il n’a pas pu faire le choix de son avocat, c’est un droit élémentaire », avait fustigé vendredi à Kigali l’avocat bruxellois, en déplorant s’être vu refuser l’accès à la prison où Paul Rusesabagina est détenu dans l’attente du verdict.

« Comportement tordu »

La date de l’annonce du verdict, initialement prévue vendredi, a été fixée au 20 septembre, a annoncé le tribunal lors de l’audience à laquelle s’est rendu Vincent Lurquin.

Le Barreau du Rwanda avait condamné sur Twitter le fait qu’il se soit rendu à l’audience « en tant qu’avocat, en robe d’avocat, alors qu’il n’est pas membre du Barreau du Rwanda et qu’il n’est pas autorisé à exercer au Rwanda » et l’avait sommé « d’expliquer son comportement ».

« Il a violé l’article 279 du code pénal qui criminalise le fait de porter un uniforme dans l’intention de tromper le public. C’est la même chose qu’une personne qui porte un uniforme de médecin ou de soldat de manière trompeuse », avait déclaré à l’AFP le président du Barreau, Julien Kavaruganda.

La porte-parole du gouvernement, Yolande Makolo, avait également dénoncé un « comportement tordu », « une violation flagrante des règles de la pratique juridique au Rwanda », tandis qu’un conseiller du président Paul Kagame, Mauro de Lorenzo, a fustigé une « tactique de communication minable pour détourner l’attention sur lui parce qu’il sait que son “client” est coupable ».

Paul Rusesabagina a participé à la fondation en 2017 du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), dont le FLN est considéré comme le bras armé. Mais il nie toute implication dans des attaques menées par ce groupe en 2018 et 2019, qui ont fait neuf morts.

Procès « politique »

Paul Rusesabagina et sa défense ont boycotté les audiences depuis mars, protestant contre un procès « politique » rendu possible par son « enlèvement » et contre la violation de ses droits à la défense. Ses avocats et ses proches ont régulièrement dénoncé l’impossibilité de le rencontrer depuis son arrestation dans des conditions troubles à Kigali en août 2020.

Vivant en exil depuis 1996 aux États-Unis et en Belgique, il a été arrêté à la descente d’un avion qu’il pensait être à destination du Burundi. Le gouvernement rwandais a admis avoir « facilité le voyage » vers Kigali, mais affirmé que l’arrestation était « légale » et que « ses droits n’ont jamais été violés ».

Ce procès a suscité de nombreuses réactions internationales: les États-Unis, qui lui ont décerné la médaille présidentielle de la liberté en 2005, le Parlement européen et la Belgique ont exprimé leurs préoccupations sur les conditions de son arrestation et l’équité du procès.

La famille et les proches de Paul Rusesabagina ont dénoncé un procès qui a été « un spectacle mis en place par le gouvernement rwandais pour faire taire un critique et refroidir toute dissidence future », selon la Fondation Hôtel Rwanda qui le soutient.

Par Jeune Afrique avec AFP