Posts Tagged ‘Expulsion’

RDC : Kinshasa annonce l’expulsion de l’ambassadeur du Rwanda

octobre 30, 2022

Les autorités congolaises, qui accusent Kigali de soutenir la rébellion du M23, ont décidé d’expulser Vincent Karega, l’ambassadeur du Rwanda, a fait savoir samedi soir le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.

Patrouilles dans la zone de Kibumba attaquée par les rebelles du M23 lors d’affrontements avec l’armée congolaise, près de la ville de Goma dans l’est de la RDC, en juin 2022. © Guerchom Ndebo / AFP

L’annonce du gouvernement congolais survient alors que le M23, qui a repris les armes à la fin de 2021, a de nouveau gagné du terrain samedi 29 octobre dans l’est de la RDC. Les rebelles, qui tiennent la ville de Bunagana depuis la mi-juin, se sont emparés de nouvelles localités, Kiwanja et Rutshuru-Centre, situées sur la RN2, axe stratégique desservant Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

Samedi, le président Félix Tshisekedi a présidé « une réunion élargie du Conseil supérieur de défense », pour évaluer la situation après « une série d’attaques et d’occupations de localités congolaises […] par le M23 appuyé par l’armée rwandaise », a indiqué le porte-parole du gouvernement congolais dans un communiqué lu à la télévision officielle.

« Il a été observé ces derniers jours une arrivée massive des éléments de l’armée rwandaise pour appuyer les terroristes du M23 en vue d’une offensive générale contre les positions des forces armées » congolaises, a ajouté Patrick Muyaya.

« Aventure criminelle et terroriste »

« Cette aventure criminelle et terroriste », a-t-il dit, a provoqué le « déplacement massif de plusieurs milliers » de personnes. « Au regard des faits qui précèdent », le Conseil supérieur de défense a demandé au gouvernement d’expulser dans les 48 heures Vincent Karega, ambassadeur du Rwanda en RDC, du fait notamment « de la persistance de son pays à agresser la RDC », a continué le porte-parole.

Ce dimanche 30 octobre, Kigali a dit « regretter » cette décision et a affirmé que ses forces de sécurité positionnées à la frontière congolaises demeuraient en état d’alerte.

Kinshasa accuse depuis des mois Kigali de soutenir le M23. Un rapport non publié de l’ONU pointait une implication du Rwanda auprès du M23 et, cette semaine, un ambassadeur américain aux Nations unies a évoqué sans détour « l’aide apportée par les Forces de défense rwandaises au M23 ».

Le Rwanda dément et accuse en retour la RDC de collaborer avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un mouvement rebelle qui lui est hostile et qui est actif dans l’est de la RDC.

Dans le communiqué publié ce dimanche à la suite de l’annonce de l’expulsion de Vincent Karega, le Rwanda s’est de nouveau dit particulièrement préoccupé par cette « collusion », de même que par la « rhétorique belliqueuse anti-rwandaise » utilisée par les autorités congolaises.

Par Jeune Afrique (avec AFP)

Canada: Le Guinéen Kaba Keita évite l’expulsion de justesse

septembre 16, 2022
Kaba Keita, souriant.

Kaba Keita, ce Guinéen menacé d’expulsion, a reçu un sursis à la toute dernière minute avant de partir pour prendre son vol à Montréal. Photo : Radio-Canada/Audrey Paris

Kaba Keita, le Guinéen menacé d’expulsion, a reçu un sursis de quelques jours de l’Agence des services frontaliers du Canada au moment où il quittait le restaurant Le Continental à Québec pour prendre son vol à Montréal.

Il manquait vraiment une intervention ministérielle pour opérer minimalement le sursis. […] L’important là pour tout le monde, je pense, c’était que M. Keita puisse dormir dans son lit avec sa femme ce soir, souligne son avocat Maxime Lapointe.

Il attend maintenant d’obtenir le permis de séjour temporaire pour ensuite avoir le visa de travail. Il est convaincu qu’à cette étape, la suite des choses ira vite.

« C’est la plus grande victoire de toute ma carrière! »— Une citation de  Maxime Lapointe, avocat spécialisé en droit de l’immigration

Kaba Keita est reconnaissant de toute l’aide qu’il a reçue. J’ai toujours dit, j’ai toujours l’espoir, ça peut se changer à la dernière minute. Heureusement, ça s’est fait. Merci tout le Canada. Je remercie aussi mon patron infiniment. Je remercie mon avocat, je remercie tout le monde qui m’a soutenu de cette lutte.

Un soulagement

Kaba Keita est entré au Canada en 2018 avec un statut de visiteur qu’il a fait changer pour celui de réfugié parce qu’il craignait sa famille s’il rentrait en Guinée.

Il a perdu ce statut cet été quand il a admis à la Commission du statut de réfugié que sa relation avec sa famille s’était améliorée, selon son avocat. Il a ensuite reçu un avis d’expulsion.

Marié depuis trois ans à Doussou Koulibaly, une Guinéenne qui a obtenu sa résidence permanente depuis une dizaine d’années, M. Keita n’avait pas envie de rentrer.

Avec l’aide de son avocat, sa conjointe et lui ont déposé une demande de parrainage, mais les délais de traitement dépassaient la date de l’expulsion fixée au 16 septembre.

Kaba Keita et son épouse Doussou Koulibaly.

Kaba Keita et son épouse Doussou Koulibaly lors de la manifestation devant le restaurant Le Continental. Photo : Radio-Canada/Magalie Masson

Kaba Keita travaille au restaurant Le Continental depuis 2018. Son employeur Mathieu Pettigrew l’apprécie à un point tel qu’il a décidé de l’appuyer moralement et financièrement dans la démarche. C’est lui qui paie les frais reliés aux démarches juridiques. Il a aussi organisé plus tôt cette semaine une manifestation pour appuyer son plongeur.

Le député Joël Lightbound avait également intercédé en faveur de M. Keita plus tôt cette semaine. Son adjoint de circonscription, Gabriel Bergevin-Estable, affirme qu’une lettre a été envoyée aux ministres Sean Fraser et Marco Mendicino afin que le gouvernement suspende son expulsion et lui accorde un statut de séjour temporaire en attendant que la demande de parrainage soit traitée.

Radio-Canada par Marie Maude Pontbriand avec la collaboration d’Audrey Paris et Audrey-Maude Vézina

L’imam Hassan Iquioussen visé par un mandat d’arrêt européen

septembre 1, 2022

Alors que le Conseil d’État a donné le feu vert à son expulsion, l’imam pourrait avoir quitté la France pour gagner la Belgique, rappelle BFMTV.

Hassan Iquioussen est introuvable a son domicile du Nord.
Hassan Iquioussen est introuvable à son domicile du Nord.© DENIS/REA

Introuvable en France, il pourrait avoir fui en Belgique et le Maroc n’est plus prêt à l’accueillir en l’état : deux jours après sa validation par le Conseil d’État, l’expulsion de l’imam marocain Hassan Iquioussen se complique. Mis en cause pour des propos jugés contraires aux valeurs de la République, ce prédicateur proche de la mouvance frériste a été érigé au cours de l’été par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin en emblème de la lutte contre les « séparatistes » qui répandent « un jihadisme d’atmosphère ». Selon les informations de BFMTV, il fait désormais l’objet d’un mandat d’arrêt européen, notamment en raison de sa potentielle présence en Belgique.

Le Conseil d’État a donné mardi son feu vert à son expulsion, mais deux « visites domiciliaires » menées par les autorités dans la foulée à Lourches, commune proche de Valenciennes (Nord) où il réside, se sont révélées infructueuses. «  Le scénario qui est aujourd’hui privilégié est une fuite en Belgique de M. Iquioussen », a affirmé le préfet des Hauts-de-France, Georges-François Leclerc, lors d’une conférence de presse mercredi.

« Il sera interdit de venir en France »

Le prédicateur de 58 ans, dont la chaîne YouTube est suivie par 178 000 abonnés, est devenu un « délinquant » dès lors « qu’il s’est soustrait à un arrêt d’expulsion », a souligné le préfet, qui a saisi le parquet de Valenciennes.

Gérald Darmanin a affirmé mercredi qu’il donnerait des « informations » sur le prédicateur à son homologue belge afin qu’il ne puisse « pas venir en France ». « Il sera interdit de venir en France. Tant mieux », a-t-il dit, sans évoquer une action de la France pour que les Belges le recherchent et le remettent aux autorités françaises.

Par Le Point avec AFP

France-Expulsion de l’imam Iquioussen : la piste d’« une fuite en Belgique » privilégiée

août 31, 2022

Tentant de se soustraire à un arrêt d’expulsion, l’imam Hassan Iquioussen aurait potentiellement pris la fuite en Belgique, selon le préfet des Hauts-de-France.

Le predicateur musulman Hassan Iquioussen pourrait etre parti en Belgique.
Le prédicateur musulman Hassan Iquioussen pourrait être parti en Belgique.© PIERRE ROUANET / MAXPPP / PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP

Le préfet des Hauts-de-France, Georges-François Leclerc, a affirmé mercredi 31 août que l’imam marocain Hassan Iquioussen, recherché depuis la validation mardi de son expulsion par le Conseil d’État, était susceptible d’avoir pris la fuite en Belgique.

« Le scénario qui est aujourd’hui privilégié est une fuite en Belgique de Hassan Iquioussen », a déclaré le préfet lors d’une conférence de presse, qualifiant le prédicateur, mis en cause pour des propos jugés contraires aux valeurs de la République, de « délinquant » dès lors « qu’il s’est soustrait à un arrêt d’expulsion ». « Il y a deux scénarios : ou bien Hassan Iquioussen, qui est sous le coup d’un arrêté exécutoire d’expulsion et d’une saisine de l’autorité judiciaire, est dans un pays étranger, auquel cas la coopération internationale se fera ; ou bien s’il est sur le territoire français et est interpellé, il sera immédiatement placé en rétention administrative », a-t-il expliqué.

Son domicile était surveillé

Le préfet a précisé avoir « saisi le parquet du tribunal de Valenciennes » mardi soir, après que deux « visites domiciliaires » organisées à Lourches, où réside l’imam, se sont « révélées infructueuses ». Un des fils du prédicateur avait affirmé mardi soir aux journalistes sur place que son père n’était pas présent à cette adresse et que lui-même ignorait où il se trouvait. Le domicile de Hassan Iquioussen « faisait l’objet d’une surveillance », a souligné Georges-François Leclerc, mais il « était susceptible d’être en plusieurs endroits ». « La surveillance de son domicile était proportionnée aux pouvoirs d’investigation dont les services de police bénéficiaient dans un cadre administratif », a-t-il mis en avant.

Le Conseil d’État a donné son feu vert mardi à l’expulsion de Hassan Iquioussen (né en France il y a 58 ans mais de nationalité marocaine) dont le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait fait ces dernières semaines un symbole de la lutte du gouvernement contre les « discours séparatistes ». Gérald Darmanin avait annoncé le 28 juillet l’expulsion de ce prédicateur du Nord, fiché S (pour sûreté de l’État) par la DGSI « depuis dix-huit mois », selon lui. L’arrêté d’expulsion lui reproche « un discours prosélyte émaillé de propos incitant à la haine et à la discrimination et porteur d’une vision de l’islam contraire aux valeurs de la République ».

Le Maroc suspend son « laissez-passer consulaire »

Le Maroc a suspendu le « laissez-passer consulaire » qu’il avait délivré le 1er août à l’imam Hassan Iquioussen afin de permettre son expulsion par la France vers ce pays, a appris mercredi l’AFP de source proche du dossier. Cette source proche du Maroc a expliqué cette décision par le fait qu’il « n’y avait pas eu de concertations avec les autorités marocaines », au lendemain de la décision du Conseil d’État ouvrant la voie à son expulsion. La décision d’expulsion est « unilatérale », a-t-on ajouté.

Dans l’entourage du ministre de l’Intérieur, on a rappelé que la validité d’un laissez-passer était de « 60 jours », soulignant qu’il serait « incompréhensible que ce document qui n’a d’autre fonction que d’officialiser la reconnaissance par le Maroc de la nationalité de M. Iquioussen soit suspendu ». « Comment peut-on reconnaître la nationalité d’un de ses ressortissants un jour et ne plus la reconnaître le lendemain ? » s’est étonné l’entourage de Gérald Darmanin.

Né en France, Hassan Iquioussen n’avait pas opté pour la nationalité française à sa majorité, prenant la nationalité marocaine de ses parents. Âgé de 58 ans, il réside régulièrement en France. Il a 5 enfants et 15 petits-enfants, tous Français.

Par Le Point avec AFP

Expulsion de l’imam Hassan Iquioussen: la justice française se prononce d’ici vendredi

août 4, 2022
Expulsion de l'imam Hassan Iquioussen: la justice francaise se prononce d'ici vendredi
Expulsion de l’imam Hassan Iquioussen: la justice française se prononce d’ici vendredi© AFP/Archives/DAMIEN MEYER

Aisi en « référé », c’est-à-dire en urgence, sur une suspension de l’expulsion vers le Maroc de l’imam Hassan Iquioussen, le tribunal administratif de Paris rendra sa décision vendredi au plus tard.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait annoncé la semaine dernière l’expulsion de ce prédicateur exerçant en France, réputé proche des Frères musulmans et accusé par les autorités françaises d’appels à la haine et à la violence visant notamment la communauté juive.

A l’audience jeudi, l’avocate de M. Iquioussen Me Lucie Simon a demandé au tribunal de « protéger les libertés fondamentales » en suspendant l’arrêté d’expulsion.

« Je vous demande de vous méfier de phrases coupées et sorties de leur contexte », a argumenté l’avocate rejetant tout autant « la gravité » que « l’actualité » des propos visés par le ministère de l’Intérieur, dont les plus récents remontent à 2019 et les plus anciens aux années 1990.

« Il n’y a aucune urgence à expulser Hassan Iquioussen », a déclaré Me Simon. « Vous n’êtes pas la caution judiciaire des effets d’annonce du gouvernement », a ajouté l’avocate de l’imam, évoquant les annonces de Gérald Darmanin mercredi sur son futur projet de loi sur l’immigration.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) est intervenue volontairement au soutien de la requête de Me Simon à l’audience.

« Ces propos anciens n’ont jamais donné lieu à un refus de titre de séjour ou à une condamnation pénale », a relevé Me Marion Ogier pour l’association, défendant « le droit au respect à la vie privée et familiale ».

Dans un communiqué diffusé plus tôt dans la journée, la LDH, tout en désapprouvant les propos de l’imam, fait valoir que M. Iquioussen est né en France, « y a toujours vécu et y a fondé sa famille ».

De son côté, la représentante du ministère de l’Intérieur a estimé que les propos de M. Iquioussen « constituent le terreau d’actions terroristes ». « C’est la même rhétorique que (Mohammed) Merah », a-t-elle ajouté, faisant allusion à l’auteur des attentats de Toulouse et Montauban de 2012.

« La récurrence (des propos) plaide pour la continuité de la menace », a estimé la représentante du ministère de l’Intérieur pour justifier la demande d’expulsion vers le Maroc.

Plus tôt dans la journée, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a rejeté une demande de suspension de l’expulsion de M. Iquioussen.

Par Le Point

France: 3 000 « délinquants étrangers » expulsés en deux ans, selon Darmanin

juillet 30, 2022

En visite à Lyon samedi, le ministre de l’Intérieur a évoqué son souhait de procéder à des changements législatifs dans les procédures d’expulsion.

Gerald Darmanin lors d'une visite a la prefecture du Rhone, a Lyon, le 30 juillet 2022.
Gérald Darmanin lors d’une visite à la préfecture du Rhône, à Lyon, le 30 juillet 2022.
 © THIERRY ZOCCOLAN / AFP

Quelque 3 000 « étrangers délinquants » ont été expulsés en deux ans du territoire national, a déclaré Gérald Darmanin, évoquant « une augmentation sans précédent ». Le ministre de l’Intérieur s’est rendu à Lyon, samedi 30 juillet, pour inaugurer un centre de rétention administrative de 140 places. Lors de cette visite, il a rencontré des policiers récemment agressés dans le quartier de La Guillotière. Un déplacement dans la cité des Gones qui intervient au lendemain d’une autre agression contre un policier, dans le même quartier. 

Dans la soirée de vendredi à samedi, un fonctionnaire de la BAC a été renversé par un homme à scooter. L’auteur des faits, qui aurait roulé sans casque et à vive allure, selon Le Progrès, est suspecté d’avoir refusé d’obtempérer lors d’un contrôle. Le policier aurait été traîné sur une dizaine de mètres, vers 22 h 30. Toujours d’après le journal local, l’individu aurait ralenti avant de percuter la victime présumée « de plein fouet ». Le suspect, placé en garde à vue, et le policier ont été transportés à l’hôpital. Les blessures de ce dernier ont entraîné une ITT (interruption totale de travail) de quatre jours.

La visite de Gérald Darmanin à Lyon s’inscrit dans le cadre d’une autre affaire très médiatisée de violences à l’encontre de policiers. Deux fonctionnaires de police ont été blessés le 20 juillet au soir en tentant avec un collègue d’interpeller une personne suspectée de vol, au milieu d’une foule qui les a violemment pris à partie, dans le quartier de La Guillotière. Un des hommes ayant participé à l’agression a été mis en examen mardi. 

« Ce n’est pas de ministre dont nous avons besoin »

Samedi après-midi, Gérald Darmanin a échangé avec des riverains de La Guillotière, un quartier populaire du centre de Lyon. Lors de sa visite dans la capitale des Gaules, le ministre a multiplié les critiques sur la politique du maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, notamment en matière de sécurité. Ce dernier, qui s’est déplacé à La Guillotière vendredi, a fait savoir qu’il n’assisterait pas au déplacement ministériel.

« Ce n’est pas de ministre dont nous avons besoin mais de plus d’effectifs », a-t-il tweeté vendredi en demandant 300 policiers nationaux en plus. Selon Gérald Darmanin, qui propose de rencontrer le maire en septembre, il y a eu plus de 100 policiers supplémentaires à Lyon depuis qu’il est ministre, une nouvelle compagnie républicaine de sécurité (CRS) à demeure ainsi que 200 policiers de la PAF (police aux frontières) qui arriveront en janvier 2023. 

Des « changements législatifs » dans les procédures d’expulsions

Gérald Darmanin a évoqué son souhait de procéder à la rentrée à des « changements législatifs » à propos des procédures d’expulsion. « À partir de janvier, quand un policier va interpeller un étranger en situation irrégulière, il pourra le mettre au CRA (centre de rétention administrative) pendant trois mois pour trouver le moyen de l’expulser dans son pays », a-t-il indiqué. 

Par Le Point avec AFP

Le Mali expulse le porte-parole de la Mission de l’ONU

juillet 20, 2022

Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali a annoncé ce mercredi 20 juillet inviter « Monsieur Olivier Salgado, porte-parole de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies, pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) à quitter le territoire national dans un délai de 72 heures. »

Cette mesure fait suite « à la série de publications tendancieuses et inacceptables de l’intéressé » sur le réseau social Twitter, pour avoir déclaré « sans aucune preuve que les Autorités maliennes auraient été préalablement informées de l’arrivée des 49 militaires ivoiriens par vol civil », le 10 juillet 2022, précise le communiqué. 

Le communiqué insiste également sur la « disponibilité » du ministère pour maintenir le dialogue et poursuivre la coopération, avec « l’ensemble de ses partenaires internationaux, y compris la Minusma ».

Avec Sacer-infos par Stany Frank

Ukraine : la Russie expulse 34 diplomates français, Paris condamne

mai 18, 2022

Le Quai d’Orsay présente cette décision comme une réponse de Moscou à l’expulsion, en avril, de plusieurs diplomates russes soupçonnés d’espionnage.

Le gouvernement russe a decide d'expulser 34 diplomates francais.
Le gouvernement russe a décidé d’expulser 34 diplomates français.

Moscou a annoncé, ce mercredi, l’expulsion de 34 diplomates français de Russie en représailles aux expulsions en avril par la France de 41 Russes, dans la foulée de l’offensive en Ukraine. L’ambassadeur de France à Moscou, Pierre Lévy, a été convoqué mercredi au ministère russe des Affaires étrangères et s’est vu remettre une note signifiant que « 34 collaborateurs des établissements diplomatiques français en Russie ont été déclarés personæ non gratæ  », a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué. Ils doivent quitter la Russie d’ici deux semaines, selon la même source.

De son côté, Paris a « condamné fermement » cette annonce en estimant que cette décision ne reposait sur « aucun fondement légitime ». « Cette décision est présentée par la partie russe comme une réponse aux décisions de la France » en avril dernier où « plusieurs dizaines d’agents russes » soupçonnés d’être des espions avaient été expulsés, indique un communiqué du Quai d’Orsay. « Le travail des diplomates et des personnels de notre ambassade en Russie s’inscrit à l’inverse pleinement dans le cadre de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et consulaires », ajoute-t-il.

La France a annoncé en avril l’expulsion de 41 diplomates russes qui se livraient, selon elle, à des activités d’espionnage sous le couvert de leur ambassade, précisant que la sanction s’inscrivait dans « une démarche européenne ». La Russie a « protesté fermement » mercredi contre « la décision provocatrice et infondée des autorités françaises » d’expulser les diplomates russes, a précisé le communiqué de la diplomatie russe en soulignant que cette mesure « porte un grave préjudice aux relations russo-françaises, ainsi qu’à une coopération bilatérale constructive ».

Expulsions de diplomates russes dans toute l’Europe

De nombreux autres pays européens, comme l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Slovénie, l’Autriche, la Pologne, la Grèce ou la Croatie, ont massivement expulsé des diplomates russes depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, le 24 février. Dans certains cas, ces expulsions ont été accompagnées d’accusations d’espionnage. Moscou a promis de répondre à chacune de ces mesures et des dizaines de diplomates occidentaux ont déjà été expulsés de Russie. Selon les médias russes, les ambassadeurs d’Espagne, d’Italie et de Suède ont également été convoqués mercredi au ministère russe des Affaires étrangères.

La diplomatie russe a annoncé, mercredi, expulser 24 diplomates italiens et 27 espagnols, en représailles à celles de Russes dans la foulée de l’offensive russe contre l’Ukraine. L’Italie a qualifié mercredi d’« acte hostile » l’expulsion par Moscou de diplomates italiens, français et espagnols, mais appelé à ne pas rompre les canaux diplomatiques avec la Russie. « C’est un acte hostile, mais il faut absolument éviter de rompre les relations diplomatiques. Cela ne doit pas conduire à la rupture des canaux diplomatiques parce que, si nous parvenons à la paix, nous y parviendrons grâce à ces canaux diplomatiques », a déclaré le chef du gouvernement italien, Mario Draghi, lors d’une conférence de presse à Rome.

De son côté, l’Espagne « rejette » l’expulsion de 27 de ses diplomates en poste en Russie. « Les autorités russes justifient cette décision sur la base de la réciprocité après l’expulsion de 27 fonctionnaires de l’ambassade russe à Madrid annoncée en avril », a souligné le ministère dans un communiqué. « Mais l’expulsion décidée par les autorités espagnoles se basait sur des motifs de sécurité dûment justifiés, qui n’ont pas eu lieu » dans le cas de l’expulsion des diplomates espagnols, a poursuivi le ministère, assurant que ses diplomates en Russie avaient « toujours respecté pleinement les obligations prévues par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques ».

L’ambassade américaine de retour à Kiev

De leur côté, les États-Unis ont rouvert mercredi leur ambassade à Kiev, fermée mi-février avant même le début de l’invasion russe de l’Ukraine, a annoncé le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken. « Aujourd’hui, nous reprenons officiellement les opérations à l’ambassade des États-Unis à Kiev. Le peuple ukrainien, avec notre aide sécuritaire, a défendu sa patrie face à l’invasion irresponsable de la Russie, et, en conséquence, la Bannière étoilée flotte à nouveau sur l’ambassade », a-t-il déclaré dans un communiqué après la levée du drapeau américain.

À la suite d’une visite à Kiev le 24 avril, Antony Blinken et le ministre américain de la Défense Lloyd Austin avaient annoncé le retour progressif d’une présence diplomatique américaine en Ukraine, au regard de l’amélioration de la situation sur le terrain, notamment à Kiev et dans sa région. La chargée d’affaires Kristina Kvien était revenue à Lviv le 2 mai et avait dit espérer un retour dans la capitale avant la fin du mois. Elle y a fait un bref passage le 8 mai pour commémorer le 77e anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie. Antony Blinken a précisé avoir pris des « mesures additionnelles pour renforcer la sécurité » des diplomates américains, sans plus de détails.

Par Le Point avec AFP

Un « ange gardien » bientôt expulsé du Canada

mars 23, 2022

Puisqu’il n’a pas travaillé durant la première vague de la pandémie, un préposé aux bénéficiaires d’origine algérienne n’a pas pu bénéficier du programme spécial de régularisation des demandeurs d’asile après avoir pourtant « tout donné ».

Malgré un emploi comme préposé aux bénéficiaires, Chemseddine Khafrabbi devra prochainement quitter sa femme et sa fille. Photo : Gracieuseté

Son rêve canadien s’apprête à prendre fin. De la plus triste et la plus brutale des manières.

Jeune père de famille et préposé aux bénéficiaires, Chemseddine Khafrabbi, 33 ans, n’a plus qu’une seule option devant lui : prendre son billet d’avion vers l’Algérie, pour éviter de repartir menottes aux poignets dans son pays d’origine. Un aller simple, sans retour.

Je suis si triste. Je ne peux pas laisser ma famille ici, lâche-t-il, la voix tremblante et les larmes aux yeux, après une nouvelle nuit passée au boulot dans une résidence pour aînés de Boucherville, ponctuée d’un passage dans les locaux de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), où on l’a informé de son renvoi prochain.

« Je n’ai jamais imaginé quitter un jour le Canada. J’ai une petite famille maintenant. Je suis venu au Canada pour changer de vie. Au Canada, on se sent protégé. »— Une citation de  Chemseddine Khafrabbi

D’ici le 16 avril, ce travailleur de la santé, arrivé au Québec en 2017, doit quitter le Canada. Malgré des dangers qui l’attendraient en Algérie et des menaces qu’il dit y avoir subies, Chemseddine Khafrabbi a vu sa demande d’asile être rejetée. Et même si une demande humanitaire est toujours en cours, les agents frontaliers lui ont donc demandé de quitter expressément le territoire.

Chemseddine Khafrabbi est préposé aux bénéficiaires depuis l’été 2020. Il travaille désormais dans une résidence pour aînés. Photo : Gracieuseté

Un programme de régularisation non accessible

Pourtant, son avenir aurait pu s’inscrire au Québec. À quelques détails près.

Père d’une petite fille de 3 mois, il a commencé, après la première vague de la pandémie, une formation pour devenir préposé aux bénéficiaires. Les besoins, à l’époque, étaient immenses et le gouvernement du Québec recherchait des milliers de travailleurs pour prendre soin des aînés.

Je voulais aider les gens, les personnes âgées. J’aime ça. Il y avait beaucoup de travail et de besoins, confie-t-il, en serrant dans ses bras sa petite Taline, dans un parc montréalais.

Rapidement, il trouve du boulot. Après un passage, dès août 2020, dans une agence de placement, il rejoint une résidence sur la rive sud de la métropole. Et assiste, avec espoir, au lancement d’un programme de régularisation visant ceux qui ont communément été appelés, par les élus politiques, les anges gardiens.

Problème, les critères d’accès sont stricts. Malgré le souhait explicite d’Ottawa et la pression de multiples organismes et élus d’opposition, le gouvernement Legault a refusé d’élargir ce programme à tous ceux qui ont travaillé au-delà du printemps 2020 dans le système de santé.

« Pour le moment, le MIFI ne prévoit pas une prolongation au Programme spécial des demandeurs d’asile en période de COVID-19. »— Une citation de  Émilie Vézina, porte-parole du ministère québécois de l’Immigration

Seuls ceux ayant cumulé plusieurs mois de travail à cette période, uniquement, ont donc pu postuler à cette initiative réservée aux demandeurs d’asile qui permet d’obtenir une résidence permanente.

Selon l’avocat Guillaume Cliche-Rivard, le renvoi de Chemseddine Khafrabbi est une décision qui n’a « aucun sens ». Photo : Radio-Canada

Un manque d’ouverture de Québec décrié

Poussette à la main, l’épouse de Chemseddine Khafrabbi peine à trouver ses mots.

C’est si injuste. Il a travaillé dans une période très difficile. Beaucoup de monde restait à la maison, refusait de travailler. Lui, il était présent durant la 2e, la 3e, la 4e et la 5e vague. Il a fait des heures supplémentaires, il a tout donné, confie Lynda Abdelli, elle aussi demandeuse d’asile et préposée aux bénéficiaires.

Leur avocat, Guillaume Cliche-Rivard, déplore le manque d’ouverture de Québec. Ce programme, c’est une belle chose. Mais il y a eu des efforts surhumains faits par des travailleurs durant toutes les autres vagues. Et ces gens-là, on les a oubliés. Chemseddine remplit tous les critères, il a l’expérience, il a cumulé des centaines d’heures, mais seulement après la première vague.

« S’il y avait eu une deuxième phase de ce programme, on n’en serait pas là. Malgré tout ce qu’il a fait, malgré nos besoins et les manques criants dans le réseau de la santé, on dit à un préposé de quitter le Canada. C’est un non-sens. »— Une citation de  Guillaume Cliche-Rivard, avocat en immigration

À ses yeux, des centaines, voire des milliers de travailleurs essentiels, dans tous les pays, pourraient prochainement subir le même sort. Il n’est pas le dernier, croit-il.

Si du jour au lendemain on retire du système de la santé au complet ou de l’économie canadienne l’ensemble des travailleurs essentiels sans statut, on va réaliser qu’ils sont beaucoup plus essentiels qu’on ne le pense. Il va y avoir des conséquences, des pénuries, des bris de service, estime Guillaume Cliche-Rivard.

Des milliers de renvois

Malgré la pandémie, de nombreuses expulsions ont été décrétées par le gouvernement fédéral au cours des derniers mois.

Entre mars 2020 et février 2022, « l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a exécuté 18 418 renvois, dont environ 11 299 étaient des renvois administratifs », indique Dominique McNeely, porte-parole de l’ASFC. Un renvoi administratif a lieu lorsque l’ASFC a été en mesure de confirmer par d’autres sources que l’étranger a déjà quitté le pays, précise-t-il.

En 2020, plusieurs manifestations ont été organisées pour demander la régularisation de ces demandeurs d’asile qui ont travaillé durant la pandémie. Photo : La Presse Canadienne/Graham Hughes

Un nombre de bénéficiaires en deçà des attentes

Au total, sur l’ensemble du pays, près de 6000 dossiers ont été déposés pour ce programme spécial, ouvert entre le 14 décembre 2020 et le 31 août 2021. Une grande majorité de ces demandes proviennent de l’Ontario.

Au Québec, un peu plus de 2000 demandes de sélection ont été reçues par le gouvernement provincial. Celles-ci représentent 4113 personnes.

En date du 4 mars, les dernières données disponibles, les trois quarts de ces dossiers ont été finalisés. Ainsi, 3326 personnes ont obtenu un certificat de sélection du Québec, une étape indispensable avant d’avoir la résidence permanente.

Ce chiffre est nettement en deçà, pour l’instant, des projections. Lors du lancement de cette initiative, la Maison d’Haïti évoquait l’idée de régulariser près de 10 000 travailleurs.

En juin 2021, il était estimé que le nombre global de personnes qui pourraient être concernées par une demande dans le cadre du Programme spécial des demandeurs d’asile en période de COVID-19 serait d’environ 4000 à 6000 personnes, incluant les requérants principaux et les personnes à charge accompagnatrices, souligne de son côté le gouvernement Legault.

C’est décevant, juge l’avocat Stéphane Handfield, qui, à l’instar d’autres experts, critique depuis des mois la bureaucratie à l’absurde.

Postuler à travers le Québec, c’est beaucoup plus complexe. On exigeait des documents originaux que les travailleurs n’avaient pas ou ne pouvaient pas avoir, car on est en pandémie, rappelle-t-il.

« On avait projeté l’image d’un programme beau et grand. On voulait remercier et reconnaître le travail de ces gens sur la ligne de front. Mais maintenant, on voit que ce n’était pas si grandiose. »— Une citation de  Stéphane Handfield, avocat en immigration

Ce dernier cite l’exemple d’un couple qui se bat avec l’administration québécoise. La conjointe remplit tous les critères, elle est préposée aux bénéficiaires depuis le début de la pandémie, mais l’agent d’immigration ne veut pas prendre en compte son expérience, car son mari est le demandeur principal de leur demande d’asile. On marche sur la tête, raconte-t-il.

Ce qu’on fait vivre à certaines personnes, ça n’a ni queue ni tête, regrette celui qui se présentera cet automne aux élections provinciales sous la bannière du Parti québécois. Beaucoup vivent dans l’incertitude, et c’est dommage.

Selon le ministère de l’Immigration du Québec, le délai moyen de traitement est d’environ 35 jours.

« Par contre, plusieurs demandes font actuellement l’objet d’un délai d’examen plus long, indique Émilie Vézina. En effet, plusieurs dossiers ont nécessité un examen plus approfondi et ont requis un complément d’information de la part du candidat pour permettre de rendre une décision, allongeant ainsi les délais. »

Avec Radio-Canada par Romain Schué

Mali : JA proteste contre l’expulsion de son envoyé spécial

février 8, 2022

Notre journaliste Benjamin Roger avait pénétré sur le territoire malien dans la nuit du 6 février muni d’un visa en règle et sans dissimuler sa profession.

La Direction de Jeune Afrique condamne la décision prise par les autorités maliennes de procéder à l’expulsion de son envoyé spécial, Benjamin Roger, ce 8 février.

Arrivé à Bamako dans la nuit du 6 au 7 février, Benjamin Roger a été interpellé à son hôtel par la police, ce lundi 7 février vers 11 heures, et conduit dans les locaux de la Brigade d’investigation judiciaire, où il a été interrogé, puis dans ceux de la Police de l’Air et des Frontières, où son expulsion lui a été signifiée.

Benjamin Roger était muni d’un visa d’entrée en règle et n’a pas dissimulé sa profession de journaliste ni le fait qu’il venait l’exercer – en toute impartialité – au Mali.

La Direction de Jeune Afrique considère donc cette mesure prise à l’encontre de son collaborateur comme injustifiée et contrevenant à la liberté d’informer.

Par Jeune Afrique