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Burkina Faso : le Conseil d’Etat valide l’extradition de François Compaoré

juillet 30, 2021

Le frère cadet de l’ancien chef de l’Etat burkinabé est poursuivi pour « incitation à assassinat » du journaliste d’investigation Norbert Zondo, tué en décembre 1998.

Francois Compaore, en 2012 à Ouagadougou
Francois Compaore, en 2012 à Ouagadougou AHMED OUOBA / AFP

La bataille juridique n’est pas terminée, mais un pas important vers un futur procès vient d’être franchi. Le conseil d’Etat a validé, vendredi 30 juillet, l’extradition vers Ouagadougou de François Compaoré, frère cadet de l’ancien président Blaise Compaoré qui a dirigé le Burkina Faso de 1987 jusqu’à une insurrection populaire en 2014. François Compaoré, âgé de 67 ans, est poursuivi dans le cadre de l’affaire Norbert Zongo, célèbre journaliste burkinabé tué le 13 décembre 1998 avec trois de ses compagnons (Blaise Ilboudo, Ablassé Nikiéma, Ernest Zongo) et dont les dépouilles avaient été retrouvées calcinées dans le sud du Burkina. Leur mort avait provoqué une très vive émotion au « Pays des hommes intègres ».

Arrêté à l’aéroport de Roissy en octobre 2017 en exécution d’un mandat d’arrêt émis par Ouagadougou pour « incitation à assassinat », François Compaoré avait demandé au Conseil d’Etat d’annuler « pour excès de pouvoir » un décret français datant du 21 février 2020 accordant son extradition aux autorités judiciaires burkinabées. Mais la plus haute juridiction administrative française a considéré que ce décret, signé par Edouard Philippe et Nicole Belloubet, alors respectivement premier ministre et garde des Sceaux, ne pouvait être annulé.

Le Conseil d’Etat a rejeté cette demande en considérant notamment que « M. Compaoré n’est pas fondé à soutenir que son extradition aurait été demandée dans un but politique » et que le risque qu’il soit « exposé à des traitements inhumains ou dégradants en raison des conditions de détention dans les prisons burkinabées et de sa condition personnelle » pouvait être écarté grâce à certaines dispositions nationales et des engagements internationaux.

Journaliste d’investigation reconnu

Ses avocats, qui ont saisi la Cour européenne des droits de l’homme, disent craindre pour la vie de leur client s’il devait être détenu au Burkina Faso. « Il sera malheureusement et assurément exposé à des risques, a fait savoir Maître François Briard, car le pays est en proie à une grave déstabilisation. » « Nous saisissons la Cour européenne car elle est la seule juridiction qui pourra statuer avec une vraie et juste distance dans ce dossier, veut croire Me Pierre-Olivier Sur, un autre avocat de M. Compaoré. En France, il y a une pression politique sur la justice dans cette affaire. La preuve, c’est la réponse faite par Emmanuel Macron lorsqu’il avait dit aux étudiants burkinabés [le 28 novembre 2017 à l’université de Ouagadougou] qu’il allait leur livrer François Compaoré. »

Journaliste d’investigation reconnu et directeur de l’hebdomadaire « L’Indépendant », Norbert Zongo, 49 ans, avait été assassiné alors qu’il enquêtait sur le meurtre du chauffeur de François Compaoré. La mort de ce journaliste, auteur de plusieurs enquêtes retentissantes dénonçant une mauvaise gouvernance sous le régime Compaoré, avait provoqué une profonde crise politique. Classé en 2006 après un « non-lieu » qui avait suscité un tollé international, le dossier judiciaire avait été rouvert en octobre 2014 après la chute de Blaise Compaoré.

Avec Le Monde par Pierre Lepidi

Le plus gros trafiquant français de cannabis en attente d’extradition depuis Dubaï

mars 24, 2021

Moufide Bouchibi était recherché depuis plus de vingt ans. Il avait bâti un réseau d’importation de cannabis générant jusqu’à 70 millions d’euros de chiffres d’affaires.

Sur les vingt dernières années, il aura sans doute fourni des centaines de milliers de Français plus ou moins intoxiqués au cannabis. Réputé principal importateur de «shit» du territoire, Moufide Bouchibi aurait été arrêté dimanche 21 mars à Dubaï, et attend désormais d’être extradé vers la France. Prudents, les policiers français attendent de voir le criminel en face pour enfin crier victoire, après des années de recherche et plusieurs tentatives d’arrestation.

Pour l’Office anti-stupéfiants, l’homme de 41 ans est une prise majeure. Voyageant sous une fausse identité à Dubaï, où le narcotrafiquant aurait placé une partie de sa fortune, il aurait été démasqué par les agents locaux, en compagnie d’un autre trafiquant. Selon Le Parisien , il a été formellement identifié notamment grâce aux empreintes digitales fournies par Interpol, et doit ce mercredi 24 mars être présenté à la justice afin d’être transféré en France. Déjà jugé, il y a été condamné à 20 ans de prison par le tribunal de Bordeaux en 2015. Celui qui est surnommé «Mouf» a toutefois la possibilité de refuser son extradition, ajoute l’AFP.

Jusqu’à 70 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel

L’histoire de l’intéressé – parcellaire tant l’homme reste mystérieux – ressemble à un scénario de thriller. Tout y est, de l’apprentissage du deal en cité aux villas de luxe sur la Méditerranée, en passant par le mentor trahi, les indics de police et, bien sûr, la violence exacerbée d’un milieu où tout est permis, et souvent le pire. Dans un long portrait qui lui est consacré par L’Obs et d’autres articles de presse de ces dernières années, on apprend que l’homme, né à Orsay (Essonne), avait appris le «métier» sous l’aile de Sophiane Hambli, un autre trafiquant d’envergure, membre d’un puissant réseau alsacien d’importation de cannabis. Emprisonné pour la première fois en 2002 après la découverte de 240 kilos de stupéfiants à son domicile, plusieurs tentatives d’évasion avaient été organisées au profit du jeune dealer. Son inspirateur emprisonné en Espagne en 2009, Moufide Bouchibi, s’était mis à son propre compte et rapidement opposé à Hambli. Ce dernier aurait même organisé depuis sa cellule l’enlèvement et la torture de son ancien protégé. En retour, Bouchibi se serait vengé sur deux hommes de main de Hambli qui avaient permis son enlèvement, l’un étant décédé et l’autre blessé dans différentes attaques.

À partir des années 2010, les enquêteurs remarquent le «haut niveau de professionnalisme» de Bouchibi, qui organisent des go-fast réguliers entre l’Espagne, point d’entrée des marchandises, et la France. Plusieurs saisies sont effectuées, sans stopper l’ascension spectaculaire du trafiquant, ni surtout pouvoir l’arrêter. «Mouf» se cache tour à tour au Maroc, ou en Algérie, où il aurait fait construire un hôtel pour plus de dix millions d’euros à Sétif. Il posséderait également plusieurs biens immobiliers à Agadir, Casablanca, Tanger et Marrakech et des villas sur la côte. Une source ayant témoigné auprès de L’Obs dit penser qu’«il avait un contact au sein de la police judiciaire et qu’il était tenu régulièrement au courant des investigations le concernant. En échange, Bouchibi acceptait de sacrifier de temps en temps une de ses petites équipes en donnant des informations sur ses propres convois».

Les services de François Thierry, patron des stups, montent alors un projet d’arrestation et se concentrent sur celui qui devient le plus important receleur de cannabis sur le territoire. Des infiltrations sont organisées. Son ancien partenaire Sophiane Hambli, qui a juré sa perte, est alors mis à contribution contre une remise de peine. Un élément donne l’ordre de grandeur des activités de Moufide Bouchibi au milieu de la décennie : deux semi-remorques venus de Tanger sont interceptés en 2015 par la Guardia Civil espagnole, contenant quelque… 48 tonnes de cannabis. Et la saisie semble finalement digérée par Bouchibi qui poursuit ses expéditions. Sans pouvoir vérifier précisément, on estime à environ 70 millions d’euros annuels le chiffre d’affaires généré par l’homme.

Une autre péripétie anéantira l’«opération Janissaire», destinée à faire tomber Bouchibi : les douanes françaises, qui ne sont pas au courant, saisissent des stupéfiants au pied de l’immeuble de Sophiane Hambli en octobre 2015. Les stups auraient autorisé ce transit. Mais les objectifs poursuivis n’étant pas divulgués, François Thierry n’est plus soutenu et perd son poste. Dans les années suivantes, Moufide Bouchibi aurait poursuivi son entreprise, notamment en important ses marchandises par bateau, et se développant dans la cocaïne.

Par Luc Lenoir avec Le Figaro et AFP agence

Les Etats-Unis extradent un ex-gardien de camp de concentration vers l’Allemagne

février 20, 2021

Un ancien gardien d’un camp de concentration nazi, soupçonné de « complicité de meurtres » aujourd’hui âgé de 95 ans, a été extradé samedi des Etats-Unis vers l’Allemagne où la justice pourrait reprendre ses poursuites à son encontre.

Un ancien gardien d'un camp de concentration nazi, aujourd'hui âgé de 95 ans, extradé des Etats-Unis vers l'Allemagne le 20 février 2021.

© Jose ROMERO Un ancien gardien d’un camp de concentration nazi, aujourd’hui âgé de 95 ans, extradé des Etats-Unis vers l’Allemagne le 20 février 2021.

Parti de l’Etat américain du Tennessee dans un avion médicalisé, l’Allemand Friedrich Karl Berger a atterri en fin de matinée à l’aéroport de Francfort (centre). Il s’est dit prêt à témoigner mais pas dans l’immédiat, selon le parquet de Celle et est reparti libre car il ne faisait pas l’objet d’un mandat d’arrêt.

Malgré son grand âge, M. Berger serait en bonne santé et en capacité de suivre un interrogatoire.

Cependant, le ministère public, qui avait abandonné fin décembre la procédure à son encontre faute de preuves suffisantes, reste pessimiste quant à l’éventualité d’un procès: il n’y aura « probablement pas » de nouvelle enquête à moins que M. Berger ne « fasse des aveux détaillés », a expliqué à l’AFP le procureur général Bernd Kolkmeier.

"Les survivants, qui sont maintenant tous très âgés, ont attendu toute leur vie que les auteurs de ces crimes soient tenus responsables", a critiqué Christoph Heubner, vice-président exécutif du Comité international d'Auschwitz.

© PATRIK STOLLARZ « Les survivants, qui sont maintenant tous très âgés, ont attendu toute leur vie que les auteurs de ces crimes soient tenus responsables », a critiqué Christoph Heubner, vice-président exécutif du Comité international d’Auschwitz.

M. Berger avait déménagé dans le Tennessee en 1959 et y avait vécu sans que personne ne connaisse son passé pendant de nombreuses années. 

Ce n’est que lorsque des documents de l’époque nazie portant son nom ont été retrouvés en 1950 dans un bateau coulé dans la mer Baltique que les enquêteurs se sont mis à sa recherche.

– Complice ou contraint ? –

Il est soupçonné par la justice américaine de s’être rendu complice de la mort de prisonniers alors qu’il était gardien entre janvier et avril 1945 dans le complexe concentrationnaire à Neuengamme, au sud-est de Hambourg (nord), et dans un de ses camps extérieurs près de Meppen, en particulier lors d’une opération d’évacuation en mars 1945.

Le tribunal américain spécialisé dans les dossiers d’immigration avait décidé en mars de son renvoi vers l’Allemagne pour « avoir volontairement servi comme garde armé d’un camp de concentration où des persécutions ont eu lieu ».

Lors de ses interrogatoires aux Etats-Unis, M. Berger avait reconnu avoir été un temps gardien au sein de ce camp, déclarant cependant ne pas avoir eu connaissance de mauvais traitements infligés aux prisonniers ou de décès parmi les détenus: il estime avoir seulement obéi aux ordres.

« Nous sommes déterminés à faire en sorte que les États-Unis ne servent pas de refuge aux auteurs de violations des droits de l’homme et aux criminels de guerre », a déclaré dans un communiqué le directeur par intérim de l’agence de police douanière américaine (ICE), Tae Johnson.

Le gouvernement américain a créé en 1979 un programme dédié à la recherche et à l’expulsion des anciens nazis installés aux Etats-Unis. Depuis, 68 personnes ont donc été expulsées dans ce cadre.

La précédente avait eu lieu en août 2018 et concernait un ex-gardien SS âgé de 95 ans, Jakiw Palij, installé à New York depuis 1949. Il est cependant décédé cinq mois plus tard.

– « Echec du système judiciaire allemand » –

Le camp de concentration de Neuengamme avait été initialement fondé en 1938 comme un sous-camp du camp de concentration de Sachsenhausen, situé lui plus à l’est dans le Brandebourg. Il est ensuite devenu un camp de concentration indépendant en 1940. 

Selon le mémorial du camp, les prisonniers y étaient utilisés comme travailleurs forcés pour l’économie de guerre: 106.000 personnes y furent déportées dont 55.000 moururent, la plupart d’épuisement au travail.

Ces dernières années, l’Allemagne a jugé et condamné plusieurs anciens SS et élargi aux gardiens de camps le chef d’accusation de complicité de meurtre, illustrant la sévérité accrue, quoique jugée très tardive par les victimes, de sa justice.

« Les survivants, qui sont maintenant tous très âgés, ont attendu toute leur vie que les auteurs de ces crimes soient tenus responsables », a récemment critiqué Christoph Heubner, vice-président exécutif du Comité international d’Auschwitz.

Il réagissait après la mise en accusation, début février, d’une ancienne secrétaire du camp de concentration de Stutthof (actuelle Pologne) aujourd’hui âgée de 95 ans pour complicité de meurtres par la justice allemande.

« Que cela n’arrive que maintenant est un échec et un oubli du système judiciaire allemand qui s’étend sur des décennies », avait-il fustigé.

Avec AFP par bur-dac/clp/

La Corée du Sud refuse d’extrader aux États-Unis un exploitant de site pédopornographique

juillet 6, 2020

Un tribunal sud-coréen a rejeté lundi une demande d’extradition aux Etats-Unis d’un homme reconnu coupable d’avoir dirigé l’un des plus gros sites internet de pédopornographie au monde.

Son Jong-woo, exploitant du site de pornographie enfantine sud-coréen «Welcome to Video», en vendait le contenu dans le monde entier sur le darknet pour des bitcoins, une crypto-monnaie numérique. Reconnu coupable d’avoir violé les lois sud-coréennes sur la protection de l’enfance, il a purgé une peine de 18 mois de prison se terminant en avril. Il est resté en détention depuis car il a également été inculpé à Washington et pourrait encourir une peine beaucoup plus longue aux Etats-Unis.

Ainsi des clients ont été condamnés aux Etats-Unis à des peines de 15 ans de prison, contrastant avec la peine légère purgée par Son Jong-woo en Corée du Sud, ce qui a suscité des appels à durcir la législation sud-coréenne contre la pédopornographie.

«La décision ne doit pas être interprétée comme une manière de l’exonérer»

La Haute Cour de Séoul a justifié le rejet de la demande d’extradition en faisant valoir que son départ à l’étranger pourrait «entraver l’enquête sud-coréenne sur les contenus à caractère sexuel», a rapporté l’agence de presse Yonhap. «La décision ne doit pas être interprétée comme une manière de l’exonérer», a ajouté le tribunal, selon Yonhap.

Mais cette décision a suscité des réactions négatives dans les réseaux sociaux en Corée du Sud. «Je peux presque entendre divers criminels sexuels applaudir à cette nouvelle», a déclaré un utilisateur de Twitter. «La Corée du Sud doit être le seul pays à laisser en liberté les prédateurs sexuels d’enfants», a réagi un autre. Selon le ministère américain de la Justice, 338 personnes liées au site ont été arrêtées l’an dernier à travers le monde, notamment en Corée du Sud, aux États-Unis, au Canada, en Espagne et au Brésil.

Qualifié par le gouvernement américain de «plus grand marché d’exploitation sexuelle d’enfants en termes de volumes de contenus», le site de Son donnait accès à 250.000 vidéos pornographiques d’enfants contre des paiements en bitcoins. Il a été l’un des premiers sites du darknet (réseaux cachés non référencés par les moteurs de recherche classiques) à vendre des vidéos d’exploitation d’enfants pour des bitcoins, le site affirmant qu’elles ont été téléchargées plus d’un million de fois, selon le ministère américain de la Justice.

Par Le Figaro avec AFP

La Suède extrade vers les États-Unis un Chinois accusé de blanchiment d’argent

juin 2, 2020

 

La Suède a extradé vers les Etats-Unis un ressortissant chinois accusé d’avoir blanchi plusieurs millions de dollars, a annoncé ce mardi son avocat suédois, un an après le rejet de son extradition vers la Chine où il est accusé de détournements.

Selon la justice américaine, Qiao Jianjun aurait blanchi «des millions de dollars de produits liés à des transactions frauduleuses par l’intermédiaire de banques en Chine, à Hong Kong et à Singapour» lorsqu’il était cadre de l’administration d’Etat des céréales en Chine – poste qu’il a occupé entre 1998 et 2011. Une partie de cet argent aurait servi à acheter deux propriétés près de Los Angeles, détaille le département de la Justice dans un communiqué. Il est également accusé de fraude à l’immigration.

Contacté par l’AFP, l’avocat suédois Henrik Olsson Lilja a expliqué ce mardi que son client a été extradé vendredi dernier vers les Etats-Unis, où il a régulièrement résidé depuis son départ de Chine en 2011, avant de s’installer en Autriche puis en Suède. Qiao Jianjun conteste les accusations de blanchiment portées contre lui. En juillet 2019, la Cour suprême suédoise avait rejeté une demande d’extradition vers la Chine de ce ressortissant chinois accusé là-bas de détournement de fonds publics, au motif qu’il y risquait la torture et la peine capitale.

200 millions de Yuans

En Chine, Qiao Jianjun est soupçonné par la justice de la province du Henan (centre) d’avoir détourné jusqu’à 200 millions de yuans (26 millions d’euros) entre 2008 et 2011, selon des documents remis par les autorités chinoises à la chancellerie suédoise. A l’époque, il disait contester les accusations de détournement de fonds le visant et affirmait être dans le viseur de Pékin depuis son adhésion en 2010 au Parti démocrate chinois, interdit.

Si la Cour suprême du pays scandinave estimait qu’il existait des éléments à charge sérieux à son encontre, «son extradition ne peu(vait) intervenir (…) en raison du risque de persécution dû à ses activités politiques et de traitements contraires à la Convention européenne des droits de l’Homme». Pour son avocat, les autorités suédoises «n’ont pas approuvé la demande (d’extradition) de la Chine mais aux Etats-Unis, il est soupçonné de blanchiment d’argent sur la base de supposés délits commis en Chine», a-t-il tempêté mardi. Et de poursuivre: «cela va être jugé aux États-Unis lors un procès et ils vont, espérons-le, exiger de meilleures preuves que celles des autorités chinoises qui disent simplement qu’il s’agit là de fonds illicites».

En Suède, l’extradition de ressortissants étrangers est du ressort du gouvernement mais celui-ci est tenu de suivre les arrêts de la Cour suprême. Qiao Jianjun avait été arrêté et placé en détention en Suède en juin 2018 à la demande de la justice chinoise. Remis en liberté le 19 juin 2019, il a de nouveau été arrêté une semaine plus tard dans le cadre d’une autre procédure lancée par les Etats-Unis.

Par Le Figaro avec AFP

La France autorise l’extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso

mars 5, 2020

 

Le gouvernement français a autorisé l’extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso, où ce frère de l’ancien président déchu est mis en cause dans l’enquête sur l’assassinat en 1998 d’un journaliste, a appris jeudi l’AFP auprès de Matignon. Le décret d’extradition du frère cadet de Blaise Compaoré, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir fin octobre 2014, a été signé par le Premier ministre Edouard Philippe, selon cette source. Il doit encore être publié au Journal officiel.

Contacté par l’AFP, l’avocat de François Compaoré, Me Pierre-Olivier Sur, a refusé de faire tout commentaire pour l’heure. Ce décret reste susceptible d’un recours devant le Conseil d’Etat. En juin 2019, la Cour de Cassation avait rejeté le pourvoi de François Compaoré contre son extradition vers Ouagadougou, où le dossier Zongo, classé en 2003 après un «non-lieu» en faveur du seul inculpé, a été rouvert à la faveur de la chute de son frère, Blaise Compaoré.

Journaliste d’investigation reconnu et directeur de l’hebdomadaire L’Indépendant, Norbert Zongo avait été assassiné le 13 décembre 1998, alors qu’il enquêtait sur le meurtre du chauffeur de François Compaoré. Sa mort avait provoqué une profonde crise politique au «pays des hommes intègres». Le journaliste, âgé de 49 ans, auteur de plusieurs enquêtes retentissantes dénonçant une mauvaise gouvernance sous le régime Compaoré, avait été tué avec trois de ses compagnons. Les quatre dépouilles avaient été retrouvées calcinées dans le sud du Burkina Faso.

François Compaoré avait été arrêté à l’aéroport de Roissy en octobre 2017, en exécution d’un mandat d’arrêt émis par les autorités de Ouagadougou. Mais à ce jour, il n’est pas inculpé dans son pays, à la différence de trois ex-soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré.

«C’est un tournant décisif qui vient d’être franchi dans la quête de la justice et la manifestation de la vérité sur cette affaire qui n’a que trop durer», a réagi Guy Zongo, fils aîné de Norbert Zongo. «C’est une autre étape importante de franchie et nous nous réjouissons que cela se passe dans le bon sens et selon les accords qui existent entre les deux pays», a-t-il dit à l’AFP. «Même si ce n’est pas aujourd’hui qu’il sera extradé puisque le décret peut faire l’objet d’un recours, tôt ou tard justice sera rendue. Nous sommes sereins sur cette fin inéluctable. Nous espérons que les choses se fassent en respect des procédures et nous avons espoir de voir enfin cette extradition se faire», a-t-il conclu.

Par Le Figaro avec AFP

Centrafrique : Bangui réclame l’extradition du chef de guerre Abdoulaye Miskine, arrêté au Tchad

novembre 20, 2019

Des combattants de l'ex-Séléka, à Bangui en 2013 (Archives).

Des combattants de l’ex-Séléka, à Bangui en 2013 (Archives). © Rebecca Blackwell/AP/SIPA 

Le chef de guerre Abdoulaye Miskine, leader du Front démocratique du peuple Centrafricain (FDPC), a été arrêté au Tchad, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement centrafricain, qui a demandé son extradition aux autorités centrafricaines.

L’arrestation du leader et fondateur du Front Démocratique du peuple centrafricain (FDPC), de son vrai nom Martin Koumtamadji, a été confirmée par un haut responsable des services de sécurité tchadiens – qui a requis l’anonymat. « Abdoulaye Miskine a été arrêté au Tchad. Nous demandons son extradition », a déclaré à la presse Ange Maxime Kazagui, le porte-parole du gouvernement centrafricain.

« Il a été arrêté à la frontière entre le Tchad et la Centrafrique, à Harare Mangueigne, et amené à N’Djamena où il a aussitôt été mis aux arrêts à l’Agence nationale de sécurité (ANS) », le service du contre espionnage, a précisé un responsable tchadien de la sécurité. « Nous n’avons pas encore d’instructions quant à une possible extradition », a-t-il ajouté.

Perte d’influence

Figure historique de la rébellion depuis la guerre civile qui a éclaté en Centrafrique en 2004, année au cours de laquelle il a créé le FDPC, Abdoulaye Miskine, de même que son groupe, a beaucoup perdu de son influence et de son pouvoir sur le terrain ces derniers temps, selon les observateurs du conflit.

Après avoir rejoint la Séléka, une coalition de groupes armés qui a renversé le régime du président François Bozizé en 2013, le « général » autoproclamé Miskine avait signé l’accord de paix de Khartoum du 6 février 2019 entre le gouvernement et 14 groupes armés, par lequel les signataires se partageaient notamment des postes au gouvernement. Il avait été nommé à un poste de conseiller dans le nouveau gouvernement centrafricain formé le 5 mars mais « n’a jamais pris ses fonctions », a précisé Maxime Kazagui.

Alors que la Centrafrique est ravagée depuis 2013, par les combats entre de nombreuses milices rebelles et les forces gouvernementales, mais aussi entre ces groupes armés eux-mêmes, depuis l’accord de Khartoum, les violences ont baissé dans le pays mais n’ont pas réellement cessé, notamment les combats entre groupes rebelles qui continuent de faire des victimes parmi les civils.

Par Jeuneafrique.com avec AFP

Premier Chypriote extradé vers les États-Unis, pour piratage

novembre 18, 2019

 

Un Chypriote de 20 ans accusé d’avoir piraté et extorqué des sociétés américaines est sur le point de devenir le premier citoyen de son pays à être extradé vers les Etats-Unis, a indiqué lundi son avocat.

Le FBI accuse Joshua Epifaniou d’avoir extorqué des milliers de dollars lorsqu’il était adolescent, en pénétrant illégalement dans le système informatique d’entreprises américaines et en menaçant de publier leurs données si elles ne le payaient pas. Un tribunal de Nicosie a autorisé le 15 novembre l’extradition de Joshua Epifaniou, qui a déjà passé plus de deux ans en prison à Chypre après son arrestation en mai 2017 pour des soupçons d’attaque informatique contre une société de télécommunication chypriote. «C’est le premier Chypriote à être extradé aux Etats-Unis et le premier Chypriote à être extradé depuis une modification de la constitution en 2013 après l’adhésion de Chypre à l’Union européenne», a déclaré à l’AFP son avocat Michael Chambers.

Michael Chambers a essayé de stopper l’extradition, arguant que son client avait entre 15 et 17 ans au moment des faits et qu’il est atteint du syndrome d’Asperger, un trouble du développement caractérisé par des difficultés de communication significatives. Selon l’avocat, qui a dit discuter avec son client sur la possibilité de faire appel, le jeune chypriote risque jusqu’à 20 ans de prison dans deux Etats américains, la Géorgie et l’Arizona, s’il est condamné pour les chefs de fraude informatique, vol d’identité et extorsion. Michael Chambers a précisé que l’affaire chypriote ressemblait à celle de Lauri Love, un Britannique recherché par les Etats-Unis pour avoir piraté le FBI, la Banque centrale américaine et les systèmes de la Nasa. L’an dernier, une cour d’appel britannique s’est prononcé contre l’extradition de Lauri Love, qui souffre lui aussi d’Asperger.

Par Le Figaro.fr avec AFP

WikiLeaks: l’audience d’extradition de Julian Assange fixée à février 2020

juin 14, 2019

 

L’audience pour étudier la demande d’extradition du fondateur de WikiLeaks Julian Assange vers les Etats-Unis, qui l’accusent d’espionnage, aura lieu fin février, a décidé vendredi un juge du tribunal londonien de Westminster. «Une audience de cinq jours aura lieu en février, probablement à partir du 24 février», a précisé un porte-parole du parquet.

Entre-temps, une audience aura lieu fin octobre pour décider notamment quel tribunal étudiera la demande américaine.

Réfugié pendant près de sept ans à l’ambassade d’Equateur à Londres où il bénéficiait de l’asile politique, M. Assange en a été extrait le 11 avril par la police britannique avec l’aval de Quito. Il a été immédiatement placé en détention puis condamné à une peine de 50 semaines de prison le 1er mai pour violation des conditions de sa liberté provisoire. Vendredi, l’Australien de 47 ans a comparu par visioconférence depuis la prison de haute sécurité de Belmarsh, dans le sud-est de Londres, et dit craindre de passer le restant de ses jours en prison s’il est extradé vers les Etats-Unis.

«175 ans de ma vie sont en jeu», a-t-il déclaré, en référence au cumul des peines encourues pour les différents chefs d’inculpation qui le visent, et dont il a dénoncé la nature en soulignant que WikiLeaks n’était «rien d’autre qu’un éditeur». Une vingtaine de personnes ont manifesté devant le tribunal en brandisssant une banderole «Libérez Julian Assange» et une pancarte «Ce ne sont pas des poursuites mais de la persécution».

Washington accuse Julian Assange d’espionnage et a formellement requis mardi son extradition. Les Etats-Unis lui reprochent d’avoir mis en danger certaines de leurs sources lors de la publication en 2010 par WikiLeaks de 250.000 câbles diplomatiques et d’environ 500.000 documents confidentiels portant sur les activités de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Ils l’accusent également d’avoir «comploté» avec l’ex-analyste militaire Chelsea Manning, à l’origine de cette fuite sans précédent.

Julian Assange est soupçonné d’avoir «aidé» et «incité» le soldat Manning «à obtenir des informations confidentielles en sachant qu’elles pouvaient être utilisées au détriment des Etats-Unis et à l’avantage d’une nation étrangère», a indiqué fin mai le ministère américain de la Justice, en révélant dix-sept nouveaux chefs d’inculpation.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Un ex-policier congolais demande son extradition du Sénégal

juin 11, 2019

Le palais de justice de Dakar

Paul Mwilambwe a été condamné à mort par contumace pour son rôle présumé dans l’assassinat d’un militant des droits humains.

Cet ex-policier congolais vivant à Dakar et condamné pour son rôle présumé dans l’assassinat d’un militant des droits humains en 2010 à Kinshasa, a annoncé mercredi qu’il demandait son extradition du Sénégal vers la République démocratique du Congo (RDC).

« J’attends la réaction de ces deux Etats », a déclaré à l’AFP cet ancien cadre de la police, Paul Mwilambwe, joint au téléphone à Dakar.

« Je veux que la République démocratique du Congo demande mon extradition parce que je vis caché au Sénégal depuis cinq ans et je n’ai toujours pas été jugé. Je veux simplement que la justice fasse son travail », avait-il déclaré dans un entretien à l’hebdomadaire Jeune Afrique publié le 2 juin.

Le corps du défenseur des droits humains, Floribert Chebeya, a été retrouvé le 2 juin 2010 dans sa voiture à la périphérie de Kinshasa.

La veille, il avait été convoqué dans les locaux de la police de Kinshasa pour y rencontrer son chef, le général John Numbi.

Son chauffeur, Fidèle Bazana, avait disparu ce même 1er juin au soir, après l’avoir accompagné au rendez-vous avec la police. Son corps n’a jamais été retrouvé, et la justice a conclu en première instance qu’il avait été assassiné, tout comme Floribert Chebeya.

A l’issue d’un procès, deux officiers ont été condamnés à mort. Trois autres, dont Paul Mwilambwe, qui étaient en fuite, ont été condamnés à mort par contumace.

Dans l’interview à Jeune Afrique, Paul Mwilambe promet de témoigner contre l’ex-chef de la police, le général John Numbi, promu inspecteur général de l’armée et contre l’ancien président Joseph Kabila.

Chebeya était la figure de l’ONG la Voix des sans voix. Lors d’un hommage mercredi à Kinshasa sur la tombe de Chebeya, la Voix des sans voix a demandé au nouveau président Félix Tshisekedi « la réouverture du procès de l’assassinat de Floribert Chebeya ».

Par Bbc.com