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Facebook «bloque» pour un mois le compte de Maduro

mars 27, 2021

Le réseau social reproche au président vénézuélien d’avoir «violé» sa politique contre la désinformation liée au Covid-19.

Facebook a annoncé samedi avoir «bloqué» pour 30 jours le compte du président vénézuélien Nicolas Maduro après les «violatons répétées» par ce dernier de la politique de l’entreprise américaine concernant la désinformation liée au Covid-19. «En raison de violations répétées de nos réglementations, nous avons bloqué la page pendant 30 jours pendant lesquels elle ne sera qu’en mode lecture», a indiqué un porte-parole à l’AFP.

Le compte de Maduro reste ouvert et visible mais il ne pourra plus faire de publications ou commentaires pendant un mois. «Nous avons retiré de la page de M. Maduro une vidéo» dans laquelle le président socialiste faisait l’éloge du médicament Carvativir, dont l’efficacité n’a pas encore été démontrée par des études médicales, précise Facebook.

Facebook avait déjà averti par le passé les administrateurs du compte de M. Maduro qu’il avait enfreint les règles. En février, M. Maduro avait d’ailleurs critiqué le réseau social, dénonçant la «censure» par Facebook d’une vidéo évoquant le Carvativir: «Ils (Facebook) disent que tant que l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) n’a pas validé, je ne peux pas parler du Carvativir. Qui dirige le Venezuela? Qui dirige le monde? Le propriétaire de Facebook?».

Par Le Figaro avec AFP

Facebook contraint par son conseil de surveillance de remettre en ligne une publication comparant Macron au diable

février 12, 2021

Le conseil estime que Facebook n’aurait pas dû modérer ce message pour incitation à la violence, et ce au nom de la liberté d’expression.

Une image extraite d’une série turque montrant un homme en armure, épée à la main, avec un texte en hindi disant : «si la langue du mécréant parle contre le prophète, alors l’épée doit être retirée du fourreau». En dessous, une série de hashtags appelant au boycott des produits français, et comparant le président Emmanuel Macron au diable. Ce message a été publié en octobre dans un groupe Facebook dédié aux musulmans indiens. La modération de Facebook a décidé de l’effacer, au motif que la publication appelait implicitement à la violence contre les non-musulmans. Son conseil de surveillance lui a donné tort, dans une décision publiée ce vendredi.

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Le conseil de surveillance de Facebook est une entité indépendante composée de 40 personnalités spécialistes de la liberté d’expression et des droits de l’homme. Cette structure a été voulue par le réseau social pour lui prodiguer des conseils sur sa modération, et pour trancher certains cas litigieux. Les internautes ayant vu une de leur publication être dépubliée par Facebook peuvent saisir le Conseil en dernier recours. Ce dernier sélectionne les dossiers les plus emblématiques et ses décisions doivent être appliquées par le réseau social sous sept jours.

Le conseil se penchera sur le cas Trump

Le conseil a commencé à rendre ses premières décisions fin janvier. Sur les sept dossiers étudiés, il n’a donné raison à Facebook qu’une seule fois.

Dans le cas de la publication indienne, «la majorité du conseil ne pense pas que le message allait causer du mal». «Si une minorité du conseil a interprété la publication comme une menace de violence en réponse au blasphème, la majorité a considéré que les références au président Macron et au boycott des produits français sont des appels à l’action qui ne sont pas nécessairement violents.»

Cette même majorité des membres du conseil «a considéré qu’au même motif que les individus ont le droit de critiquer les religions, les personnes religieuses ont le droit d’exprimer leur offense.» Facebook doit donc remettre en ligne le message incriminé. Le réseau social a répondu qu’il s’exécuterait sous sept jours.

Le conseil de surveillance a été mandaté par Facebook pour déterminer s’il doit ou non autoriser Donald Trump à publier à nouveau sur Facebook et Instagram. La décision est attendue pour fin mars.

Avec Le Figaro par Chloé Woitier

Le bénéfice net de Facebook double quasiment à 5,2 milliards de dollars au deuxième trimestre

juillet 30, 2020

 

Son chiffre d’affaires à progressé de 11% pour atteindre 18,7 milliards de dollars, un résultat supérieur aux attentes des analystes.

Pandémie ou pas, Facebook a vu son chiffre d’affaires progresser de 11% au deuxième trimestre, à 18,7 milliards de dollars, un résultat supérieur aux attentes des analystes.

Son bénéfice net a, lui, quasiment doublé à plus de 5 milliards de dollars, grâce à la comparaison avec celui publié en juillet 2019 quand le réseau social avait dû payer une amende record infligée par les autorités américaines. Facebook, qui fait l’objet de nombreuses critiques et enquêtes sur son modèle économique, a vu son titre bondir de 7% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse.

Par Le Figaro avec AFP

Hongkong: Facebook et WhatsApp ne répondront plus aux demandes d’information sur les utilisateurs

juillet 6, 2020

Le réseau social et son service de messagerie souhaitent entreprendre une évaluation plus approfondie de la loi sur la sécurité nationale.

Facebook et son service de messagerie WhatsApp ont annoncé lundi qu’ils ne répondraient plus aux demandes d’informations relatives à leurs utilisateurs émanant du gouvernement et des autorités de Hong Kong, dans un souci de faire respecter la liberté d’expression.

«Nous suspendons l’examen des demandes du gouvernement concernant les données des utilisateurs de Hong Kong en attendant une évaluation plus approfondie de la loi sur la sécurité nationale», a dit un porte-parole de Facebook. Cette évaluation permettra un «examen rigoureux et des consultations avec des experts internationaux des droits de l’Homme» sur la situation de l’île en la matière. «Nous pensons que la liberté d’expression est un droit humain fondamental et soutenons le droit des personnes à s’exprimer sans craindre pour leur sécurité et sans redouter d’autres répercussions», a expliqué cette source.

Le réseau social explique qu’il a une procédure mondiale pour répondre aux demandes des gouvernements. L’examen de chaque demande tient compte à la fois de la politique interne de Facebook, des lois locales ainsi que des normes internationales concernant les droits humains.

Le droit à une conversation privée en ligne

Le régime communiste de Pékin a imposé à Hong Kong un texte visant à réprimer la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères, en réponse au mouvement de contestation lancé l’an dernier contre le pouvoir central dans l’ancienne colonie britannique. Le texte est très controversé car il viole, selon ses détracteurs, le principe «Un pays – deux systèmes» censé garantir à l’ancienne colonie britannique des libertés inconnues ailleurs en Chine.

De son côté, WhatsApp souligne que «les gens ont le droit d’avoir une conversation privée en ligne». Il rappelle que son cryptage de bout en bout protège quotidiennement les messages de 2 milliards de personnes dans le monde. «La confidentialité n’a jamais été aussi importante que maintenant, et nous restons déterminés à fournir des services de messagerie privés et sécurisés à nos utilisateurs à Hong Kong», a ajouté un porte-parole.

Par Le Figaro avec AFP

Facebook refuse de supprimer les publications de Donald Trump

mai 30, 2020

Twitter avait signalé une publication du président américain pour «apologie de la violence».

Donald Trump, se sentant victime d’une censure politique, a engagé une bataille contre Twitter qui a supprimé l’une de ses publications concernant les émeutes dans le Minnesota. Contrairement au réseau social à l’oiseau bleu, Facebook a décidé de ne pas masquer les messages du président américain.

Dans une publication sur son réseau social, le fondateur Mark Zuckerberg a expliqué son choix : «Je sais que beaucoup de gens nous en veulent de ne pas avoir modéré les publications du président, mais nous pensons que nous devons permettre toute expression tant qu’elle n’implique pas de risque imminent.«

Il avait déjà défendu cette prise de position sur Fox News : «Nous avons une politique différente. J’ai simplement la conviction que Facebook ne devrait pas être l’arbitre de la vérité de ce que les gens disent sur Internet«. Ce qui lui a valu d’être pointé du doigt par de nombreux internautes, estimant qu’il prenait le parti de Donald Trump.

Twitter a signalé la publication de Donald Trump pour «apologie de la violence», bien que celle-ci reste toujours visible. Le président américain avait réagi aux affrontements à Minneapolis (Minnesota) «Quand les pillages démarrent, les tirs commencent. Merci !», a-t-il publié.

Un acte qui a poussé Donald Trump a signé un décret sur les réseaux sociaux afin de limiter la protection et la latitude dont ils bénéficient dans la modération de leurs contenus.

Par Le Figaro avec AFP

Canada: Facebook doit payer 9 millions $ pour indications trompeuses sur la confidentialité

mai 19, 2020
Facebook versera également une somme supplémentaire de 500 000 $ pour les coûts de l'enquête du Bureau.
© Amr Alfiky/Associated Press Facebook versera également une somme supplémentaire de 500 000 $ pour les coûts de l’enquête du Bureau.
Facebook devra payer neuf millions de dollars pour avoir donné des indications trompeuses sur la confidentialité aux Canadiens au sujet de la protection des renseignements personnels sur Facebook et Messenger, conclut le Bureau de la concurrence.

Dans un communiqué rendu public mardi, le Bureau explique que le réseau social versera également une somme supplémentaire de 500 000 $ pour les coûts de l’enquête.

Il s’agit d’un règlement enregistré aujourd’hui auprès du Tribunal de la concurrence, et dans le cadre duquel Facebook a accepté de ne pas donner d’indications fausses ou trompeuses à propos de la divulgation de renseignements personnels, précise le Bureau.

Cette décision intervient après une enquête qui a porté entre autres sur les pratiques de Facebook entre août 2012 et juin 2018.

Le Bureau de la concurrence reproche à Facebook d’avoir laissé croire aux utilisateurs qu’ils pouvaient limiter l’accès à leurs renseignements personnels et leur consultation à l’aide de fonctionnalités de protection des renseignements personnels, comme la page générale des « Paramètres de confidentialité », la page « À propos » et le menu de sélection d’audience des publications.

Avec CBC/Radio-Canada et Msn

Des données de 267 millions de comptes Facebook vendues pour 770 $

avril 21, 2020
Facebook est la cible de plusieurs critiques en raison de sa gestion des données personnelles de ses utilisateurs et utilisatrices.
© Dado Ruvic/Reuters Facebook est la cible de plusieurs critiques en raison de sa gestion des données personnelles de ses utilisateurs et utilisatrices.
Une collection de noms, d’adresses courriel, de dates de naissance et de numéros de téléphone de 267 millions d’utilisateurs et utilisatrices de Facebook est offerte pour 770 $ sur le web caché (dark web), rapporte la firme de cybersécurité Cyble.

Aucun mot de passe ne figure dans la base de données. Cyble estime par contre que, vue leur nature sensible, les données pourraient être utilisées par des cybercriminels pour des campagnes d’hameçonnage ou de courriels indésirables.

Si le nombre de 267 millions de comptes vous dit quelque chose, c’est qu’il s’agirait des mêmes comptes qui ont fait l’objet d’une fuite de données rapportée en décembre 2019. À l’époque, Facebook disait penser qu’il s’agissait d’informations obtenues avant les changements effectués ces dernières années pour mieux protéger les données des personnes.

La fuite touchait surtout les internautes américains. Les données auraient été récupérées par des pirates vietnamiens grâce à un système de robots automatisés qui copient toutes les données auxquelles ils parviennent à accéder, selon le chercheur Bob Diachenko, qui a fait la lumière sur la fuite.

Cyble recommande de resserrer les paramètres de sécurité de votre compte Facebook afin qu’un maximum d’informations soit privé. La firme conseille aussi de changer son mot de passe par mesure de précaution.

Il est possible de savoir si son compte fait partie de la fuite à l’aide de l’outil « Am I Breached? » de Cyble. Semblable à la célèbre archive de données volées Have I Been Pwned, ce site permet de vérifier si son adresse courriel figure dans des fuites de données.

Avec CBC/Radio-Canada

Données personnelles : Facebook et Google sont une « menace » pour les droits humains, dénonce Amnesty International

novembre 21, 2019
Mark Zuckerberg à New York, le 25 octobre 2019.

© Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP Mark Zuckerberg à New York, le 25 octobre 2019.

VIE PRIVEE – « L’extraction des données » est « incompatible » avec la notion de vie privée, explique l’ONG

Le réseau social Facebook et le géant Google épinglés par Amnesty International. L’ONG a vivement critiqué ce mercredi dans un rapport le modèle économique « fondé sur la surveillance » des géants du net, le qualifiant de « menace systémique pour les droits humains ».

Leurs services en ligne gratuits sont devenus indispensables à des milliards de personnes. Mais les données personnelles collectées par ce biais sont utilisées pour des publicités ciblées, menaçant ainsi les libertés d’opinion et d’expression. « Leur contrôle insidieux de nos vies numériques sape le fondement même de la vie privée et c’est l’un des défis majeurs de notre époque en termes de droits humains », a déclaré Kumi Naidoo, secrétaire général d’Amnesty, cité dans un communiqué.

« Incompatible » avec la vie privée

« Google et Facebook ont progressivement rogné le respect de notre vie privée. Aujourd’hui nous sommes piégés. Soit nous nous soumettons à cette vaste machine de surveillance – où nos données sont facilement utilisées pour nous manipuler et nous influencer – soit nous renonçons aux avantages du monde numérique », a-t-il ajouté.

« L’extraction et l’analyse des données personnelles, dans des proportions aussi gigantesques, sont incompatibles avec les différentes facettes du droit à la vie privée, notamment la liberté de ne pas subir d’intrusion dans nos vies privées, le droit de contrôler les informations nous concernant et le droit à un espace nous permettant d’exprimer librement nos identités », écrit Amnesty.

Une « arme puissante » entre de « mauvaises mains »

Selon l’ONG, « la vaste architecture publicitaire de Google et Facebook est une arme puissante entre de mauvaises mains », car « elle peut être détournée à des fins politiques » et « laisse le champ libre à toutes sortes de nouvelles stratégies publicitaires aux relents d’exploitation, comme le fait de s’en prendre à des personnes vulnérables qui luttent contre la maladie, les troubles mentaux ou l’addiction ». L’ONG appelle donc les gouvernements à « agir de toute urgence », en faisant notamment « appliquer des lois solides sur la protection des données et en réglementant efficacement les activités des géants de la technologie ».

Facebook s’est défendu contre ce qu’il a qualifié d’inexactitudes dans le rapport. « Le modèle économique de Facebook n’est pas, comme le suggère votre synthèse, axé sur la collecte de données des personnes », a dit le groupe en réponse à un résumé du rapport d’Amnesty. « Comme vous le relevez de manière correcte, nous ne vendons pas des données, nous vendons des publicités ».

Mark Zuckerberg en appelle aux gouvernants

Le patron et cofondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a appelé les gouvernements à davantage de régulation sur la gestion des données personnelles, au lieu de laisser des compagnies privées prendre des décisions cruciales concernant par exemple les limites de la liberté d’expression.

En septembre, le géant des réseaux sociaux a dit avoir suspendu « des dizaines de milliers » d’applications posant potentiellement un risque en termes de respect de la vie privée de ses utilisateurs. Cette mesure avait été prise à la suite d’une enquête en réponse au scandale dit de Cambridge Analytica. En 2018, un lanceur d’alerte avait révélé que cette entreprise britannique avait mené des campagnes de manipulation massives, via des applications tierces sur Facebook, pour influencer les électeurs américains et britanniques. Google n’a de son côté pas répondu à des sollicitations sur le sujet.

20 Minutes avec AFP

Pourquoi déteste-t-on Mark Zuckerberg?

octobre 25, 2019

 

QUESTIONS NETTES – Le PDG de Facebook fait régulièrement l’objet d’attaques très médiatisées, bien davantage que d’autres dirigeants de la Silicon Valley. Pourquoi tant de haine?

Facebook CEO Mark Zuckerberg Testifies Before The House Financial Services Committee

Mark Zuckerberg au Congrès américain, jeudi soir CHIP SOMODEVILLA/AFP

Le Congrès américain voulait-il des réponses de la part de Mark Zuckerberg, ou voulait-il le faire craquer devant les caméras? Mercredi, le PDG de Facebook a été auditionné, pour la deuxième fois de sa carrière, par des représentants américains. Officiellement, le sujet était de débattre des limites et dangers du libra, le projet de monnaie virtuelle porté par son entreprise. Mais, dans les faits, la session, longue de presque six heures, s’est transformée en un pugilat médiatique. Les hommes et les femmes politiques présents se sont fait un malin plaisir de confronter Mark Zuckerberg à toutes ses erreurs. Les médias ont célébré ceux et celles qui sont parvenus à «marcher» sur le PDG de Facebook, à l’«allumer» ou à l’«étriper». Sur les réseaux sociaux, les meilleurs moments de l’audition ont été découpés en de courtes vidéos, partagés en masse par des internautes ravis de voir Mark Zuckerberg ainsi attaqué. Mais, finalement, pas tant acculé que cela. Le PDG de Facebook est resté impassible, et même confiant, durant toute l’audition, évacuant les questions les plus gênantes par son sempiternel «mon équipe reviendra vers vous», une astuce déjà largement utilisée lors de sa première audition devant le Congrès, en 2018. Et il a, au final, assez peu parlé du libra.

Pourquoi aimons-nous tant détester Mark Zuckerberg? Parmi ses confrères PDG et fondateurs de la Silicon Valley – tels Tim Cook (Apple), Sundar Pichai (Google) ou Jeff Bezos (Amazon) -, il est celui qui attire le plus la vindicte populaire, médiatique, et l’obsession tout court, positive comme négative. D’un côté, des internautes s’extasient devant l’entrepreneur brillant, lui consacrent des dessins et des poèmes, suivent religieusement tous ses posts en ligne. De l’autre, c’est Mark Zuckerberg qui, en 2018, a fait la une du magazine Wired , le visage modifié pour lui donner un œil au beurre noir et des hématomes, comme si on l’avait frappé. Lui que l’on compare à un robot, à un alien, dont on se moque parce qu’il a du mal à boire à la bouteille et parce que sa coupe de cheveux est ridicule. Lui que l’on accuse, personnellement, de censurer nos propos, de nous espionner, de revendre nos données, de détruire nos démocraties.

Le pouvoir d’un chef d’État

La colère est en partie justifiée. Mark Zuckerberg a bâti un modèle économique fondé sur notre dépendance à ses services. Ce système est à l’origine des incroyables performances financières de son entreprise. Il a aussi permis à des milliards de personnes dans le monde de communiquer et d’échanger comme elles ne l’avaient jamais fait jusqu’alors. Dans certains pays, Facebook et ses applications sont les principales, voire les uniques, portes d’entrée vers Internet, donnant accès à des services indispensables au quotidien.

Parallèlement, c’est ce même modèle qui a facilité l’exploitation de notre intimité à des fins frauduleuses, pour nous vendre des produits ou, plus grave, nous manipuler avant une élection. Des affaires récentes, à commencer par celle de Cambridge Analytica, ont réveillé le grand public quant aux dangers potentiels de cette économie en ligne dont nous faisons tous partis, mais que nous connaissons finalement très mal. Facebook est loin d’être le secteur acteur en cause. Des entreprises très connues (Google, Amazon, etc.) comme bien plus discrètes (en témoigne la très puissante, mais presque invisible, économie des data brokers) participent toutes à ce système avec leurs propres activités. Pourtant, c’est bien Mark Zuckerberg qui semble incarner à lui seul tous les péchés des géants du numérique. «Il s’agit d’un véritable moment culturel pour nous, non pas en tant que politiciens, mais en tant qu’Américains, commentait jeudi le représentant Républicain Patrick McHenry, en préambule de l’audition de MarK Zuckerberg. Il s’agit de cette angoisse de devoir consulter notre smartphone tout le temps, toute la journée (…) Il y a beaucoup de colère, et elle se retourne contre les architectes de ce système. Voilà pourquoi vous êtes là, M. Zuckerberg. Vous êtes l’un des titans de ce que l’on appelle l’ère numérique.»

Mark Zuckerberg a bien conscience de son rôle à part. Il ne cherche pas à se cacher ou à se mettre en retrait de la vie publique, comme ont pu le faire avant lui Bill Gates, Larry Page ou Sergey Brin, respectivement fondateur de Microsoft et de Google. Lorsqu‘Elizabeth Warren, candidate à l’élection présidentielle américaine, appelle au démantèlement des géants du numérique, elle vise donc le très médiatique PDG de Facebook. Et Mark Zuckerberg répond ensuite, dans un discours public, qu’il «comprend les inquiétudes sur le pouvoir centralisé des plateformes en ligne», devenant le porte-parole et le défenseur de la vaste et complexe industrie du numérique. Parlant aussi comme un homme d’État, capable d’imposer sa vision de la liberté d’expression, comme de se poser en rempart contre Pékin, sa censure et la puissance des entreprises chinoises dans le monde. En 2017, il y a quelques éternités, on prêtait à Mark Zuckerberg l’envie de devenir président des États-Unis. Force est de constater qu’il n’a pas besoin de la fonction pour profiter d’un immense pouvoir.

Problème d’image excepté, les attaques médiatiques contre Mark Zuckerberg sont, pour l’instant, des problèmes mineurs pour son entreprise. Facebook se porte mieux que jamais. Ses revenus augmentent, ses profits aussi, et le réseau social, né il y a quinze ans, continue à recruter des nouveaux utilisateurs chaque trimestre. Rien qu’en 2019, la société a dévoilé le projet libra, a lancé une application de rencontres amoureuses, a présenté des nouveaux modèles de Portal, son écran connecté pour la maison. Dans le même temps, les appels au démantèlement, les projets de lois et les enquêtes se multiplient aux États-Unis. Voilà le vrai danger pour les grandes plateformes en ligne, qui lutteront âprement, comme elles l’ont déjà fait en Europe, contre toutes tentatives de limiter leurs activités. En attendant, Mark Zuckerberg peut bien se payer le luxe d’être l’objet de vidéos railleuses sur les réseaux sociaux. On peut se réjouir de la colère des politiciens. On peut aussi craindre leur impuissance.

Le Figaro.fr par Lucie Ronfaut