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A Tunis, retour en fanfare sur la scène politique de l’ex-Premier ministre

juin 16, 2012
A Tunis, retour en fanfare sur la scène politique de l'ex-Premier ministre A Tunis, retour en fanfare sur la scène politique de l’ex-Premier ministre © AFP

A 80 ans révolus, Béji Caïd Essebsi sait s’y prendre pour faire vibrer une salle. L’ex-Premier ministre tunisien a endossé samedi le costume de sauveur face à une foule d’entrepreneurs, libéraux ou intellectuels effrayés par l’instabilité économique et sécuritaire du pays.

Plusieurs milliers de personnes –4 à 5000 selon des organisateurs– ont répondu à « L’appel de Tunisie », nom du futur parti (une demande d’autorisation officielle a été déposée le 14 juin) lancé par celui qui a dirigé le pays après la révolution jusqu’aux élections d’octobre 2011.

Sur fond d’immense drapeau national, Caïd Essebsi, fringant et très en verve, fait rire ou frissonner le public qui se tasse dans la salle du Palais des Congrès de Tunis. Il ironise sur son âge avancé, déclenchant l’hilarité. Il convoque la grandeur de la Tunisie et son héritage moderniste, entraînant une standing ovation. La salle entonne l’hymne national, certains pleurent.

« Il est urgent d’éteindre l’incendie. Ce pays a connu des événements terrifiants, il faut le remettre sur les rails. On ne peut pas se permettre le luxe de continuer comme ça », lance l’ancien Premier ministre.

L’appel résonne dans une foule marquée par la flambée de violences qui a secoué le pays en début de semaine, déclenchée entre autres par des salafistes qui protestaient contre une exposition d’art jugée offensante pour l’islam.

« Je le dis une bonne fois pour toutes: le peuple tunisien est un peuple musulman et nul n’a le droit de s’arroger en son nom le droit de dire ce qui constitue une atteinte au sacré », martèle Caïd Essebsi.

Devant l’écran qui retransmet le discours dans le hall du Palais, Nourredine Fersi, un ingénieur en génie civil, hoche la tête: « je vous le dis, ce qu’on vit aujourd’hui, c’est le fascisme, la dictature religieuse. Notre dernier espoir, c’est ce monsieur ». « Nous sommes une société centriste », répète l’ingénieur.

Le retour de Caïd Essebsi sur la scène politique, annoncé depuis des semaines, intervient dans un contexte politique délétère, le gouvernement étant critiqué pour son incapacité à faire face aux défis économique et sécuritaire, tandis que l’opposition de gauche demeure très divisée par des querelles de chapelles.

« C’est un grand monsieur, un leader charismatique, qui peut rassembler un pays à bout », opine Ines Boubjel, une chef d’entreprise. « C’est notre dernier espoir, last exit before death (dernière issue avant la mort) », renchérit son amie Bochra Ben Mahmoud, une élégante femme au foyer.

« Ici, c’est la classe moyenne, des patrons, des hommes d’affaires, des gens issus du milieu associatif et militant », décrypte une fonctionnaire proche de l’ex-Premier ministre. « Si on voulait alimenter les caisses de ce nouveau parti en gestation, on n’aurait pas de difficultés », sourit-elle.

Réputé pour être un libéral, M. Caïd Essebsi, avocat de formation, a été un compagnon de route de Habib Bourguiba, le premier président de la Tunisie indépendante. Sans s’être compromis avec le régime de Ben Ali, il est néanmoins accusé par ses détracteurs d’être soutenu par de nombreux ex-RCDistes (le parti dissous du président déchu).

« On ne peut exclure les citoyens capables de servir leur pays », répète l’ancien Premier ministre, en référence aux héritiers honnis du parti-Etat sous Bourguiba et Ben Ali.

A l’extérieur du Palais des Congrès, quelques dizaines de manifestants crient: « RCD dégage! » avant d’être brutalement dispersés par la police. Selon une source associative, quatre d’entre eux ont reçu des soins à l’hôpital.

Jeuneafrique.com avec AFP

Egypte: la pression s’accentue sur le candidat salafiste à la présidentielle

avril 7, 2012

La commission électorale égyptienne a annoncé samedi avoir été  informée par le ministère des Affaires étrangères que la mère du candidat  salafiste à la présidentielle, Hazem Abou Ismaïl, avait bien un passeport  américain, ce qui va probablement l’exclure de la course.

La loi électorale stipule en effet que tout candidat à la magistrature  suprême doit être uniquement égyptien, de même que ses parents et son épouse.

Selon le ministère égyptien des Affaires étrangères, « Nawal Abdel Aziz Nour a  obtenu la nationalité américaine le 25 octobre 2006 », a indiqué la commission  dans un communiqué.

Le ministère a joint à sa lettre la copie de la demande de naturalisation de  la mère du candidat, aujourd’hui décédée.

La commission avait déjà indiqué jeudi avoir été informée par le service de  l’immigration que la mère de Hazem Abou Ismaïl avait utilisé un passeport  américain dans ses déplacements de et vers l’Egypte avant son décès.

La nouvelle avait provoqué la colère des partisans du salafiste, qui ont  dénoncé une « manipulation » et sont descendus vendredi par milliers dans la rue  pour exiger que leur candidat reste dans la course.

Le dépôt des candidatures à l’élection présidentielle, dont le premier tour  est prévu les 23 et 24 mai, s’achève dimanche.

La commission doit examiner les candidatures les 12 et 13 avril.  Les  candidats rejetés auront 48 heures pour contester la décision et la liste  définitive doit être publiée le 26 avril.

M.  Abou Ismaïl avait déposé sa candidature en fanfare le 30 mars, avec les  30. 000 parrainages d’électeurs nécessaires et flanqué de dizaines de véhicules.

Les salafistes, nouveaux venus sur la scène politique égyptienne, ont fait  une percée surprise aux législatives en remportant un quart des sièges.  Ces  fondamentalistes s’attachent à la lettre des textes religieux et veulent  l’application de la charia (loi islamique) au quotidien.

Jeuneafrique.com avec AFP