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RDC/Déchéance de Mabunda : le FCC peine à cacher son mal

décembre 12, 2020

La tête du coordonnateur Néhémie Mwilanya réclamée.

Joseph Kabila, l’autorité morale du FCC/DR

Beaucoup de sociétaires du Front commun pour le Congo (FCC), la déchéance de Jeanine Mabunda du perchoir de l’Assemblée nationale ainsi que d’autres déboires que connaît cette plate-forme politique sont imputables à son coordonnateur Néhémie Mwilanya.

L’ancien directeur de cabinet de l’ex-président de la République, Joseph Kabila, est accusé d’avoir manqué des stratégies pour empêcher la déchéance de la présidente de l’Assemblée nationale alors que la majorité parlementaire serait tenue par ce regroupement politique. Ce qui conduit certains membres de cette plate-forme politique à réclamer sa tête, en recommandant sa démission de la coordination de la plate-forme politique alignée derrière Joseph Kabila. « C’est inconcevable que nous ayons une majorité parlementaire tant vantée et que tous nos membres au bureau soient débarqués. En tant que député national et coordonnateur de notre plateforme politique, le FCC, le camarade Néhémie Mwilanya devra tirer toutes les conséquences de cette déconfiture. Et la moindre des choses pour lui à faire, c’est de démissionner », a lâché un haut cadre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie.

Parmi les griefs portés à charge à l’ex-directeur de cabinet de Joseph Kabila, l’autorité morale du FCC, il y a l’ambition d’être dans ce fauteuil du président de l’Assemblée nationale. Pour ses accusateurs, en d’autres termes Néhémie Mwilanya combattrait Jeanine Mabunda en sourdine. Réagissant à ces accusations, un autre sociétaire de ce regroupement politique mais proche du coordonnateur mis en cause, qui a daigné, sous l’anonymat, se livrer à  cet exercice dangereux avec la presse, justifie la situation générale que traverse le FCC par un défaut de mise à disposition des moyens conséquents. « Comment voulez-vous qu’il entreprenne des actions de grande envergure alors que le FCC n’a pas mis à sa disposition des moyens financiers et logistiques conséquents pour pallier toute éventualité ? » s’est-il demandé. Si, a-t-il poursuivi, Mme Mabunda avait été, comme on l’accuse, asociale vis-à-vis des députés qui lui reprochent d’avoir malmené financièrement les députés, même de sa famille politique, où est la responsabilité de Néhémie Mwilanya là-dedans ?

Mais ce cadre du FCC reconnaît également que le casting, mieux le choix de l’autorité morale de leur plate-forme politique sur le candidat président de l’Assemblée nationale a été une imposition et une surprise pour la majorité des sociétaires qu’ils l’auraient accepté malgré eux. « Ce fut le cas aussi à la présidentielle de décembre 2018 avec le choix d’Emmanuel Ramazani Shadary », a-t-il fait savoir.

Si ce proche de Néhémie Mwilanya estime que le FCC n’a pas encore tout perdu mais, en exhortant au règne de la démocratie au sein de la plateforme politique, cet optimisme est partagé par certains autres hauts cadres du regroupement. C’est le cas de Barnabé Kikaya Bin Karubi, qui dit accepté avec sportivité cette défaite à l’Assemblée nationale. « Nous acceptons notre défaite. Et on réfléchit sur les moyens de rebondir », a-t-il dit à 7/7.cd. Ce qui est arrivé, a-t-il fait savoir, est un fait de la vie. Pour Barnabé Kikaya Bin Karubi et d’autres sociétaires de ce regroupement populaire ainsi que des analystes, le FCC doit considérablement apprendre de ses erreurs.

Ainsi sonnent les glas

En attendant que le FCC cherche à se réveiller de ces coups reçus ces derniers temps dont les nominations des juges à la Cour constitutionnelle ainsi que dans l’armée, les consultations initiées par Félix Tshisekedi dont les conclusions ont conduit à la « fin » de la coalition de gouvernance du pays avec le Cap pour le changement ainsi que la dégringolade de Jeanine Mabunda et des autres membres du bureau de l’Assemblée nationale, l’opinion note que d’autres surprises sont à venir. En plus du basculement de la majorité à la chambre basse du Parlement et la constitution de l’Union sacrée pour la nation, qui lamine le FCC, des sources pointent également le Sénat comme la prochaine étape visée par l’équipe de Félix-Antoine Tshisekedi pour creuser davantage le fossé entre ces deux coalisés d’hier et donner ainsi l’avantage au camp Tshisekedi, qui tend à être le seul maître à bord.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

[Tribune] RDC : le pari de Félix Tshisekedi

décembre 10, 2020
Le Palais du peuple, où siège le Parlement, à Kinshasa, en décembre 2012.

Félix Tshisekedi a pris un risque calculé avant de s’engager dans un bras de fer ouvert avec son prédécesseur, Joseph Kabila. Une stratégie inspirée de la « tactique bayésienne » qui consiste à soupeser les risques et les gains potentiels de chacun des scénarios.

En RDC, l’annonce de la fin de la coalition qui unissait Cap pour le changement (Cach) et le Front commun pour le Congo (FCC) est venue rebattre les cartes du jeu politique, alimentant les tensions qui se sont exprimées de manière spectaculaire jusque dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. L’incertitude qui prévaut ces jours-ci à Kinshasa est donc réelle. Pour autant, Félix Tshisekedi a pris un risque calculé avant de s’engager dans un bras de fer ouvert avec son prédécesseur, Joseph Kabila. Une stratégie qui n’est pas sans rappeler la « tactique bayésienne » si familière aux mathématiciens… et aux politologues avertis.

Codifiée au 18e siècle par le mathématicien anglais Thomas Bayes, la « tactique bayésienne » est utilisée en politique pour décrire une situation dans laquelle un acteur, qui dispose d’informations incomplètes, ou ne sait pas ce que son adversaire s’apprête à faire, a recours la probabilité pour déceler ses manigances. C’est peu ou prou ce qu’ont fait les États-Unis lors de la crise nucléaire qui les opposait à la Corée du Nord dans les années 1990.

Mais revenons au Congo : Félix Tshisekedi a choisi de divorcer et de tourner le dos au FCC de Joseph Kabila, espérant créer une « union sacrée » autour de lui (autrement dit, une nouvelle majorité), et un « informateur » doit l’aider dans cette tâche. Le FCC, lui, a pris acte de la rupture et puisque c’est lui qui, pour l’instant en tout cas, détient la majorité au Parlement, il s’est dit prêt pour une cohabitation.

La partie est loin d’être gagnée

Mais les inconnues sont nombreuses : on ne sait pas combien de députés étiquetés FCC pourraient lâcher Kabila pour rejoindre Tshisekedi. On ne sait pas non plus quel sera le degré de résistance qu’opposera le camp de l’ancien président.

Dans la « tactique bayésienne », l’absence de certitude sur les stratégies de son adversaire impose à l’acteur politique de faire appel à la « nature » et à avoir recours à la probabilité : qu’arriverait-il si la « nature » mettait Tshisekedi face à un FCC « combatif », dont les députés – loyaux – refuseraient de passer à l’ennemi ? Et dans le cas inverse, que se passerait-il si la « nature » offrait à Tshisekedi un FCC « capitulard », dont les membres seraient finalement libres de rejoindre « l’union sacrée » ?

LE FCC NE SE LAISSERA PAS ÉCARTER SANS COMBATTRE

Le second scénario serait évidemment favorable au chef de l’État, et d’ailleurs le pari n’est pas complètement fou puisque certains cadres du FCC, qui avaient pris part aux consultations menées par Tshisekedi ces dernières semaines, ont déjà dit vouloir adhérer à son projet. Mais la partie est loin d’être gagnée. En attestent le fait que le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, a refusé de démissionner en dépit du fait que le chef de l’État lui en a fait la demande, et les récents affrontements entre députés pro-Tshisekedi et pro-Kabila au palais du peuple.

Autrement dit, le FCC ne se laissera pas écarter sans combattre. Mais le chef de l’État s’y attendait puisque dans l’allocution qu’il a prononcée, le 6 décembre, il a menacé de dissoudre l’Assemblée nationale et de convoquer de nouvelles élections législatives s’il n’obtenait pas une nouvelle majorité. Cette éventualité pose bien sûr question : si élections anticipées il devait y avoir, qui les organiserait ? La même commission électorale qu’en 2018, qui fût à l’époque accusée d’avoir permis des fraudes ? La réponse est oui.

À Kinshasa, un coup de théâtre n’est jamais à exclure

Et là encore, les probabilités pourraient jouer en faveur du chef de l’État. Car même en cas de dissolution de l’Assemblée, il est peu probable que le FCC fasse un aussi bon score qu’en décembre 2018 (il avait à l’époque obtenu plus des deux tiers des députés) tant les dissensions en son sein sont nombreuses.

Pour l’instant donc, et parce qu’il a soupesé les risques et les gains potentiels de chacun des scénarios, comme cela se fait lorsque l’on a recours à la « tactique bayésienne », Félix Tshisekedi semble donc avoir la main. Mais saura-t-il pousser son avantage et marquer un point décisif ? À Kinshasa, un coup de théâtre n’est jamais à exclure.

Avec Jeune Afrique par  Roger-Claude Liwanga

Chercheur à l’université Harvard, professeur de droit et de négociations internationales à l’université Emory

RDC – Bataille rangée à l’Assemblée : comment les tensions entre pro-Tshisekedi et pro-Kabila ont dégénéré

décembre 9, 2020
Un blessé lors des affrontements entre députés pro-Kabila et pro-Tshisekedi au Parlement congolais, à Kinshasa, le 8 décembre 2020.

Les tensions entre les partisans de Félix Tshisekedi et de Joseph Kabila ont atteint un niveau inédit, avec des affrontements jusque dans l’enceinte du Parlement. Récit de ces folles journées qui ont suivi l’annonce de la rupture de la coalition.

Les images, surréalistes, ont fait le tour de la toile. Une véritable bataille rangée entre des députés pro-Kabila d’un côté et pro-Tshisekedi de l’autre. Des chaises volent, certains élus brandissent des barreaux de ces chaises qu’ils viennent de fracasser pour frapper leurs collègues députés. Un homme, le visage en sang, est évacué à bout de bras tandis que la rixe fait rage. Ce mardi, le hall d’entrée du Palais du peuple a été le théâtre d’un bien triste spectacle.

La veille, déjà, les députés en étaient venus aux mains dans l’enceinte même de l’hémicycle. Des élus de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) se sont rués sur l’estrade, renversant les bureaux où siègent habituellement la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, et ses vice-présidents.

Guerre ouverte

Depuis que Félix Tshisekedi a annoncé, le 6 décembre, la fin du mariage de raison qui le liait à Joseph Kabila depuis son arrivée au pouvoir, les tensions déjà vives entre les membres du Front commun pour le Congo (FFC, de l’ancien président congolais) et de Cap pour le changement (Cach, la coalition présidentielle à laquelle appartient l’UDPS) ont tourné à la guerre ouverte.

Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est le dépôt, samedi, d’une pétition demandant la destitution de Jeanine Mabunda et plus généralement des membres de l’actuel bureau de l’Assemblée. Plus de 250 députés nationaux ont apposé leur nom au bas de ce texte, lancé à l’initiative de l’UDPS. Sur ce total, une centaine d’élus sont issus de partis membres du FCC…

Dans le camp de l’ancien président congolais, on affirme que beaucoup de ces signatures ont été obtenues par la corruption. « Nous avons des preuves audio, vidéo et écrites que 7 000 dollars ont été distribués à chaque député en échange des signatures », a notamment affirmé Didier Manara, président du groupe parlementaire du Parti pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, de Joseph Kabila), sans pour autant produire lesdites preuves.

Jeanine Mabunda avait malgré tout décidé de convoquer une séance plénière, pour ce lundi. Mais les pétitionnaires, opposés à cette démarche, ont tout fait pour que celle-ci ne se tienne pas, brandissant l’article 31 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, qui stipule que « lorsque le président de l’Assemblée nationale est mis en cause » les députés ne peuvent être convoqués que par le « bureau d’âge », constitué du doyen de l’Assemblée et des deux députés les plus jeunes. Et c’est Jean-Marc Kabund-a-Kabund, président intérimaire de l’UDPS, qui a lui-même été destitué de ses fonctions de premier vice-président de l’Assemblée en mai dernier après qu’une pétition a été lancée contre lui, qui a pris la tête des « frondeurs ».

Ce lundi, tandis que des manifestants se rassemblent à l’extérieur du Palais du peuple, le ton monte à l’intérieur : les députés font le coup de poing, grimpent sur l’estrade, bousculent les assesseurs et renversent le mobilier.

Dans la soirée, Jeanine Mabunda fait publier un premier communiqué par le bureau qu’elle préside. Elle y annonce la suspension de toutes les activités parlementaires jusqu’à nouvel ordre.

Deux plénières convoquées

Mais c’était sans compter sur la détermination des pétitionnaires, qui ont obtenu du secrétaire général de l’Assemblée nationale – dont le camp Mabunda affirme qu’il a été « enlevé » – qu’il convoque une plénière pour le mardi 8 décembre, à 11h. Un seul point à l’ordre du jour : installation du fameux « bureau d’âge » et l’examen donc des pétitions visant le bureau de Jeanine Mabunda.

Mise devant le fait accompli, cette dernière décide alors de revenir sur sa décision de suspendre l’activité parlementaire et de convoquer à son tour une plénière pour le jour même, mais une heure plus tôt, à 10h.

Comme l’on pouvait s’y attendre, la confrontation entre les deux camps, chacun voulant tenir « sa » plénière, a immédiatement tourné à la foire d’empoigne. Les affrontements entre députés, auxquels leurs gardes du corps ont parfois prêté main forte, ont duré plusieurs heures.

À l’extérieur du bâtiment, Jean-Marc Kabund s’en prend verbalement à des policiers. « Présentement, là, dans le bureau de Mabunda, il y a des sacs de machettes ! » lance-t-il au commissaire général de la police nationale congolaise, Dieudonné Amuli, l’accusant de prendre le parti des pro-Kabila et de « tirer sur les Combattants » – en référence aux militants UDPS massés devant les grilles de l’Assemblée.

Jeanine Mabunda sera finalement exfiltrée de l’Assemblée. « Nous déplorons plusieurs blessés et une hôtesse du bureau de Jeanine Mabunda a été sexuellement abusée », accuse l’un de ses proches.

Le FCC appelle à la « mobilisation générale »

Les députés pétitionnaires ont, eux, fini par se réunir. Ils étaient, à les en croire, « 279 députés au total ». Le « bureau d’âge » a été installé et une date a été fixée pour l’examen et le vote des pétitions visant Mabunda et ses vice-présidents : le jeudi 10 décembre.

« Ce qui s’est passé est un coup d’État constitutionnel ! », déplore Lambert Mende, l’un des caciques du FCC. Le front pro-Kabila a cependant prévu de participer à cette fameuse séance. « La mobilisation est générale », affirme Mende à Jeune Afrique.

Le vote de ce jeudi sera crucial dans la crise institutionnelle qui vient de s’ouvrir. Il dira si Félix Tshisekedi peut compter ou non sur une nouvelle majorité au sein de l’Assemblée nationale. Dans son discours de dimanche, le chef de l’État avait laissé entendre que si cette nouvelle majorité en sa faveur était introuvable, une dissolution de l’Assemblée nationale serait envisagée.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

RDC – Donatien N’shole (Cenco) : « L’alternance de 2018 ne donne pas les résultats escomptés »

novembre 14, 2020
L'abbé Donatien N'shole, secrétaire général de la Cenco, en janvier 2019 à Kinshasa.

La Conférence épiscopale nationale du Congo tente de jouer les médiateurs entre Tshisekedi et Kabila. Son secrétaire général, l’abbé Donatien N’shole, insiste : les consultations en cours doivent permettre de « changer les choses » en profondeur.

Lundi 9 novembre, au Palais de la Nation. Face à une forêt de micros, entouré des évêques congolais, le cardinal Fridolin Ambongo se fait solennel. Si la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a accepté de participer aux discussions que Félix Tshisekedi a lancées pour tenter de constituer cette « union sacrée » qu’il appelle de ses voeux, c’est parce que « le peuple attend beaucoup de ces consultations ».

« La situation actuelle a démontré ses limites. Le peuple n’est plus au coeur des soucis de ceux qui nous gouvernent. Il faut que quelque chose change », martèle l’archevêque de Kinshasa.

Quelques jours plus tard, une délégation de la Cenco, conduite par son président, Mgr Marcel Utembi, l’archevêque de Kisangani, a rencontré Joseph Kabila, qui a demandé aux cadres du Front commun pour le Congo (FCC) de ne pas participer de manière individuelle aux consultations. Objectif de cette rencontre :  « Lui donner des conseils, en ce moment, et aussi l’écouter afin de continuer à réfléchir », a déclaré à l’issue de l’entretien l’abbé Donatien N’shole, secrétaire général de la Cenco.

La Cenco a également rencontré Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle qui a refusé de participer aux consultations, ainsi que le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, membre du FCC de Kabila.

L’abbé Donatien N’shole, qui a reçu Jeune Afrique au au siège de la Cenco, à Kinshasa, insiste sur le fait que la démarche des évêques congolais n’entre pas en concurrence avec les consultations menées par le chef de l’État, mais vise à favoriser l’émergence d’une « solution politique appropriée ». Et pour Donatien N’shole, l’une des principales urgences est de procéder à des réformes électorales consensuelles car « la mauvaise gestion des élections de 2018 est la principale raison de la crise actuelle ».

Jeune Afrique : En quelques jours, les évêques ont rencontré le président Félix Tshisekedi, son prédécesseur Joseph Kabila, l’opposant Martin Fayulu et le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Quel a été le message porté ?

Donatien N’shole : La crise est profonde et les évêques ont voulu dire leur regret face au fait que, malgré leurs multiples interpellations sur les querelles intestines qui déchirent la coalition FCC-Cach [Cap pour le changement], la situation ne fait qu’empirer.

Les Congolais souffrent énormément et il n’y a pas d’avancées sur les réformes attendues. Nous sommes arrivés à la conclusion que, dans la dynamique actuelle, on ne peut pas espérer reconstruire le pays. Il faut donc une solution politique appropriée.À LIRE RDC – Matthieu Kalele : « Nous avons assisté à une régression sociale qui est allée en s’amplifiant »

Que préconisez-vous ?

Nous n’avons pas de recettes politiques à donner.

Votre initiative ne risque-t-elle pas de perturber les consultations lancées par Félix Tshisekedi ?

Pas du tout. Nous ne faisons qu’apporter notre contribution, pour impliquer les acteurs politiques et faire comprendre à tous qu’il faut mener des réformes consensuelles, en particulier en ce qui concerne les élections.

Il faut le dire avec insistance : la mauvaise gestion des élections de 2018 est la principale raison de la crise actuelle. Il faudra donc se préparer pour organiser des scrutins [en 2023] qui nous feront sortir de la crise et donneront des institutions fortes et légitimes.

La dissolution de la coalition au pouvoir vous semble-t-elle inévitable ?

Il faut une nouvelle dynamique politique. La dynamique actuelle, malheureusement, ne peut pas nous offrir de bonnes choses.

À la fin des consultations de Félix Tshisekedi, quelle option vous semble-t-elle préférable ?

Encore une fois, il ne revient pas aux évêques de dicter au président sa conduite. Mais il lui revient de prendre ses responsabilités, tout en privilégiant l’intérêt supérieur de la nation, le respect de la Constitution et l’intégrité du pays.

Comment espérer une solution consensuelle alors que certains des principaux acteurs politiques, dont les alliés de Joseph Kabila ou l’opposant Martin Fayulu, s’opposent à la démarche du président Tshisekedi ?

C’est bien pour cela que nous nous impliquons ! Tout le monde doit comprendre que la raison première de cette crise que nous traversons réside dans la mauvaise gestion des élections passées. La meilleure solution est donc de préparer, dès à présent, de bonnes élections pour 2023. Il faut atteindre le consensus sur ce point.

Pour cela, il n’est pas utile d’organiser un grand dialogue comme celui qui a débouché sur l’accord de la Saint-Sylvestre en 2016. On a surtout besoin que les principaux acteurs politiques se concentrent sur l’essentiel. Il faut plutôt imaginer un mécanisme dans lequel les grandes forces politiques peuvent se retrouver et mettre en place des réformes qui vont protéger les intérêts des uns et des autres et, surtout, répondre aux besoins de la population.

Martin Fayulu, pour avoir échangé avec lui, n’est pas fermé à l’idée échanger avec le président Tshisekedi. Mais c’est le cadre de ces consultations qui lui pose problème.À LIRE Tensions entre Tshisekedi et Kabila en RDC : l’armée appelle à ne pas « opposer les militaires les uns aux autres »

Craignez-vous que la situation actuelle débouche sur une période d’instabilité politique ?

Nous ne le souhaitons évidemment pas, mais c’est possible, si les acteurs politiques ne se montrent pas responsables. Mais l’alternance de 2018 ne donne pas les résultats escomptés. Les éléments positifs qui ont été salués au début [du mandat de Félix Tshisekedi] ne font plus espérer. Il faut changer des choses.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

RDC/Vie des partis. Jacquemin Shabani : « J’espère pour eux que c’est juste un discours politique, sinon c’est de la rébellion »

novembre 12, 2020

Le président de la commission électorale permanente de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a, dans un entretien avec Le Courier de Kinshasa, réagi aux communiqué final de la retraite du FCC tenue à Safari Beach à Kinshasa.

Jacquemin Shabani

Réagissant au communique final qui a sanctionné la dernière retraite des cadres du Front commun pour le Congo (FCC), Jacquemin Shabani, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et président de la commission électorale permanente du parti (CEP), a, dans un entretien exclusif au Courier de Kinshasa, admis que le dossiers des juges à la Cour constitutionnelle était une page déjà tournée, étant donné que ladite cours fonctionne déjà avec ou sans leur consentement. « Je crois qu’en ce qui concerne les juges constitutionnels, c’est une page tourné. L’affaire des juges est derrière nous ….J’espère pour eux que c’est juste un discours politique sinon, c’est de la rébellion », a-t-il dit.

Quant au refus des membres du FCC de participer aux consultations que le chef de l’état a initiées, ce cacique de l’UDPS s’est voulu tranchant. Il estime que c’est mal poli le fait que les membres du FCC se sont retirés en retraite alors que la première autorité du pays les invite pour discuter sur des questions ayant trait à l’évolution de la vie sociale des Congolais. « J’estime que c’est imprudent et mal appris. Le président de la République vous convie et toutes les autres forces sociales à une consultation, vous, vous allez en retraite », a déclaré Jacquemin ShabaniPour ce dernier, il aurait été mieux que ces membres du FCC fassent des conclusions de leur retraite l’objet de leurs discussions avec Felix Tshisekedi.  Ce cadre de l’UDPS se dit, par ailleurs, confiant et pense qu’avant la fin de ces assises le FCC aussi sera reçu par le président de la République.

Pour l’ex-secrétaire général de l’UDPS, l’accord FCC- Cap pour le changement (Cach), qui lie Félix Tshisekedi et Joseph Kabila ainsi que leurs groupements politiques respectifs, a déjà montré ses limites. De son avis, le président de la République s’est donné beaucoup de peine pendant deux années pour couvrir les failles de cet accord et qu’il s’avère impérieux de requalifier la majorité parlementaire pour un nouveau décollage. « Lorsqu’un groupe politique se rebelle contre le pouvoir judiciaire, c’est clair que la crise est là ! Elle a été couverte par le chef de l’Etat dans l’espoir de trouver une issue favorable mais rien n’est venu. Il est donc temps de requalifier la majorité », a-t-il fait constater. Quant à l’avenir de cet accord, Jacquemin Shabani dit que ce document ne lie pas le pays indéfiniment. Ce document, pense-t-il, a été signé pour le bien du Congo et si ça ne marche pas, on peut s’en passer pour le bien des Congolais.

Pour répondre aux détracteurs de l’UDPS qui présentent aux probables futurs alliés le spectre de la trahison et qui prennent exemple sur l’actuelle situation des alliés tels que le  FCC et Vital Kamerhe, Jacquemin shabani s’indigne et invite ces derniers à considérer le combat de le l’UDPS. «  Il faut  décrypter les comportements de nos différents partenaires à partir du moment où nous avons fait le constat que ceux-ci ne sont plus en mesure de nous accompagner dans notre combat de faire développer le Congo. Là, nous invitons notre partenaire à revisiter les termes du partenariat », a-t-il insisté.

L’UDPS se prépare déjà pour un nouveau mandat de Felix Tshisekedi

Jacquemin Shabani a également réagi à propos de l’audio de Joseph Kabila diffusée par l’hebdomadaire Jeune Afrique, dans laquelle l’ex-chef de l’Etat parlait de l’accord qui le lie au rejeton du sphinx de Limete selon laquelle le Cach dont l’UDPS soutiendrait le candidat du FCC à la présidentielle en 2023. L’ex-secrétaire général de l’UDPS affirme qu’il ignore l’existence d’un tel accord et avoue, par ailleurs, que son parti est déjà à la manœuvre pour mettre en marche toutes les batteries qui vont concourir à la réélection de Felix Tshisekedi pour un nouveau mandat à la tête du pays. « Je ne suis pas au courant de cet accord auquel il a fait allusion. Le peuple et moi avions plutôt suivi cet accord gouvernemental qui est passé en direct à la télévision nationale. Je suis président de la commission électorale du parti ; mon équipe et moi-même travaillions sur la prochaine candidature du chef de l’Etat en 2023 », a-t-il déclaré.

Il est rappelé que, dans les conclusions de leur retraite, les membres du FCC ont dit maintenir leur refus de participer aux consultations que tient le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi. Ils se sont également refusés de reconnaître la récente nomination des juges à la Cour constitutionnelle et invitent, par ailleurs, leur partenaire, le Cach, à la discussion dans un cadre prévu par l’accord de coalition qu’ils ont signé.

Avec Adiac-Congo par Christopher Khonde

RDC: le FCC de Joseph Kabila ne ferme pas la porte au dialogue, mais fixe des limites

novembre 9, 2020
La coalition de l’ex-président Joseph Kabila, vient de se réunir à Kinshasa. Et alors que le président actuel Félix Tshisekedi mène depuis le début de la semaine dernière des consultations en vue de tenter de trouver une nouvelle majorité, le FCC se dit disposé à poursuivre le dialogue et l’accord de partage du pouvoir, mais uniquement à certaines conditions.

Le président congolais Félix Tshisékédi et son prédécesseur Joseph Kabila lors de la cérémonie d'investiture du nouveau chef de l'État à Kinshasa, le 24 janvier 2019.

© REUTERS/ Olivia Acland Le président congolais Félix Tshisékédi et son prédécesseur Joseph Kabila lors de la cérémonie d’investiture du nouveau chef de l’État à Kinshasa, le 24 janvier 2019.Tout d’abord, la famille politique de Joseph Kabila rejette en bloc les allégations lui faisant porter la responsabilité « d’un blocage supposé du pays ». Et par la voix du coordonnateur de la plateforme, Néhémie Mwilanya, les lieutenants de l’ancien chef d’État ont tenu à préciser que « Le FCC, qui est en coalition avec le Cach, famille politique du chef de l’État, porte à la connaissance de l’opinion publique, que ce dernier n’a pas formellement fait part à son partenaire de ses intentions, ni sur l’initiative des consultations en cours, encore moins sur le sort réservé à l’accord de coalition. »

Et la position face aux consultations est sans équivoque : « Le FCC reste ouvert au dialogue avec le chef de l’État, mais plutôt dans le cadre des structures et mécanismes prévus par l’accord de coalition. »

Les pro-Kabila disent refuser le débauchage de leurs membres : « Le FCC ne peut cautionner aucune démarche tendant à la recomposition de la majorité parlementaire, en pleine législature, sur fond de la corruption des élus d’un partenaire… »

Quant à la menace répétée par l’entourage présidentiel d’une dissolution de l’Assemblée nationale, le FCC a rappelé au président que cette mesure ne peut être le fruit de sa seule initiative, en l’absence d’une crise persistante entre le gouvernement et l’Assemblée nationale. L’alternative à cette démarche, selon le FCC, est d’organiser des élections générales anticipées à tous les niveaux, y compris la présidentielle.

Par RFI avec son correspondant à Kinshasa Pascal Mulegwa

Consultations présidentielles : le FCC bat le rappel des troupes

octobre 27, 2020

Le Front commun pour le Congo (FCC) sera bientôt en retraite politique pour définir la nouvelle feuille de route de son engagement politique en rapport avec les enjeux politiques de l’heure.

Depuis l’annonce par le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, des consultations avec les leaders politiques et sociaux les plus représentatifs en vue de créer une union sacrée de la nation, c’est le branle-bas dans les rangs du FCC. Ce regroupement politique ne cesse, en effet, de multiplier des réunions entre ses membres dans l’optique de dégager une position concertée par rapport à la nouvelle donne politique imposée par le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi. Après les premiers conciliabules autour de la speakerine de la chambre basse, Jeanine Mabunda, les chefs des regroupements politiques membres du FCC s’étaient retrouvés le lundi dernier, cette fois-là, autour de leur autorité morale. Rien n’a filtré de ces échanges dont on a dit qu’ils ont gravité autour de l’état des lieux de la coalition, sans en dire plus sur les consultations initiées par le chef de l’Etat.

Comme si cela ne suffisait pas, le FCC projette à nouveau une retraite politique pour, dit-on, définir la nouvelle feuille de route de l’engagement politique de la plate-forme. Sur son compte twitter où il a glissé l’information, le coordonnateur du FCC, Néhémie Mwilanya, parle de la deuxième retraite politique après celle qui, à l’époque, avait évalué la marche de la plate-forme depuis sa création, avec deux points majeurs : relever le défi de la gouvernance et préparer les élections de 2023. Il est à noter que cette retraite interviendra dans un contexte particulier caractérisé notamment par l’aggravation de la crise au sein de la coalition au pouvoir (FCC-Cach ndlr) depuis la nomination, puis la prestation de serment de nouveaux juges constitutionnels nommés en juillet dernier par le chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

En attendant, des indiscrétions font de plus en plus état de la détermination du FCC à conserver sa majorité au Parlement et à consolider la cohésion de ses membres, quel qu’en soit le prix. En effet, il nous revient que l’option d’appliquer la cohabitation en cas de rupture de la coalition avec le Cach est à envisager. Il a été demandé à tous les membres du FCC de rester discrets, « de peur de dévoiler la stratégie » qui doit précéder d’une réflexion plurielle engageant toutes les intelligences de la plate-forme. Dossier à suivre.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC : les politiques appelés au calme et à la retenue

octobre 22, 2020

RDC: Félix Tshisekedi des changements dans le comité de liaison de la coalition au pouvoir

août 16, 2020

Certaines tensions agitent la plateforme politique du président Tshisekedi (G) et celle de son prédécesseur (image d'illustration).© REUTERS/ Olivia Acland Certaines tensions agitent la plateforme politique du président Tshisekedi (G) et celle de son prédécesseur (image d’illustration). 

Félix Tshisekedi a changé certains membres de l’équipe de Cap pour le changement (Cach) – la plateforme politique qu’il dirige -, qui participent au comité de suivi de l’accord de coalition qu’il a signé avec le Front Commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila. Avec ces changements, le président, selon son entourage, souhaiterait insuffler un vent nouveau dans les échanges avec le camp Kabila.Ces changements au sein du comité de suivi de l’accord de coalition interviennent au moment où les deux plateformes politiques se battent pour le contrôle de certaines institutions du pays comme la Cour constitutionnelle.

Le président de la République a écarté Vidye Tshimanga, son conseiller spécial en charge des questions stratégiques, qui s’éloigne de plus en plus de son cercle fermé, d’après l’entourage du chef de l’Etat.

Les changements les plus significatifs concernent Jean-Marc Kabund et Augustin Kabuya, respectivement président et secrétaire général intérimaires de l’UDPS, le parti présidentiel. Perçus comme trop radicaux, ils ne sont pas définitivement écartés, mais doivent laisser, pour l’instant, la place à d’autres négociateurs.

Parmi ceux qui vont continuer les négociations en cette période de tension entre les deux forces politiques au pouvoir, il y a Nicolas Kazadi, l’ambassadeur itinérant du président de la République. Il travaillait dans l’ombre. Il prendra désormais une part active dans les échanges.

Il y a aussi Thethe Kabwa Kabwe, actuellement dans l’équipe des conseillers de Félix Tshisekedi en matière de sécurité. Il est considéré comme une des courroies de transmission entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila. Beaucoup de communication entre les deux partenaires passent par lui.

Il y a également le député provincial Peter Kazadi qui était déjà à la dernière réunion FCC-CACH. Kitenge Yezu, le haut représentant du chef de l’Etat, reste dans l’équipe de Cap pour le Changement.

Du côté du FCC, Emmanuel Ramazani Shadary, le secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) qui a été au front de la polémique avec le CACH,  ne fera plus partie dudit comité de suivi. Outre Néhémie Mwilanya, coordonnateur du FCC, Aubin Minaku, Azarias Ruberwa et Raymond Tshibanda forment le noyau de nouveaux négociateurs de la plateforme dans ce comité. Ces derniers auront la latitude, en synergie avec leurs collègues de CACH, de parachever les nominations dans les entreprises publiques et de préparer un remaniement du gouvernement.

L’autre constat majeur, face à cette nouvelle équipe, est l’absence des délégués de l’UNC, le parti de Vital Kamerhe, le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, condamnés à « 20 ans de travaux forcés » pour de détournement de fonds publics.

Par RFI et Adiac-Congo avec son correspondant à Kinshasa, Patient Ligodi

 

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Avec Vitrine RDC