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Cameroun : haro sur la tricherie sur l’âge des footballeurs

juin 22, 2022

La Fédération camerounaise de football convoque 44 footballeurs et les présidents de leurs clubs respectifs pour suspicion de tricherie sur l’âge.

Glez

Plus rien ne sera-t-il comme avant, à la Fecafoot, sous la présidence du tonitruant Samuel Eto’o ? Par un courrier signé de la Chambre d’instruction de la Commission d’éthique de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), 44 joueurs et leurs présidents de club viennent d’être informés de « l’ouverture d’une procédure d’instruction » contre eux pour « faux dans les titres », conformément à l’article 67 al. 1 et 2 du Code d’éthique. Datée du 17 juin dernier, la notification signée par Salatou Baba précise qu’il est question de tricherie présumée et de complicité présumée de tricherie, notamment sur l’âge des joueurs.

Les parties concernées sont invitées à comparaître en audience, dans la salle des conférences du siège de la Fecafoot, assistées ou non de leurs conseils, entre les 4 et 8 juillet prochain. Légèrement menaçant, le communiqué précise qu’en cas de non comparution, « la Chambre en tirera toutes les conséquences de droit »…

Contrôles renforcés

Si l’approximation des millésimes footeux n’est pas qu’un phénomène camerounais, les réseaux sociaux moqueurs se souviennent du milieu de terrain Joseph Minala qui semblait avoir bien plus que ses 18 ans officiels, lors de son transfert à la Lazio Rome, en 2014. À l’époque, une infox suggérait même qu’il avait… 41 ans. Cette polémique avait freiné la carrière du Camerounais. Quant à Youssoufa Moukoko, certains doutent qu’il fut réellement, au Borussia Dortmund, le plus jeune buteur de la Bundesliga allemande, à l’âge présumé de 16 ans…

Certes, dans certaines zones reculées du continent, des parents attendent parfois plusieurs mois, voire plusieurs années, avant de déclarer la naissance d’un enfant. Au point que la date de naissance du nouveau-né soit mal mémorisée et que le statut de celui-ci soit qualifié de « né vers ». Mais « rajeunir » administrativement certains joueurs est un sport dans le sport, histoire d’évoluer –en début de carrière– parmi des adversaires moins « mûrs » et de prolonger légèrement sa carrière – en fin de parcours.

Si la Fecafoot tape aujourd’hui du poing sur la table, elle sait, depuis longtemps, l’impact de la fraude en termes de réputation internationale. Et cela fait déjà quelques années que les contrôles ont été renforcés. En 2016, la fédération avait sanctionné 14 joueurs camerounais qui avaient menti sur leur âge pour participer à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) des moins de 17 ans…

Avec Jeune Afrique par Damien Glez, Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Cameroun : Samuel Eto’o élu à la tête de la Fecafoot

décembre 12, 2021
Samuel Eto’o, en 2018 à Paris. © Vincent FOURNIER/JEUNE AFRIQUE

L’ancien international a été élu président de la Fédération camerounaise de football ce samedi, au terme d’une campagne riche en rebondissements.

L’annonce a été saluée par une explosion de joie dans les rues de Yaoundé. La légende vivante du football camerounais, Samuel Eto’o, 40 ans, a été élu à la tête de la Fédération camerounaise de football pour un mandat de quatre ans. « C’est historique. Cette élection s’est déroulée dans un esprit démocratique et constructif », a-t-il déclaré à Jeune Afrique.

Il a obtenu 43 voix contre 31 pour son seul adversaire, le président intérimaire sortant de l’instance, Seidou Mbombo Njoya. Les cinq autres candidats s’étaient désistés en faveur de l’un ou de l’autre au fil des semaines de la campagne.

Tensions et suspicions

Retransmise en direct à la télévision, l’élection s’est tenue à Yaoundé, dans un hôtel bouclé par la police, en raison des risques de débordement. Dans la salle chauffée à blanc par des suspicions de fraude de la part de l’administration sortante, le président de la Commission électorale, le magistrat Gilbert Schlick, a eu du mal à conduire le processus.

Décontracté mais combattif, Samuel Eto’o était présent dans la salle. Lui et ses partisans ont demandé des changements dans le dispositif électoral mis en place. La Commission a concédé quelques aménagements mais a refusé de disqualifier Jules Denis Onana, dont le mandat au sein du collège électoral émis par le Syndicat national des footballeurs camerounais – soutien de Samuel Eto’o – avait été retiré la veille.

Réseaux sociaux et lobbying

Ce scrutin est l’épilogue d’une âpre campagne électorale au cours de laquelle les deux candidats rivaux ont choisi non pas de s’adresser uniquement au collège de 76 délégués électeurs, mais d’en appeler aussi à l’opinion publique, notamment par le biais d’intervention sur les télévisions et les réseaux sociaux.

Dans le même temps, les équipes des candidats ont déployé un intense lobbying pour convaincre les délégués. Ceux-ci sont des élus des ligues régionales, des représentants de présidents de clubs, de la corporation des arbitres, des syndicats de joueurs, du football féminin…

Dans cette campagne, l’ex-capitaine des Lions indomptables – que certains soupçonnent de caresser des ambitions politiques dans son pays – bénéficiait de nombreux appuis. Des alliés qui ont permis à Samuel Eto’o de remplir ce pari, deux ans après que le footballeur ai raccroché les crampons, après un dernier passage sur le terrain au Qatar.

Avec Jeune Afrique par Franck Foute et Georges Dougueli

Mohammed Iya : « Samuel Eto’o doit jouer un rôle fédérateur » au Cameroun

juin 27, 2011

Après une Coupe du monde 2010 ratée, le Cameroun est au seuil d’une élimination prématurée en qualifications pour la CAN 2012. Chez les Lions Indomptables, les tensions restent vives. Le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) Mohammed Iya est contesté, et Samuel Eto’o n’est pas non plus épargné.

Mohammed Iya s’accroche au mince espoir d’une qualification sans vraiment y croire, mais son statut de président de la Fecafoot l’empêche d’admettre que tout est presque fini. « Mathématiquement, le Cameroun n’est pas éliminé, même si nos chances sont très minces. » Même si la sentence n’est pas encore définitive, une CAN sans le Cameroun serait un évènement qui n’est pas arrivé depuis 1980 et l’édition nigériane. « J’ai du mal à y croire, et pourtant, j’ai peur que cela se produise. Au pays, on a tendance à croire que le seul fait de s’appeler Cameroun est suffisant pour aller en phase finale. La réalité est toute autre », affirme Patrick Mboma, l’ancien attaquant des Lions Indomptables.

Un réservoir de joueurs sous-exploité

Le quadruple vainqueur de l’épreuve, dont le dernier succès remonte à 2002 au Mali, n’inspire plus la même crainte sur le continent. Ses échecs sur la scène mondiale et ses performances erratiques en Afrique, à peine rehaussées par une finale perdue en 2008 (0-1 contre l’Égypte), ont coïncidé avec une vraie valse des sélectionneurs (huit depuis 2004). « Il faut une vraie politique, plus professionnelle. Au Cameroun, il y a un réservoir de joueurs énorme, mais il n’est pas assez exploité », regrette Mboma.

Mohammed Iya, que ses opposants décrivent comme « trop influençable, mal entouré et trop hésitant », refuse que son bilan se résume seulement à une probable élimination de la CAN 2012. « Quand nous sanctionnons, nos opposants nous le reprochent également. Le football déchaîne tellement de passion que sa gestion et son administration nécessitent parfois une démarche consensuelle pour avancer », se défend-il. Tout reconnaissant entretenir des relations « cordiales avec Michel Zoah, le ministre des Sports, meilleures qu’avec ses prédécesseurs. Il a l’intelligence de comprendre qu’une relation sereine entre le ministère et la Fédération est nécessaire pour travailler, mais cela ne nous empêche pas de nous dire les choses quand il le faut ».

« Eto’o reste un joueur et l’équipe est au-dessus de tout »

Mais Mohammed Iya et Javier Clemente ne sont pas les seuls à subir les critiques des supporteurs qui ont du mal à admettre que ses Lions ne soient plus les « rois » d’Afrique. Même Samuel Eto’o, qui a connu des heures difficiles après son penalty manqué dans les dernières minutes face au Sénégal le 4 juin dernier (0-0) à Yaoundé, est critiqué pour ses excès d’individualisme et sa tendance à vouloir s’occuper de tout. Mohammed Iya ne se prive d’ailleurs pas de le remettre à sa place. « De par son immense talent, sa dimension et son aura, Samuel Eto’o est un joueur très important dans le groupe. Mais il reste un joueur et l’équipe est au-dessus de tout. Samuel, en tant que capitaine, doit jouer un rôle fédérateur. »

L’importance d’Eto’o ne l’a en tout cas pas empêché de passer devant la commission de discipline de la Fédération, en compagnie d’Alexandre Song – qui avait refusé de serrer la main de son capitaine lors du rassemblement organisé avant la rencontre face au Sénégal, et de Benoît Assou-Ekotto (Eto’o a été relaxé par la commission le 25 juin, NDLR)

« L’atmosphère est toujours tendue », admet Iya. « Il faut encore du temps pour cicatriser les plaies, les rivalités, les rancœurs et les rancunes entre les joueurs, sans parler des influences négatives des gens extérieurs à la famille du football actuel », poursuit le dirigeant. Le Cameroun, qui va devoir se choisir un sélectionneur pour préparer les qualifications pour la CAN 2013 et la Coupe du monde 2014, est aujourd’hui face à son destin…

Jeuneafrique.com par Alexis Billebault