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Afrique centrale : Félix Tshisekedi succède à Denis Sassou N’Guesso à la présidence de la CEEAC

janvier 19, 2022

Le président  congolais, Denis Sassou N’Guesso, a passé le 19 janvier à Brazzaville le témoin à son homologue de la République démocratique du Congo (RDC), Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à la présidence de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), à l’issue de la 20e  conférence.

A l’ouverture de la conférence, le président Denis Sassou N’Guesso a réitéré son appel à l’application de la contribution communautaire à l’intégration. Il a encouragé le Tchad et la République centrafricaine à persévérer dans la voie de la sagesse pour la recherche des solutions aux différends politiques.

« Les présentes assises marquent la fin du premier mandat de la présidence tournante de notre communauté régionale. Les actions déjà entreprises, en vue de la mise en œuvre de toutes les décisions adoptées, constituent de réels mobiles de satisfaction légitime », a déclaré Denis Sassou N’Guesso.

Il a lancé un appel aux pays membres de la communauté pour apporter un appui financier et matériel au Tchad. « Quelles que soient nos difficultés internes, nous ne pouvons pas demeurer les bras croisés alors que certains partenaires extérieurs concrétisent déjà leurs promesses en faveur du Tchad », a souligné le chef de l’État congolais. 

Au total, quatre chefs d’État ont pris part au sommet de Brazzaville au côté du président Denis Sassou N’Guesso. Il s’agit des présidents de l’Angola, de la République centrafricaine, de la RDC et de la Guinée équatoriale.

Dans son discours, le nouveau président de la CEEAC, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est engagé à promouvoir le capital humain durant son mandat.

Pour lui, l’investissement dans la formation de la population, la santé et la culture, devrait permettre d’accentuer le développement dans la communauté.

Avec Adiac-Congo par Christian Brice Elion

RDC : Tshisekedi réserve-t-il son grand cru pour le prochain mandat ?

janvier 15, 2022
Félix Tshisekedi, chef d’État congolais et président de l’UA en 2021, au Sommet de Paris pour le financement des économies africaines, le 18 mai 2021. © Ludovic Marin/Pool via REUTERS

À moins de deux ans de la présidentielle, le président congolais aura-t-il le temps et les marges de manœuvres suffisantes pour peaufiner son bilan et convaincre ses compatriotes ? Majorité, opposition, société civile, tout le monde pense déjà à 2023.

« Laissez décanter et oxygénez » : ce tutoriel de consommation de vins s’appliquerait-il aux process politiques, singulièrement lorsqu’ils sont congolais ? À ceux qui accusent le régime Tshisekedi d’avoir consumé une bonne moitié de son mandat présidentiel en affinages politiciens, les aficionados de « Fatshi » répondraient qu’une décantation quasi œnologique était indispensable après les périodes fermentées de Mobutu Sese Seko et des Kabila père et fils.

Dans cette sorte de mise en carafe d’un alcool politique congolais plutôt âcre, le fils de feu Étienne devait d’abord séparer le vin de goutte de l’alternance du dépôt de la continuité. Sans le jeu de bonneteau dont Emmanuel Ramazani Shadary fut le leurre, Félix Tshisekedi aurait-il pu constituer finalement son Union sacrée de la nation expurgée des kabilistes ?

Après sédimentation, dans la foulée d’une nouvelle majorité déjà en passe de célébrer son premier anniversaire, vint le temps des limogeages, des poursuites et des audits : à la Gécamines, au gouvernorat du Lualaba, à la Banque centrale du Congo (BCC) ou ceux que l’on décèle dans les interlignes de quelques contrats sino-congolais.

L’ivresse de l’autosatisfaction

Ajoutez à la décantation purgative l’oxygénation par la promotion de nouvelles personnalités politiques et le tour de passe-passe semblait jouer. Trop tard ? Alors que la précampagne de l’élection présidentielle de fin 2023 ne devrait pas manquer de débuter dès 2022, faut-il se résigner à ne voir dans le mandat actuel qu’une transition, un apprentissage, un soubassement, voire un tour de chauffe ?

Pour filer la métaphore vinicole jusqu’à la lie électorale, le régime peut brandir le millésime de la présidence – même mitigée – de l’Union africaine, avec l’affirmation d’un charisme présidentiel à l’international, charisme jusque-là sous-estimé, voire insoupçonné.

L’ENQUÊTE « CONGO HOLD-UP » POURRAIT DEVENIR UNE ALLIÉE OBJECTIVE DU PRÉSIDENT CANDIDAT

Et puisque le vin de la précampagne est presque tiré –  le président est candidat à sa réélection –, autant le boire en acceptant l’ivresse de l’autosatisfaction : la croissance de l’économie pour 2021 a dépassé les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) ; des infrastructures se concrétisent, comme la route à péage vers Dar es-Salaam ; les réserves de la BCC augmentent ; les filières cacaoyères et caféicoles se professionnalisent ; la collecte fiscale s’affine ; la Cour des comptes prend ses marques ; le collectif budgétaire est en hausse ; les investissements dans les secteurs de l’électricité ou de la fibre laissent espérer la diversification économique tant invoquée…

Certes, il y a loin de la coupe du grand cru aux lèvres populaires. En ce qui concerne la mise en lumière, par les futurs candidats-adversaires, du verre à moitié vide – l’insuffisant succès économique au regard du potentiel ou l’introuvable sécurité dans l’est du pays –, « Congo Holdup » pourrait devenir un allié objectif du président-candidat. L’enquête collaborative pourrait en effet tout autant anesthésier les envies de revanche rapide du clan de Joseph Kabila que refroidir les ambitions présumées de certains poids lourds comme Moïse Katumbi.

Tshisekedi s’est fait un prénom et le vin est censé se bonifier avec l’âge. Si le beaujolais nouveau sort en novembre, à quand le « Fatshi » nouveau ?

Damien Glez

Avec Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

RDC : ce qu’il faut retenir du discours de Félix Tshisekedi sur l’état de la nation

décembre 13, 2021
Le président de la RDC, Félix Tshisekedi, lors de son adresse à la nation, le 13 décembre 2021, à Kinshasa. © Hereward Holland/REUTERS

Élections, sécurité, rôle à l’international… À mi-mandat, le président congolais délivrait son traditionnel discours sur l’état de la nation devant le Congrès, ce lundi 13 décembre. L’occasion pour Tshisekedi, qui est déjà candidat à sa réélection, de défendre son bilan.

Changement d’année, changement d’ambiance. En 2020, lorsque Félix Tshisekedi s’était présenté devant le Congrès, c’était un bilan empreint d’échec et de colère qu’il avait dressé. Le président venait de sonner la rupture avec son encombrant alliéJoseph Kabila. Et avait rendu le Front commun pour le Congo (FCC) responsable de l’immobilisme de l’État.

Un an plus tard, le voici devant deux chambres acquises à sa cause. Au Sénat, comme à l’Assemblée nationale, les majorités ont été renversées et sont maintenant largement constituées d’élus fidèles à l’Union sacrée. Ils n’ont pas manqué de le faire entendre, par des acclamations parfois dissipées et bruyantes durant le discours du chef de l’État, ce lundi 13 décembre.

1h15 de monologue pour un long satisfecit, et quelques attaques à l’attention de ses adversaires. À mi-mandat, et alors qu’il ne cache pas sa volonté d’être réélu en 2023, Félix Tshisekedi est revenu sur tous les sujets majeurs de l’année écoulée.

Des élections « dans les délais »

La préparation des prochaines élections, d’abord. Alors que le pays sort d’une séquence longue et tendue entre le pouvoir d’une part et l’opposition et les religieux de l’autre autour de la désignation de Denis Kadima comme président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Félix Tshisekedi s’est félicité de l’avancée du processus. Il a pressé ceux qui n’ont pas encore nommé leurs représentants au sein de la Ceni de le faire au plus vite. Un appel appuyé à ses adversaires du FCC, qui refusent toujours de s’y plier, dénonçant l’absence de « consensus ».

Des blocages qui ne semblent pas ébranler la volonté du président d’éviter tout « glissement » et d’organiser les élections comme prévu en 2023. Encourageant les élus à débloquer des « moyens conséquents » pour faire avancer le processus, il l’a réaffirmé : « mon engagement à faire du Congo un État démocratique ne peut se faire sans l’organisation dans les délais impartis des élections. »

Justice et sécurité comme priorités

La sécurité ensuite : il a longuement défendu le bien-fondé de l’état de siège décrété en Ituri et au Nord-Kivu en mai dernier, et sans cesse reconduit depuis. Malgré les critiques sur son efficacité, il en a souligné les réussites. Les militaires « ont réussi à faire bouger les lignes et à reprendre plusieurs bastions jadis occupés par l’ennemi. Des chefs de bandes ont été neutralisés et plusieurs éléments se sont rendus », a-t-il déclaré, dénonçant « la campagne de dénigrement et de démobilisation menée par une infime minorité » de Congolais.

Il s’est aussi employé à justifier le feu vert donné fin novembre à l’Ouganda pour mener des opérations armées sur le sol congolais. Face aux craintes d’une répétition des exactions passées, le chef de l’État a promis « de veiller à limiter strictement à ces opérations la présence de l’armée ougandaise sur notre sol ».

Félix Tshisekedi est également revenu sur l’un de ses principaux leitmotiv : la lutte contre la corruption. Il a salué les efforts déployés par l’Inspection générale des finances (IGF), « dont le travail était auparavant peu sensible », a-t-il taclé, alors même que Joseph Kabila et ses proches sont depuis plusieurs semaines sous le coup d’accusations de détournement de fonds d’ampleur par l’enquête Congo Hold-up. Il a dans le même temps promis de renforcer la justice, dont le rôle « ne peut être remplacé dans l’assainissement des finances publiques ». Il a annoncé qu’il rendrait « opérationnelle dans les tous prochains jours » la Cour des comptes, qui sera la plus haute instance de contrôle des finances publiques, promettant une justice pour tous, « nantis ou pas, faibles ou puissants ».

« Le vent en poupe »

Souvent critiqué pour ses multiples, longs et coûteux voyages à l’étranger, Félix Tshisekedi s’est aussi employé à défendre son action sur la scène internationale. Alors qu’il s’apprête à passer la charge de président de l’Union africaine à Macky Sall, il a énuméré ses combats internationaux : le lobbying pour que l’Afrique obtienne quatre sièges au sein du Conseil de sécurité des Nations unies ; la défense des intérêts africains dans la lutte contre la pandémie de Covid-19, notamment en demandant que des vaccins soient produits sur le continent ; les engagements écologiques lors du G20 à Rome ou récemment lors de la COP26 de Glasgow ; la médiation dans des conflits africains, tel celui qui oppose l’Égypte, l’Éthiopie et le Soudan autour du grand barrage de la Renaissance

« J’ai fait du retour de la RDC sur la scène internationale l’une de mes priorités, avec un objectif clair : celui de briser son isolement diplomatique, a-t-il déclaré. La réintégration de notre pays dans le concert des nations est ainsi devenue une réalité. La RDC s’est ouverte au monde comme un lotus et elle a aujourd’hui le vent en poupe. » Une ultime attaque à l’égard de son prédécesseur, à laquelle ses adversaires politiques n’ont pas encore répondu.

Avec Jeune Afrique par Anna Sylvestre-Treiner

RDC : Félix Tshisekedi et Kinshasa à un pas de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC)

novembre 25, 2021
Les présidents congolais et kényan, Félix Tshisekedi et Uhuru Kenyatta, à Nairobi en février 2019. Le Kenya assure depuis février 2021 la présidence tournante de la Communauté d’Afrique de l’Est. © Presidence_RDC/Twitter

L’ambition du chef de l’État congolais de faire entrer son pays dans l’EAC – l’un des blocs commerciaux et économiques les mieux intégrés du continent – vient de franchir une étape décisive.

Dans son discours d’investiture le 24 janvier 2019, le président Félix Tshisekedi avait fixé comme l’un des objectifs de sa mandature l’intégration de la RDC dans la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC, pour East African Community) « dont la majorité des pays membres sont frontaliers et avec lesquels nos citoyens, à l’est du pays, engagent des échanges économiques importants depuis plusieurs décennies ». Cette intégration pourrait être chose faite dans un futur proche. En effet, le Conseil des ministres de l’EAC a validé la demande d’adhésion de la RDC au cours de leur 44e réunion extraordinaire, à Arusha (Tanzanie).

« Les ministres ont examiné les conclusions du rapport établi pour s’assurer que la RDC est un bon candidat pour rejoindre l’EAC », note un communiqué de l’institution dont le secrétariat général est assuré depuis février 2021, pour cinq ans, par le Kényan Peter Mathuki. Le Conseil a par conséquent recommandé au Sommet des chefs d’État « d’entamer des négociations avec la RDC », ce qui « créera une plateforme pour des discussions approfondies sur les modalités d’harmonisation des politiques et instruments de la RDC avec ceux de l’EAC ». Et cela en tenant compte, également, des « questions relatives à la paix et la sécurité, la langue et les systèmes juridiques », à aborder de manière « stratégique au cours des négociations ».

« En rejoignant la RDC, la Communauté ouvrira le corridor de l’océan Indien à l’océan Atlantique, ainsi que du nord au sud, élargissant ainsi le potentiel économique de la région », s’est réjoui Peter Mathuki, à l’issue de la rencontre d’Arusha.

Partenaires économiques

Frontalière avec cinq États membres de l’organisation – Tanzanie, Burundi, Rwanda, Ouganda et Soudan du Sud – la RDC avait été évaluée du 25 juin au 5 juillet sur son niveau de conformité à l’organisation. De même, la RDC et la Tanzanie contrôlent à part presque égales la quasi-totalité du lac Tanganyika. Dès le début de juin 2019, Kinshasa avait exprimé, dans une lettre à Paul Kagamé, alors président en exercice du Sommet des chefs d’État de l’EAC, sa volonté d’intégrer l’organisation.

Importations de la RDC 2019
Importations de la RDC 2019 © Observatoire de la complexité économique

Parmi les avantages pour la RDC figurent : l’intégration de l’Est du pays à l’espace commun de télécommunications qui permettra la réduction des coûts avec les pays voisins ; plusieurs facilités administratives et la réduction des charges pour les activités commerciales et économiques des citoyens congolais ainsi qu’une facilitation de leur mobilité dans les pays de l’Est. Plusieurs pays de l’EAC figurent parmi les principaux partenaires commerciaux africains de la RDC. La RDC devrait également bénéficier de la réduction des tarifs douaniers pour les marchandises réceptionnées dans les ports de Mombassa (Kenya) et de Dar es-Salaam (Tanzanie).

Exportations de la RDC 2019
Exportations de la RDC 2019 © Observatoire de la complexité économique

Par ailleurs, en février, le Sommet des chefs d’État de l’EAC avait approuvé l’addition du français comme langue officielle de la Communauté, aux côtés de l’anglais et du Swahili. Ce projet évoqué en 2013 languissait dans les tiroirs de l’EAC depuis, avant de recevoir une nouvelle et décisive impulsion en 2020. Contrairement au Rwanda (anglais, kinyarwanda, kiswahili) et au Burundi (Kirundi), la RDC ne compte aucune autre langue officielle que le français.

Pacte de sécurité

Kinshasa pourrait également tirer profit de l’application du Pacte de sécurité collective de l’EAC, avec notamment le concours des pays comme le Kenya et la Tanzanie, contre l’activisme des groupes armés locaux et étrangers soutenus par des acteurs régionaux, y compris certains membres de cette communauté économique régionale.

Certains observateurs redoutent, toutefois, que l’ouverture du marché congolais à des opérateurs économiques issus des pays de l’EAC puisse pénaliser des acteurs économiques nationaux, jugés moins compétitifs dans plusieurs secteurs d’activités, et porter ainsi atteinte à l’entrepreneuriat congolais. D’autres vont plus loin et pointent « le risque d’une désintégration économique de la RDC » ainsi que d’une « désunion territoriale », avec « l’est et le nord-est du pays tournés vers l’EAC, le sud vers la communauté économique de l’Afrique australe (SADC), l’ouest et le nord-ouest attirés par l’espace régional du centre du continent (CEEAC), et le centre du pays coupé du reste du monde congolais ». Une crainte renforcée par le manque d »infrastructures routières et ferroviaires dans le pays.

Visite de travail du président Tshisekedi de la RD Congo au Rwanda, à Rubavu, le 25 juin 2021
Visite de travail du président Tshisekedi de la RD Congo au Rwanda, à Rubavu, le 25 juin 2021 © Paul Kagame/Flickr/Licence CC

Avec Jeune Afrique par Joël Té-Léssia Assoko et Stanis Bujakera Tshiamala

COP26 : Félix Tshisekedi pour la sauvegarde des ressources naturelles de la RDC

novembre 2, 2021

Intervenant le 2 novembre en marge de la COP26 dans le cadre du panel de haut niveau sur les forêts et l’utilisation des terres organisé par le gouvernement britannique, le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est livré à un véritable plaidoyer sur la prise en compte des atouts naturels dont regorge son pays dans le processus d’atténuation des émissions des gaz à effet de serre, actuellement au cœur d’un enjeu planétaire.

Félix Tshisekedi, Joe Biden et Ali Bongo à la COP 26

Au cours du panel auquel d’autres chefs d’Etat africains ont pris part, Félix Tshisekedi a lancé un appel à l’unissons à tous les leaders mondiaux pour la sauvegarde des ressources naturelles de son pays dont la contribution à l’effort de lutte contre le réchauffement climatique s’avère très capitale. « La République démocratique du Congo, mon pays, avec ses massifs forestiers, ses tourbières et ses ressources en eau et en minerais stratégiques se présente comme un pays solution à la crise climatique », a-t-il déclaré, du haut de la tribune de ce panel en présence du président américain, Joe Biden, du Premier ministre Johnson (UK) et du président Ali Bongo également invités. Il a poursuivi en appelant les leaders et les décideurs du monde entier « à agir ensemble, main dans la main afin que nous puissions protéger ce patrimoine naturel essentiel à la survie de l’humanité ».

Le président Tshisekedi a, par ailleurs, livré un vibrant plaidoyer pour la préservation du bassin du Congo. A ce sujet, une dizaine de pays et le Fonds Bezos pour la terre ont manifesté leur engagement à l’égard du bassin du Congo en annonçant une contribution collective d’au moins $1.5 milliard de financement entre 2021 et 2025.  Ce fonds, rappelons-le, vise à soutenir les efforts menés par les pays du bassin du Congo pour protéger et maintenir les forêts de cette région, les tourbières et les autres réserves de carbone essentielles pour la planète.

Pays vaste situé au cœur de l’Afrique, la RDC, en tant que deuxième poumon mondial, regorge de nombreux atouts, dont la planète pourrait en tirer une meilleure partie dans sa lutte contre le changement climatique. C’est ainsi que dans son intervention, le président de la République a présenté la RDC comme « pays solution » à la crise climatique qui touche la planète terre.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC-Processus électoral : Félix Tshisekedi investit les nouveaux animateurs de la Céni

octobre 23, 2021

Par une ordonnance présidentielle lue le 22 octobre sur les antennes de la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi-Tshilombo, a investi les douze membres du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Le bureau de la Céni est présidé par Denis Kadima, expert électoral désigné par six des huit confessions religieuses. Il remplace à ce poste Corneille Naanga. Il sera assisté par Ilanga Lembo Bienvenu en qualité de premier vice-président tandis que le poste de rapporteur sera assumé par Patricia Nseya Mulela avec pour adjoint Paul Muhindo Mulemberi. Le poste de questeur adjoint a été confié à Sylvie Biremana. L’on attend à ce que les trois postes réservés aux délégués de l’opposition soient rapidement comblés pour que le bureau de la Céni affiche complet.   

Bien avant la publication de l’ordonnance susdite, le président de la République a, au cours d’un court message radiotélévisé diffusé dans la soirée, fait part à l’opinion  nationale de sa décision de signer l’ordonnance désignant les membres du nouveau bureau de la Céni dont les candidatures ont été récemment entérinées par l’Assemblée nationale. Le chef de l’Etat les a exhortés vivement à « œuvrer pour la tenue des élections libres, démocratiques et transparentes dans les délais constitutionnels ».

Ceci n’est, en somme, que la conséquence de la régularité observée, cette année, dans le processus de désignation des membres de la Centrale électorale. Nonobstant le manque de consensus, Félix-Antoine Tshisekedi-Tshilombo s’est néanmoins réjoui qu’une majorité claire se soit finalement dégagée au profit d’un candidat à la présidence de l’institution électorale, conformément aux prescrits de la Charte régissant la plate-forme des confessions religieuses. « Non seulement que l’entérinement des membres du bureau de la Céni a été régulièrement inscrit à l’ordre du jour de la plénière de l’Assemblée nationale, mais aussi, douze procès-verbaux sur les quinze attendus ont bien été reçus, examinés, entérinés par la chambre basse », a-t-il fait remarquer, agréant ainsi les conditions de validité de la plénière ayant consacré l’entérinement des nouveaux animateurs de la Céni.

A contrario, le processus de désignation du candidat président de la Céni, en 2020, était entaché de nombreuses irrégularités, a fait savoir le garant de la nation qui a aussitôt égrené les raisons pour lesquelles il s’était opposé, à l’époque, à son investiture. Il s’agissait, entre autres, de la non inscription à l’ordre du jour des travaux de l’Assemblée nationale de l’entérinement des membres de la Céni et la transmission à son autorité d’un seul procès-verbal de désignation de son président sans sous-bassement alors que le bureau de cette institution citoyenne devait compter treize membres.

Outre le fait que le président et le vice-président de la plateforme des confessions religieuses n’aient pas sanctionné ledit procès-verbal de désignation par leurs signatures respectives, deux des représentants de cette structure, supposés avoir soutenu le candidat président désigné en 2021, ont été désavoués par leur hiérarchie. Ce qui, dans l’entendement du chef de l’Etat, aura véritablement biaisé le processus de désignation des animateurs de la Céni.          

En apportant son quitus au processus de désignation des membres de la Céni enclenché cette année, le président Félix Tshisekedi a formulé le vœu de voir les trois délégués de l’opposition, dont les postes sont restés vacants, être bientôt désignés pour rejoindre la nouvelle équipe. Il a assuré que ces derniers ont toute leur place dans le processus électoral qui concerne tous les Congolais et Congolaises. Il a, par ailleurs, invité les organisations nationales ainsi que la communauté internationale, à travers leurs missions d’observation, à les accompagner afin de garantir la tenue des élections crédibles en 2023.

Enfin, un responsable du suivi du bon déroulement du processus électoral auprès du chef de l’Etat sera incessamment désigné, a révélé le premier des Congolais, avant d’appeler à la mobilisation tous azimuts de la population en vue d’assurer la pleine réussite des échéances électorales de 2023.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC : Félix Tshisekedi confirme Denis Kadima à la tête de la Ceni

octobre 23, 2021
Le président Félix Tshisekedi, le 9 septembre 2021, à Kinshasa. © Presidence_RDC/TWITTER

Le président congolais a annoncé le 22 octobre avoir décidé de confirmer le choix controversé de Denis Kadima au poste de président de la stratégique commission électorale, malgré l’opposition de l’épiscopat en RDC.

« J’ai décidé de signer l’ordonnance désignant les membres du nouveau bureau de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante). J’exhorte vivement ces derniers à œuvrer pour l’organisation d’élections libres, démocratiques et transparentes dans le délai constitutionnel », a déclaré le chef de l’État dans une allocution à la télévision publique.

L’Assemblée nationale avait entériné le 16 octobre la désignation de Denis Kadima, un proche du président Tshisekedi, comme président de la Ceni par six des huit confessions religieuses. En RDC, la loi charge les huit confessions religieuses reconnues de désigner par consensus le président de la Ceni, un choix qui doit ensuite être entériné par l’Assemblée nationale, avant la nomination officielle par le chef de l’État.

Soupçonné de corruption

L’Église catholique, dont se revendique 40% de la population, et l’Église du Christ au Congo (ECC), principale fédération protestante du pays, se sont opposées à cette nomination de Denis Kadima, soupçonné de corruption. Cette désignation s’est déroulée « de manière régulière », a estimé le président de la République.

« En ce qui concerne notamment la désignation du président de la Ceni, malgré le manque de consensus, une majorité claire s’est dégagée au profit d’un candidat et c’est conformément au prescrit de la charte des confessions religieuses », a-t-il insisté. « Les divergences, loin d’être des faiblesses, sont plutôt l’illustration de notre vitalité démocratique », a encore dit Félix Tshisekedi. Après l’allocution du chef de l’État, une ordonnance présidentielle a été lue à la télévision publique selon laquelle Denis Kadima Kazadi Denis a été investi en qualité de président de la Commission électorale ainsi que 11 autres membres de cette structure.

Expert électoral, Denis Kadima, 60 ans, est originaire de la province du Kasaï oriental, comme Félix Tshisekedi, dont il est proche. La prochaine présidentielle doit se tenir fin 2023. Félix Tshisekedi a déjà exprimé son intention de se représenter.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC : Augustin Kibassa rame pour se maintenir à flot

octobre 15, 2021
Kash © Kash

Fragilisé par la polémique qui fait rage autour de la taxe sur le Registre des appareils mobiles (RAM), le ministre des Télécommunications a gagné un sursis. Mais pour combien de temps ?

La barque commence à être bien chargée… Mais Augustin Kibassa Maliba a réussi pour le moment à conserver son poste. Mercredi 13 octobre, les députés ont rejeté une motion de défiance à son égard, initiée par le Front commun pour le Congo (FCC, de Joseph Kabila) qui reproche au ministre des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles technologies de l’information et de la communication sa volonté de maintenir la taxe sur le Registre des appareils mobiles (RAM), vouée aux gémonies par de nombreux élus et représentants de la société civile.

Les députés de la majorité présidentielle ont volé au secours du ministre, faisant valoir qu’il fallait, avant de procéder à un vote d’une telle importance, lui laisser le temps de venir s’expliquer de vive-voix devant les élus.

« Sauver le soldat Kibassa »

Augustin Kibassa a pour sa part assuré avoir entendu les critiques. Et s’être même « senti personnellement interpellé par la pertinence des interventions des députés ». Il leur a promis de saisir le gouvernement à ce sujet lors d’un prochain conseil des ministres. Une manière pour lui de partager une part des attaques dont il fait l’objet depuis plusieurs semaines avec l’ensemble du gouvernement…

Au sein de l’Union sacrée, le mot d’ordre est encore de « sauver le soldat Kibassa ». Mais pour combien de temps ? Lors de la réunion qui s’est tenue, lundi 11 octobre, pour mobiliser les députés de la majorité sur ce dossier, certains d’entre eux ont rué dans les brancards lorsque Jean-Marc Kabund-a-Kabund, premier vice-président de l’Assemblée nationale et patron de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, de Félix Tshisekedi), a pris la défense du ministre.

Kash

Avec Jeune Afrique par Kash

Caricaturiste, bédéiste et peintre congolais installé à Kinshasa.

RDC-CHESD : Félix Tshisekedi et Denis Sassou N’Guesso à la clôture de l’année académique 2020-2021

octobre 6, 2021

Le Collège des hautes études de stratégie et de défense (CHESD), situé sur l’avenue des Forces armées à Kinshasa, a connu une effervescence particulière, le 5 octobre, à la faveur de la clôture de l’année académique 2020-2021.

Félix Tshisekedi et Denis Sassou N’Guesso posant avec les heureux lauréats du Chesd

Un trait singulier à la manifestation qui marquait l’ouverture de la nouvelle année académique ; la présence remarquée du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi-Tshilombo, et de son homologue Denis Sassou N’Guesso de la République sœur du Congo Brazzaville et président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Les deux chefs d’État se sont fait le plaisir de remettre aux heureux lauréats (Généraux, colonels, administrateurs militaires, officiers militaires et hauts fonctionnaires civils) les diplômes qui  consacrent la fin de leurs études supérieures au CHESD.

Ils étaient près de deux cents auditeurs et stagiaires de la sixième session ordinaire de la session spéciale du CHESD et de la quatrième promotion de l’Ecole supérieure d’administration militaire (ESAM) à avoir suivi le cursus de formation jusqu’à son terme. Parrain de la sixième session ordinaire du CHESD, le président Denis Sassou N’Guesso s’est réjoui de l’envergure prise par cette institution de formation en Afrique centrale. Le CHESD, a-t-il indiqué, « est le cadre par excellence au sein de la CEEAC où sont formés les cadres qui doivent mettre en œuvre la politique de l’Union aricaine« .

Et d’ajouter :  » L’architecture de paix, de sécurité et de défense de l’Union africaine prévoit que les communautés économiques régionales sont les lieux de base où s’élaborent toutes les stratégies de paix et de sécurité et de défense du continent « . 

Il est à noter que cette sixième session ordinaire du CHESD comprend des lauréats venus du Congo Brazzaville, du Cameroun, de la République centrafricaine et du Burundi. Les modules de formation dispensés ont porté notamment sur la conduite de la guerre, sur les opérations militaires, ainsi que sur les schémas de préparation de la paix.

Quant aux auditeurs de la session spéciale, leur formation a consisté à développer des aptitudes nécessaires pour comprendre les enjeux et les défis auxquels sont confrontés la sous-région d’Afrique centrale, l’Afrique et le monde. Pour leur part, les seize administrateurs militaires de la quatrième promotion de l’ESAM ont été préparés à assumer des fonctions d’État-major au sein de l’armée et de la police. Satisfait de ce dénouement heureux, le chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc), le général Célestin Mbala, a eu des mots justes pour aiguiller la conscience des lauréats appelés à «  être des véritables moteurs de recherche des solutions dans le domaine sécuritaire. »

Créé en janvier 2016 dans le contexte de la réforme des Fardc, le CHESD a une vocation sous-régionale. Il est aujourd’hui le plus haut établissement de formation des officiers de l’armée en République démocratique du Congo.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC-Evaluation de la gratuité de l’enseignement : Félix Tshisekedi pour la création d’une task force interministérielle

octobre 5, 2021

Près de deux millions d’élèves nouvellement inscrits vont intégrer, cette année scolaire, à la faveur du Programme de la gratuité de l’enseignement de base, le système éducatif national afin de bénéficier de ses avantages.

Des élèves à l’entrée des salles de classe

Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi-Tshilombo, a fait de l’éducation l’une des priorités de sa mandature à la tête du pays. Il a réitéré cet engagement, lors de la vingt-deuxième réunion du Conseil des ministres qu’il a présidée le 1er octobre, par visioconférence, à partir de la Cité de l’Union africaine. Dans sa communication au Conseil, le chef de l’État s’est réjoui de l’effectivité de la gratuité de l’école et de la valorisation de la formation professionnelle telle que reflétée par l’augmentation des effectifs des nouveaux inscrits attendus dans les établissements scolaires cette année. « Ce constat positif met en exergue les efforts réalisés par le gouvernement, d’une part, et la maturation de l’appropriation du programme de la gratuité par la population, particulièrement les parents, d’autre part », peut-on lire dans le compte-rendu du Conseil lu à la télévision nationale et relayant les propos du président de la République à ce sujet. 

Cette rentrée scolaire intervient, une fois de plus, sous la menace de la pandémie à covid-19, a fait observer Félix Tshisekedi qui a, par ailleurs, insisté sur l’impératif d’instruire les chefs d’Établissement à mettre en place des dispositifs pratiques pour le respect des gestes-barrières.

Dans sa quête pour relever le défi de l’éducation en République démocratique du Congo, le chef de l’État a rappelé, à l’intention des membres du gouvernement, les objectifs majeurs qu’il poursuit dans ce secteur. Il s’agit, précisément, de zéro paiement par enfant congolais, d’amélioration des infrastructures adéquates ainsi que des conditions de travail et de traitement des enseignants pour un rendement scolaire optimal et qualitatif.

Plusieurs recommandations et suggestions ont été faites au ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST) afin d’optimiser le programme de gratuité de l‘enseignement de base. Séance tenante, le président de la République l’a instruit de renforcer la collaboration avec son administration pour améliorer le partage d’information et la gestion des bases des données. Concernant les fictifs (enseignants, écoles, etc.), des orientations claires ont été données au ministre de l’EPST pour leur extirpation, laquelle passe notamment par l’introduction des concepts de mesure des résultats, mais aussi par le développement d’une culture de pilotage, de transparence et de redevabilité.

Au Premier ministre, Sama Lukonde, par contre, il lui a été recommandé une série d’actes à poser pour le bien de l’éducation, apprend-on du compte-rendu. Il lui a été demandé, entre autres, de prendre des dispositions nécessaires pour la rentrée scolaire sur toute l’étendue de la République, avec les mesures exceptionnelles pour les provinces sous état de siège, et spécialement, sur la scolarité des enfants hébergés dans les orphelinats en âge de scolarité pour qu’ils bénéficient de l’égalité des chances en matière d’éducation.

En plus de cela, il a été recommandé au Premier ministre de créer une taskforce interministérielle, notamment entre les ministères du Budget, des Finances et de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, en collaboration avec son cabinet, en vue d’effectuer un suivi et une évaluation efficace du programme de la gratuité.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso