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RDC-Kinshasa : de nouvelles résidences pour officiers supérieurs des Fardc

juillet 4, 2022

Les officiers supérieurs et généraux des Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc) ont désormais leur quartier, ou mieux une nouvelle cité de résidence, situé à une trentaine de kilomètres du centre-ville de Kinshasa, dans sa périphérie est.

Quelques villas pour hauts officiers de l’armée

Le président de la République, Félix-Antoine  Tshisekedi Tshilombo, a remis symboliquement, le 2 juillet, les  trente premières villas sorties de terre  et prêtes à accueillir les premiers occupants.

Il s’agit du « Pool Malebo » qui est un projet du gouvernement initié en 2016 mais dont les travaux s’étaient arrêtés en 2018, faute de financement. En janvier dernier, sur instruction du chef de l’Etat, le gouvernement, à travers le ministère de la Défense nationale, a relancé ce projet avec le même partenaire, à savoir Congo international investment group.

En l’espace de six mois, le partenaire a réussi à rendre viable une trentaine de villas sur les cent quatre-vingt-dix attendues. « Ce résultat ne constitue que les prémices du projet, lequel va s’étendre sur les cinq prochaines années », a précisé le ministre de la Défense nationale, Gilbert Kabanda Kurhenga, qui a ajouté qu’ « au-delà de la sphère des officiers généraux et supérieurs, le projet  couvrira également les besoins en logement de tous les officiers et sous-officiers de carrière ». Chaque occupant devrait consentir à hauteur de 35% du coût de chaque villa.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC : pour le FMI, des résultats « meilleurs que prévu », mais…

juin 30, 2022

La situation fiscale de Kinshasa est supérieure aux attentes du Fonds monétaire international, qui a décaissé 200 millions de dollars de financement. Mais deux faiblesses majeures demeurent.

La directrice générale Kristalina Georgieva rencontre le président de la RDC Félix Tshisekedi au FMI à Washington, le 2 mars 2020. © Joshua Roberts /IMF-FMI

Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a jugé « satisfaisants » les progrès réalisés par les équipes de Félix Tshisekedi dans la mise en œuvre des réformes prévues par la facilité de crédit élargie de 1,52 milliard de dollars approuvée en juillet 2021.

Selon ses estimations, « les résultats budgétaires ont été meilleurs que prévu car l’augmentation des recettes budgétaires et du financement extérieur a permis de dégager une marge de manœuvre pour des dépenses supplémentaires, surtout en matière d’investissement, malgré l’accumulation d’arriérés intérieurs ».

Critères quantitatifs presque atteints

Le Fonds va décaisser 203 millions de dollars « pour répondre aux besoins de financement de la balance de paiement », soit 653 millions de dollars transférés à Kinshasa depuis un an.

Portées par la hausse des cours des métaux, les exportations du pays sont attendues à 45 % du PIB cette année, contre 40,8 % en 2021. Et les recettes et les dons sont désormais anticipés à 14 % du PIB cette année, leur niveau de 2020, alors qu’une baisse de deux points était crainte. Le PIB devrait croître de 6,1 % cette année, malgré les répercussions de la crise ukrainienne.

LE FMI MET LA PRESSION SUR KINSHASA POUR RÉDUIRE LA MASSE SALARIALE PUBLIQUE, ALOURDIE DE FONCTIONNAIRES « FANTÔMES »

Les équipes du FMI regrettent toutefois qu’un des cinq « repères structurels » n’ait pas été respecté entièrement : la publication de tous les contrats miniers. L’un d’entre eux n’a pas été rendu public ont-ils indiqué, sans identifier lequel. Il faut noter que Kinshasa a signé à la fin du mois de février un accord avec l’homme d’affaires israélien Dan Gertler pour le transfert à l’État d’actifs miniers au cœur de nombreuses controverses et de sanctions imposées par les États-Unis. La publication du contenu exact de l’accord obtenu avec Gertler est réclamée depuis lors par la société civile congolaise.

Masse salariale et subventions

Le Fonds a également encouragé l’exécutif à poursuivre « la maîtrise des dépenses courantes », notamment en ce qui concerne les subventions aux carburants et les réformes de la fonction publique, afin de « créer un espace pour les investissements prioritaires ».

Entre les lignes, l’institution multilatérale met la pression sur Kinshasa pour réduire la masse salariale publique – alourdie de bon nombre de fonctionnaires « fantômes » – et les subventions. En 2020, les salaires publics ont représenté 4 758 milliards de francs congolais (environ 2 milliards d’euros), soit plus de la moitié des dépenses courantes. Le FMI les anticipe à près de 7 000 milliards de francs congolais dès l’an prochain.

Par comparaison, en 2020, les dépenses d’investissement (Capex) ont atteint seulement 1 906 milliards de francs congolais. Au demeurant, à peine 251 millions de francs congolais de Capex avaient été financées localement… Les dépenses en subventions avaient quant à elles atteint 2 243 milliards de francs congolais en 2020. Elles sont anticipées en hausse de 1 000 milliards de francs supplémentaires cette année.

Avec Jeune Afrique par Joël Té-Léssia Assoko

RDC-Rwanda : et si la réélection de Tshisekedi dépendait du M23 ?

juin 17, 2022

L’avenir politique du président congolais pourrait se jouer sur le front opposant son armée aux rebelles du M23, qu’il estime soutenus par Kigali. Une victoire ferait certainement grimper sa cote de popularité.

Félix Tshisekedi au palais de la Nation, à Kinshasa, en février 2022 © ARSENE MPIANA/AFP

On l’avait un peu trop vite donnée pour détruite, en 2013. La rébellion du M23 a fait sa réapparition et occupe désormais tous les débats en RDC, plus singulièrement encore en cette période pré-électorale, car la question sécuritaire s’imposera encore comme l’un des thèmes majeurs de la campagne. Une situation qui contraint le président Félix Tshisekedi à se poser à la fois en chef des armées prêt à affronter les rebelles que l’on dit soutenus par le Rwanda – ce que Kigali dément – et en président-candidat à un nouveau mandat qui doit défendre son bilan tant socio-économique que politico-sécuritaire.

Si la condamnation du soutien rwandais au M23 est unanime au sein de la classe politique congolaise, les adversaires de Tshisekedi lui reprochent son rapprochement et ses  relations jugées trop amicales avec « l’agresseur » Paul Kagame.

Les limites de la « diplomatie amicale »

Tout semble désormais se jouer à quitte ou double pour le chef de l’État congolais. La résurrection de M23 l’entraîne, lui le commandant suprême des forces armées, sur un nouveau front. Lors de son avènement au pouvoir, en 2019, il avait promis de mettre fin aux exactions des multiples groupes armés qui ravagent l’Est du pays. Et deux ans plus tard, afin d’accroître les capacités de l’armée nationale à les neutraliser, il avait proclamé l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, où persiste l’insécurité.

La recrudescence des activités militaires et des atrocités perpétrées par le M23 complique donc singulièrement l’équation sécuritaire pour lui. À en croire les spécialistes, le M23 serait mieux équipé que la plupart des groupes armés auxquels le Congo livre bataille dans la région. Pour preuve, les rebelles contrôlent actuellement la ville stratégique de Bunagana, dont l’armée nationale s’est retirée.

Par ailleurs, le retour du M23 fragiliserait le président Tshisekedi parce qu’il expose au grand jour les limites de la « diplomatie amicale » qu’il a entrepris de mener auprès du régime rwandais, malgré la méfiance de l’opinion publique et de la classe politique congolaise. Se sentant « trahi » par Kagame, Tshisekedi s’est justifié en déclarant qu’il avait toujours préféré « construire des ponts » avec le Rwanda à la faveur de relations paisibles plutôt que « construire des murs ».

Opportunité politique ?

Malgré tous les désagréments qu’elle cause et que nul ne saurait nier, rien ne dit que la résurgence du M23 ne se traduira pas en opportunité politique pour Tshisekedi. Parce que les Congolais dans leur immense majorité désapprouve l’attitude jugée humiliante et hégémonique de Paul Kagame, une victoire de l’armée congolaise sur le M23 ferait grimper la cote de popularité du président auprès d’une population déterminée à en découdre avec le Rwanda.

Rien de tel qu’une victoire de l’armée pour galvaniser les électeurs et faire oublier les modestes résultats enregistrés au cours du quinquennat. Comme chacun sait, les crises internationales majeures renforcent souvent la cohésion nationale, laquelle peut se traduire, en période électorale,  par un soutien accru au président, au mépris de ses éventuelles défaillances.

Théorie du complot

Une hypothèse qui n’en est pas qu’une aux yeux des adeptes de la théorie du complot, convaincus que la réapparition soudaine du M23 résulte d’un arrangement secret entre Kagame et Tshisekedi visant à permettre à ce dernier de remporter une victoire face au M23 pour regagner la sympathie des électeurs indécis de l’Est du pays.

Leur argumentaire ? Kagame n’aurait aucun intérêt à sacrifier les accords économiques « juteux » signés sous Tshisekedi en aidant le M23. Un peu facile. Car, qu’est-ce qui empêcherait le président rwandais – qui mène une « guerre hybride » en RDC depuis des années – d’ignorer tout simplement les accords miniers conclus avec Kinshasa, sachant qu’il peut obtenir toutes ces matières premières sans contrepartie en s’abritant derrière le M23 ?

Il apparaît de plus en plus évident que Félix Tshisekedi pourrait, grâce à une victoire militaire sur le M23, convertir le fardeau de la persistance de la violence à l’Est du pays en un avantage politique dans la perspective des élections de 2023. Mais, saura-t-il le faire ? Il est encore tôt pour le confirmer.

Avec Jeune Afrique par Roger-Claude Liwanga

Chercheur à l’université Harvard, professeur de droit et de négociations internationales à l’université Emory

Maladies infectieuses : Félix Tshisekedi, Paul Kagame, Macky Sall, Uhuru Kenyatta et Cyril Ramaphosa à l’offensive

mars 4, 2022
Des dirigeants à Marburg, le 16 février 2022. © Président Kagame/Flickr

La prochaine conférence internationale du Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme aura lieu aux États-Unis, au deuxième semestre 2022. La crise du Covid-19 a relancé les espoirs d’éradiquer ces maladies infectieuses sur le continent africain.

En novembre 2019, la 6e conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial organisée à Lyon, en France, avait été l’occasion d’un véritable « show Macron ». Jouant à la fois les hôtes et les maîtres de cérémonie, le président français était partout, dînant avec Bono et Bill Gates, donnant l’accolade aux nombreux présidents africains ayant fait le déplacement, mouillant la chemise sur scène pour inciter pays et fondations privées à donner plus, dans un style enflammé oscillant entre animateur télé et prédicateur évangéliste.

SAUVER 20 MILLIONS DE VIES D’ICI À 2026

La 7e conférence aura lieu cette année, au deuxième semestre, aux États-Unis et il n’est pas certain que Joe Biden y consacre autant d’énergie. Le rendez-vous, pourtant, reste crucial. Il s’agit encore et toujours de récolter des fonds pour financer la lutte contre les trois plus graves maladies infectieuses qui frappent la planète et, particulièrement l’Afrique. En 2019, à Lyon, 14 milliards de dollars avaient été collectés. L’objectif est naturellement de faire mieux cette année, d’autant qu’après deux ans de pandémie de Covid, les systèmes de santé ont grand besoin de moyens.

Les 23 et 24 février dernier, une conférence de lancement de la campagne 2022 a été organisée virtuellement avec cinq présidents du continent à la manœuvre : Félix Tshisekedi (RDC), Uhuru Kenyatta (Kenya), Paul Kagame (Rwanda), Macky Sall (Sénégal) et Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud) ont rappelé l’importance de la levée de fonds pour atteindre l’objectif ambitieux d’éradiquer le paludisme, la tuberculose et le VIH d’ici à 2030, et sauver 20 millions de vies d’ici à 2026.

Tout peut basculer

Pour y parvenir, les cinq chefs d’État associés au président du conseil d’administration du Fonds mondial, le Rwandais Donald Kaberuka, ont estimé l’enveloppe nécessaire à 18 milliards de dollars. Une somme qui permettrait en particulier de réduire de 66 % le nombre de cas de paludisme et de faire chuter le nombre de décès de 62 %.

Le continent africain est particulièrement concerné avec 95 % des cas de paludisme recensés dans le monde et 96 % des décès (au nombre de 627 000 en 2020). « Le monde, souligne le Dr Abdourahmane Diallo, directeur général du Partenariat RBM (Roll Back Malaria, qui combat la maladie depuis 1988), se trouve à un stade où tout peut basculer ». L’éradication complète du paludisme semble en effet à portée de main grâce à l’action conjuguée des moustiquaires imprégnées, des traitements médicamenteux et surtout des nouveaux vaccins annoncés fin 2021.

L’ÉRADICATION COMPLÈTE DU PALUDISME À PORTÉE DE MAIN

« Les nouveaux vaccins sont encourageants mais il n’existe pas de solution miracle face à une maladie aussi complexe et dynamique que le paludisme, poursuit celui qui fut aussi ministre de la Santé et conseiller du président dans son pays d’origine, la Guinée. Il est tout aussi important de continuer à développer les outils existants. » La liste que dresse le médecin est longue – tests de diagnostic rapide, antipaludiques, moustiquaires imprégnées d’insecticide, mesures de pulvérisation intradomiciliaires… Les sommes collectées par le Fonds mondial ne seront pas de trop pour les financer.

Mais le changement fondamental par rapport à la conférence de 2019, outre la découverte d’un vaccin, c’est bien sûr l’expérience accumulée durant une pandémie qui frappe la planète depuis deux ans et continue à faire des victimes. Face au paludisme, au sida et à la tuberculose, le Covid a changé la donne. Il s’agit maintenant de mettre à profit les leçons données par le virus. De transformer une catastrophe sanitaire en opportunité.

LE COVID A CHANGÉ LA DONNE

La première de ces leçons porte sur les vaccins. Un sérum anti-Covid a été développé en un temps record grâce aux efforts conjugués des scientifiques du monde entier, la technologie à ARN-messager a émergé à la faveur de la crise, et tout cela aura des conséquences sur la recherche médicale dans son ensemble, reprend le Dr Diallo : « On voit aujourd’hui que le vaccin antipaludéen R21 provient de l’Institut Jenner, qui a aussi travaillé sur l’AstraZeneca. Quant à celui sur lequel travaille BioNTech, il sera financé par les bénéfices du vaccin anti-Covid-19 développé avec Pfizer. »

Le Covid, ajoute le médecin, a aussi fait comprendre à tous l’importance de collecter des données sur les malades et de les actualiser en temps réel, ce qui sera utile pour lutter contre les autres maladies. Surtout, il a fait prendre conscience aux Africains de leur trop grande dépendance à l’égard des autres continents en matière de santé.

« Actuellement, l’Afrique ne produit que 1% des vaccins utilisés sur son sol, poursuit le Dr Diallo. La crise du Covid a permis de comprendre que nous devions progressivement nous autonomiser. Notre continent représente un quart de la morbidité mondiale, 60% des personnes vivant avec le VIH/sida, 90% des cas de paludisme mais seulement 6 % des dépenses de santé et moins de 1 % du marché pharmaceutique. La création de l’Agence africaine du médicament renforcera notre préparation et nos capacités, et en matière de vaccins l’Union africaine a fixé un objectif ambitieux : fabriquer sur notre sol 60% des vaccins administrés sur le continent d’ici à 2040. »

Premier pas

L’accord signé entre BioNTech, le Rwanda et le Sénégal, qui porte sur la production dans ces deux pays de vaccins ARN-m dès cette année, est un premier pas important. Le choix par l’OMS de l’Afrique du Sud, de l’Égypte, du Kenya, du Nigeria, du Sénégal et de la Tunisie pour abriter des unités de production en est un autre.

« Le but, insiste le Dr Diallo, n’est pas de se limiter au sérum anti-Covid mais aussi de produire, à terme, des vaccins contre le paludisme et la tuberculose basés sur la même technologie. La pandémie a créé une pression énorme sur les systèmes de santé de nos pays, la production mondiale de produits de santé et leur fourniture. Mais elle a aussi vu une accélération des innovations et des investissements, l’apparition de nouveaux modes de surveillance génomique et moléculaire. Ces systèmes, ces outils, ces technologies sont transférables. » Et doivent maintenant être – enfin – financés.

Avec Jeune Afrique par Olivier Marbot

RDC-Coopération: Félix Tshisekedi échange avec une délégation d’officiers militaires américains

mars 3, 2022

Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a reçu le 2 mars, dans son cabinet de travail à la cité de l’Union africaine, une délégation américaine mixte composée des officiers de la task force opérationnelle sud-européenne et africaine et des membres du département américain du travail.

La délégation d’officiers militaires américains

La rencontre s’est déroulée en présence de l’ambassadeur américain en poste à Kinshasa, Mike Hammer, rapporte une dépêche de la cellule de communication de la présidence de la République.  Au sortir de l’audience, Aida Borras, commandant de la task force, a indiqué que la sécurité, la coopération et l’assistance en coopération entre la République démocratique du Congo (RDC) et les Etats-Unis d’Amérique, la professionnalisation des militaires congolais, le respect des droits de l’homme et la nécessité de promouvoir de bonnes relations avec les pays de la région ont figuré au menu de leurs échanges avec le président  Félix Tshisekedi.

Pour sa part, Thea Mei Lee, membre du Département américain du travail, a déclaré que sa délégation a échangé avec le chef de l’Etat congolais notamment sur le renforcement de la protection des enfants dans les mines ainsi que sur le respect des droits des travailleurs. Sur place en RDC, son groupe est en synergie avec les ministères congolais  du Travail, des Affaires sociales et des Mines. Son souhait est de voir la RDC renforcer son inspection du travail et la guerre contre la corruption dans le secteur de l’extraction des minerais et du business. Ce qui concourt, d’après elle, à la croissance économique de tout pays. A en croire les deux porte-parole, le président congolais a été très réceptif des points soulevés et s’est félicité de la coopération entre les deux pays.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC-Présidence de la République : Jean Claude Bukasa remplace provisoirement François Beya au CNS

février 9, 2022

Dans une lettre du directeur de cabinet du chef de l’Etat, Guylain Nyembo, datée du 8 février 2022 et adressée à Jean-claude Bukasa, il lui a été signifié que « sur instruction de la haute hiérarchie et compte tenu de l’empêchement du conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité, il a été désigné pour assurer l’intérim de ce dernier« , rapporte la cellule de la communication de la présidence de la République.

Jean-Claude Bukasa

Jean-Claude Bukasa était jusqu’à sa désignation à la tête du Conseil national de sécurité (CNS) assistant principal du conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité, chargé de la sécurité extérieure. Il était nommé à ce poste par ordonnance présidentielle. Le nouveau promu est actif dans les services de renseignements depuis plus de dix ans.

Pour rappel, François Beya sur qui les soupçons et indices graves de conspiration contre les institutions pèseraient, à en croire le porte-parole du chef de l’État, serait détenu depuis quelques jours dans les locaux de l’Agence nationale de renseignement (ANR). En effet, le communiqué de la présidence de la République publié  le 8 février évoque des « agissements contre la sécurité nationale », dont serait rendu coupable le conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité, sans donner plus de détails et appelle au passage la population à la vigilance et au calme. En attendant, les investigations se poursuivent pour en savoir un peu plus sur ce que d’aucuns considèrent déjà comme une tentative de coup d’Etat manqué.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Présidence tournante de l’UA : Macky Sall succède à Félix Tshisekedi

février 5, 2022

« Renforcer la résilience en nutrition sur le continent africain : accélérer le capital humain, le développement social et économique », tel est le thème de la nouvelle mandature de l’Union africaine (UA), laquelle est désormais assumée par le président sénégalais, Macky Sall, qui a reçu le 5 février des mains du président sortant, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, son bâton de commandement.

Le passage de témoin entre Félix Tshisekedi et Macky Sall

Le président de la République démocratique du Congo a terminé son mandat dédié à la culture et au patrimoine africain. Ce qui ne l’a pas empêché, durant celui-ci, de se consacrer aux autres dossiers chauds du moment liés notamment à la santé, covid 19 oblige, aux conflits sur le continent, au climat, à la promotion du genre, de la jeunesse, à la culture proprement dite ainsi qu’aux questions économiques et sécuritaires.

C’est assis sur sa chaire que le président Félix Tshisekedi a ouvert la session ordinaire de la 35assemblée générale de l’UA. Ensuite, il a passé le bâton à son successeur, Macky Sall, le président sénégalais à qui il a remis les attributs de sa présidence pour l’exercice 2022-2023.

Juste après avoir laissé sa place à son successeur, le président Tshisekedi a tenu à souligner, dans son allocution, l’une des grandes réussites de sa mandature, à savoir la création du Grand Prix panafricain de littérature, en attribuant, séance tenante, le prix à la première lauréate qu’est Oswald Lewat, d’origine camerounaise.

Une fois installé dans son siège de président en exercice de l’UA, Macky Sall a adressé ses premiers mots de remerciement à son prédécesseur pour l’œuvre accomplie et demandé à la plénière de le plébisciter « Champion de la masculinité positive », pour souligner son engagement sans faille, en faveur de la lutte qu’il mène contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Par Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC : la chute de Jean-Marc Kabund met (encore) l’Union sacrée en ébullition

février 5, 2022
Kash © Kash

L’annonce de la démission de Jean-Marc Kabund de son poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale, suivi de sa radiation de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), n’en finit pas de créer des remous au sein de la coalition gouvernementale.

Mis en minorité au sein du parti sur lequel il régnait jusque-là sans partage, Kabund s’était fait de nombreux ennemis, qui n’ont pas hésité à le pousser vers la sortie à la première occasion. Ses amis, eux, sont rares. Et les quelques soutiens qu’il a reçu viennent… de ses ennemis d’hier.

Plusieurs cadres du Front commun pour le Congo de Joseph Kabila ont en effet paru venir en aide à celui qui fut longtemps considéré comme une personnalité clé du pouvoir actuel, avant que Félix Tshisekedi ne décide de s’en séparer. Du grain à moudre pour les pro-Kabila, qui accusent le chef de l’État de chercher par tous les moyens à écarter ceux qui l’ont aidé à accéder à la présidence.

Les lignes bougent

Au sein de la majorité parlementaire, le départ de celui que ses partisans surnomment le « maître-nageur » a fait bouger les lignes. Les alliés de l’UDPS se bousculent au portillon pour tenter de remplir l’espace laissé libre par ce départ soudain. Et tandis qu’une nouvelle redistribution des cartes commence au sein de la majorité, certains députés d’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi viennent de créer un courant dit « progressiste », et cherchent à prendre leurs distances avec l’ancien gouverneur du Katanga, à qui ils reprochent de se montrer trop critique envers le gouvernement…

Avec Jeune Afrique

Kash

par Kash

Caricaturiste, bédéiste et peintre congolais installé à Kinshasa.

RDC : Jean-Marc Kabund radié de l’UDPS, parti présidentiel

janvier 31, 2022
Jean-Marc Kabund

Le parti présidentiel en République démocratique du Congo a destitué et exclu son président Jean-Marc Kabund qui assure l’intérim du Président Félix Tshisekedi depuis son accession au pouvoir en 2019.

La destitution et l’exclusion de Jean-Marc Kabund interviennent deux semaines après que ce dernier ait annoncé sa démission de ses fonctions de premier vice-président de l’Assemblée nationale.

“Vu la gravité des manquements mis à sa charge, la commission nationale de discipline prend les sentences suivantes : déchéance de M. Jean-Marc Kabund, de toutes ses fonctions au sein de l’UDPS Tshisekedi”, souligne la décision de la commission de discipline du parti.

Kabund est accusé d’escroquerie “par la vente des cartes, acte de corruption et d’extorsion dans les nominations aux postes de l’État, violences physiques et verbales sur les combattants” et de n’avoir pas répondu aux convocations de la commission de discipline.

Il est également mis à sa charge la “supercherie politique en s’autoproclamant informateur lors de la coalition FCC-CACH et de l’agression répétée contre les éléments de la garde républicaine”.

Kabund avait annoncé sa démission via son compte Twitter mais peine à la formaliser devant l’Assemblée nationale. Il a été désavoué par les élus de son camp et d’autres instances au sein de la coalition gouvernementale, l’union sacrée qui regroupe des dissidents du camp de l’ancien président Joseph Kabila, des membres de l’ancienne opposition et des partisans de Tshisekedi.

Le Président entend briguer un second mandat, mais ses opposants l’accusent d’avoir pris le contrôle de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et de la cour constitutionnelle.

Par Lassaad Ben Ahmed  avec Pascal Mulegwa

Osvalde Lewat remporte le grand prix panafricain de littérature avec « Les Aquatiques »

janvier 25, 2022
Osvalde Lewat est née à Garoua dans une famille bamiléké © Philippe Matsas

Dans ce premier roman d’émancipation, la documentariste et photographe s’attaque aux conventions sociales. Le prix, nouvellement crée par la présidence congolaise de l’Union africaine et doté de 30 000 dollars, lui sera remis au mois de février à Addis-Abeba, lors du prochain sommet des chefs d’États de l’UA. Peu avant cette consécration, JA rencontrait l’autrice.

C’est à la galerie Françoise Livinec, dans un quartier cossu de Paris, que l’on retrouve Osvalde Lewat. Réalisatrice de dizaines de documentaires et photographe, elle y expose « Lumières africaines », extrait de la série Couleurs nuits, d’abord montrée dans les rues de Kinshasa en 2014. C’est par les arts visuels qu’elle commence à se raconter : « Je consacre du temps aux personnes que je filme et photographie, pour aller au-delà de la rencontre fortuite. L’idée est de décentrer le regard, de ramener la marge au centre, ou de modifier l’idée qu’on se fait de la marge. »

Si elle a l’allure d’une Parisienne chic, il serait bien indélicat de figer l’autrice de 45 ans dans la capitale française. Membre du jury documentaire au Fespaco, elle revient de Ouagadougou et sera dans quelques jours en Afrique du Sud pour un tournage sur « les soldats qui ont rejoint la branche armée de l’ANC », un film qui « est aussi un documentaire sur Mandela chef de guerre ». Dans la lignée de son premier court-métrage, filmé à 23 ans auprès d’Amérindiens marginalisés de Toronto, le travail de réalisation de Osvalde Lewat a toujours été animé par des enjeux sociaux et le désir de « donner un coup de pied dans la fourmilière ».

Homophobie familiale

Née à Garoua dans une famille bamiléké, Osvalde Lewat étudie le journalisme à Yaoundé avant d’intégrer Sciences Po Paris et de faire une étape au Canada. Elle tourne, entre autres, Au-delà de la Peine et Les Disparus de Douala au Cameroun, vit huit ans à Kinshasa, un temps en Guinée équatoriale, au Gabon, aux Comores, et aujourd’hui entre Paris et le Burkina, où son mari est ambassadeur de France. Des expériences qui nourrissent l’imaginaire du Zambuistan, où évoluent les personnages de son premier roman Les Aquatiques. « Je voulais construire un pays avec des réalités communes : l’homophobie, le poids du groupe sur l’individu, les injonctions faites aux femmes, le bal des apparences. » Avec une question en forme de fil rouge : à quel moment se hisse-t-on à hauteur de soi-même ?

L’EXPRESSION DE L’AMOUR NE PASSE PAS FORCÉMENT PAR LES SCHÉMAS DE LA FAMILLE ET DU COUPLE

« Le personnage de Katmé m’a été inspiré par des femmes que j’ai vu mourir à elles-mêmes pour être conforme aux attentes ». Que va donc faire Katmé, épouse d’un notable ambitieux, quand son ami artiste, Sami, est emprisonné en raison de son orientation sexuelle ? « J’ai grandi dans un contexte homophobe où la condamnation familiale qui arrive avant celle de l’État signe votre mort. »

Aux critiques qui lui disent que Les Aquatiques est un « roman pour Blancs » qui épouse une vision occidentale de l’identité sexuelle, elle rétorque : « C’est de l’ignorance. Dans l’Afrique d’avant la colonisation, il y avait des rapports entre personnes de même sexe, encadrés par la communauté. » L’intrigue se tisse autour de cet opprobre qui frappe Sami et de sa relation amicale avec Katmé. « L’expression de l’amour ne passe pas forcément par les schémas de la famille et du couple. Des amitiés fortes m’ont construite et sauvée. »

Immobilisation forcée

Enfant modèle, Osvalde Lewat se décrit aujourd’hui comme « un ovni familial ». À la vingtaine, alors qu’une place l’attend auprès d’un père chef d’entreprise, et d’un clan où « être se mesure à ce que l’on a », elle choisit les arts avant d’avoir construit une famille « traditionnelle » dans une société où « si vous n’êtes pas marié et sans enfants, vous êtes disqualifiés ».

On entend, derrière l’attachement familial, les difficultés : « Quand on vient de monde où le poids du groupe pèse autant, dire “non” c’est choisir un chemin de solitude ». Avant de glisser, pudiquement, en riant : « aujourd’hui, ça va, je suis mariée ». La figure maternelle, « très littéraire », est pour elle source d’inspiration. Dans Les Aquatiques, les personnages féminins sont particulièrement travaillés avec Keuna, la galeriste mère célibataire et Sennke, la petite sœur religieuse.

AVOIR QUATORZE REFUS D’ÉDITEUR, C’ÉTAIT DIFFICILE, MAIS QUAND J’ÉCRIS, JE SAIS QUE C’EST LÀ OÙ JE DOIS ÊTRE

« Il n’y a pas de bonne manière d’être, la seule qui compte c’est d’être soi, affirme Osvalde Lewat. Comme pour mon accident, la vie parfois vous oblige à vous déterminer. » C’est ainsi que la primo-romancière introduit l’élément déclencheur de son passage à l’écriture : une cheville cassée et une immobilisation forcée d’un an. Encouragée par des amis, comme Atiq Rahimi, celle qui, petite, voulait être écrivain (et psychothérapeute), et avait à l’adolescence rédigé « un mauvais roman », se lance à 39 ans. « J’étais acceptée comme documentariste, photographe. Remettre cela en question, avoir quatorze refus d’éditeur, c’était difficile. Mais quand j’écris, je sais que c’est là où je dois être », confie-elle.

Grande lectrice, elle confie son admiration pour Doris Lessing et « son ton affranchi et culotté » qui « a libéré mon écriture ». « Les écrivains juifs américains ont aussi beaucoup compté, comme Saul Bellow, poursuit-elle. Et je reste impressionnée par la modernité de la langue de Chinua Achebe et Ahmadou Kourouma ». C’est sur les terres ivoiriennes de ce dernier, grâce aux éditions Nimba, que Les Aquatiques sera disponible, en mars, pour une diffusion en Afrique.

Les Aquatiques, de Osvalde Lewat, Les Escales, 304 pages, 20 euros.

Avec Jeune Afrique par Anne Bocandé