Posts Tagged ‘Félix Tshisekedi’

RDC-Rwanda : Kagame accuse Tshisekedi d’utiliser la crise du M23 pour retarder la présidentielle

décembre 1, 2022

Dans un discours d’État ce mercredi, le président rwandais s’est montré très virulent. Se défendant de tout rôle dans la crise qui secoue l’est du pays voisin, il a rejeté la responsabilité sur son homologue congolais.

Paul Kagame lors de son discours d’État, à Kigali, le 30 novembre 2022. © Facebook Paul Kagame

Le mercredi 30 novembre, lors d’une cérémonie de prestation de serment des nouveaux membres du cabinet, le président rwandais, Paul Kagame a accusé son homologue Félix Tshisekedi de tirer parti des violences du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo pour retarder les élections.

Dans un discours d’État, Paul Kagame a déclaré que « le monde entier » imputait au Rwanda la responsabilité de la crise, mais que c’était Félix Tshisekedi qui cherchait à tirer profit des violences avant la présidentielle, prévue le 20 décembre 2023.

« Ce problème peut être résolu si un pays qui se dirige vers des élections l’année prochaine n’essaie pas de créer les conditions d’une situation d’urgence pour que les élections n’aient pas lieu », a-t-il ainsi affirmé. « S’il essaie de trouver un autre moyen de faire reporter les prochaines élections, alors je préférerais qu’il utilise d’autres excuses, et pas nous », a-t-il ajouté.

Les combats dans l’est de la RDC entre les forces gouvernementales et le M23 ont exacerbé les tensions avec le Rwanda voisin, que la RDC accuse d’encourager les rebelles. Kigali nie toute implication. Les pourparlers entre les deux pays, en Angola la semaine dernière, ont abouti à un cessez-le-feu qui semble tenir depuis plusieurs jours.

L’insécurité, un défi pour un vote « libre »

La commission électorale a déclaré ce mois-ci que l’insécurité persistante dans certaines parties du pays constituerait un défi pour un vote « libre, démocratique et transparent ». En RDC, la présidentielle est une élection à un seul tour, couplée aux législatives ainsi qu’aux élections des députés provinciaux et des conseillers communaux. Dans le cadre du cessez-le-feu entré en vigueur le 25 novembre, les combattants du M23 doivent se retirer des « zones occupées », faute de quoi une force régionale est-africaine interviendrait.

Une série de pourparlers avec des groupes armés s’est tenue au Kenya mercredi 30 novembre, sans la présence du M23. Uhuru Kenyatta, l’ancien président kenyan qui supervise les pourparlers, a déclaré que les groupes rebelles étrangers opérant sur le sol congolais « devraient partir » ou affronter les troupes de la RDC et de l’Afrique de l’Est. « Ils ont déjà été prévenus : la RDC ne sera pas un centre de combat pour d’autres pays », a déclaré Uhuru Kenyatta.

Par Jeune Afrique (Avec AFP

RDC : l’élection présidentielle fixée au 20 décembre 2023

novembre 26, 2022

Le président Félix Tshisekedi, arrivé au pouvoir en janvier 2019, a déjà exprimé son intention de se représenter.

Le siège de la Commission électorale nationale indépendante à Kinshasa. Photographie d’illustration. © JOHN WESSELS/AFP

La prochaine élection présidentielle en RDC est fixée au 20 décembre 2023, selon le calendrier annoncé officiellement samedi 26 novembre par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Après les prochaines élections, la prestation de serment du président élu aura lieu le 20 janvier 2024, a précisé l’organisation.

L’insécurité, l’un des « défis »

Cette annonce intervient alors que l’est du pays reste en proie aux violences de groupes armés, dont la rébellion du M23 qui contrôle une partie d’un territoire du Nord-Kivu. « L’insécurité persistante dans certaines parties du territoire » est un des « défis » à relever par la Ceni pour organiser un scrutin qu’elle veut « libre, démocratique, transparent », a déclaré son président, Denis Kadima, lisant le calendrier électoral au siège de la commission.

Des experts ont en outre manifesté leurs doutes sur un processus qui, selon eux, a pris « un mauvais départ ». En RDC, la présidentielle est une élection à un seul tour, couplée aux législatives, ainsi qu’aux élections des députés provinciaux et des conseillers communaux.

Tshisekedi en lice

Félix Tshisekedi a déjà exprimé son intention de se représenter. « J’ai une vision pour ce pays, je veux la concrétiser. Si le peuple veut bien m’accorder ce second mandat, je poursuivrai ma mission. Et après, je passerai la main »,déclarait-il à Jeune Afrique en août 2021.

Parmi les autres candidats possibles figure Martin Fayulu, qui continue d’affirmer avoir remporté le scrutin de 2018 et été privé de sa victoire.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

RDC – M23 : William Ruto attendu à Kinshasa alors que les combats reprennent

novembre 21, 2022

Plusieurs initiatives diplomatiques ont été lancées pour faire taire les armes. Le président kényan William Ruto doit s’entretenir ce 21 novembre à Kinshasa avec son homologue congolais Félix Tshisekedi.

Le président kényan William Ruto et le président congolais Félix Tshisekedi lors d’une visite officielle à Kinshasa, le 21 novembre 2022. © Photo by Arsene Mpiana / AFP

Signe des tensions, les offices religieux ont été brusquement écourtés ce dimanche 20 novembre dans plusieurs villages du nord-est de la RDC par l’irruption des rebelles du M23 toujours à l’offensive. Les lignes de front étaient restées calmes samedi, laissant croire que les appels à cesser-le-feu pouvaient avoir été entendus. Mais l’accalmie n’a duré qu’une journée.

« Nous étions à l’église pour le culte et le M23 a surgi en tirant beaucoup de coups de feu », a déclaré à l’AFP par téléphone un pasteur de Katwiguru, agglomération du territoire de Rutshuru située sur le front nord-est des combats entre l’armée congolaise et le « Mouvement du 23 mars ».

« Les combats font rage »

Selon Jean Bosco Bahati, un responsable de la société civile locale, les rebelles se sont emparés de plusieurs villages de la région, à quelque 35 km d’Ishasha, localité frontalière de l’Ouganda située non loin du Lac Édouard. « La population est en débandade », a-t-il témoigné. Selon un autre habitant, l’armée s’est repliée vers le Nord.

Plus au Sud, les combats ont aussi repris dimanche matin à une vingtaine de km au nord de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, au niveau de Kibumba, qui marque depuis plusieurs jours la ligne du front sud.À LIRECrise entre la RDC et le Rwanda, coups d’État… Au cœur des premiers débats du sommet de l’OIF

« Depuis ce matin les combats font rage » dans la région, a indiqué un habitant. « Trois officiers dont un colonel viennent d’être blessés dans les combats », a précisé une source sécuritaire sous couvert d’anonymat.

Il y a vingt ans jour pour jour, le 20 novembre 2012, le M23 s’était emparé de la ville de Goma, qu’il avait occupée pendant une dizaine de jours avant de se retirer et d’être vaincu l’année suivante.

William Ruto à Kinshasa

Reprochant à Kinshasa de ne pas avoir respecté ses engagements sur la démobilisation et la réinsertion de ses combattants, le mouvement a repris les armes en fin d’année dernière et étend depuis son territoire.

Sa résurgence a provoqué un regain de tension entre la RDC et le Rwanda, accusé de soutenir cette rébellion. Kigali conteste, en accusant en retour Kinshasa de collusion avec des rebelles hutu rwandais implantés en RD Congo depuis le génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda.

Plusieurs initiatives diplomatiques ont été lancées pour tenter de surmonter la crise. Le président kényan William Ruto doit avoir lundi à Kinshasa un entretien avec son homologue congolais Félix Tshisekedi.

Rencontre Tshisekedi et Kagame à Luanda

Sa visite fait suite à celle de son prédécesseur, l’ex-président Uhuru Kenyatta, désormais facilitateur de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC) pour la RDC, venu préparer une nouvelle session de pourparlers de paix prévus dans les prochains jours à Nairobi.

Vendredi soir, Uhuru Kenyatta a indiqué que le président rwandais Paul Kagame s’était joint aux appels demandant aux rebelles du M23 de cesser les combats et de se retirer des territoires qu’ils occupent.

L’EAC a par ailleurs décidé de créer une force régionale pour tenter de ramener la paix dans l’est de la RDC, en proie depuis près de trente ans aux violences de multiples groupes armés, dont le M23.

Le Kenya devrait contribuer à cette force à hauteur de 900 hommes, dont les premiers sont arrivés à Goma, où se situe le quartier général de la force.

Une autre initiative diplomatique est conduite en parallèle par le chef de l’État angolais João Lourenço, qui prévoit une nouvelle rencontre dans les prochains jours entre les présidents congolais et rwandais à Luanda.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Est de la RDC : des centaines de jeunes prêts à intégrer l’armée pour combattre le M23

novembre 5, 2022

Des centaines de jeunes Congolais se sont portés volontaires pour s’enrôler dans l’armée et combattre les rebelles du M23 qui gagnent du terrain dans l’est de la RDC.

Des centaines de personnes déplacées ont fui l’avancée de la rébellion du M23 et marchent le long de la route nationale à Kanyaruchinya, le 2 novembre 2022. © ALEXIS HUGUET / AFP

Dans un message à la nation, le président Félix Tshisekedi avait renouvelé jeudi 3 novembre son appel aux jeunes Congolais qui en ont la vocation « à s’enrôler massivement » dans l’armée pour combattre la rébellion du « Mouvement du 23 mars »(M23).

« Depuis ce matin (samedi), nous sommes au-delà de 800 jeunes garçons et filles qui ont répondu présents à l’appel du chef de l’État », a déclaré à l’AFP le colonel Ndakala Faustin, directeur chargé du recrutement au sein de l’armée dans la province du Nord-Kivu.

« Mobilisation générale »

L’officier confirmait une information partagée sur les réseaux sociaux avec des images montrant des centaines de jeunes rassemblés dans un centre de recrutement, en train de faire des exercices physiques.

« C’est une mobilisation générale de la jeunesse du Nord-Kivu », s’est-il félicité, indiquant que dans la partie nord de la province, « 2 018 jeunes » ont rejoint un camp de formation à Beni et « attendent leur enregistrement ». « Ceux qui seront aptes vont aller au centre d’instruction, s’il veulent devenir militaires, ils vont servir après l’agression (du M23), parce que je suis sûr que nous allons bouter l’ennemi dehors » d’ici-là, a-t-il ajouté.

Vives tensions entre la RDC et le Rwanda

La tension est vive entre Kinshasa et Kigali depuis la résurgence, fin 2021, du M23, une ancienne rébellion tutsi qui a repris les armes en reprochant à la RDC de ne pas avoir respecté des accords sur la démobilisation de ses combattants. Kinshasa accuse Kigali de soutenir cette rébellion, ce que le Rwanda conteste.

Après plusieurs semaines d’accalmie, le M23 est à l’offensive depuis le 20 octobre et a gagné du terrain tandis que les Forces armées congolaises (FARDC) tentent de lui barrer la route vers Goma, ville de plus d’un million d’habitants et chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

Ce regain des tensions entre les deux pays des Grands Lacs inquiète la communauté internationale, qui a appelé à l’arrêt immédiat des combats et au retrait du M23 des zones occupées. Samedi, les ministres des Affaires étrangères de RDC et du Rwanda sont arrivés à la présidence angolaise pour une nouvelle médiation.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

RDC : Félix Tshisekedi appelle la jeunesse à la mobilisation face au M23

novembre 4, 2022

Dans une allocution télévisée, le président congolais a appelé ce jeudi 3 novembre la jeunesse de son pays à « s’organiser en groupes de vigilance » face au M23 qui, a-t-il réaffirmé, bénéficie de « l’appui du Rwanda ».

Le président Félix Tshisekedi (ici le 8 avril 2022) a fait une allocution télévisée ce jeudi soir. © Tchandrou Nitanga/AFP

Dans un message à la nation diffusé par la télévision nationale, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a appelé ce jeudi soir « la jeunesse » de son pays à « s’organiser en groupes de vigilance » face à la rébellion du M23.

« La guerre qui nous est imposée […] exige des sacrifice », a-t-il déclaré, en appelant ses compatriotes à « taire [leurs] divergences » pour faire front. « La nation a besoin de l’engagement de toutes ses filles et de tous ses fils », a poursuivi le président.

« En réponse à la forte demande de la jeunesse, a-t-il continué, j’invite celle-ci à s’organiser en groupes de vigilance en vue d’appuyer, d’accompagner et de soutenir nos forces armées ». Il a aussi « renouvelé » son appel aux jeunes qui en ont la vocation « à s’enrôler massivement » dans l’armée.

Tension entre Kinshasa et Kigali

Le Rwanda a « des velléités expansionnistes, avec comme intérêt principal l’appropriation de nos minerais », a-t-il accusé lors de cette même allocution.

« Pour ce faire, il s’active à déstabiliser l’est du Congo pour créer une zone de non-droit en vue d’assouvir ses appétits criminels », a poursuivi le président, déplorant que les différentes initiatives diplomatiques engagées pour apaiser les tensions n’aient abouti à « aucun résultat tangible ».

La tension est particulièrement vive entre Kinshasa et Kigali depuis la résurgence, fin 2021, du M23 (Mouvement du 23 mars), qui a repris les armes en reprochant à Kinshasa de ne pas avoir respecté des accords sur la démobilisation de ses combattants.

Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir cette rébellion, ce que Kigali conteste en accusant en retour la RDC de collusion avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda. « Fallacieuse accusation », a martelé Félix Tshisekedi.

Ambassadeur expulsé

Il a cependant demandé aux Congolais de « ne pas céder aux propos xénophobes et autres discours de haine ou de stigmatisation des communautés rwandophones ».

Après plusieurs semaines d’accalmie, la rébellion du M23 est à l’offensive depuis le 20 octobre dans le territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, où elle s’est emparée de plusieurs localités sur un axe routier stratégique desservant Goma.

L’ambassadeur du Rwanda vient d’être expulsé par la RDC, qui a aussi annoncé en début de semaine le rappel de son chargé d’affaires à Kigali.

Par Jeune Afrique (avec AFP

RDC – Martin Fayulu : « Félix Tshisekedi va devoir partir »

novembre 1, 2022

Risque de glissement du calendrier électoral, potentielles alliances, hypothétique dialogue… De passage à Paris, l’opposant, qui retentera sa chance lors des prochaines élections, s’est confié à Jeune Afrique. Rencontre avec un homme revanchard.

Martin Fayulu, président du parti Engagement pour la citoyenneté et le développement, à Paris, le 28 octobre 2022. © Vincent Fournier pour JA

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a beau ne pas avoir encore publié son calendrier, Martin Fayulu sait déjà à quoi s’en tenir. « Le 23 janvier 2024, à minuit, Félix Tshisekedi devra prendre ses cliques et ses claques et partir”, lance-t-il, déterminé, dans le salon d’un hôtel parisien. Après avoir passé quatre ans à revendiquer la victoire à la dernière élection présidentielle, Fayulu renfile ses habits de candidat.

Investi par son parti, l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé) en juillet dernier, l’ancien porte-étendard de la plateforme d’opposition Lamuka est à Paris pour quelques jours. Une visite familiale puisque l’un de ses fils réside en région parisienne, mais surtout politique. Il vient notamment poursuivre la tournée médiatico-diplomatique de ces derniers mois aux États-Unis, au Canada et en Belgique. « J’ai vu des élus américains, je suis allé au Département d’État à Washington, au ministère des Affaires étrangères au Canada. J’ai également rencontré des députés canadiens », énumère-t-il, convaincu que ses « interlocuteurs regrettent aujourd’hui d’avoir pris acte de l’élection de Félix Tshisekedi ». « On le sent dans leur attitude, même s’ils ne le disent pas clairement avec des mots. »

« Les élections en décembre 2023, c’est un must »

Pas question pour autant, en cette fin d’octobre, de s’étendre sur le respect de la « vérité des urnes », qui a été son cheval de bataille ces dernières années. Non pas que la revendication ait disparu – il ne manque d’ailleurs jamais l’occasion de rappeler que les résultats compilés par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) le donnaient vainqueur. Mais l’actualité impose d’autres priorités.

Il y a d’un côté le conflit en cours entre la RDC et le Rwanda autour de la résurgence du M23 et les accusations répétées de Tshisekedi à l’encontre de son homologue Paul Kagame. « Aujourd’hui, il est tellement flagrant que la RDC est agressée par le Rwanda que Félix Tshisekedi n’a d’autre choix que de rejoindre notre position », tacle d’entrée Fayulu, qui affirme tenir le discours actuel du chef de l’État depuis « plus de dix ans ».

De l’autre, il y a la préparation de cette élection aux allures de revanche, prévue pour décembre 2023 mais sur laquelle plane le spectre d’un glissement du calendrier. « Les élections en décembre 2023 sont une obligation, un must », rétorque immédiatement cet ancien cadre de la compagnie pétrolière américaine ExxonMobil.

LE MANDAT, C’EST CINQ ANS. PAS CINQ ANS PLUS UNE SECONDE

Qu’importe le discours rassurant du gouvernement, dont le porte-parole, Patrick Muyaya, a encore réaffirmé que « l’organisation des élections [était] une question de conviction et pas une obligation ». Martin Fayulu n’y croit pas. « À un moment donné, on vous dira que l’on n’a pas pu, malgré toute notre bonne volonté, les tenir à temps, à cause de l’état de siège ou de la guerre avec Kagame… Ce sont des stratégies pour gagner du temps, estime-t-il. La Constitution fixe le mandat à cinq ans. Pas cinq ans plus une seconde, cinq ans. »

La Ceni s’est engagée à publier son calendrier en novembre et promet, malgré des alertes régulières sur des difficultés de financement, de mener les activités d’enrôlement dans un délai raccourci. Mais à un peu plus d’un an de la date butoir, la perspective d’un glissement est prise très au sérieux, tant au sein de la classe politique que par les chancelleries. Certains parient sur un report de six mois, d’autres de huit. Les plus pessimistes évoquent un délai qui pourrait dépasser un an. Et l’opposition est à l’affût du moindre faux pas.

« Beaucoup de gens sont responsables de la situation dans laquelle nous nous trouvons », affirme Fayulu. Déterminé à défendre son bilan d’opposant – lui préfère dire qu’il fait de la « résistance » –, il énumère ses différentes initiatives : « Le 8 février 2019, j’avais déjà fait une proposition concrète à l’Union africaine. Le 10 mai 2019, j’ai fait une autre proposition de sortie de crise en plaidant pour la mise en place d’un haut conseil de réformes institutionnelles. J’ai réitéré cette proposition le 4 novembre 2019. À chaque fois, personne ne m’a suivi. » « Martin Fayulu ne reconnaît pas les institutions, mais il faudrait qu’on écoute et que l’on soutienne chaque nouvelle proposition qu’il formule », assène l’un de ses anciens alliés qui a rallié la majorité.

« L’Église a cassé le bloc patriotique »

Mais Martin Fayulu ne cherche-t-il pas aussi à se positionner en fer de lance d’une opposition pour l’instant éparpillée ? Candidat surprise de Lamuka en 2018, il a longtemps ressassé la « trahison » de janvier 2019. Celle de la Ceni et de la Cour constitutionnelle, qu’il accuse de l’avoir privé de « sa » victoire. Celle des diplomates qui ont pris acte d’un scrutin controversé ayant toutefois abouti à la première transition pacifique en RDC. Pendant près de quatre ans, il s’est donc attaché à rester au centre du jeu pour capitaliser sur ce statut « d’opposant numéro un ». Mais cela n’a pas été évident. Antipas Mbusa Nyamwisi et Freddy Matungulu ont quitté Lamuka dès 2019. Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba ont ensuite rejoint l’Union sacrée, fin 2020, après la rupture de l’alliance entre Tshisekedi et Joseph Kabila.

Fayulu, lui, a longtemps résumé ces bouleversements politiques à de simples « stratagèmes [de Félix Tshisekedi] pour se maintenir au pouvoir », préférant se démener sur le terrain des réformes électorales et de la Ceni. Fin octobre 2021, il s’est même investi au sein d’un « bloc patriotique » avec des représentants du Front commun pour le Congo (FCC, la coalition de Joseph Kabila). Une marche sera organisée le 13 novembre suivant. Mais la mobilisation finira par s’essouffler.

« Félix Tshisekedi a pris peur. Il a envoyé les présidents des deux chambres du Parlement, le Premier ministre et François Beya [alors conseiller en sécurité] chez le cardinal Ambongo avant de recevoir les évêques de la Cenco », se souvient l’opposant. « Je ne sais pas ce qu’il leur a dit mais Mgr Utembi [le président de la Cenco] est sorti de là en déclarant qu’il fallait aller de l’avant”, regrette Fayulu, qui accuse l’Église catholique d’avoir « cassé le bloc patriotique ».

Vive contestation

Si la mobilisation face à Denis Kadima a faibli au sein de l’opposition, la composition des bureaux respectifs de la Ceni et de la Cour constitutionnelle, accusés de servir les intérêts du pouvoir, fait toujours l’objet d’une vive contestation, sans que cela ne débouche pour l’instant sur un quelconque dialogue. La perspective d’un glissement pourrait-elle pousser dans cette direction ? En cas d’empêchement du président, la Constitution prévoit que le président du Sénat – en l’occurrence Modeste Bahati Lukwebo – prenne en charge la gestion de la transition et l’organisation, dans les 90 jours, des élections.

« Nous, nous pensons que le président du Sénat ne doit pas gérer cette transition, car il appartient au camp du pouvoir. L’Union sacrée, le FCC, Lamuka et la société civile doivent se mettre à la même table pour s’entendre sur une personnalité de la société civile », explique Fayulu. Une perspective évidemment bien éloignée des positions du gouvernement, qui affirme ne pas envisager de report. « Nous ne faisons pas dans la politique-fiction. Les élections seront tenues dans les délais. Martin Fayulu peut donc dialoguer avec lui-même », balaie un ancien allié de l’opposition qui lui reproche de « s’isoler ».

S’il semble s’étonner lorsqu’on lui énumère la liste des candidats déjà investis ou sur le point de se déclarer, Martin Fayulu se dit en tout cas sûr de sa force. « Nous étions 21 en 2018 et 33 en 2006, rappelle-t-il. Dans le lot, il n’y avait quasiment que des candidats [qui ont enregistré] entre 0 % et 1 %. Aujourd’hui, nous sommes trois ou quatre à pouvoir peser. » Il évoque aussi des « manœuvres du pouvoir pour soutenir et pousser des candidats », sans toutefois préciser les noms de ceux qu’il vise. “N’est pas candidat qui veut. En 2011, vous pensez sérieusement que Vital Kamerhe pensait pouvoir être élu alors qu’Étienne Tshisekedi crevait le plafond ? »

« Encore une question d’ego »

Reste que la multiplication des candidatures dans une élection à un seul tour ne joue pas en faveur de l’opposition. En 2018, celle-ci avait réussi à s’asseoir à une même table à Genève. Difficile pour l’instant d’envisager un renouvellement de l’expérience. « Personnellement, je suis d’accord avec l’idée d’organiser un Genève bis. Lors du congrès qui m’a désigné candidat, nous avons pris trente résolutions, dont une qui autorise que l’on s’associe à quelqu’un qui regarde dans la même direction que soi », admet Fayulu. « Au final, comme à Genève, cela sera une question d’ego, estime un opposant congolais présent à l’époque. Qui acceptera à nouveau de se ranger derrière l’autre ? »

Les pistes d’alliances ne sont pas nombreuses. Ces derniers mois, Martin Fayulu a rencontré à deux reprises l’ancien Premier ministre de Joseph Kabila, Matata Ponyo Mapon, candidat sous l’étiquette de son nouveau parti, Leadership et Gouvernance pour le développement. Fayulu reconnaît qu’un rapprochement est possible. « Il m’a parlé de son appartenance à l’opposition. S’il voit dans Lamuka quelque chose qui peut lui correspondre, nous avons des structures au sein de la coalition pour trancher sur cette question », ajoute-t-il.

Quid de Denis Mukwege, Nobel de la Paix 2018 dont certains soutiens poussent en coulisses pour une candidature en 2023 ? « Évidemment qu’il entre dans la liste des candidats potentiels. Il fait des choses énormes pour ce pays », reconnaît Fayulu, qui entretient de bonnes relations avec le célèbre médecin mais n’envisage pas, pour le moment, de se ranger derrière quelqu’un d’autre. « Je ne peux pas décider à la place du peuple qui m’a désigné candidat, conclut-il. N’est-ce pas Félix Tshisekedi qui disait, en novembre 2018 à Genève, que le changement [s’appelait] Fayulu ? »

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

Le Congo arrête le chef de l’opposition Kabund

août 9, 2022
Jean-Marc Kabund, secrétaire général du principal parti d'opposition congolais l'Union pour la démocratie et le progrès social s'exprime lors d'une conférence de presse à Kinshasa

Jean-Marc Kabund, secrétaire général du principal parti d’opposition congolais, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), prend la parole lors d’une conférence de presse à Kinshasa, en République démocratique du Congo, le 8 janvier 2019. REUTERS/Baz Ratner/File Photo

KINSHASA, 9 août (Reuters) – Jean-Marc Kabund, ancien bras droit du président de la République démocratique du Congo et aujourd’hui chef de l’opposition, a été arrêté mardi, a déclaré son avocat, lors d’une polémique sur une remarque à propos de son ancien patron.

L’ancien vice-président du parlement et actuel législateur s’est disputé avec le président Félix Tshisekedi plus tôt cette année, après quoi il a lancé son propre parti politique.

Il a fait l’objet d’une enquête ces dernières semaines sur des accusations que les autorités n’ont pas précisées.

Ses avocats disent qu’il est accusé d’outrage au chef de l’Etat après un discours le qualifiant de « dangereux ».

L’avocate de Kabund, Henriette Bongwalanga, a déclaré qu’il avait été arrêté mardi après une audience au bureau du procureur général.

« Ils n’ont pas respecté la procédure. Aujourd’hui, ils sont venus après l’audience et l’ont (arrêté) malgré son immunité (parlementaire) », a-t-elle déclaré.

Le ministère de la Justice n’a pas pu être joint pour commenter et un porte-parole du gouvernement a refusé de commenter.

Une source policière a déclaré que Kabund avait été emmené à la prison centrale de Makala, à Kinshasa, la capitale du Congo.

Kabund était une figure de proue derrière la montée au pouvoir de Tshisekedi et leurs retombées ont mis en évidence les lignes de faille émergentes dans la direction du pays. Cela pourrait être synonyme d’incertitude pour l’avenir de la coalition au pouvoir de l’Union sacrée à l’approche de l’élection présidentielle de 2023, ont déclaré des analystes politiques. 

Dans une déclaration sur la procédure la semaine dernière, Kabund a déclaré que l’enquête contre lui était la preuve que les institutions congolaises étaient exploitées pour servir des intérêts politiques.

« Lutter contre le régime Tshisekedi est pour moi une nécessité absolue, peu importe le prix à payer », a-t-il écrit sur Twitter.

Avec Reuters reportage de Stanis Bujakera; Écrit par Nellie Peyton; Montage par Andrew Cawthorne

Congo-Sports : Félix Tshisekedi octroie des jeeps Toyota Fortuner aux basketteurs

août 6, 2022

Le directeur du cabinet du chef de l’État, Guylain Nyembo Mbuiza, a remis, au nom du président de la République, le 4 août, au Palais de la Nation, des jeeps aux basketteurs de l’équipe nationale.

Guylain Nyembo Mbuiza a rappelé, en présence du ministre des Sports, Serge Khonde, aux heureux champions de la première édition de l’AfroCan 2019, combien le chef de l’État a tenu à réaliser sa promesse eu égard à l’honneur qu’a fait l’équipe nationale congolaise. Il a, par ailleurs, réitéré les félicitations du président de la République à toute l’équipe pour le trophée remporté. Pour sa part, le numéro un du sport congolais est revenu sur la sincérité de la promesse du président de la République. Il a fait une promesse, il l’a réalisée. Il a, en outre, fait remarquer que les trois années prises dans la réalisation de cette promesse étaient liées aux formalités administratives et techniques. Il a invité les basketteurs à garder le cap tout en travaillant en vue de faire encore mieux dans l’avenir.

A son tour, le président de la Fédération congolaise de Basket-ball, Paulin Kabongo, perçoit ce geste comme une opportunité de booster ces jeunes athlètes qui, d’ailleurs, sont qualifiés pour la dernière fenêtre des éliminatoires de la Coupe du monde qui va se jouer en phase aller à partir du 25 août 2022 à Tunis. Le capitaine de l’équipe, dernier à se livrer à la presse, a saisi ce moment pour remercier le président de la République d’avoir tenu parole. Et il a promis en tant que capitaine de toujours de porter toujours haut l’étendard de l’équipe, surtout en cette Coupe du monde qui pointe à l’horizon. Au total, on a compté seize jeeps de marque Toyota Fortuner dont l’année de fabrication est 2022. Rappelons que les athlètes ont été reçus le 3 août par le chef de l’État à la Cité de l’Union africaine à qui ils ont présenté officiellement leur trophée.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC-Enjeux politiques : l’Alliance pour le changement dénonce l’acharnement contre Jean Marc Kabund

juillet 25, 2022

Depuis sa dernière sortie médiatique au cours de laquelle il s’en est pris au régime en place, le ciel s’abat de plus en plus sur Jean Marc Kabund, ancien proche collaborateur de Félix Tshisekedi.

Jean Marc Kabund

Plusieurs faits se sont succédé tendant à liquéfier sa stature politique. De l’ouverture par le Bureau de l’Assemblée nationale d’un dossier disciplinaire à son encontre à la suspension des travaux de construction du stade Wawa-Waya, en passant par l’encerclement de sa résidence en date du 22 juillet par les éléments de la police, sans oublier le réquisitoire du procureur général près la Cour de cassation, tout dénote que l’intéressé est en train de vivre les pires moments de sa carrière politique. En si peu de temps, tout ce qu’il s’est forgé comme aura politique est en train de s’écrouler comme un château des cartes.       

Prenant la défense de son président qu’une certaine opinion qualifie de « traitre » pour avoir craché sur la main qui l’a nourri, en l’occurrence l’UDPS, l’Alliance pour le changement (A-Ch), ce nouveau parti politique membre de l’opposition est montée au créneau le samedi 23 juillet, rejetant toutes les allégations tendant à discréditer Jean Marc Kabund. Alors qu’un dossier disciplinaire est en passe d’être ouvert à l’Assemblée nationale à l’encontre de son  leader, l’Alliance pour le changement oppose les textes régissant le fonctionnement de la chambre basse du Parlement. « Il n’existe aucune disposition du règlement intérieur de cette chambre parlementaire qui donne le pouvoir au bureau d’ouvrir une action disciplinaire contre un député national usant de sa liberté d’expression en dehors de l’hémicycle et pendant les vacances parlementaires », fait observer ce parti politique. Plus loin, le même parti récuse le communiqué du bureau de l’Assemblée nationale y relatif au motif  « qu’il viole la Constitution et tous les textes pertinents qui consacrent la liberté d’expression et d’opinion pour un citoyen congolais de surcroit député national ».   

Quant au réquisitoire du procureur général près la Cour de cassation qui a saisi le bureau de l’Institution pour solliciter l’autorisation de poursuite contre Jean-Marc Kabund notamment pour outrage au chef de l’État, l’A-Ch y perçoit quelques velléités d’instrumentalisation de la justice. Sans ambages, le parti cher à l’ex  vice-président de l’Assemblée nationale parle « des infractions imaginaires et politiquement motivées » mises à sa charge et se réserve le droit de saisir la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples ainsi que le Comité des droits de l’Homme des Nations unies à Genève.

En définitive, l’Alliance pour le changement dénonce l’acharnement à l’encontre de son président national, Jean-Marc Kabund, et prend à témoin la communauté tant nationale qu’internationale « sur le déroulement de tous ces évènements honteux et antipatriotiques orchestrés en marge de la loi qui font reculer la démocratie dans notre pays ».

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC-Kinshasa : de nouvelles résidences pour officiers supérieurs des Fardc

juillet 4, 2022

Les officiers supérieurs et généraux des Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc) ont désormais leur quartier, ou mieux une nouvelle cité de résidence, situé à une trentaine de kilomètres du centre-ville de Kinshasa, dans sa périphérie est.

Quelques villas pour hauts officiers de l’armée

Le président de la République, Félix-Antoine  Tshisekedi Tshilombo, a remis symboliquement, le 2 juillet, les  trente premières villas sorties de terre  et prêtes à accueillir les premiers occupants.

Il s’agit du « Pool Malebo » qui est un projet du gouvernement initié en 2016 mais dont les travaux s’étaient arrêtés en 2018, faute de financement. En janvier dernier, sur instruction du chef de l’Etat, le gouvernement, à travers le ministère de la Défense nationale, a relancé ce projet avec le même partenaire, à savoir Congo international investment group.

En l’espace de six mois, le partenaire a réussi à rendre viable une trentaine de villas sur les cent quatre-vingt-dix attendues. « Ce résultat ne constitue que les prémices du projet, lequel va s’étendre sur les cinq prochaines années », a précisé le ministre de la Défense nationale, Gilbert Kabanda Kurhenga, qui a ajouté qu’ « au-delà de la sphère des officiers généraux et supérieurs, le projet  couvrira également les besoins en logement de tous les officiers et sous-officiers de carrière ». Chaque occupant devrait consentir à hauteur de 35% du coût de chaque villa.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso