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Félix Tshisekedi décline sa vision stratégique d’une Union africaine au service des peuples

février 15, 2021

« J’en appelle à une mobilisation générale des leaders occidentaux et des peuples d’Afrique, des hommes, femmes et jeunes, pour la réalisation de la vision portée par l’Agenda 2063 ». Cette exhortation adressée aux membres du corps diplomatique accrédités en RDC, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, l’a faite le samedi 13 février au Palais de la nation, à la faveur du banquet de restitution du 34e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine.

Parlant justement des objectifs de cet agenda 2063 cristallisés autour du crédo « L’Afrique que nous voulons », le nouveau président en exercice de l’Union africaine (UA) a néanmoins reconnu les progrès réalisés dans ce cadre en 2020.  Sa vision panafricaine et stratégique liée à sa mandature à la présidence de l’UA est fondée sur la perspective d’une « Union africaine au service des peuples » et qui met essentiellement en avant la pleine participation des peuples africains au développement du continent. Le respect des principes démocratiques et de bonne gouvernance, la promotion de la justice sociale, le respect de la dignité humaine et la consolidation de la solidarité africaine sont autant de pistes de réflexion qu’entend impulser cette vision stratégique. Les priorités du premier plan décennal (2013-2023) de mise en œuvre de l’Agenda 2063 en constituent des domaines d’intervention, la finalité étant de créer « une nouvelle Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur l’arène internationale ».

Cette vision stratégique de Félix-Antoine Tshisekedi s’articule sur neuf piliers prioritaires avec un accent particulier sur les questions relatives à la sécurité sanitaire, à la lutte contre la covid-19 et la couverture vaccinale. C’est sous le signe de la continuité qu’il place son mandat à la tête de l’UA. Rien, a-t-il déclaré, « n’est plus pressant aujourd’hui que de poursuivre les accomplissements majeurs accomplis dans le cadre des initiatives de promotion de l’intégration régionale intervenues avec le lancement effectif de la Zone de libre-échange continentale africaine ainsi que la campagne Faire taire les armes et la consolidation des initiatives de l’UA dans la lutte contre la covid-19 ». Toutefois, a-t-il indiqué, sa vision stratégique ainsi que le Plan d’action soutenant sa mandature ont été remis au secrétariat de la commission qui en assurera la traduction dans les langues officielles de l’UA avant d’en faire une très large diffusion.

Pour une renaissance africaine

Tirant les enseignements de la pandémie de covid-19 et de ses conséquences désastreuses, le chef de l’Etat a indiqué qu’elle aura offert à l’Afrique « l’occasion de réexaminer ses priorités socio-économiques, de réduire ses dépendances et vulnérabilités externes, d’accroître sa capacité de résilience, en rassemblant et mobilisant les énergies et forces de ses populations ». Il a, par ailleurs, ressassé son leitmotiv d’une « Afrique émancipée qui compte sur elle-même et trouve des solutions endogènes et collectives à ses problèmes ».  Bref, une Afrique qui réunit les conditions de la « Renaissance africaine » chère aux pères fondateurs de l’UA. Sur le plan sanitaire, Félix-Antoine Tshisekedi a appelé au renforcement du système de santé, à l’investissement dans les secteurs de l’éducation et de la recherche scientifique et au développement, par chaque pays, de son capital humain.

Le mandat de la RDC à la tête de l’UA étant placé sous le signe du renforcement des liens de coopération existant avec tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux, sans exclusive, il va sans dire que les Africains sont astreints « à agir ou réagir ensemble, dans une réponse commune ou partagée ». Là-dessus, le président de la République a salué toutes les initiatives internationales visant à promouvoir l’investissement, la croissance et le développement du continent africain à l‘instar des programmes AfricanGrowth et  Millenium challenge corporation (MCC), du Forum Chine-Afrique, de la Ticad, du Pacte du G20, etc.

« L’Afrique que nous voulons doit être une Afrique de paix. Une Afrique où du nord au sud et de l’est à l’ouest, la paix et la sécurité deviendront des cultures communes », a conclu le cinquième président du Congo indépendant qui, par-dessus-tout, tient à réaliser un mandat fructueux à la tête de l’UA avec l’appui et l’accompagnement de toutes les représentations diplomatiques présentes en RDC.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

UA : Moussa Faki Mahamat reconduit à la tête de la Commission, Félix Tshisekedi prend la présidence

février 7, 2021
Félix-Antoine Tshisekedi a reçu en audience Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, le 3 décembre 2020.

Au premier jour de son sommet en visioconférences, l’Union africaine a reconduit à sa tête le Tchadien Moussa Faki Mahamat, en plein débat sur la lutte contre le Covid-19 et l’approvisionnement vaccinal du continent.

« Profondément honoré par ce vote de confiance historique et écrasant », a commenté sur twitter Moussa Faki Mahamat, réélu en fin d’après-midi par 51 États membres sur 55. Il se voit reconduit pour un mandat de quatre ans à la tête de la Commission de l’Union africaine, organe exécutif et institution clé de l’organisation panafricaine.

Au passage, il a félicité Monique Nsanzabaganwa, vice-gouverneur de la Banque nationale du Rwanda, élue son adjointe à la tête de la Commission.

Ancien Premier ministre du Tchad, Moussa Faki Mahamat était seul candidat à sa succession, et faisait face à des accusations -qu’il rejette- « d’une culture de harcèlement sexuel, de corruption et d’intimidation au sein de la commission », selon une récente note de l’International Crisis Group (ICG).

Certains États s’étaient également inquiétés du respect du secret de ce vote organisé à distance et par internet.

« Nationalisme vaccinal »

Organisé exceptionnellement en ligne pour éviter toute contamination, ce sommet se déroule exactement un an après la détection d’un premier cas de Covid-19 en Égypte. À l’époque, l’arrivée de l’épidémie sur le continent avait fait craindre une explosion des fragiles systèmes de santé africains, un scénario apocalyptique qui ne s’est pas réalisé.

L’Afrique reste pour l’instant relativement épargnée, avec 3,5% des cas et 4% des morts officiellement recensés dans le monde, selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies de l’UA (Africa CDC).

Mais de nombreux pays sont actuellement confrontés à une seconde vague préoccupante et ont du mal à accéder aux vaccins, alors qu’à raison de deux doses par personne, l’Afrique aura besoin d’1,5 milliard de doses pour vacciner 60% de ses environ 1,3 milliard d’habitants.

« Cette maladie a provoqué beaucoup de souffrance et de difficultés sur notre continent », a déclaré le chef de l’État sud-africain Cyril Ramaphosa, président sortant de l’UA, dans son discours d’ouverture, soulignant que l’urgence sanitaire se doublait d’une « grave crise économique et sociale ».

Les dirigeants africains se montrent de plus en plus agacés face à la course effrénée aux vaccins, dans laquelle ils partent avec un lourd handicap.

Dans une récente interview, Moussa Faki Mahamat a dénoncé le « nationalisme vaccinal » et les « pays riches qui s’arrogent la priorité, certains pré-commandant même plus que ce dont ils ont besoin ».

« Sortir des salles de réunion »

Les débats à huis clos ont démarré par une intervention de Cyril Ramaphosa sur les actuels efforts africains face à la pandémie. Dans son discours il a également appelé le Fonds monétaire international (FMI) à débloquer de nouvelles ressources « pour corriger l’inégalité flagrante des mesures de relance fiscales entre les économies avancées et le reste du monde ».

Son successeur à la présidence tournante annuelle de l’organisation, son homologue de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, s’est engagé à rendre l’UA plus pertinente en la « faisant sortir des salles de réunion ».

Félix Tshisekedi a exposé un programme ambitieux portant à la fois sur la lutte contre la changement climatique, les violences sexuelles, la promotion de la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), ou encore le méga-projet de barrage hydro-électrique Inga dans son pays.

Autre enjeu -interne celui-là- à l’UA, le Nigérian Bankole Adeoye a été élu la tête d’un super département regroupant les Affaires politiques, et le département Paix et sécurité. Il devrait jouer un rôle crucial, aux côtés de Moussa Faki Mahamat, pour tenter de régler de nombreuses crises africaines que l’UA est accusée de négliger.

Le Conseil de Paix et de Sécurité n’a, par exemple, quasiment pas abordé le conflit entre le gouvernement camerounais et les séparatistes anglophones, ou l’essor inquiétant des islamistes radicaux dans le nord du Mozambique.

La crise au Tigré qui secoue depuis trois mois l’Éthiopie, qui abrite le siège de l’UA, fait elle partie des dossiers les plus sensibles.

Dès le déclenchement des combats début novembre, Moussa Faki Mahamat avait appelé à la cessation des hostilités entre le gouvernement d’Addis-Abeba et les autorités dissidentes du Tigré, une région du nord de l’Éthiopie. Mais le Premier ministre éthiopien et prix Nobel de la Paix 2019 Abiy Ahmed a refusé toute médiation de l’UA dans une opération « de maintien de l’ordre » relevant de la souveraineté nationale.

Ce sommet coïncide également avec l’annonce d’une nouvelle politique diplomatique des États-Unis par Joe Biden, qui souhaite renouer des liens avec les institutions multilatérales, notamment l’Union africaine.

Par Jeune Afrique avec AFP

Ce que la réforme de l’Union africaine va changer

février 6, 2021
Au siège de l’Union africaine, à Addis-Abeba, en 2016.

Le 34ème sommet de l’Union africaine s’ouvre samedi à Addis-Abeba et devrait notamment reconduire Moussa Faki Mahamat à la tête de la Commission. Il s’agira de la première élection depuis le processus de réformes entamé en 2016.

Ce samedi 6 février s’ouvre, à Addis-Abeba, le 34ème sommet des chefs d’État de l’Union africaine (UA). Au cours de ce rendez-vous, qui se déroulera pour l’essentiel en visioconférence, le Congolais Félix Tshisekedi prendra le relais du Sud-Africain Cyril Ramaphosa à la présidence tournante de l’organisation et Moussa Faki Mahamat devrait être reconduit à la tête de la Commission de l’UA.

Si le Tchadien est l’unique candidat à sa propre succession, cette élection n’est pas pour autant dénuée d’enjeux : il s’agira de la première depuis que le processus de réformes confié au Rwandais Paul Kagame et porté par Moussa Faki Mahamat a été lancé. « Nous sommes à la fin d’un processus qui a commencé en juin 2016 », commente Pierre Moukoko Mbonjo, ex-ministre camerounais des Relations extérieures, qui pilote la cellule de mise en œuvre de la réforme institutionnelle de l’UA. Ces changements sont censés rendre l’organisation plus efficace mais aussi la recentrer sur ses missions prioritaires.

Parité et fiches de poste

S’il est réélu, Moussa Faki Mahamat devra nécessairement être secondé par une vice-présidente – c’est désormais la règle. À l’inverse, si une femme devait reprendre les rennes de cette instance, son vice-président serait un homme. Que Moussa Faki Mahamat soit le seul candidat induit que le mandat du Ghanéen Kwesi Quartey à la vice-présidence ne sera pas reconduit. Kigali, qui vise le poste, a présenté la candidature de l’économiste Monique Nsanzabaganwa, gouverneure adjointe de la Banque nationale du Rwanda. La même règle s’appliquera désormais pour l’élection des commissaires : une parité parfaite devra être respectée, dans le respect des équilibres régionaux.

Les modalités de présélection ont quant à elles radicalement changé et sont d’ores et déjà en cours d’expérimentation. Pour le renouvellement des membres de la Commission, les chefs d’État ont ainsi élaboré des fiches de poste précises pour chaque département retenu. La réforme ayant réduit à six le nombre de commissaires, huit postes sont à pourvoir, dont la présidence et la vice-présidence.

Fin mai, les fiches ont été adressées au conseiller juridique de la Commission, lequel a publié sur le site internet de l’organisation un appel à candidatures ouvert aux ressortissants des États membres de l’Union. Ceux-ci disposaient alors de trois mois pour déposer leurs dossiers sur le bureau du doyen des ambassadeurs – accrédités auprès de l’UA – de leurs régions respectives. Une étape censée inciter les États à se concerter au préalable au niveau régional.

Ensuite, ledit doyen saisit le Conseiller juridique de la Commission, qui lui-même transmet les dossiers à un panel de « sages » composé de personnalités africaines choisies dans chacune des cinq régions du continent. Si celui-ci est supposé compter cinq membres, on n’en recense pour l’instant que quatre, l’Afrique du Nord n’ayant pas encore pu désigner son représentant : le Camerounais Philémon Yang (Centre), l’Éthiopienne Konjit Sinegiorgis (Est), le Namibien Tuliameni Kalomoh (Sud) et le Gambien Hassan Bubacar Jallow (Ouest).

Pouvoir sur les commissaires

Pour assister le panel dans son travail de présélection des dossiers de candidature, l’Union africaine a recruté le cabinet de conseil et d’audit PwC Afrique. Chaque prétendant, soutenu par son gouvernement, est ainsi évalué. La liste définitive, établie à la suite des entretiens, a été envoyée le 7 octobre aux États-membres et en particulier aux dix-huit pays ayant présenté un ou des candidats.

S’agissant du président et de la vice-présidente, le processus de sélection est plus politique. Il prévoit, entre autres étapes, un débat radiodiffusé opposant les candidats. Moussa Faki Mahamat étant le seul candidat en lice, cette confrontation n’aura pas lieu cette année.

L’ORGANISATION NE TIENDRA DÉSORMAIS QU’UN SEUL GRAND SOMMET ANNUEL, AU LIEU DE DEUX

Jusqu’à présent, les États membres de l’UA élisaient non seulement le président de la Commission mais aussi, directement, son vice-président et chacun des commissaires. Cela avait pour conséquence de saper l’autorité du président de la Commission, qui n’avait pas le pouvoir de nommer ou de révoquer un commissaire. Cette situation avait été identifiée comme problématique dès 2007 dans un rapport signé par le Nigérian Adebayo Adedeji, mais dont les conclusions étaient restées lettre morte. Lors du sommet extraordinaire de juin 2018, le problème avait été de nouveau posé dans la proposition de réforme, mais la majorité des États s’était opposée à l’idée de faire du président de la Commission un « dictateur » ayant pouvoir de nommer et révoquer les commissaires.

Décision a également été prise de ne garder qu’un seul grand sommet annuel de l’organisation au lieu de deux. Le sommet anciennement convoqué en juin est censé ne plus être qu’une réunion de coordination entre les communautés économiques régionales.

Il fallait également recentrer l’UA sur ses missions prioritaires. Quatre domaines ont donc été identifiés et serviront de boussole à la nouvelle commission : les affaires politiques ; la paix et la sécurité ; l’intégration économique (Zlecaf) et la représentation globale du continent.

Avec Jeune Afrique par Georges Dougueli

RDC : le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, destitué par l’Assemblée nationale

janvier 27, 2021
Sylvestre Ilunga Ilunkamba, le 7 septembre 2020

Les députés ont voté en faveur de la destitution du Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Un mois et demi après avoir rompu avec Joseph Kabila, le président Félix Tshisekedi franchit une nouvelle étape vers la mise en place d’un nouveau gouvernement.

Il était l’un des derniers remparts de la majorité détenue par Joseph Kabila. Sylvestre Ilunga Ilunkamba, Premier ministre de Félix Tshisekedi depuis mai 2019, a été destitué ce mercredi 27 janvier à la suite du vote d’une motion de censure. Déposé le 22 janvier par le député Chérubin Okende (Ensemble pour le changement, la plateforme de Moïse Katumbi), le texte avait été signé par 301 députés.

Sur les 382 députés présents à l’ouverture de la séance, 367 se sont prononcés en faveur de la chute du Premier ministre et de son gouvernement. Selon la Constitution, Sylvestre Ilunga Ilunkamba a désormais vingt-quatre heures pour remettre sa démission et celle de son gouvernement au président Félix Tshisekedi.

Ilunga boude la plénière

La plénière s’est déroulée sans le Premier ministre. La veille, son absence avait entraîné le report du vote d’une journée. Mais cette fois-ci, les députés sont allés au bout de la procédure.

En déplacement à Lubumbashi depuis le 24 janvier (voyage pour lequel il disposait d’un ordre de mission signé par le vice-Premier ministre, Gilbert Kankonde), Sylvestre Ilunga Ilunkamba est revenu à Kinshasa dans la soirée du 26. Dans le Haut-Katanga, le chef du gouvernement avait été reçu par l’ancien président, Joseph Kabila, qui y est installé depuis plus d’un mois. Rien ou presque n’avait filtré de ce tête-à-tête mais l’entourage d’Ilunga Ilunkamba avait confirmé que ce dernier ne comptait pas se présenter devant les députés.

Le chef du gouvernement a toutefois adressé une lettre, datée du 27 janvier, au président du bureau d’âge de l’Assemblée nationale. Dans ce document de douze pages, il répond aux différents points de la motion de censure qui le vise et dénonce une « manœuvre politicienne sans fondement factuel et au mépris des exigences de l’État de droit ».  « La quasi-totalité des 52 réunions du Conseil des ministres ont été présidées par le président de la République, lequel donnait des orientations sur bon nombre de dossiers au titre de communications », écrit-il.

Sous pression

Sous pression depuis plusieurs semaines, à la suite de la rupture de la coalition que Félix Tshisekedi formait avec Joseph Kabila, Ilunga Ilunkamba avait une première fois refusé de démissionner le 7 décembre. Il souhaitait obtenir au préalable l’aval de l’ancien président qui, disait-il, avait proposé son nom pour la primature.

DEPUIS PLUSIEURS SEMAINES, LE CAMP DE KABILA DÉNONÇAIT UN PASSAGE EN FORCE DE FÉLIX TSHISEKEDI

Face au ralliement de plus en plus massif de députés du Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila à l’Union sacrée, la nouvelle coalition de Tshisekedi, la position du Premier ministre semblait de plus en plus précaire et ce malgré les protestations des députés pro-Kabila.

Après avoir quitté prématurément la plénière du 26 janvier sous les hourras de certains élus, les pro-Kabila ont cette fois refusé de siéger pour manifester leur mécontentement. Selon eux, le bureau d’âge outrepassait ses compétences en procédant à l’examen de la motion de censure. Depuis plusieurs semaines, le camp de Kabila dénonçait un passage en force de Félix Tshisekedi. En ouverture de la plénière, le président du bureau d’âge, Christophe Mboso, a tenu a répondre à ces accusations. « Le Premier ministre ne vient pas répondre au bureau d’âge, il vient répondre à la plénière », a-t-il rétorqué.

Bureau définitif

Un mois après la chute du bureau de Jeanine Mabunda, qui est issue, comme Ilunga Ilunkamba, du FCC, Félix Tshisekedi franchit une nouvelle étape dans son offensive pour reprendre en main la majorité.

LES PROCHAINES ÉTAPES VONT ÊTRE CRUCIALES ET DÉLICATES À GÉRER POUR LE PRÉSIDENT CONGOLAIS

Si les députés ont massivement voté en faveur du départ du bureau de Jeanine Mabunda et de la destitution du Premier ministre, les prochaines étapes vont être cruciales et délicates à gérer pour le président congolais.

La session extraordinaire de l’Assemblée nationale doit prendre fin le 3 février, et le bureau d’âge a pour mission d’ici là de procéder à l’élection du nouveau bureau de l’Assemblée nationale. Le dépôt des candidatures est prévu le 28 janvier. L’élection, elle, aura lieu le dernier jour de la session extraordinaire.

Kabund de nouveau vice-président ?

Félix Tshisekedi souhaite que ce nouveau bureau soit dirigé par l’un des transfuges du FCC, ce qui a généré certaines crispations chez ses nouveaux alliés, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba. « Pour le moment, seul Jean Marc Kabund-a-Kabund est assuré d’être le candidat de l’Union sacrée au poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale, le reste se discute encore », assure une source impliquée dans les négociations.

Après quelques jours d’hésitations, les députés membres de la plateforme de Katumbi et du parti de Bemba avaient finalement signé la motion de censure contre le Premier ministre. Ils ont également officialisé leur adhésion à l’Union Sacrée ce mercredi. « Les discussions ont repris et vont dans la bonne direction », explique une source proche de Katumbi.

Signe que cette nouvelle majorité reste néanmoins fragile, à la veille du vote de la motion, certains députés s’inquiétaient encore de potentielles « trahisons » de dernière minute et appelaient leurs collègues à se mobiliser pour faire tomber le Premier ministre avec la plus large majorité possible.

Avant de s’atteler à la formation de son nouveau gouvernement, le président congolais devrait recevoir dans les prochains jours le rapport de l’informateur, Modeste Bahati Lukwebo, chargé depuis le 1er janvier de constituer une nouvelle majorité. S’il fait peu de doutes qu’il y parviendra, il faudra observer la manière dont seront répartis les postes.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

RDC-Présidence : Félix Tshisekedi nomme un nouveau directeur de cabinet

janvier 26, 2021

Guylain Nyembo, le nouveau patron de l’administration présidentielle, est connu pour sa rigueur et son efficacité dans le travail. 

Guylain Nyembo

Alors que de nombreux Congolais avaient les yeux rivés sur leurs postes récepteurs, le lundi 25 janvier, en train de suivre la rencontre RDC-Niger comptant pour la phase de pool du Chan/Cameroun 2021, c’est le moment que le porte-parole du chef de l’Etat a choisi pour lire, à la télévision nationale, une ordonnance signée par le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Cette ordonnance portait sur la nomination de Guylain Nyembo en qualité de directeur de cabinet du président de la République en remplacement de Vital Kamerhe qui a connu des sérieux démêlés judiciaires dans le cadre du dossier 100 jours au terme duquel il fut condamné à vingt ans des travaux forcés pour détournement des deniers publics.

Toujours en détention à l’ex-prison centrale de Makala après sa condamnation, le leader de l‘UNC a connu beaucoup de déboires sur fond d’une dégradation continue de son état de santé. Tout, à ce stade, porte à croire qu’il lui serait difficile de retrouver son poste et de gérer l’administration présidentielle avec efficacité comme autrefois.

C’est aux fins de pallier la vacance à ce poste que le chef de l’Etat s’est résolu finalement de nommer Guylain Nyembo, qui était jusque-là adjoint en charge des questions économiques et de la reconstruction. Quant au prof. Kolongele Eberande qui assumait l’intérim du directeur  de cabinet  du chef de l’Etat, il retrouve son poste de directeur de cabinet adjoint chargé des questions  juridiques et administratives.

Diplômé d’économie d’une université belge, Guylain Nyembo avait fait ses premiers pas au sein d’une multinationale hollandaise, avec des affectations en Afrique, précisément au Nigéria et au Rwanda. L’homme est connu comme un très proche du président congolais, qui aurait même influé pour sa nomination comme secrétaire national de l’UDPS à la jeunesse au Benelux, à en croire des sources. De son Katanga natal, il est connu pour sa rigueur et son efficacité dans le travail.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC: Propos d’un fils de Laurent Kabila sur la libération d’Eddy Kapend

janvier 2, 2021

Par Congo Euro Bis

RDC : Tshisekedi confie à Bahati Lukwebo la mission d’identifier une nouvelle majorité

janvier 1, 2021
Modeste Bahati Lukwebo, ici lors d’une rencontre avec Félix Tshisekedi en novembre 2020, a été nommé « informateur », ce 1er janvier 2021.

Le président congolais a annoncé avoir confié la mission d’information et d’identification de la nouvelle majorité parlementaire au sénateur Modeste Bahati Lukwebo, un dissident du Front commun pour le Congo de Joseph Kabila.

Plusieurs noms avaient circulé ces dernières semaines, dont ceux de Moïse Katumbi et de Jean-Pierre Bemba. Finalement, Félix Tshisekedi a décidé de confier la mission à Modeste Bahati Lukwebo, sénateur issu des rangs du Front commun pour le Congo (FCC) en rupture de ba au sein du camp de Joseph Kabila depuis plusieurs mois.

Une majorité pour l’« union sacrée »

Dans un communiqué lu à la télévision nationale dans les premières heures de ce vendredi 1er janvier, Désire Cashmir Kolongele Eberande, directeur de cabinet du président de la République, a annoncé que ce dernier a décidé de « confier, conformément à l’article 78 de la Constitution, une mission d’information à Modeste Bahati Lukwebo, en vue d’identifier une coalition majoritaire à l’Assemblée nationale ».

Face au refus du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilukamba de démissionner, Félix Tshisekedi a préféré faire cette annonce par voie de communiqué, plutôt qu’en prenant une ordonnance nommant formellement l’informateur à qui revient désormais la lourde tâche de dégager une nouvelle majorité au profit de l’« union sacrée » souhaitée par le président congolais.

Cette décision du chef de l’État congolais est consécutive à « la fin de l’accord politique entre les forces politiques membres du Cap pour le Changement et celles du Front commun pour le Congo, en vue de la formation d’un gouvernement de coalition représentatif de ces deux regroupements politiques », précise encore le communiqué.

La mission est confiée à Modeste Bahati Lukwebo pour une période de 30 jours à compter de ce 1er janvier. Un mandat « renouvelable une seule fois ».

En rupture avec Kabila

Modeste Bahati Lukwebo, le président de l’Alliance des forces démocratiques et alliés (AFDC-A), a pris ses distances avec Joseph Kabila ces dernières années. En 2018, il espérait que l’ancien président congolais fasse de lui son dauphin, mais Joseph Kabila lui a préféré Emmanuel Ramazani Shadary, candidat malheureux du FCC à la présidentielle du 30 décembre 2018.

La rupture avec le FCC a encore été consommée en juillet 2019, lorsque Modeste Bahati Lukwebo, candidat à la présidence du Sénat, a été écarté au profit d’Alexis Thambwe Mwamba, choisi par Kabila. Bahati avait cependant maintenu sa candidature et, s’il a été battu par l’ancien ministre de la Justice Alexis Thambwe Mwamba, il avait tout de même recueilli 43 voix – alors que son parti ne compte que 13 sièges de sénateurs – , contre 65 pour celui qui a été élu à la tête du Sénat.

L’AFDC-A, le parti de l’informateur nommé ce 1er janvier par Tshisekedi, était, avec ses 145 députés, la deuxième force politique au sein du FCC, juste derrière le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), le parti de l’ancien président.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tsiamala

RDC : Martin Fayulu refuse de se rallier à l’« union sacrée » de Tshisekedi

décembre 31, 2020
Martin Fayulu, ex-candidat à la présidentielle en RDC.

Se proclamant toujours « président élu », Martin Fayulu a brisé le silence qu’il était imposé depuis plusieurs semaines pour rejeter l’« union sacrée » souhaitée par Félix Tshisekedi, à laquelle se sont ralliés Katumbi et Bemba.

Droit dans ses bottes. Dans son « adresse à la nation », mercredi 30 décembre, Martin Fayulu a, sans surprise, affiché son opposition ferme et résolue à l’union sacrée grâce à laquelle le président Félix Tshisekedi espère renverser le rapport de force qui prévalait jusque-là avec son prédécesseur Joseph Kabila.

« Une blanchisserie baptisée “union sacrée” »

Deux ans après, arrivé en seconde positon selon les résultats officiels de la présidentielle de décembre 2018, celui qui fut le candidat de Lamuka n’en démords pas. L’élection présidentielle a été un « hold-up électoral sans précédent dans l’histoire du  continent ».

Quant à l’« union sacrée » et l’annonce par Tshisekedi de la rupture de l’alliance entre Cap pour le changement (Cach, sa coalition) et le Front commun pour le Congo (FCC, de Kabila), elle ne serait selon lui qu’un leurre.

« Le régime FCC-CACH distrait l’opinion. On prend les mêmes acteurs, responsables de l’échec, et on les recycle dans une blanchisserie baptisée « union sacrée », a-t-il notamment déclaré. Cette transhumance que cultivent certains politiques congolais sans idéal est un véritable cancer pour notre pays. »

La communauté internationale indexée

Le divorce entre le camp du président congolais et celui de son prédécesseur, et le ralliement déclaré de Moïse Katumbi et de Jean-Pierre Bemba, ses deux anciens alliés au sein de Lamuka, ne serait pour lui qu’une « tentative de faire subtilement oublier le bilan négatif des deux dernières années ». « Un nouveau nom a été trouvé mais le système reste le même, assène Fayulu. L’« union sacrée » n’est rien d’autre que la seconde grossesse du couple FCC-CACH. »

Dans sa diatribe, l’ancien candidat à la présidentielle n’épargne pas non plus certains acteurs de la communauté internationale, au premiers rangs desquels les États-Unis, l’Union européenne et l’Union africaine, qui ont soutenu publiquement l’initiative du président congolais. « Ces représentants de vieilles démocraties et d’États de droit sont désormais ambigus, et même devenus aphones, quand il s’agit de défendre les principes que leurs pays prônent » a-t-il accusé.

Vers la création d’un « cabinet »

Un procès en « illégitimité » auquel l’opposant congolais à ajouter un autre, en inefficacité, cette fois. « En toute franchise, avez-vous, aujourd’hui, l’impression que vos conditions de vie s’améliorent ? Existe-t-il réellement un pacte social conclu entre vous et ceux qui se sont imposés comme dirigeants ? », a-t-il notamment lancé, évoquant par ailleurs les questions d’éducation et de sécurité, en particulier dans l’est de la RDC.

Assurant vouloir « accompagner le peuple dans la reconquête de sa souveraineté »,  il a annoncé la future mise en place d’une « cabinet composé de femmes et d’hommes qui veulent que le Congo de Kimbangu et de Lumumba soit fort, digne et prospère. »

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala

RDC-Diaspora: Kwebe Kimpele, journaliste de renom, très fâché contre Félix Tshisekedi

décembre 20, 2020

Avec EuroTechTV, publiée le 2020

RDC/Discours sur l’état de la nation : Félix Tshisekedi évalue son action en 2020

décembre 14, 2020

Le deuxième discours sur l’état de la nation du chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, devant le Parlement réuni en congrès, le 14 décembre, était une occasion pour lui de partager avec ses compatriotes sa détermination à poursuivre les réformes nécessaires engagées dans tous les secteurs de la vie nationale aux fins d’améliorer le vécu quotidien de la population suivant le leitmotiv « Le peuple d’abord ».

L’occasion était donnée au cinquième président du Congo indépendant de faire le bilan de son action durant l’année 2020 en passe de se terminer. Retraçant les moments-clés ayant ponctué la vie de la nation tout au long de l’année en cours, le chef de l’Etat a, tout en rappelant le contexte ayant prévalu à la mise en œuvre de la coalition FCC-Cach considérée alors comme un cadre politique et institutionnel propice à la matérialisation des réformes à engager, conclu à l’inefficience de ce partenariat politique. « Malgré les efforts que j’ai déployés, les sacrifices que j’ai consentis et les humiliations que j’ai tolérées, cela n’a pas suffi à faire fonctionner harmonieusement cette coalition », a-t-il regretté. Ses espérances de voir cette coalition relever les défis de tous ordres qui s’imposaient au pays ont été vite déçues par la réalité des faits.

FCC-Cach, rupture confirmée

 Face à la situation qui menaçait à la longue le fonctionnement normal des institutions dont il est le garant, il lui fallait agir. Ce qui a été fait en trois temps : Appel au rassemblement dans une Union sacrée de la nation, initiation des larges consultations des forces vives de la nation et publication des décisions prises. La nécessité de rompre avec une coalition FCC-Cach devenue paralysante pour l’action  du gouvernement aura constitué, ainsi qu’il l’a reconnu, l’un des points majeurs de convergence entre la très large majorité des personnes consultées et lui. Et d’égrener les prochaines étapes à franchir : nomination d’un informateur aux fins d’identifier une coalition conformément à l’article 78 de la Constitution – formation d’un gouvernement de l’Union sacrée de la nation censée travailler en harmonie avec le chef de l’Etat et mise en œuvre des réformes issues des consultations.

Faisant un clin d’œil aux députés dont il a loué le sens patriotique élevé tout en les exhortant à implémenter un nouveau mode de gouvernance pour un Congo pacifié, plus démocratique et plus solidaire, le chef de l’Etat a invité le prochain bureau à se pencher sur « la revalorisation de la mission parlementaire tout en veillant à un meilleur traitement des élus du peuple ». Le moment est venu, a-t-il indiqué, faisant sans doute allusion à la perspective du renouvellement du bureau à la chambre basse, « de comprendre qu’il n’y a pas d’alternative à la construction démocratique que dans la paix et la concorde nationale, aussi laborieuse soit-elle ».

Rapatriement des reliques de Patrice Lumumba 

Saluant le processus de maturation de la démocratie en RDC, à ses yeux irréversible, le chef de l’Etat a annoncé le rapatriement en marge de la célébration des soixante et un an d’indépendance en juin 2021 – des reliques de Patrice Emery Lumumba, un des héros nationaux, à qui la patrie compte, enfin, donner une sépulture digne. Abordant le chapitre sécuritaire, le président de la République a déploré la persistance de l‘insécurité dans la partie est du pays perpétrée par des forces négatives en proie actuellement à une traque assidue des Fardc. Plaidant pour le rétablissement de l‘autorité de l’Etat dans ce coin du pays pour lequel il sollicite un soutien populaire, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo s’est voulu rassurant quant à la capacité des forces loyalistes à défendre l‘intégrité du territoire national.

2020 aura aussi été l’année de la formalisation de la reprise de la coopération militaire avec les Etats-Unis, laquelle coopération a été matérialisée par la signature d’un mémorandum d’entente, a indiqué le président de la République. Et d’annoncer, cette fois-ci dans le cadre de la coopération avec la France, la création d’une école de guerre en RDC d’ici l’année prochaine, en vue d’assurer la remise à niveau des officiers militaires dans tous les domaines. Entre-temps, les travaux de construction de l’académie de police  et du ministère de la Défense pourront débuter dès 2021 sur financement de l’Union européenne, a-t-il ajouté.  

Eau et électricité, une priorité

Le chef de l‘Etat a égrené plusieurs autres réformes ayant émaillé son action  en 2020 notamment dans le domaine de la desserte en électricité et en eau potable. Deux usines de production d’eau potable sont actuellement en construction pour résorber le déficit en cette matière dans la ville-province de Kinshasa, a-t-il indiqué. Il s’agit de l’Usine de Lemba-Imbu dont la production finale sera de 220.000 mètres cubes/jour et de Binza Ozone qui produira à terme 300.000 mètres cubes/jour. Concernant le projet Grand Inga, le chef de l’Etat a indiqué que son financement est en passe d’être bouclé avant d’ajouter que l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité, l’Agence nationale d’électrification ainsi que le service énergétique en milieu rural et périurbain sont pleinement opérationnels depuis la désignation de leurs animateurs.

Au plan environnemental, Félix Tshisekedi a indiqué avoir instruit la formalisation du premier document de politique forestière devant poser les jalons de la révision du Code forestier. De la riposte à la covid-19 pour laquelle il a exhorté ses compatriotes au respect des règles édictées par les autorités sanitaires à la gratuité de l’enseignement de base qui a vu plus de 4 millions d’enfants intégrer ou réintégrer le système éducatif, en passant par le retour de la RDC dans le concert des nations, Félix-Antoine Tshisekedi aura ressassé, dans un discours minuté, ses principales réalisations en 2020 avec l’espoir d’en faire encore un peu plus l’année prochaine, l’année de sa mandature à la tête de l’Union africaine.  

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso