Posts Tagged ‘Félix Tshisekedi’

RDC-Diaspora: Kwebe Kimpele, journaliste de renom, très fâché contre Félix Tshisekedi

décembre 20, 2020

Avec EuroTechTV, publiée le 2020

RDC/Discours sur l’état de la nation : Félix Tshisekedi évalue son action en 2020

décembre 14, 2020

Le deuxième discours sur l’état de la nation du chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, devant le Parlement réuni en congrès, le 14 décembre, était une occasion pour lui de partager avec ses compatriotes sa détermination à poursuivre les réformes nécessaires engagées dans tous les secteurs de la vie nationale aux fins d’améliorer le vécu quotidien de la population suivant le leitmotiv « Le peuple d’abord ».

L’occasion était donnée au cinquième président du Congo indépendant de faire le bilan de son action durant l’année 2020 en passe de se terminer. Retraçant les moments-clés ayant ponctué la vie de la nation tout au long de l’année en cours, le chef de l’Etat a, tout en rappelant le contexte ayant prévalu à la mise en œuvre de la coalition FCC-Cach considérée alors comme un cadre politique et institutionnel propice à la matérialisation des réformes à engager, conclu à l’inefficience de ce partenariat politique. « Malgré les efforts que j’ai déployés, les sacrifices que j’ai consentis et les humiliations que j’ai tolérées, cela n’a pas suffi à faire fonctionner harmonieusement cette coalition », a-t-il regretté. Ses espérances de voir cette coalition relever les défis de tous ordres qui s’imposaient au pays ont été vite déçues par la réalité des faits.

FCC-Cach, rupture confirmée

 Face à la situation qui menaçait à la longue le fonctionnement normal des institutions dont il est le garant, il lui fallait agir. Ce qui a été fait en trois temps : Appel au rassemblement dans une Union sacrée de la nation, initiation des larges consultations des forces vives de la nation et publication des décisions prises. La nécessité de rompre avec une coalition FCC-Cach devenue paralysante pour l’action  du gouvernement aura constitué, ainsi qu’il l’a reconnu, l’un des points majeurs de convergence entre la très large majorité des personnes consultées et lui. Et d’égrener les prochaines étapes à franchir : nomination d’un informateur aux fins d’identifier une coalition conformément à l’article 78 de la Constitution – formation d’un gouvernement de l’Union sacrée de la nation censée travailler en harmonie avec le chef de l’Etat et mise en œuvre des réformes issues des consultations.

Faisant un clin d’œil aux députés dont il a loué le sens patriotique élevé tout en les exhortant à implémenter un nouveau mode de gouvernance pour un Congo pacifié, plus démocratique et plus solidaire, le chef de l’Etat a invité le prochain bureau à se pencher sur « la revalorisation de la mission parlementaire tout en veillant à un meilleur traitement des élus du peuple ». Le moment est venu, a-t-il indiqué, faisant sans doute allusion à la perspective du renouvellement du bureau à la chambre basse, « de comprendre qu’il n’y a pas d’alternative à la construction démocratique que dans la paix et la concorde nationale, aussi laborieuse soit-elle ».

Rapatriement des reliques de Patrice Lumumba 

Saluant le processus de maturation de la démocratie en RDC, à ses yeux irréversible, le chef de l’Etat a annoncé le rapatriement en marge de la célébration des soixante et un an d’indépendance en juin 2021 – des reliques de Patrice Emery Lumumba, un des héros nationaux, à qui la patrie compte, enfin, donner une sépulture digne. Abordant le chapitre sécuritaire, le président de la République a déploré la persistance de l‘insécurité dans la partie est du pays perpétrée par des forces négatives en proie actuellement à une traque assidue des Fardc. Plaidant pour le rétablissement de l‘autorité de l’Etat dans ce coin du pays pour lequel il sollicite un soutien populaire, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo s’est voulu rassurant quant à la capacité des forces loyalistes à défendre l‘intégrité du territoire national.

2020 aura aussi été l’année de la formalisation de la reprise de la coopération militaire avec les Etats-Unis, laquelle coopération a été matérialisée par la signature d’un mémorandum d’entente, a indiqué le président de la République. Et d’annoncer, cette fois-ci dans le cadre de la coopération avec la France, la création d’une école de guerre en RDC d’ici l’année prochaine, en vue d’assurer la remise à niveau des officiers militaires dans tous les domaines. Entre-temps, les travaux de construction de l’académie de police  et du ministère de la Défense pourront débuter dès 2021 sur financement de l’Union européenne, a-t-il ajouté.  

Eau et électricité, une priorité

Le chef de l‘Etat a égrené plusieurs autres réformes ayant émaillé son action  en 2020 notamment dans le domaine de la desserte en électricité et en eau potable. Deux usines de production d’eau potable sont actuellement en construction pour résorber le déficit en cette matière dans la ville-province de Kinshasa, a-t-il indiqué. Il s’agit de l’Usine de Lemba-Imbu dont la production finale sera de 220.000 mètres cubes/jour et de Binza Ozone qui produira à terme 300.000 mètres cubes/jour. Concernant le projet Grand Inga, le chef de l’Etat a indiqué que son financement est en passe d’être bouclé avant d’ajouter que l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité, l’Agence nationale d’électrification ainsi que le service énergétique en milieu rural et périurbain sont pleinement opérationnels depuis la désignation de leurs animateurs.

Au plan environnemental, Félix Tshisekedi a indiqué avoir instruit la formalisation du premier document de politique forestière devant poser les jalons de la révision du Code forestier. De la riposte à la covid-19 pour laquelle il a exhorté ses compatriotes au respect des règles édictées par les autorités sanitaires à la gratuité de l’enseignement de base qui a vu plus de 4 millions d’enfants intégrer ou réintégrer le système éducatif, en passant par le retour de la RDC dans le concert des nations, Félix-Antoine Tshisekedi aura ressassé, dans un discours minuté, ses principales réalisations en 2020 avec l’espoir d’en faire encore un peu plus l’année prochaine, l’année de sa mandature à la tête de l’Union africaine.  

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC : Félix Tshisekedi s’adressa lundi au Parlement

décembre 13, 2020
Le président congolais Félix Tshisekedi, le 15 novembre 2019 à Berlin.

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, va s’adresser lundi au Parlement réuni en Congrès, après avoir fragilisé la majorité parlementaire de son prédécesseur Joseph Kabila et rompu leur accord de coalition.

 L’Assemblée nationale a invité samedi les députés « à prendre part au Congrès du lundi 14 décembre à 11h00 » pour « l’audition du président de la République sur l’état de la Nation », un rendez-vous annuel prévu par la Constitution.

Dimanche dernier, le président Tshisekedi a annoncé la fin de la coalition au pouvoir qu’il formait depuis janvier 2019 avec son prédécesseur Joseph Kabila, jusqu’à présent majoritaire à l’Assemblée et au Sénat. Le chef de l’État avait ajouté qu’il souhaitait trouver une nouvelle majorité d’ »Union sacrée » à l’Assemblée pour réformer le plus grand pays d’Afrique sub-saharienne. Jeudi, la présidente pro-Kabila de l’Assemblée, Jeanine Mabunda, a été destituée par une majorité de 281 députés sur 500 au total.

« J’ai rencontré aujourd’hui le Chef de l’État (…) pour lui faire part du soutien de l’Union européenne à l’ambitieux programme de réformes qu’il a annoncé », a indiqué l’ambassadeur de l’UE, Jean-Marc Châtaigner. Vendredi, l’UE a aussi décidé qu’elle prolongeait d’un an jusqu’en décembre 2021 des sanctions contre 11 personnalités congolaises, pour entrave au processus électoral en 2016, sur la fin du régime Kabila (janvier 2001-janvier 2019).

Par ailleurs, le secrétaire général adjoint des Nations unies en charge des opérations de la paix, Jean-Pierre Lacroix, se rendra en RDC de lundi à vendredi, a indiqué un porte-parole de l’ONU à New York. Outre des discussions avec des responsables politiques et de la société civile, il se rendra en Ituri et au Nord-Kivu (Est), en proie à des violences récurrentes.

Le Conseil de sécurité doit se prononcer d’ici le 20 décembre sur l’avenir de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), qui tente de stabiliser le géant d’Afrique depuis plus de 20 ans. 

Par Jeune Afrique avec AFP

[Tribune] RDC : le pari de Félix Tshisekedi

décembre 10, 2020
Le Palais du peuple, où siège le Parlement, à Kinshasa, en décembre 2012.

Félix Tshisekedi a pris un risque calculé avant de s’engager dans un bras de fer ouvert avec son prédécesseur, Joseph Kabila. Une stratégie inspirée de la « tactique bayésienne » qui consiste à soupeser les risques et les gains potentiels de chacun des scénarios.

En RDC, l’annonce de la fin de la coalition qui unissait Cap pour le changement (Cach) et le Front commun pour le Congo (FCC) est venue rebattre les cartes du jeu politique, alimentant les tensions qui se sont exprimées de manière spectaculaire jusque dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. L’incertitude qui prévaut ces jours-ci à Kinshasa est donc réelle. Pour autant, Félix Tshisekedi a pris un risque calculé avant de s’engager dans un bras de fer ouvert avec son prédécesseur, Joseph Kabila. Une stratégie qui n’est pas sans rappeler la « tactique bayésienne » si familière aux mathématiciens… et aux politologues avertis.

Codifiée au 18e siècle par le mathématicien anglais Thomas Bayes, la « tactique bayésienne » est utilisée en politique pour décrire une situation dans laquelle un acteur, qui dispose d’informations incomplètes, ou ne sait pas ce que son adversaire s’apprête à faire, a recours la probabilité pour déceler ses manigances. C’est peu ou prou ce qu’ont fait les États-Unis lors de la crise nucléaire qui les opposait à la Corée du Nord dans les années 1990.

Mais revenons au Congo : Félix Tshisekedi a choisi de divorcer et de tourner le dos au FCC de Joseph Kabila, espérant créer une « union sacrée » autour de lui (autrement dit, une nouvelle majorité), et un « informateur » doit l’aider dans cette tâche. Le FCC, lui, a pris acte de la rupture et puisque c’est lui qui, pour l’instant en tout cas, détient la majorité au Parlement, il s’est dit prêt pour une cohabitation.

La partie est loin d’être gagnée

Mais les inconnues sont nombreuses : on ne sait pas combien de députés étiquetés FCC pourraient lâcher Kabila pour rejoindre Tshisekedi. On ne sait pas non plus quel sera le degré de résistance qu’opposera le camp de l’ancien président.

Dans la « tactique bayésienne », l’absence de certitude sur les stratégies de son adversaire impose à l’acteur politique de faire appel à la « nature » et à avoir recours à la probabilité : qu’arriverait-il si la « nature » mettait Tshisekedi face à un FCC « combatif », dont les députés – loyaux – refuseraient de passer à l’ennemi ? Et dans le cas inverse, que se passerait-il si la « nature » offrait à Tshisekedi un FCC « capitulard », dont les membres seraient finalement libres de rejoindre « l’union sacrée » ?

LE FCC NE SE LAISSERA PAS ÉCARTER SANS COMBATTRE

Le second scénario serait évidemment favorable au chef de l’État, et d’ailleurs le pari n’est pas complètement fou puisque certains cadres du FCC, qui avaient pris part aux consultations menées par Tshisekedi ces dernières semaines, ont déjà dit vouloir adhérer à son projet. Mais la partie est loin d’être gagnée. En attestent le fait que le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, a refusé de démissionner en dépit du fait que le chef de l’État lui en a fait la demande, et les récents affrontements entre députés pro-Tshisekedi et pro-Kabila au palais du peuple.

Autrement dit, le FCC ne se laissera pas écarter sans combattre. Mais le chef de l’État s’y attendait puisque dans l’allocution qu’il a prononcée, le 6 décembre, il a menacé de dissoudre l’Assemblée nationale et de convoquer de nouvelles élections législatives s’il n’obtenait pas une nouvelle majorité. Cette éventualité pose bien sûr question : si élections anticipées il devait y avoir, qui les organiserait ? La même commission électorale qu’en 2018, qui fût à l’époque accusée d’avoir permis des fraudes ? La réponse est oui.

À Kinshasa, un coup de théâtre n’est jamais à exclure

Et là encore, les probabilités pourraient jouer en faveur du chef de l’État. Car même en cas de dissolution de l’Assemblée, il est peu probable que le FCC fasse un aussi bon score qu’en décembre 2018 (il avait à l’époque obtenu plus des deux tiers des députés) tant les dissensions en son sein sont nombreuses.

Pour l’instant donc, et parce qu’il a soupesé les risques et les gains potentiels de chacun des scénarios, comme cela se fait lorsque l’on a recours à la « tactique bayésienne », Félix Tshisekedi semble donc avoir la main. Mais saura-t-il pousser son avantage et marquer un point décisif ? À Kinshasa, un coup de théâtre n’est jamais à exclure.

Avec Jeune Afrique par  Roger-Claude Liwanga

Chercheur à l’université Harvard, professeur de droit et de négociations internationales à l’université Emory

RDC – Bataille rangée à l’Assemblée : comment les tensions entre pro-Tshisekedi et pro-Kabila ont dégénéré

décembre 9, 2020
Un blessé lors des affrontements entre députés pro-Kabila et pro-Tshisekedi au Parlement congolais, à Kinshasa, le 8 décembre 2020.

Les tensions entre les partisans de Félix Tshisekedi et de Joseph Kabila ont atteint un niveau inédit, avec des affrontements jusque dans l’enceinte du Parlement. Récit de ces folles journées qui ont suivi l’annonce de la rupture de la coalition.

Les images, surréalistes, ont fait le tour de la toile. Une véritable bataille rangée entre des députés pro-Kabila d’un côté et pro-Tshisekedi de l’autre. Des chaises volent, certains élus brandissent des barreaux de ces chaises qu’ils viennent de fracasser pour frapper leurs collègues députés. Un homme, le visage en sang, est évacué à bout de bras tandis que la rixe fait rage. Ce mardi, le hall d’entrée du Palais du peuple a été le théâtre d’un bien triste spectacle.

La veille, déjà, les députés en étaient venus aux mains dans l’enceinte même de l’hémicycle. Des élus de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) se sont rués sur l’estrade, renversant les bureaux où siègent habituellement la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, et ses vice-présidents.

Guerre ouverte

Depuis que Félix Tshisekedi a annoncé, le 6 décembre, la fin du mariage de raison qui le liait à Joseph Kabila depuis son arrivée au pouvoir, les tensions déjà vives entre les membres du Front commun pour le Congo (FFC, de l’ancien président congolais) et de Cap pour le changement (Cach, la coalition présidentielle à laquelle appartient l’UDPS) ont tourné à la guerre ouverte.

Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est le dépôt, samedi, d’une pétition demandant la destitution de Jeanine Mabunda et plus généralement des membres de l’actuel bureau de l’Assemblée. Plus de 250 députés nationaux ont apposé leur nom au bas de ce texte, lancé à l’initiative de l’UDPS. Sur ce total, une centaine d’élus sont issus de partis membres du FCC…

Dans le camp de l’ancien président congolais, on affirme que beaucoup de ces signatures ont été obtenues par la corruption. « Nous avons des preuves audio, vidéo et écrites que 7 000 dollars ont été distribués à chaque député en échange des signatures », a notamment affirmé Didier Manara, président du groupe parlementaire du Parti pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, de Joseph Kabila), sans pour autant produire lesdites preuves.

Jeanine Mabunda avait malgré tout décidé de convoquer une séance plénière, pour ce lundi. Mais les pétitionnaires, opposés à cette démarche, ont tout fait pour que celle-ci ne se tienne pas, brandissant l’article 31 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, qui stipule que « lorsque le président de l’Assemblée nationale est mis en cause » les députés ne peuvent être convoqués que par le « bureau d’âge », constitué du doyen de l’Assemblée et des deux députés les plus jeunes. Et c’est Jean-Marc Kabund-a-Kabund, président intérimaire de l’UDPS, qui a lui-même été destitué de ses fonctions de premier vice-président de l’Assemblée en mai dernier après qu’une pétition a été lancée contre lui, qui a pris la tête des « frondeurs ».

Ce lundi, tandis que des manifestants se rassemblent à l’extérieur du Palais du peuple, le ton monte à l’intérieur : les députés font le coup de poing, grimpent sur l’estrade, bousculent les assesseurs et renversent le mobilier.

Dans la soirée, Jeanine Mabunda fait publier un premier communiqué par le bureau qu’elle préside. Elle y annonce la suspension de toutes les activités parlementaires jusqu’à nouvel ordre.

Deux plénières convoquées

Mais c’était sans compter sur la détermination des pétitionnaires, qui ont obtenu du secrétaire général de l’Assemblée nationale – dont le camp Mabunda affirme qu’il a été « enlevé » – qu’il convoque une plénière pour le mardi 8 décembre, à 11h. Un seul point à l’ordre du jour : installation du fameux « bureau d’âge » et l’examen donc des pétitions visant le bureau de Jeanine Mabunda.

Mise devant le fait accompli, cette dernière décide alors de revenir sur sa décision de suspendre l’activité parlementaire et de convoquer à son tour une plénière pour le jour même, mais une heure plus tôt, à 10h.

Comme l’on pouvait s’y attendre, la confrontation entre les deux camps, chacun voulant tenir « sa » plénière, a immédiatement tourné à la foire d’empoigne. Les affrontements entre députés, auxquels leurs gardes du corps ont parfois prêté main forte, ont duré plusieurs heures.

À l’extérieur du bâtiment, Jean-Marc Kabund s’en prend verbalement à des policiers. « Présentement, là, dans le bureau de Mabunda, il y a des sacs de machettes ! » lance-t-il au commissaire général de la police nationale congolaise, Dieudonné Amuli, l’accusant de prendre le parti des pro-Kabila et de « tirer sur les Combattants » – en référence aux militants UDPS massés devant les grilles de l’Assemblée.

Jeanine Mabunda sera finalement exfiltrée de l’Assemblée. « Nous déplorons plusieurs blessés et une hôtesse du bureau de Jeanine Mabunda a été sexuellement abusée », accuse l’un de ses proches.

Le FCC appelle à la « mobilisation générale »

Les députés pétitionnaires ont, eux, fini par se réunir. Ils étaient, à les en croire, « 279 députés au total ». Le « bureau d’âge » a été installé et une date a été fixée pour l’examen et le vote des pétitions visant Mabunda et ses vice-présidents : le jeudi 10 décembre.

« Ce qui s’est passé est un coup d’État constitutionnel ! », déplore Lambert Mende, l’un des caciques du FCC. Le front pro-Kabila a cependant prévu de participer à cette fameuse séance. « La mobilisation est générale », affirme Mende à Jeune Afrique.

Le vote de ce jeudi sera crucial dans la crise institutionnelle qui vient de s’ouvrir. Il dira si Félix Tshisekedi peut compter ou non sur une nouvelle majorité au sein de l’Assemblée nationale. Dans son discours de dimanche, le chef de l’État avait laissé entendre que si cette nouvelle majorité en sa faveur était introuvable, une dissolution de l’Assemblée nationale serait envisagée.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

RDC/Nomination d’un informateur : Muzito, Nzekuye et Kaanga boudent la démarche

décembre 7, 2020

La décision de Félix-Antoine Tshisekedi de nommer un informateur chargé d’identifier la nouvelle majorité, après le constat d’échec de la coalition FCC-Cach en deux années de gestion, continue à faire tâche d’huile dans le microcosme politique congolais.

Les réactions fusent de partout et vont dans tous les sens. La classe politique est plus que jamais divisée autour de la question, les uns et les autres développant un juridisme répondant à leurs convictions. Nomination d’un informateur, renversement de l’actuelle majorité parlementaire et éventualité d’une dissolution du Parlement, des sujets qui font polémique à l‘heure actuelle.  

Ce qui est sûr, c’est que les positions connues de la plupart d’acteurs politiques et sociaux n’ont pas véritablement changé. La plupart sont restés constants dans leur façon d’appréhender le pouvoir de Félix Tshisekedi. C’est notamment le cas de l’ex-Premier ministre Adolphe Muzito qui incarne l’aile pure et dure de Lamuka. Pour ce dernier qui n’accorde pas de crédit à la rupture de la coalition FCC-Cach, il est fort  que l’on soit dans une possible continuité du deal entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi. « On nomme un informateur quand il n’y a pas de gouvernement en place, ou quand le gouvernement en place tombe. Et le gouvernement Ilunga tombera quand ce dernier démissionnera. Et s’il démissionne, c’est que Kabila est d’accord, et s’il est d’accord, c’est que le deal Kabila-Fathi continue », a-t-il déclaré au cours d’une intervention médiatique. Cet acteur majeur du présidium de Lamuka estime, par ailleurs, que Félix Tshisekedi n’a pas le pouvoir de révoquer le Premier ministre. A ceux qui pensent que le chef de l’Etat peut contraindre le Premier ministre à la démission en retirant simplement l’ordonnance le nommant, Adolphe Muzito est formel : « Seule la Cour constitutionnelle peut constater l’inconstitutionnalité de l’ordonnance nommant Ilunga Ilunkamba, et cette constatation doit être préalable à la nomination de l’informateur ».

D’autres acteurs politiques ont également abondé dans le même sens à l’instar de François Nzekuye, député national du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Ce dernier pense que l’initiative du chef de l’Etat de nommer un informateur chargé d’identifier une nouvelle coalition majoritaire au Parlement viole la Constitution et le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. « C’est au début du mandat qu’il aurait dû nommer un informateur pour identifier la majorité. Il a fait confiance à la majorité FCC-Cach tenant compte de nombre important de députés que cette coalition avait et aujourd’hui il est tenu d’aller avec cette majorité jusqu’à la fin de son mandat. Toute autre initiative est une violation de la Constitution », a-t-il déclaré. Pour lui, la majorité existe, il n’y a aucun élément qui prouve le contraire. « Le fait qu’il y ait une pétition de deux cent cinquante députés ne signifie pas que la majorité n’existe pas », a-t-il ajouté.  

Enfonçant le clou, Jean Kaanga se demande sur quelle base irréfutable le chef de l’Etat a pu jauger l’effritement de l’actuelle majorité qui, d’après lui, existe. Quant à une possible dissolution de l’Assemblée nationale telle qu’envisagée par Félix Tshisekedi au cas où l’information n’obtenait pas gain de cause dans sa quête d’identification de la majorité, le cadre du FCC pousse l’outrecuidance à l’extrême : « C’est de bonne guerre que le président de la République tente d’avoir une majorité qui lui soit plus acquise. Mais là où le bât blesse, c’est lorsqu’il menace de dissoudre l’Assemblée nationale, si son  » informateur de fait » n’arrive pas à atteindre la mission lui assignée, qui n’est pas celle d’identifier la majorité, mais plutôt celle de construire une majorité quoiqu’il en coûte, au goût du président de la République », a-t-il fait savoir.  

A tout prendre, le FCC qui ne digère pas la nomination d’un informateur est visiblement déterminé à engager un bras de fer avec le chef de l’Etat comme en témoigne l’entêtement du Premier ministre Sylvestre Ilunga à ne pas rendre le tablier. Mêmement à la chambre basse du Parlement où Jeanine Mabunda et son bureau continuent à faire de la résistance prétextant la non-conformité des pétitions initiées à leur encontre aux textes régissant le fonctionnement de leur institution.  

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

Mandat de Félix Tshisekedi à la tête de l’UA en 2021: le panel a tenu une réunion avec le ministère des Affaires étrangères

novembre 30, 2020

Le Panel chargé d’accompagner le mandat du chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, à la tête de l’Union africaine (UA) pour l’exercice 2021-2022, a fait sa première réunion conjointe avec la Task force du ministère des Affaires étrangères, le 20 novembre, au siège dudit ministère.

Pr Alphonse Ntumba Luaba

Consolider la vision stratégique et le Plan d’action pour la présidence de l’UA en 2021 selon les directives reçues du président de la République, tel a été l’objet de cette séance de travail, à en croire le coordonnateur du Panel, Alphonse Ntumba Luaba, qui s’est confié à la presse. Les échanges, a-t-il indiqué, se sont cristallisés essentiellement autour des orientations du chef de l’Etat avec comme premier axe stratégique la consolidation de la paix et de la sécurité, y compris la sécurité sanitaire en cette période post-covid-19. De l’intégration régionale avec, en sus, la continuation du projet de la zone de libre-échange continentale au Grand Inga présenté comme un projet rassembleur et d’industrialisation de l’Afrique, en passant par les questions du genre, de la jeunesse, etc., tout a donc été passé au crible par les participants à cette réunion préparatoire.

Tout en évoquant la détermination et l’engagement du président de la République, Alphonse Ntumba Luaba a indiqué que ce dernier tient à ce que la présidence de l’UA par la RDC à travers sa personne soit un tournant majeur. « Nous voulons qu’il y ait des avancées significatives de l’UA,  de sorte à favoriser l’émergence d’une UA plus attentive au sort des peuples africains et à celui des plus vulnérables de ses enfants », a-t-il martelé.

Le coordonnateur du Panel a pris l’engagement d’accompagner le chef de l’Etat dans la réussite de son mandat à la tête de l’UA conformément à son vœu le plus ardent, celui de stabiliser la RDC, de faire taire totalement les armes en Afrique, y compris à l’est de la RDC et ce, par la prévention et la lutte contre les menaces et les actions terroristes.

Notons que le panel est une structure de réflexion et de travail chargé d’assister le président Félix Tshisekedi dans l’élaboration et la mise en oeuvre de son plan d’action comme président de l’UA, de contribuer à l’analyse, à la rédaction et à la préparation des prises de position continentale du chef de l’État et d’assurer le suivi fonctionnel, administratif et financier des activités de la présidence de l’UA assurée par la RDC

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC/Musique : Tshala Muana interpellée puis relâchée pour la chanson « Ingratitude »

novembre 17, 2020

« Ingratitude », tel est le titre du dernier opus de la chanteuse Tshala Muana qui lui a valu des ennuis, le 16 novembre, avec l’Agence nationale de renseignement (ANR).

Kinshasa : auteure de la chanson "ingratitude", Tshala Muana a été arrêtée  ce lundi par les agents de l'ANR - CAS-INFO.CA

La chanteuse Tshala Muana

La chanson est présentée, à tort ou à raison, comme un pamphlet dirigé à l’endroit de l’actuel chef de l‘Etat au regard de son contenu à forte saveur polémiste. La « Mamu nationale » qui est d’obédience PPRD, c’est-à-dire, proche de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, n’a sûrement pas mesuré les dégâts collatéraux qu’allait provoquer sa chanson dans un contexte de surchauffe politique de ces dernières heures.

En effet, la tension actuelle au sein de la coalition FCC-Cash sur fond des signaux de rupture entre ces deux forces politiques n’aura pas favorisé une bonne réception de la chanson. Chaque camp essaie d’interpréter son contenu à sa manière. « Ni à un examen, encore moins à une compétition tu n’as jamais gagné. Maintenant que le maître t’a montré le chemin, tu as pu t’en sortir. Et après que tu aies franchi, tu le trahis. Fais attention, tu marches avec vitesse, vaille que vaille, tu marches sans prudence », chante l’artiste. A qui s’adresse-t-elle, pourrait-on s’interroger d’autant plus qu’aucun nom n’est cité. Le reste est un déroulé des boutades, des paraboles et des expressions alambiquées difficiles à décoder. L’auteure fait, par ailleurs, recours à la bible, et évoque la rébellion de Satan contre son créateur, ou encore, la trahison de Judas vis-à-vis de Jésus de Nazareth. Se mettant dans la peau d’une victime, elle fustige l’ingratitude, banni tous ceux qui en ont fait leur seconde nature, et professe l’infortune à leur endroit. « Tu ne descendras que sur l’arbre par lequel tu es bien monté », chante-t-elle.

Une certaine récupération politicienne s’est vite cristallisée autour de la chanson, chaque camp politique cherchant à exploiter des bribes des phrases cadrant avec ses aspirations. L’UDPS/Kibassa autant que d’autres formations politiques ont fustigé l’interpellation dont a été l’objet la reine de Mutswashi estimant que le président de la République est mentalement forgé pour subir des critiques de tout genre.

Avec Adica- Congo par Alain Diasso

RDC : manifestation de soutien à Tshisekedi en pleine crise avec le camp Kabila

novembre 15, 2020
Le président congolais Félix Tshisekedi, en octobre 2020 lors de la prestation de serment des nouveaux juges nommés à la Cour constitutionnelle.

Plusieurs milliers de militants du parti présidentiel UDPS ont marché samedi à Kinshasa pour soutenir les consultations initiées par le président Félix Tshisekedi en vue de constituer « une union de la nation » en pleine crise avec le camp de son prédécesseur Joseph Kabila.

Ces milliers de militants du parti présidentiel UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) ont scandé des slogans hostiles à l’ancien président Joseph Kabila. Ils ont aussi appelé, à travers des chansons, à la fin de la coalition Front commun pour le Congo (FCC) de Kabila et Cap pour le changement (Cach) de Tshisekedi qui dirige la RDC en vertu d’un accord.

Effigie de Kabila

Bien qu’encadrés par la police sous un soleil de plomb sur un trajet de près de 5 km, ces manifestants ont tenté de brûler une effigie de l’ancien président Kabila avec un cocktail Molotov. Des policiers ont rapidement éteint le feu.

« Le résultat final de la marche de ce jour est la rupture du mariage FCC-CACH », a déclaré Sylvain Mutombo, l’un des manifestants, ministre délégué à la défense et chef d’un parti allié au parti présidentiel UDPS.

C’EST UN COMPLOT POUR NEUTRALISER NOTRE AUTORITÉ MORALE JOSEPH KABILA

Sur le parcours, aucune banderole ou affiche ne reprend cet appel à la fin de la coalition FCC-Cach. Le camp Kabila voit à travers ces consultations et la marche, une tentative de refaire l’unité de l’ex-opposition dont est issue le président Tshisekedi.

« C’est un complot pour neutraliser notre autorité morale Joseph Kabila, le mettre hors-jeu, avec lui le FCC », a déclaré André-Alain Atundu, l’un des parte-parole des pro-Kabila.

Mais, les marges de Félix Tshisekedi sont cependant étroites. Le FCC fidèle à l’ex-président Kabila, revendique 319 députés sur les 500 à l’Assemblée nationale et plus de 90 sénateurs sur 109.

Le rôle des évêques

Lancées le 2 novembre, les consultations menées par le président Tshisekedi, se poursuivront lundi après la trêve du week-end.

De leur côté, les évêques catholiques ont rendu visite à l’ancien président Kabila, au candidat malheureux à la présidentielle du 30 décembre 2018, Martin Fayulu ainsi qu’au Premier ministre Sylvestre Ilunga.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC – Donatien N’shole (Cenco) : « L’alternance de 2018 ne donne pas les résultats escomptés »

novembre 14, 2020
L'abbé Donatien N'shole, secrétaire général de la Cenco, en janvier 2019 à Kinshasa.

La Conférence épiscopale nationale du Congo tente de jouer les médiateurs entre Tshisekedi et Kabila. Son secrétaire général, l’abbé Donatien N’shole, insiste : les consultations en cours doivent permettre de « changer les choses » en profondeur.

Lundi 9 novembre, au Palais de la Nation. Face à une forêt de micros, entouré des évêques congolais, le cardinal Fridolin Ambongo se fait solennel. Si la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a accepté de participer aux discussions que Félix Tshisekedi a lancées pour tenter de constituer cette « union sacrée » qu’il appelle de ses voeux, c’est parce que « le peuple attend beaucoup de ces consultations ».

« La situation actuelle a démontré ses limites. Le peuple n’est plus au coeur des soucis de ceux qui nous gouvernent. Il faut que quelque chose change », martèle l’archevêque de Kinshasa.

Quelques jours plus tard, une délégation de la Cenco, conduite par son président, Mgr Marcel Utembi, l’archevêque de Kisangani, a rencontré Joseph Kabila, qui a demandé aux cadres du Front commun pour le Congo (FCC) de ne pas participer de manière individuelle aux consultations. Objectif de cette rencontre :  « Lui donner des conseils, en ce moment, et aussi l’écouter afin de continuer à réfléchir », a déclaré à l’issue de l’entretien l’abbé Donatien N’shole, secrétaire général de la Cenco.

La Cenco a également rencontré Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle qui a refusé de participer aux consultations, ainsi que le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, membre du FCC de Kabila.

L’abbé Donatien N’shole, qui a reçu Jeune Afrique au au siège de la Cenco, à Kinshasa, insiste sur le fait que la démarche des évêques congolais n’entre pas en concurrence avec les consultations menées par le chef de l’État, mais vise à favoriser l’émergence d’une « solution politique appropriée ». Et pour Donatien N’shole, l’une des principales urgences est de procéder à des réformes électorales consensuelles car « la mauvaise gestion des élections de 2018 est la principale raison de la crise actuelle ».

Jeune Afrique : En quelques jours, les évêques ont rencontré le président Félix Tshisekedi, son prédécesseur Joseph Kabila, l’opposant Martin Fayulu et le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Quel a été le message porté ?

Donatien N’shole : La crise est profonde et les évêques ont voulu dire leur regret face au fait que, malgré leurs multiples interpellations sur les querelles intestines qui déchirent la coalition FCC-Cach [Cap pour le changement], la situation ne fait qu’empirer.

Les Congolais souffrent énormément et il n’y a pas d’avancées sur les réformes attendues. Nous sommes arrivés à la conclusion que, dans la dynamique actuelle, on ne peut pas espérer reconstruire le pays. Il faut donc une solution politique appropriée.À LIRE RDC – Matthieu Kalele : « Nous avons assisté à une régression sociale qui est allée en s’amplifiant »

Que préconisez-vous ?

Nous n’avons pas de recettes politiques à donner.

Votre initiative ne risque-t-elle pas de perturber les consultations lancées par Félix Tshisekedi ?

Pas du tout. Nous ne faisons qu’apporter notre contribution, pour impliquer les acteurs politiques et faire comprendre à tous qu’il faut mener des réformes consensuelles, en particulier en ce qui concerne les élections.

Il faut le dire avec insistance : la mauvaise gestion des élections de 2018 est la principale raison de la crise actuelle. Il faudra donc se préparer pour organiser des scrutins [en 2023] qui nous feront sortir de la crise et donneront des institutions fortes et légitimes.

La dissolution de la coalition au pouvoir vous semble-t-elle inévitable ?

Il faut une nouvelle dynamique politique. La dynamique actuelle, malheureusement, ne peut pas nous offrir de bonnes choses.

À la fin des consultations de Félix Tshisekedi, quelle option vous semble-t-elle préférable ?

Encore une fois, il ne revient pas aux évêques de dicter au président sa conduite. Mais il lui revient de prendre ses responsabilités, tout en privilégiant l’intérêt supérieur de la nation, le respect de la Constitution et l’intégrité du pays.

Comment espérer une solution consensuelle alors que certains des principaux acteurs politiques, dont les alliés de Joseph Kabila ou l’opposant Martin Fayulu, s’opposent à la démarche du président Tshisekedi ?

C’est bien pour cela que nous nous impliquons ! Tout le monde doit comprendre que la raison première de cette crise que nous traversons réside dans la mauvaise gestion des élections passées. La meilleure solution est donc de préparer, dès à présent, de bonnes élections pour 2023. Il faut atteindre le consensus sur ce point.

Pour cela, il n’est pas utile d’organiser un grand dialogue comme celui qui a débouché sur l’accord de la Saint-Sylvestre en 2016. On a surtout besoin que les principaux acteurs politiques se concentrent sur l’essentiel. Il faut plutôt imaginer un mécanisme dans lequel les grandes forces politiques peuvent se retrouver et mettre en place des réformes qui vont protéger les intérêts des uns et des autres et, surtout, répondre aux besoins de la population.

Martin Fayulu, pour avoir échangé avec lui, n’est pas fermé à l’idée échanger avec le président Tshisekedi. Mais c’est le cadre de ces consultations qui lui pose problème.À LIRE Tensions entre Tshisekedi et Kabila en RDC : l’armée appelle à ne pas « opposer les militaires les uns aux autres »

Craignez-vous que la situation actuelle débouche sur une période d’instabilité politique ?

Nous ne le souhaitons évidemment pas, mais c’est possible, si les acteurs politiques ne se montrent pas responsables. Mais l’alternance de 2018 ne donne pas les résultats escomptés. Les éléments positifs qui ont été salués au début [du mandat de Félix Tshisekedi] ne font plus espérer. Il faut changer des choses.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa