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RDC : Félix Tshisekedi nomme un « informateur » pour constituer une nouvelle majorité

décembre 6, 2020
Féix Tshisekedi (ici en Allemagne en novembre 2019), a annoncé la nomination d'un informateur en vue d'identifier une nouvelle majorité parlementaire.

Le président congolais a annoncé la nomination d’un « informateur » chargé d’identifier une nouvelle majorité afin de mettre fin aux blocages entre sa coalition et celle de son prédécesseur, Joseph Kabila.

Fin du suspense. Félix Tshisekedi a livré ce dimanche 6 décembre un discours très attendu dans lequel il a dévoilé les conclusions des consultations politiques qu’il a menées avec l’objectif de sortir de la crise politique provoquée par les tensions qui l’opposent depuis près de deux ans à son partenaire de coalition, le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila.

« Rejet de la coalition »

Après une longue énumération des points de convergence qui ont émergé au cours de ces trois semaines de consultations, qui se sont déroulées du 2-25 novembre, qu’il s’agisse de la lutte contre l’impunité, l’insécurité et la corruption, de la nécessité de réformes électorales ou encore de la perspective d’un recensement national, Félix Tshisekedi a dressé le constat d’échec de la coalition au pouvoir.

« Ces consultations ont également mis en évidence le rejet de la coalition », a-t-il relevé. « Le gouvernement de coalition FCC-Cach (Cap pour le changement, la coalition de Tshisekedi, ndlr)  n’a pas permis de mettre en œuvre le programme pour lequel vous m’avez porté à la magistrature suprême ».

Pour remédier à ces blocages, Tshisekedi, qui a expliqué ne pas souhaiter se « résoudre au statu quo », a annoncé la nomination d’un « informateur », chargé d’identifier une nouvelle majorité qui sera plus favorable au président congolais. Cette option, inscrite dans la Constitution, n’avait pas été utilisée au début de son mandat, en janvier 2019.

Katumbi et Bemba évoqués

Pour occuper ce poste, plusieurs noms sont évoqués dans l’entourage de Félix Tshisekedi, dont ceux des opposants Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba. Deux options jugées « très crédibles » par un proche conseiller du chef de l’État, qui s’est confié à Jeune Afrique. Deux autres personnalités sont également citées : le sénateur FCC Modeste Bahati Lukwebo et le premier vice-président du Sénat Sami Badibanga.

En optant pour la nomination d’un informateur, Tshisekedi mise donc sur la constitution d’une nouvelle majorité qui ne pourra se constituer qu’avec le ralliement de forces politiques de tous les bords, afin d’étoffer le petit contingent d’une cinquantaine de députés – sur les 500 que compte l’Assemblée nationale – dont il dispose actuellement à travers sa coalition Cach.

Deux des quatre leaders de la coalition d’opposition Lamuka, Moïse Katumbi et Jean Pierre Bemba, ont accepté de participer aux consultations, laissant ainsi la porte ouverte à un éventuel ralliement au camp présidentiel. À eux deux, ces deux poids lourds de la politique congolaise réunissent près d’une centaine de députés.

Une majorité introuvable ?

Félix Tshisekedi compte aussi sur le ralliement de Modeste Bahati Lukwebo, sénateur FCC et chef de file de l’ l’Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A), deuxième force politique de la coalition de Joseph Kabila. Rejeté par une partie du FCC depuis sa candidature concurrente à celle d’Alexis Thambwe Mwamba pour la présidence du Sénat, en juillet 2019, Bahati a été confirmé comme unique chef de son parti par le tribunal de grande instance de La Gombe, le 23 novembre.

Mais même avec l’agrégation de ces différentes forces, l’informateur que Tshisekedi désignera devra trouver d’autres soutiens et, vraisemblablement, miser sur le débauchage de nombreux membres du FCC. « La coalition n’existe plus, aujourd’hui nous sommes entrés dans l’Union sacrée », martelait, optimiste, un proche conseiller du chef de l’État à la veille du discours.

Selon l’article 78 de la Constitution congolaise, « la mission d’information est de trente jours, renouvelable une seule fois ».

Dissolution

Felix Tshisekedi et Jeanine Mabunda, en 2019.

En cas d’échec de l’informateur, Félix Tshisekedi pourrait-il dissoudre l’Assemblée nationale ? Le président congolais a laissé la porte ouverte à cette option, considérée jusqu’ici comme « la solution de dernier recours » par l’entourage du chef de l’État.

« Fort de ce que les raisons de dissolution sont réunies en ce qu’il existe effectivement une crise persistante, cristallisée notamment par le refus du Parlement de soutenir certaines initiatives du gouvernement, comme ce fut le cas lors de la prestation de serment des membres de la Cour Constitutionnelle, j’userai des prérogatives constitutionnelles qui me sont reconnues, pour revenir vers vous, peuple souverain, et vous demander cette majorité », a assuré le président congolais.

Si dissolution il y avait, la Commission électorale nationale indépendante, dont le nouveau bureau n’a pas encore été élu, aurait la charge de convoquer les électeurs dans les soixante jours suivant la date de publication de l’ordonnance de dissolution.

Le bras de fer a en tout cas déjà débuté au sein de l’Assemblée nationale. Plusieurs députés du Cach, du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, et des partis politiques affiliés à Moïse Katumbi ont, avec quelques députés du FCC, déposé six pétitions, samedi 5 décembre, réclamant la déchéance des membres du bureau de la chambre basse, présidé par Jeanine Mabunda (FCC). Parallèlement à cette démarche, 312 députés du FCC ont, de leur côté, signé une motion de soutien au bureau de l’Assemblée nationale.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras et Stanis Bujakera Tshiamala

RDC: vive tension autour de la visite de Félix Tsisekedi à Lubumbashi

octobre 23, 2017

 

Le centre-ville de Lubumbashi, capitale de la province minière du Katanga. © Gwenn Dubourthoumieu pour J.A

Alors que le chef de file de l’opposition, Félix Tshisekedi, est arrivé ce lundi à Lubumbashi, la police locale a annoncé l’arrestation d’au moins 28 militants de son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) dimanche 23 octobre. Des opposants venus l’accueillir ont également été molestés par les forces de l’ordre.

Le président du Rassemblement, la principale coalition d’opposition, Félix Tshisekedi, est arrivé ce lundi à Lubumbashi. Plusieurs dizaines de militants de l’opposition qui convergeaient vers l’aéroport pour l’accueillir ont été dispersés à coup de gaz lacrymogènes et de matraque.

Parmi eux, Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza, député provincial et responsable local du Rassemblement. Contacté par Jeune Afrique, l’ancien président de l’assemblée provinciale de l’ex-Katanga raconte l’arrivée sous tension de Félix Tshisekedi : « Ils ne m’ont pas permis de me rendre à l’aéroport pour accueillir mon hôte, Félix Tshisekedi. Quatre jeeps bourrées de policiers et militaires lourdement armés m’ont intercepté et m’ont remmené sous escorte à mon domicile. Tout Lubumbashi est quadrillé, la ville est assiégée ! C’est inacceptable ! »

Selon Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza, Félix Tshisekedi devrait s’exprimer depuis dans la journée. « Des forces de l’ordre ont installé des tanks dans plusieurs endroits de la ville pour empêcher la manifestation de l’opposition. En conséquence, nous attendons Félix Tshisekedi chez moi, à Kipopo, dans le quartier du Golf (à Lubumbashi, NDLR) où il pourra s’adresser à la population », a ajouté le député provincial.

Au moins 28 opposants arrêtés

« L’ordre a été donné par la mairie de Lubumbashi de disperser tout attroupement de plus de cinq personnes », a déclaré le général Paulin Kyungu, chef de la police de la province du Haut-Katanga. La veille, ce dernier avait déjà annoncé à l’AFP l’arrestation de « 28 [activistes] détenus au cachot. Ils seront jugés selon la loi », avait-il déclaré. « Ils insultaient le chef de l’État », a-t-il ajouté, précisant que les personnes interpellées sont des militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Une version contestée par le parti d’opposition. « 48 de nos militants ont été arrêtés. Nous exigeons leur libération sans condition », a pour sa part déclaré Dany Kabongo, président de la jeunesse de l’UDPS. Les policiers « ont fait irruption dans notre siège, caillassé le bureau, passé à tabac nos militants », a-t-il ajouté, les accusant également d’avoir emporté une importante somme d’argent.

Condamnation de l’ONU

Les Nations unies ont appelé à leur « libération immédiate et inconditionnelle » par la voix de Maman Sidikou, chef de la Mission de l’ONU en RDC, dans un communiqué publié lundi. La Monusco « condamne » ces arrestations d’opposants survenues alors qu’ils participaient à une réunion privée au siège de l’UDPS.

Climat politique tendu

Dans la soirée de dimanche, l’UPDS avait mis en garde les autorités contre une tentative « d’empêcher tout accueil » de M. Tshisekedi à Lubumbashi ». Un avertissement que le général Kyungu avait rapidement balayé : « Félix Tshisekedi peut venir comme il veut à Lubumbashi », mais la police agira « conformément au dispositions prises par les autorités urbaines ».

Dans un communiqué, le maire de Lubumbashi Jean Oscar Sanguza avait ajouté « qu’aucune manifestation à caractère public ne peut être organisée sans autorisation écrite de l’autorité urbaine introduite avec accusé de réception sept jours avant ».

Le climat politique s’est à nouveau tendu depuis l’annonce par le président de la Commission électorale, Corneille Nangaa, qu’il n’y aurait pas d’élection pour la succession de Joseph Kabila avant 2019.

Jeuneafrique.com

RDC: Félix Tsisekedi et Moïse Katoumbi demandent une transition sans Joseph Kabila

septembre 19, 2017
Les opposants congolais Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi. © John bompengo/AP/SIPA et Vincent Fournier/Jeune Afrique-REA

Les deux figures de l’opposition congolaise Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi ainsi que trois représentants de la société civile et de mouvement citoyens ont signé lundi à New York un communiqué dans lequel ils demandent une transition sans le président Joseph Kabila pour préparer des élections en République démocratique du Congo.

Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi ont co-signé un communiqué lundi 18 septembre à New York, où les Nations unies tiennent mardi une réunion sur la crise en RDC liée au maintien au pouvoir du président Kabila, dont le second mandat a pris fin le 20 décembre 2016, la Constitution ne lui permettant pas de briguer un nouveau mandat.

Dans leur communiqué, signé également par André Mbata Mangu (directeur exécutif de l’Institut pour la démocratie, la gouvernance, la paix et le développement en Afrique), Paul Nsapu (secrétaire général de la FIDH en charge de l’Afrique) et Floribert Anzuluni (coordonnateur du mouvement citoyen Filimbi), les deux opposants pointent la responsabilité de Joseph Kabila « dans le non-respect de la Constitution et de l’accord du 31 décembre 2016 » qui prévoyait des élections d’ici décembre 2017.

« Pour prévenir le vide juridique et le chaos dans la perspective de la non-tenue des élections le 31 décembre 2017 au plus tard, (nous) exigeons une transition sans M. Kabila, devenu illégal et illégitime », écrivent les deux leaders du Rassemblement de l’opposition et leurs cosignataires.

Cette transition sera « conduite par des personnalités éminentes consensuelles chargées de préparer les élections démocratiques, libres, transparentes et paisibles qui ne sont pas possibles, ni avec M. Kabila ni avec la commission électorale (Céni) dans sa configuration actuelle », ajoutent-t-ils.

Les signataires rejettent d’avance « tout projet de référendum constitutionnel » qui modifierait la Constitution sur la question du nombre et de la durée du mandat du président de la République.

Jeuneafrique.com avec AFP