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Afghanistan: Les femmes pourront étudier à l’université, mais pas avec les hommes

septembre 12, 2021

AFGHANISTAN: LES FEMMES POURRONT ÉTUDIER À L'UNIVERSITÉ, MAIS PAS AVEC LES HOMMES

© Reuters/Mohammad Ismail 

(Reuters) – Les femmes afghanes qui le souhaitent seront autorisées à étudier à l’université, mais il sera mis fin à la mixité des cours, a annoncé dimanche le ministre de l’Education supérieure du gouvernement taliban, Abdul Baqi Haqqani.

En accord avec la Charia, a-t-il précisé lors d’une conférence de presse à Kaboul, les classes seront séparées entre hommes et femmes, les cours dispensés aux étudiantes le seront dans la mesure du possible par des enseignantes, et les jeunes femmes devront porter le voile intégral.

Abdul Baqi Haqqani a précisé que la non-mixité serait désormais de rigueur en Afghanistan et que les programmes d’enseignement seraient revus dans les mois qui viennent.

Avec Reuters par (Bureau d’Islamabad, version française Sophie Louet)

Madagascar-Le pouvoir et  l’adultère : à cause des  femmes à scandales

septembre 8, 2021

Dans  tous les pays  du monde, les  histoires d’alcôve ont toujours marqué l’entourage immédiat  des milieux dirigeants. Depuis l’époque biblique du  roi  Salomon et de la Reine de Saba,  en passant par les infidélités fameuses  des  cours de l’Europe jusqu’aux frasques  amoureuses des  grands noms  de la politiques américaines,  les  relations  extraconjugales des grands noms  de la politique ont fait la  gorge chaude du  grand public. Médisance ou réalité, feu Jacques Chirac a été  célèbre pour «les 5 minutes douche comprise». Dans  notre pays, les relations adultérines durant la monarchie ont laissé  des  traces indélébiles  dans les lignées de l’aristocratie. Puis à l’ère de la République, la tradition du  libertinage s’est perpétuée jusqu’à  nos  jours.

 Avec  toute la  discrétion puritaine de notre  culture de la  peur  des commérages, les  rares  fois que les prouesses perverses de l’infidélité traversent mal les murs de la  discrétion prude  et des lieux des  ébats  coupables de ceux  qui ne  résistent pas à la  tentation des plaisirs interdits, la  vérité finit par éclater au  grand  jour. Pas plus  tard qu’en cette période où à  tous  bouts  de champs les  personnalités des milieux politiques ne  ratent aucune occasion faire preuve d’une  religiosité de face, la  capitale bruisse des  rumeurs d’infidélité de l’entourage du  gouvernement. A l’heure où paraissent ces lignes, des indiscrétions de la  haute société  font  état d’une  crise  de  jalousie de la part du mari d’une ministre dont la réputation en matière d’infidélité n’est plus  à  faire. Les péripéties  de cet amour triangulaire ont failli prendre une  mauvaise tournure dramatique parce que selon  des  sources fiables, l’époux trompé  s’est  servi d’une  arme  à  feu et c’est de justesse qu’il  a  raté son  rival. Le  comble  est  que le  gigolo en  question  est un père  de  famille… Sauf ingérence en haut-lieu les concernés s’expliqueront probablement devant un juge. A noter que la  dame  infidèle  n’en  est pas à  sa première incartade amoureuse. Sa liaison  avec un  ministre actuel  réputé  chaud lapin,  elle  s’est brouillée  avec  ce  dernier parce que celle-ci  n’a pas  résisté aux  charmes  d’un jeune partenaire plus  jeune que son  compagnon. Des  directeurs  généraux,  des membres  de  cabinet, le droit de cuissage  aidant ne peuvent pas  prétendre d’avoir une  fidélité à  toute épreuve.

Avec La Gazette de la Grande Ille par Noël Razafilahy

« Nous n’avons pas peur : à Hérat, des Afghanes manifestent pour leurs droits

septembre 2, 2021

Une cinquantaine de femmes ont bravé la peur ce jeudi pour faire valoir auprès des talibans leur droit à travailler, à étudier et à être protégées.

« Nous sommes ici pour réclamer nos droits et nous n’avons pas peur. » Une cinquantaine de femmes ont manifesté jeudi 2 septembre 2021 à Hérat, en Afghanistan, maintenant la pression sur le nouveau régime taliban avant la présentation très attendue du gouvernement. « C’est notre droit d’avoir une éducation, du travail et la sécurité », ont chanté à l’unisson ces manifestantes, dont certaines brandissaient des pancartes appelant au respect des droits des femmes. « Nous n’avons pas peur, nous sommes unies », ont-elles également crié, sans que les islamistes, qui s’efforcent de montrer un autre visage depuis leur reconquête du pouvoir, ne les rudoient. Durant leurs cinq premières années de règne (1996-2001), toute contestation de leur régime était sévèrement punie.

« Nous sommes ici pour réclamer nos droits », a expliqué Fareshta Taheri, l’une des protestataires, jointe par l’Agence France-Presse. La manifestation se tenait à Hérat, capitale de l’Ouest afghan proche de la frontière iranienne, une ville connue pour être plutôt libérale selon les critères afghans. Au moins une manifestante avait revêtu une burqa, quand les autres arboraient un simple voile masquant leurs cheveux, leurs oreilles et leur cou.

« Peur et incertitude »

« Nous sommes même prêtes à porter des burqas s’ils nous disent de le faire, mais nous voulons que les femmes puissent aller à l’école et travailler », explique Fareshta Taheri, une artiste et photographe. « Pour l’instant, la plupart des femmes qui travaillent à Hérat sont à la maison, dans la peur et l’incertitude. » Durant le premier gouvernement taliban en Afghanistan, la très grande majorité des femmes et des jeunes filles avaient été privées d’accès à l’éducation et à l’emploi. Les burqas étaient devenues obligatoires dans la rue et les femmes ne pouvaient pas se déplacer sans un chaperon, généralement un homme de leur famille.

Depuis leur reconquête du pouvoir et la prise de Kaboul le 15 août dernier, les talibans affirment avoir changé. Ils ont assuré à maintes reprises vouloir mettre en place un gouvernement « inclusif ». Mais leurs promesses ont été contredites mercredi par les déclarations, sur la BBC, du chef adjoint du bureau politique des talibans au Qatar. Interrogé sur le gouvernement à venir, qui pourrait être dévoilé vendredi, Sher Mohammad Abbas Stanekzai a notamment laissé entendre qu’il « pourrait ne pas y avoir » de femmes nommées ministres ou à des postes à responsabilité, mais uniquement à des échelons inférieurs. Une perspective inacceptable aux yeux des manifestantes à Hérat. « Nous regardons les informations, on ne voit aucune femme dans les réunions et les rencontres organisées par les talibans », pointe Mariam Ebram, une des manifestantes.

Moqueries talibanes

« Des pourparlers sont en cours pour former un gouvernement, mais ils ne parlent pas de la participation des femmes », renchérit Basira Taheri, une des organisatrices de la marche. « Nous voulons que les talibans tiennent des consultations avec nous. » Si les filles sont retournées à l’école à Hérat fin août, quelques jours seulement après l’effondrement des forces gouvernementales et des milices locales, la situation s’est dégradée avec la prise de Kaboul. De nombreuses femmes restent cloîtrées chez elles et n’osent plus s’aventurer dans la rue. « Même dans la ville, on ne voit pas beaucoup de femmes », rapporte Mariam Ebram. « Des médecins ou des infirmières qui ont osé retourner au travail se plaignent que les talibans se moquent d’elles. »

Pour l’ancienne ministre Nehan Nargis, réfugiée en Norvège, l’Afghanistan de 2021 n’a plus rien à voir avec l’Afghanistan de 2001, lorsque les talibans ont quitté le pouvoir, chassés par une coalition menée par les États-Unis. « Les gens sont beaucoup plus conscients, ils ont maintenant des aspirations différentes pour l’Afghanistan, et ils ont des attentes vis-à-vis du gouvernement », a-t-elle déclaré sur la BBC mercredi soir, pointant l’importance des réseaux sociaux, un « outil très puissant » de mobilisation. À Hérat, les manifestantes promettent de continuer à battre le pavé jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues. « Nous continuerons nos manifestations, assure Basira Taheri. Elles ont commencé à Hérat, elles s’étendront bientôt à d’autres provinces. »

Par Le Point avec AFP

Congo/Pointe-Noire: Ces Ouestafs du Grand marché qui ravissent les femmes des Congolais

août 27, 2021

Le Grand marché de la ville de Pointe-Noire est un oasis doré de nos frères d’Afrique de l’Ouest venus chercher la vie au Congo. Le Congolais, étant fainéant, paresseux, vantard, le Wara a vite compris qu’il pouvait le nourrir et aussi lui ravir la femme. De nos jours, nombreuses sont les petites, voir même femmes mariées qui se font gérer par un Wara.

Depuis que la crise s’est installée au Congo, l’amour a fui par la fenêtre au profit des intérêts matériels. Si tu es pauvre, il faut prier pour avoir la chance d’être aimé, même la beauté ne tient plus la route. Comment comprendre que Stella, une belle fille de Siafoumou sorte avec un Sénégalais noiraud et vilain ? Il a son argent.

Le commerçant Ouestaf est bon payeur et peut facilement satisfaire à toutes les envies de la congolaise, en commençant par un portable dernier cri. Dans l’allée de vente d’habits du Grand Marché, on peut facilement entendre comment les Maliens disent en Bambara géré la fille qui vient négocier un jean ou une paire de chaussures.

Erick Poaty, lui a accepté que sa copine devienne la maîtresse d’un commerçant Guinéen des portables. Il a ainsi réussi à avoir un Samsung S10 et de l’argent frais que sa copine soutire chez le Wara. «  Je ne vais pas l’épouser, à quoi bon être jaloux si je peux en profiter ! » affirme-t-il sans gêne.

Dans les conversations avec quelques commerçants Wara du Grand marché, il ressort que même des femmes mariées sortent avec eux pour de l’argent ou des vêtements ou téléphones. «  Ma maitresse est pourtant la femme d’un colonel Congolais ! » lâche Moussa de 26 ans.

Avec Sacer-infos par Stany Frank

Du Nigeria à la RDC, une « épidémie de viols de guerre »

mai 31, 2021
Manifestations contre les violences dans l’Est de la RDC, à Kinshasa, en 2012.

Dans une grande enquête, la reporter britannique Christina Lamb rassemble les témoignages glaçants de survivantes de violences sexuelles en temps de conflit. Une arme de destruction massive employée en toute impunité.

« Ça a duré pendant six semaines. Ma vie n’était plus qu’un viol, tremble Rojian, 16 ans. C’est dur à raconter, mais c’est encore plus dur que les gens l’ignorent. » Ancienne esclave sexuelle aux mains de l’État islamique, cette adolescente yézidie est l’une des voix courageuses de l’enquête sur le viol de guerre réalisée dans treize pays par la reporter britannique Christina Lamb.

Près d’une décennie après avoir accompagné la militante pakistanaise des droits humains Malala Yousafzai dans la rédaction de son autobiographie, la correspondante en chef de l’hebdomadaire The Sunday Times recueille dans Nos corps, leur champ de bataille. Ce que la guerre fait aux femmes les témoignages douloureux, souvent insoutenables, de survivantes du génocide contre les Tutsi, de parents de lycéennes nigérianes enlevées par Boko Haram et mariées de force à des jihadistes, de mères de bébés violés dans les villages de RDC…

Humilier et détruire

« Cela n’a rien de sexuel, c’est une manière d’arracher son humanité à la victime et de lui montrer qu’elle n’existe pas », martèle le gynécologue Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018 aux côtés de l’activiste yézidie Nadia Murad, répétant inlassablement que « tant que le poids du tabou reposera sur la victime plutôt que sur l’auteur du crime, rien ne changera »

« Moins onéreuse et tout aussi efficace qu’une balle de kalachnikov », assène Christina Lamb, l’arme est redoutable. Et les objectifs sont glaçants : humilier la femme de l’ennemi, détruire le tissu social, faire fuir la population et même féconder pour changer l’équilibre démographique.

CHAQUE FOIS QU’ON CROISAIT LE CHEMIN DES INTERAHAMWE, ILS NOUS VIOLAIENT

Plus de vingt ans après avoir ouvert son hôpital de Panzi pendant la Deuxième guerre du Congo, le Dr Mukwege continue à « réparer » des femmes profondément traumatisées et mutilées en RDC. Il tente d’étendre son action à la Guinée, au Burkina ou à la Centrafrique. Lorsqu’elle lui rend visite à Bukavu, dans le Sud-Kivu, Christina Lamb trouve un homme « très abattu » face à des cas de plus en plus graves, des enfants toujours plus jeunes.

Si les femmes étaient déjà considérées comme un butin de guerre dans la Grèce antique, et ont payé un lourd tribut dans les conflits du XXe siècle, cette grande reporter, lauréate de quatre British Press Awards et du prix Bayeux des correspondants de guerre, estime qu’une nouvelle « épidémie de viols de guerre » s’est déclarée en 2012 au moment de l’enlèvement des filles de Chibok, puis s’est répandue à travers l’Irak, la Birmanie, le Soudan du Sud et plus récemment en Éthiopie et dans sa région du Tigré.

Les pionnières du Rwanda

L’Afrique ne compte plus – et ne compte pas – ses victimes. Mais elle a vu émerger de véritables pionnières dans la lutte pour la libération de la parole et la reconnaissance du viol comme crime de guerre. « En RDC, de nombreuses femmes se sont levées pour parler de ce qu’elles avaient vécu et se soutenir les unes les autres », souligne Christina Lamb, marquée par son passage à la « Cité de la joie », une organisation fondée par la Belgo-Congolaise Christine Schuler Deschryver, qui aide de jeunes femmes de 18 à 30 ans à reprendre le contrôle de leur vie.

C’est au Rwanda, où 250 000 à 500 000 viols ont été perpétrés entre avril et juillet 1994 selon le rapporteur spécial de l’ONU, que la première victoire judiciaire contre ces crimes de masse a été remportée. À Taba, à l’ouest de Kigali, Victoire Mukambanda a perdu le compte de ses propres cauchemars : « Chaque fois qu’on croisait le chemin des Interahamwe, ils nous violaient. » Mais avec sa sœur, Serafina Mukakinani, elle a osé se présenter en 1998 devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), à Arusha, lors du procès du maire de la ville, Jean-Paul Akayesu.

Un procès historique, qui aboutira à la toute première condamnation pour viol de guerre, malgré les résistances, voire la lâcheté, des juges confrontés au récit des pires tortures, systématiques, parfois collectives, souvent perpétrées devant des proches. « Ils voulaient se boucher les oreilles pour ne plus entendre, raconte l’ancienne haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme Navi Pillay, alors seule juge femme du TPIR. Ils me disaient : “On ne sait pas quoi faire de ces preuves, alors on te les laisse”. »

LES FEMMES DE TABA ONT CHANGÉ L’HISTOIRE DU DROIT INTERNATIONAL

Si vingt-cinq ans après, les femmes de Taba – que Christina Lamb a retrouvées – luttent encore pour leur survie et sont souvent contraintes de cohabiter avec leurs bourreaux, « elles ont littéralement changé l’histoire du droit international », rappelle la journaliste. Un exemple pour les autres victimes en quête de justice, comme les Yézidies.

Une rencontre entre ces deux générations de survivantes a été organisée à New York, à l’initiative de la Free Yezidi Foundation. Les Yézidies y ont repris espoir. Les Rwandaises, elles, auraient préféré n’avoir aucune jeunesse à inspirer. « Je me suis gardée de dire qu’elles m’avaient confié être reparties abattues de voir que, malgré leur courage et tous leurs efforts, les viols continuaient », déplore Christina Lamb.

La journaliste britannique Christina Lamb a mené l’enquête dans treize pays

En toute impunité

D’autant que la voie qu’elles ont ouverte reste très étroite. En vingt ans, la Cour pénale internationale (CPI) n’a prononcé que deux condamnations pour des faits de violence sexuelle, à l’encontre de deux Congolais, l’ancien vice-président et ex-chef rebelle Jean-Pierre Bemba, en 2016 (un verdict annulé deux ans plus tard), et le seigneur de guerre Bosco Ntaganda, surnommé Terminator, en 2019. « C’est si difficile d’obtenir justice, se désespère la reporter britannique. Le viol est sans doute le crime de guerre le plus ignoré au monde. »

Dans l’immense majorité des cas, les poursuites ne sont pas même engagées. Au Nigeria, le mouvement « Bring Back Our Girls » est retombé et les jihadistes de Boko Haram continuent à enlever de jeunes filles au nord-est, à disposer de leurs corps et de leurs esprits en toute impunité. En Irak, lors des procès de jihadistes de Daech, les sévices infligés à leurs esclaves sexuelles ne font pas partie des chefs d’accusation. On intime aux victimes de se satisfaire de condamnations pour terrorisme. Ne valent-elles pas déjà aux coupables la perpétuité ou la mort ?

Mais plus qu’une peine, aussi lourde soit-elle, ces survivantes luttent pour la reconnaissance des viols, « l’une des pires atrocités », selon les juges du procès Akayesu, parce qu’elle entraîne « la destruction de l’esprit, de la volonté de vivre, et de la vie elle-même ».

Pour obtenir la justice, indispensable à la reconstruction, « il faut plus de femmes dans la police et dans les tribunaux, plaide aujourd’hui Christina Lamb. Plus de femmes dans les négociations de paix ». Et plus de femmes pour écrire l’histoire, dont certaines des pages les plus sombres sont passées sous silence par les hommes.

Nos corps, leur champ de bataille. Ce que la guerre fait aux femmes, de Christina Lamb, Harper Collins, 517 pages, 21 €

Avec Jeune Afrique par Julie Gonnet

RDC – Nouveau gouvernement : Félix Tshisekedi nomme des femmes à des postes stratégiques

avril 14, 2021
Eve Bazaiba, nommée vice-Premier ministre

Aux Mines, à la Justice, au Portefeuille… Félix Tshisekedi a confié des maroquins importants à des femmes. L’une d’elle – Eve Bazaiba, bras droit de Jean-Pierre Bemba – devient même vice-Première ministre. Portrait de quelques unes de ces personnalités qui devraient peser.

Sama Lukonde Kyenge, le Premier ministre congolais, avait promis de s’entourer de « guerriers ». Après deux mois de discussions et de négociations, force est de constater que son gouvernement, finalement annoncé le 12 avril, est aussi composé de « guerrières ».PUBLICITÉ

Les femmes bien sûr n’y sont pas majoritaires, mais quinze d’entre elles font tout de même leur entrée sur un effectif total de 57 ministres (Premier ministre inclus), alors qu’elles n’étaient que douze (sur 67) dans la précédente équipe. Elles occupent donc 27 % des postes et l’on n’est pas loin de l’objectif de 30 % annoncé par le chef de l’État. Surtout, plusieurs d’entre elles se voient confier des postes stratégiques. Portraits.À LIRE RDC – Nouveau gouvernement : ce qu’il faut retenir des choix de Félix Tshisekedi

• Ève Bazaiba, vice-Premier ministre

Secrétaire générale du Mouvement de libération du Congo (MLC), le parti de Jean-Pierre Bemba, Ève Bazaiba, 55 ans, est une figure de la scène politique congolaise. Elle est l’un des quatre vice-Premiers ministres nommés ce lundi et se voit confier l’Environnement, devenant au passage la troisième personnalité du gouvernement par ordre protocolaire.

OPPOSANTE FAROUCHE À JOSEPH KABILA, ELLE EST DEPUIS 2014 LE BRAS DROIT DE BEMBA

Bazaiba a fait ses premières armes en politique dans les années 1990, aux côtés d’Étienne Tshisekedi, alors à la tête de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Elle a ensuite rejoint le MLC en 2006. Opposante farouche à Joseph Kabila, elle est depuis 2014 le bras droit de Bemba. Elle est l’un des rares cadres du parti à ne pas s’être détourné de lui lorsqu’il était détenu par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.À LIRE [Chronique] RDC : sexisme et clichés au programme de la rentrée politique

Le portefeuille qui lui est confié est vaste, eu égard au potentiel du pays et à sa situation géographique, au cœur du bassin du Congo. Eve Bazaiba va devoir travailler à doter la RDC d’une vraie politique environnementale. Au lendemain de sa nomination, l’ONG Greenpeace Afrique la pressait déjà de faire respecter le moratoire sur les nouvelles concessions forestières industrielles, « violé sans scrupules et à plusieurs reprises par son prédécesseur, en complicité avec des entreprises chinoises et congolaises ».

• Adèle Kahinda au Portefeuille

Adèle Kahinda hérite du ministère du Portefeuille

Moins connue qu’Ève Bazaiba, Adèle Kahinda hérite néanmoins d’un maroquin stratégique, celui du Portefeuille. Quand le Front commun pour le Congo (FCC, de Joseph Kabila) tenait la majorité parlementaire, avant que le rapport de force ne bascule à Kinshasa, c’est le ministère du Portefeuille qui, tenu par le FCC et engagé dans un bras de fer avec Félix Tshisekedi, bloquait les ordonnances de nomination à la tête des grandes entreprises publiques, telles que la Gécamines ou la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC).

ELLE VA DEVOIR FORMULER DES PROPOSITIONS POUR TRANSFORMER LES ENTREPRISES PUBLIQUES

Adèle Kahinda est un pilier de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC), le parti de Modeste Bahati Lukwebo. Auparavant membre du FCC, l’AFDC a fait défection dans le courant de l’année 2020. Officiellement nommé « informateur » le 31 décembre dernier, Modeste Bahati Lukwebo a travaillé à constituer une nouvelle majorité parlementaire autour du chef de l’État avant d’être porté à la présidence du Sénat début mars.

Désormais ministre d’État, Adèle Kahinda va devoir formuler des propositions pour transformer les entreprises publiques congolaises et débarrasser l’État des canards boiteux. « Il est temps que le capital de certaines sociétés d’État soit ouvert à des investisseurs privés, résume un expert du secteur à Jeune Afrique. Il va donc falloir déterminer la valeur de ces entreprises au préalable. Si la nouvelle ministre parvient à faire ce travail, ce sera déjà très bien. »

• Rose Mutombo Kiese à la Justice

Autre ministère stratégique, celui de la Justice. Il échoit à la présidente du Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (Cafco), grande plateforme de défense des droits des femmes en RDC créée en février 2005 à la suite du dialogue inter-congolais de Sun City. Rose Mutombo Kiese, qui a elle aussi rang de ministre d’État, était auparavant avocate générale près le Conseil d’État.

ELLE A L’AVANTAGE DE BIEN CONNAÎTRE FÉLIX TSHISEKEDI ET SON ANCIEN DIRECTEUR DE CABINET, VITAL KAMERHE

Présentée par le Premier ministre comme membre de la société civile, elle a l’avantage de bien connaître Félix Tshisekedi ainsi que son ancien directeur de cabinet, Vital Kamerhe (qui a certes été condamné à vingt ans de prison, mais dont le parti conserve quatre ministères dans le nouveau gouvernement).

Rose Kiese Mutombo succède à Célestin Tunda Ya Kasende (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, PPRD) qui avait démissionné en juillet dernier et n’avait pas été remplacé. Elle a déjà pour consigne de veiller à ce que des poursuites soient systématiquement engagées dans les affaires de corruption et de lancer des réformes pour protéger la justice des ingérences politiques.

• Antoinette N’Samba Kalambayi aux Mines

Le ministère des Mines, qui était également contrôlé par la coalition de Kabila, est confié à Antoinette N’Samba Kalambayi. Cette personnalité elle aussi issue de la société civile est surtout connue en RDC pour avoir publié en 2016 un ouvrage questionnant l’indépendance de la commission électorale (La Commission électorale nationale indépendante de la RD Congo. Jouit-elle de son indépendance organique et fonctionnelle ?).

Elle s’était ensuite rapprochée de l’UDPS quand celle-ci tentait d’empêcher Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà du terme de son deuxième mandat.

ELLE VA DEVOIR LISTER LES PERMIS DE RECHERCHE QUI NE SONT JAMAIS TRANSFORMÉS EN PERMIS D’EXPLOITATION

Désormais à la tête d’un secteur stratégique en RDC, Antoinette N’samba Kalambayi va devoir relever de très nombreux défis : lister les permis de recherche qui, contournant la législation, ne sont jamais transformés en permis d’exploitation ; s’assurer qu’ils soient au besoin réattribués ; veiller au rapatriement de la partie en devises des exportations, ainsi que le prévoit le code minier révisé ; procéder à la titrisation des gisements afin de rechercher des financements sur les marchés financiers ; pousser les opérateurs miniers à signer un cahier des charges avec les communautés affectées par l’exploitation minière… La tâche est immense.

• Aminata Namasia, vice-ministre de l’Enseignement

C’est la benjamine de ce nouveau gouvernement : Aminata Namasia, 28 ans, devient vice-ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique. Pour cette députée, ce poste est une forme de récompense puisque, en tant que questeur du bureau d’âge de l’Assemblée nationale, elle a contribué à faire chuter Jeanine Mabunda (FCC) du perchoir en décembre dernier.

Aminata Namasia va devoir concrétiser l’une des promesses phares du président Tshisekedi, à savoir la gratuité de l’enseignement de base.

Et les dix autres nommées sont…

Sont également nommés à la tête de ministères Anne-Marie Karume Bakaneme (Relations avec le Parlement ), Gisèle Ndaya Luseba (Genre, Famille et Enfants), Antoinette Kipulu (Formation professionnelle), Catherine Katumbu Furaha (Culture) et Ndusi Ntembe (Emploi, Travail et Prévoyance sociale).

Séraphine Kilubu Kutuna est pour sa part nommée vice-ministre de la Défense, Elysée Bokumuana Maposo vice-ministre du Budget, Véronique Kilumba Nkulu vice-ministre de la Santé et Irène Esambo, ministre déléguée aux Affaires sociales et aux actions humanitaires. Enfin, Nana Manuanina Kihumba devient ministre près le président de la République.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala

Canda/Québec-Féminicides: le Diocèse de Trois-Rivières se fera entendre

mars 31, 2021

Le sort réservé aux sept femmes qui ont été tuées par leur conjoint ou leur partenaire au cours des sept dernières semaines continue de faire réagir à travers la province, mais également dans la région. C’est dans cette optique, mais également afin de faire comprendre qu’une seule victime en est une de trop, que les croyants du Diocèse de Trois-Rivières souhaitent joindre leur voix à celles des organismes qui agissent contre la violence conjugale, pour demander au gouvernement du Québec d’agir en appliquant les 190 recommandations du rapport «Rebâtir la confiance» et en finançant adéquatement leur mise en œuvre.

Le Diocèse de Trois-Rivières joint sa voix aux organismes qui agissent contre la violence conjugale.

© STÉPHANE LESSARD Le Diocèse de Trois-Rivières joint sa voix aux organismes qui agissent contre la violence conjugale.

«Au nom de nos options pacifiques et bienveillantes comme communauté de foi et en raison de notre solidarité avec les femmes et avec toutes les personnes vulnérables victimes de violence, plusieurs églises du Diocèse de Trois-Rivières sonneront le glas ce mercredi saint 31 mars 2021, tout au long de la journée. Pour commémorer le décès des femmes violentées, nos églises se joignent à celles de tous les diocèses du Québec qui ont été invités à faire de même par le Conseil Église et Société de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec et du Réseau des répondantes à la condition des femmes dont je fais partie», mentionne Mélanie Charron, répondante à la condition des femmes pour le Diocèse de Trois-Rivières.

La population de Trois-Rivières qui entendra résonner le glas des églises des quartiers et des villages, le mercredi 31 mars, est donc invitée par le Diocèse de Trois-Rivières à s’intérioriser, voire à prier suivant sa foi, en souhaitant les transformations nécessaires pour que cessent les violences faites aux femmes, pour que les femmes et les enfants soient crus, protégés et aient accès aux ressources nécessaires, mais aussi pour que les hommes ayant des comportements violents soient accompagnés par des services visant la prévention de l’agression et la diminution du risque de récidive.

«Plus qu’un souhait ou vœu pieux pour contrer la violence faite aux femmes, l’écho du glas devrait pouvoir symboliquement nous appeler à agir, suivant nos moyens, pour que cesse cette violence», conclut Mélanie Charron.

Avec Amélie Houle – Le Nouvelliste

France/Covid-19 : les femmes plus affectées par le télétravail que les hommes

février 23, 2021

Selon une enquête menée par Ipsos et le Boston Consulting Group, 34% des femmes déclarent être sur le point de craquer en raison de la situation sanitaire.

Alors que la crise du Covid-19 a poussé des millions de Français à travailler depuis chez eux, la situation pèse largement sur leur moral et leur vie professionnelle. Près d’un tiers des salariés déclare être proche du burn-out en raison de la crise sanitaire (32%). Sans aller jusque-là, près des trois quart des salariés (70% ) se disent anxieux, selon une enquête du Boston Consulting Group (BCG) réalisée avec l’institut Ispos.

L’un des sentiments dominants de cette crise est la diminution de la frontière entre vie privée et vie professionnelle. Ainsi, 39% des sondés affirment travailler à l’heure du déjeuner, sans faire de véritable pause, plus souvent qu’avant la crise sanitaire. Et 41% des répondants estiment avoir moins de temps pour eux, tandis qu’un tiers déclare en avoir beaucoup ou un peu plus. Une majorité indique aussi passer plus de temps à effectuer des tâches domestiques (50%), à encadrer le travail scolaire des enfants (46%) ou à accompagner ou récupérer les enfants (44%), des tâches qui sont majoritairement réalisées par les femmes, rappelle l’étude du BCG et Ipsos. Près de la moitié des hommes déclarent toutefois faire plus de tâches par rapport à avant la crise.

Conséquences négatives sur la carrière à court terme.

L’enquête révèle surtout une disparité entre les hommes et les femmes face à la crise sanitaire. L’enquête s’est intéressée plus particulièrement aux salariés du privé. Sur le long terme, les femmes y sont moins confiantes sur leur avenir professionnel. Ainsi, 60% des femmes se disent confiantes contre 70% pour les hommes. Les femmes sont aussi plus pénalisées que les hommes en télétravail. Elles sont 1,3 fois moins nombreuses à disposer d’un espace de télétravail isolé, et 1,5 fois plus fréquemment interrompues en travaillant depuis chez elles. Les femmes sont aussi plus nombreuses à se sentir anxieuses (50% des hommes contre 66% des femmes). 34% des femmes interrogées indiquent être sur le point de craquer ou proches du burn-out, contre 28% des hommes.

Si 70% de l’ensemble des salariés interrogés sont confiants dans leur avenir professionnel à long terme, un tiers (33%) estime que la crise a des conséquences négatives sur leur carrière à court terme. Concernant la productivité, un tiers se considère un peu ou beaucoup plus performant par rapport à avant la crise sanitaire, tandis que 36% pensent être un peu ou beaucoup moins performants.

Dans ce contexte, près de la moitié des managers ont fait en sorte d’échanger davantage avec leurs équipes (49%), mais ces efforts ne sont pas toujours suffisants. En effet, la moitié des salariés interrogés se sentent isolés de leurs collègues. Au cours des deux dernières semaines, 70% des salariés indiquent avoir ressenti de la nervosité, de l’anxiété ou de la tension au moins plusieurs jours.

(*) Étude menée en ligne auprès de 2002 salariés français, dont 1001 femmes et 1001 hommes, dans le secteur privé et public, du 29 janvier au 8 février 2021.

Avec Le Figaro par Salomé Kourdouli

Le président des JO de Tokyo va démissionner après ses propos sur les femmes

février 11, 2021

LE PRÉSIDENT DES JO DE TOKYO VA DÉMISSIONNER APRÈS SES PROPOS SUR LES FEMMES

© Reuters/POOL 

TOKYO (Reuters) – Yoshiro Mori, président du comité d’organisation des Jeux olympiques 2020 de Tokyo, va démissionner après ses propos sur les femmes, trop bavardes selon lui, qui lui ont valu de vives critiques, a-t-on appris de deux sources proches du dossier.

Cette démission risque d’accentuer les doutes sur la tenue des JO cet été alors que la pandémie due au coronavirus, qui a déjà provoqué un report d’un an de l’événement, n’est pas terminée.

L’ancien Premier ministre, âgé de 83 ans, a lui-même déclaré à la télévision japonaise qu’il allait « expliquer (s)a pensée » lors d’une réunion prévue vendredi et qu’il devait assumer la situation. Il n’a toutefois pas confirmé les rumeurs sur sa démission à venir.

« Je ne peux pas laisser ce problème perdurer plus longtemps », a-t-il dit, en présentant une nouvelle fois ses excuses.

Un porte-parole du comité d’organisation a refusé de s’exprimer sur le sujet.

D’après les sources, Yoshiro Mori va être remplacé par Saburo Kawabuchi, âgé de 84 ans, ancien président de la fédération japonaise de football et maire du village olympique.

Avec Reuters par (Yoshifumi Takemoto, Elaine Lies et Takashi Umekawa; Version française Bertrand Boucey, édité par Jean-Michel Bélot)

Canada/Sages-femmes : l’engouement pour les naissances à la maison représente un travail colossal

février 7, 2021

Accoucher à l’hôpital ou à la maison? La question se pose pour de nombreux parents en raison de la pandémie et les sages-femmes sont de plus en plus sollicitées. Malgré la forte demande, les salaires n’ont pas bougé et certaines se sentent délaissées par les gouvernements.

Un accouchement dans l’eau, en fin janvier, au centre de naissance de Ottawa. Les deux sages-femmes présentes sont Mélanie Page et Emmanuelle-Dennie Filion.

© Wonder Life Photography/wonder life photography Un accouchement dans l’eau, en fin janvier, au centre de naissance de Ottawa. Les deux sages-femmes présentes sont Mélanie Page et Emmanuelle-Dennie Filion.

Donner naissance depuis sa chambre à coucher ou son salon est un choix que font de plus en plus de parents depuis le début de la pandémie.

Celle-ci a changé l’accouchement traditionnel : plus question de recevoir famille et amis, avec fleurs et cadeaux.

 La présidente de l’Association des sages-femmes de l’Ontario, Jasmin Tecson

© Photo remise par l’AMO La présidente de l’Association des sages-femmes de l’Ontario, Jasmin Tecson

«De manière anecdotique, le taux de naissance à domicile était d’environ 5 à 15 % en Ontario et a doublé au cours de la dernière année», précise la présidente de l’Association des sages-femmes de l’Ontario (AMO), Jasmin Tecson.

Les constats sont identiques dans d’autres provinces, comme au Québec, en Alberta et en Colombie-Britannique.

Emmanuelle-Dennie Filion, sage-femme à Ottawa

© Emmanuelle-Dennie Filion Emmanuelle-Dennie Filion, sage-femme à Ottawa

C’est d’ailleurs pour être entourée des siens que Mélissa L’Écuyer a choisi d’accoucher de son deuxième enfant depuis chez elle, en décembre.

«Le dilemme que j’avais était que je voulais avoir ma mère avec moi durant l’accouchement pour me soutenir, mais je ne voulais pas que mon conjoint loupe les premières minutes de vie de sa fille», dit-elle.

Pour elle, l’expérience s’est très bien déroulée. Huit minutes après la première poussée, elle avait sa fillette dans les bras. Si c’était à refaire pour un troisième, elle le referait sans hésiter ajoute-t-elle.

Ola et Tess, deux sages-femmes qui travaillent à Community Midwives of Ottawa.

© avec permission de Community midwives of Ottawa Ola et Tess, deux sages-femmes qui travaillent à Community Midwives of Ottawa.

Même son de cloche pour Anne Knight, qui a accouché de son troisième enfant en avril 2020, à la maison.

«Nous n’avions que peu d’informations sur la transmission de la COVID, c’était le tout début, mais le nombre de cas atteignait un pic», se souvient-elle.

Avec deux enfants à la maison et personne pour les garder en raison du confinement, la décision d’accoucher à domicile a été prise un mois avant la naissance.

L’hôpital reste accessible

Les clientes à risque accouchent dans les hôpitaux. Même chose en cas de complication durant le travail et qu’il faut procéder à une césarienne, comme pour la fille de Lisa Senack.

«J’ai fait la majorité de mon processus à la maison. J’étais rendue à 8 cm et là ça ne progressait pas bien et la petite montrait des signes de détresse, alors nous avons dû nous rendre à l’hôpital», indique-t-elle.

Alita, un jour.

© Photo remise par Lisa Senack Alita, un jour.

La présence de sage-femme dès le début du travail l’a toutefois rassurée.

«Elle avait réalisé que j’étais déshydratée, et quand tu es déshydratée ta température corporelle augmente. Elle m’a dit tout de suite que si on ne pouvait pas baisser ma température, l’hôpital allait me considérer comme à risque de COVID, donc la sage-femme m’a réhydratée tout de suite», raconte-t-elle.

La petite Alita est née en santé, mais Lisa avait quelques craintes sur les visites à cause de la COVID-19.

Autre temps, autre pandémie

Si ces familles ont pu prévoir la naissance à la maison en amont, ce n’était pas le cas de Sylvie Maclean.

En avril 2003, l’épidémie du SRAS touchait le Canada depuis à peine un mois quand elle a dû accoucher.

«On avait décidé la semaine d’avant de rester à la maison parce qu’il y avait des risques qui nous avaient été dits, ce n’était pas aussi public que maintenant», se souvient-elle.

Un accouchement dans l’eau fin janvier au centre de naissance de Ottawa. Les deux sages-femmes présentes sont Mélanie Page et Emmanuelle-Dennie Filion.

© Wonder Life Photography/wonder life photography Un accouchement dans l’eau fin janvier au centre de naissance de Ottawa. Les deux sages-femmes présentes sont Mélanie Page et Emmanuelle-Dennie Filion.

La sage-femme avait dû recevoir une autorisation spéciale pour administrer les antibiotiques par intraveineuse, une première en Ontario, raconte Sylvie.

Des complications la conduisent finalement à l’hôpital, en pleine tempête hivernale.

Après une année de COVID-19, les sages-femmes sont désormais bien rodées et savent faire face aux défis que la pandémie apporte.

«On a rajouté tout l’équipement protecteur, on travaille avec des masques, des jaquettes spéciales, les rendez-vous sont plus espacés», raconte Emmanuelle-Dennie Filion.

Malgré la demande qui bondit, la profession est toujours en mal de reconnaissance et sous-rémunérée, selon plusieurs associations de sages-femmes.

Selon une enquête menée par l'Association des sages-femmes de la Colombie-Britannique, les futures mamans ont été plus nombreuses à poser des questions sur l'accouchement à domicile entre mars et novembre comparé aux années précédentes.

© FatCamera/Getty Images Selon une enquête menée par l’Association des sages-femmes de la Colombie-Britannique, les futures mamans ont été plus nombreuses à poser des questions sur l’accouchement à domicile entre mars et novembre comparé aux années précédentes.

«Elles doivent s’équiper grâce aux budgets de leurs cliniques ou dépenses personnelles», précise Mme Tecson.

Emmanuelle-Dennie Filion explique que l’équipement de protection est souvent fourni par les centres de naissance auxquels ces travailleuses autonomes sont rattachées, mais aussi par des dons de familles.

Selon une enquête menée auprès de 121 sages-femmes par des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique en novembre 2020, 81 % d’entre elles ont dû acheter ou fabriquer leur propre équipement de protection individuelle pendant la pandémie. Une sage-femme sur cinq déclarait aussi avoir des difficultés financières et songeait quitter la profession.

Bien que certaines provinces aient annoncé une augmentation de salaire pour les travailleurs de première ligne, en Ontario et en Colombie-Britannique, les sages-femmes ont été exclues de ce soutien financier.

Le ministère de la Santé de l’Ontario précise dans un courriel avoir étendu le programme d’appui transitoire en cas de pandémie pour fournir gratuitement des équipements de protection à tous les spécialistes des soins primaires et communautaires, y compris les sages-femmes.

Mais il explique également qu’«il y a une limite au montant de financement fourni par le gouvernement fédéral dans le cadre de notre entente commune et nous ne pouvons pas étendre le programme de paye en cas de pandémie au-delà des 375 000 employés déjà jugés admissibles».

D’autres soutiens supplémentaires ont aussi été mis en place en réponse à la COVID-19, comme l’augmentation du financement de budgets des groupes de pratique des sages-femmes pour répondre à l’augmentation de la demande.

Mme Tecson rappelle toutefois que le Tribunal des droits de la personne de l’Ontario a ordonné en février 2020 au gouvernement Ford d’augmenter le salaire des quelque 960 sages-femmes de la province afin de supprimer l’écart de rémunération entre les sexes.

Cette décision a été remise en question par le gouvernement progressiste-conservateur qui a demandé en avril 2020 au Tribunal de la réviser.

La présidente de l’AMO réitère les demandes de l’association.

«Nous demandons au gouvernement de nous donner un soutien financier pour aider à payer le travail supplémentaire et à créer de nouvelles lignes directrices plus uniformes, notamment en ce qui a trait à l’accès à l’équipement de protection individuelle.»

Son espoir est que leur contribution au cours des derniers mois permette de mieux faire reconnaître et valoriser la profession.

Car si la pandémie a d’abord bouleversé de nombreux scénarios de naissance et nécessité des ajustements, l’engouement suscité pour les services des sages-femmes ne semble désormais pas près de s’estomper.

Avec La Presse canadienne