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Canada: Des camps de vacances ferment au Québec à cause de la hausse des cas de COVID-19

juillet 5, 2022

L’association des camps s’inquiète et demande une rencontre avec la santé publique pour clarifier les règles.

Des enfants dans un camp de vacances d'activités nautiques apprennent comment tenir leur pagaie, sous les conseils d'une monitrice.

L’été à peine commencé, au moins trois camps de vacances sont déjà fermés au Québec en raison d’éclosions. Les animateurs sont particulièrement touchés par la remontée des cas de COVID-19(Nouvelle fenêtre), ce qui donne des maux de tête aux gestionnaires des autres camps.

Le Camp Ouareau, qui accueille plus de 150 campeuses, dans Lanaudière, doit renvoyer toutes les filles chez elles, au grand dam de sa directrice, Jacqui Raill, dans un courriel aux parents envoyé lundi.

Elle leur demande de venir chercher les jeunes mardi. Le camp rouvrira le 13 juillet.

Nous sommes extrêmement tristes d’en arriver là. Cette décision n’a pas été prise à la légère, écrit-elle après la découverte de sept cas de COVID-19 au camp.

« Nous prévoyons que d’autres cas pourraient être détectés dans les prochains jours. »— Une citation de  Jacqui Raill, propriétaire du Camp Ouareau

La saison venait tout juste de débuter, la semaine dernière, et des parents avaient planifié leur été en fonction du séjour de leur enfant au camp de vacances.

« Déraisonnable », selon une mère

Sept cas, ça me paraît peu pour fermer un camp, déplore Emmanuelle, qui doit réorganiser sa journée pour aller chercher ses filles à Notre-Dame-de-la-Merci.

Je trouve ça super dommage. Ça leur permet de quitter la ville. Elles sont obligées de revenir cinq jours plus tôt que prévu, ajoute-t-elle.

« Mes filles gèrent déjà la COVID depuis deux ans. Elles ont porté le masque en classe, fait l’école à la maison, mis de côté leur vie sociale et leurs activités parascolaires. Elles avaient enfin la possibilité de prendre l’air et s’amuser avec des amies. »— Une citation de  Emmanuelle, mère dont les filles fréquentent le Camp Ouareau

Durant la pandémie, les camps de vacances ont été fermés à l’été 2020 et certains n’ont pas ouvert leurs portes à l’été 2021.

Trois jeunes filles font un feu de camp.

Le Camp Ouareau propose plusieurs activités de plein air à de jeunes filles francophones et anglophones, dans un environnement bilingue. Photo : Camp Oouareau

La mère rappelle que, pendant ce temps, il y a des personnes qui s’entassent dans les restaurants et dans les salles de spectacle.

Elle juge la situation complètement ridicule et la décision déraisonnable, alors que la quasi-totalité des mesures sanitaires est levée au Québec. En ce qui concerne les camps, les règles ne sont pas claires, dit-elle.

Flou autour des recommandations de la santé publique

Dans son courriel aux parents, la propriétaire écrit que la décision de fermer le camp a été prise suite aux conseils de notre direction locale de la santé publique. Or, la santé publique de Lanaudière affirme qu’elle n’a pas fait cette recommandation.

Nous avons été informés de la fermeture du camp, indique la porte-parole du CISSS de Lanaudière, Pascale Lamy. La fermeture complète du Camp Ouareau demeure une décision qui revient à l’administration du camp.

Éric Beauchemin est assis dans son bureau.

Éric Beauchemin est directeur général de l’Association des camps du Québec. Photo : Radio-Canada

Il n’y a pas de règle clairement établie pour décider d’une fermeture à cause d’une éclosion, constate le directeur général de l’Association des camps du Québec, Éric Beauchemin.

La santé publique nationale interpellée

L’Association des camps du Québec déplore au moins deux autres fermetures, mais ne veut pas révéler les endroits. Un recensement est en cours pour savoir s’il y a d’autres situations semblables.

Lundi, Éric Beauchemin a sollicité une rencontre avec la santé publique nationale pour clarifier les règles.

« On a déjà vécu les éclosions de gastro-entérite, avant que la COVID existe. C’est possible de maintenir les opérations dans un contexte comme celui-là. Il faut voir avec la santé publique jusqu’à quel point et quelle est la marge de manœuvre. »— Une citation de  Éric Beauchemin, directeur général de l’Association des camps du Québec

Les camps suivent déjà des règles comme la distanciation, la limitation à 10 des personnes par unité d’hébergement. Ils privilégient aussi les activités en extérieur.

Les règles à suivre avec un cas de COVID-19 dans un camp :

  • l’enfant ou l’animateur doit s’isoler et porter un masque;
  • si le cas est un enfant, ses tuteurs sont appelés pour venir le chercher;
  • si le cas est un employé, il rentre chez lui le temps requis.
Des enfants se baignent dans un lac, surveillés par un moniteur du camp d'été.

Les camps suivent déjà des règles comme la distanciation et privilégient aussi les activités en extérieur. Photo : Fournie à La Presse Canadienne par Brigadoon Village

Les moniteurs plus touchés par la COVID-19 que les campeurs

Selon les échos du terrain qui arrivent à l’Association des camps, c’est beaucoup le personnel d’animation qui est frappé. Or, un animateur absent peut priver une dizaine de jeunes d’encadrement.

« C’est un casse-tête pour les organisations. Si on n’est pas en mesure de maintenir les ratios prescrits [moniteur/enfants], on est dans une situation où on doit cesser les opérations du camp. »— Une citation de  Éric Beauchemin, directeur général de l’Association des camps du Québec

La pénurie de main-d’œuvrequi touche les camps, comme bien d’autres domaines, complexifie encore plus la situation. Les remplaçants se font rares.

Il y a 110 camps de vacances au Québec. Du côté des camps de jour, on ne déplore au moins une fermeture, celle du camp de jour de la ville de Sept-Îles, toute cette semaine, toujours à cause d’une éclosion de COVID-19.

Avec Radio-Canada

Thomas Gerbet

par Thomas Gerbet

Russie: Sergueï Lavrov empêché de se rendre en Serbie

juin 6, 2022
Sergueï Lavrov, assis devant un micro, avec une feuille entre ses mains.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, en conférence de presse, lundi, à Moscou. Photo : La Presse Canadienne/AP/Ministère Russe des Affaires Étrangères

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a été contraint d’annuler un voyage en Serbie, lundi, après que trois pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) – la Bulgarie, la Macédoine du Nord et le Monténégro – eurent décidé de fermer leur espace aérien.

Les trois pays ont expliqué leur décision en invoquant des sanctions imposées par l’Union européenne à la Russie après le déclenchement de son offensive en Ukraine, le 24 février. Le ministre Lavrov est personnellement visé par de nombreuses sanctions.

L’inconcevable s’est produit, s’est indigné M. Lavrov, lors d’une conférence de presse en ligne convoquée en urgence lundi matin. On a privé un État souverain de son droit d’exercer sa politique extérieure, a-t-il ajouté, dénonçant une mesure scandaleuse.

Du point de vue occidental, la Serbie ne doit avoir aucun choix, aucune liberté de choisir ses partenaires, a ajouté le ministre russe des Affaires étrangères. L’Occident montre clairement qu’il est prêt à utiliser tous les moyens pour mettre de la pression sur la Russie.

« Si une visite du ministre russe des Affaires étrangères est perçue en Occident comme une quasi-menace planétaire, cela veut apparemment dire que tout va très mal là-bas. »— Une citation de  Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères

De tels actes hostiles à l’égard de notre pays sont capables de causer certains problèmes […], mais ils ne peuvent pas empêcher notre diplomatie de poursuivre son travail, a réagi pour sa part le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.Une dizaine de personnes tiennent une pancarte dans un espace public.

Un petit groupe de Serbes a manifesté lundi dans la capitale, Belgrade, pour s’opposer à la venue de M. Lavrov, qui ne s’est finalement pas concrétisée. « À La Haye, pas à Belgrade », peut-on lire sur leur pancarte, en référence au siège de la Cour pénale internationale. Photo: La Presse Canadienne/AP/Darko Vojinovic

Le chef de la diplomatie russe était censé rencontrer à Belgrade le président serbe Aleksandar Vucic, son homologue Nikola Selakovic et le patriarche de l’Église orthodoxe serbe Porfirije. Étant donné la tournure des événements, M. Lavrov a indiqué avoir invité M. Selakovic à se rendre en Russie dans les plus brefs délais.

Le ministre russe a néanmoins assuré que Moscou n’entendait pas répliquer. En ce qui concerne d’éventuelles ripostes, on ne va pas faire quoi que ce soit qui risque de compliquer davantage les liens entre les peuples, a-t-il dit.

Ce n’est pas la première fois que M. Lavrov est empêché de voyager à l’extérieur de la Russie depuis le début de la guerre. Le 1er mars, il avait dû annuler une visite en Suisse et s’était résigné à prononcer un discours par vidéoconférence au Conseil des droits de l’homme. Plusieurs pays, dont le Canada, avaient boycotté ce discours.

À Belgrade, le ministre serbe de l’Intérieur, Aleksandar Vulin, a déclaré qu’il regrettait profondément l’obstruction à la visite de M. Lavrov, qu’il a décrit comme un grand ami avéré de la Serbie.

« Un monde dans lequel les diplomates ne peuvent pas rechercher la paix est un monde dans lequel il n’y a pas de paix. Ceux qui ont empêché la venue de Sergueï Lavrov ne veulent pas la paix, ils rêvent de vaincre la Russie. […] La Serbie est fière de ne pas faire partie de l’hystérie antirusse, et les pays qui y participent auront le temps d’avoir honte. »— Une citation de  Aleksandar Vulin, ministre de l’Intérieur de la Serbie

Malgré la guerre en Ukraine, la Serbie maintient de bonnes relations avec la Russie, et n’a pas adopté de sanctions à son encontre. Les deux pays de culture slave sont des alliés de longue date. Depuis la chute de l’Union soviétique, Moscou a notamment appuyé les revendications serbes dans le dossier du Kosovo.

La Serbie est également très dépendante du gaz russe. La semaine dernière, elle a signé avec Moscou un accord qui prolonge de trois ans son approvisionnement en gaz, alors même que la presque totalité des pays de l’Union européenne, à laquelle Belgrade veut adhérer, disent vouloir trouver de nouveaux fournisseurs.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press et Reuters

Le Canada et plusieurs pays européens ferment leur espace aérien à la Russie

février 27, 2022

Le Canada, l’Allemagne, la Belgique, la Finlande et le Danemark ferment leur espace aérien aux avions russes. Photo : Reuters/Maxim Shemetov

Le ciel se rétrécit pour la Russie. Le Canada, l’Allemagne, l’Espagne, la Belgique, la Finlande et le Danemark ont annoncé dimanche la fermeture de leur espace aérien aux compagnies russes en représailles à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

En vigueur immédiatement, l’espace aérien canadien est fermé à tous les exploitants d’aéronefs russes, a indiqué à 9 h (HNE) sur Twitter le ministre canadien des Transports, Omar Alghabra. Nous tiendrons la Russie responsable de ses attaques non provoquées contre l’Ukraine.

Cette interdiction vise les avions et les exploitants d’avions russes pour trois mois, mais ne concerne pas d’éventuels vols humanitaires, a précisé le ministère des Transports, qui emboîte le pas à d’autres pays européens, dont la Finlande, qui a une frontière de plus de 1300 kilomètres avec la Russie.

Avec les nombreux pays ayant déjà fermé ou annoncé la fermeture de leur espace aérien comme la Pologne, la République tchèque et la Bulgarie, la Russie se retrouve avec une importante zone de non-survol en Europe, qui l’obligera à effectuer d’importants détours.

L’interdiction d’accès à l’espace aérien canadien ajoute son lot de complications. La principale compagnie aérienne russe, Aeroflot, franchit plusieurs fois par jour le ciel au-dessus du Canada pour ses vols aux États-Unis.

En revanche, Moscou a commencé à interdire le survol de son territoire à plusieurs pays.

Ces mesures viennent s’ajouter aux sanctions entreprises contre Moscou, dont l’exclusion de nombreuses banques russes de la plateforme interbancaire SWIFT.

Ce réseau interbancaire SWIFT a annoncé tard samedi se préparer à mettre en œuvre dans les prochains jours les nouvelles mesures décidées par les puissances occidentales.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et La Presse canadienne

Mauricie et Centre-du-Québec/Conditions météorologiques : fermetures d’écoles dans la région

février 18, 2022
Un autobus de la STTR circule sur une rue enneigée.

Les conditions routières sont difficiles à Trois-Rivières. Photo : Radio-Canada/Jean-François Fortier

La fin de semaine débute plus tôt pour les élèves de la région. En raison des conditions météorologiques, des dizaines d’établissements d’enseignement ont pris la décision de fermer leurs portes pour la journée.

Les centres de services scolaire du Chemin-du-Roy, de l’Énergie, ont annulé les cours pour la journée. Les cours sont annulés et les services de garde sont fermés. L’enseignement à distance est également suspendu.

Sur la rive-sud, les centres de services scolaire des Chênes, de la Riveraine et des Bois-Francs avaient déjà prévu une journée pédagogique au calendrier pour les élèves du primaire. Les centres de formation professionnelle et les centres de formation générale des adultes des centres de services scolaire de la Riveraine et des Bois-Francs suspendent toutefois leurs activités.

Seuls des services de garde demeurent ouverts au Centre de services scolaire des Bois-Francs.

L’Institut secondaire Keranna, le Séminaire Saint-Joseph, le Séminaire Sainte-Marie, le Collège Marie-de-l’Incarnation et l’Académie de Trois-Rivières ont également choisi de fermer leurs portes.

L’école primaire Val Marie est également fermée, mais son service de garde demeure pour sa part ouvert.

Pour les établissements post-secondaires, il y a le Cégep de Victoriaville qui ferme les portes de tous ses pavillons situés à Victoriaville et à Montréal.

Le Cégep de Drummondville suspend ses cours et activités jusqu’à 18 h. Une décision sera rendu avant 16 h pour déterminer si l’enseignement aura lieu en soirée.

Au moment d’écrire ces lignes, le Collège Laflèche, les cégeps de Trois-Rivières et de Shawinigan n’avaient annoncé aucune suspension de leurs activités.

À l’Université du Québec à Trois-Rivières, les cours en présence sont annulés pour la journée aux campus de Trois-Rivières, de Québec et de Drummondville ainsi que dans l’ensemble des centres régionaux. Les cours prévus à distance sont maintenus. Par ailleurs, les employés de l’UQTR sont priés de se placer en télétravail selon l’horaire régulier.

De la neige et de la pluie verglaçante

La pluie abondante tombée sur la région jeudi s’est transformée en neige en début de soirée. Il est encore trop tôt pour chiffrer l’accumulation totale de neige en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Pour l’instant, on a quelques observations, mais on estime à environ une vingtaine de centimètres [la neige tombée]. En plus, il y a eu de la poudrerie, ce qui ne permet pas de mesurer efficacement avec les instruments, indique Simon Legault, météorologue d’Environnement Canada.

Pour les secteurs plus au sud, comme à Drummondville, les quantités reçues sont moindres. On est plutôt dans la quinzaine, peut-être même la dizaine [de centimètres], parce qu’il y a eu des mélanges avec de la pluie verglaçante, ajoute-t-il.

À plusieurs endroits dans la région, les routes sont glacées vendredi matin. Il faut faire attention parce que ce sont des conditions routières qui ne sont vraiment pas faciles, mentionne le météorologue.

Le système qui apporte de la neige essentiellement sur la Mauricie devrait faiblir en mi-journée et les précipitations devraient cesser.

L’accalmie sera de courte durée puisqu’un autre système devrait nous apporter de la neige à compter de samedi. Jusqu’à 10 centimètres sont attendus selon les secteurs.

Avec Radio-Canada par Mylène Gagnon

Facebook menace de fermer la page de Paul Mukendi

février 11, 2022
L'homme au micro.

Après avoir fui le Canada, le pasteur Paul Mukendi est maintenant menacé de voir son compte Facebook fermé. Photo: Facebook/Ministère Paul Mukendi

La page Facebook Paul Mukendi, qui rejoint plus de 337 000 abonnés, est menacée de fermeture. Le pasteur de 44 ans, qui a fui la justice canadienne après avoir été reconnu coupable d’agression sexuelle, invite désormais ses admirateurs à le suivre sur le réseau social qui sera bientôt lancé par Donald Trump.

Pour le moment, la page Facebook nommée Ministère Paul Mukendi est toujours active. Dans une publication mise en ligne le 9 février, le pasteur raconte avoir été mis en garde qu’il ne respecterait pas les standards de la communauté Facebook.

Mon bureau a fait appel de la décision auprès de Facebook, ajoute le pasteur, qui jette le blâme sur les ennemis de [son] ministère. Ces derniers auraient, selon Paul Mukendi, porté plainte après une conférence qu’il a tenue à Kinshasa, fin janvier.

Devant la menace de voir l’un de ses principaux canaux de communication bloqué, le pasteur invite désormais ses fidèles à le suivre ailleurs, notamment sur Truth Social.

Il s’agit du réseau social fondé par l’ex-président américain Donald Trump, l’an dernier, après qu’il ait été banni des grands réseaux sociaux dans le foulée de l’assaut au Capitole.Donald Trump lors d'un rassemblement à Florence en Arizona.

Donald Trump avait été banni de Twitter, Facebook et YouTube après l’assaut du 6 janvier au Capitole. Photo : Getty Images/Mario Tama

Le réseau Truth Social n’a cependant pas encore été officiellement lancé. La date prévue pour le début de ses activités en ligne est le 21 février prochain.

Des discours qui dérangent?

Contacté par Radio-Canada, Facebook n’avait aucun commentaire à faire au sujet de la possible fermeture de la page du Ministère Paul Mukendi.

On m’indique ne pas avoir plus d’informations à partager sur la page en question, répond simplement par courriel Lambert Gosselin, qui assiste Meta, la maison-mère de Facebook, dans ses relations de presse au Québec.

Il n’a donc pas été possible de savoir quels standards de la communauté Facebook auraient été enfreints par la page de Paul Mukendi. Ces standards incluent, par exemple, l’interdiction des discours haineux et des propos incitant à la haine.

Ces derniers mois, Paul Mukendi s’en est pris à de nombreuses reprises aux homosexuels, les accusant d’être responsables de ses déboires judiciaires au Canada.

En fuite depuis six mois

Le pasteur évangélique, qui se décrit comme l’apôtre de Québec, continue d’ailleurs de clamer son innocence par rapport aux crimes dont il a été reconnu coupable.

Il a fui le Canada à bord d’un avion en partance de Toronto le 18 août dernier, soit deux jours avant le début de la peine de huit ans de prison qu’il devait purger pour avoir agressé sexuellement une mineure.

Paul Mukendi a alors trouvé refuge dans son pays d’origine, la République démocratique du Congo. En décembre dernier, un deuxième procès pour une autre agression sexuelle s’est tenu à Québec, en son absence.

Une fois de plus, le pasteur a été reconnu coupable et a écopé d’une peine de deux ans de prison. Cela porte donc à 10 le nombre d’années qu’il doit maintenant purger de manière consécutive au Canada.

Or, comme il n’existe pas de traité d’extradition entre le Canada et la République démocratique du Congo, les possibilités que le fugitif soit un jour ramené au Canada sont minces.

Récemment, les oppositions politiques à Ottawa ont dénoncé l’inaction du ministre de la Justice, David Lametti, qui refuse de dire publiquement quelles démarches ont été entreprises pour tenter de ramener Paul Mukendi au pays.

Radio-Canada a tenté de joindre l’équipe de Paul Mukendi à plusieurs reprises, par téléphone, texto et courriel, et n’avait reçu aucune réponse au moment d’écrire ces lignes.

Avec Radio-Canada par Alexandre Duval

Canada-Québec: La tempête prévue lundi force la fermeture de plusieurs écoles

janvier 16, 2022

La « première grosse tempête de neige » de l’hiver attendue lundi, et qui prévoit de 15 à 30 centimètres de neige, force la fermeture de nombreuses écoles au Québec, ce qui perturbe la rentrée en présence qui était prévue après un début des classes en virtuel.Selon un avertissement de tempête hivernale publié dimanche après-midi par Environnement et changement climatique Canada, la tempête démarrera en force tôt lundi.

© Marie-France Coallier Le Devoir Selon un avertissement de tempête hivernale publié dimanche après-midi par Environnement et changement climatique Canada, la tempête démarrera en force tôt lundi.

Le Centre de services scolaire de Montréal a pris la décision de fermer ses établissements, et aucun cours ni enseignement à distance ne sont prévus. La même décision a été prise au Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île, au Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys et au Centre de services scolaire de Laval.

Il n’y aura pas non plus de cours en présence ou à distance au Centre de services scolaire Marie-Victorin, au Centre de services scolaire des Patriotes, au Centre de services scolaire des Grandes-Seigneuries, au Centre de services scolaire des Hautes-Rivières, au Centre de services scolaire de Sorel-Tracy et au Centre de services scolaire de Saint-Hyacinthe.

Ce sera la même chose au Centre de services scolaire des Affluents, au Centre de services scolaire des Laurentides, au Centre de services scolaire des Samares, au Centre de services scolaire de la Rivière-du-Nord, au Centre de services scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles, au Centre de services scolaire des Portages-de-l’Outaouais et au Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy.

Les services de garde de tous ces centres seront aussi fermés.

La Commission scolaire English-Montréal, la Lester-B.-Pearson School Board et la Sir Wilfrid Laurier School Board fermeront également leurs écoles en raison du mauvais temps.

Le Collège de Montréal sera fermé et il n’y aura pas d’enseignement à distance. Les cours seront toutefois donnés en ligne au Collège Jean-Eudes. Le Collège Charles-Lemoyne et l’Académie internationale Charles-Lemoyne, campus Longueuil-Saint-Lambert et Ville de Sainte-Catherine, seront eux aussi fermés lundi, et les examens sont reportés à mardi et mercredi. Le Collège français à Longueuil, au primaire et au secondaire, sera lui aussi fermé, ainsi que le Collège Boisbriand.

En Outaouais, les cours se tiendront à distance au Collège Saint-Alexandre de la Gatineau, au Collège Saint-Joseph de Hull et au Collège Nouvelles frontières.

Neige et vent

Selon un avertissement de tempête hivernale publié dimanche après-midi par Environnement et changement climatique Canada, la tempête devait démarrer en force tôt lundi. « La neige combinée aux vents forts du secteur nord-est réduira la visibilité à presque nulle dans la poudrerie sur ces régions », écrit-on. On prévient que la circulation sur les routes et les trottoirs sera difficile à cause des accumulations de neige.

Des « répercussions importantes » sont ainsi à prévoir sur les déplacements aux heures de pointe lundi dans les zones urbaines de la province, en raison d’une accumulation rapide de neige. « Si les gens pouvaient éviter d’être sur les routes au moment où la neige et les vents seront les plus forts, ce serait une bonne idée », recommande Anna-Belle Filion, météorologue d’Environnement Canada. CAA-Québec s’attend d’ailleurs à recevoir un nombre élevé de demandes de remorquages lundi, notamment en lien avec des enlisements. « C’est ce type de service là qui risque d’être sollicité », entrevoit la porte-parole, Andrée-Ann Déry.

Les accumulations de neige sont attendues dans plusieurs régions du Québec situées le long du fleuve Saint-Laurent, dont la Montérégie, le Centre-du-Québec, Lanaudière, les Laurentides et Montréal.

Les mauvaises conditions météorologiques persisteront jusqu’en soirée.

Avec Le Devoir par Anne-Marie Provost avec Zacharie Goudreault

Canada-Québec: Le café-bar Zénob de Trois-Rivières ferme ses portes

décembre 23, 2021
L'enseigne du Zénob à l'avant-plan et la pancarte À vendre, en arrière-plan.

Le café-bar Zénob, situé à Trois-Rivières, a été mis en vente. Photo: Radio-Canada/François Genest

Le café-bar Zénob, une institution culturelle à Trois-Rivières, ferme ses portes. Une pancarte « À vendre » a fait son apparition devant l’édifice de la rue Bonaventure, au centre-ville. Si le milieu culturel est sous le choc, l’actuel propriétaire Yves Lafrenière fait le souhait de passer le flambeau à un entrepreneur qui reprendrait la vocation artistique de l’endroit.

Yves Lafrenière ne s’en cache pas, les mesures sanitaires et le manque de personnel ont joué dans sa décision de mettre la clé sous la porte, bien avant que le gouvernement ordonne la fermeture des bars. C’était devenu un exploit, avec les normes qui changeaient à peu près toutes les semaines de pouvoir continuer à conserver la clientèle, explique-t-il en entrevue à l’émission Toujours le matin.

À la fin de l’été et avec la fermeture des terrasses, il ne restait plus beaucoup d’espace pour assurer la distanciation exigée par les mesures sanitaires. Dès qu’on est rentré en dedans, la petitesse des lieux a joué beaucoup, ajoute-t-il.

En plus des règles en vigueur, le propriétaire a fait face à différents problèmes du personnel. Certains sont tombés malades pour une période prolongée. D’autres ont eu des problèmes aux lignes frontalières. Finalement, on était juste sur la corde, mentionne Yves Lafrenière.

La pénurie de main-d’oeuvre a mis beaucoup de poids sur le dos du gérant, ce qui a fait en sorte qu’il a déserté l’établissement également.

Un lieu culte pendant 37 ans

Au fil des 37 années de son existence, le café-bar Zénob a reçu des artistes de plusieurs disciplines. En plus de devenir un lieu de diffusion privilégié pour les poètes du Festival international de la poésie de Trois-Rivières, l’établissement a aussi présenté des spectacles de musique, de l’improvisation, de la performance.

« Ce n’est pas un lieu normal, c’est un centre culturel qu’on a perdu. »— Une citation de  Guy Marchamps, poète et cofondateur de la revue Art Le SabordUn poète fait la lecture au micro devant des spectateurs au Zénob, dans le cadre du Festival international de la poésie de Trois-Rivières.

Soirée de poésie au Zénob dans le cadre du Festival international de la poésie de Trois-Rivières (archives).

Photo: Radio-Canada/Festival International De La Poésie De Trois-Rivières

En 2015, le Zénob avait même tenu une soirée d’hommage aux victimes de l’attentat au journal Charlie Hebdo en France en recevant la journaliste Zineb El Rhazoui, ainsi que le président du comité français Laïcité République Patrick Kessel. Ils avaient été invités au Québec par l’auteure Djemila Benhabib et ils avaient pris la parole au café-bar devant une salle bondée. C’est dire à quel point l’établissement était un lieu aux publics multiples.

Pour les artistes et les clients qui ont fréquenté le café-bar Zénob, les souvenirs sont nombreux. J’ai travaillé une dizaine d’années comme DJ, animateur, barman… psychologue aussi parfois!, lance le maire de Trois-Rivières Jean Lamarche. Comme plusieurs, il décrit l’endroit comme un incubateur culturel.

Jean Lamarche au micro

Jean Lamarche, maire de Trois-Rivières Photo: Radio-Canada/Michelle Raza

La popularité du Zénob tenait entre autres du fait qu’autant les jeunes que les plus vieux s’y fréquentaient. [Des gens de] tous les âges. C’était un endroit vraiment magique, se rappelle le poète Guy Marchamps, avec nostalgie.

Une personne donne une performance musicale.

Alexandre Dostie et son groupe FullBlood au Zénob. Photo: Radio-Canada/Alexandre Dostie

L’écrivain a connu la genèse du café-bar au milieu des années 1980. Moi-même, à mon époque, j’ai organisé des rencontres avec des écrivains, par exemple. J’ai invité 55 écrivains, pendant 7 ans. Donc, régulièrement, les gens pouvaient rencontrer des écrivains québécois et leur poser des questions.

Une relance possible?

Le propriétaire Yves Lafrenière espère qu’un acheteur poursuivra l’oeuvre de son frère Jean, qui a été à l’origine du projet de café-bar et qui est maintenant décédé.

Mon frère était reconnu comme un poète. Il était dans toutes sortes d’activités culturelles. Il a été un pionnier au Festival de la poésie, entre autres. J’aimerais beaucoup que ça continue dans le même sens. Je travaille là-dessus présentement, indique-t-il. Yves Lafrenière n’en fait toutefois pas une condition à la vente de la bâtisse.

Bien qu’il s’agisse d’une entreprise privée, le maire de la ville croit qu’il y a encore un potentiel pour ce genre d’activités. Il demeure optimiste de voir la relance du Zénob. Il faudra que quelqu’un y voie un potentiel ou une niche à développer. Je pense que c’est encore possible. Et, il y aura toujours de la place pour de la poésie à Trois-Rivières, moi, j’en suis persuadé, conclut Jean Lamarche.

Avec Radio-Canada par Mylène Gagnon

Omicron : face à une hausse record des cas, le Danemark va fermer cinémas, théâtres et salles de concert

décembre 17, 2021

Lors des dernières vingt-quatre heures, le pays scandinave a enregistré plus de 11 000 cas, un record absolu.

Vaccination d’un enfant de 11 ans, à Amagar (Danemark), le 28 novembre 2021.
Vaccination d’un enfant de 11 ans, à Amagar (Danemark), le 28 novembre 2021. OLAFUR STEINAR GESTSSON / AFP

Le Danemark a annoncé, vendredi 17 décembre, la fermeture des cinémas, des théâtres et des salles de concert et une nouvelle limitation de la vie nocturne pour tenter de freiner la flambée de cas de Covid-19 et du nouveau variant Omicron. Le pays scandinave a enregistré un nouveau record absolu de plus de 11 000 cas lors des dernières vingt-quatre heures, dont un nouveau sommet de plus de 2 500 du variant Omicron, a annoncé le gouvernement lors d’une conférence de presse.

« Les théâtres, les cinémas, les salles de concerts vont devoir fermer », a déclaré la première ministre, Mette Frederiksen, lors d’une conférence de presse. « Nous avons besoin de limiter notre activité. Nous devons tous limiter nos contacts sociaux », a-t-elle appelé.

Le Danemark, en pointe en matière de séquençage, est un des pays à avoir détecté le plus de cas d’Omicron sur son sol, et les autorités s’attendent à ce qu’il devienne majoritaire dans les prochains jours. Les mesures annoncées vendredi doivent encore être approuvées par le Parlement. Danemark : où en est l’épidémie de Covid-197 226 cas et 10 morts en moyenne chaque jour pendant la semaine du vendredi 10 au jeudi 16 décembre 2021.77,6 % de la population complètement vaccinée (au 14 décembre 2021, source JHU). Ouverture de la vaccination à la population générale déc. 20fév.avriljuinaoûtoct.déc.

Fermeture des bars et restaurants à 23 heures

« Notre objectif reste de garder la société aussi ouverte que possible », a affirmé Mme Frederiksen, excluant des confinements comme celui décidé au printemps 2020 « car nous avons des vaccins ». Le gouvernement va également demander la fermeture d’autres lieux de rassemblement, comme les parcs d’attractions, les centres de congrès ou les musées.

Si les vacances de Noël ont déjà été étendues pour contrer la flambée des cas, l’exécutif prévoit toujours le retour à l’école lors de la rentrée du 5 janvier. La vie nocturne, déjà rabotée la semaine dernière, va être encore raccourcie, avec une fermeture des bars et restaurants à 23 heures, et l’interdiction de servir de l’alcool après 22 heures.

Près d’un mois après son identification, le variant Omicron apparaît très contagieux et semble échapper en partie aux vaccins, avec toutefois une inconnue sur la gravité des infections qu’il entraîne.Lire aussi  Covid-19 : « Hausse préoccupante » des cas du variant Omicron au Danemark, nouvelle manifestation anti-restrictions en Belgique

Par Le Monde avec AFP

Canada: Québec et Ottawa ferment des sites et services internet gouvernementaux

décembre 13, 2021

(Québec) Québec a ordonné la fermeture préventive de l’ensemble de ses systèmes informatiques accessibles depuis l’internet – pas moins de 3992 sites et services – à la suite de la découverte d’une faille de sécurité majeure touchant des serveurs à travers le monde.

À Ottawa, le gouvernement fédéral a décidé d’en faire autant en fermant bon nombre de services qui pourraient être vulnérables pendant que l’on évalue la situation. L’Agence du revenu du Canada (ARC) est du nombre.

« L’Agence a pris connaissance d’une vulnérabilité de sécurité qui affecte des organisations à travers le monde. Par précaution, nous avons de façon proactive pris la décision de suspendre nos services en ligne pendant que nous apportons les mises à jour nécessaires à nos systèmes. Rien n’indique à présent que les systèmes de l’Agence ont été compromis ou qu’un accès non autorisé aux informations de contribuables a eu lieu en raison de cette vulnérabilité », a indiqué l’ARC dans une déclaration.

CAPTURE D’ÉCRAN LA PRESSELe site web du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur n’était pas accessible dimanche.

Revenu Québec a également suspendu ses services en ligne, bien que son site demeure ouvert pour la consultation d’informations de base. « Rien n’indique que nos systèmes soient touchés par cette vulnérabilité, mais nous agissons proactivement afin d’en préserver l’intégrité. Nos services seront à nouveau disponibles dès que possible », peut-on lire sur son site web.

En fin de journée, dimanche, la Ville de Montréal a emboîté le pas et annoncé la suspension préventive de certains de ses services numériques.

Faille « Log4Shell »

La faille « Log4Shell » permet à un cyberpirate de faire exécuter des codes informatiques sur le serveur des organismes et de prendre le contrôle de leur système. Une bibliothèque Java de la société Apache, largement utilisée dans le monde, est concernée. À Québec, le Centre gouvernemental de cyberdéfense a pris connaissance de cette vulnérabilité le 10 décembre et a demandé à tous les responsables de la sécurité informatique de détecter cette faille dans les systèmes de l’État québécois.

« [En fin de journée samedi], nous avons convenu que la menace de préjudice était plus grande que le préjudice de fermer l’ensemble des systèmes du gouvernement accessibles depuis internet », a expliqué le ministre délégué à la Transformation numérique, Éric Caire, lors d’une conférence de presse en compagnie du dirigeant principal de l’information, Pierre Rodrigue, dimanche.

PHOTO GRAHAM HUGHES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNEÉric Caire, ministre délégué à la Transformation numérique

Nous étions face à une menace d’un niveau critique de 10 sur 10. Une criticité de 10 entraîne automatiquement la fermeture du système qui est visé.

Éric Caire, ministre délégué à la Transformation numérique

Il a donc été ordonné de fermer de manière préventive les 3992 sites et services internet de l’État, une décision exceptionnelle et jamais vue au gouvernement du Québec.

« C’est l’ensemble de l’appareil public qui est visé par la directive », les ministères et les organismes publics comme parapublics, a insisté Éric Caire. L’ordre touche, entre autres, les services gouvernementaux offerts aux citoyens sur l’internet – comme ceux utilisant CLICSÉQUR – et les sites web du réseau de l’éducation et de la santé. Le système de prise de rendez-vous pour un vaccin contre la COVID-19 « a déjà été corrigé » et est accessible, et les données du passeport vaccinal ne seraient pas concernées par le danger, selon les explications du ministre.

Québec précise qu’aucune activité laissant croire qu’un pirate informatique a exploité cette faille n’a été détectée à ce jour. Il n’y aurait donc pas eu fuite de données personnelles ou d’informations sensibles du gouvernement pour le moment, par exemple.

« Il y a peut-être des gens qui ont scanné des systèmes. Ça, ça ne laisse pas de trace et on ne le sait pas. Mais il n’y a pas eu de tentative d’introduction, donc personne qui a essayé d’utiliser cette brèche pour s’introduire dans un serveur et causer du dégât. Il n’y en a pas au moment où on se parle », a affirmé Éric Caire.

Tous les ministères et organismes publics et parapublics doivent vérifier s’ils utilisent la bibliothèque Java en cause et donc si leurs systèmes informatiques sont vulnérables. « On cherche un peu une aiguille dans une botte de foin, je ne vous le cache pas ! », a lâché le ministre.

« Excusez l’expression, mais il faut scanner l’ensemble de nos systèmes, parce qu’on n’a pas un inventaire. C’est comme dire combien de pièces dans tous les immeubles du gouvernement du Québec utilisent des ampoules 60 watts. Je ne le sais pas. Donc on fait le tour des pièces et on fait le tour des ampoules pour savoir si c’est une 60 watts. C’est un travail de moine. »

Les sites et services internet seront rouverts rapidement si l’on constate qu’ils ne sont pas concernés par la faille de sécurité. Les autres devront installer un correctif informatique et vérifier ensuite si un problème persiste. « Il y a une batterie de tests à faire », a indiqué Éric Caire. Plusieurs jours seront nécessaires pour terminer l’opération et rétablir l’ensemble des systèmes informatiques. Pour le ministre, il n’est pas question de « tourner les coins ronds ».

Si des sites web du gouvernement sont accessibles en ce moment, c’est soit parce qu’ils n’ont pas encore exécuté l’ordre de fermeture – ce serait une très faible minorité –, soit parce que l’on a conclu rapidement qu’ils ne sont pas concernés par la faille ou que leurs systèmes ont été corrigés – c’est le cas pour des sites du réseau de la santé. La plateforme Québec.ca, qui utilise la bibliothèque en cause, a été fermée et remise en ligne rapidement, puisque les correctifs ont été apportés.

« Les sites critiques, plus névralgiques et utilisés, seront priorisés pour minimiser les impacts et s’assurer qu’ils sont rendus disponibles le plus rapidement possible », a indiqué le ministre Caire. Lundi, le gouvernement devrait rendre publique une liste des sites et services qui sont rouverts comme de ceux qui demeurent fermés.

Les citoyens ayant besoin d’un service offert en ligne et se butant à un site fermé devront « utiliser une autre voie de passage », et « des fonctionnaires peuvent répondre aux besoins des citoyens », s’est contenté de dire Éric Caire.

À Ottawa, la ministre de la Défense, Anita Anand, a affirmé que tout est mis en œuvre pour protéger l’intégrité des sites du gouvernement fédéral et des données confidentielles qu’ils abritent.

« Le gouvernement du Canada est au courant d’une vulnérabilité signalée par Apache. Cette vulnérabilité pourrait permettre à des auteurs malveillants de mener des attaques ciblées et à portée limitée. […] Le gouvernement du Canada dispose de systèmes et d’outils permettant de surveiller, de détecter et d’analyser les menaces potentielles, et de prendre des mesures le cas échéant. Par excès de prudence, certains ministères ont interrompu leurs services en ligne afin de procéder à l’évaluation et à l’atténuation de vulnérabilités potentielles. À ce stade, rien ne nous laisse croire que ces vulnérabilités ont été exploitées sur les serveurs gouvernementaux », a-t-elle affirmé dans une déclaration.

Le Centre canadien pour la cybersécurité a diffusé une alerte à l’intention de l’ensemble des ministères et organismes fédéraux pour qu’ils effectuent des mises à jour visant à assurer la sécurité de leurs sites.

Les gouvernements ont-ils pris la bonne décision ?

Selon Marc-Etienne Léveillé, chercheur sénior en logiciels malveillants chez ESET, entreprise de sécurité informatique, les gouvernements ont pris la bonne décision en fermant temporairement leurs sites et services. « L’impact d’avoir un site fermé pour quelques heures, pour quelques jours dans certains cas, est très minime comparativement aux risques qu’un de ces systèmes-là se fasse pirater », estime le chercheur.

La faille rend les logiciels vulnérables à l’exécution de codes à distance, explique pour sa part Jean-Philippe Décarie-Mathieu, chef de la cybersécurité aux Commissionnaires du Québec. « C’est la pire vulnérabilité qu’il peut y avoir. »

Avis d’experts

Les gouvernements ont-ils pris la bonne décision ?

Selon Marc-Etienne Léveillé, chercheur sénior en logiciels malveillants chez ESET, entreprise de sécurité informatique, les gouvernements ont pris la bonne décision en fermant temporairement leurs sites et services. « L’impact d’avoir un site fermé pour quelques heures, pour quelques jours dans certains cas, est très minime comparativement aux risques qu’un de ces systèmes-là se fasse pirater », estime le chercheur.

La faille rend les logiciels vulnérables à l’exécution de codes à distance, explique pour sa part Jean-Philippe Décarie-Mathieu, chef de la cybersécurité aux Commissionnaires du Québec. « C’est la pire vulnérabilité qu’il peut y avoir. »

Quand la faille a-t-elle été détectée ?

Des sites web spécialisés rapportent que la faille était connue de la société Apache dès le 24 novembre, après qu’un expert de l’entreprise chinoise Alibaba l’eut mise au jour, et qu’un correctif aurait été publié le 6 décembre. Les experts interrogés par La Presse indiquent pour leur part avoir été mis au courant de la faille « Log4Shell » le jeudi 9 décembre.

« Ce qui a dû se passer, c’est qu’elle n’a pas été rendue publique le 24 novembre, mais le chercheur a dû avertir Apache », croit Sébastien Gambs, professeur au département d’informatique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Selon lui, Apache a dû préférer attendre la publication d’un correctif avant de divulguer la faille au grand public, puisqu’elle n’aurait rien pu faire pour y remédier.

Les gouvernements ont-ils réagi trop tard ?

Pas selon M. Gambs. « Souvent, les mises à jour prennent quelques jours ou quelques semaines à être faites. Donc, c’est vraiment rare que les mises à jour soient faites le premier jour où le correctif sort, explique-t-il. Divulguer la faille publiquement, c’est justement une façon de dire aux gens : c’est un problème très sérieux, faites votre mise à jour. »

Qui peut exploiter la faille ?

La faille est « relativement facile » à exploiter pour ceux qui possèdent des connaissances en programmation, indique Marc-Etienne Léveillé. Des personnes malintentionnées pourraient, notamment, exécuter un logiciel malveillant sur un site web visé. Les pirates informatiques qui exploiteraient la faille « Log4Shell » pourraient aussi avoir accès à toutes les informations contenues sur un site web, dont les données personnelles qui s’y trouvent, dans le cas des sites web gouvernementaux.

La faille est-elle l’œuvre d’un pirate ?

Non, estime Marc-Etienne Léveillé. « C’est une erreur des développeurs des logiciels », croit le chercheur.

Avec Coralie Laplante et La Presse par Tommy Chouinardla et Joël-Denis Bellavancela

Maroc : le maintien de la fermeture des frontières inquiète les opérateurs du tourisme

décembre 10, 2021
Les liaisons aériennes avec le Maroc ne devraient pas reprendre avant janvier 2022. © Laurent GRANDGUILLOT/REA

Après la décision du Royaume de prolonger la suspension des liaisons aériennes, le secteur touristique, touché de plein fouet par la crise, désespère de voir le bout du tunnel.

À l’issue du conseil de gouvernement qui s’est tenu le 9 décembre, le Maroc a annoncé la prorogation de la fermeture des frontières, entrée en vigueur le 29 novembre et prévue initialement jusqu’au 12 décembre. « Tous les vols vers et depuis le Maroc sont donc suspendus du 9 décembre jusqu’au 31 décembre minimum », a précisé la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).

Cette décision intervient au lendemain d’une série de manifestations, les 7 et 8 décembre, devant les ministères du Tourisme et du Transport, à l’initiative de la Fédération nationale du transport touristique (FNTT).

Depuis plusieurs mois, les professionnels du tourisme réclamaient des mesures d’ampleur pour faire face à la crise liée au Covid-19. Un communiqué de la FNTT faisait état d’une « incapacité du gouvernement à prendre des mesures pour sortir le secteur du transport touristique de la crise », ainsi que d’une « absence de réponse aux demandes de la fédération d’ouvrir la porte au dialogue pour étudier la crise et les solutions possibles ».

Pourtant, avant la pandémie, le tourisme avait le vent en poupe. En 2019, le nombre d’entrées sur le territoire avait crû de 5,2 %, mais la crise du coronavirus est venue bousculer un secteur en pleine expansion. Pour la seule année 2021, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a évalué les pertes à 2 000 milliards de dollars à l’échelle planétaire.

En avril 2020, Abdellatif Kabbaj, le patron de la Confédération nationale du tourisme (CNT), déclarait à JA : « L’année 2020 étant compromise, il faut commencer à préparer la saison 2021 avec de gros moyens aussi bien étatiques que privés. »

LA FERMETURE DES FRONTIÈRES A PERTURBÉ LA STRATÉGIE DES ACTEURS TOURISTIQUES, QUI PENSAIENT VOIR ENFIN LE BOUT DU TUNNEL.

C’était compter sans l’arrivée de la cinquième vague de Covid-19 et l’émergence du variant Omicron, le Maroc ayant décidé, le 25 novembre, de suspendre ses vols avec la France, avant de fermer totalement ses frontières aériennes et maritimes pour une durée de deux semaines.

Alors que le Royaume avait mis en place un plan pour maintenir son attractivité, cette annonce est venue perturber la stratégie des acteurs touristiques, qui pensaient voir enfin le bout du tunnel.

Sonnette d’alarme

Dans une lettre datée du 29 novembre adressée au chef du gouvernement Aziz Akhannouch, le président de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH), Lahcen Zelmat, tire la sonnette d’alarme : « En l’absence de mesures d’accompagnement urgentes et spécifiques, nous craignons une difficulté grandissante à envisager l’avenir de notre industrie, et in fine, une implosion du tissu socio-économique de notre pays. Toutes les réservations ont été annulées et la plupart des hôtels devront fermer, sachant que la moitié d’entre eux le sont depuis le début de la pandémie [en mars 2020]. »

Même son de cloche du côté de la Fédération nationale des agences de voyage du Maroc (FNAVM). « Quelque 80 % des agences de voyages sont déjà à l’arrêt et les récentes décisions vont aggraver notre situation », a regretté son président, Mohamed Semlali.

En 2019, le tourisme représentait 11 % du PIB et 5 % des emplois. Sur les 13 millions de touristes venus visiter le pays l’année précédant l’apparition du coronavirus, plus de 30 % étaient français, suivis par les Espagnols et les Anglais. Les recettes se chiffraient alors à 80 milliards de dirhams (7,5 milliards d’euros), contre 28 milliards seulement au début de 2021, soit une baisse de 65 % sur l’année 2020.

L’optimisme était revenu après les chiffres encourageants du troisième trimestre de 2021 – 15,9 milliards de dirhams (1,5 milliard d’euros) de recettes –, même si ce montant reste inférieur de 40 % à ce que réalise en temps normal le Maroc sur cette période.

Des mesures jugées insuffisantes

Lors de la présentation de son budget devant la commission des secteurs productifs – réalisée avant la nouvelle fermeture des frontières –, la ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, avait annoncé une augmentation de 8 % du budget de son ministère, passé de 626,59 millions  à 679,8 millions de dirhams.

Une mesure louable mais insuffisante au regard de la baisse du nombre de touristes. Ainsi, au cours de l’été 2020, ce sont 165 000 visiteurs qui ont été comptabilisés par le ministère de l’Économie, contre… 2 millions l’année précédente.

CONTRAIREMENT À L’ANNÉE DERNIÈRE, OÙ NOUS POUVIONS FAIRE DES ESTIMATIONS POUR 2021, NOUS NE SOMMES PAS EN MESURE D’IMAGINER DES SCÉNARIOS POUR L’ANNÉE QUI ARRIVE »

Pour faire face à la crise, Fatim-Zahra Ammor a récemment annoncé le retour de l’aide mensuelle de 2 000 dirhams, déjà mise en place au début de la crise sanitaire pour accompagner les salariés des entreprises en difficulté.

« Contrairement à l’année dernière, où nous pouvions faire des estimations pour 2021, nous ne sommes pas en mesure d’imaginer des scénarios pour l’année qui arrive », a déclaré, le 7 décembre, Wissal El Gharbaoui, secrétaire générale de la Confédération nationale du tourisme (CNT), sur le plateau de Medi1 TV. « La subvention ne sert qu’à rester debout le temps d’y voir un peu plus clair. Or, à l’heure actuelle, nous n’avons aucune visibilité », abonde Saïd Tahiri, spécialiste du secteur, lui aussi présent sur le plateau.

« Plan Marshall »

À l’unisson, ils ont réclamé un « plan Marshall » pour sauver le secteur et dénoncé une « absence totale de visibilité », rappelant, à titre d’exemple, que l’économie d’une ville comme Marrakech repose entièrement sur le tourisme. Afin d’atténuer l’impact négatif que cette décision devrait avoir sur les opérateurs touristiques, qui seront privés des recettes de la période des fêtes de fin d’année, le porte-parole du gouvernement Mustapha Baitas a annoncé l’adoption d’un projet de décret qui vise à étendre l’indemnisation des professionnels du tourisme affiliés à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale jusqu’au 31 décembre.

Avec Jeune Afrique Soufiane Khabbachi